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RED EYE - SOUS HAUTE PRESSION

 

RED EYE - SOUS HAUTE PRESSION
(Red Eye)


Réalisateur Wes Craven
Année : 2005
Scénariste Carl Ellsworth
Pays USA
Genre Thriller
Interdiction -12 ans
Avec : Rachel McAdams, Cillian Murphy, Brian Cox, Jayma Mays, Angela Paton...

L'HISTOIRE Lisa Reisert a une peur bleue de l'avion, mais l'horreur qui l'attend sur ce vol de nuit pour Miami n'a rien à voir avec sa phobie. Alors qu'elle prend place dans l'engin, elle est agréablement surprise de retrouver Jackson, le charmant jeune homme avec qui elle a pris un verre avant l'embarquement. Cependant, quelques instants après le décollage, ce dernier tombe le masque et révèle la vraie raison de sa présence à bord : il participe à un complot visant à tuer le secrétaire adjoint à la sécurité nationale et Lisa est la clef de son succès. Si elle refuse de coopérer, son propre père sera éliminé par un tueur qui n'attend qu'un appel de Jackson...

MON AVIS : Tourné la même année que Cursed, 2005 voit Wes Craven s'essayer au pur thriller avec Red Eye - sous haute pression. Si le début du film fait un peu peur, le rendu de l'image faisant très téléfilm lambda et pas du tout oeuvre cinématographique, ça s'améliore par la suite et on est enfin prêt à embarquer avec la ravissante Rachel McAdams et le ténébreux beau gosse aux yeux bleus, à savoir Cillian Murphy, qui n'était pas encore une star à l'époque. Le futur interprète de Thomas Shelby dans la série Peaky Blinders joue ici un beau gosse bien sous tout rapport que toute les belles-mères offriraient à leur fille ! Charmant, courtois, serviable, il noue une relation amicale avec Lisa, une responsable d'hôtel qui doit se rendre en avion chez son père. Terrorisée par le fait de voler, elle trouve donc une oreille attentive en la personne de Jackson Rippner. Seulement voilà. Il y a forcément un hic. Nous sommes dans un thriller et dans un film de Wes Craven, pas dans une comédie romantique. Le vernis craque une fois l'appreil ayant pris son envol et notre Don Juan va révéler son vrai visage, celui d'un terroriste devant liquider - par l'intermédiaire de son équipe - une importante personnalité politique qui va passer le week-end dans l'hôtel que gère Lisa. Et c'est parti pour un petit jeu du chat et de la souris dans les airs. Menace, intimidation, Cillian Murphy terrorise Lisa afin qu'elle passe un coup de fil pour déplacer la personnalité politique dans une autre chambre, bien plus propice pour commettre un attentat. Cette dernière tente d'avertir d'autres passagers, l'équipe d'hôtesses de l'air ou même de tromper la vigilance de son voisin de fauteuil. Autant de tentative qui font un peu monter la tension et le suspense. Cette première partie du film, qui se déroule dans dans un avion, est la meilleure, même si on aurait aimé plus de stress, plus de pression. Il faut dire que le champ des possibilités est assez réduit à bord de l'appareil et le huis-clos n'est pas aussi tendu qu'on aurait cru. Mais ça fonctionne pas mal tout de même. Une fois de retour sur la terre ferme, l'action se dynamise un peu et la traque se poursuit dans la maison du père de Lisa, avec une course-poursuite à l'intérieur de la maison qui préfigure celles qu'on verra dans Scream l'année suivante. La caméra est fluide et le passage d'une pièce à une autre bien amené. Reste qu'au final, même s'il est habillement mis en scène, Red Eye ne surprend pas tant que ça et pour ma part, je le classe dans les oeuvres relativement mineure de son créateur...

 

LA FERME DE LA TERREUR

LA FERME DE LA TERREUR
(Deadly Blessing)

Réalisateur : Wes Craven
Année : 1981
Scénariste : Glenn M. Benest, Matthew Barr, Wes Craven
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Maren Jensen, Sharon Stone, Susan Buckner, Ernest Borgnine, Colleen Riley...


L'HISTOIRE : Jim et sa femme Martha Schmidt vivent paisiblement de leur travail à la ferme. Cette dernière est située juste à côté des propriétés et des terres des Hitties, une communauté rurale aux préceptes religieux sévères, refusant la modernité, l'électricité et les innovations. Les Hitties sont dirigés par Isaiah Schmidt, le père de Jim, qui a renié et banni son fils. Lorsque Jim meurt écrasé par son tracteur dans sa ferme, Martha se retrouve seule et demande à deux de ses amies de venir la rejoindre pour la soutenir. De curieux événements se produisent alors et l'un des Hitties est retrouvé pendu. Pour Isaiah et les membres de sa communauté, le responsable est l'incube, un démon mâle qui prend corps pour abuser sexuellement des femmes endormies. Les tensions entre Martha, ses deux amies et les Hitties se veulent pas s'apaiser et d'autres incidents surviennent...

MON AVIS : Après avoir réalisé La Dernière Maison sur la Gauche (1972) et La Colline a des Yeux (1977), deux classiques du cinéma d'horreur, le réalisateur américain Wes Craven se tourne vers la télévision et met en scène L'été de la Peur, avec Linda Blair en 1978. Le succès de ce téléfilm est telle qu'une sortie cinéma est programmée, donnant le sourire aux producteurs qui demandent alors à Craven d’enchaîner avec un autre film de terreur : ce sera donc La Ferme de la Terreur, réalisé en 1981. Au menu des réjouissances : une sorte de communauté vivant en autarcie, les Hitties, qui peuvent être vus comme des Amish mais en encore plus extrême ; le sympathique Ernest Borgnine dans un rôle de prédicateur fou et qui se révèle réellement impressionnant et glaçant ; une toute jeune Sharon Stone, déjà ravissante pour sa quatrième apparition sur un écran, et qui va avoir bien des frayeurs ici, dont une scène de cauchemar à base d'araignée bien stressante ; la présence de Michael Berryman et son visage si particulier qu'on avait découvrir dans La Colline a des Yeux ; une tétanisante séquence de baignoire avec un serpent qui servira de matrice à celle des Griffes de la Nuit ; quelques meurtres assez inoffensifs niveau violence ; une musique bien angoissante, très connotée "sataniste" avec des chœurs inquiétants, façon La Malédiction de Jerry Goldsmith ; une utilisation de la caméra en vue subjective très efficace, qui renforce l'atmosphère et l'ambiance flippante du film ; une révélation sur une particularité du tueur qui devrait vous rappeler un slasher 80's dont je ne vous donnerai pas le titre pour ne pas dévoiler le pot-aux-roses ; une scène finale hallucinante, qui dénote totalement d'avec tout ce qui a précédé et dont on se demande encore l'intérêt de sa présence et j'en passe. Avec La Ferme de la Terreur, Wes Craven réalise un petit film d'horreur franchement bien troussé, qui possède une vraie ambiance et sait jouer sur le suspense avec intelligence, la mise en scène étant toute dévouée à provoquer quelques doux frissons chez le spectateur. En toile de fond, Wes Craven s'attaque aux fondamentalistes religieux, aux sectes dirigés par un gourou totalitaire. Celui du film, magistralement interprété par Ernest Borgnine comme dis plus haut, préfère que ses disciples se marient entre-eux plutôt que de laisser des étrangers intégrer sa communauté et n'hésite pas à renier ses propres enfants si ces derniers font un pas de côté et s'écartent de la voie religieuse qu'il a tracé pour eux. La scène de la punition par flagellation d'un jeune disciple participe pleinement à montrer la folie de l'intégrisme religieux, tout comme les discours prononcés par le gourou d'ailleurs. Craven met également en avant les conflits intérieurs qui régissent la vie des membres de la communauté, et principalement les membres masculins, tous frustrés sexuellement, qui n'hésitent pas à aller reluquer à la fenêtre de la voisine pour la voir s'ébattre dans les bras de son mari ou qui louchent sur les tenues sexy des trois actrices principales, à savoir Maren Jensen, Sharon Stone et Susan Buckner. Cet affrontement psychologique entre Hitties et personnes vivant hors de la communauté va donc devenir le terrain de jeu d'un mystérieux tueur, qui s'en prend autant aux uns qu'aux autres, ce qui ne manquera pas de questionner le spectateur. Avec moult détails, Wes Craven nous fait penser à des crimes rituels, avec possible utilisation de magie noire (les poules dans le cercueil par exemple). J'ai trouvé la révélation un peu faible et je n'ai pas bien saisi son intérêt, tout comme l'ultime séquence qui verse dans le fantastique total et surtout dans le grand n'importe quoi. Mais hormis ces deux points faibles, La Ferme de la Terreur reste un film assez réussi, qui réserve son lot de séquences étranges et angoissantes, développe son anti-cléricalisme sans équivoque, n'hésite pas à dénuder son actrice principale (Maren Jensen) et remplit le cahier des charges. Même si on lui préférera d'autres films de Wes Craven, il fait honneur au savoir-faire de son réalisateur en tout cas !

