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LE TUEUR FRAPPE TROIS FOIS

LE TUEUR FRAPPE TROIS FOIS
(La morte non ha sesso)

Réalisateur Massimo Dallamano
Année : 1968
Scénariste Giuseppe Belli, Vittoriano Petrilli, Massimo Dallamano, Audrey Nohra
Pays : Italie, Allemagne, USA
Genre : Policier, proto-giallo
Interdiction : -12 ans
Avec : John Mills, Luciana Paluzzi, Robert Hoffman, Enzo Fiermonte, Renate Kasché...


L'HISTOIRE : L'inspecteur Franz Bulon s'occupe du trafic de stupéfiants. Son supérieur lui met la pression car l'enquête sur un vaste réseau de trafic de drogue piétine. Pire que tout, les principaux suspects qui auraient pu le rencarder et faire progresser l'enquête se font assassiner par un mystérieux tueur. Mais un autre facteur entre en jeu dans le fait que Bulon n'avance pas : son esprit est préoccupé par Lisa, sa femme qui bien plus jeune que lui, et qui déclenche en lui une jalousie maladive qui vient compromettre leur couple...

MON AVIS : Réalisateur n'ayant qu'une dizaine de films à son actif, ayant débuté en 1967 avec le western Bandidos puis ayant trouvé la mort dans un tragique accident en 1976 à l'âge de 59 ans, Massimo Dallamano a néanmoins marqué de son empreinte le cinéma de genre italien, notamment grâce à deux célèbres giallos, Mais qu'avez-vous fait à Solange ? en 1972 et La Lame Infernale en 1974. On lui doit également la très sympathique sexy comédie La Belle et le puceau avec Edwige Fenech en 1974 ou le film de possession Emilie l'enfant des ténèbres en 1975 entre autres. Avant de passer derrière la caméra, il a été un directeur de la photographie réputé, avec à son actif un travail sur Pour une poignée de dollars et Et pour Quelques Dollars de Plus de Sergio Leone, excusez du peu ! Le film qui nous intéresse ici, à savoir Le Tueur frappe trois fois, est sa seconde réalisation. Elle date de 1968 et est régulièrement catégorisée dans le genre du giallo, ce qu'elle n'est pas vraiment en réalité. Si on a bien un assassin ganté et vêtu de noir qui tue au couteau, point de violence graphique ou d'effets stylisés ici, ni même de suspense ou d'intrigue ayant pour but de nous faire découvrir son identité, qui sera révélée assez tôt dans le film. Le Tueur frappe trois fois est avant tout un film policier, nous présentant un vieux flic proche de la retraite, joué par John Mills, devant démanteler un réseau de trafiquants de drogue. L'originalité du film de Dallamano est d'avoir greffée à cette enquête policière une étude quasi comportementale sur la vie de couple, celui composé par notre vieil inspecteur et sa ravissante épouse dans le cas présent. Car oui, on sent bien que ce qui intéresse le réalisateur ici, ce n'est guère les rares meurtres au couteau, qui utilisent les codes des proto-giallo voire des Krimi allemand (l'action du film se déroule à Hamboug et le film est une co-production Italo-américano-allemande) ni même l'aspect policier de son film en fait. Non, ce qui retient son attention, c'est les rapports compliqués entre son héros et sa femme, superbement interprétée par Luciana Paluzzi, une rousse incendiaire au passé trouble et dont le comportement, qui ne nous semble pas, à nous spectateurs, particulièrement sujet à interrogation, déclenche des crises de jalousie maladive chez son époux, crises qui viennent continuellement perturber son travail et son mental. Il ne se passe pas une minute où notre inspecteur ne pense pas à sa femme, s'imaginant des liaisons adultères à tire-larigot, stressant quand elle ne répond pas au téléphone, abandonnant ses recherches dans le cadre de son enquête pour aller voir si sa femme est bel et bien à la maison. Une relation un brin toxique, qu'on imagine difficile à vivre pour Lisa, qui fait chambre à part et se sent comme retenue prisonnière dans sa maison, devant toujours justifier ses moindres mouvements, ses moindres sorties. A bien y regarder, on a là les codes du film noir américain, Lisa étant la femme fatale à la poitrine généreuse, et qui n'est peut être pas aussi blanche colombe qu'on le pense. A ce duo complexe viendra s'ajouter la présence de notre tueur, joué par le séduisant Robert Hoffman. Un tueur à gages, retenu malgré lui par un caïd de la mafia et obligé de remplir ses contrats d'assassinat. Particulièrement superstitieux, il ne cesse de jouer avec une petite pièce en forme de toupie, son porte-bonheur. Quand il va perdre son fétiche lors d'un crime, sa vie bascule, il se sent désemparé, en perte de chance, lui qui n'a toujours pas été appréhendé par la police après avoir pourtant frappé trois fois. Bien sûr, les trois personnages vont finir par se rencontrer, et Dallamano va s'en servir pour attiser encore plus son drame conjugal, avec une idée qu'on devine sans trop de difficulté mais dont on se demande comment elle va se réaliser. Un triangle amoureux semble se profiler, dont les ramifications maintiennent notre intérêt. On retiendra la mise en scène et surtout la photographie du film, Dallamano connaissant son affaire à ce sujet et offrant au public de belles images. Reste que si vous vous attendiez à un pur giallo, vous risquez fort d'être désarçonnés. La psychologie des personnages est au centre du film, bien plus que les images scabreuses ou violentes, quasiment absentes ici, si ce n'est quelques visions fugaces d'une poitrine dénudée. On se demandera, comme l'inspecteur d'ailleurs, quelle est la signification des tulipes, dont un indic lui a parlé. On n'aura malheureusement aucune réponse dans le film, mais une petite recherche sur le net nous fera comprendre l'allusion à ces fleurs, dont la signification est en effet propice à ce qu'on vient de voir. Le Tueur frappe trois fois est un film atypique, contemplatif la plupart du temps, différent de ce qu'on en attendait au départ, qui nous montre un réalisateur se cherchant encore mais dont on ressent clairement le potentiel.

