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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




ILSA LA LOUVE DES SS

 

ILSA LA LOUVE DES SS
(Ilsa : She Wolf of the SS)

Réalisateur : Don Edmonds
Année : 1974
Scénariste Jonah Royston, John C.W. Saxton
Pays : Canada
Genre : Drame, Guerre, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Dyanne Thorne, Gregory Knop, Maria Marx, Tony Mumolo, Rodina Keeler...


L'HISTOIRE : Durant la guerre, le camp de prisonniers numéro 9 est dirigé d'une main de fer par Ilsa, officier SS qui profite de sa position pour mener des expériences scientifiques abominables pour la gloire du Reich, mais aussi pour sa propre satisfaction personnelle : elle entend démontrer en effet que les femmes sont plus résistantes à la douleur que les hommes...

MON AVISPeut-on tout se permettre, peut-on tout filmer au cinéma ? N'y a-t-il aucune limite à l'abjection sur pellicule ? Ces questions, ces notions de moralité, le cinéma d'exploitation n'en a que faire et les balayent d'un revers de main, allant toujours plus loin dans le sordide et l’innommable. Suite au succès de la littérature de guerre basée sur 39-45, comme la collection Guerre de chez Gerfaut ou celle de l'éditeur Les Soudards, l'imagerie nazie se voit utilisée à des fins purement mercantile, comme avec les bandes dessinées italiennes Hessa, parues au début des années 70. Le cinéma a livré quelques œuvres sur cette triste période, à l'image de Kapo de Gillo Pontecorvo, film controverse de 1959 qui raconte l'histoire d'une prisonnière devenue kapo dans un camp de prisonniers. La grande majorité des films mettant en scène des nazis sont avant tout des longs métrages de guerre se déroulant durant la période 39-45. Mais en 1969, un film va choquer la censure qui l'interdira durant plusieurs années. Réalisé par Lee Frost, Love Camp 7 peut être considéré comme le premier film d'un genre trash et scandaleux, baptisé la Nazisploitation.ou Eros-Svastika. Le concept est simple et efficace : transposer l'imagerie du film de femmes en prison dans le cadre d'un camp de prisonniers de guerre ou carrément d'un camp de concentration. Il suffisait d'y penser ! L'idée mettra du temps à se développer et il faudra attendre 1973 et surtout 1974 pour que débarque trois films de ce nouveau genre : l'anecdotique Gretchens sans uniforme en 73 puis en 74 le célèbre Portier de Nuit et le film qui nous intéresse ici, l'indécent Ilsa la Louve des SS, maître-étalon de la nazisploitation. Le succès des deux films de 1974 va être le déclencheur de la très courte vague de Nazisploitation, qui durera de 1976 à 1978, avec environ 17 œuvres tournées durant ces trois ans, principalement en Italie et... en France ! Des films de séries B qui ne font jamais l'apologie du nazisme, bien au contraire, dont le but principal, outre celui de choquer de par son décorum, est de dénuder son casting féminin, de proposer des scènes de tortures et de viles exactions, le tout avec des acteurs souvent médiocres, des dialogues outranciers et des situations rocambolesques, à même de satisfaire l'amateur d'excentricité qui ne verra en ces films que des œuvres inoffensives en fin de compte, sorte d'objets surréalistes sur pellicule qui ne cherchent jamais une quelconque exactitude historique, mais juste à proposer un spectacle rappelant les célèbres bandes-dessinées déviantes de chez Elvifrance par exemple. Bref, rien qui fera grossir les rangs de groupuscules néo-nazis, soyez-en certain ! Mais revenons à Ilsa la Louve des SS. Quand le réalisateur Don Edmonds, qui n'a que deux films érotiques à son actif, reçoit le scénario, il dira qu'il vient de lire le pire scénario de l'histoire, la pire merde qu'il ait jamais lue ! Il faut dire que le personnage principal d'Ilsa est inspiré par la tristement célèbre Ilse Koch, la femme du commandant de Buchenwald. Surnommée La Chienne de Buchenwald ou La sorcière de Buchenwald, elle était une sadique née, faisant exécuter les prisonniers qui croisaient son regard, se livrant à des actes de tortures innommables sur ces derniers ou, à confirmer, se servait de leur peau tatoué pour confectionner des objets de décoration pour sa maison. Sympathique