* Disponible en DVD et en combo DVD + BR chez ELEPHANT FILMS
L'image est des plus satisfaisantes sur cette édition, qui propose le film en VF et VOSTF DTS-HD Master Audio 2.0. Un achat parfait pour (re)découvrir La Ferme de la Terreur.
Niveau bonus, un entretien de 13 minutes avec Julien Comelli, blindé de spoilers mais c'est précisé au début de l'entretien et donc, à visionner après le film. On n'apprend pas grand chose si on est fan de la filmographie de Wes Craven mais ça reste très intéressant pour ceux qui ne connaissent pas le film. Une galerie de photos et des bandes-annonces viennent conclure la section bonus.




SCREAM 2

SCREAM 2
(Scream 2)

Réalisateur : Wes Craven
Année : 1997
Scénariste : Kevin Williamson
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Néo-slasher
Interdiction : -12 ans
Avec : Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette, Sarah Michelle Gellar, Jamie Kennedy...


L'HISTOIRE : Phil Stevens et sa copine Maureen Evans sortent ensemble voir en avant-première le film "Stab", inspirée de la tuerie de la ville de Woodsboro l'année précédente. Le public porte d'ailleurs en grande partie le costume du tueur. Mais parmi les fans déchaînés se cachent un nouvel assassin, qui poignarde devant toute l'audience la pauvre Maureen. Sidney Prescott, une des réelles survivantes du premier massacre, s'est inscrit à la fac de Windsor où elle apprend l'art dramatique, avec son ami Randy. Mais avec ce nouveau fait divers, la jeune femme prend peur et ne peut à nouveau plus faire confiance en personne. Surtout qu'un meurtre intervient dans l'enceinte même du campus : la jeune Casey Cooper a été défenestrée. Pour Sidney, ça ne fait aucun doute : le cauchemar recommence. Mais qui peut donc s'acharner à vouloir sa mort ? Et pourquoi ?

MON AVIS : Suite au succès phénoménal du premier Scream, Wes Craven enchaîne directement sur le second volet qu'il tourne en six mois seulement ! Après un petit soucis de scénario, qui s'est retrouvé divulgué sur internet avant que ne commence le tournage, entraînant une réécriture et des modifications de ce dernier, Scream 2 est prêt à être offert en pâture aux fans. Cette fois, le film s'en prend aux suites qui, comme le disent à juste titre plusieurs personnages au cours d'une scène se déroulant lors d'un cours sur le cinéma, sont généralement moins bonnes que le film original. Randy, toujours présent et toujours interprété par Jamie Kennedy, va nous citer quelques règles concernant les suites, de la même manière qu'il avait énoncé les règles du slasher movie dans Scream. Pour Randy, une bonne suite de film d'horreur se doit d'avoir plus de victimes, plus de sang et plus d'originalité dans les mises à mort. Force est de constater que le contrat est plutôt bien rempli par Scream 2 ! Si le film ne remporte pas tous les suffrages lors de sa sortie, moi-même ayant été à moitié déçu, il se bonifie à chaque nouvelle vision et celle effectuée pour rédiger cette chronique n'a fait que confirmer ce fait pour ma part. Car à bien y regarder, Scream 2 est parsemé de séquences éblouissantes et magistralement mise en scène : l'introduction, si elle n'égale pas celle avec Drew Barrymore, se révèle être un petit bijou d'inventivité, avec cette mise en abîme du film dans le film et tous ces spectateurs habillés en Ghostface, hurlant, chahutant dans la salle, ne se doutant pas qu'un vrai tueur a pris place parmi eux, pouvant mettre à mort sa victime en toute tranquillité ; la scène avec la magnifique Sarah Michelle Gellar, forte en suspense ; celle de la pièce de théâtre, dans laquelle Neve Campbell interprète Cassandre et voit le masque blanc du tueur parmi les masques grecques de la troupe d'acteurs qui virevoltent autour d'elle ou encore l'excellente séquence des téléphones portables, filmée en plein jour sur le campus et réussissant l'exploit de faire monter la tension alors que rien ne devrait pouvoir se produire vu les conditions ! Citons enfin celle dans laquelle Neve Campbell et une amie doivent se sortir d'une voiture accidentée en passant par le côté conducteur et sur le tueur assommé par le choc. Les gros plans sur le visage de Neve, en alternance avec le masque du tueur dont on ne sait pas s'il est conscient ou non, prêt à frapper ou non, sont franchement stressants. Bref, Scream 2 regorge de séquences virtuoses, ne ménage pas son public, se montre dynamique et fun, n'ennuie jamais, joue avec l'humour (Tori Spelling interprète le personnage de Sidney dans Stab, faisant écho à la remarque de cette dernière dans Scream) et nous fait vraiment passer un très bon moment devant notre écran. On pourra lui reprocher son final, pas inintéressant dans la thématique proposée (le cinéma est-il responsable de la violence des individus, influence-t-il leurs actes ?) mais qui sombre dans un trop grand aspect parodique, voire grand-guignolesque, qui en devient limite ridicule. Une fausse note donc, pour un film à réévaluer très certainement. 

NOTE : 5/6


SCREAM

SCREAM
(Scream)

Réalisateur : Wes Craven
Année : 1996
Scénariste : Kevin Williamson
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Slashers
Interdiction : -16 ans
Avec : Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette, Skeet Ulrich, Rose McGowan...


L'HISTOIRE : Casey Becker, une belle adolescente, est seule dans la maison familiale. Elle s'apprête à regarder un film d'horreur, mais le téléphone sonne. Au bout du fil, un serial killer la malmène et la force à jouer à un jeu terrible : si elle répond mal à ses questions portant sur les films d'horreur, celui-ci tuera son copain. En apprenant le massacre de sa camarade de classe, Sidney Prescott sait qu'elle est l'une des futures victimes potentielles du tueur de Woodsboro. Celle-ci ne sait plus à qui faire confiance. Entre Billy, son petit ami, sa meilleure amie Tatum et son frère Dewey, ses copains de classe Stuart et Randy, la journaliste arriviste Gale Weathers et son caméraman Kenny qui traînent tout le temps dans les parages et son père toujours absent, qui se cache derrière le masque du tueur ?

