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THE STUFF

 

THE STUFF
(The Stuff)

Réalisateur : Larry Cohen
Année : 1985
Scénariste : Larry Cohen
Pays : USA
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Michael Moriarty, Andrea Marcovicci, Garrett Morris, Scott Bloom, Paul Sorvino...


L'HISTOIRE : Tout le pays ne parle que de ça : une nouvelle substance au goût irrésistible, baptisée le Stuff, est devenu le dessert à la mode. Agacée, la concurrence charge David Rutherford, un ex-agent du FBI aux méthodes douteuses, de découvrir le secret de ce produit miracle. Au même moment, Jason, un jeune garçon, constate avec horreur que l'étrange substance est vivante. Chacun de leur côté, ils sont les seuls à comprendre que le Stuff s'empare des corps et des esprits de ceux qui y goûtent...

MON AVIS : Réalisateur exigeant, qui endosse de nombreuses casquettes, telles celles de producteur et scénariste la plupart du temps, Larry Cohen, malgré de faibles budgets, est souvent parvenu à transcender ses sujets et ses films, de par ses choix au niveau du casting, ses méthodes de tournage rigoureuses et sa vision très satirique du monde qui l'entoure. On lui doit quelques classiques de la séries B, à l'image de Black Caesar le parrain de Harlem en 1973, Le Monstre est vivant en 1974, L'excellent Meurtres sous Contrôle en 1976, Les Monstres sont toujours Vivants en 1978, Épouvante sur New York en 1982, La Vengeance des Monstres en 1987 ou L'Ambulance en 1990 entre autres. En 1985, il a l'idée de faire une satire sur le consumérisme et les entreprises qui vendent de la malbouffe sans s'inquiéter de leurs effets néfastes sur la population. L'addiction du public à ces produits nocifs est aussi l'un des thèmes du film. L'idée intéresse la firme de Roger Corman, la New World Pictures, qui décide de financer le projet. Niveau casting, Larry Cohen refait appel à Michael Moriarty, avec qui il a déjà travaillé. L'entente entre les deux hommes est très complice et Moriarty donne entière satisfaction au réalisateur, ayant le même état d'esprit que lui. On lui rajoute des dialogues improvisés au dernier moment, voire carrément durant une scène ? Pas de souci, le professionnalisme et la concentration de l'acteur font que tout passe comme une lettre à la poste. Dans The Stuff, il joue donc David Rutherford, surnommé Moe car, comme il aime à le rappeler, il adore l'argent (Mo-ney en anglais). C'est une sorte d'espion industriel, engagé par de grandes sociétés pour semer le chaos chez les concurrents ou dérober les secrets de fabrication des produits phares d'une marque. Un personnage excentrique, survolté, qui n'a pas la langue dans sa poche et apporte beaucoup d'humour au film. Pour le seconder, on lui adjoint l'actrice Andrea Marcovicci, qui joue Nicole, la directrice d'une agence publicitaire. C'est elle qui a trouvé le nom de Stuff et qui s'occupe des publicités télévisuelles qui ont amené ce curieux produit à devenir la star incontournable des desserts ! En découvrant que le Stuff n'est pas aussi inoffensif qu'il le paraît, elle est prise de remords et va donc aider Rutherford a mener son enquête. Ce dernier fera également connaissance avec Chocolate Charlie, un entrepreneur noir qui s'est vu déposséder de son entreprise par la firme commercialisant le Stuff et qui est interprété par Garrett Morris. Ce trio va occuper une partie de l'histoire de The Stuff. Mais le scénario va s'attarder également sur Jason, un jeune garçon qui a découvert le secret du Stuff et qui va tenter d'alerter sa famille, sans succès. La présence de ce personnage campé par Scott Bloom fait du film de Larry Cohen un spectacle quasi familial, une bonne porte d'entrée pour les enfants plus âgés souhaitant s'initier en douceur au charme du cinéma fantastique. Les connaisseurs du genre ne pourront s'empêcher de penser à deux films de science-fiction lors des séquences mettant en vedette Jason et sa famille : L'invasion vient de Mars et L'invasion des profanateurs de sépultures. En effet, le jeune garçon ne va provoquer qu'incompréhension chez les siens, se retrouvant seul à vouloir établir la vérité et à les mettre en garde. Des membres de famille qui développent un curieux comportement à force d'ingurgiter du Stuff et qui ne semblent plus maître d'eux-mêmes, comme contrôlés par quelque chose d'invisible. Qui plus est, un certain malaise gagne Jason puisque ses parents et son frère veulent absolument qu'il consomme du Stuff, comme pour le rallier à leur nouveau mode de consommation. Bien sûr, ces deux parties du scénario finiront par se télescoper et Jason rejoindra l'équipe de Rutherford pour tenter de faire la lumière sur le Stuff. Mais qu'en est-il de ce produit d'ailleurs ? C'est une sorte de yaourt / crème glacée dont la provenance "extraterrestre" n'est jamais explicitée dans le film. On le découvre lors de la scène introductive se déroulant sous la neige (des conditions météos non prévues par la