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GINGER SNAPS

 

GINGER SNAPS
(Ginger Snaps)

Réalisateur John Fawcett
Année : 2000
Scénariste Karen Walton, John Fawcett
Pays : Canada
Genre : Fantastique, Horreur, Loups-garous
Interdiction : -12 ans
Avec : Emily Perkins, Katharine Isabelle, Kris Lemche, Mimi Rogers, Jesse Moss...


L'HISTOIRE : Ginger et sa sœur Brigitte sont bien différentes des autres filles de leur ville, alors en proie à diverses attaques semblant provenir d'une bête sauvage. Elles vouent une passion pour le morbide et s'amusent à mettre en scène leur propre mort. Considérées comme des parias dans leur lycée, elles restent inséparables. Une nuit, Ginger se fait attaquer par la bête sous les yeux de Brigitte, qui peine à la secourir. Peu de temps après, Ginger sent des changements dans son corps, des poils commencent à pousser sur les cicatrices des griffures et elle prend de plus en plus d'assurance, commençant même à s'émanciper de la présence de sa sœur, qui ne sait plus quoi faire pour lui apporter son aide...

MON AVIS : Les films de loups-garous ont commencé à devenir populaire dès 1941, avec Le Loup-Garou produit par la Universal. Par la suite, les lycanthropes sont apparus dans diverses séries B au fil du temps, sans jamais parvenir à acquérir la notoriété des vampires, de la momie ou de la créature de Frankenstein entre autres. Il faudra attendre l'année 1981 pour que deux films les fassent monter sur le podium du bestiaire du cinéma fantastique : Le loup-Garou de Londres de John Landis et Hurlements de Joe Dante. Reste que cette notoriété va retomber très rapidement, notamment avec les suites assez calamiteuses du classique de Joe Dante. On citera tout de même La Compagnie des Loups de Neil Jordan en 1984, Peur Bleue de Daniel Attias en 1985 ou Wolf de Mike Nichols en 1994 parmi les réussites du genre. C'est quand même bien peu. C'est en 2000 que va alors débarquer ce Ginger Snaps, film canadien réalisé par John Fawcett. Ce dernier n'a alors réalisé qu'un seul film, Boys Club en 1996, mais aussi quelques épisodes de séries-télévisées, ce qu'il continuera de faire par la suite. Avec Ginger Snaps, il va moderniser le mythe du loup-garou et utiliser ce dernier pour traiter métaphoriquement des problèmes vécues par les adolescentes, à savoir le passage à l'âge adulte via la puberté, les règles, les sentiments amoureux, l'éveil sexuel, les conflits familiaux, le harcèlement scolaire, le suicide et j'en passe. Et pour ce faire, il va mettre en scène deux sœurs, Ginger et Brigitte, interprétées respectivement par Katharine Isabelle et Emily Perkins. Deux personnages auxquels les ados mal dans leur peau pourront s'identifier sans difficulté aucune. Mises de côté pour leur comportement rebelle et leur vision assez pessimiste de la vie, les frangines Fitzgerald partagent tout, vivent dans leur propre monde, monde dans lequel sont exclus tout autre personne, que ce soient les amis ou même les membres de leur famille. Elles se sont même jurés une fidélité unique, en faisant un pacte de sang qui ne prendra fin que dans la mort lorsqu'elles étaient enfants. Un pacte qui perdure durant leur adolescence et qui est très important à leurs yeux. Leur monde en vase clos va néanmoins être ébranlé quand Ginger, qui vient enfin d'avoir ses règles, va se faire attaquer par la bête qui terrorise la ville. Mordue, ensanglantée, elle est sauvée in-extremis par Brigitte, qui, témoin de l'agression, va rapidement faire le lien avec une attaque de... loup-garou ! Il faut dire que sa grande sœur commence à changer suite à l'attaque. Des poils commencent à pousser sur certaines parties de son corps, de même qu'une queue de chien au niveau de ses fesses. Son attitude elle-même évolue, devenant plus ouverte aux relations avec autrui, et notamment avec les garçons, ce qui frustre Brigitte, qui voit sa sœur chérie s'éloigner d'elle, alors qu'elles étaient inséparables. Il faut dire que la jeune femme devient de plus en plus sexy et désirable, mettant ses formes en avant, s'habillant dans des robes affriolantes, qui ne peuvent qu'attirer le regard de la gente masculine et ce, au grand désarroi de Brigitte. Cette dernière n'aura dès lors plus d'autre alternative que de se lier elle aussi à autrui, et notamment avec Sam, le dealer du coin, afin qu'il l'aide à trouver un moyen de guérir Ginger. A l'instar de La Mouche de David Cronenberg, Ginger subit une transformation physique lente, parfois peu esthétique (sa mâchoire et sa dentition évoluent et deviennent plus imposante, son visage devient plus bestiale...), le tout avec des maquillages à l'ancienne, John Fawcett ayant refusé d'utiliser le moindre CGI ici. Une noble intention, même si j'avoue que le look même du loup-garou ne m'a guère convaincu et que je l'ai trouvé vraiment faiblard et pas très réussi. Par contre, les maquillages gore sont très bien faits. En tout cas, le réalisateur a essayé de casser les codes du werewolf movie, de le moderniser avec des sujets actuels et cette tentative a connu un beau succès d'estime, Ginger Snaps étant régulièrement cité parmi les meilleurs films de loups-garous modernes. Deux autres films ont vu le jour, une suite et une préquelle, toutes deux en 2004 : Ginger Snaps Resurrection et Ginger Snaps : Aux Origines du Mal


976-EVIL : LA LIGNE DU DIABLE

 

LA LIGNE DU DIABLE
(976-EVIL)

Réalisateur Robert Englund
Année : 1988
Scénariste Rhet Topham, Brian Helgeland
Pays : USA
Genre : Fantastique, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Stephen Geoffreys, Patrick O'Bryan, Jim Metzler, Lezlie Deane, J.J. Cohen...


L'HISTOIRE : Hoax est un jeune garçon timide, souffre-douleur d'une bande de punks. Il est élevé par sa tante Lucy, une bigote fanatique, et voue une admiration sans borne à son cousin Spike. Ce dernier ne s'intéresse pas vraiment à Hoax, préférant roucouler avec sa petite amie Suzie ou jouer au poker et miser de l'argent. Quand Hoax découvre un curieux numéro de téléphone sur une carte, le 976-EVIL, il ne sait pas que sa vie va changer car cette ligne va le mettre en relation directe avec...le Diable !

