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DOLLY

 

DOLLY
(Dolly)

Réalisateur : Rod Blackhurst
Année : 2025
Scénariste Rod Blackhurst, Brandon Weavil
Pays : USA
Genre : Horreur, survival
Interdiction : -16 ans
Avec Fabianne Therese, Seann William Scott, Russ Tiller, Kate Cobb, Max the Impaler...


L'HISTOIRE : Macy part en week-end dans la forêt avec Chase, son fiancé. Ce dernier souhaite la demander en mariage durant le séjour. Intrigué par une curieuse petite musique qui semble provenir des alentour, Chase s'éloigne de Macy pour découvrir d'où provient cette musique. Il croise alors la route d'une femme curieuse, à la force herculéenne, qui porte un masque de poupée en porcelaine sur le visage et qui l'agresse brutalement. Macy se fait kidnapper par cette curieuse créature, qui l'emmène dans sa maison perdue au milieu de la forêt. Rapidement, Macy comprend que cette femme monstrueuse veut faire d'elle... son enfant !

L'AVIS : En 2022, le réalisateur Rod Blackburst signe Babygirl, un court-métrage de quatre minutes, dans lequel une jeune femme prénommée Macy se fait enlever par des individus monstrueux qui veulent faire d'elle leur enfant. Un postulat qui est resté ancré dans l'inconscient du réalisateur, qui a donc décidé de le remanier sous forme de long-métrage avec Dolly, un film qu'on ne citera pas pour son originalité, puisqu'il bouffe à tous les râteliers du survival, de Massacre à la tronçonneuse à Détour Mortel, avec une ambiance poisseuse, des agressions brutales, un côté malsain provenant du  postulat même de l'histoire et surtout avec son curieux personnage principal, Dolly, femme-enfant corpulente à la force prodigieuse, qui, à la manière de Leatherface, semble avoir un retard mental certain, ne s'exprimant que par signe ou gargouillis sonore, s'énervant à la moindre contrariété et portant également un masque sur le visage, à savoir ici, un masque de poupée en porcelaine très réussi et assez perturbant. Dolly est interprété par Max the Impaler, quel nom, une star de catch, non binaire et transmasculin, qui concourrait jusqu'à il y a peu à la NWA. Une personnalité atypique, qui convient parfaitement pour le rôle de par sa puissance, qu'on ressent à travers l'écran, quand Dolly soulève d'une main un protagoniste ou envoie valser ses victimes à travers une pièce. Dolly, c'est un vrai Jason Voorhees en puissance, qui a fait de son environnement, sa maison et la forêt avoisinante, son terrain de jeu, qu'elle connaît par cœur, ce qui lui donne toujours une longueur d'avance sur ses victimes. A la manière du tueur de Vendredi 13, Dolly poursuit une victime, disparaît d'un coup pour réapparaître plusieurs mètres plus loin devant cette dernière, comme si elle s'était téléportée. L'intérêt principal de ce nouveau boogeyman est cette recherche incessante d'avoir un enfant à s'occuper. Venant elle-même de perdre sa mère, Dolly, passionnée par les poupées, qu'elle dissémine à travers toute la maison et dans les bois, ressent ce besoin d'être mère et veut transformer ses proies en enfant, leur donnant de la bouillie à manger, leur faisant porter des couches, les enfermant dans une chambre d'enfant avec un petit lit à barreau pour couchage. Le malaise ressentit par le spectateur lors de sa vision du film provient réellement de cette caractéristique du personnage et des situations cocasses mais peu enviables des victimes forcées à régresser à un stade infantile. On pense évidemment à la situation un peu similaire du héros de Calvaire de Fabrice de Welz, avec cette homme forcé de devenir une femme par un Jackie Berroyer bien taré. Dans Dolly, c'est donc la charmante Fabienne Therese qui va devoir tout faire pour survivre aux agissements de Dolly et tenter de rester en vie. Cette actrice, on a pu la voir dans John dies at the end en 2012, dans Starry Eyes en 2014 ou dans 666 Road en 2015 entre autres. Elle assure très bien dans le film de Rob Blackburst et se révèle la parfaite antagoniste de Dolly dans le sens où, elle, ne veut pas devenir mère. Et ce n'est pas ce qu'elle subir dans le film qui va lui en donner l'envie, ça c'est sûr. On le voit, Dolly se veut un hommage à des classiques du survival 70, et il le fait de manière plutôt efficace, à défaut d'être original donc. Le film a été tourné en 16 mm, pour réussir à obtenir le grain des anciens films et ça fonctionne bien, on se retrouve de suite dans l'ambiance crasseuse de Massacre à la Tronçonneuse ou La Colline a des yeux. Niveau effets spéciaux, idem, tout est fait à l'ancienne, pas de CGI ici et c'est une très bonne chose. Dolly ne lésine pas sur la violence graphique, les coups sont puissants et font mal, comme cette pelle brisant la jambe ou la mâchoire du pauvre Seann William Scott, oui, oui, le fameux Stifler d'American Pie, qu'on ne s'attendait pas à retrouver dans un film d'horreur. Des effets gore assez crédibles, qui se montrent parfois un peu grotesques, comme cette fameuse mâchoire déjà évoquée et qui pend sur le visage du jeune fiancé qui a vu sa demande de mariage être repoussée à plus tard suite à sa rencontre avec Dolly. Mais cet aspect grotesque semble voulu par le réalisateur, qui s'autorise tous les excès et situations cocasses à même de malmener le spectateur. Un réalisateur qui place un autre protagoniste au sein de l'histoire, qui semble lui aussi retenu prisonnier par Dolly et qui permettra d'étoffer un peu le background de cette dernière. Dolly ne révolutionne donc rien dans le paysage cinématographique horrifique, on reste dans le déjà-vu mais le but de Rod Blackburst étant de rendre un vibrant hommage aux survival qu'il vénèrent, de ce point de vu, c'est assez réussi à défaut d'être surprenant ou novateur. La violence frontale est bel et bien au rendez-vous, les effets à l'ancienne assurent un spectacle souvent barbare qui ravira les amateurs et le personnage de Dolly est des plus intrigants, ce qui ne gâche rien. 

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