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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




INTRUDER

 

INTRUDER
(Intruder)

Réalisateur Scott Spiegel
Année : 1989
Scénariste Scott Spiegel, Lawrence Bender
Pays : USA
Genre : Horreur, slasher
Interdiction : -16 ans
Avec : Sam Raimi, Elizabeth Cox, Renée Estevez, Dan Hicks, Ted Raimi...


L'HISTOIRE : Les employés d'un supermarché apprennent qu'ils vont bientôt perdre leur travail suite à la vente du magasin. A la nuit tombée, Jennifer, la caissière, se fait agresser par son ex-petit ami, Craig, qui vient de sortir de prison. Il parvient à se dissimuler dans le magasin et c'est avec peine que l'équipe réussie à le mettre dehors, provoquant sa colère. Plus tard dans la nuit, les employés se font assassiner un à un...

MON AVIS : En 1989, le slasher movie n'est plus qu'un genre balbutiant, en fin de vie, qui a épuisé tous les filons, toutes les histoires depuis 1980 et la succès de Vendredi 13. Certains réalisateurs continuent d'y croire mais le public s'est lassé et le genre ne fait plus recette et ne parvient plus à se renouveler. Parmi les derniers résistants, on trouve Intruder, réalisé par Scott Spiegel. Un nom qui ne devrait pas vous être inconnu si vous êtes fans de cinéma de genre, puisqu'il fait partie de la team Sam Raimi, étant l'ami de ce dernier depuis les années 70, où il faisait l'acteur dans tous ses courts-métrages. Il a même interprété Scott dans Within the Woods, court-métrage à la base d'Evil Dead. Scott Spiegel fut aussi scénariste, on lui doit dans ce domaine les histoires d'Evil Dead 2, du polar Hit List, de La Relève avec Clint Eastwood et Charlie Sheen, de The Nutt House, comédie avec Traci Lords ou de Une Nuit en Enfer 2 entre autres. Il a également réalisé lui-même des tas de courts-métrages et six longs-métrages, dont Une Nuit en Enfer 2 ou Hostel 3. Son premier long-métrage derrière la caméra est donc ce Intruder, dont il co-signe également le scénario avec Lawrence Bender. Il va bénéficier sur ce premier film de la présence de Sam Raimi, qui fera acteur et qui lui a certainement promulgué de bons conseils niveau mise en scène, mais aussi de Robert Kurtzman, de Greg Nicotero et de Howard Berger, un trio spécialisé dans les effets de maquillages plus connu sous le nom de KNB et qui avait déjà travaillé avec Spiegel sur Evil Dead 2 en 1987. Du beau monde donc, auquel on rajoutera l'actrice Elizabeth Cox, qui interprète la final girl Jennifer, Renée Estevez, sœur d'Emilio Estevez, Ramon Estevez et Charlie Sheen et qui joue l'autre caissière du magasin, le célèbre Ted Raimi, frère de qui vous savez, Dan Hicks, autre membre de la team Raimi, vu dans Evil Dead 2, Darkman ou Mon nom est Bruce entre autres et on aura évidemment un tout petit caméo de Bruce Campbell à la fin du film. Sur le papier, les conditions semblent donc être réunies pour obtenir un bon slasher. Qu'en est-il au final ? Niveau mise en scène, on ressent clairement l'influence de Sam Raimi, avec des plans travaillés qui nous rappellent ceux d'Evil Dead, à l'image de la caméra posée dans un caddie et qui filme l'avancée de ce dernier en vue subjective ou de ce plan où l'on voit un personnage utiliser un téléphone, filmé de l'intérieur dudit téléphone, l'actrice étant donc vue en contre-plongée via le cadran téléphonique. On citera également cette séquence ou un acteur surveille une poignée de porte et quand celle-ci se met à tourner, le plan de l'acteur tourne de la même manière que la poignée de porte ou cette vision du visage du tueur, déformé par un bocal en verre. Des influences visuelles qui procurent donc  une certaine originalité à Intruder, bien moins plan-plan que la majorité des slashers en termes de réalisation. Dommage que le film mette un peu de temps à réellement démarrer puisqu'il faut attendre plus de 30 minutes avant d'avoir un premier meurtre, et encore, il est juste suggéré à l'écran. Auparavant, on fera connaissance avec les divers employés du magasin, on comprendra rapidement que la caissière Jennifer, jouée par Elizabeth Cox donc, sera l'héroïne du film, et on passera pas mal de temps avec eux, devant régler un souci puisque l'ex-copain de Jennifer se cache dans le magasin suite à une altercation. Un semblant de suspense se met en place avec la recherche du méchant bad boy dans les rayonnages. On note quand même que Scott Spiegel, qui a travaillé dans un supermarché durant sa jeunesse, s'attarde sur l'aspect relationnel, sur la notion de camaraderie qui transpire entre les employés, qui tentent tous de s'encourager après avoir appris la vente de la boutique et sa fermeture dans un mois. Je n'irai pas jusqu'à dire que ça les rend plus intéressants, n'exagérons pas, ils restent dans la bonne moyenne des personnages d'un slasher et la plupart ne serviront qu'à devenir des victimes au tueur du film. Un tueur qui va commencer à s'activer un peu plus à partir de 40 minutes, dynamisant par la même occasion le rythme un peu mollasson du film. Notre maniaque va devenir le principal intérêt d'Intruder, car il va se servir de divers outils et instruments disponibles dans le magasin pour commettre ses meurtres. Et à ce niveau, on ne sera pas déçu car l'équipe de KNB et l'équipe des effets-spéciaux vont se faire plaisir, et nous faire plaisir, en concoctant des scènes brutales et surtout bien gore. C'est clairement là où Intruder marque des points : œil embroché sur une pointe, visage écrasé par une presse, Sam Raimi empalé par le visage sur un croc à viande (une idée de son frère Ted, on est imaginatif dans la famille), tête coupée portée par le maniaque, coups portés à l'aide d'un couteau ou d'un hachoir et surtout, la fameuse séquence du visage tranché en deux par un fil à ruban servant à découper les carcasses de viande seront de la fête. De la violence qui a posé problème au comité de censure, qui a taillé dans le vif à l'époque, et il a fallu attendre les années 2000 pour que le film soit enfin proposé en version intégrale. On a tout de même un petit souci, qui n'est pas du fait du réalisateur, c'est que l'identité du meurtrier a été éventé directement sur la jaquette VHS lors de sa sortie, le film étant inédit en salles, de même que dans la bande annonce. Même si cela ne gâche que moyennement le spectacle, on pourra trouver ce procédé un peu chelou tout de même mais bon. Si Intruder ne joue que rarement avec le suspense, se prive de toute nudité, on en retient tout de même ses qualités et son aspect radical au niveau de ses meurtres. On ne pourra s'empêcher de sourire lors de la scène de traque dans une chambre froide, l'héroïne se planquant derrière les carcasses de viande, scène qui nous rappellera la séquence fort ressemblante du remake de Massacre à la Tronçonneuse, ou celle où l'héroïne se cache dans une sorte de cagibi, qui m'a fait penser à la scène d'Halloween dans laquelle Jamie Lee Curtis se planque dans un placard. Deux scènes qui correspondent bien à ce qu'est Intruder en fait : un film charnière, qui recycle les films du passé et prépare le terrain aux futurs œuvres du genre, qui seront plus violentes, plus brutales. Intruder, un rétro-slasher ouvrant la voie au néo-slasher ?

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