MON AVIS : Robert Englund ! Monsieur Freddy Krueger lui-même est à la réalisation de ce 976-Evil ou La Ligne du Diable en français, petite série B de 1988 que je n'avais toujours pas vu ! C'est enfin chose faite en 2026 et... comment dire... bah ça pouvait encore attendre en fait. Ce n'est pas parce qu'on est un acteur culte du cinéma fantastique qu'on est forcément un bon réalisateur. Regardé Stephen King, auteur au succès planétaire qui joue avec l'effroi comme personne et qui nous livre un film pas déplaisant mais assez quelconque tout de même en 1986 avec Maximum Overdrive. Et bien là, c'est la même chose avec Robert Englund. Sa notoriété a mis la barre trop haute et notre attente s'en est trouvée décuplée, car on pensait tenir là une nouvelle référence en matière de film fantastique ou d'horreur. Raté sur toute la ligne. Pour le scénario, il engage Rhet Topham, qui a juste bossé sur Trick or Treat en 1986, ainsi que Brian Helgeland, qu'il connaît bien puisqu'il a été scénariste sur Le Cauchemar de Freddy, tourné la même année que 976-Evil. On lui devra aussi le scénario frappadingue du très fun Bienvenue en Enfer en 1991 puis de films célèbres tels L.A. Confidential, Complots, Postman, Mystic River, Man of Fire ou Green Zone entre autres. Il est également passé derrière la caméra et nous a offert Payback en 1999, Chevalier en 2001 ou Le Purificateur en 2003 par exemple. Bon, reste qu'en 1988, l'histoire concoctée par les deux scénaristes pour le film de Robert Englund n'est pas bien folichonne et ne risque pas de faire du film un classique du genre. On en est même très loin. Osons le dire, La Ligne du Diable est un navet à peine sauvé par son final et ses maquillages conçus par Kevin Yagher et son équipe. Niveau casting, notre héros est interprété par Stephen Geoffreys, un acteur qu'on reconnaîtra aisément puisqu'il était le fameux Evil Ed de Vampire, vous avez dit Vampire ? de Tom Holland. Il a enchaîné quelques séries B fantastiques par la suite avant de devenir acteur de porno gay dès l'année 1993 sous le pseudo de Sam Ritter. Son personnage est ici une sorte d'ado introverti, qui enchaîne les gaffes et n'a pas grand chose pour lui. Sans ami, encore moins de petite amie, il subit le harcèlement d'une bande d'ados au look punk dans son lycée, et cherche l'amitié de son cousin Spike, un dur à cuire joué par Patrick O'Bryan, un acteur de seconde zone qui n'a pas fait une grande carrière non plus. L'élément le plus intéressant de La Ligne du Diable est la présence de la ravissante Lezlie Deane, une ancienne pom-pom girl et chanteuse dans divers groupe de rock (Scary Cherry and the Bang Bangs ou Fem 2 Fem), qu'on reverra dans La Fin de Freddy en 1991. Elle joue la petite amie de Spike et nous offrira la seule petite touche d'érotisme du film en nous dévoilant sa poitrine dénudée. Dommage qu'elle fasse partie des premières victimes d'Hoax après que celui-ci ai composé le fameux numéro de téléphone diabolique. Un numéro qui sert simplement à la base d’horoscope horrifique, un simple gadget en fin de compte mais qui s'est vu investir par le Diable lui-même. Les prédictions ou conseils énoncés par la ligne téléphonique se réalisent peu après, octroyant à ceux qui composent le numéro des pouvoirs maléfiques. Un concept pas super bien exploité dans le film, puisque Spike par exemple y a recours et qu'il ne lui arrive rien de fâcheux, à contrario d'Hoax qui semble être possédé par une âme diabolique, se transformant petit à petit en affreux démon. Allez comprendre. Niveau scènes horrifiques, on n'en aura pas non plus pour notre argent, le film étant très avare également à ce niveau. Et dire qu'on s'ennuie ferme est un euphémisme. Le film est somniférique au possible, on comble avec un détective et une inspectrice qui mènent une enquête sur les meurtres mais on s'en fout royalement. On a aussi un peu d'humour potache, comme la scène de la petite culotte par exemple, qui ne fera guère sourire. Franchement, c'est très laborieux et même l'aspect 80's ne viendra pas sauver La Ligne du Diable du naufrage. Et pourtant, je suis très bon public, vous le savez. Mais là, c'est bel et bien une grosse déception. Le final nous présente donc Stephen Geoffreys affublé d'un maquillage de démon, avec doigts griffus et vannes à deux balles en prime. Vous l'avez compris, on a affaire à un Freddy-like au niveau du personnage, le charisme en moins. Il va se venger de ceux qui l'ont embêté bien sûr, prenant enfin le dessus via sa force diabolique. Dommage, la plupart des morts sont en hors champ ou sont très peu sanglantes. C'est légèrement plus dynamique que tout ce qui a précédé mais pas de quoi se relever la nuit non plus. 38 ans d'attente pour au final trouver ça désolant. Mince alors...  

INTRUDER

 

INTRUDER
(Intruder)

Réalisateur Scott Spiegel
Année : 1989
Scénariste Scott Spiegel, Lawrence Bender
Pays : USA
Genre : Horreur, slasher
Interdiction : -16 ans
Avec : Sam Raimi, Elizabeth Cox, Renée Estevez, Dan Hicks, Ted Raimi...


L'HISTOIRE : Les employés d'un supermarché apprennent qu'ils vont bientôt perdre leur travail suite à la vente du magasin. A la nuit tombée, Jennifer, la caissière, se fait agresser par son ex-petit ami, Craig, qui vient de sortir de prison. Il parvient à se dissimuler dans le magasin et c'est avec peine que l'équipe réussie à le mettre dehors, provoquant sa colère. Plus tard dans la nuit, les employés se font assassiner un à un...

