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GINGER SNAPS

 

GINGER SNAPS
(Ginger Snaps)

Réalisateur John Fawcett
Année : 2000
Scénariste Karen Walton, John Fawcett
Pays : Canada
Genre : Fantastique, Horreur, Loups-garous
Interdiction : -12 ans
Avec : Emily Perkins, Katharine Isabelle, Kris Lemche, Mimi Rogers, Jesse Moss...


L'HISTOIRE : Ginger et sa sœur Brigitte sont bien différentes des autres filles de leur ville, alors en proie à diverses attaques semblant provenir d'une bête sauvage. Elles vouent une passion pour le morbide et s'amusent à mettre en scène leur propre mort. Considérées comme des parias dans leur lycée, elles restent inséparables. Une nuit, Ginger se fait attaquer par la bête sous les yeux de Brigitte, qui peine à la secourir. Peu de temps après, Ginger sent des changements dans son corps, des poils commencent à pousser sur les cicatrices des griffures et elle prend de plus en plus d'assurance, commençant même à s'émanciper de la présence de sa sœur, qui ne sait plus quoi faire pour lui apporter son aide...

MON AVIS : Les films de loups-garous ont commencé à devenir populaire dès 1941, avec Le Loup-Garou produit par la Universal. Par la suite, les lycanthropes sont apparus dans diverses séries B au fil du temps, sans jamais parvenir à acquérir la notoriété des vampires, de la momie ou de la créature de Frankenstein entre autres. Il faudra attendre l'année 1981 pour que deux films les fassent monter sur le podium du bestiaire du cinéma fantastique : Le loup-Garou de Londres de John Landis et Hurlements de Joe Dante. Reste que cette notoriété va retomber très rapidement, notamment avec les suites assez calamiteuses du classique de Joe Dante. On citera tout de même La Compagnie des Loups de Neil Jordan en 1984, Peur Bleue de Daniel Attias en 1985 ou Wolf de Mike Nichols en 1994 parmi les réussites du genre. C'est quand même bien peu. C'est en 2000 que va alors débarquer ce Ginger Snaps, film canadien réalisé par John Fawcett. Ce dernier n'a alors réalisé qu'un seul film, Boys Club en 1996, mais aussi quelques épisodes de séries-télévisées, ce qu'il continuera de faire par la suite. Avec Ginger Snaps, il va moderniser le mythe du loup-garou et utiliser ce dernier pour traiter métaphoriquement des problèmes vécues par les adolescentes, à savoir le passage à l'âge adulte via la puberté, les règles, les sentiments amoureux, l'éveil sexuel, les conflits familiaux, le harcèlement scolaire, le suicide et j'en passe. Et pour ce faire, il va mettre en scène deux sœurs, Ginger et Brigitte, interprétées respectivement par Katharine Isabelle et Emily Perkins. Deux personnages auxquels les ados mal dans leur peau pourront s'identifier sans difficulté aucune. Mises de côté pour leur comportement rebelle et leur vision assez pessimiste de la vie, les frangines Fitzgerald partagent tout, vivent dans leur propre monde, monde dans lequel sont exclus tout autre personne, que ce soient les amis ou même les membres de leur famille. Elles se sont même jurés une fidélité unique, en faisant un pacte de sang qui ne prendra fin que dans la mort lorsqu'elles étaient enfants. Un pacte qui perdure durant leur adolescence et qui est très important à leurs yeux. Leur monde en vase clos va néanmoins être ébranlé quand Ginger, qui vient enfin d'avoir ses règles, va se faire attaquer par la bête qui terrorise la ville. Mordue, ensanglantée, elle est sauvée in-extremis par Brigitte, qui, témoin de l'agression, va rapidement faire le lien avec une attaque de... loup-garou ! Il faut dire que sa grande sœur commence à changer suite à l'attaque. Des poils commencent à pousser sur certaines parties de son corps, de même qu'une queue de chien au niveau de ses fesses. Son attitude elle-même évolue, devenant plus ouverte aux relations avec autrui, et notamment avec les garçons, ce qui frustre Brigitte, qui voit sa sœur chérie s'éloigner d'elle, alors qu'elles étaient inséparables. Il faut dire que la jeune femme devient de plus en plus sexy et désirable, mettant ses formes en avant, s'habillant dans des robes affriolantes, qui ne peuvent qu'attirer le regard de la gente masculine et ce, au grand désarroi de Brigitte. Cette dernière n'aura dès lors plus d'autre alternative que de se lier elle aussi à autrui, et notamment avec Sam, le dealer du coin, afin qu'il l'aide à trouver un moyen de guérir Ginger. A l'instar de La Mouche de David Cronenberg, Ginger subit une transformation physique lente, parfois peu esthétique (sa mâchoire et sa dentition évoluent et deviennent plus imposante, son visage devient plus bestiale...), le tout avec des maquillages à l'ancienne, John Fawcett ayant refusé d'utiliser le moindre CGI ici. Une noble intention, même si j'avoue que le look même du loup-garou ne m'a guère convaincu et que je l'ai trouvé vraiment faiblard et pas très réussi. Par contre, les maquillages gore sont très bien faits. En tout cas, le réalisateur a essayé de casser les codes du werewolf movie, de le moderniser avec des sujets actuels et cette tentative a connu un beau succès d'estime, Ginger Snaps étant régulièrement cité parmi les meilleurs films de loups-garous modernes. Deux autres films ont vu le jour, une suite et une préquelle, toutes deux en 2004 : Ginger Snaps Resurrection et Ginger Snaps : Aux Origines du Mal