MON AVIS : Les années 80 firent les beaux jours des amateurs de slasher movie, ces films popularisés par La Baie Sanglante mais surtout le premier Vendredi 13, dans lesquels des adolescents généralement stupides, accroc à l'alcool et au sexe, se faisaient décimer les uns après les autres par un tueur psychotique dont le visage est bien souvent dissimulé derrière un masque. Un sous-genre du cinéma horrifique ultra-populaire, qui compte légion de fans et légions d’œuvres à classer dans les navets, les nanars, les bons films ou les purs classiques. La multiplicité des slashers movies dans les 80's et la baisse constante de qualité allaient entraîner au début des 90's la disparition de ce sous-genre, au grand dam de ses admirateurs. Et puis arriva l'année 1996. Wes Craven réalise Scream, vibrant hommage au slasher movie et dont le succès inattendu allait créer une émulsion inimaginable parmi les réalisateurs fans du genre, une grosse majorité allant surfer sur le film de Craven et offrir aux spectateurs une flopée de longs métrages reprenant les codes du genre en les modernisant, d'où la classification de cette nouvelle vague en néo-slasher ! Le succès considérable de Scream peut s'expliquer par plusieurs choses : on peut citer l'attente d'une horde de fans privée de slasher depuis quelques années et qui allait pouvoir replonger dans leur genre favori au cinéma ; le look même du tueur, personnage baptisé le Ghostface et qui a déjà acquit une renommée le hissant au niveau d'un Freddy Krueger ou d'un Jason Voorhees en terme de réputation ; l'habileté de Wes Craven à jouer, comme déjà dit, avec les codes des classiques 80's en les remettant au goût du jour, allant même jusqu'à faire intervenir un personnage (Randy) nous expliquant ces codes lors d'une séquence-décryptage dans laquelle Craven se sert du Halloween de John Carpenter comme référence ; un casting au petit oignon, avec des personnalités bien connu du public, à l'image de Courteney Cox (Friends), Drew Barrymore (E.T. L'Extra-terrestre), Henry Winkler (Happy Days) ou Neve Campbell (La vie à 5), mélangées à des inconnus qui ne le resteront pas longtemps, tels Rose Mac Gowan ou David Arquette ; l'aspect "parodique" du film qui fonctionne à merveille, comme lorsque Sidney explique qu'elle n'aime pas les films d'horreur parce qu'il y a toujours une fille aux gros seins qui court se cacher dans sa chambre au lieu de s'enfuir et que, tout en connaissant "cette règle", elle fera exactement la même chose lorsqu'elle sera pourchassée par le Ghostface ; des tas de fausses-pistes pour induire le spectateur en erreur concernant l'identité du tueur fou ; une scène d'introduction juste magistrale, bénéficiant de l’interprétation sans faille de Drew Barrymore et de la musique de Marco Beltrami ; un cliffhanger bien amené concernant la révélation de l'identité du meurtrier ; des séquences fortes en suspense, admirablement mises en scène par un Wes Craven en pleine forme ; des clins d'oeil et références brossant le fan du genre dans le sens du poil et j'en passe. Bref, tous les éléments étaient réunis pour que le film fonctionne à plein régime et s'il a provoqué un tel raz-de-marée, que ce soit auprès du public ou des critiques de cinéma, ce n'est pas pour rien. Revu une nouvelle fois avec mon fils hier soir, je lui trouve toujours autant de qualité malgré quelques petites longueurs que je n'avais pas ressenti lors de mes précédents visionnages. Scream reste en tout cas diablement efficace et son succès est loin d'être immérité. Il a réussi à dépoussiérer une vieille formule pour en faire quelque chose de contemporain tout en étant respectueux et quoiqu'en disent ses détracteurs, c'est une date clé du cinéma horrifique actuel.

NOTE : 5/6


LA COLLINE A DES YEUX 2

LA COLLINE A DES YEUX N°2
(The Hills Have Eyes part 2)

Réalisateur : Wes Craven 
Année : 1984
Scénariste : Wes Craven
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Tamara Stafford, Kevin Spirtas, John Bloom, Michael Berryman...


L'HISTOIRE : Bobby Carter, survivant de la tragédie qui a coûté la vie à plusieurs membres de sa famille lors d'un voyage dans le désert, est devenu pilote de moto-cross. Il a mis au point un nouveau carburant et doit le présenter à des professionnels lors d'une course. Mais la course a lieu dans le désert et Bobby ne veut pas y aller. Il met en garde ses amis pilotes que le danger est toujours présent dans les collines mais ceux-ci n'ont que faire de ses avertissements. A bord d'un car, Roy, Hulk, Foster, Harry et leurs copines Cass, Jane, Sue et Rachel prennent la route. Ayant oublié de reculer leurs montres lors du changement d'heure, ils décident de prendre un raccourci par le désert afin de ne pas être en retard à la compétition. Une panne d'essence les fait stopper près d'un ranch abandonné…