MON AVIS : En 1989, le slasher movie n'est plus qu'un genre balbutiant, en fin de vie, qui a épuisé tous les filons, toutes les histoires depuis 1980 et la succès de Vendredi 13. Certains réalisateurs continuent d'y croire mais le public s'est lassé et le genre ne fait plus recette et ne parvient plus à se renouveler. Parmi les derniers résistants, on trouve Intruder, réalisé par Scott Spiegel. Un nom qui ne devrait pas vous être inconnu si vous êtes fans de cinéma de genre, puisqu'il fait partie de la team Sam Raimi, étant l'ami de ce dernier depuis les années 70, où il faisait l'acteur dans tous ses courts-métrages. Il a même interprété Scott dans Within the Woods, court-métrage à la base d'Evil Dead. Scott Spiegel fut aussi scénariste, on lui doit dans ce domaine les histoires d'Evil Dead 2, du polar Hit List, de La Relève avec Clint Eastwood et Charlie Sheen, de The Nutt House, comédie avec Traci Lords ou de Une Nuit en Enfer 2 entre autres. Il a également réalisé lui-même des tas de courts-métrages et six longs-métrages, dont Une Nuit en Enfer 2 ou Hostel 3. Son premier long-métrage derrière la caméra est donc ce Intruder, dont il co-signe également le scénario avec Lawrence Bender. Il va bénéficier sur ce premier film de la présence de Sam Raimi, qui fera acteur et qui lui a certainement promulgué de bons conseils niveau mise en scène, mais aussi de Robert Kurtzman, de Greg Nicotero et de Howard Berger, un trio spécialisé dans les effets de maquillages plus connu sous le nom de KNB et qui avait déjà travaillé avec Spiegel sur Evil Dead 2 en 1987. Du beau monde donc, auquel on rajoutera l'actrice Elizabeth Cox, qui interprète la final girl Jennifer, Renée Estevez, sœur d'Emilio Estevez, Ramon Estevez et Charlie Sheen et qui joue l'autre caissière du magasin, le célèbre Ted Raimi, frère de qui vous savez, Dan Hicks, autre membre de la team Raimi, vu dans Evil Dead 2, Darkman ou Mon nom est Bruce entre autres et on aura évidemment un tout petit caméo de Bruce Campbell à la fin du film. Sur le papier, les conditions semblent donc être réunies pour obtenir un bon slasher. Qu'en est-il au final ? Niveau mise en scène, on ressent clairement l'influence de Sam Raimi, avec des plans travaillés qui nous rappellent ceux d'Evil Dead, à l'image de la caméra posée dans un caddie et qui filme l'avancée de ce dernier en vue subjective ou de ce plan où l'on voit un personnage utiliser un téléphone, filmé de l'intérieur dudit téléphone, l'actrice étant donc vue en contre-plongée via le cadran téléphonique. On citera également cette séquence ou un acteur surveille une poignée de porte et quand celle-ci se met à tourner, le plan de l'acteur tourne de la même manière que la poignée de porte ou cette vision du visage du tueur, déformé par un bocal en verre. Des influences visuelles qui procurent donc  une certaine originalité à Intruder, bien moins plan-plan que la majorité des slashers en termes de réalisation. Dommage que le film mette un peu de temps à réellement démarrer puisqu'il faut attendre plus de 30 minutes avant d'avoir un premier meurtre, et encore, il est juste suggéré à l'écran. Auparavant, on fera connaissance avec les divers employés du magasin, on comprendra rapidement que la caissière Jennifer, jouée par Elizabeth Cox donc, sera l'héroïne du film, et on passera pas mal de temps avec eux, devant régler un souci puisque l'ex-copain de Jennifer se cache dans le magasin suite à une altercation. Un semblant de suspense se met en place avec la recherche du méchant bad boy dans les rayonnages. On note quand même que Scott Spiegel, qui a travaillé dans un supermarché durant sa jeunesse, s'attarde sur l'aspect relationnel, sur la notion de camaraderie qui transpire entre les employés, qui tentent tous de s'encourager après avoir appris la vente de la boutique et sa fermeture dans un mois. Je n'irai pas jusqu'à dire que ça les rend plus intéressants, n'exagérons pas, ils restent dans la bonne moyenne des personnages d'un slasher et la plupart ne serviront qu'à devenir des victimes au tueur du film. Un tueur qui va commencer à s'activer un peu plus à partir de 40 minutes, dynamisant par la même occasion le rythme un peu mollasson du film. Notre maniaque va devenir le principal intérêt d'Intruder, car il va se servir de divers outils et instruments disponibles dans le magasin pour commettre ses meurtres. Et à ce niveau, on ne sera pas déçu car l'équipe de KNB et l'équipe des effets-spéciaux vont se faire plaisir, et nous faire plaisir, en concoctant des scènes brutales et surtout bien gore. C'est clairement là où Intruder marque des points : œil embroché sur une pointe, visage écrasé par une presse, Sam Raimi empalé par le visage sur un croc à viande (une idée de son frère Ted, on est imaginatif dans la famille), tête coupée portée par le maniaque, coups portés à l'aide d'un couteau ou d'un hachoir et surtout, la fameuse séquence du visage tranché en deux par un fil à ruban servant à découper les carcasses de viande seront de la fête. De la violence qui a posé problème au comité de censure, qui a taillé dans le vif à l'époque, et il a fallu attendre les années 2000 pour que le film soit enfin proposé en version intégrale. On a tout de même un petit souci, qui n'est pas du fait du réalisateur, c'est que l'identité du meurtrier a été éventé directement sur la jaquette VHS lors de sa sortie, le film étant inédit en salles, de même que dans la bande annonce. Même si cela ne gâche que moyennement le spectacle, on pourra trouver ce procédé un peu chelou tout de même mais bon. Si Intruder ne joue que rarement avec le suspense, se prive de toute nudité, on en retient tout de même ses qualités et son aspect radical au niveau de ses meurtres. On ne pourra s'empêcher de sourire lors de la scène de traque dans une chambre froide, l'héroïne se planquant derrière les carcasses de viande, scène qui nous rappellera la séquence fort ressemblante du remake de Massacre à la Tronçonneuse, ou celle où l'héroïne se cache dans une sorte de cagibi, qui m'a fait penser à la scène d'Halloween dans laquelle Jamie Lee Curtis se planque dans un placard. Deux scènes qui correspondent bien à ce qu'est Intruder en fait : un film charnière, qui recycle les films du passé et prépare le terrain aux futurs œuvres du genre, qui seront plus violentes, plus brutales. Intruder, un rétro-slasher ouvrant la voie au néo-slasher ?

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SOUPÇONS DE MORT

 

SOUPÇONS DE MORT
(Quando Alice ruppe lo specchio)

Réalisateur Lucio Fulci
Année : 1988
Scénariste Lucio Fulci
Pays : Italie
Genre : Horreur, gore, thriller
Interdiction : -16 ans
Avec : Brett Halsey, Al Cliver, Zora Kerova, Ria de Simone, Sacha Darwin...


L'HISTOIRE : D'apparence tranquille, Lester Parson est en réalité un tueur en série sans remord, qui gagne la confiance de riches veuves pour mieux les prendre dans ses filets et les faire disparaître. Parieur invétéré, sa soif d'argent le mène à commettre des erreurs sur les lieux des meurtres et la police fait tout pour mettre fin à son règne de terreur...

