Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




THE BUNNY GAME

THE BUNNY GAME
(The bunny game)

Réalisateur : Adam Rehmeier
Année : 2010
Scénariste :  Adam Rehmeier, Rodleen Getsic
Pays : Etats-Unis
Interdiction : -16 ans
Avec : Rodleen Gatsic, Norwood Fisher, Gregg Gilmore, Paul Ill...


L'HISTOIRE : Bunny est une prostituée complètement accroc à la drogue. Un jour, elle est accostée par un routier qui la prend dans son véhicule. Malheureusement pour Bunny, le chauffeur est un pervers qui va la séquestrer et lui infliger de nombreux sévices, l'avilissant comme un simple objet sexuel...

MON AVIS : Voici donc le nouveau film choc qui a effrayé la censure britannique au point de faire totalement interdire le film en Angleterre. The Bunny Game se veut ultra réaliste, choquant. Un film d'horreur psychologique qui amène le spectateur aux limites de la folie humaine. Le routier va jouer avec sa victime comme le faisait la famille de Leatherface avec Sally dans Massacre à la tronçonneuse. Sans donner la moindre importance à la dignité humaine, considérant sa proie comme un simple morceau de viande qu'on peut tondre, torturer, humilier, jusqu'à la faire régresser à l'état primitif. Un concept qu'on a également vu dans Martyrs par exemple. Avec The Bunny Game, Adam Rehmeier veut aller le plus loin possible dans la torture psychologique, filmant son long métrage de façon crue, en noir et blanc, collant sa caméra au plus près de ses protagonistes. Une sorte de cinéma-vérité horrifique. On apprendra d'ailleurs dans un interview que l'actrice Rodleen Getsic a elle-même été enlevée et séquestrée et que The Bunny Game est pour elle une sorte de catharsis pour exorciser ce douloureux passé. Elle se révèle d'ailleurs assez bluffante dans le film, totalement investie dans son personnage de paumée à qui la vie ne sourit jamais, allant jusqu'à exécuter des scènes de sexes orales non simulées. Bon, mais sinon, le film est-il aussi choquant que sa réputation le laisse suggérer ? Si la réalisation est maîtrisée, avec un soin particulier apporté aux images et à l'esthétique, le résultat final est plus que mitigé. Car il faut bien reconnaître qu'on s'ennuie particulièrement longtemps et que les images proposées ne sont guère traumatisantes. Certes, le film devrait faire son petit effet sur les non-initiés mais les amateurs avertis ne seront guère bouleversés ou traumatisés. N'importe quel vidéo de spectacle sado-maso est bien plus dérangeante que The Bunny Game. Parmi les points positifs, on appréciera particulièrement la séquence où la victime se retrouve affublée du fameux déguisement de lapin, son tortionnaire portant une sorte de masque de cuir imitant la physionomie du cochon. Une séquence limite irrationnelle, comme un cauchemar sorti d'un esprit malade et qui est vraiment très réussi ! Malheureusement, elle se noie dans un océan d'ennui. The Bunny Game aura du mal à trouver son public, hormis chez les amateurs de film expérimental (il n'y a pratiquement pas de dialogues...). Adam Rehmeier malmène le spectateur aussi bien visuellement que sensoriellement, ne laisse pas indifférent mais The Bunny Game ne parvient pas non plus à se montrer réellement intéressant et se révèle assez vain en fin de compte. Y'a t'il réellement un discours derrière ces images ?

NOTE : 2/6



LE MONSTRE DES ABÎMES

LE MONSTRE DES ABÎMES
(Monster on the campus)

Réalisateur : Jack Arnold
Année : 1958
Scénariste :  David Duncan
Pays : Etats-Unis
Interdiction : /
Avec : Arthur Franz, Joanna Moore, Judson Pratt, Nancy Walters, Troy Donahue, Phil Harvey, Helen Westcott, Whit Bissell...


L'HISTOIRE : Le professeur Donald Blake, qui enseigne sur le campus universitaire de Dunsfield, reçoit pour ses recherches sur l’évolution des espèces un Cœlacanthe, poisson en provenance de Madagascar, qui n’a jamais évolué et qui existait déjà il y a 50 millions d’années. Ce que Blake ignore, c’est que son spécimen a été irradié avec des rayons gamma pour sa conservation. Peu de temps après la réception du poisson, d’étranges événements se produisent : un gentil chien ayant bu l’eau contenue dans la caisse où se trouvait le Cœlacanthe devient comme fou, une libellule ayant gouté le sang du poisson voit sa taille augmenter, et des meurtres se produisent sur le campus, apparemment causés par…un homme de Néanderthal !