*Disponible en combo DVD-+BR chez RIMINI EDITIONS    
BONUS
- Présentation du film par Stéphane Lacombe (36,30 min)
- Livret Massimo Dallamano, passage éclair par Marc Toullec (24 pages)

UNE LIBELLULE POUR CHAQUE MORT

 

UNE LIBELLULE POUR CHAQUE MORT
(Una libélula para cada muerto)

Réalisateur León Klimovsky
Année : 1975
Scénariste Ricardo Muñoz Suay, Paul Naschy
Pays : Espagne
Genre : Policier, Giallo
Interdiction : -16 ans
Avec : Paul Naschy, Erika Blanc, Eduardo Calvo, Maria Kosty, Angel Aranda...


L'HISTOIRE Dans les bas-fonds de Milan, une série de meurtres est perpétrée au sein des prostituées, dealers, et homosexuels. Le tueur, qui semble investi d’une mission purificatrice, laisse, en signature, une libellule sur chacune de ses victimes. L’inspecteur Scaporella est diligenté pour mener l’enquête, aidé par sa fiancée Silvana...

MON AVIS : Principalement connu pour son rôle de Waldemar Daninsky, le plus célèbre loup-garou espagnol, Paul Naschy a également joué d'autres rôles tout aussi intéressants et celui de l'inspecteur Scaporella dans le film qui nous intéresse ici, en est un exemple flagrant. Dario Argento ayant popularisé les titres de giallo à base d'animaux, il n'est pas étonnant qu'on en retrouve un ici, à savoir la libellule, dans cette réalisation de León Klimovsky baptisée Une Libellule pour chaque mort, et qui a été re-titré en Red Killer en France et en Europe, allusion à la tenue que porte l'assassin, ce qui est tout de suite moins poétique. Le metteur en scène argentin León Klimovsky connait bien Paul Naschy, puisqu'il l'a dirigé à maintes reprises, notamment dans La Furie des Vampires en 1971, dans Dr. Jekyll y el Hombre Lobo en 1972, dans La Rebelion de las Muertas en 1973, dans Le Maréchal de l'Enfer en 1974 ou dans Muerte de un quinqui en 1975 entre autres. En cette même année 1975, il lui fait donc endosser le rôle de l'inspecteur Scaporella, un flic assez bourru, aux méthodes plutôt directes quand il s'agit d'interroger des voyous, ce qui ne lui vaut pas une très bonne réputation. Il va néanmoins être affecté par son supérieur sur une enquête portant sur une série de meurtres violents perpétrés sur des prostituées, des homosexuels, des vendeurs de drogue et autres marginaux aux comportements pervers. Le maniaque voudrait-il débarrasser Milan de ses vices et faire le travail de la police ? C'est ce que Scaporella va devoir découvrir et rapidement, car les victimes du tueur en série ne cessent d'augmenter. Seul indice, une libellule fabriquée à la main déposée sur chaque victime et une paire de boutons de manteau de luxe.  Avec Une Libellule pour chaque mortLeón Klimovsky nous offre un giallo assez atypique puisqu'on pourrait carrément se croire en plein Poliziottesco, ces films policiers italiens assez brutaux qui ont fait de Maurizio Merli, Franco Nero ou Tomas Milian des stars incontournables. Alors non, Paul Naschy n'atteint pas l'intensité du jeu des acteurs précités mais j'ai trouvé qu'il s'en sortait particulièrement bien ici, qu'il assurait ce qu'il fallait et qu'il livrait une prestation solide. Même si l'enquête piétine passablement, le film maintient notre intérêt avec des meurtres assez nombreux, souvent filmés en hors champ mais on voit tout de même l'horrible résultat. Il faut savoir que ce film a été tourné en deux versions, une version "habillée" pour sa diffusion en Espagne et une version "déshabillée" pour d'autres pays. On ne parle pas ici de version "cut" ou "uncut", les deux versions faisant la même durée, mais bien de scènes tournés deux fois, avec les actrices habillées ou déshabillées, une pratique assez courante pour éviter des ennuis avec le pays d'origine et on se doute que dans l'Espagne de Franco, mieux valait agir ainsi plutôt que de s'attirer les foudres du régime. C'est d'ailleurs pour cette même raison que l'action est située à Milan et non dans une ville espagnole. En tout cas, Artus Films nous propose la version "déshabillée" et la nudité est bien présente, souvent de manière gratuite et frontale, avec même du nu intégral, dans un pur esprit Bis et décomplexé, vous verrez. Le film reste toutefois assez sérieux, même si on y trouve quelques touches d'humour, comme cette séquence dans laquelle Naschy, affublé d'un tablier, prépare des spaghetti à sa femme qui rentre du travail ou celle au début, qui voit notre inspecteur s'énerver face à un vieillard exhibitionniste. On n'oubliera pas de citer également la séquence de l'anniversaire de l'inspecteur, avec un cadeau assez surprenant à l'intérieur de la boite en carton. La surprise est éventée puisque le fameux cadeau illustre la jaquette de l'édition d'Artus Films mais ça réussit tout de même ànous faire sourire devant notre écran ! Il est aussi amusant de voir comment le réalisateur fait d'Erika Blanc, l'épouse de notre inspecteur, une femme forte et débrouillarde, qui trouvera l'identité du meurtrier avant son mari, grâce à son intuition féminine. Une autre touche d'originalité dans ce giallo policier, un genre généralement bien masculin. Malgré son assassin voulant éradiquer le vice dans la ville, le film ne se veut aucunement moralisateur, rappelons que León Klimovsky est un homme politiquement de gauche,  et il ne fait jamais porter de jugement négatif à ses personnages vis à vis des victimes, qui sont toutes des personnes de petites vertus aux yeux du meurtrier. Ou de la meurtrière, comme le pense notre inspecteur de choc, qui ne rejette aucune possibilité concernant l'identité de notre tueur en série. On a bien sûr plusieurs coupables potentiels qui s'offrent à nous, des fausses pistes et une révélation finale qui devrait vous donner du fil à retordre. Concernant ces fameuses libellules placées sur les cadavres, il n'y a pas réellement d'explications, si ce n'est le discours d'un professeur nous rappelant que le peuple antique Chaldéen obligeait les homosexuels et les prostituées à coudre sur leurs vêtements une libellule, ce qui signifierait que le tueur est assez cultivé pour connaître cette anecdote. Bon, pourquoi pas mais on a déjà connu mieux comme explication à l'utilisation par les maniaques de certains symboles dans d'autres films. Rien de grave en tout cas. Notons que les musiques entendues ne sont pas des créations originales puisqu'ici, on se contente de réutiliser, entre autres, des morceaux provenant des films 6 femmes pour l'assassin et La Baie Sanglante, tous deux de Mario Bava. N'y avait-il pas de budget pour embaucher un compositeur ? Mystère. Au final, ce mélange entre polar et giallo fait le taf, nous montre une facette moins poilue de Paul Naschy et devrait satisfaire les amateurs de cinéma bis espagnol...   