n'est-ce pas ? Reste que Don Edmonds a besoin d'argent et il accepte donc de tourner le film, pour le compte du non moins célèbre producteur David F. Friedman. Un illustre personnage du cinéma bis, spécialisé dans les nudies durant les années 60 et qui a collaboré à maintes reprises avec Herschell Gordon Lewis, créant avec ce dernier le cinéma gore en 1963 avec Blood Feast entre autres. En habile négociateur, David Friedman a réussi à obtenir le droit de tourner les scènes extérieures dans les décors de la série Papa Schultz, qui s'est terminée en 1971. En échange, l'équipe d'Ilsa la Louve des SS s'engageait à détruire, à faire exploser lesdits décors à la fin du tournage, ce qui rendait service aux propriétaires de ces décors et leur faisaient économiser l'argent de la démolition. Malin tous ces gens. Pour interpréter Ilsa, Friedman souhaite collaborer avec Phyllis Davis, actrice de séries-télévisées qui s'est lancée dans le cinéma d'exploitation au début des années 70. Mais cette dernière refuse la proposition et c'est tout compte fait l'actrice Dyanne Thorne qui est engagée, après avoir passée une seule audition, vêtue d'un costume de chauffeur de voiture, un emploi qu'elle exerçait à l'époque, ne trouvant plus de rôles au théâtre, au cinéma ou à la télévision alors qu'elle avait la quarantaine. Après avoir lu le script, qu'elle trouva atroce, elle accepte le rôle, se disant que tout ceci ne serait pas bien sérieux et surtout, elle comprend qu'Ilsa va lui donner l'occasion de jouer un rôle de femme forte, qui domine les hommes et ne se laisse pas dicter sa conduite par ses derniers. Féministe avant l'heure Ilsa la Louve des SS ? Assurément ! Le tournage durera 9 jours seulement, avec un budget estimé à 200000 dollars canadien, avec des journées de travail interminables mais une envie de bien faire de la part du réalisateur, de l'équipe et du casting, envie qui se ressent quand on regarde le résultat final. Bien évidemment, la sortie du film en 1975, que ce soit aux USA ou au Canada, provoque un tollé général, les associations juives rejettent en bloc le film et l'accusent de banaliser et d'érotiser les horreurs des camps de concentration, la censure sévit notamment en Angleterre qui interdit purement et simplement sa diffusion en salle, il en sera de même en Allemagne. Pourtant, les salles spécialisées se l'arrachent, l'aura de film culte prend de l'ampleur, le jeu d'actrice de Dyanne Thorne fait d'Ilsa un personnage iconique de la pop-culture, vénéré par Tarantino ou Rob Zombie entre autres, et Ilsa la Louve des SS devient un objet d'études, une oeuvre-référence de ce que permettaient les années 70, connues pour la radicalité et le jusqu'au-boutisme des œuvres mises en scène durant cette décennie majeure du cinéma. Mais est-ce que sa réputation d'oeuvre sulfureuse, trash, de sommet du mauvais goût est-elle justifiée ? Difficile de répondre non à cette question, même si, encore une fois, on a affaire à un pur produit mercantile, utilisant la thématique des camps nazis pour remplir les poches du producteur, attirer le spectateur curieux dans les salles de cinéma ou vendre des k7 vidéos à foison. Reste que l'amateur de cinéma déviant, malpoli et irrévérencieux y trouvera assurément son compte. Comme déjà dit, la Nazisploitation est un mélange de film érotique, de film de guerre, de films de femmes en prison et de film d'horreur, le tout avec un habillage issu du nazisme. Vous l'aurez peut-être remarqué, Dyanne Thorne aurait pu jouer dans un film de Russ Meyer, entendez par là que la nature a bien fait les choses concernant sa poitrine. Après un carton nous avertissant que ce film se base sur des faits réels et qu'il a été conçu dans le but que l'histoire ne se répète pas, un procédé classique de dédouanement dans le cinéma d'exploitation, le tout sur un discours d'Hitler, voyez l'ironie, Il ne faudra pas attendre plus d'une minute et quelques secondes pour voir les gros seins de l'actrice totalement dénudée, puisqu'elle se livre à une scène de sexe avec un homme. S'ensuit une scène de douche, dans laquelle la caméra se focalise sur... les seins de l'actrice, bien joué, et enfin, apparaît tel un ange