MON AVIS : Fin des années 80, Lucio Fulci, malade, n'est plus à l'apogée de son talent et il enchaîne des petites séries B pas très glorieuses, à l'image de l'insipide Les Fantômes de Sodome ou des moyens Nightmare concert ou Demonia entre autres. En 1988, il dirige Brett Halsey, acteur qu'on a déjà vu dans Le Miel du Diable, dans ce curieux Soupçons de Mort, dont il signe également le scénario. Curieux car le film, qui joue dans le rayon des films de tueurs en série, se dote d'une approche assez surprenante et déstabilisante de prime abord. Car à bien y regarder, Soupçons de Mort est avant toute chose une sorte de comédie très noire, à l'humour décalé, qui fait de son anti-héros une sorte de dérivé de Barbe Bleue ou de Ted Bundy, qui n'en finit plus de sombrer dans la folie, allant jusqu'à s'imaginer que quelqu'un le poursuit et s'amuse à disséminer des indices sur les lieux des meurtres pour qu'il se fasse attraper par la police. Une schizophrénie qui prend de l'ampleur, notre tueur parlant à une cassette audio qui lui répond comme si elle était son double, ou qui pense même à un moment donné que c'est sa propre ombre, qui a disparu, qui lui joue des tours. Dommage que cette idée de l'ombre perdue ne soit pas plus développée et n'intervienne qu'en fin de métrage. Car elle sous-entend que notre tueur souffre également du syndrome d'Alice au pays des Merveilles, syndrome qui affecte l'irrigation du cerveau et qui se traduit chez ceux qui en souffrent par des hallucinations, une impression de déformation de la représentation des corps dans l'espace voire même la disparitions de certaines parties de leur corps. Et ce n'est pas le titre original du film qui va venir me contredire puisqu'on peut le traduire par Quand Alice a brisé le miroir. Avouez que ce n'est pas anodin. Véritablement dérangé du ciboulot, le personnage de Lester Parson est haut en couleur, mis en valeur par la prestation elle aussi décalée de Brett Halsey, qui semble prendre un réel plaisir à surjouer et à grossir les traits de son personnage. Bon, et sinon, ça vaut quoi Soupçons de Mort ? Le film commence plutôt bien, même si la photographie est d'une platitude téléfilmesque pas très réjouissante. On a Brett Halsey qui se fait cuire un beau morceau de steak et qui le savoure avec appétit, puis la caméra fait un travelling jusque dans la cave où on découvre une femme nue allongée sur une table, qui semble morte. La caméra fait un gros plan sur un morceau de chair manquante près de son ventre et on comprend d'où vient le fameux steak précité ! Notre homme est donc cannibale. Ça démarre fort. Et ça enchaîne encore plus fort puisque le voici face à cette femme inanimée, prenant une tronçonneuse pour la démembrer, le tout en gros plan et avec moult giclées de sang : les deux bras, les deux jambes, la tête et le tronc y passe, le tout sur une petite musique issue du répertoire classique qui contraste avec les horribles images proposées, même si on est loin du réalisme d'American Guinea Pig en terme d'effets spéciaux mais passons. Une entrée en matière qui fait plaisir à voir en tout cas, les amateurs de gore craspec apprécieront. L'humour noir est déjà présent, avec ces intestins passés au mixeur et offerts à des cochons qui vont s'en régaler. La suite nous fait découvrir que Lester est un joueur compulsif, qui adore parier sur les courses de chevaux et qui se met dans des situations financières compliquées. D'où son parcours de tueur en série, devant trouver des femmes riches pour leur soutirer de l'argent avant de les tuer. Lors de son nouveau rencard, l'humour noir va encore augmenter puisque la soit-disant belle femme qu'il doit séduire possède une pilosité assez envahissante, porte des verrues sur le corps et surtout refuse de boire sa coupe de champagne empoisonnée, ce qui provoquera quelques sourires chez le spectateur. Il est à noter que toutes les femmes de ce film ont une difformité physique ou un détail qui ne les embellit pas, ce qui n'aidera pas Fulci à se débarrasser de sa réputation misogyne. Je me suis demandé si en fait, ce n'était pas fait exprès pour nous faire comprendre que, encore une fois, c'est une vision déformée des femmes que voit notre tueur, vision issue de son cerveau malade. C'est possible. Le gore fera son retour quand il décidera de passer à la vitesse supérieure avec cette dulcinée poilue, échangeant la coupe de champagne avec un nerf de bœuf qui fracassera de manière brutale le crâne de notre malheureuse victime, qui finira la tête enfoncée dans un four, la caméra filmant la cuisson du visage de l'intérieur du four. Comme vous voyez, ça ne lésine pas sur la violence graphique même si, encore une fois, ce n'est pas super réaliste et ça fait plus bricolage qu'autre chose. Le film poursuit sur sa lancée, sans grand génie, avec d'autres victimes féminines qui se font tuer, on note un amoindrissement de l'aspect gore, y'avait p'tet plus de budget pour le faux sang, et des touches d'humour toujours présentes, comme ce pied récalcitrant qui ne veut pas rentrer dans le coffre ou cette femme strangulée qui ne tient pas en place sur le siège passager alors que notre tueur subit un contrôle de police. On note également une évolution à partir des trois quart de Soupçons de Mort, le film devient nettement moins graphique, moins violent et s'attarde plus sur la folie de son personnage principal, la musique devient plus angoissante aussi. On a un dernier rendez-vous galant à se mettre sous la dent, en la personne de l'actrice Zora Kerova, celle-là même qui se faisait pendre par les seins dans le festif Cannibal Ferox ! Affublée d'un bec de lièvre, elle va néanmoins tenter de faire succomber notre Lester qui voit un nouveau moyen s'enrichir. Tout va-t'il se passer comme prévu ? Je vous laisse le surprise. Au final, Soupçons de Mort, si on accepte son côté humour noir, ne se montre pas inintéressant, est assez généreux niveau gore, mais on est quand même très loin de la qualité des films de Lucio Fulci de la grande époque. Vraiment très loin. 

DOLLY

 

DOLLY
(Dolly)

Réalisateur : Rod Blackhurst
Année : 2025
Scénariste Rod Blackhurst, Brandon Weavil
Pays : USA
Genre : Horreur, survival
Interdiction : -16 ans
Avec Fabianne Therese, Seann William Scott, Russ Tiller, Kate Cobb, Max the Impaler...


L'HISTOIRE : Macy part en week-end dans la forêt avec Chase, son fiancé. Ce dernier souhaite la demander en mariage durant le séjour. Intrigué par une curieuse petite musique qui semble provenir des alentour, Chase s'éloigne de Macy pour découvrir d'où provient cette musique. Il croise alors la route d'une femme curieuse, à la force herculéenne, qui porte un masque de poupée en porcelaine sur le visage et qui l'agresse brutalement. Macy se fait kidnapper par cette curieuse créature, qui l'emmène dans sa maison perdue au milieu de la forêt. Rapidement, Macy comprend que cette femme monstrueuse veut faire d'elle... son enfant !

