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UNE LIBELLULE POUR CHAQUE MORT

 

UNE LIBELLULE POUR CHAQUE MORT
(Una libélula para cada muerto)

Réalisateur León Klimovsky
Année : 1975
Scénariste Ricardo Muñoz Suay, Paul Naschy
Pays : Espagne
Genre : Policier, Giallo
Interdiction : -16 ans
Avec : Paul Naschy, Erika Blanc, Eduardo Calvo, Maria Kosty, Angel Aranda...


L'HISTOIRE Dans les bas-fonds de Milan, une série de meurtres est perpétrée au sein des prostituées, dealers, et homosexuels. Le tueur, qui semble investi d’une mission purificatrice, laisse, en signature, une libellule sur chacune de ses victimes. L’inspecteur Scaporella est diligenté pour mener l’enquête, aidé par sa fiancée Silvana...

MON AVIS : Principalement connu pour son rôle de Waldemar Daninsky, le plus célèbre loup-garou espagnol, Paul Naschy a également joué d'autres rôles tout aussi intéressants et celui de l'inspecteur Scaporella dans le film qui nous intéresse ici, en est un exemple flagrant. Dario Argento ayant popularisé les titres de giallo à base d'animaux, il n'est pas étonnant qu'on en retrouve un ici, à savoir la libellule, dans cette réalisation de León Klimovsky baptisée Une Libellule pour chaque mort, et qui a été re-titré en Red Killer en France et en Europe, allusion à la tenue que porte l'assassin, ce qui est tout de suite moins poétique. Le metteur en scène argentin León Klimovsky connait bien Paul Naschy, puisqu'il l'a dirigé à maintes reprises, notamment dans La Furie des Vampires en 1971, dans Dr. Jekyll y el Hombre Lobo en 1972, dans La Rebelion de las Muertas en 1973, dans Le Maréchal de l'Enfer en 1974 ou dans Muerte de un quinqui en 1975 entre autres. En cette même année 1975, il lui fait donc endosser le rôle de l'inspecteur Scaporella, un flic assez bourru, aux méthodes plutôt directes quand il s'agit d'interroger des voyous, ce qui ne lui vaut pas une très bonne réputation. Il va néanmoins être affecté par son supérieur sur une enquête portant sur une série de meurtres violents perpétrés sur des prostituées, des homosexuels, des vendeurs de drogue et autres marginaux aux comportements pervers. Le maniaque voudrait-il débarrasser Milan de ses vices et faire le travail de la police ? C'est ce que Scaporella va devoir découvrir et rapidement, car les victimes du tueur en série ne cessent d'augmenter. Seul indice, une libellule fabriquée à la main déposée sur chaque victime et une paire de boutons de manteau de luxe.  Avec Une Libellule pour chaque mortLeón Klimovsky nous offre un giallo assez atypique puisqu'on pourrait carrément se croire en plein Poliziottesco, ces films policiers italiens assez brutaux qui ont fait de Maurizio Merli, Franco Nero ou Tomas Milian des stars incontournables. Alors non, Paul Naschy n'atteint pas l'intensité du jeu des acteurs précités mais j'ai trouvé qu'il s'en sortait particulièrement bien ici, qu'il assurait ce qu'il fallait et qu'il livrait une prestation solide. Même si l'enquête piétine passablement, le film maintient notre intérêt avec des meurtres assez nombreux, souvent filmés en hors champ mais on voit tout de même l'horrible résultat. Il faut savoir que ce film a été tourné en deux versions, une version "habillée" pour sa diffusion en Espagne et une version "déshabillée" pour d'autres pays. On ne parle pas ici de version "cut" ou "uncut", les deux versions faisant la même durée, mais bien de scènes tournés deux fois, avec les actrices habillées ou déshabillées, une pratique assez courante pour éviter des ennuis avec le pays d'origine et on se doute que dans l'Espagne de Franco, mieux valait agir ainsi plutôt que de s'attirer les foudres du régime. C'est d'ailleurs pour cette même raison que l'action est située à Milan et non dans une ville espagnole. En tout cas, Artus Films nous propose la version "déshabillée" et la nudité est bien présente, souvent de manière gratuite et frontale, avec même du nu intégral, dans un pur esprit Bis et décomplexé, vous verrez. Le film reste toutefois assez sérieux, même si on y trouve quelques touches d'humour, comme cette séquence dans laquelle Naschy, affublé d'un tablier, prépare des spaghetti à sa femme qui rentre du travail ou celle au début, qui voit notre inspecteur s'énerver face à un vieillard exhibitionniste. On n'oubliera pas de citer également la séquence de l'anniversaire de l'inspecteur, avec un cadeau assez surprenant à l'intérieur de la boite en carton. La surprise est éventée puisque le fameux cadeau illustre la jaquette de l'édition d'Artus Films mais ça réussit tout de même ànous faire sourire devant notre écran ! Il est aussi amusant de voir comment le réalisateur fait d'Erika Blanc, l'épouse de notre inspecteur, une femme forte et débrouillarde, qui trouvera l'identité du meurtrier avant son mari, grâce à son intuition féminine. Une autre touche d'originalité dans ce giallo policier, un genre généralement bien masculin. Malgré son assassin voulant éradiquer le vice dans la ville, le film ne se veut aucunement moralisateur, rappelons que León Klimovsky est un homme politiquement de gauche,  et il ne fait jamais porter de jugement négatif à ses personnages vis à vis des victimes, qui sont toutes des personnes de petites vertus aux yeux du meurtrier. Ou de la meurtrière, comme le pense notre inspecteur de choc, qui ne rejette aucune possibilité concernant l'identité de notre tueur en série. On a bien sûr plusieurs coupables potentiels qui s'offrent à nous, des fausses pistes et une révélation finale qui devrait vous donner du fil à retordre. Concernant ces fameuses libellules placées sur les cadavres, il n'y a pas réellement d'explications, si ce n'est le discours d'un professeur nous rappelant que le peuple antique Chaldéen utilisait la libellule .......... , ce qui signifierait que le tueur est assez cultivé pour connaître cette anecdote. Bon, pourquoi pas mais on a déjà connu mieux comme explication à l'utilisation par les maniaques de certains symboles dans d'autres films. Rien de grave en tout cas. Notons que les musiques entendues ne sont pas des créations originales puisqu'ici, on se contente de réutiliser, entre autres, des morceaux provenant des films 6 femmes pour l'assassin et La Baie Sanglante, tous deux de Mario Bava. N'y avait-il pas de budget pour embaucher un compositeur ? Mystère. Au final, ce mélange entre polar et giallo fait le taf, nous montre une facette moins poilue de Paul Naschy et devrait satisfaire les amateurs de cinéma bis espagnol...   

* Disponible en combo DVD + BR chez ARTUS FILMS



   

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