MON AVIS : Au milieu des années 80, Wes Craven est presque ruiné. Cela fait maintenant trois ans qu'il essaye de monter un projet financier pour réaliser un nouveau film intitulé Les Griffes de la Nuit. C'est donc une aubaine pour lui lorsqu'on vient lui proposer de donner une suite à son film choc réalisé en 1977, La Colline a des Yeux. Malheureusement, les ponts d'or qu'on lui promet pour réaliser ce second chapitre n'ont pas pu être réunis. Son scénario et ses idées doivent être revus à la baisse pour pouvoir se satisfaire du faible budget disponible. Le tournage s'effectue sur 24 jours. Craven retrouve quelques acteurs du film original, comme Michael Berryman ou Janus Blythe par exemple. A l'arrivée, le film est totalement différent de celui de 1977. Là où l'original était sans concession, violent, malsain, dérangeant, la suite de 1985 n'est qu'un pauvre survival de pacotille, s'apparentant plus à un slasher movie, et réussissant même le pari d'être à cent coudées en dessous du plus mauvais ersatz des Vendredi 13. De la part de Wes Craven, réalisateur que j'affectionne beaucoup, ça fait mal ! Heureusement que ce triste nanar lui permettra quand même d'obtenir les fonds manquants pour réaliser son chef d'œuvre avec l'homme aux griffes d'acier. Si on peut ranger La Colline a des Yeux 2 dans le sous genre du survival (des motards se rendent dans une contrée désertique et se font agresser par des rednecks locaux), on pourrait tout aisément le ranger dans le sous genre des slashers comme évoqué plus haut. En effet, on retrouve tous les ingrédients propres à ce genre dont le boogeyman Jason Voorhees est la star incontestée. Le casting tout d'abord : une bande d'ado inintéressante au possible, dont le principal intérêt réside en la personne de Cass, une petite blondinette qui est aveugle et qui possède ses autres sens bien plus développés, notamment son ouïe et son odorat. Pour le reste, rien de nouveau à l'ouest, on a le comique de service, le beau gosse sympa, le couple black, et la nana qui semble cacher un secret. Tout ce petit monde va bien sûr servir de viande fraîche aux monstres se cachant dans la colline. Des monstres qui ne sont que deux cette fois. On retrouve d'ailleurs Pluton, toujours joué par l'étonnant Michael Berryman. Malheureusement, il n'a aucun charisme dans ce film, et certaines de ses apparitions sont même ridicules, comme lorsqu'il fait de la moto cross. Risible au possible. Pour l'épauler, Craven lui adjoint "Le Boucher", un colosse mongoloïde aux dents pourries, sorte d'homme des cavernes psychotiques. Mouais, ben on l'oubliera bien vite ce boucher, il ne restera sûrement pas dans les annales des plus grands méchants du cinéma. Niveau meurtres, c'est du méga soft que nous propose Craven ! Quand je pense que ce film a été banni en Finlande, faut quand même pas abuser, parce qu'il n'y a rien ! Enfin si, il y a quelques meurtres mais bon, niveau violence, c'est quand même au ras des pâquerettes, ça n'impressionnerai même pas un enfant de 3 ans je pense. Ajoutons à ça un déroulement d'histoire digne d'un épisode de Derrick, des rebondissements inexistants, de l'action qui ferait passer un épisode de Shérif fais moi peur pour un John Woo, bref, ne le nions pas, l'un de mes réalisateurs préférés a réalisé un pur nanar, mais pas dans le bon sens du terme. Un nanar ennuyeux, triste à mourir, où tous les effets de suspense ne fonctionnent pas et où on se fout royalement de ce qui peut arriver à cette bande de copains. Un vrai slasher, je vous le disais, mais un slasher de fond de panier malheureusement. En plus, devinez qui on retrouve comme compositeur de la bande originale? Harry Manfredini !! Le célèbre compositeur de la géniale musique des Vendredi 13, qui d'ailleurs se croit encore dans le même film avec parce qu'il utilise les mêmes schémas, voir les mêmes notes à certains moments. Incroyable. Ah mais au fait, je ne vous ai pas parlé des flashbacks ! Ça aurait été dommage. Dans les Vendredi 13, il y a pleins de flashbacks sur les épisodes précédents, avec l'héroïne qui se souvient des meurtres qu'elle a vu, etc. Ben dans La Colline a des Yeux 2, c'est pareil mais en pire. On assiste au début du film à la séance chez le psy de Bobby, le survivant du premier film, ce qui nous vaut de nombreux extraits des événements qui se sont passés. Idem un peu plus tard, quand Bobby ne veut pas partir dans le désert. On enchaîne les flashbacks également avec le personnage de Rachel, qui n'est autre que Ruby, la redneck qui a aidé le père de Bobby à récupérer son bébé dans le film de 77. Comble de tout, on retrouve dans cette suite Beast, le berger allemand de famille Carter, qui lui aussi se met à penser et à nous faire vivre un flashback ! Hallucinant ! Tous les réalisateurs ont droit à l'erreur et certains possèdent dans leur filmographie une œuvre que leurs fans aimeraient bien oublier. La Colline a des Yeux 2 est celui de Wes Craven. Enfin moi, ce que je retiendrai du film, c'est qu'il a permis au réalisateur de faire Les Griffes de la Nuit. Et rien que pour ça, prosternons-nous devant La Colline a des Yeux 2 !

NOTE : 1/6


LE SOUS-SOL DE LA PEUR

LE SOUS-SOL DE LA PEUR
(The People under the Stairs)

Réalisateur : Wes Craven 
Année : 1991
Scénariste : Wes Craven
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Brandon Quintin Adams, Everett McGill, Wendy Robie, A.J. Langer...


L'HISTOIRE : Dans un quartier pauvre, la famille de "Tout Fou", un jeune noir venant d'avoir 13 ans, est menacée d'expulsion à cause d'un retard de paiement du loyer. Lorsque Leroy, un truand du quartier, lui propose d'aller cambrioler la maison des propriétaires de l'immeuble afin de mettre la main sur un lot de pièces d'or, le garçon accepte afin de sauver sa famille. Malheureusement pour Leroy et Tout fou, les deux propriétaires sont de véritables cinglés qui ont piégé et sécurisé leur maison, dans laquelle toute sortie est quasiment impossible. Tout Fou va également découvrir que quelque chose vit dans le sous-sol de cette maison cauchemardesque...

MON AVIS : Les années 90, Wes Craven s'y engage avec brio en nous livrant un excellent film : Le Sous-Sol de la Peur. Fidèle à lui-même, le réalisateur continue d'explorer la face sombre des individus et place l'action principale du film dans un quartier résidentiel semblable à celui qu'on pouvait voir dans Les Griffes de la Nuit par exemple. Un quartier composé de maison plutôt luxueuse et qui contraste avec les séquences se déroulant dans un immeuble franchement délabré, perdu en plein ghetto, et dans lequel vit le jeune héros du film, que sa sœur aime à appeler "Tout Fou". Craven s'amuse très bien avec ce contraste et si on aurait tendance à penser que la menace viendrait plutôt du ghetto, le calme apparent de la jolie maison des deux propriétaires cache en fait un secret monstrueux, bien pire que les petits truands et dealers qui jonchent les escaliers de l'immeuble de Tout Fou. D'apparence normale, l'homme et la femme, propriétaire de cette imposante maison, sont en fait de véritables psychopathes, des monstres à visage humain qui séquestrent des enfants, devenus eux aussi monstrueux suite au mauvais traitement reçu, dans leur sous-sol. Superbement interprété par Everett McGill et Wendy Robie, deux acteurs vus dans la série culte Twin Peaks, le couple infernal nous réserve des scènes d'anthologie, notamment celle où l'homme revêt un costume de cuir noir clouté façon tenue SM, et déambule dans les couloirs de sa maison, un fusil à pompe à la main. Impressionnant de sauvagerie, il n'hésite pas à tirer dans les cloisons afin d'attraper les "gens qui vivent sous les escaliers" et qui se déplacent à l'intérieur des murs. La montée du couple dans la folie s'intensifie au fur et à mesure de l'histoire et culmine lors d'une scène vraiment malsaine et gore, dans laquelle l'homme découpe une pauvre victime, mange de la chair humaine au passage et régale ses "monstres" du sous-sol avec un petit bout de barbaque fraîchement prélevé ! Mais la véritable star du film, c'est bien la maison elle-même, véritable labyrinthe semé de pièges et d'embûches : escalier escamotable, piège à pointe déclenché par un fil, poignée de porte électrifiée, fenêtres renforcées, porte secrète, grille servant de point d'entrée ou de sortie, tout est fait pour que la caméra de Wes Craven puisse suivre les personnages à travers ce dédale diabolique et se déplace dans tous les sens et dans toutes les directions, donnant au film un rythme endiablé tout en jouant admirablement bien avec le suspense et la peur. Un film qui peut également être vu comme un conte de fée moderne et macabre. On a en effet une chasse au trésor, une petite fille en péril (la princesse), un petit garçon qui lui jure de venir la sauver (le prince charmant), une maison imposante (le château) et un couple de tarés (l'ogre). En tout cas, l'énergie et la folie totale qui règne durant 102 minutes font du Sous-Sol de la Peur une oeuvre à ne pas rater, certainement la plus déjanté de son réalisateur en tout cas !

NOTE : 5/6



L'AMIE MORTELLE

L'AMIE MORTELLE
(Deadly Friend)

Réalisateur : Wes Craven 
Année : 1986
Scénariste : Bruce Joel Rubin
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Science-fiction
Interdiction : -12 ans
Avec : Matthew Labyorteaux, Kristy Swanson, Michael Sharrett, Anne Ramsey, Richard Marcus...