L'AVIS : En 2022, le réalisateur Rod Blackburst signe Babygirl, un court-métrage de quatre minutes, dans lequel une jeune femme prénommée Macy se fait enlever par des individus monstrueux qui veulent faire d'elle leur enfant. Un postulat qui est resté ancré dans l'inconscient du réalisateur, qui a donc décidé de le remanier sous forme de long-métrage avec Dolly, un film qu'on ne citera pas pour son originalité, puisqu'il bouffe à tous les râteliers du survival, de Massacre à la tronçonneuse à Détour Mortel, avec une ambiance poisseuse, des agressions brutales, un côté malsain provenant du  postulat même de l'histoire et surtout avec son curieux personnage principal, Dolly, femme-enfant corpulente à la force prodigieuse, qui, à la manière de Leatherface, semble avoir un retard mental certain, ne s'exprimant que par signe ou gargouillis sonore, s'énervant à la moindre contrariété et portant également un masque sur le visage, à savoir ici, un masque de poupée en porcelaine très réussi et assez perturbant. Dolly est interprété par Max the Impaler, quel nom, une star de catch, non binaire et transmasculin, qui concourrait jusqu'à il y a peu à la NWA. Une personnalité atypique, qui convient parfaitement pour le rôle de par sa puissance, qu'on ressent à travers l'écran, quand Dolly soulève d'une main un protagoniste ou envoie valser ses victimes à travers une pièce. Dolly, c'est un vrai Jason Voorhees en puissance, qui a fait de son environnement, sa maison et la forêt avoisinante, son terrain de jeu, qu'elle connaît par cœur, ce qui lui donne toujours une longueur d'avance sur ses victimes. A la manière du tueur de Vendredi 13, Dolly poursuit une victime, disparaît d'un coup pour réapparaître plusieurs mètres plus loin devant cette dernière, comme si elle s'était téléportée. L'intérêt principal de ce nouveau boogeyman est cette recherche incessante d'avoir un enfant à s'occuper. Venant elle-même de perdre sa mère, Dolly, passionnée par les poupées, qu'elle dissémine à travers toute la maison et dans les bois, ressent ce besoin d'être mère et veut transformer ses proies en enfant, leur donnant de la bouillie à manger, leur faisant porter des couches, les enfermant dans une chambre d'enfant avec un petit lit à barreau pour couchage. Le malaise ressentit par le spectateur lors de sa vision du film provient réellement de cette caractéristique du personnage et des situations cocasses mais peu enviables des victimes forcées à régresser à un stade infantile. On pense évidemment à la situation un peu similaire du héros de Calvaire de Fabrice de Welz, avec cette homme forcé de devenir une femme par un Jackie Berroyer bien taré. Dans Dolly, c'est donc la charmante Fabienne Therese qui va devoir tout faire pour survivre aux agissements de Dolly et tenter de rester en vie. Cette actrice, on a pu la voir dans John dies at the end en 2012, dans Starry Eyes en 2014 ou dans 666 Road en 2015 entre autres. Elle assure très bien dans le film de Rob Blackburst et se révèle la parfaite antagoniste de Dolly dans le sens où, elle, ne veut pas devenir mère. Et ce n'est pas ce qu'elle subir dans le film qui va lui en donner l'envie, ça c'est sûr. On le voit, Dolly se veut un hommage à des classiques du survival 70, et il le fait de manière plutôt efficace, à défaut d'être original donc. Le film a été tourné en 16 mm, pour réussir à obtenir le grain des anciens films et ça fonctionne bien, on se retrouve de suite dans l'ambiance crasseuse de Massacre à la Tronçonneuse ou La Colline a des yeux. Niveau effets spéciaux, idem, tout est fait à l'ancienne, pas de CGI ici et c'est une très bonne chose. Dolly ne lésine pas sur la violence graphique, les coups sont puissants et font mal, comme cette pelle brisant la jambe ou la mâchoire du pauvre Seann William Scott, oui, oui, le fameux Stifler d'American Pie, qu'on ne s'attendait pas à retrouver dans un film d'horreur. Des effets gore assez crédibles, qui se montrent parfois un peu grotesques, comme cette fameuse mâchoire déjà évoquée et qui pend sur le visage du jeune fiancé qui a vu sa demande de mariage être repoussée à plus tard suite à sa rencontre avec Dolly. Mais cet aspect grotesque semble voulu par le réalisateur, qui s'autorise tous les excès et situations cocasses à même de malmener le spectateur. Un réalisateur qui place un autre protagoniste au sein de l'histoire, qui semble lui aussi retenu prisonnier par Dolly et qui permettra d'étoffer un peu le background de cette dernière. Dolly ne révolutionne donc rien dans le paysage cinématographique horrifique, on reste dans le déjà-vu mais le but de Rod Blackburst étant de rendre un vibrant hommage aux survival qu'il vénèrent, de ce point de vu, c'est assez réussi à défaut d'être surprenant ou novateur. La violence frontale est bel et bien au rendez-vous, les effets à l'ancienne assurent un spectacle souvent barbare qui ravira les amateurs et le personnage de Dolly est des plus intrigants, ce qui ne gâche rien. 

WEEK-END DE TERREUR

 

WEEK-END DE TERREUR
(April Fool's Day)

Réalisateur Fred Walton
Année : 1986
Scénariste Danilo Bach
Pays : USA
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Deborah Foreman, Amy Steel, Griffin O'Neal, Clayton Rohner, Deborah Goodrich...


L'HISTOIRE : Muffy St. John invite ses amis à passer le week-end du 1er avril dans sa luxueuse maison, seule habitation présente sur une petite île. Le voyage en ferry voit l'un des employés avoir un grave accident suite à une mauvaise blague d'un des amis de Muffy. Après une première soirée festive, la bonne humeur tend à s'amoindrir quand des disparitions commencent à avoir lieu et que le cadavre d'un des garçons est aperçu à bord d'une barque. Les invités ne trouvent plus très drôle le séjour, tandis que Muffy semble sombrer dans une sorte de nonchalance assez troublante...