de la mort, notre Ilsa toute de noir vêtue, habillée en officier SS, brassard à croix gammée sur le bras et qui démontre déjà sa forte personnalité et son refus de la domination masculine. Les dialogues annoncent clairement la couleur, avec ce "tu as eu l'honneur de coucher avec une femme de la grande Allemagne, un officier des SS, toi, un vulgaire ouvrier, le produit d'une race inférieure, tu oses interroger ton commandant ?" et la suite sera à l'avenant. Véritable icone du Mal, Ilsa en impose et Dyanne Thorne livre une solide prestation, alternant entre sadisme exacerbé lors de ses expériences médicales sur de malheureuses victimes et une certaine fragilité quand elle recherche un homme qui la comblera de plaisir. On s'en doute, on ne regarde pas Ilsa la Louve des SS pour étudier sa mise en scène, ses cadrages, le jeu des acteurs. Non, si on plonge la tête la première dans la fange du cinéma d'exploitation, c'est pour en avoir pour notre argent niveau érotisme et saloperies visuelles. Et Don Edmonds a réussi haut la main cette mission, en faisant d'Ilsa le pendant féminin du célèbre docteur Mengele. Désirant prouver, en vraie féministe qu'elle est, que les femmes sont nettement plus résistantes que les hommes à la douleur, Ilsa se transforme en médecin dément, non pas de l'île de sang, mais du camp numéro 9 le temps de quelques expérimentations peu réglementaires, même si elle a le flegme de dire aux nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes "vous n'avez aucune raison d'être effrayée ici, ce n'est pas Dachau, ni Ravensbruck". Au programme des réjouissances : sélection des prisonnières, dénudées pour l'occasion, mais on leur épargne la tonte des cheveux dans ce camp, faut quand même le noter, castration, inoculation de microbes tels la rage, tétanos, syphilis, ce qui laisse le loisir aux équipes de maquillages de nous proposer des visions peu ragoutantes du résultat, écrasement de doigts, coup de fouet jusqu'au sang, viol de prisonnières par les soldats du camp, électrocution à l'aide d'un godemichet électrique, caisson de basse pression, prisonnière immergée dans un eau à plus de 80° pour ce qui est peut être la scène le plus horrible du film et j'en passe. Mais Ilsa la Louve des SS n'est pas qu'un simple catalogue de tortures diverses. Le film propose une histoire d'amour entre un prisonnier et une prisonnière ainsi que la préparation d'un plan en vu d'une éventuelle évasion et rébellion. Le héros du film est un prisonnier américain prénommé Wolfe et interprété par Grégory Knop. Il va avoir la chance de devenir le chouchou d'Ilsa car il possède, tel Rocco Siffredi, un talent qui intéresse notre cruelle officier SS : il peut se retenir de jouir aussi longtemps qu'il le désire ! Une aubaine pour Ilsa qui va prendre son pied durant toute une nuit mais cette faculté à ne pas exploser met aussi à mal sa condition de femme. Elle va alors tout tenter pour faire craquer cet homme exceptionnel, comme laisser ses deux sous-officiers féminines mettre tout en oeuvre pour le faire exploser de plaisir, ce qui nous vaudra une nouvelle séquence érotique. Je vous disais que la nazisploitation, c'est fun et très festif en fait ! Bon, les nouvelles images des expériences sur une prisonnière résistante à la douleur vont amoindrir un peu ce côté festif et verser plus dans le malsain et le sordide, j'avoue. On va grimper encore d'un cran dans l'abjecte quand un général va venir visiter le fameux camp N°9, ce qui remplit de fierté Ilsa, qui va voir son travail en tant que médecin reconnu par une haute instance du Reich. C'est Richard Kennedy qui va interpréter notre général et l'acteur va nous régaler de ses mimiques outrancières lors d'un repas possédant une attraction un peu particulière et nous livrer une séquence what the fuck, que même Ilsa semble trouver dégueulasse, je vous laisse la surprise, les amateurs de douche dorée seront aux anges. Véritable mouton noir du cinéma d'exploitation, qui ne s'offusque de rien et hisse le niveau de mauvais goût à un stade quasi divin, Ilsa la Louve des SS mérite son statut de film culte et Dyanne Thorne son iconisation qui fait toujours fureur de nos jours... oups...       