* Disponible en combo DVD + BR chez ARTUS FILMS



   

ECHEC ET MORT

 

ECHEC ET MORT
(Hard to Kill)

Réalisateur : Bruce Malmuth
Année : 1990
Scénariste : Steven McKay
Pays : USA
Genre : Policier, action
Interdiction : /
Avec Steven Seagal, Kelly LeBrock, William Sadler, Frederick Coffin...


L'HISTOIRE : Pour avoir enregistré une conversation compromettante entre un mafioso et un député, le détective Mason Storm et sa femme sont abattus par deux policiers corrompus. Laissé pour mort, Storm reste sept ans dans le coma. Lorsqu'il en sort, un tueur arrive à l'hôpital pour l'achever mais parvient à échapper à l'exécution grâce à une infirmière chargée de ses soins, Andy Stewart. Après avoir récupéré et retrouvé ses forces, Storm se met en quête de se venger en retrouvant les responsables...

MON AVIS : En 1988, on découvrait Steven Seagal - expert en aikido, possédant la ceinture noire 7ème dan et premier américain à être professeur dans un dojo d'aikido - dans le film Nico d'Andrew Davis. Avec ce premier film, il fait déjà forte impression, avec ses cheveux noir de jais tirés en arrière et sa queue de cheval, mais aussi lors des scènes de bagarre ou sa technique de l'aikido impressionne et apporte une touche de nouveauté dans le cinéma d'action US. Deux ans plus tard, on le retrouve dans Echec et Mort de Bruce Malmuth, le film pour lequel il a Kelly LeBrock en partenaire féminine. L'actrice, qui a fait sensation dans Une Créature de Rêve, deviendra sa femme. Si Echec et Mort se laisse tranquillement regarder et bénéficie d'une dernière demi-heure assez explosive, enchaînant bagarres et gunfights bien chorégraphiés, la première heure se montre plus poussive et passionne moins. Une fois la séquence introductive terminée, laissant le personnage campé par Seagal dans un état critique, le film prend son temps pour développer la relation naissante entre son infirmière et lui, tout en mettant en avant le système politique corrompu qui a fait que Seagal soit dans le coma durant sept ans. Une fois réveillé, notre monolithique acteur va devoir se dévérouiller après ses sept ans de coma et on aura droit aux scènes classiques d'entraînement, typique du ciné d'action 80's. Il pourra compter sur Kelly LeBrock bien sûr pour l'aider à se remettre physiquement sur pied, si vous voyez ce que je veuxc dire. Reste que notre Steven Seagal, il a une mission à mener : se venger et venger la mort de sa femme, massacrée par des flics ripoux à la solde du gouverneur véreux du coin. Tout ça prendra donc une bonne heure un peu anémique, jusqu'au déferlement de violence finale, qui, lui, vaut le coup d'oeil, surtout que Seagal balance des répliques savoureuses et pas piqué des hannetons, qui font mouches et nous font bien sourire. Si le talent d'acteur de Seagal n'a jamais été sa marque de fabrique, il s'en sort tout de même assez bien ici. Voilà donc un petit polar 90's qui possède la patine de son époque, qui s'avère plaisant et distrayant mais dont on ressort tout de même avec une petite pointe de frustration du fait de son manque de nervosité durant la première heure. Les répliques cinglantes compensent tout de même cette petite fébrilité rythmique...  


LES ENQUÊTES DU DEPARTEMENT V : PROMESSE

 

LES ENQUÊTES DU DEPARTEMENT V : PROMESSE
(Den Graenselose)

Réalisateur : Ole Christian Madsen
Année : 2024
Scénariste : Jussi Adler-Olsen, Jakob Weis
Pays Danemark, Allemagne, Estonie, Suède
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec Ulrich Thomsen, Sofie Torp, Afshin Firouzi, Hedda Stiernstedt, Joachim Fjelstrup...


L'HISTOIRE Le détective Carl Mørck envoie Rose, sa collègue du département V, sur l'île danoise isolée de Bornholm pour répondre aux demandes répétées de son ancien collègue Christian Habersaat. Ce dernier, n'ayant jamais réussi à conclure l'enquête sur la mort d'une jeune fille retrouvée sur la branche d'un arbre, va fêter sa retraite mais il se suicide, avec le nom de Carl écrit sur sa paume de main. Prevenu par Rose, Carl, nouvellement fiancé, arrive sur l'île où lui, Rose et Assad se retrouvent mêlés à cette vieille affaire qui occupait continuellement l'esprit de Habersaat. Le comportement de Carl intrigue Rose, ce dernier connaissant de nombreuses personnes sur l'île. Il semblerait également qu'une secte, celle du soleil, ait pris une vraie ampleur parmi les habitants...