MON AVIS : En 1971, Mario Bava propose au public La Baie Sanglante, film qui pose les bases de ce que deviendra le sous-genre du slasher movie. Suivront Black Christmas en 1974, Massacre au Drive-In en 1976, Halloween en 1978 et bien sûr Vendredi 13 en 1980, qui fera exploser le genre, qui n'en finira plus d'inonder les écrans durant la première partie des 80's, avec plus ou moins de réussite. Le slasher est souvent décrié pour ses scénarios simplistes, ses personnages caricaturaux, son humour potache, son érotisme gentillet. Un genre qui ne vaudrait en fin de compte que pour ses meurtres, souvent inventifs et sanguinolents. Personnellement, j'aime me divertir devant un slasher bien nerveux et décomplexé. En 1986, on en est déjà au chant du cygne du genre, dont les nombreux représentants ont fini par épuiser le fructueux filon. La quasi majorité des studios se sont engouffrés dans la brèche ouverte par le classique de Sean S. Cunningham et il est donc difficile de se renouveler après 5/6 ans de domination du slasher. Le producteur Frank Mancuso Jr., un des boss de la Paramount, n'en peut plus de produire des Vendredi 13 à tire-larigot, même si le succès est toujours au rendez-vous, notamment en vidéo. Il décide tout de même d'en produire un nouveau, avec dans l'idée de se démarquer un peu et de se tourner plus vers le thriller. Le scénariste Danilo Bach lui propose alors l'idée d'envoyer un groupe d'amis dans un immense demeure faire une "murder-party", un jeu de rôle grandeur nature avec meurtres factices au programme. Une idée qui plait au producteur et au studio. Le scénariste s'inspire alors du film Les Copains d'abord mais aussi du roman Dix Petits Nègres d'Agatha Christie et du film de 1932 de James Whale, La Maison de la Mort, pour pondre son script qui doit mêler adolescents blagueurs, suspense, meurtres et retournements de situation. Pour mettre en scène le film, c'est Fred Walton qui est retenu. Le réalisateur a à son actif Terreur sur la Ligne (1979) qui avait impressionné le public avec sa stressante scène d'introduction, qui inspirera Wes Craven pour celle de Scream. Pourtant, ce dernier n'est pas du tout fan du genre horrifique et encore moins des slashers. Mais sa situation financière lui interdit de refuser la proposition de la Paramount. Et le scénario de Danilo Bach lui fait penser qu'il va pouvoir mettre en scène quelque chose de plus léger, de plus atypique, de plus humoristique. Surtout que l'action du film se déroule un... 1er avril ! Le jour phare des amateurs de blagues en tout genre. C'est d'ailleurs le titre original de Week-end de Terreur et c'est celui qui nous mettra ou aurait dû nous mettre la puce à l'oreille. Atypique, tout en jouant avec les codes du slasher et du old dark house, le film de Fred Walton l'est, assurément. Notamment avec son final, que je ne vous dévoilerai pas bien sûr, et qui risque de faire grincer quelques dents. Maintenant, est-ce que Week-end de Terreur est un bon slasher ? Bah, pas vraiment. Le côté humoristique est présent, trop présent, et il plombe une ambiance qui ne provoquera jamais la terreur promise dans le titre français. Il faut se coltiner trente à quarante bonnes minutes durant lesquelles on a des tas de blagues qui ne volent pas haut, à base de fermeture éclair non fermée, de coussins péteurs, de chaises au pieds rétractables, de robinets montés à l'envers, de poignées de porte escamotables et j'en passe. C'est amusant au début mais on aimerait bien que le rythme s'accélère un peu, que le sang vienne éclabousser notre écran et que les cadavres s'amoncellent. Alors oui, on aura des disparitions mais niveau violence et gore, c'est l'encéphalogramme (quasi) plat. Tout est filmé en hors-champ, vous pouvez regarder le film avec vos enfants, aucun problème à ce niveau, hormis la scène de l'oeil au début. Dommage car on a une séquence franchement cool, celle du puits, qui, pour le coup, développe une certaine tension et se montre réellement efficace. Le corps posé dans une barque et que deux tourereaux se faisant des calins voient à travers des lattes de bois est sympa aussi. Mais sinon, Week-end de Terreur est probablement l'un des slashers les moins violents qui existe. Idem pour la nudité, totalement absente ici. Bien sûr, qui dit tueur dit suspects potentiels et il y en a plusieurs évidemment qui pourraient remplir ce rôle : on a l'employé victime d'un accident sur le ferry qui pourrait avoir envie de se venger par exemple ; ou bien l'un des invités qui aurait une quelconque rancoeur contre l'un des autres invités ; on a aussi le comportement de l'hôtesse des lieux, jouée par Deborah Foreman, qui évolue au fil de la journée et on a l'impression qu'elle sombre dans une sorte de dépression, qui a peut-être un lien avec la mort de ses amis. Le mystère demeure. Niveau casting, on trouve pas mal d'inconnus mais aussi Tom Wilson, le fameux Biff de Retour vers les Futur, la sexy Deborah Goodrich qui joue la petite allumeuse du groupe et qu'on a vu dans Meurtre en VHS en 1988, et surtout la blondinette Amy Steel, la final girl de Vendredi 13 chapitre 2 - le Tueur du Vendredi en 1981. Elle a un rôle assez conséquent dans Week-end de Terreur et on a du plaisir à la revoir dans un slasher. Reste que le film de Fred Walton a de forte chance de ne pas trouver son public étant donné le cap qu'il emprunte, son manque de meurtres graphiques et son hallucinante conclusion. Cette comédie slasheresque ne fait, pour ma part, qu'enfoncer le genre, déjà appauvri, dans une décadence peu glorieuse et ne le tire pas vers le haut, ne parvenant pas à transcender ses codes, malgré une noble intention de se démarquer de ses prédecesseurs. Pour le renouveau, il faudra bien sûr attendre Scream en 1996.

* Disponible en combo DVD + BR + Livret 24 pages de Marc Toullec chez RIMINI EDITIONS

  

UN LOUP-GAROU EN ANGLETERRE

 

UN LOUP-GAROU EN ANGLETERRE
(A Werewolf in England)

Réalisateur Charlie Steeds
Année : 2020
Scénariste Charlie Steeds
Pays : Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Tim Cartwright, Reece Connolly, Natalie Martins, Jéssica Alonso, Mark McKirdy...


L'HISTOIRE Dans l'Angleterre victorienne, un conseiller paroissial et un criminel se réfugient dans une auberge de campagne isolée, ignorant que des loups-garous affamés de chair humaine habitent les bois...