L'HISTOIRE : Paul Conway vient d'emménager avec sa mère dans leur nouvelle maison. Le jeune garçon est un surdoué et ses recherches sur le cerveau humain provoque l'admiration de son ami, le docteur Johanson, qui l'invite dans sa faculté. Paul a crée "BB", un robot doté d'une intelligence artificielle et capable d'agir de lui-même. Avec BB, Paul se lie d'amitié avec Tom et tombe sous le charme de Samantha Pringle, sa jolie voisine qui vit avec un père tyrannique, alcoolique et violent. Lors de la nuit d'Halloween, BB se fait tirer dessus par une voisine asociale et est détruit. Peu de temps après, Samantha décède d'un traumatisme crânien après une violente dispute avec son père. Amoureux de Samantha, Paul décide de tenter le tout pour le tout : il dérobe le corps sans vie de la jeune fille et lui implante la puce électronique de BB dans le cerveau. L'opération est un succès et Samantha revient à la vie. Mais son comportement ne sera plus vraiment le même...

MON AVIS : Vous pouvez dire ce que vous voulez sur ce film de Wes Craven : qu'il est anecdotique dans sa filmographie, que c'est une oeuvre mineure, que le look du robot est à mourir de rire, qu'il ne fait pas peur, que c'est un film pour adolescent boutonneux, que c'est un nanar, un navet ou tout ce que vous voudrez, moi je m'en fous ! J'ai une affection particulière pour L'Amie Mortelle et ce n'est pas ma nouvelle vision du film qui va me faire changer d'avis ! Alors oui, le film vise clairement le (jeune) public adolescent et la présence du fameux robot BB nous rappelle le sympathique Johnny 5 de Short Circuit ou le R2D2 de la saga Star Wars. N'empêche que la séquence dans laquelle BB met en fuite une bande de motards en s'attaquant aux testicules de leur chef est des plus jubilatoires et on prend rapidement en affection ce gros tas de ferraille jaune au look un peu pataud il faut bien le reconnaître. Plus touchante est la pauvre Samantha, joliment interprétée par la toute mignonne Kristy Swanson, et qui n'a pas une existence très heureuse à cause de son vilain papa alcoolique qui lui mène la vie dure et qui voudrait sûrement la faire rentrer au couvent. Une fois BB détruit et Samantha décédée, L'Amie Mortelle devient une sorte de variation moderne et robotique de Frankenstein. Refusant de perdre sa dulcinée à cause d'un mauvais choc à la tête, notre jeune expert en neurochirurgie a une idée de génie : implanter dans le cerveau de son amour perdu l'intelligence artificielle de son robot explosé à coup de carabine par une vilaine mégère du coin ! Une fois ressuscitée, Kristy Swanson en devient encore plus jolie, du moins de mon point de vue : teint blafard, regard absent renforcé par un maquillage noire autour de ses jolis yeux et démarche mécanique, pour nous faire bien comprendre que la puce présente dans son cerveau est celle du défunt BB, au cas où on n'aurait pas suivi ! Cette ravissante fiancée de Frankenstein va apporter un peu de piment et de violence au récit, avec notamment deux meurtres assez sympathiques. La première victime est le vilain papa qui n'en revient pas de voir sa fille vivante, cette dernière lui en offrant une preuve en lui fracturant le cou et en le plongeant dans la chaudière du sous-sol ! La seconde victime ne sera que la mégère évoquée plus haut. Logique me direz-vous puisque BB avait "ressenti" une certaine antipathie envers ce personnage, qui avait eu la mauvaise idée de lui confisquer son ballon de basket. A charge de revanche, Samantha va récupérer le ballon et nous gratifier d'une séquence absolument culte, qui restera dans toutes les mémoires ! Niveau smash, Tony Parker a du soucis à se faire ! Comme souvent chez Wes Craven (toujours ?), L'Amie Mortelle nous présente également des scènes de cauchemar assez graphiques, marque de fabrique du réalisateur. Le final, voyant Samantha devenir incontrôlable, jouera savamment avec nos émotions et les cœurs sensibles, dont je fais parti, seront attristés de voir cette jolie love-story d'outre-tombe se terminer dans le drame. Si L'Amie Mortelle n'est pas forcément bien considéré chez les fans de Wes Craven, je lui trouve pour ma part assez de qualités pour prendre un vrai plaisir de spectateur à chaque vision. Et puis comment oublier l'ultime séquence, totalement hallucinante, celle de trop bien sûr mais qui marque les esprits en tout cas. Pas toujours dans le bon sens mais quand même, elle vaut son pesant de cacahuètes ! Tout comme le générique de fin, sorte de musique électro avec des "BB" prononcés de manière flippante disséminés tout du long ! Bref, L'Amie Mortelle, c'est pour les romantiques avant tout. Ceux qui n'aiment pas, c'est juste parce qu'ils n'ont pas de cœur ! Na ! Ah au fait, l'acteur qui interprète Paul n'est autre que Matthew Labyorteaux, le petit Albert de La Petite Maison dans la Prairie !

NOTE : 4/6



L'EMPRISE DES TÉNÈBRES

L'EMPRISE DES TÉNÈBRES
(The Serpent and the Rainbow)

Réalisateur : Wes Craven 
Année : 1988
Scénariste : Richard Maxwell, Adam Rodman
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Bill Pullman, Cathy Tyson, Zakes Mokae, Brent Jennings...


L'HISTOIRE : Dennis Alan est anthropologue. Il est recruté par une industrie pharmaceutique afin de comprendre comment un habitant d'Haïti, décédé en 1978, peut être présent sur des photos prises quelques années plus tard. Se rendant sur place, il fait connaissance avec la doctoresse Marielle Duchamp et découvre l'univers de la magie vaudou. Mais sa présence n'est pas du goût de tout le monde. Peytraud, chef des tontons macoutes, le met en garde sur ses recherches concernant la fameuse "poudre" qui permettrait de faire revivre les morts. Bien décidé à en rapporter avec lui, Dennis Alan poursuit néanmoins sa mission malgré les menaces reçues et rencontre Louis Mozart, un natif qui semble détenir le secret de fabrication de la poudre tant convoitée...