MON AVIS : L'écrivain danois Jussi Adler-Olsen est un auteur à succès, notamment grâce à sa série de polars Les Enquêtes du Département V, débutée en 2007 et qui comporte déjà 11 romans, le dernier venant de sortir en 2025 ! Un tel succès laissait évidemment entrevoir des adaptations pour le grand écran et c'est en 2013 que sort l'adaptation du premier roman, à savoir Les Enquêtes du Département V : Miséricorde. Suivront Profanation en 2014, Delivrance en 2016, Dossier 64 en 2018, L'effet papillon en 2021 et ce Promesse en 2024. Les autres romans de la série devraient également être adaptés dans le futur. A noter qu'à partir de L'effet Papillon, le casting principal change : Carl Mørck, qui était interprété par Nikolaj Lie Kaas et Assad, qui était joué par Fares Fares dans les 4 premiers films prennent respectivement l'apparence des acteurs Ulrich Thomsen et Afshin Firouzi, ce dernier remplaçant donc aussi Zaki Youssef du film précédent ! Il en va de même pour Rose, qui était interprété par Johanne Louise Schmidt et qui a cédé sa place à Sophie Torp. Personnellement, je n'aime pas trop quand on change des acteurs au sein d'une même saga mais comme je n'ai toujours pas vu les 5 premiers films, alors que j'ai le coffret DVD, ça ne m'a pas choqué. Les Enquêtes du Département V : Promesse est un bon thriller, qui ne mise rien sur des scènes d'action débridées mais qui, au contraire, prend tout son temps pour travailler son ambiance et ses personnages. Je ne connais donc pas l'enquêteur Carl Mørck mais ici, il prend une belle dimension, rattrapé par son passé sur cette île qu'il connaît bien. De nombreuses révélations vont le concerner ici et ce personnage prend de l'épaisseur au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue. Il en ira de même pour Rose, qui, d'enquêtrice secondaire, voit elle aussi son personnage être développé, notamment au contact de la secte qui a pignon sur rue au sein des habitants de l'île. L'introduction du film est très prenante : le cadavre d'une jeune fille est sur la branche d'un arbre. On passe ensuite au pot de départ en retraite d'un policier, qui n'a jamais réussi en sept ans à résoudre l'affaire de cette jeune fille sur l'arbre et qui se suicide, le nom de Carl Mørck écrit sur sa paume de main ! Une introduction percutante, qui nous met de suite dans l'ambiance policière voulue. S'ensuit donc la venue de Carl, Rose et Assad sur l'île, ce qui ne semble pas ravir le commissaire de la région. On comprend rapidement que Carl connaît la plupart des habitants de l'île et ce dernier semble cacher quelque chose, ce qui fait qu'on en arrive à avoir des soupçons sur lui : en saurait-il plus sur l'affaire non résolue de la fille dans l'arbre ? Spécialiste des enquêtes non résolues, les trois membres du Département V vont donc fouiner un peu partout pour tenter de faire la lumière sur cette étrange affaire, ce qui va les amener à croiser, entre autres, le chemin d'une secte insulaire, dont faisait partie la victime. Les mécanismes d'embrigadement sont bien mis en avant, avec un gourou charismatique (Joachim Fjelstrup) et une dévote (Hedda Stiernstedtréellement dévoué à ce dernier. Comme toute secte, son fonctionnement semble attirant et bienveillant mais ne cache-t-elle pas elle aussi de sombres secrets ? Si on a parfois l'impression d'avoir deux enquêtes en une (la fille dans l'arbre / la secte), et ce, malgré des interactions entre ces deux sujets, Les Enquêtes du Département V : Promesse se laisse voir sans déplaisir aucun, propose de superbes images et compositions picturales, tout en ayant parfois une facture plus classique. Comme déjà dit, le rythme est vraiment posé mais ça n'empêche pas certains aspects glauques de l'enquête de bien fonctionner, je ne vous dévoilerai rien bien sûr. En tout cas, ça m'a donné envie de visionner les épisodes précédents, ne reste plus qu'à trouver le temps... 

* Disponible en DVD et BR chez WILD SIDE VIDEO



L'ENFER DES ARMES

 

L'ENFER DES ARMES
(Di yi lei xing wei xian)

- Visionné dans son montage international -


Réalisateur : Tsui Hark
Année : 1980
Scénariste Tsui Hark, Cheuk-Hon Szeto
Pays Hong Kong
Genre : Policier, Drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Lo Lieh, Chen-Chi Lin, Albert Au, Tin Sang Lung, Paul Che...

L'HISTOIRE : Paul, Lung et Ko sont trois amis désœuvrés qui passent leur temps comme ils le peuvent. Sans permis, ils empruntent la voiture d'un de leurs parents et écrasent malencontreusement un sans-abri. Un accident dont a été témoin Pearl, une jeune fille désabusée, sadique et anarchiste, dont le frère est inspecteur de police. Pearl fait du chantage aux trois garçons et les pousse dans une dérive terroriste. Lors d'une altercation, Pearl vole un colis appartenant à un puissant réseau de trafic d'armes et de contrebande...