MON AVIS : Allez, après Chevaliers contre Loups-Garous, j'enchaîne sur un second film de la société Dark Temple Motion Pictures. Et on a encore du loup-garou avec Un Loup-Garou en Angleterre, film réalisé avant l'oeuvre précitée et dont le titre est évidemment un clin d'oeil au célèbre An American Werewolf in London de John Landis bien sur. En fait, j'ai choisi ce film pour une unique raison : voir comment Charlie Steeds a utilisé ses costumes de loups-garous wish dans ce film et comment il les a recyclé dans Chevaliers contre Loups-Garous. Voilà, le but est avoué. Sans surprise, on retrouve au casting Tim Cartwright et Reece Connolly, acteurs phares des productions Dark Temple mais aussi Natalie Martins, Rory WiltonEmma Spurgin Hussey ou James Swanton entre autres, des têtes qu'on retrouve dans diverss films de la firme et qu'on reconnaît sans mal. Un Loup-Garou en Angleterre se veut être une sorte de comédie fantastique horrifique. On y suit les mésaventures d'un conseiller paroissial (Tim Cartwright) qui doit ramener un prisonnier accusé de meurtre à la cour pour être jugé (Reece Connolly). Les deux hommes s'arrêtent dans un petite auberge (encore une référence au Loup-Garou de Londres...) pour y passer la nuit, sans se douter que les deux tenanciers ont conclu n paccte avec une horde de loups-garous vivant dans les bois avoisinant. En clair, le couple attire les touristes et les livrent en pature aux monstres poilus en échange de leur sécurité. Le film de Charlie Steeds a donc une approche qui nous fait bien sûr penser au film L'Auberge Rouge, et va développer un comique de situation à travers ce postulat, plaçant les voyageurs égarés en facheuse position et en proie à deux menaces distinctes : le couple de tenanciers tueurs et les fameux loups-garous qui interviendront par la suite. La relation entre le conseiller et le prisonnier est assez drôle, puisque les deux hommes sont menottés ensemble, ce qui donne lieu à des séquences assez amusantes. L'humour noir est omniprésent et on s'amuse avec ce duo improbable, comprenant rapidement que notre prisonnier supposé meurtrier est en fait un brave gars et qu'il va devenir le héros de l'histoire, protégeant une prostituée mère de famille par exemple. On a donc un buddy movie dont les facéties viennent pimenter une histoire classique mais qui trouve un second souffle une fois les loups-garous entrant en jeu. Le film devient un huis clos façon La Nuit des Morts Vivants, avec une menace extérieure parvenant à s'introduire au sein de l'auberge et devenant rapidement mortelle pour les résidants. Le gore s'invite aussi gentiment à la fête et on a même une scène totalement what the fuck?! qui vous fera écarquiller les yeux devant votre écran ! Traqués par les loups-garous, le conseiller et un résidant s'abritent derrière un meuble tandis que la bête poilu se place au dessus d'eux, ne les ayant pas encore repérés. Et là, sous nos yeux incrédules, le lycanthrope se met à... chier ! Oui, vous lisez bien ! Il envoie l'intéreur de ses intestins façon diarrhée et ce, sur le visage des deux malheureux ! C'est dégueulasse, fort drôle et totalement imprévisible et inattendu ! Niveau look, on a donc des costumes enfilés par des acteurs, type costumes d'halloween, sorte de pyjama recouverts d'une tonne de poils pour faire illusion. Alors, les costumes passent mieux que dans Chevaliers contre Loups-Garous, parce que les lumières sont ici plus travaillées, tamisées, et qu'on n'est pas en plein jour. Donc ça reste un peu risible mais pas tant que ça en fait et le résultat est légèrement plus convaincant. Ca n'empêchera pas les spectateurs peu habitués à regarder des micro-budgets de s'esclaffer et de trouver ça complètement nul bien sûr. Bref, à découvrir si vous êtes curieux et amateur de série Z fauchée mais qui veut bien faire et s'en donne les moyens, à la hauteur de son budget, très faible. C'est cool et assez sympa...


THE HAUNTING OF THE TOWER OF LONDON

 

THE HAUNTING OF THE TOWER OF LONDON
(The Haunting of the Tower of London)

Réalisateur Charlie Steeds
Année : 2022
Scénariste Charlie Steeds
Pays : Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Tim Cartwright, Reece Connolly, Richard Rowden, Emma Spurgin Hussey, Greg Draven...


L'HISTOIRE Lorsque les cadavres décomposés de deux jeunes princes devant succéder au roi sont découverts à la tour de Londres, un prêtre troublé doit mettre ses croyances de côté pour se lier d'amitié avec un prisonnier qui a des pouvoirs surnaturels pour communiquer avec les morts. Ils vont tous deux tenter de découvrir qui a assassiné les futurs héritiers... 

MON AVIS : Après avoir vu Chevaliers et Loups-Garous puis Un Loup-Garou en Angleterre, j'avoue être pris d'un vrai sentiment de curiosité et d'affection pour les films de Dark Temple Motion Pictures ainsi que pour leur créateur / producteur / scénariste et réalisateur Charlie Steeds. Budget fauché, voir ultra-fauché, tournage en décor naturel, système D à gogo pour les effets spéciaux, casting qu'on recycle dans pas mal de films, tout comme certains costumes ou accessoires d'ailleurs, et, surtout, une vraie passion, une vraie envie de faire quelque chose de bien au final, avec un résultat pas toujours au rendez-vous certes, mais tellement supérieur à des productions bardées de CGI dégueulasses, suivez mon regard. Pour ma troisième incursion dans l'univers Dark Temple, j'ai choisi ce film de 2022 intitulé The Haunting of the Tower of London. On y retrouve les acteurs désormais bien connus de cette société de production, à savoir Tim Cartwright et Reece Connolly. Le premier interprète Richard III, qu'on soupçonne rapidement d'avoir fomenté l'assassinat des deux jeunes princes pour prendre la suite de son frère malade et accessoirement roi. Le second joue le jeune prètre Isaac Crawgyll, qui va vouloir démêler cette sombre histoire de meurtres. Ses investigations vont l'amener à rencontrer Henry Pedrick, un homme qui semble posséder le pouvoir de communiquer avec les défunts. Malheureusement, Henry va rapidement se faire un ennemi de Richard III, qui va l'incarcérer et lui faire subir quelques séances de tortures de la part de son bourreau. Dans une ambiance médiévale, le film de Charlie Steeds joue donc avec les codes du film d'inquisition, avec donjon et salle des tortures au menu. Bon, niveau violence, on est tout de même loin de La Marque du Diable et de ses sévices raffinées, mais on a tout de même un peu de gore à se mettre sous la dent, dont une éviscération façon Ed Gein, avec un corps en position inversée, suspendu la tête en bas donc. Au film de torture, le réalisateur ajoute donc une dimension fantastique et spectrale, puisqu'on a ce personnage pouvant entrer en contacts avec les fantômes de défunts. Plutôt pratique, surtout que les spectres des deux jeunes héritiers semblent hanter les murs du château et provoquent quelques remous et morts suspectes parmi les résidents. Comme dans les deux autres films de Charlie Steeds que j'ai vu, ce dernier se démène pour créer une ambiance, une atmosphère d'épouvante et ce, malgré ses très faibles moyens. Et il y réussi assez bien ici, avec des visions spectrales baignées dans une jolie lumière très fantomatique par exemple. La première victime des spectres vengeurs sera l'acteur Greg Draven, le colosse chevalier vu dans Chevaliers contre Loups-Garous. Vous voyez, on retrouve plein d'acteurs et actrices vus dans les autres films et c'est assez sympa de les voir endosser différents rôles. Clairement, c'est toujours Tim Cartwright qui tire son épingle du jeu. J'aime bien cet acteur et dans The Haunting of the Tower of London, il joue un sacré enfoiré, ça change de ses prestations du côté du bien. Ah un détail qui m'a bien fait sourire, c'est que le réalisateur, en plus de recycler acteurs et décors, il recycle aussi des accessoires et devinez ce qu'on retrouve dans ce film-ci ? Les mains poilus des loups-garous des deux films précités plus haut ! Système D je vous le disais !! Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! A noter une séquence finale avec le spectre-moine visible sur le visuel de l'affiche, qui est vraiment cool et bien mise en scène. Par contre, ne vous attendez pas à voir le superbe château présent sur l'affiche, on a plutôt affaire à un château en ruine dans le film mais les intérieurs font illusions en tout cas. Si The Haunting of the Tower of London n'a rien d'un grand film ou d'un futur classique du genre bien sûr, j'ai bien apprécié sa vision, dans laquelle transpire toujours la passion comme déjà mentionné. Charlie Steeds ne se fout pas de la gueule de son public et j'aimerais beaucoup assister à un de ses tournages, ça doit vraiment être sympa. Pour le moment, c'est le film que j'ai préféré des trois que j'ai vu de Dark Temple Motion Pictures.    