MON AVIS : Souvent cité auprès des fans comme étant l'un des meilleurs films de Wes Craven, L'Emprise des Ténèbres ne démérite pas de cette réputation, absolument non usurpée, tant ce long métrage excelle dans divers domaines. Ce film dénote des œuvres précédentes du réalisateur tant il se montre réaliste dans son approche, du moins jusqu'au dernier quart d'heure. Prenant pour base d'inspiration le livre "The Serpent and the Rainbow" de l'anthropologue et botaniste Wade Davis, qui consacra une partie de ses recherches à comprendre le processus de "zombification" présent à Haïti, L'Emprise des Ténèbres marque des points en ne se focalisant pas sur ces fameux "zombies" mais sur la quête du héros du film, interprété par Bill Pullman, et en mettant en avant le contexte politique d'Haïti, les croyances de sa population et bien évidemment son culte du vaudou et la puissance de sa magie noire. Particulièrement pragmatique dans son approche du vaudou, L'Emprise des Ténèbres traite avec un sérieux proche du documentaire ce phénomène tout en nous offrant de purs moments de terreur, caractérisés par les nombreuses hallucinations que fait le héros. Ces séquences, réellement cauchemardesques, sont mises en scène avec une maestria implacable et sont, de plus, visuellement splendides : mariée squelettique éjectant un serpent de sa bouche qui vient mordre le visage de Bill Pullman, héros enterré vivant ou happé sous terre par des dizaines de mains zombifiées, barque enflammée naviguant lentement sur les eaux d'un fleuve et autres joyeusetés macabres nous sont imposées par un Wes Craven en très grande forme. D'une efficacité redoutable, ces scènes oniriques et horrifiques participent pleinement à nous faire comprendre le réel danger représenté par Peytraud, le chef des tontons macoutes, expert en magie noire et qui se sert de ses connaissances en la matière pour imposer la dictature voulue par la famille Duvalier auprès du peuple, éliminant les opposants grâce à la fameuse poudre vaudou. Pour information, la famille Duvalier, citée dans le film et qui a, malheureusement pour le peuple haïtien, réellement existé, a étendu son règne de terreur de 1957 à 1986 environ. L'acteur qui prête ses traits à Peytraud, Zakes Mokae, peut se vanter d'avoir donné vie à l'un des personnages les plus terrifiants vus dans un film. Son visage, ses yeux, sa détermination, ses méthodes inquisitrices (tortures, massacres) font froid dans le dos. On félicitera Wes Craven d'avoir mis le vaudou au service de la dictature, ce qui rend ce culte religieux encore plus angoissant. Avec ces détails, L'Emprise des Ténèbres se fait parabole politique et n'en est que plus intéressant. Un véritable travail sur l'ambiance a été fait et la puissance des images s'intensifie, progresse par palier, pour ne plus nous lâcher, aidé en cela par les décors naturels de Saint-Domingue, où le tournage du film a eu lieu. Il est alors un peu regrettable, vu tout ce qui précède, que Wes Craven ait bifurqué dans le grand-guignol pour le dernier quart d'heure, empêchant le film d'atteindre le statut de chef-d'oeuvre. Ce final est trop spectaculaire, trop délirant, trop tape-à-l’œil et verse trop dans l'excès. Mais ne boudons pas notre plaisir pour autant. Oeuvre majeure dans le filmographie de Wes Craven, L'Emprise des Ténèbres n'a pas vieillit d'un pouce pour ma part, se montre intense, admirablement réalisé et original. A redécouvrir séance tenante !

NOTE : 5/6




SHOCKER

SHOCKER
(Shocker)

- Hommage à Wes Craven (2 août 1939 - 30 août 2015) -

Réalisateur : Wes Craven 
Année : 1989
Scénariste : Wes Craven
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Michael Murphy, Mitch Pileggi, Peter Berg, Camille Cooper...


L'HISTOIRE : Une petite ville vit dans la terreur. Un tueur en série, surnommé "le tueur des familles", a déjà fait plus d'une trentaine de victimes et la police n'a aucune piste. Le jeune Jonathan Parker fait un rêve prémonitoire et "voit" le tueur massacrer sa famille. Lorsque son père, inspecteur de police, lui annonce que sa mère, son frère et sa sœur ont été tué, Jonathan se sert de sa vision pour tenter de faire arrêter le meurtrier. Ce dernier massacre Alison, la petite ami de Jonathan avant de se faire coincer. Horace Pinker est condamné à la chaise électrique. Expert en sciences occultes, il devient, après son exécution, encore plus redoutable : pouvant passer d'un corps à un corps par simple contact ou se déplacer en utilisant le réseau électrique de la ville. Pour Jonathan et son père, le cauchemar est loin d'être terminé...

MON AVIS : Après le succès mondiale de son chef-d'oeuvre, Les Griffes de la Nuit, Wes Craven livre coup sur coup trois films de notoriété moindre mais non dénué d'intérêt : L'Amie Mortelle en 1986, L'Emprise des Ténèbres en 1988 et Shocker en 1989. Avec ce dernier, il tente de créer un nouveau boogeyman en la personne d'Horace Pinker, superbement interprété par un Micth Pileggi survolté qui n'avait pas encore rejoint le bureau des affaires non classés dirigé par Mulder et Scully. Véritable meurtrier en puissance, salopard infini sans foi ni loi, Horace Pinker impressionne par sa brutalité et son manque total de compassion envers ses victimes, faisant parfois preuve d'un humour noir assez corrosif qui ne manquera pas de ravir les fans de Freddy Krueger. Les pouvoirs qu'il acquiert une fois électrocuté en font le psychopathe le plus rock n' roll inventé par Wes Craven. Il faut dire qu'il gère ses exploits sanglants sur une bande originale composée de chansons de hard-rock énergiques et qui confère au film une bonne dose d'énergie. Si la partie se déroulant avant le passage sur la chaise électrique d'Horace Pinker reste assez sérieuse, avec un bon suspense et surtout une tension palpable servie par une réalisation solide (la découverte par Jonathan du massacre perpétré à l'encontre de sa jolie fiancée ne prête pas à plaisanter), la suite bifurque dans le délire assumé et Shocker verse alors dans le divertissement fun pas prise de tête. Personnellement, j'ai trouvé que le passage dans lequel Pinker passe d'un corps à un autre ralentissait le rythme et tirait un peu en longueur, nous privant de plus du faciès percutant de Micth Pileggi. Bien sur, on reste amusé devant ces situations burlesques, comme lorsque Pinker prend possession du corps d'une petite fille et que celle-ci utilise un langage de charretier ou se met à conduire un tractopelle pour tenter de tuer Jonathan ! Wes Craven a clairement pété un boulon avec son scénario et se laisse aller dans un délire quasiment cartoonesque. La thématique du rêve, très inspirée des Griffes de la Nuit, est présente de façon importante dans Shocker et le héros, outre ses visions, parvient également à ramener de ses cauchemars des objets : Nancy Thompson avait réussi à rapporter le chapeau de Freddy, Jonathan parvient quant à lui à rapporter le pendentif offert à Alison. Un gros clin d'oeil à son film le plus célèbre. La dernière demi-heure enfonce encore le clou niveau délire sauf que là, ça fonctionne à plein régime ! Horace Pinker utilise l'électricité pour passer à travers une prise de courant, sortir ou rentrer dans un téléviseur, le summum étant atteint avec la course-poursuite entre Jonathan et Pinker à travers différentes émissions télévisées, les deux personnages se trouvant à l'intérieur d'une télé ! Délirant aussi, la possibilité qu'a trouvé Jonathan pour contrer Pinker, se servant de la touche arrêt sur image ou avance rapide de la télécommande ! Même si la majorité des effets-spéciaux a pris un sérieux coup de vieux, Shocker reste une sympathique série B, assez bordélique dans l'ensemble mais souvent jouissive. Certaines séquences sont bien tirées par les cheveux et paraissent peu crédibles, d'autres versent dans un onirisme joliment mis en scène (les apparitions fantomatiques d'Alison) mais c'est bien la prestation de Micth Pileggi qui tire le film vers le haut et le rend des plus plaisants. Un pur produit 80's/90's qui plaira avant tout aux amateurs fan des films de ces décennies. 

NOTE : 4/6



LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE

LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE
(The Last House on the Left)

Réalisateur : Wes Craven 
Année : 1972
Scénariste : Wes Craven
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Sandra Peabody, Lucy Grantham, David Hess, Fred J. Lincoln, Jeramie Rain...


L'HISTOIRE : Mari fête ses 17 ans et reçoit une jolie chaîne avec le symbole « peace and love » de la part de ses parents. Elle sort ensuite avec son amie Phyllis. Attirées par la promesse d'avoir de la drogue, les deux filles se retrouvent prisonnières de quatre voyous psychopathes qui les emmènent en forêt pour les humilier, les torturer, les violer et les assassiner sauvagement. Les parents alertent la police mais celle-ci ne trouve aucune trace des jeunes filles. Par un heureux hasard, les tueurs se retrouvent sans le savoir chez les parents de Mari...