THE STUFF

 

THE STUFF
(The Stuff)

Réalisateur : Larry Cohen
Année : 1985
Scénariste Larry Cohen
Pays : USA
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Michael Moriarty, Andrea Marcovicci, Garrett Morris, Scott Bloom, Paul Sorvino...


L'HISTOIRE : Tout le pays ne parle que de ça : une nouvelle substance au goût irrésistible, baptisée le Stuff, est devenu le dessert à la mode. Agacée, la concurrence charge David Rutherford, un ex-agent du FBI aux méthodes douteuses, de découvrir le secret de ce produit miracle. Au même moment, Jason, un jeune garçon, constate avec horreur que l'étrange substance est vivante. Chacun de leur côté, ils sont les seuls à comprendre que le Stuff s'empare des corps et des esprits de ceux qui y goûtent...

MON AVIS : Réalisateur exigeant, qui endosse de nombreuses casquettes, telles celles de producteur et scénariste la plupart du temps, Larry Cohen, malgré de faibles budgets, est souvent parvenu à transcender ses sujets et ses films, de par ses choix au niveau du casting, ses méthodes de tournage rigoureuses et sa vision très satirique du monde qui l'entoure. On lui doit quelques classiques de la séries B, à l'image de Black Caesar le parrain de Harlem en 1973, Le Monstre est vivant en 1974, L'excellent Meurtres sous Contrôle en 1976, Les Monstres sont toujours Vivants en 1978, Épouvante sur New York en 1982, La Vengeance des Monstres en 1987 ou L'Ambulance en 1990 entre autres. En 1985, il a l'idée de faire une satire sur le consumérisme et les entreprises qui vendent de la malbouffe sans s'inquiéter de leurs effets néfastes sur la population. L'addiction du public à ces produits nocifs est aussi l'un des thèmes du film. L'idée intéresse la firme de Roger Corman, la New World Pictures, qui décide de financer le projet. Niveau casting, Larry Cohen refait appel à Michael Moriarty, avec qui il a déjà travaillé. L'entente entre les deux hommes est très complice et Moriarty donne entière satisfaction au réalisateur, ayant le même état d'esprit que lui. On lui rajoute des dialogues improvisés au dernier moment, voire carrément durant une scène ? Pas de souci, le professionnalisme et la concentration de l'acteur font que tout passe comme une lettre à la poste. Dans The Stuff, il joue donc David Rutherford, surnommé Moe car, comme il aime à le rappeler, il adore l'argent (Mo-ney en anglais). C'est une sorte d'espion industriel, engagé par de grandes sociétés pour semer le chaos chez les concurrents ou dérober les secrets de fabrication des produits phares d'une marque. Un personnage excentrique, survolté, qui n'a pas la langue dans sa poche et apporte beaucoup d'humour au film. Pour le seconder, on lui adjoint l'actrice Andrea Marcovicci, qui joue Nicole, la directrice d'une agence publicitaire. C'est elle qui a trouvé le nom de Stuff et qui s'occupe des publicités télévisuelles qui ont amené ce curieux produit à devenir la star incontournable des desserts ! En découvrant que le Stuff n'est pas aussi inoffensif qu'il le paraît, elle est prise de remords et va donc aider Rutherford a mener son enquête. Ce dernier fera également connaissance avec Chocolate Charlie, un entrepreneur noir qui s'est vu déposséder de son entreprise par la firme commercialisant le Stuff et qui est interprété par Garrett Morris. Ce trio va occuper une partie de l'histoire de The Stuff. Mais le scénario va s'attarder également sur Jason, un jeune garçon qui a découvert le secret du Stuff et qui