MON AVIS : Après Butterfly Murders et Histoires de Cannibales, qui n'ont pas rencontré un grand succès critique et commercial, Tsui Hark enchaîne un troisième film qui ne sera pas mieux accueilli, subissant les foudres de la censure qui l'oblige à proposer un nouveau montage dans lequel les trois anti-héros masculins, qui, dans le montage initial et pour surfer sur un fait divers devaient s'amuser à poser des bombes dans des cinémas, provoquent dorénavant un accident de voiture mortel avant de subir le chantage d'une jeune activiste en guerre contre la société. Un nouveau montage qui deviendra la version proposée de par le monde. Jusqu'à ce que l'éditeur HK Vidéo réussisse l'exploit de trouver une ultime copie du montage initial, que même Tsui Hark croyait définitivement perdu. Pour la sortie en VHS du film, HK Vidéo a proposé les séquences inédites en bonus puis, pour la sortie DVD en 2004, l'éditeur a intégré ces scènes inédites au film, proposant ainsi une version Director's Cut. Pour ma part, cette chronique est basée sur le montage international. Un montage qui n'alterne en rien l'aspect profondément déprimant de L'Enfer des Armes, œuvre sulfureuse qui ne respire jamais la joie de vivre. C'est bien simple, tout va mal dans ce film, il n'y a pas une once d'espoir et chaque acte des personnages principaux se transforment en épreuve, en échec. Les quatre compères trouvent des bons bancaires japonais qui pourraient les rendre riches ? Raté, ces derniers ne peuvent être déposés dans les banques chinoises et quand ils tentent de les refourguer aux petits caïds du coin, ceux-ci les prennent en chasse pour leur voler l'intégralité des bons. Qui plus est, ces bons appartiennent à un puissant cartel qui veut à n'importe quel prix les récupérer. On assiste donc à une longue et lente descente aux enfers de quatre adolescents dont le mal-être empoisonne leur vie, ne voyant pas d'échappatoire à leur misérable existence humaine. Et, on le sait, la violence n'apporte jamais rien de bon et n'est jamais une solution. Nihiliste jusqu'à ses dernières images, L'Enfer des Armes est un film assez atypique dans la filmographie de Tsui Hark, qui mélange ici polar, drame et critique sociale pour un résultat détonnant. A noter une utilisation non déclarée de la musique de Zombie, de Star Trek le film, du morceau Oxygene part 4 de Jean-Michel Jarre ou du tube Voyager du groupe The Alan Parsons Project en guise de bande-originale, ce qui surprend la première fois !  


LE CHAT ET LE CANARI


LE CHAT ET LE CANARI 
(The Cat and the Canary)


Réalisateur : Radley Metzger
Année : 1978
Scénariste Radley Metzger, John Willard
Pays : Angleterre
Genre : Comédie / Policier
Interdiction : /
Avec :Honor Blackman, Michael Callan, Edward Fox, Olivia Hussey, Wendy Hiller...


L'HISTOIRE Pour le vingtième anniversaire de la mort du richissime Cyrus West, ses héritiers sont réunis dans son château et ils vont enfin connaitre le contenu de son testament. Selon ses dernières volontés, la jeune Annabelle West sera la seule bénéficiaire de sa fortune mais que si elle est déclarée folle ou qu'elle meurt durant la nuit, l'héritage ira à un second héritier. Dans le même temps, tous les invités apprennent qu’un dangereux psychopathe s'est échappé d'un asile et écume la région...

MON AVIS : En 1922 est jouée à Broadway une pièce de théâtre créée par John Willard et intitulée Le Chat et le Canari. La pièce remporta un franc succès, mélangeant atmosphère policière et d'épouvante. En 1927, le réalisateur allemand Paul Léni l'adapte au cinéma sous le même titre Le Chat et le Canari - en France, ce sera La Volonté du Mort - et offre aux spectateurs l'un des premiers films de genre old dark house, c'est à dire un film se déroulant dans une maison qu'on croira hantée et qui mettra en avant des protagonistes dont le seul but sera de s'approprier l'héritage ou la fortune d'un des invités. Ce sous-genre du cinéma d'épouvante trouvera son point d'orgue en 1932 avec le film de James Whale Une Soirée étrange, rebaptisé depuis en La Maison de la Mort. En 1930, on a une seconde adaptation avec le film perdu The Cat Creeps de Rupert Julian. Puis, en 1939, la pièce de John Willard se voit adapter une troisième fois au cinéma par Elliot Nuggent et sort en France sous le titre Le Mystère de la maison Norman. Une nouvelle version verra le jour en 1961 sous forme de téléfilm et enfin, le film qui nous intéresse ici sera réalisé en 1978, il s'agit donc de Le Chat et le Canari de Radley Metzger. Un réalisateur atypique puisque ce dernier n'a mis en scène que des films érotiques et pornographiques au cours de sa carrière, dont le célèbre The Image en 1975. Dès le départ, l'angle d'approche des producteurs et du réalisateur s'éloigne du genre Old dark house. Exit l'ambiance d'épouvante, exit le travail sur la maison en tant qu'entité propre et place à une comédie british avec des personnages décalés et une atmosphère qui lorgne du côté d'Agatha Christie mais sous L.S.D. ! Au casting, on trouve une certaine Honor Blackman, célèbre partenaire de John Steed dans les saisons 2 et 3 de Chapeau Melon et Bottes de Cuir et qui joue ici une lesbienne, en couple avec la jolie Olivia Hussey, la fameuse Juliette du Roméo et Juliette de Franco Zeffirelli (1968). Une petite touche de modernité mais qui n'est guère développée. On trouve aussi Edward Fox, Carol Linley, Wendy Hiller, Wilfrid Hyde-White, Peter McEnery ou Daniel Massey, ces deux derniers ayant eu un comportement des plus perturbateurs sur le tournage. Un casting qui va donc évoluer au sein du grand manoir de Cyrus West, richissime propriétaire décédé depuis plus de vingt ans et dont la notaire va dévoiler le testament. Les possibles futurs héritiers attendent le verdict final et c'est Annabelle West qui remporte la mise, créant bien sûr des tensions parmi les recalés. Cette séquence du testament est assez originale puisque c'est à travers la projection d'un film aidé par un disque phonographique pour gramophone qu'elle s'effectue, Cyrus West n'étant pas le dernier pour miser sur l'humour noir. On appréciera le passage où la servante passe derrière le petit écran de projection et se "fond" littéralement dans le film. De bonnes idées, Le Chat et le Canari version 1978 en possède pas mal, mais malheureusement, l'angle humoristique choisi par la production, la mise en scène très théâtrale de Radley Metzger (logique me direz-vous vu le matériau de base) et surtout le réel manque de suspense et d'épouvante, si ce n'est cette présence furtive d'un mystérieux tueur, font que j'ai moyennement adhéré à cette proposition, largement inférieure au film de Paul Leni pour ma part. Il faut en effet attendre plus de cinquante minutes avant que l'intrigue ne décolle réellement et l'humour anglais se montre bien trop présent et étouffant en ce qui me concerne. Le souci, c'est que je ne m'attendais pas à une comédie policière quasi parodique mais bel et bien à un film mélangeant thriller et épouvante. Alors oui, on a bien quelques portes secrètes qui s'ouvrent et une fin façon Scooby-Doo avec la révélation de l'identité du tueur mais c'est bien l'ennui qui est venu me prendre par la main. Si vous êtes amateurs de Whodunit à l'humour exacerbé, Le Chat et le Canari 1978 pourra vous séduire par son casting qui n'en finit pas de surjouer et de se chamailler. 

* Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS
En bonus, livret de Marc Toullec "Qui veut gagner des millions ?" (24 pages)



REPTILE

 

REPTILE
(Reptile)


Réalisateur : Grant Singer
Année : 2023
Scénariste : Grant Singer, Benjamin Brewer, Benicio Del Toro
Pays : États-Unis
Genre : Policier
Interdiction : -12 ans
Avec : Benicio Del Toro, Justin Timberlake, Alicia Silverstone, Matilda Lutz...


L'HISTOIRE : Lorsque Summer Elswick, agente immobilière, est retrouvée assassinée, l'inspecteur Tom Nichols porte ses soupçons sur Will Grady, le petit ami de la victime. Au fur et à mesure de ses investigations, de nouveaux suspects potentiels apparaissent et l'enquête va s'avérer bien plus complexe que prévue...

MON AVIS : Voici un polar de machination qui est dans la bonne moyenne du genre. Porté par un casting judicieux, Reptile fait la part belle à la prestation de Benicio Del Toro, parfait en enquêteur méticuleux et intègre, qui ne lâche jamais l'affaire. A ses côtés, on a Justin Timberlake dans le rôle du petit ami de la victime, Alicia Silverstone (47 ans désormais, il est loin le temps de Clueless) dans le rôle de la femme de l'inspecteur Nichols, Eric Bogosian dans le rôle du capitaine Allen, Domenick Lombardozzi dans le rôle d'un inspecteur des stups et tout un tas d'autres acteurs qui assurent et font parfaitement le job. Mon seul regret est que la victime assassinée soit la charmante Matilda Lutz, vue dans Revenge, A Classic Horror Story, Zone 44 ou Coupez! et que j'aurai aimé voir plus longtemps à l'écran. Sinon, ceux qui ont apprécié l'ambiance de la première saison de True Detective retrouveront cette atmosphère dans Reptile, même si l'action ne se déroule pas en Louisiane. L'enquête de l'inspecteur Nichols est menée de façon méthodique, sans privilégier une action trépidante mais malgré un rythme posé, on ne s'ennuie jamais car plus on avance dans ce meurtre crapuleux et plus de nouveaux éléments viennent relancer continuellement l'intérêt. Ce qui au départ ne semble qu'une affaire de meurtre à éclaircir va prendre des proportions et une direction plus inattendues, venant complexifier l'intrigue. Bon suspense, quelques moments de tension bien huilés et une mise en scène efficiente de Grant Singer. A découvrir !

  

MURDER MYSTERY 2

 

MURDER MYSTERY 2
(Murder Mystery 2)

Réalisateur : Jeremy Garelick
Année : 2023
Scénariste : James Vanderbilt
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Policier, Action
Interdiction : /
Avec : Adam Sandler, Jennifer Aniston, Mark Strong, Mélanie Laurent, Dany Boon...


L'HISTOIRE : Après leur rocambolesque aventure qui leur a valut de devenir célèbres, Nick et Audrey ont décidé d'ouvrir une agence de détectives privés. Mais les affaires ne marchent pas très forts et leur morale est en berne. Ils acceptent alors avec grand plaisir l'invitation de leur ami le Maharajah, qui va se marier avec la belle Claudette sur son île paradisiaque. Sur place, Nick et Audrey découvrent les invités, retrouvent le Colonel Ulenga et prennent du bon temps jusqu'aux festivités. Mais lors du mariage, c'est le drame : un commando kidnappe le futur marié ! Nick et Audrey se mettent à soupçonner les invités les plus proches du Maharajah et vont devoir faire équipe avec Miller, un spécialiste de la prise d'otage, ce qui va les emmener jusque Paris...

MON AVIS : Après un premier volet en demi-teinte, réalisé en 2019 par Kyle Newacheck, nous revoici avec le couple Nick et Audrey, toujours interprété par Adam Sandler et Jennifer Aniston, cette fois sous l'égide de Jeremy Garelick, qui nous propose donc un Murder Mystery 2 ! Qui dit N°2 dit logiquement plus de comédie, plus de divertissement, plus de budget, plus de... tout en fait. Eh bien, c'est exactement ce que nous avons ici. Murder Mystery 2 reprend les éléments qui faisaient le charme du précédent, place son duo au milieu d'une nouvelle affaire, multiplie les coupables potentiels, nous propose de superbes paysages paradisiaques filmés à Hawaï et une ambiance très Bollywood le temps du mariage du Maharajah, avant de délaisser le style Cluedo pour se transformer en film d'action trépident dans Paris et sur la tour Eiffel. Et c'est là que cette suite marque des points. Plus fun, plus divertissante et surtout plus dynamique, avec cascades et explosions à la clé, Murder Mystery 2 voit les choses en grand et en donne pour son argent au public, satisfait d'être divertit de la sorte. Attention, on a toujours de l'humour bien balourd, des gags un peu éculés, mais dans l'ensemble, ça passe vraiment bien. On appréciera la présence de la toujours radieuse Mélanie Laurent au générique et on se prendra au jeu durant la première partie du film pour tenter de démasquer l'instigateur du kidnapping du Maharajah. Déception par contre en ce qui concerne Jennifer Aniston : la star a touché au Botox malheureusement et ça se voit ! Son visage semble figé, même quand elle doit rire, son sourire reste figé lui aussi et c'est bien dommage. En tout cas, j'ai nettement préféré ce Murder Mystery 2 au premier et vous conseille de le regarder si vous voulez passer une bonne soirée détente...