MON AVIS : Lorsqu'on évoque l’évolution du cinéma d’épouvante vers le cinéma d’horreur, on a tendance à citer Psychose (1960), La Nuit des Morts-Vivants (1968), L’Exorciste (1973) et Massacre à la tronçonneuse (1974). Quatre films qui ont redéfini les codes du genre et ont fait entrer l’horreur dans la réalité, reléguant cimetière, crypte et château lugubre aux oubliettes pour faire intervenir les « monstres » dans notre environnement quotidien. Il convient néanmoins d’ajouter à cette liste un film de 1972 trop facilement mis de côté, réalisé par Wes Craven, qui défraya la chronique, fit bondir la censure et participa pleinement à populariser l’horreur réaliste sur les écrans. Ce film, c’est bien sûr l’effroyable La Dernière Maison sur la Gauche. Ayant particulièrement apprécié le film La Source d’Ingmar Bergman, dans lequel la fille d’un couple de paysans se fait agresser, violer et tuer avant que ses bourreaux ne se réfugient sans le savoir chez ses parents qui vont la venger de manière cruelle, Wes Craven décide de s’inspirer librement de cette histoire tragique et livre un scénario intitulé « Night of Vengeance » au producteur Sean S. Cunningham, futur réalisateur de Vendredi 13 en 1980. Voulant dynamiter les codes du film d’horreur en misant tout sur le réalisme des situations, Cunningham et Craven acceptent, à la demande des acteurs qui trouvaient les situations déjà assez horribles comme ça, de retirer les scènes pornographiques prévues dans le scénario, tout en conservant les séquences de viols, d’humiliations et les meurtres sauvages. La mise en scène improvisée de Wes Craven (il ne connaissait rien à la mise en scène, à la direction d'acteurs), le tournage en 16mm, l’aspect presque « documentaire » des images et l’absence d’acteurs connus permettent au film de distiller une ambiance malsaine et glauque jamais vue auparavant. La première partie du film, relatant le calvaire de Mari et Phyllis, est abominable, insoutenable à regarder tant les expressions de visage, la peur et le désarroi des deux actrices semblent crédibles, réalistes. La violence et la nudité, filmées de manière frontale, parachèvent de provoquer le dégoût et la répulsion chez le public, qui aura bien du mal à s’en remettre, allant jusqu’à traiter le réalisateur de malade mental. La scène dans laquelle Krug demande à Phyllis de se pisser dessus ou celle dans laquelle il grave au couteau son nom sur le cou de Mari font toujours leur petit effet ! Les acteurs eux-mêmes n’ont pas été épargnés par les critiques, voire même par leur propre famille, pour avoir osé jouer dans ce film sortit tout droit des entrailles de l’Enfer ! La seconde partie, plus classique, place les bourreaux de Phyllis et Mari au sein de la famille de cette dernière. On assiste alors à la vengeance des parents, avec fellation castratrice, électrocution, égorgement et utilisation d’une tronçonneuse (deux ans avant le chef-d’œuvre de Tobe Hooper !). La loi du talion transforme deux gentils parents en monstre sans pitié, ce qui ne manquera pas également de faire bondir les ligues de morale. A l’époque, le film ne fonctionna pas tout de suite, et il changea souvent de titre. De Night of Vengeance, il devient Sex Crime of the Century mais cela ne marche pas non plus. Nouveau changement de titre pour Krug & Company mais rien à faire, le succès n’est toujours pas au rendez-vous. Dernière transformation : The Last House on the Left. Un titre qui n’a pas franchement de rapport avec le sujet du film mis à part sa seconde partie qui se déroule dans la maison des parents. À ce nouveau titre s’ajoute un slogan particulièrement efficace : « It’s only a movie, only a movie, only a movie… ». Carton plein, le film se taille une sacrée réputation et rapporte 13,110,000$ de par le monde. Avec La Dernière Maison sur la Gauche, Wes Craven et Sean S. Cunningham peuvent se féliciter d’avoir réalisé une oeuvre majeure dans l’édification du cinéma d’horreur contemporain. Revu aujourd’hui, le film ne parvient pas à cacher ses maladresses et les séquences mettant en scène les deux policiers nous semblent bien absurdes, permettant toutefois d’apporter un peu de « repos émotionnel » au spectateur, véritablement agressé par le reste du métrage. Les exactions et la brutalité du trio Krug Stillo / Sadie / Fred « Weasel » Podowski (superbement interprété par David Hess / Jeramie Rain / Fred J. Lincoln, tous trois véritablement habités par leur personnage) possèdent toujours un caractère ultra-malsain et marquent encore les esprits, même ceux habitués à voir des films bien plus violents de nos jours. Quarante-trois ans après sa réalisation et malgré un petit coup de vieux, La Dernière Maison sur la Gauche mérite amplement son statut de film culte. Un "Rape & revenge" / "Vigilante movie" âpre et brutal, toujours interdit dans de nombreux pays dans sa version "uncut". 

* Disponible en DVD chez Wild Side Vidéo

NOTE : 4/6





MY SOUL TO TAKE

MY SOUL TO TAKE
(My Soul to Take)

- Visionné via le BR 3D - 

Réalisateur : Wes Craven
Année : 2010
Scénariste : Wes Craven
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Max Thieriot, John Magaro, Denzel Whitaker, Zena Grey , Emily Meade...


L'HISTOIRE : Dans la petite ville de Riverton, la légende clame qu’un serial killer a juré de revenir assassiner les sept enfants nés la nuit où il est mort. Aujourd’hui, seize ans plus tard, de nouvelles personnes disparaissent. Le psychopathe s’est-il réincarné dans l’un des sept ados ou a-t-il survécu à cette nuit où il fut laissé pour mort ?

MON AVIS : Datant de 2010, My Soul to Take n'a eu que les honneurs d'une sortie française quasi confidentielle. Quatre ans plus tard, le film de Wes Craven arrive enfin sur nos platines en DVD et BR 3D. Grand fan de la filmographie du cinéaste, que j'ai découvert en 1986 avec Les Griffes de la Nuit, c'est donc tout confiant que j'enfournais la galette en relief dans mon lecteur BR. A l'arrivée, c'est la déception. Histoire abracadabrante, personnages stéréotypés peu intéressants, suspense quasi absent, scènes chocs passe-partout. Cette énième histoire de malédiction parentale mélange thriller et fantastique sans jamais que la sauce ne prenne vraiment. Bien loin de la fulgurance de Scream en 96, qui avait remis au goût du jour le slasher movie (et avec quel panache !), My Soul to Take est pour ma part un faux-pas de la part du cinéaste qui peine à proposer quelque chose d'intéressant dans ce registre, recyclant les idées de ses précédents films, tentant dans certaines séquences de jouer avec l'image du "boogeyman" façon Freddy Krueger sauf qu'ici, le tueur n'est absolument pas charismatique et que cette histoire de schizophrénie dans laquelle plusieurs personnalités sont présentes dans le même corps (je demande Identity au rapport...) plonge souvent dans le grand n'importe quoi, voire carrément dans l'absurde. La séquence dans laquelle le jeune héros se met à parler avec différentes voix est risible au possible et ne m'a guère convaincu. Bien sûr, Wes Craven sait tenir une caméra et sa mise en scène n'est pas mauvaise mais aucun sursaut ni stress véritable ne viendra provoquer quelque remous en nous durant la vision du film. Pire que tout, on trouve le temps bien long et l'ennui a fini par pointer le bout de son nez sans jamais me quitter ensuite. Le réalisateur multiplie les fausses-pistes et essaye de jouer sur l'identité ambiguë du tueur. Qui est-il vraiment ? Est-ce l'un des sept adolescents ? Un esprit ayant pris le contrôle de quelqu'un ? Le tueur qui ne serait pas mort seize ans plus tôt ? A vrai dire, on s'en moque un peu car on a décroché depuis belle lurette. My Soul to Take est plombé par une approche de l'adolescence bien trop banale et le casting, pas mauvais reconnaissons-le, fait ce qu'il peut pour sauver les meubles et tenter de rendre crédible un scénario trop alambiqué et qui vire parfois au grotesque (l'aveugle à la fin...). Reste alors à mettre au crédit du film quelques scènes quand même réussies (l'exposé sur le "condor" par exemple, excellente) ou quelques meurtres sympas dont celui de la toute mignonne Zena Grey, bien gore et efficace. Mais franchement, on est loin d'avoir un grand cru de Wes Craven et on comprend pourquoi le film est sorti en catimini en salles chez nous ! Heureusement, le réalisateur va vite se rattraper l'année suivante avec un excellent Scream 4 en 2011.