production mais qui n'a pas empêché Larry Cohen de tourner cette séquence, qui s'en trouve magnifiée par la chute des flocons) et dans laquelle un ouvrier aperçoit cette substance clapoter dans un amas de neige. Il y goûte, trouve ça délicieux et on découvre que cette matière inconnue a inondé les marchés de grandes consommations, devenant le produit le plus acheté et consommé par la population. Comme chez Stephen King, Larry Cohen, qui est scénariste du film, introduit l'élément fantastique par petite touche : un chien, dont le propriétaire explique à Rutherford qu'il est nourri lui aussi avec du Stuff, se met à attaquer son maître sans raison et éjecte du stuff de sa gueule, comme s'il en était rempli de l'intérieur. Par la suite, Rutherford et Chocolate Charlie découvre le propriétaire d'un magasin mort la bouche ouverte de façon disproportionnée, cette dernière ayant laissé s'échapper une grande quantité de Stuff, qui a donc la faculté de se mouvoir, de se déplacer. Bien sûr, les connaisseurs, encore eux, auront une nouvelle référence qui viendra frapper à la porte de leur esprit : celle du fameux Blob, héros gélatineux de trois films de science-fiction. Le Stuff ne grossit pas par contre, il se contente de contaminer de l'intérieur les personnes qui le consomme et de pervertir leur faculté mentale, les rendant totalement dépendant à son ingestion quotidienne. Plus insidieux que le Blob, le Stuff est tout aussi dangereux puisqu'une fois extrait de son hôte, il ne reste qu'une carcasse vide de ce dernier, qui se brise sous les coups, comme en seront témoins Rutherford et ses compagnons. Niveau effets spéciaux, on retrouve le spécialiste de la stop-motion Dave Allen mais aussi Ed French, Jim Danforth ou Steve Neill qui viennent s'activer pour rendre le tout crédible. Et franchement, si on passe rapidement sur certaines têtes mécaniques assez visibles, l'effet fluide du Stuff est particulièrement réussi, notamment lors de l'excellente séquence de l'agresseur projeté sur un mur et au plafond par la substance blanchâtre, selon le même procédé que la mort de Tina ou celle de Glen dans Les Griffes de la Nuit, à savoir un décor de chambre monté sur un plateau pivotant. Concernant le Stuff lui-même, en fonction des scènes, on avait de la crème glacée Häagen-Dazs, de la crème fouettée, de la mousse à raser, de la neige carbonique provenant d'extincteur ou un mélange à base d'arêtes de poissons broyés à l'odeur pestilentielle. Reste que le film est très avare en violence et encore plus en effet gore, ce qui n'empêche pas certains effets spéciaux d'être très réussis. Comme dit plus haut, on est avant tout en présence d'une satire féroce, qui ne cherche pas à jouer dans la cour du cinéma d'horreur. Cet retenue et cet aspect grand public a certainement joué en défaveur de The Stuff lors de sa sortie, le film étant vendu par New World comme un film d'horreur, ce qu'il n'est donc absolument pas. D'une durée de  118 minutes au départ, la firme trouve The Stuff bien trop long et pas assez énergique et décide de tailler dans le gras pour le ramener à une durée de 86 minutes. Des coupes qui se ressentent parfois, avec une impression de montage exécuté à la hachette. Considéré comme perdu, le montage original a été retrouvé et se fait appelé The Stuff : pre-release cut. Il comprend donc 30 minutes supplémentaires, principalement des plans plus longs, des scènes retirées qui accroissent la relation entre Rutherford et Nicole entre autres, une scène où Jason est en centre de détention pour mineurs suite à ses actes dans un supermarché, un montage moins chaotique de la séquence d'attaque avec les militaires lors du final. Cette version dispose également d'une musique de Dwight Dixon, remplacée par Anthony Gueffen sur la version classique. Je n'ai pas vu ce pre-release cut, il n'est malheureusement pas inclut dans l'édition Rimini Editions, il faut se tourner vers l'édition Arrow pour le découvrir et ceux qui l'ont vu parlent d'un montage plus fluide, moins haché mais qui ne change en rien le film en lui-même. Alors oui, The Stuff, par son aspect familial et ses thématiques, pourra décontenancer le spectateur venu profiter d'un spectacle purement horrifique à base de yaourt tueur. Même si ce n'est pas mon Larry Cohen préféré, j'ai vraiment retrouvé l'ambiance 80's lors de cette nouvelle vision en Blu-ray, et le film, sans être transcendant, est tout de même fort sympathique même si un peu mou du genou dans l'ensemble. Les scènes finales avec Paul Sorvino en dirigeant d'une milice militaires d'extrême droite peuvent surprendre tant elles versent dans une ambiance débridée et totalement farfelue. A noter la présence de quelques stars lors des différentes publicités vantant le Stuff, à l'image de Brooke Adams, Laurene Landon, Tammy Grimes, Clara Peller,  ainsi que la présence de deux débutants devenus célèbres, Patrick Dempsey et Mira Sorvino, dans des rôles insignifiants et non crédités !  

* Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS        
Une belle édition, avec boitier trois volets sous fourreau, image de grande qualité, VF et VOSTF.
Niveau bonus, on trouve un bonus canapé (présentation du film par Mylène Da Silva) mais surtout un bonus de 52 minutes qui est très intéressant, puisqu'il fait intervenir Larry Cohen, le producteur Paul Kurta, le critique Kim Newman, l'actrice Andrea Marcovicci et le responsable des effets spéciaux Steve Neill. Et bien sûr, on a le livret 24 pages de Marc Toullec.  


    

PROJECT X

 

PROJECT X
(Project X)

Réalisateur : William Castle
Année : 1968
Scénariste : Edmund Morris
Pays : USA
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Christopher George, Greta Baldwin, Henry Jones, Monte Markham...


L'HISTOIRE : An 2118. Le climat géopolitique de la Terre a beaucoup changé. Lors d’une mission en Asie, Hagen Arnold, espion américain, a envoyé à ses supérieurs un message indiquant que l’Occident sera détruit dans quatorze jours. Mais lorsqu’il rentre aux États-Unis, il a perdu la mémoire. Le gouvernement doit trouver un moyen d’accéder aux informations enfouies dans sa mémoire...

MON AVIS : William Castle est connu dans le milieu du cinéma et de la série B pour être le "maître des gimmicks" ! Bien avant l'apparition de la 4DX, il a inventé des concepts dignes des meilleurs publicitaires pour attirer les spectateurs dans les salles pour voir ses films. Pour Macabre en 1958, il offre de bons d'assurance en cas de décès dans la salle ; pour La Nuit de tous les mystères en 1959, il fait traverser la salle à un squelette accroché à un cable ; pour Le Déssosseur de cadavres la même année, il crée des fauteuils vibrants ; pour 13 Ghosts en 1960, il offre aux spectateurs des lunettes permettant de voir - ou non - les fantômes du film et j'en passe. Ou comment rendre attractives et interactives les séances de cinéma et rentabiliser ces dernières avec des films à petits budgets ! Le réalisateur trash John Waters lui voue un culte, mérité ! En 1968, pour son avant-dernier film en tant que metteur en scène, il réalise Project X, un film de science-fiction vintage dont le scénario est une adaptation de deux roman de Leslie P. Davies, The Artificial Man et The Psychogeist. L'histoire est intéressante et assez complexe, il ne faudra pas aller au petit coin entre deux scènes sous peine d'être un peu paumé. On est en 2118 et une menace pèse sur l'Occident mais cette menace est enfouie dans les souvenirs perdus d'un espion américain, Hagen Arnold, qui a été cryogénisé. Les forces militaires ordonnent à un groupe de scientifiques de décongeler Hagen et de réussir à lui faire retrouver la mémoire afin d'identifier cette fameuse menace. Pour se faire, les scientifiques recréent l'environnement d'une ferme des années 60 et donnent une nouvelle identité à l'espion. Un vrai jeu de rôle va débuter et durant la nuit, les savants tentent, grâce à une machine holographique, de reconstituer les souvenirs oubliés. Une tâche qui semble des plus ardues, alors que le temps est compté ! C'est donc sur ce postulat intrigant que William Castle forge son film, avec un côté rétro qui ravira les fans de S-F à l'ancienne. Project X parvient à mélanger l'aspect science-fictionnel au film noir, puisque la nouvelle identité du héros est celle d'un gangster poursuivi par la police. Les décors sont assez réussis, le laboratoire possède des tas de machines futuristes qui créent l'illusion et la bonne idée du film est d'avoir utilisé des tas de filtres colorés pour représenter les phases de rêves du héros et la recherche de ses souvenirs enfouis au plus profond de sa mémoire. On a donc à l'écran des séquences assez surréalistes visuellement parlant, qui collent parfaitement avec l'ambiance S-F recherché. William Castle a également demandé au célèbre studio d'animation Hannah-Barbera de concevoir certaines scènes, notamment celle se déroulant sous la mer et le mélange entre prises de vues réelles et séquences animées fonctionnent parfaitement bien. Niveau casting, on a une tête bien connue pour jouer le personnage principal puisqu'il s'agit de Christopher George, qu'on a pu voir dans Grizzly le monstre de la forêt ou dans le génial Frayeurs de Lucio Fulci bien sûr. Il a pour partenaire féminine la charmante Greta Baldwin, qui ne fera pas carrière puisqu'elle n'a tourné que dans deux films, tous deux en 1968. Le reste du casting est principalement composé d'acteurs ayant oeuvré dans des séries-télévisées. Avec son intrigue particulière et ses trouvailles visuelles, Project X, s'il n'égale évidemment pas les films phares de S-F de cette année 1968 (La Planète des Singes, 2001 odyssée de l'espace) reste vraiment plaisant à regarder et on a même une excellente séquence dans laquelle un des personnages se fait retirer son cerveau, séquence qui n'aurait pas démériter de celles de la saga des Frankenstein de la Hammer, l'aspect sanguinolent en moins bien sûr. Le film possède également des thématiques intéressantes, comme le problème de la surpopulation, la génétique et ses dangers, les conflits entre superpuissances (tristement d'actualité) ou la création de nouvelles armes pour assoir sa supériorité sur le monde. Bref, un vrai film de science-fiction adulte, vraiment bien foutu, peut être un peu trop long, avec 1h37 au compteur tout de même, mais pas de quoi bouder son plaisir et puis un film de William Castle, ça ne se refuse jamais ! 

* Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS




STALKER

 

STALKER
(Stalker)

Réalisateur : David Cholewa
Année : 2025
Scénariste : David Cholewa, Remy Gente
Pays : France
Genre : court-métrage, fantastique
Interdiction : /
Avec : Sandra Hohenadel


L'HISTOIRE : Une jeune femme se sent menacée par une présence qui semble la poursuivre. Elle tente de se réfugier chez elle...

MON AVIS : En 2012, David Cholewa proposait au public un Dead Shadows sympathique, bien qu'un format de moyen-métrage lui aurait peut-être mieux convenu. En tout cas, on sentait l'investissement du réalisateur ainsi qu'une réelle maîtrise de la caméra et de la technique cinématographique. En 2025, David fait son retour avec un court-métrage de 18:30 minutes, intitulé Stalker, et les bonnes impressions qu'il avait laissé avec Dead Shadows se confirment ici : le mec sait manier une caméra, impossible de nier cet état de fait. Bluffant, c'est le premier mot qui m'est venu à l'esprit une fois la vision de Stalker terminée. Totalement auto-financé, avec un budget de 5000 euros, David Cholewa et sa très petite équipe nous offrent un court-métrage de haute qualité, qui a déjà reçu le prix du meilleur court de S-F au Fantasy Film Festival de Paris et d'autres récompenses vont être au rendez-vous, le court étant sélectionné dans plusieurs festivals ! Avec une unique actrice, l'excellente Sandra Hohenadel, Stalker débute comme un thriller ultra tendu, dans lequel l'héroïne va être poursuivi par un homme menaçant, dont le visage est dissimulé sous une capuche. D'entrée de jeu, on reste pantois devant la fulminance visuelle des images, tels ces plans aériens qui ouvrent le récit. Puis, l'interprétation de Sandra nous embarque sans difficulté, l'actrice nous faisant ressentir tout le stress, toute la tension qu'une jeune femme peut éprouver face à une telle situation anxiogène. Ses déambulations dans les rues parisiennes, à la recherche d'une solution de secours, puis les séquences se déroulant dans un parking souterrain, augmentent encore l'efficacité de la mise en scène, d'une maîtrise imparable. Certains plans font froid dans le dos, à l'image des pieds de l'inconnu qui décollent du sol au ralenti, sous les yeux de l'héroïne parqué derrière une voiture, et on n'a qu'une envie, c'est de lui venir en aide. Et puis, d'un coup, le film bifurque dans le fantastique, avec l'apparition d'une créature ultra-flippante, dont on ne sait si elle est réelle ou issue de l'imagination malmenée de l'héroïne. Là encore, les plans de caméra sont travaillés et offrent aux spectateurs une émotion et un stress intense. Une fois parvenu chez elle, on se dit que la tension va retomber mais c'est faire fausse route bien évidemment. L'horreur, insidieuse, va frapper à nouveau, je ne vous dévoilerai pas comment. A travers Stalker, on peut bien évidemment voir une métaphore sur les femmes ayant subi des violences ou agressions de rues et comment ces agressions pourrissent leur quotidien, même une fois en sécurité chez elle. La peur est toujours présente, le sentiment de paranoïa également. La créature existe-t-elle réellement ou n'est-ce qu'une caractérisation de cette peur qui provoque ces visions terrifiantes chez l'héroïne ? Ou les deux ? A vous de voir. A noter une petite scène post-générique vraiment excellente, qui vous rappelera un classique de la S-F de J.J. Abrahms ! En tout cas, félicitation à David Cholewa pour Stalker, que j'ai vraiment adoré ! Le court poursuit actuellement sa carrière, s'acheminant dans divers festivals ! On lui souhaite encore de rempoter une palanquée de prix, amplement mérité ! 

