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REDUX REDUX

 

REDUX REDUX
(Redux Redux)

Réalisateur Kevin McManus, Matthew McManus
Année : 2025
Scénariste Kevin McManus, Matthew McManus
Pays : USA
Genre : Drame, Science-fiction
Interdiction : -16 ans
Avec Michaela McManus, Stella Marcus, Jeremy Holm, Jim Cummings...


L'HISTOIRE : Irene a perdu sa fille Anna, kidnappée et assassinée par Neville, un prédateur sexuel. Détentrice d'un caisson permettant de se déplacer dans le multivers, elle arpente inlassablement toutes les dimensions pour retrouver et tuer le bourreau de sa fille. Un jour, dans un des univers parallèle, elle croise la route de la jeune Mia, qu'elle sauve de Neville. Une relation se noue entre les deux femmes, qui poursuivent ensemble cette quête infinie de vengeance...

MON AVIS : Gagnant du Prix du Public lors du festival de Gerardmer 2026, Redux Redux est un film familial, dans le sens où les réalisateurs Kevin McManus et Matthew McManus sont frères et l'actrice principale, Michaela McManus, est leur sœur.L'aspect familial s'arrête ici puisque le film est un vigilante movie science-fictionnel qui verse dans la violence froide, sans atteindre des extrêmes toutefois. Le scénario est des plus intéressants, puisqu'il met en scène une femme qui possède une sorte de télé-porteur lui permettant d'aller dans des univers parallèles et ce, afin de tuer encore et encore le meurtrier de sa fille Anna. Une vengeance à répétition donc, qui fait perdre petit à petit à cette héroïne tragique son humanité. Elle le dit elle-même : "Je ne sais même plus qui je suis". Le drame vécu, la perte de son enfant, et cette capacité à se déplacer dans le multivers pour traquer le meurtrier et le mettre hors d'état de nuire a fait d'elle une sorte d'exécutrice sans émotion, qui met sa vie en danger puisque le prédateur sexuel a parfois le temps de se défendre, et qui n'a plus aucun but dans sa vie que celui de l'exterminer de la surface de la Terre, encore et encore. Enfin si, elle a un but en fait : trouver un multivers dans lequel le tueur ne s'en serait pas encore pris à sa fille. Une quête désespérée, touchante, émouvante, qui semble ne jamais pouvoir arriver. Sa rencontre inopinée avec Mia, lors d'une traque au domicile du pervers, va apporter un peu de lumière à cette vie de noirceur et de violence. On s'en doute, Irene va voir en Mia sa fille disparue et faire de cette dernière un nouvel objectif dans sa vie, à savoir la protéger. Mais Mia n'est pas une jeune fille facile : élevée de foyer en foyer depuis son plus jeune âge, c'est une ado rebelle, qui ne se laisse pas dicter facilement sa loi et qui va avoir, elle aussi, le désir de rendre les coups à l'assassin d'enfants. Une situation déjà vue dans d'autres films, on ne compte plus les œuvres dans lesquelles un adulte doit gérer un enfant sans repère dans un environnement hostile. A ce niveau, Redux Redux ne fait pas dans l'originalité mais ça passe assez bien, car les situations proposées restent tendues, notamment vers la fin. D'une durée assez longue d'1h48, Redux Redux aurait peut-être pu être un peu raccourci, mais dans l'ensemble, le rythme est au rendez-vous, il y a assez d'action pour nous maintenir éveillé, entre exécutions sommaires, courses-poursuites et voyages temporels. Bien sûr, dans ce type de films à boucle temporelle, même si c'est un peu différent ici, on revit souvent les mêmes séquences, mais avec quelques petits changements. C'est le cas ici, notamment avec le décor du dîner, et cette tasse de café qui change de couleur pour nous faire comprendre qu'on est dans un autre univers par exemple. Les deux réalisateurs, qui sont également scénaristes, ont réfléchi pour faire que cette impression de répétitivité ne joue pas en défaveur du film  et c'est plutôt réussi puisque je ne me suis jamais dis "oh encore, ça soûle" durant mon visionnage. Concernant la séquence dans le désert, clin d'oeil à Terminator 2 peut-être, l'héroïne pouvant être vue comme une sorte de Sarah Connor en effet, je ne la trouve pas essentielle au récit et elle m'a donné l'impression de débarquer comme ça, sans réelle utilité, si ce n'est d'allonger la durée du film et de rajouter une scène d'action. Tout l"inverse de la séquence dans un autre univers où il va se passer quelque chose de vraiment prenant et intense. Avec un budget réduit, les frères McManus ont fait de Redux Redux une bonne surprise et prouve que le cinéma indépendant a encore de quoi nous surprendre dans le bon sens. On félicitera leur sœur Michaela, vu dans Les Frères Scott ou plus récemment dans Memory of a Killer. Elle assure vraiment ici, avec ce personnage de femme forte et déterminée mais fragile à la fois. Il en va de même pour la jeune Stella Marcus, parfaite en ado rebelle, grain de sable dans le rouage parfaitement huilé d'Irene. Mais un grain de sable salvateur, libérateur, qui transforme cette quête vengeresse en une sorte de rédemption et de parcours initiatique, nous rappelant le duo du film Thelma et Louise entre autres. Le final verse plus dans la série B classique et attendue mais fait le job. Redux Redux est une proposition sincère, originale, qui aurait peut-être pu pousser le concept encore plus loin, mais qui, en l'état, s'avère divertissante, intéressante et rondement menée. A découvrir. Ah oui, la scène introductive est carrément excellente et donne clairement le ton de ce qui va suivre.  

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