va tenter d'alerter sa famille, sans succès. La présence de ce personnage campé par Scott Bloom fait du film de Larry Cohen un spectacle quasi familial, une bonne porte d'entrée pour les enfants plus âgés souhaitant s'initier en douceur au charme du cinéma fantastique. Les connaisseurs du genre ne pourront s'empêcher de penser à deux films de science-fiction lors des séquences mettant en vedette Jason et sa famille : L'invasion vient de Mars et L'invasion des profanateurs de sépultures. En effet, le jeune garçon ne va provoquer qu'incompréhension chez les siens, se retrouvant seul à vouloir établir la vérité et à les mettre en garde. Des membres de famille qui développent un curieux comportement à force d'ingurgiter du Stuff et qui ne semblent plus maître d'eux-mêmes, comme contrôlés par quelque chose d'invisible. Qui plus est, un certain malaise gagne Jason puisque ses parents et son frère veulent absolument qu'il consomme du Stuff, comme pour le rallier à leur nouveau mode de consommation. Bien sûr, ces deux parties du scénario finiront par se télescoper et Jason rejoindra l'équipe de Rutherford pour tenter de faire la lumière sur le Stuff. Mais qu'en est-il de ce produit d'ailleurs ? C'est une sorte de yaourt / crème glacée dont la provenance "extraterrestre" n'est jamais explicitée dans le film. On le découvre lors de la scène introductive se déroulant sous la neige (des conditions météos non prévues par la production mais qui n'a pas empêché Larry Cohen de tourner cette séquence, qui s'en trouve magnifiée par la chute des flocons) et dans laquelle un ouvrier aperçoit cette substance clapoter dans un amas de neige. Il y goûte, trouve ça délicieux et on découvre que cette matière inconnue a inondé les marchés de grandes consommations, devenant le produit le plus acheté et consommé par la population. Comme chez Stephen King, Larry Cohen, qui est scénariste du film, introduit l'élément fantastique par petite touche : un chien, dont le propriétaire explique à Rutherford qu'il est nourri lui aussi avec du Stuff, se met à attaquer son maître sans raison et éjecte du stuff de sa gueule, comme s'il en était rempli de l'intérieur. Par la suite, Rutherford et Chocolate Charlie découvre le propriétaire d'un magasin mort la bouche ouverte de façon disproportionnée, cette dernière ayant laissé s'échapper une grande quantité de Stuff, qui a donc la faculté de se mouvoir, de se déplacer. Bien sûr, les connaisseurs, encore eux, auront une nouvelle référence qui viendra frapper à la porte de leur esprit : celle du fameux Blob, héros gélatineux de trois films de science-fiction. Le Stuff ne grossit pas par contre, il se contente de contaminer de l'intérieur les personnes qui le consomme et de pervertir leur faculté mentale, les rendant totalement dépendant à son ingestion quotidienne. Plus insidieux que le Blob, le Stuff est tout aussi dangereux puisqu'une fois extrait de son hôte, il ne reste qu'une carcasse vide de ce dernier, qui se brise sous les coups, comme en seront témoins Rutherford et ses compagnons. Niveau effets spéciaux, on retrouve le spécialiste de la stop-motion Dave Allen mais aussi Ed French, Jim Danforth ou Steve Neill qui viennent s'activer pour rendre le tout crédible. Et franchement, si on passe rapidement sur certaines têtes mécaniques assez visibles, l'effet fluide du Stuff est particulièrement réussi, notamment lors de l'excellente séquence de l'agresseur projeté sur un mur et au plafond