LES LINCEULS

 

LES LINCEULS
(The Shrouds)

Réalisateur : David Cronenberg
Année : 2024
Scénariste : David Cronenberg
Pays : Canada, France
Genre : Science-fiction, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Vincent Cassel, Diane Kruger, Guy Pearce, Sandrine Holt...


L'HISTOIRE : Karsh, 50 ans, est un homme d’affaires renommé. Inconsolable depuis le décès de son épouse, il invente un système révolutionnaire et controversé, GraveTech, qui permet aux vivants de se connecter à leurs chers disparus dans leurs linceuls. Une nuit, plusieurs tombes, dont celle de sa femme, sont vandalisées. Karsh se met en quête des coupables...

MON AVIS : Regarder un film de David Cronenberg, c'est être sûr d'assister à une oeuvre atypique, dans laquelle le corps sera mis à l'honneur la plupart du temps. Une thématique qui tient à coeur l'auteur canadien depuis Frissons en 1975 et qui n'aura eu de cesse de se renouveler, à travers des films tels Rage (1977), Scanners (1981), Videodrome (1983), La Mouche (1986), Faux Semblants (1988) ou bien encore Crash (1996) entre autres. Et puis, à partir de 2005, David Cronenberg s'est mis à délaisser les univers fantastiques pour bifurquer vers les thrillers sombre et brutaux ou des films plus abordables, à l'image de A History of Violence (2005), Les Promesses de l'Ombre (2007), A Dangerous Method (2011), Cosmopolis (2012) ou Maps of the Stars par exemple. Il faudra attendre 2022 et Les Crimes du Futur pour retrouver le Cronenberg des débuts. J'avoue que j'ai un peu délaissé ce réalisateur à partir des années 2000, quand il a mis de côté le fantastique et le body horror. Les avis sur Les Linceuls, son dernier film en date, qu'il réalise à l'âge de 81 ans en 2024, n'étaient pas très enthousiastes pour la plupart. Bien m'en a pris d'avoir tenté l'expérience car j'ai beaucoup apprécié cette proposition. Il faut savoir que ce film est important pour le réalisateur car il l'a écrit après le décès de sa femme Carolyn Cronenberg en 2017, une mort qui l'a bouleversé et dont il ne s'est jamais véritablement remis. Conçu au départ comme une oeuvre de science-fiction mettant en avant le rapport entre les morts et les vivants, Les Linceuls est devenu un travail sur le deuil et la mémoire, et par la-même un exutoire à la tristesse infinie de David Cronenberg. Dire que le réalisateur parle de lui dans ce film est un euphémisme. Il suffit de voir le look de Vincent Cassel, qui devient ici un sosie de Cronenberg ! La ressemblance est frappante et ne laisse guère indifférente. Qui plus est, le corps redevient une thématique majeure du film, et notamment à travers cette invention qui permet aux vivants de voir, à travers un écran placé sur les pierres tombales des défunts, ces derniers à travers un linceul bardé d'éléctroniques. Les familles peuvent à loisir observer le cadavre de leur défunt, et ce, a tous les stades de décompositions, et en haute définition ! Ce qui pourrait paraître abject et ecoeurant devient ici poétique, et la preuve d'un amour sincère pour les disparus, qu'on peut donc accompagner encore plus loin dans le processus mortuaire. Le personnage de Karsh voue un amour sans faille à sa défunte épouse, Becca, et il en reste inconsolable. D'où cette invention technologique, lui permettant de rester en contact avec elle. Mais lorsque plusieurs tombes de son cimetière high-tech sont profanés, et que son logiciel est hacké, Karsh se lance dans une course contre le temps pour comprendre et démêler les tenants et aboutissants qui ont conduit à ces actions. Le film devient alors un thriller science-fictionnel moderne, où le deuil tient une place prépondérante. Le rythme du film reste assez contemplatif, il y a beaucoup de dialogues entre les personnages mais personnellement, je n'ai jamais trouvé ça ennuyeux. J'ai été happé par ce récit somme toute complexe, aux ramifications diverses, porté par un très bon Vincent Cassel mais aussi une Diane Kruger qui joue un triple-rôles et se donne à 100% dans ses différents personnage, dont celui d'une IA ! Comme déjà dit, le récit est parfois compliqué à suivre, notamment avec des séquences de souvenirs qui, pour le coup, portent assurément la marque Cronenbergienne, les transformations du corps de Diane Kruger suite aux affres du cancer et des diverses opérations qu'il subit, mettant assez mal à l'aise le spectateur. On essaye, comme Cassel, de démêler les rouages ayant entraîné ce sabotage du cimetière et le piratage de la technologie GraveTech et de comprendre à qui pourrait profiter ces actions néfastes : Russes ? Chinois ? On nous parle de réseaux mondiaux qui seraient connectés via les tombes et les linceuls technologiques inventés par le héros, avec des disgressions complotistes intéressantes. Et ce beau-frère expert en informatique qui semble avoir un peu de rancoeur envers Karsh, a-t-il quelque chose à voir avec tout ça ? Ou bien la soeur de la défunte, qui est son portrait craché ? Ou bien encore cette entrepreneuse asiatique, dont le mari est en train de mourir et qui souhaite parrainé un nouveau cimetière high-tech ? Autant de possibilités qui tiennent en haleine et maintiennent, pour ma part en tout cas, un intérêt constant. Et si la solution tenait en une phrase, celle prononcée par Karsh lui-même et que je ne dévoilerai pas ici ? A vous de voir ! En tout cas, la scène finale nous convainc d'un fait. Quand l'amour est éternel, la personne qui reste ne cherche qu'une chose : retrouver l'être perdue chez les autres car personne ne pourra jamais la remplacer. Les Linceuls, un film loin d'être mineur dans la filmographie de David Cronenberg ! 