 

MURDER MYSTERY

 

MURDER MYSTERY
(Murder Mystery)

Réalisateur : Kyle Newacheck
Année : 2019
Scénariste : James Vanderbilt
Pays : Etats-Unis, Italie, Canada
Genre : Comédie, Policier
Interdiction : /
Avec : Jennifer Aniston, Adam Sandler, Luke Evans, Gemma Arterton, Dany Boon...


L'HISTOIRE : Un policier new-yorkais honore une ancienne promesse et emmène sa femme en voyage en Europe. Au hasard d'une rencontre pendant le vol, le couple se fait convier à une réunion de famille privée sur le yacht luxueux d'un vieux milliardaire du nom de Malcolm Quince. Mais lorsque celui-ci est assassiné, les deux invités deviennent les principaux suspects...

MON AVIS : Casting international, divers lieux de tournage dont Monaco et un récit qui mêle humour et enquête policière, s'inspirant grandement des romans d'Agatha Christie, voilà ce qui vous attend avec ce Murder Mystery. Un film qui met du temps avant de décoller, pas aidé par une version française lourdingue, surtout quand c'est le frenchy Dany Boon qui cause. Une fois la partie de Cluedo démarrée, avec un mort et de multiples coupables possibles, le tout sur fond d'héritage, Murder Mystery trouve son rythme de croisière et se montre bien divertissant comme il faut, avec une galerie de personnages excentriques (le Maharadja, le beau gosse millionnaire, la femme sexy et j'en passe...) et des événements assez loufoques, qui ne déclenchent pas forcément de rire mais nous font sourire toutefois. J'ai trouvé la prestation d'Adam Sandler assez quelconque et pas toujours très concernée durant une bonne partie du film puis le niveau s'élève et l'acteur devient plus drôle et plus impliqué et ce, jusqu'à la fin, ce qui est une bonne chose. Il se fait néanmoins clairement piquer la première place par Jennifer Aniston, ex-Friends toujours aussi charmante et qui porte le film sur ses épaules. Enjouée, dynamique, elle se donne à fond et communique sa bonne humeur. Si Murder Mystery ne restera clairement pas dans les mémoires, il remplit la plupart du temps son contrat, à savoir divertir sans se prendre la tête. Une suite a vu le jour en 2023...

  

UN FLIC EXPLOSIF

 

UN FLIC EXPLOSIF
(Un Poliziotto Scomodo)

Réalisateur : Stelvio Massi
Année : 1978
Scénariste : Gino Capone, Teodoro Corrà
Pays : Italie
Genre : Policier
Interdiction : -12 ans
Avec : Maurizio Merli, Olga Karlatos, Massimo Serato, Mario Feliciani...


L'HISTOIRE : Connu pour ses méthodes plutôt musclées, le commissaire Olmi tente désespérément de coincer Degan, un homme d'affaire qu'il suspecte d'avoir fait tuer deux amis de son fils Degan Junior et de tremper dans des affaires de corruption et de trafic de diamants. Mais les relations de Degan lui permette de s'en tirer. Olmi est mis à l'écart de l'enquête et après une bavure, il est muté dans une petite ville portuaire dans laquelle il ne se passe jamais rien. Mais son intuition le met sur une potentiel piste de trafiquants d'armes...

MON AVIS : Après une carrière en tant que cameraman et directeur de la photographie débutée dès 1964, Stelvio Massi se lance dans la réalisation en 1974 et devient un spécialiste du polar et du thriller avec des films tels 5 femmes pour l'assassin (1974), Un flic voit rouge (1975), Magnum 44 spécial (1976), L'Exécuteur vous salue bien (1977), La Cité du Crime (1979), Un Flic Rebelle (1980), Speed Driver (1980) et j'en passe. A la fin des années 80, il prend le pseudonyme de Max Steel pour signer ses œuvres. Il décède en mars 2004. En 1978, il est à la tête d'Un Flic Explosif, autre polar de qualité pour lequel il retrouve l'acteur Maurizio Merli, un habitué de ce type de production rentre-dedans. Toujours très charismatique quand il interprète des flics aux méthodes expéditives, Merli assure vraiment bien dans ce rôle de commissaire qui veut faire son boulot du mieux qu'il peut, à savoir mettre les voyous sous les verrous ! Bien sûr, ces méthodes d'interrogatoire ne font pas l'unanimité, notamment chez le préfet.  Un Flic Explosif peut se découper en deux parties distinctes. La première nous présente le combat du commissaire Olmi pour coincer Degan, un homme important qui est responsable de la mort de plusieurs personnes. Notre commissaire de choc parvient à remonter des pistes, à trouver des témoins, à faire parler ces derniers à grand coup de baffe dans la gueule (homme, femme, pas de jaloux !), à obtenir des preuves et même à le faire arrêter. Malheureusement, la corruption est présente dans les rangs de la justice et le fait que Degan soit très riche n'est pas anodin dans sa remise en liberté dès le lendemain, ce qui provoque la colère de Merli. Impuissant malgré son investissement de tous les jours, le commissaire n'aura pas gain de cause et face à cette injustice, il en viendra à commettre une petite bourde qui lui vaudra d'être muté dans une ville portuaire. Cette première partie est nerveuse comme il faut, bien rythmé, sans grand temps mort, avec des cascades et du mitraillage en règle, on sent qu'il y a un certain budget mis à disposition de Stelvio Massi (on a une scène avec un hélicoptère par exemple) qui fait ce qu'il sait faire de mieux : nous offrir un polar carré qui met bien en valeur son acteur principal. Une fois que le commissaire Olmi arrive dans la ville portuaire démarre la seconde partie d'Un Flic Explosif. Le rythme du film ralentit un peu, on suit Olmi batifoler avec Anna, une jolie jeune femme rencontrée dans un bar et qui est interprétée par Olga Karlatos. Son visage dira certainement quelque chose aux fans de L'Enfer des Zombies puisque dans ce film de Lucio Fulci, elle interprète la femme du docteur Menard. Mais rapidement, l'action reprend son droit puisque cette ville apparemment des plus calmes cache un trafic d'armes que le commissaire va détecter et tenter de mettre hors d'état de nuire. Il est intéressant de voir que pour cette nouvelle mission, Olmi essaye de ne pas reproduire les erreurs du passé et de ne pas mettre en avant ses méthodes brutales pour arriver à ses fins. Le fait qu'il dépose son pistolet dans le tiroir de son bureau participe à ce changement de mentalité chez cet homme blessé intérieurement par l'affaire Degan. Le titre original du film, Un Poliziotto Scomodo, représente bien son état d'esprit puisqu'il peut se traduire par "un policier mal dans sa peau, mal à l'aise". Reste qu'on à réellement l'impression de voir deux intrigues différentes qui auraient été accolé dans un même film et le résultat déstabilise un peu. En tout cas, les amateurs de poliziottesco apprécieront sans aucun doute cette réalisation de Stelvio Massi tout comme ils apprécieront la prestation de Maurizio Merli qui tire le film vers le haut sans grande difficulté... 