par la substance blanchâtre, selon le même procédé que la mort de Tina ou celle de Glen dans Les Griffes de la Nuit, à savoir un décor de chambre monté sur un plateau pivotant. Concernant le Stuff lui-même, en fonction des scènes, on avait de la crème glacée Häagen-Dazs, de la crème fouettée, de la mousse à raser, de la neige carbonique provenant d'extincteur ou un mélange à base d'arêtes de poissons broyés à l'odeur pestilentielle. Reste que le film est très avare en violence et encore plus en effet gore, ce qui n'empêche pas certains effets spéciaux d'être très réussis. Comme dit plus haut, on est avant tout en présence d'une satire féroce, qui ne cherche pas à jouer dans la cour du cinéma d'horreur. Cet retenue et cet aspect grand public a certainement joué en défaveur de The Stuff lors de sa sortie, le film étant vendu par New World comme un film d'horreur, ce qu'il n'est donc absolument pas. D'une durée de  118 minutes au départ, la firme trouve The Stuff bien trop long et pas assez énergique et décide de tailler dans le gras pour le ramener à une durée de 86 minutes. Des coupes qui se ressentent parfois, avec une impression de montage exécuté à la hachette. Considéré comme perdu, le montage original a été retrouvé et se fait appelé The Stuff : pre-release cut. Il comprend donc 30 minutes supplémentaires, principalement des plans plus longs, des scènes retirées qui accroissent la relation entre Rutherford et Nicole entre autres, une scène où Jason est en centre de détention pour mineurs suite à ses actes dans un supermarché, un montage moins chaotique de la séquence d'attaque avec les militaires lors du final. Cette version dispose également d'une musique de Dwight Dixon, remplacée par Anthony Gueffen sur la version classique. Je n'ai pas vu ce pre-release cut, il n'est malheureusement pas inclut dans l'édition Rimini Editions, il faut se tourner vers l'édition Arrow pour le découvrir et ceux qui l'ont vu parlent d'un montage plus fluide, moins haché mais qui ne change en rien le film en lui-même. Alors oui, The Stuff, par son aspect familial et ses thématiques, pourra décontenancer le spectateur venu profiter d'un spectacle purement horrifique à base de yaourt tueur. Même si ce n'est pas mon Larry Cohen préféré, j'ai vraiment retrouvé l'ambiance 80's lors de cette nouvelle vision en Blu-ray, et le film, sans être transcendant, est tout de même fort sympathique même si un peu mou du genou dans l'ensemble. Les scènes finales avec Paul Sorvino en dirigeant d'une milice militaires d'extrême droite peuvent surprendre tant elles versent dans une ambiance débridée et totalement farfelue. A noter la présence de quelques stars lors des différentes publicités vantant le Stuff, à l'image de Brooke Adams, Laurene Landon, Tammy Grimes, Clara Peller,  ainsi que la présence de deux débutants devenus célèbres, Patrick Dempsey et Mira Sorvino, dans des rôles insignifiants et non crédités !  

* Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS        
Une belle édition, avec boitier trois volets sous fourreau, image de grande qualité, VF et VOSTF.
Niveau bonus, on trouve un bonus canapé (présentation du film par Mylène Da Silva) mais surtout un bonus de 52 minutes qui est très intéressant, puisqu'il fait intervenir Larry Cohen, le producteur Paul Kurta, le critique Kim Newman, l'actrice Andrea Marcovicci et le responsable des effets spéciaux Steve Neill. Et bien sûr, on a le livret 24 pages de Marc Toullec.