WEEK-END DE TERREUR
(April Fool's Day)
Réalisateur : Fred Walton
Année : 1986
Scénariste : Danilo Bach
Pays : USA
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Deborah Foreman, Amy Steel, Griffin O'Neal, Clayton Rohner, Deborah Goodrich...
L'HISTOIRE : Muffy St. John invite ses amis à passer le week-end du 1er avril dans sa luxueuse maison, seule habitation présente sur une petite île. Le voyage en ferry voit l'un des employés avoir un grave accident suite à une mauvaise blague d'un des amis de Muffy. Après une première soirée festive, la bonne humeur tend à s'amoindrir quand des disparitions commencent à avoir lieu et que le cadavre d'un des garçons est aperçu à bord d'une barque. Les invités ne trouvent plus très drôle le séjour, tandis que Muffy semble sombrer dans une sorte de nonchalance assez troublante...
MON AVIS : En 1971, Mario Bava propose au public La Baie Sanglante, film qui pose les bases de ce que deviendra le sous-genre du slasher movie. Suivront Black Christmas en 1974, Massacre au Drive-In en 1976, Halloween en 1978 et bien sûr Vendredi 13 en 1980, qui fera exploser le genre, qui n'en finira plus d'inonder les écrans durant la première partie des 80's, avec plus ou moins de réussite. Le slasher est souvent décrié pour ses scénarios simplistes, ses personnages caricaturaux, son humour potache, son érotisme gentillet. Un genre qui ne vaudrait en fin de compte que pour ses meurtres, souvent inventifs et sanguinolents. Personnellement, j'aime me divertir devant un slasher bien nerveux et décomplexé. En 1986, on en est déjà au chant du cygne du genre, dont les nombreux représentants ont fini par épuiser le fructueux filon. La quasi majorité des studios se sont engouffrés dans la brèche ouverte par le classique de Sean S. Cunningham et il est donc difficile de se renouveler après 5/6 ans de domination du slasher. Le producteur Frank Mancuso Jr., un des boss de la Paramount, n'en peut plus de produire des Vendredi 13 à tire-larigot, même si le succès est toujours au rendez-vous, notamment en vidéo. Il décide tout de même d'en produire un nouveau, avec dans l'idée de se démarquer un peu et de se tourner plus vers le thriller. Le scénariste Danilo Bach lui propose alors l'idée d'envoyer un groupe d'amis dans un immense demeure faire une "murder-party", un jeu de rôle grandeur nature avec meurtres factices au programme. Une idée qui plait au producteur et au studio. Le scénariste s'inspire alors du film Les Copains d'abord mais aussi du roman Dix Petits Nègres d'Agatha Christie et du film de 1932 de James Whale, La Maison de la Mort, pour pondre son script qui doit mêler adolescents blagueurs, suspense, meurtres et retournements de situation. Pour mettre en scène le film, c'est Fred Walton qui est retenu. Le réalisateur a à son actif Terreur sur la Ligne (1979) qui avait impressionné le public avec sa stressante scène d'introduction, qui inspirera Wes Craven pour celle de Scream. Pourtant, ce dernier n'est pas du tout fan du genre horrifique et encore moins des slashers. Mais sa situation financière lui interdit de refuser la proposition de la Paramount. Et le scénario de Danilo Bach lui fait penser qu'il va pouvoir mettre en scène quelque chose de plus léger, de plus atypique, de plus humoristique. Surtout que l'action du film se déroule un... 1er avril ! Le jour phare des amateurs de blagues en tout genre. C'est d'ailleurs le titre original de Week-end de Terreur et c'est celui qui nous mettra ou aurait dû nous mettre la puce à l'oreille. Atypique, tout en jouant avec les codes du slasher et du old dark house, le film de Fred Walton l'est, assurément. Notamment avec son final, que je ne vous dévoilerai pas bien sûr, et qui risque de faire grincer quelques dents. Maintenant, est-ce que Week-end de Terreur est un bon slasher ? Bah, pas vraiment. Le côté humoristique est présent, trop présent, et il plombe une ambiance qui ne provoquera jamais la terreur promise dans le titre français. Il faut se coltiner trente à quarante bonnes minutes durant lesquelles on a des tas de blagues qui ne volent pas haut, à base de fermeture éclair non fermée, de coussins péteurs, de chaises au pieds rétractables, de robinets montés à l'envers, de poignées de porte escamotables et j'en passe. C'est amusant au début mais on aimerait bien que le rythme s'accélère un peu, que le sang vienne éclabousser notre écran et que les cadavres s'amoncellent. Alors oui, on aura des disparitions mais niveau violence et gore, c'est l'encéphalogramme (quasi) plat. Tout est filmé en hors-champ, vous pouvez regarder le film avec vos enfants, aucun problème à ce niveau, hormis la scène de l'oeil au début. Dommage car on a une séquence franchement cool, celle du puits, qui, pour le coup, développe une certaine tension et se montre réellement efficace. Le corps posé dans une barque et que deux tourereaux se faisant des calins voient à travers des lattes de bois est sympa aussi. Mais sinon, Week-end de Terreur est probablement l'un des slashers les moins violents qui existe. Idem pour la nudité, totalement absente ici. Bien sûr, qui dit tueur dit suspects potentiels et il y en a plusieurs évidemment qui pourraient remplir ce rôle : on a l'employé victime d'un accident sur le ferry qui pourrait avoir envie de se venger par exemple ; ou bien l'un des invités qui aurait une quelconque rancoeur contre l'un des autres invités ; on a aussi le comportement de l'hôtesse des lieux, jouée par Deborah Foreman, qui évolue au fil de la journée et on a l'impression qu'elle sombre dans une sorte de dépression, qui a peut-être un lien avec la mort de ses amis. Le mystère demeure. Niveau casting, on trouve pas mal d'inconnus mais aussi Tom Wilson, le fameux Biff de Retour vers les Futur, la sexy Deborah Goodrich qui joue la petite allumeuse du groupe et qu'on a vu dans Meurtre en VHS en 1988, et surtout la blondinette Amy Steel, la final girl de Vendredi 13 chapitre 2 - le Tueur du Vendredi en 1981. Elle a un rôle assez conséquent dans Week-end de Terreur et on a du plaisir à la revoir dans un slasher. Reste que le film de Fred Walton a de forte chance de ne pas trouver son public étant donné le cap qu'il emprunte, son manque de meurtres graphiques et son hallucinante conclusion. Cette comédie slasheresque ne fait, pour ma part, qu'enfoncer le genre, déjà appauvri, dans une décadence peu glorieuse et ne le tire pas vers le haut, ne parvenant pas à transcender ses codes, malgré une noble intention de se démarquer de ses prédecesseurs. Pour le renouveau, il faudra bien sûr attendre Scream en 1996.
* Disponible en combo DVD + BR + Livret 24 pages de Marc Toullec chez RIMINI EDITIONS

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