* Disponible en DVD, BR et 4K chez PYRAMIDE VIDEO



L'EVALUATION

 

L'EVALUATION
(The Assessment)

Réalisateur : Fleur Fortuné
Année : 2024
Scénariste : Nell Garfath Cox, Dave Thomas, John Donnelly
Pays : Angleterre, USA, Allemagne
Genre : Science-fiction, drame
Interdiction : /
Avec : Elizabeth Olsen, Alicia Vikander, Himesh Patel, Minnie Driver...


L'HISTOIRE : Dans un futur proche où la parentalité est strictement contrôlée, Mia et Aaryan ont la bonne surprise de voir leur dossier pour avoir un enfant être accepté. Mais pour devenir parent, il leur faudra réussir un test de sept jours, durant lesquels une examinatrice, Virginia, va rester avec eux à chaque moment de la journée et de la nuit, se faisant passer pour un enfant pour voir leur réaction. L'évaluation va rapidement tourner au cauchemar pour le couple...

MON AVIS : Décidément, la question de la parentalité dans un monde futuriste est à la mode en ce moment. En 2023, le couple Emilia Clarke / Chiwetel Ejiofor était déjà confronté à cette question dans The Pod Génération. En 2024, c'est Elizabeth Olsen / Himesh Patel qui se voit à leur tour confronter à cette thématique dans L'évaluation, premier film de la Française Fleur Fortuné. Dans les deux cas, ce qui doit logiquement être une source de bonheur, à savoir accueillir prochainement un enfant au sein de sa famille, va devenir un cauchemar pour le couple, fragilisant ce dernier jusqu'au point de rupture. Dans les deux cas, on nous présente un avenir peu réjouissant, avec une ambiance qui lorgne vers la série-télévisée Black Mirror. Si The Pod Génération conservait toutefois une approche comédie de science-fiction romantique à travers son sujet, L'évaluation offre de la science-fiction réflexive dépressive, qui plombe le moral, à l'image de ses deux protagonoistes qui vont en voir de toutes les couleurs. Les années 70 proposaient déjà ce type de S-F, on pense à des films tel L'âge de cristal, Génération Proteus, Soleil Vert, Population Zéro ou Silent Running par exemple, des dystopies nihilistes qui ne font guère sourires et ne donnent pas une vision très optimiste de l'avenir. A travers cette évaluation, la réalisatrice traite des difficultés à devenir parent, à gérer cette intrusion d'un nouvel élément au sein d'un couple, intrusion qui chamboule le quotidien et qui peut se révéler une redoutable épreuve pour ceux qui ne sont pas prêt à faire des sacrifices vis à vis de leur vie d'avant. Alicia Vikander interprète l'examinatrice Virginia, qui va donc, durant sept jours, se faire passer pour un bébé ou un jeune enfant, enchaînant les bétises pour pousser le couple dans ses derniers retranchements. La vie privée du couple va totalement disparaître une fois Virginia sur place : aucune intimité, même durant une relation sexuelle ; comportement colérique de l'enfant, pour voir la réaction des parents et leur capacité à gérer les situations difficiles et j'en passe, l'évaluation vire au cauchemar pour les futurs parents, qui voient leur couple se fragiliser, s'ébrêcher jour après jour. Les failles sont mises à nu, implacables et le malaise s'installe durablement, autant pour les protagonistes que pour les spectateurs, malmenés par les images et l'ambiance oppressante du film. Les séquences dans lesquelles Alicia Vikander joue à être une enfant capricieuse sont perturbantes et amènent le film dans une sorte d'absurdité visuelle, qui déstabilise et interroge. On se croirait dans un délire à la Mother! de Darren Aronofsky, où tout part en vrille et où tout est fait pour maltraîter, bousculer le public, lui faire perdre ses repères et l'amener dans un univers perturbant et perturbé, sous couvert d'une allégorie sociétale (pourquoi vouloir un enfant, telle est la question que pose le film), teintée de questions écologiques dans le cas de L'évaluation. Si la prestation du casting est très bonne, Elizabeth Olsen et Alicia Vikander surnageant au dessus du reste, il n'en reste que le film de Fleur Fortuné demande un effort, tant il s'éloigne du simple divertissement du samedi soir. Souvent contemplatif, très minimaliste, traité à la manière d'un huis-clos, avec parfois quelques scènes extérieures tout de même, il reste assez difficile d'accès et ne donne pas vraiment envie d'être parent dans ce type de futur post-apocalyptique. Visuellement, il est très travaillé, normal pour une réalisatrice qui vient du monde des clips-vidéos. Intrigant, posant des questions intéressantes sur l'humanité elle-même, source de sa propre destruction. Une expérience à part. 

 

NOIRES SONT LES GALAXIES

 

 NOIRES SONT LES GALAXIES
(Noires sont les Galaxies)

Réalisateur : Daniel Moosmann
Année : 1981
Scénariste : Jacques Armand
Pays : France
Genre : Science-fiction, série-télé
Interdiction : /
Avec : Richard Fontana, Catherine Leprince, Catriona MacColl, François Perrot ...


L'HISTOIRE : Le docteur Patrick Piot sauve d'une agression la jeune Coretta. L'agresseur, patron de la jeune femme, meurt dans la lutte. Un inconnu récupère le corps et semble mêler au trafic de cadavres qui a lieu dans la région. Ce dernier retrouve Coretta et lui demande de lui procurer le corps d'une jeune femme de 25 ans en échange d'une grosse somme d'argent. Coretta en parle à Patrick qui refuse. L'inconnu la menace et Coretta parvient à convaincre Patrick, qui, une fois l'affaire terminée, ne veut plus la voir. Un peu plus tard, Coretta tombe sur un homme qui n'est autre que son patron décédé mais ce dernier ne semble pas la reconnaître et se fait appeler Maubourdin ! Paniquée, elle en parle à Patrick et tous deux se rendent à la boutique de bijoux tenue par Maubourdin. Patrick ne peut que constater ce qui semble invraisemblable. Ils se font inviter chez Maubourdin et découvre que sa femme n'est autre que le cadavre de la jeune fille, elle aussi bien vivante ! Un peu plus tard, madame Maubourdin demande à Patrick de venir chez elle et lui dévoile la vérité : elle et son mari sont issus d'une race extra-terrestre déportée sur Terre qui utilise les enveloppes corporelles terriennes pour se fondre dans le décor, leur planète étant ravagée par la pollution...