CHEVALIERS CONTRE LOUPS-GAROUS

 

CHEVALIERS CONTRE LOUPS-GAROUS
(Werewolf Castle)

Réalisateur Charlie Steeds
Année : 2021
Scénariste Charlie Steeds
Pays : Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Peter Lofsgard, Jay O'Connell, Greg Draven, Tim Cartwright, Reece Connolly...


L'HISTOIRE : Le jeune Thorfinn Garstang assiste au massacre de son village par une horde de loups-garous dirigée par le cruel Wolfstan. Son seigneur, encore en vie, demande l'aide de quatre chevaliers pour éradiquer la menace lycanthrope. Thorfinn, rongé par la culpabilité de n'avoir rien tenté pour secourir sa fiancée, propose ses services pour guider les chevaliers à travers la contrée, ce qui n'enchante guère Hal Balfanger, l'un des chevaliers...

MON AVIS : En 2016, le réalisateur indépendant britannique Charlie Steeds décide de monter sa propre boite de production, à savoir Dark Temple Motion Pictures. Il va alors produire et réaliser des tas de films à micro-budget, qui sont soit des commandes d'acheteurs basées sur les idées de ces derniers, soit des films basés sur les histoires originales des membres de Dark Temple. On a donc des titresg comme Deadman Apocalypse, Escape from Cannibal Farm, Death Ranch, Vampire Virus, A Werewolf in England, Freeze, The Haunting of Tower of London ou ce Chevaliers contre Loups-Garous entre autres. Ces films font le tour de festivals indépendants et sont disponibles sur support physique ou sur les chaînes de streaming. En France, c'est Prime Vidéo qui en diffuse la plupart. En 2020, Charlie Steeds réalise donc A Werewolf in England, inspiré par Le Loup-Garou de Londres de John Landis bien sûr. Il se dit, comme Roger Corman l'aurait fait, qu'il peut tirer encore partie des costumes de loups-garous utilisés sur ce film et il va donc les recycler l'année suivante dans Werewolf Castle, titre original de ce Chevaliers contre Loups-Garous. Avec des acteurs récurrents au sein de Dark Temple, tels Tim Cartwright ou Jay O'Connell par exemple, Charlie Steeds, animé d'une belle passion pour le cinéma de genre, va donc tenter de recréer un univers médiéval avec ses faibles moyens budgétaires. Il va filmer en décors naturels et fait tout son possible pour faire illusion, avec cette histoire d'un jeune couard, Thorfinn Garstang, qui va vouloir racheter sa lâcheté en prenant part à une quête digne du Seigneur des Anneaux ! Bon, j'exagère bien sûr, le budget de Chevaliers contre Loups-Garous devant être équivalent au budget sandwichs de la trilogie de Peter Jackson, et encore ! Le pauvre réalisateur n'a même pas pu avoir de montures pour ses chevaliers, qui se déplacent donc... à pied. Pas très grave en fait. Il donne à ses héros un aspect très RPG, avec un chevalier maniant l'épée, un autre taillé comme un géant et préférant une lourde massue et j'en passe. Parmi eux, on trouve un élément rebelle, pas très accueillant, sorte de chien fou qui ne semble pas avoir le même code d'honneur que ses compagnons. On se demande si ce ne serait pas un espion, un traître à la solde du chef des loups-garous bien sûr. Et puis on a donc Thorfinn, qui lui dispose d'une hache dont la lame est en argent. Ah, ça peut aider ça ! Il n'y a plus qu'à espérer qu'il se montre brave et ne s'enfuit pas à la moindre encartade. Et c'est donc parti pour des périgrinations à travers bois et plaines sauvages, avec quelques jolis plans de caméra, sûrement filmés à l'aide d'un drône pour les vues aériennes. Le rendu visuel manque de grain, l'image est très lisse et ne possède pas un rendu très cinématographique mais c'est un micro-budget, il faut garder ça en tête. Les mésaventures de notre groupe héroïque se montrent assez plates et guère originales, le but étant de réussir à se rendre au château du roi afin de réclamer son aide. Bon, vu le titre original du film, le petit twist est eventé avant même de démarrer. Reste qu'on sent réellement une envie de bien faire chez Charlie Steeds, ce qui donne un petit côté bien sympathique à son oeuvre, même si elle peine à convaincre sur la durée. On a un peu de violence, un peu de gore de temps à autre et on a donc une armada de loups-garous en guise de menace. Petit souci : hormis leur faciès qui est plutôt crédible, les costumes utilisés semblent provenir du marchand de farce et attrape du coin, sorte de pyjama tout velu, tout poilu mais assez risible de prime abord. Il faut dire que les attaques de nos lycnathropes d'Halloween se passent souvent en plein jour et que l'effet n'est pas vraiment celui escompté en terme d'efficacité. Bah oui, on a vraiment l'impression de voir des acteurs en pyjama se déplacer dans les bois ou la campagne. Par contre, les scènes d'attaques nocturnes passent nettement mieux, sans être extraordinaires bien sûr, mais ça passe. On aura une seule scène de transformation, le méchant Wolfstan (joué par Reece Connolly) s'ouvrant le crâne pour laisser surgir son faciès lycanthropique. On a donc pas besoin de pleine lune ici, puisqu'on nous explique que si un homme commet de vilaines choses, sa nature bestiale prend le dessus durant un certain laps de temps, avant de l'autoriser à retrouver sa forme humaine, à l'exception de ses canines qui restent bien pointues. Je ne sais pas si c'est issu d'une légende médiévale existante mais pourquoi pas après tout. Bon, on ne saura pas non plus pourquoi il faut parfois de l'argent et parfois non pour tuer les loups-garous, ni pourquoi notre jeune héros deviendra une créature hybride à la fin. Les aléas du scénario. Chevaliers contre Loups-Garous est donc un film de passion sans pognon, qui subira flopée de critiques négatives à n'en point douter et qui se fera sans aucun doute traiter de nanar de haute volée. Je ne vous dirais pas que c'est un bon film mais je louerai tout de même l'énergie de Charlie Steeds a faire de son mieux avec les moyens du bord et à aller au bout de ses rêves et de ses projets, que la qualité soit au rendez-vous ou non, ça reste à l'appréciation de chacun. C'est clairement le type de films qu'on ferait entre potes, avec du système D, pas d'argent mais des idées et de l'envie. Y'a mieux, mais y'a aussi pire. Si vous appréciez les séries Z, tentez une vision !