* Disponible en combo DVD + BR chez ARTUS FILMS
- Film proposé en VF et VOSTF
- Présentation du film par Curd Ridel
- Entretien avec Danilo Massi
- Diaporama
- Film annonce



UN CITOYEN SE REBELLE

 

UN CITOYEN SE REBELLE
(Il Cittadino si Ribella / Street Law)

Réalisateur : Enzo G. Castellari
Année : 1974
Scénariste : Dino Maiuri
Pays : Italie
Genre : Policier
Interdiction : -12 ans
Avec : Franco Nero, Giancarlo Prete, Barbara Bach, Renzo Palmer, Massimo Vanni...


L'HISTOIRE : Alors qu'il vient faire une transaction bancaire, Carlo Antonelli est victime d'un braquage de banque et se retrouve pris en otage. Molesté et dépouillé de son argent, Carlo porte plainte à la police et comprend que cette dernière ne fera pas grand chose pour arrêter les voyous. Il décide alors de se faire justice lui-même. Il remonte la trace d'un petit truand et va l'obliger à lui obtenir des informations sur la gang responsable du braquage de la banque...

MON AVIS : Célèbre réalisateur italien à qui l'on doit des films comme Cold Eyes of Fear (1971), Big Racket (1976), Keoma (1976), Une Poignée de Salopards (1978), La Maison au fond du Parc (1979), La Mort au Large (1981) ou Les Guerriers du Bronx (1982) entre autres, Enzo G. Castellari nous offre un très bon polar tendance vigilante movie en 1974 avec Un Citoyen se Rebelle, film réalisé la même année que celui de Michael Winner, Un Justicier dans la Ville ! Dans le film qui nous intéresse ici, c'est Franco Nero qui va endosser le rôle du citoyen modèle et sans histoire obligé de se lancer dans la violence face à l'inaction de la police. On le sait, se faire sa propre justice n'est pas conseillé mais face à l'injustice et la corruption, certain n'hésite pas à franchir le pas. Enzo G. Castellari nous invite donc à cette descente aux Enfers en compagnie du ténébreux acteur aux yeux bleus et envoie la sauce dès la scène d'introduction, un braquage de banque survitaminé qui enchaîne avec une course-poursuite endiablée en voiture dans les rues de Gênes, sous la direction du talentueux coordinateur des cascades Remy Julienne bien sûr ! Une sacrée introduction en guise de mise en bouche. Le rythme va redescendre par la suite et le film délaisse l'action pour miser sur une ambiance plus policière et posée, nous montrant une Italie sous la coupe des voyous qui terrorisent la population, cette dernière n'étant pas défendue par les services d'ordre. Véritable reflet des fameuses années de plomb, Un Citoyen se Rebelle, sous son apparence d'oeuvre ô combien nihiliste, ce qu'elle est assurément, va toutefois s'adoucir un peu avec la naissance du duo Franco Nero / Giancarlo Prete, ce dernier interprétant Tommy, un petit truand qui va devoir aider notre héros à retrouver ses agresseurs. Cette association imprévue va devenir le fer de lance de l'histoire et une réelle amitié va naître entre ces deux hommes qui n'ont rien en commun, ce qui va amplifier l'intérêt du récit. Cette relation affective montre que mêmes certains voyous ont un code d'honneur et qu'ils savent rendre la pareille à quelqu'un qui a été correct avec eux. Les deux acteurs forment un excellent duo, très charismatique. Contrairement à Charles Bronson dans Un Justicier dans la Ville, le personnage campé par Franco Nero ne cherche pas à éradiquer tous les voyous des rues de la ville. Il veut juste retrouver le trio qui a cambriolé la banque et l'a pris en otage. Cette quête va le conduire à vivre des situations périlleuses, qui mettent sa vie en danger et permettent au réalisateur de s'en donner à cœur joie dans la violence urbaine. Le savoir-faire de Castellari est bien présent ici et permet au film de maintenir un rythme et un intérêt constant, qui augmentera jusqu'à la scène finale, d'une redoutable intensité et qui nous rappelle le cinéma de Sam Peckinpah, dont Castellari est un grand admirateur. On trouve plusieurs seconds rôle admirables également, dont Renzo Palmer en chef de la police ou la belle Barbara Bach en petite amie du héros. Si la noirceur est présente dans tous les pores du film, le plan final apporte une petite touche de luminosité à l'ensemble ou au moins au personnage joué par Nero, qui comprend que la relève existe et que ses actions n'ont pas été vaines. Est-ce une bonne chose pour la société ? Un Citoyen se Rebelle reste toujours d'actualité de nos jours, la criminalité ayant juste changée de visage et l'impuissance de la police et de la justice étant toujours de mise malheureusement. En tout cas, Enzo G. Castellari a mis en scène un film rigoureux et prenant, attachant également, parfois un peu répétitif peut-être mais de grand qualité en tout cas...

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-  
Film proposé en VF et VOSTF
Bonus :
- Présentation du film par Curd Ridel
- Entretien avec Franco Nero
- Diaporama d’affiches et de photos
- Film-annonce original