MON AVIS : De cette mini-série, je n'avais qu'un très vague souvenir à propos de plantes sortant d'un corps et pour cause, j'avais juste sept ans en 1981, date de diffusion sur Antenne 2 des quatre épisodes. Je viens enfin de la revoir en 2025 puisque le Père-Noël m'a apporté le coffret DVD édité par Elephant Films. Il ne devait pas y avoir beaucoup de série française de science-fiction à cette époque, même si, grâce à l'INA, on a pu découvrir pas mal de productions de genre fantastiques made in France tournées pour la télévision. Noires sont les Galaxies en est l'une des plus intrigantes, assurément. Son récit nous rappelle L'invasion des Profanateurs de Sépultures, classique de la S-F 50's. Le premier épisode prend tout son temps et ne nous offre quasiment aucune scène de science-fiction, hormis les yeux d'un personnage qui deviennent blanc lumineux. On y découvre les principaux protagonistes, à savoir Patrick (Richard Fontana) et Coretta (Catherine Leprince), ainsi qu'un mystérieux inconnu à moustache (Stéphane Bouy) qui s'amuse à récupérer des cadavres. Est-ce pour se livrer à un trafic rémunérateur ? On n'en saura pas plus pour le moment. Le second épisode gagne en intérêt puisque deux cadavres semblent être revenus à la vie ! L'un est l'ex-patron de Coretta (François Perrot) et l'autre une jeune femme qui était pourtant raide morte à la morgue (Catriona MacColl, oui, oui, l'actrice des meilleurs films de Lucio Fulci !) Ces deux-là ne semblent avoir aucun souvenir de leur ancienne vie et on se demande, comme les deux héros de l'aventure, qu'est-ce que c'est que ce bazar ! On aura un début d'explication qui fait réellement bifurquer l'épisode dans la pure science-fiction, notamment lors de la dernière image qui nous montre une sorte de base extra-terrestre cachée dans une usine désaffectée. Le troisième épisode enfonce le clou avec plus de détails sur les Exis, des extra-terrestres qui sont venus sur Terre suite à une guerre sur leur planète, poussée à l'exile par une race dominante t qui se servent de l'enveloppe corporelle des défunts pour exister sur notre planète. On plonge même dans l'épouvante quand on découvre un de ces extra-terrestres le corps éventré par... une plante ! Il semblerait que la faction dominante soit aussi sur Terre, bien déterminée à éradiquer les Exis. Une guerre raciale donc, où les plus forts veulent exterminer les plus faibles, et utilisent pour se faire une graine de plante qui se met à pousser à l'intérieur de l'hôte jusqu'à atteindre sa maturité puis sort de manière plutôt brutale de ce dernier. On imagine la tête des téléspectateurs de l'époque ! Le dernier épisode verra Patrick tenter de trouver une solution à cette invasion extra-terrestre. Si le scénario de Noires sont les Galaxies est franchement intéressant, si certaines images restent en mémoire, en particulier suite à l'éclosion des plantes à l'intérieur des corps humains, la série en elle-même porte le poids des années et il faut se remettre dans le contexte de l'époque pour l'apprécier. Ceux qui trouvent que Derrick manque de rythme ne tenteront même pas le premier épisode car la mini-série dans son entièreté est d'une lenteur totale et rien ne viendra augmenter ou dynamiser sa mise en scène mollassonne. Les acteurs ne sont pas mauvais, sans être exceptionnels non plus. La musique, très jazzy, ne m'a pas emballée plus que ça. Lancinante, contemplative à l'extrême, Noires sont les Galaxies ne correspond évidemment plus au canon des films ou séries actuels et il faudra faire preuve de persévérance et de tolérance pour enchaîner les quatre épisodes. Ceux qui le feront en sortiront séduits s'il adhère à la science-fiction, de qualité ici et qui se paraît déjà d'un postulat écologique.



TAMMY AND THE T-REX

 

TAMMY AND THE T-REX
(Tammy and the T-Rex)

Réalisateur : Stewart Raffill
Année : 1994
Scénariste : Stewart Raffill, Gary Brockette
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Science-fiction, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Denise Richards, Paul Walker, Ellen Dubin, Terry Kiser...


L'HISTOIRE : Tammy est amoureuse de Michael mais leur relation est compliquée à cause de Billy, l'ex de Tammy qui refuse de la voir dans les bras d'un autre. Pour se venger d'une altercation, Billy kidnappe Michael et le laisse seul au milieu d'un parc dans lequel les animaux sauvages sont en liberté. L'adolescent est attaqué par un lion et emmené à l'hôpital. Dans le coma, l'établissement fait appel au docteur Wachenstein, qui s'empare du corps de Michael dans un tout autre but que de le sauver. Il va en effet transplanter le cerveau du garçon dans le crâne de son dinosaure en animatronique ! L'opération réussie et le Tyrannosaure se voit doté de la conscience de Michael. Parvenant à s'échapper du laboratoire, le dinosaure va tenter de retrouver Tammy...