MON AVISLe monstre des abîmes est la dernière incursion dans le cinéma fantastique du réalisateur Jack Arnold, avant que celui-ci ne se tourne vers les séries télévisées. Jack Arnold est un nom bien connu des amateurs de films de science-fiction des années 50. Il nous a livré d’excellents films comme Le météore de la Nuit en 53, L’étrange créature du lac noir en 54 et sa suite La revanche de la Créature en 55, Tarantula en 55 également et son chef-d’œuvre, L’homme qui rétrécit en 57. Des séries B de haut niveau, divertissantes, et qui sont encore aujourd’hui considérées comme des films phares des années 50. Reconnaissons-le, Le monstre des abîmes ne possède pas les qualités des films précités et n’est clairement pas à ranger parmi les œuvres les plus réussies de Jack Arnold. Ce dernier a voulu surfer sur la vague déferlante des Teen Movies qui rencontraient un certains succès auprès du jeune public dans les drive-in. Il place donc son histoire sur un campus américain qui va se retrouver livré à des phénomènes bien étranges. Comme dans ses œuvres références, des expériences scientifiques seront à l’origine des événements déroutants qui vont se produire, et on aura également la présence de créatures extraordinaires, de part leur taille ou leur apparence physique. Mais le résultat n’est pas du même niveau. Parmi les acteurs principaux, on trouve Arthur Franz, qui incarne le docteur Blake. Déjà vu dans Invaders from Mars en 53 puis dans de nombreux épisodes de séries télévisées, Arthur Franz campe, ici, un scientifique entièrement dévoué à ses recherches sur l’évolution des espèces, animales ou humaines. Ses travaux sur le Cœlacanthe vont l’amener à revoir toutes ses théories, qui vont être mises à mal par un étonnant processus de régression, processus devenu possible grâce aux rayons gamma ayant irradié le poisson préhistorique. Cette régression à l’état primitif est valable sur les animaux (le chien voyant ses canines grandir comme si c’était un ancien loup…) mais aussi sur l’homme, comme l’apprendra à ses dépens notre pauvre docteur. Blessé à la main en transportant le poisson, le sang de ce dernier va alors opérer une transformation physique et mentale sur le docteur, qui deviendra une sorte d’homme de Néanderthal le temps que cette contamination prenne fin, causant bien sûr des dégâts et des morts alentours. Mais au fait, la transformation d’un homme en monstre causée par des rayons gamma, ça ne vous rappelle rien ? Eh oui, "L’incroyable Hulk" n’est pas encore apparu mais Jack Arnold lui a déjà donné un ancêtre ! D’ailleurs, on trouve de nombreuses similitudes entre ces deux monstres : scientifique, vêtements déchirés et grande force physique sont les dominantes qu’on rencontre aussi bien chez le monstre de Jack Arnold que chez Hulk. Stan Lee a-t-il eu l’idée de son monstre vert en visionnant Le monstre des abîmes ? Mystère. Parmi les autres interprètes, figure la séduisante Joanna Moore, jolie blonde qui incarne la fiancée de Blake, et qui, en belle héroïne, se verra portée à bout de bras par le monstre lors du final, figure classique et indémodable de ce type de film. Le jeune Troy Donahue incarne l’un des élèves de Blake, tandis que Judson Pratt joue le rôle de l’inspecteur de police chargé d’élucider les mystères du campus.On a donc un réalisateur avec un potentiel certain, un casting de bonne qualité et un scénario pas plus bête qu’un autre. Et pourtant, la sauce a du mal à prendre cette fois. Il faut dire que le film est assez bavard, que l’enquête de la police vient un peu plomber un rythme déjà pas bien enlevé et que les effets spéciaux sont de piètre qualité. On s’en doute, le film n’a pas bénéficié d’un budget conséquent mais quand on voit les autres films d’Arnold, c’est quand même d’un niveau bien inférieur ici en ce qui concerne les monstres. La palme revenant à la libellule géante qui ressemble plus à une grosse mouche en plastique, et même un aveugle verra les quatre ou cinq fils qui servent à la faire voler. Concernant notre homme de Néanderthal, là non plus, ce n’est pas le bonheur. Faut dire qu’avec sa tête, il n’est pas aidé par la nature mais quand même ! Le masque de latex est d’un voyant que ça en devient presque ridicule. La transformation du docteur Blake en monstre se fait de manière classique, c’est à dire une succession d’images avec ajouts de poils et de prothèses au niveau du visage et des mains. Le monstre hirsute ne fait pas dans la finesse, détruisant tout sur son passage, allant même jusqu’à tuer. Une fois que le docteur comprendra que c’est lui-même qui se transforme à cause du sang du poisson, (plutôt que détruire son spécimen pour ne plus avoir d’ennui, eh bien non, sa quête de vérité et de savoir sur l’évolution des espèces prendra le dessus), il ira jusqu’à s’injecter consciemment ce sang contaminé par les rayons gamma dans les veines, pour prouver à la police et à ses confrères scientifiques que leurs théories sont inexactes. Le syndrome de Jekyll et Hyde en somme. Ah ces docteurs ! Malgré ses bonnes intentions, Le monstre des abîmes reste une grosse déception de la part de Jack Arnold. Le film ne laissera aucun souvenir, contrairement à ses œuvres précédentes dont certaines images sont ancrées dans la mémoire des fans. Le spectacle n’est pas déplaisant pour autant et on suivra les mésaventures du docteur Blake avec nostalgie, tout en ne pouvant réfréner de larges sourires au vu du look de la créature. A réserver avant tout aux fans de vieux films, qui ne trouveront pas non plus un grand intérêt à cette œuvre, mais tout film se doit d’être découvert… 