* Disponible en DVD et BR 3D chez TF1 VIDEO

NOTE : 2/6




LA COLLINE A DES YEUX (1977)

LA COLLINE A DES YEUX
(The Hills have Eyes)

Réalisateur : Wes Craven
Année : 1977
Scénariste : Wes Craven
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Survival
Interdiction : -16 ans
Avec : John Steadman, Janus Blythe, Suze Lanier-Bramlett, Michael Berryman, Dee Wallace, Lance Gordon, Janus Blythe...


L'HISTOIRE : Faisant route vers la Californie, la famille Carter se voit contrainte de s'arrêter dans le désert suite à un incident mécanique. Les malheureux vont devenir les proies d'une famille de cannibales dégénérés vivant depuis des années cachée dans les collines. Une véritable nuit de terreur et de sauvagerie les attend...

MON AVIS : Précédé à l'époque de sa sortie d'une réputation de film extrême, dans lequel la barbarie attendrait des sommets, La colline a des yeux, réalisé par Wes Craven en 1977, pourra laisser dubitatif sur son aspect violent qui lui valut bien des soucis avec la censure lorsqu'on le revoit en 2013. Hormis une crucifixion, un viol (plutôt soft, si on peut dire...) et une ou deux autres scènes un peu brutales, il n'y a pas vraiment de quoi en faire une colline...pardon, une montagne. En 1977, L'exorciste, Massacre à la tronçonneuse, La dernière maison sur la gauche, Délivrance ou Orange mécanique étaient déjà passés par là et ces longs métrages se montraient plus bien agressifs ou dérangeants que La colline a des yeux, pour ma part du moins. Le film a énormément vieilli et ne s'est pas bonifié avec les années, contrairement à d'autres. Je me demande d'ailleurs s'il n'était pas déjà un peu vieillot en 77. Le casting n'est pas fameux et la plupart des interprétations sont tout juste moyennes. Les membres de la famille de cinglés cabotinent un maximum et hormis Mars et Pluton, ils ne sont guère impressionnants. Pluton, interprété par Michael Berryman, acteur au faciès reconnaissable entre mille, est intéressant justement parce qu'il est joué par cet acteur. Mais sinon, ils sont bien loin de posséder le charisme, la brutalité et la folie de la famille vue dans Massacre à la tronçonneuse par exemple. La colline a des yeux est tout de même un film à voir, car la réalisation de Wes Craven, ainsi que son habileté à jouer avec ses décors naturels, méritent le détour. La première demi-heure joue avec le suspense et crée une attente chez le spectateur car nous ne verrons pas les futures agresseurs. On sait qu'ils sont là, qu'ils guettent, qu'ils observent aux jumelles la famille Carter mais on ne sait pas encore à quoi ils ressemblent. Une menace intangible qui donne envie d'en savoir plus. Sans avoir un rythme percutant, on se laisse emmener par les images, attendant patiemment que la violence promise se déchaîne ; déception donc à ce niveau, on aurait aimé en voir bien plus. Le final se révélera plus dynamique malgré quelques séquences pas folichonnes, voir même qui flirtent avec l'absurde. En fait, La colline a des yeux est avant tout un film d'ambiance, qui joue sur la rencontre entre des citadins et des "rednecks" qui n'apprécient pas de voir des étrangers venir sur leur territoire. Ce revisionnage m'a en tout cas prouvé une chose : La colline a des yeux méritait bien d'avoir son remake. 

NOTE : 3/6



FREDDY SORT DE LA NUIT

FREDDY SORT DE LA NUIT
(Wes Craven's New Nightmare)

Réalisateur : Wes Craven
Année : 1994
Scénario :  Wes Craven
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Heather Langenkamp, Robert Englund, Miko Hughes, Tracy Middendorf, John Saxon...


L'HISTOIRE : L'actrice Heather Langenkamp, marié et ayant un petit garçon, voit sa vie ébranlée par des cauchemars dans lesquels elle voit Freddy, le personnage imaginaire créé par Wes Craven. D'autres personnalités ayant travaillé sur la série semblent eux aussi en proie à des terreurs nocturnes et ce, depuis que le projet de réaliser un septième épisode a vu le jour. La mort brutal de son mari et certains signes révélateurs font penser à Heather qu'une entité maléfique veut rejoindre le monde réel, s'échapper des films qui l'ont fait vivre : Freddy veut sortir de la nuit...

MON AVIS : Trois ans après La Fin de Freddy, très décevant dernier opus, Wes Craven est approché par les studios pour réaliser un septième chapitre à la saga culte. Un défi qu'accepte de relever le papa de Freddy. Restait à trouver une idée originale pour faire resurgir le tueur aux griffes d'acier. A l'arrivée, le film déçoit le public et je dois dire que moi-même, je ne l'ai pas vraiment apprécié en 1994. J'avais vingt ans et je n'ai pas accroché quand je l'ai vu en salles. Une nouvelle vision du film en 2013 vient de me faire comprendre quelque chose : il faut être mature pour apprécier Freddy sort de la Nuit comme il le mérite. A  20 ans, vous voulez juste voir votre croquemitaine préféré massacrer des adolescents dans des mises en scène délirantes, exubérantes, bardées d'effets spéciaux. Tout ce que n'est pas Freddy sort de la Nuit. Le scénario de Wes Craven est tellement complexe, tellement "adulte", qu'il est normal que le public à qui la saga est destinée, les ados, n'accrochent pas au film. Mais à 39 ans, on voit les choses différemment. Et là, le génie de Wes Craven éclate enfin au grand jour et ce qui nous semblait être un somnifère sur pellicule à l'époque devient un film passionnant, intelligent, qui met tous nos sens en éveil, nous fait participer activement, nous demande un effort en tant que spectateur. Dire que je viens d'avoir une révélation avec Freddy sort de la Nuit n'est pas exagéré. Le film possède une ampleur, une symbolique qu'aucun autre film de la saga ne possède. Exit l'humour, exit le délire, retour au sérieux et à la peur. Wes Craven fait une mise en abyme de son croquemitaine fétiche avec une rare intelligence. A redécouvrir séance tenante !

NOTE : 5/6