MON AVIS : Vous avez bien lu, vous ne rêvez pas, vous n'êtes pas dans la quatrième dimension. Ce film au scénario totalement what the fuck ?! provient d'une opportunité donnée au réalisateur, à savoir pouvoir se servir durant deux semaines d'un dinosaure en animatronique avant que ce dernier ne soit envoyé dans un parc d'attraction. Un défi qui ne fait pas peur à Stewart Raffill, metteur en scène de Philadelphia Experiment, Les Guerriers des étoiles ou Mac et Moi, qui va donc saisir cette occasion et réaliser un véritable ovni cinématographique, écrivant le scénario au fur et à mesure des jours de tournage avec son scénariste Gary Brockette, pour un résultat assez surprenant et plutôt réussi au final ! Forcément, avec un tel sujet et pas beaucoup de budget, il ne faut pas s'attendre à un remake de Jurassic Park, sorti l'année précédente. L'option comédie délirante et farfelue est donc retenue, ce qui s'avère en effet être la meilleure option car le dinosaure en animatronique est assez rigide en plus de ça. Pour interpréter Michael, qui verra donc son cerveau atterrir dans le crâne métallique du T-Rex, c'est le tout jeune Paul Walker qui est sélectionné, oui, oui, la star de Fast and Furious. Il a bien de la chance puisque sa fiancée folle amoureuse dans le film ne sera autre que la sublime Denise Richards, qui trouve ici son premier rôle principal pour ce qui est sa seconde apparition dans un film. Un duo vraiment charmant et qui fonctionne du tonnerre, bien mieux que le dinosaure en tout cas. Une fois que le monstre préhistorique se voit doté du cerveau de Michael, lors d'une séquence bien gore car oui, Tammy and the T-Rex se montre aussi généreux dans ce domaine, c'est parti pour le grand n'importe quoi jubilatoire, qui voit donc Denise Richards faire les yeux doux à un monstre de plus de 3m de haut et pas franchement très sexy ! Oui mais elle est toujours amoureuse de Michael, et ce, quelque soit son apparence ! C'est beau l'amour ! Le film aligne les séquences hallucinantes de surréalisme mais l'ambiance est tellement fun qu'en fait, ça passe tout seul si on accepte le délire proposé. Le reste du casting est tout aussi sympa, que ce soit Terry Kiser qui joue le savant fou, Ellen Dubin dans le rôle de son assistante au décolleté plongeant ou  bien encore l'équipe de policiers pieds-nickels entre autres. Voir Denise Richards dans une superbe rouge rouge chevaucher le T-Rex est un grand moment, les morts violentes provoquées par la bestiole jouent avec le gore bon enfant, l'amputation du cerveau de Paul Walker est jubilatoire, bref, Tammy and the T-Rex avait tout du navet en puissance et se transforme en nanar hautement sympathique au final, qui à en plus la bonne idée de se terminer par un strip-tease sexy de mademoiselle Richards ! Vous voulez vous marrer, ce film est fait pour ça ! A noter qu'au départ du projet, et même dans le générique de fin, le personnage de Denise Richards est nommé Tanny avec 2N et on ne sait pourquoi c'est devenu Tammy, avec 2M... 

 

ALIEN ROMULUS

 

ALIEN ROMULUS
(Alien Romulus)


Réalisateur : Fede Alvarez
Année : 2024
Scénariste : Fede Alvarez, Rodolfo Sayagues
Pays : Angleterre, États-Unis, Hongrie, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada
Genre : Science-fiction, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Cailee Spaeny, David Jonsson, Archie Renaux, Isabela Merced, Aileen Wu...


L'HISTOIRE : Un vaisseau récupère un bout d'épave du Nostromo. Par la suite, le vaisseau est repéré à la dérive, sans personne à son bord. Ne pouvant obtenir un passeport pour quitter une planète minière dans laquelle il n'y a jamais de soleil, un groupe d'adolescents décident de se rendre à l'intérieur du vaisseau à la dérive pour récupérer des caissons cryogéniques afin de les utiliser pour se rendre sur une planète qui nécessite un voyage de neuf ans. Alors qu’il entreprend des fouilles dans le vaisseau abandonnée, le groupe de jeunes voyageurs se retrouve confronté à la forme de vie la plus terrifiante de l'univers…

MON AVIS : Fort de son succès avec le remake d'Evil Dead en 2013, l'Uruguayen Fede Alvarez poursuit sa carrière américaine avec avec Don't Breathe : La Maison des ténèbres en 2016 puis Millénium : Ce qui ne me tue pas en 2018. Il met ensuite en scène les 9 épisodes de sa série Calls en 2021 avant de s'attaquer à un monument, à savoir la saga Alien, initiée en 1979 par Ridley Scott (Alien le Huitième Passager), poursuivie en 1986 par James Cameron (Aliens le retour), par David Fincher en 1992 (Alien 3), par Jean-Pierre Jeunet en 1997 (Alien la Resurrection) puis reprise par Ridley Scott en 2012 (Prometheus) et 2017 (Alien Covenant). Une saga qui a aussi connue des dérivées, avec les Alien vs Predator en 2004 et Aliens vs Predator en 2007, sans compter les jeux vidéos, Comics et j'en passe. Avouons que les deux derniers films de la saga mis en scène par Ridley Scott n'ont pas convaincu les fans, ce qui explique l'absence sur les écrans de cinéma de l'extraterrestre le plus dangereux de l'univers durant sept ans. Mais le Xenomorphe n'a pas dit son dernier mot et c'est donc Fede Alvarez qui reçoit la tâche de redorer son blason, mais avec un cahier des charges plutôt stricte apparemment, ce qui ne lui laisse pas énormément de marge de manœuvre. A l'arrivée, on se retrouve pourtant avec un film diablement efficace, qui ne verse pas trop dans l'action débridée mais préfère renouer avec la notion de stress et de peur, envoyant un groupe d'ados déambuler dans des dédales de couloirs dans lesquels Facehugger et Xénomorphes peuvent surgir de n'importe où. Situé entre le premier film et le second, Alien Romulus assène plusieurs clins d'œil aux spectateurs, s'amuse avec du fan-service à travers quelques répliques et situations mais dans l'ensemble, le job est fait et bien fait, notamment grâce à des effets spéciaux à l'ancienne en ce qui concerne les créatures du film, ce qui lui donne un côté plus anxiogène et efficace pour ma part. Certaines séquences sont vraiment très réussies, comme celle des facehuggers soumis à la gravitation entre autres. Les Xénomorphes assurent comme il faut, se révélant toujours aussi redoutables et agressifs. Il manque peut-être quelques attaques supplémentaires pour pinailler mais ça reste on ne peut plus correct et qualitatif. J'ai beaucoup apprécié le fait qu'on retrouve Ian Holm, certes décédé en 2020 mais qui a été recréé pour les besoins de l'histoire et, tout comme Peter Cushing dans Rogue One, si on voit qu'il manque l'âme de l'acteur, l'aspect émotion est bien présent et cette résurrection trouve totalement sa logique au sein du récit même si, attention, il ne s'agit pas de Ash, le cyborg du film de 1979 ! Pour conclure, Alien Romulus est pour moi un très bon volet venant s'ajouter à la saga, que je prendrais plaisir à revoir...


LE MONSTRE ATTAQUE

 

LE MONSTRE ATTAQUE
(Alien 2: Sulla Terra)


Réalisateur : Ciro Ippolito, Biagio Proietti
Année : 1980
Scénariste : Ciro Ippolito, Biagio Proietti
Pays : Italie
Genre : Horreur, S-F
Interdiction : -16 ans
Avec : Belinda Mayne, Mark Bodin, Roberto Barrese, Michele Soavi...


L'HISTOIRE : Tandis que toutes les radios et télés de San Diego commentent la mystérieuse disparition de deux astronautes lors de leur retour sur Terre, et que d'étranges pierres bleues font leur apparition sur la côté Est, Thelma Joyce s'apprête à une nouvelle exploration souterraine avec son équipe de six spéléologues. Parmi ceux-ci, Burt ramasse un de ces jolis cailloux qu'il offre à sa collègue Jill. Bientôt, les spéléologues s'enfoncent sous terre, hors de portée du monde, loin d'imaginer que la pierre renferme une entité qui les contaminera l'un après l'autre...

MON AVIS : Les rois de la contrefaçon ou de la suite non officielle ont encore frappé en 1980 ! Je veux bien sûr parler des réalisateurs italiens, spécialistes de la copie des succès américains ou du retitrage sauvage faisant passer un de leurs films pour une suite même si le rapport n'est que lointain, je ne vais pas vous l'apprendre. En 1979, Ridley Scott terrifie les spectateurs du monde entier avec Alien le Huitième Passager. Il n'en fallait pas plus pour que des producteurs italiens décident de mettre en scène un film avec une entité extra-terrestre, sans allouer au réalisateur choisi un budget conséquent lui permettant de rivaliser avec le modèle ! Ce réalisateur, c'est Ciro Ippolito, un illustre inconnu qui ne réalisera que huit films au cours de sa carrière. Il demande au scénariste Biagio Proietti, qui sera également producteur associé sur le film, de lui rédiger un script et de l'aider à la mise en scène. Ce dernier écrit donc un scénario dont Ciro Ippolito ne gardera pas grand chose, ce qui causera un petit différent et pas mal de rancœur entre les deux hommes. Proietti étant en contrat avec la Rai, il n'a le temps que de filmer une séquence de spéléologie avant de devoir quitter le tournage. Ciro Ippolito se retrouve donc seul aux commandes du projet et sous le pseudonyme américain de Sam Cromwell, il tourne donc Alien 2: Sulla Terra, carrément ! La Twentieth Century Fox intentera un procès, qu'elle perdra, le réalisateur prouvant que le terme Alien existait avant l'oeuvre de Ridley Scott, dans un livre de 1930 ! Malin les Italiens ! En France, le film sortira en catimini en province en 1981, sous le titre moins problématique et mensonger de Le Monstre attaque. Il fera par contre les beaux jours des vidéos-clubs, étant édité en VHS chez plusieurs labels. Le souci, c'est que Le Monstre Attaque se déroule principalement sous terre, dans des grottes et qu'il y a donc pas mal de scènes peu éclairées, ce qui, en VHS, est une calamité pour le spectateur qui ne discerne donc pas grand chose. La sortie en BR et dans une copie splendide du film chez Le Chat qui Fume va permettre de remettre les pendules à l'heure et d'apprécier pleinement ce film Bis sans budget mais pas désagréable pour autant. Le Monstre attaque n'a pourtant pas une réputation très flatteuse et il faut bien reconnaître qu'on n'a pas affaire à un grand classique du genre. Le manque de moyen financier se ressent tout au long du visionnage et le rythme n'est pas toujours très énergique. Néanmoins, il y a des choses à retenir. Déjà le décor principal : le film a été tourné principalement dans les grottes de Castellana, dans la région des Pouilles et il faut bien avouer qu'elles sont superbes, avec des milliers de stalactiques et stalagmites qui ravissent l’œil et donnent souvent un aspect inquiétant au lieu de l'action. Le casting s'en sort plutôt bien, notamment Belinda Mayne et Mark Bodin ainsi qu'un certain Michele Soavi ! Bon, on passera sur le fait que l'héroïne a un pouvoir médiumnique et qu'elle pressant les choses ou les drames à venir, car ça n'apporte pas grand chose au récit en fin de compte mais pourquoi pas après tout. Plus intéressant sera le fait que l'entité extra-terrestre peut contrôler un être humain, ce qui crée une certaine paranoïa au sein de l'équipe de spéléologues et préfigure donc un film comme The Thing. Il est dommage que l'argent n'a pas été au rendez-vous car l'entité extra-terrestre n'est pas terriblement représentée à l'écran. On ne sait d'ailleurs pas vraiment à quoi elle ressemble vraiment au final et c'est un peu dommage. Selon la légende, il semblerait que Ciro Ippolito se soit servi dans l'enveloppe budgétaire pour s'acheter une nouvelle voiture, ceci expliquant peut être cela ! Par contre, au niveau des dégâts qu'elle peut provoquer chez ses victimes, là c'est nettement plus sympa, avec quelques petits effets gore efficaces et assez jouissifs, notamment quand elle sort de l’œil d'une pauvre fille ou fait se décapiter la tête d'une autre victime, le tout avec moult effusions sanguinolentes. On aura d'autres petites joyeusetés gore à se mettre sous la dent par la suite et c'est bien ça qui rend distrayant Le Monstre attaque. Surtout que, comparée à l'image VHS, l'image du Blu-Ray permet de tout discerner et d'en avoir pour son argent. Je n'irai pas jusqu'à dire que ça élève le niveau du film, loin s'en faut, mais ça lui donne tout de même un intérêt rehaussé. On appréciera aussi le final, très nihiliste et très Quatrième Dimension, tout comme la partition musicale du duo Guido et Maurizio de Angelis. En tout cas, 25 ans avant The Descent, Le Monstre attaque envoyait déjà un groupe de spéléologues au fond d'une grotte et le mettait face à un danger non-humain. Croyez-le ou non mais Ciro Ippolito a intenté un procès contre le film de Neil Marshall pour similitude au niveau de l'histoire ! C'est quand même l'hôpital qui se fout de la charité. Il n'a pas eu gain de cause, heureusement. Reste donc une petite série B tournée avec pas mal de système D, qui ne révolutionne rien mais qui, pour ma part, vaut mieux que ce qu'on en dit. Pas transcendant mais correct ! 

* Disponible en BR chez LE CHAT QUI FUME