NOTE : 2/6



TV SHOW

TV SHOW
(Inshite miru : 7-kakan no desu gemu)

Réalisateur : Hideo Nakata
Année : 2010
Scénariste :  Satoshi Suzuki
Pays : Japon
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Tatsuya Fujiwara, Haruka Ayase, Satomi Ishihara, Tsuyoshi Abe, Aya Hirayama…


L'HISTOIRE : 10 individus répondent à une petite annonce les incitants à participer à une expérience extrêmement bien rémunérée. Ils se retrouvent enfermés dans une sorte de bunker high-tech et vont devoir participer à un jeu durant les sept prochains jours, tout en étant surveillés par un robot surnommé "le veilleur". Lorsque le matin du second jour ils découvrent que l’un des leurs a été assassiné, ils comprennent rapidement que le jeu va s’avérer mortel et qu’il va leur falloir découvrir qui est l’assassin…

MON AVISHideo Nakata. Un nom bien connu des fans de films d’horreurs puisque c’est à ce réalisateur japonais que l’on doit l’excellent et terrifiant Ring en 1998, ainsi que sa suite Ring 2 en 99. Il est également le metteur en scène de Dark water en 2002. Bref, un spécialiste de la terreur à l’écran, du film qui fout la frousse. Les américains lui proposèrent même de réaliser le remake de son propre film en 2005 avec Le cercle 2. Avec Tv show, Hideo Nakata change de registre et se lance dans le thriller façon Agatha Christie puisque le film se veut une sorte de version japonaise du livre "dix petits nègres". On notera que ce titre peut parfois se transformer chez nos amis anglais en "dix petits indiens", ce qui nous permettra d’identifier clairement le clin d’œil à Agatha Christie dans le film, puisque la table des participants de l’expérience se trouvant dans la salle à manger comporte dix statuettes d’indiens. Une autre influence du film provient du célèbre jeu "Cluedo". En effet, chacun des dix participants va trouver dans sa chambre un coffre renfermant une arme différente. Il leur suffira donc de trouver avec quelle arme la victime a été assassinée et à qui elle appartient. Simple en apparence mais bien plus complexe dans la réalité puisque d’habiles subterfuges vont avoir lieu, compliquant rapidement l’enquête des survivants. Le film va donc suivre le questionnement des différentes personnes présentes, chacune d’entre elles ayant une personnalité bien différente, ce qui en fait des coupables potentiels. Aux spectateurs de s’amuser à mener ses propres investigations. Ajoutons que les deux derniers survivants repartiront avec une colossale somme d’argent, ce qui, évidemment, déclenchera la convoitise de certains, qui n’hésiteront pas à incriminer leurs camarades sans aucune preuve tangible. Un petit côté Battle Royale donc, la loi du plus fort et du plus malin venant prendre part à cette drôle d’expérience. La réalisation d’Hideo Nakata se montre fluide et rondement menée. Le réalisateur a choisi de placer tous ses personnages dans un décor résolument high-tech et de pimenter le jeu avec la présence du "veilleur", robot programmé pour faire respecter les règles à la lettre. Tout le bâtiment est sous surveillance vidéo. Mais qui surveille ? A qui profitent les crimes et ce jeu mortel ? C’est là ou Tv show montre ses limites et déçoit un tantinet. Hideo Nakata avait en vue de critiquer les jeux de télé-réalité si abondants à notre époque. Mais ici, le réalisateur ne va pas au bout de son concept ou tout au moins ne le développe pas assez. Il n’y a qu’un passage dans le film où l’on voit deux personnes dans la rue regarder leurs écrans de téléphone portable qui diffuse les images filmés de l’intérieur du bunker. Est-ce comme dans Videodrome une émission que seuls les plus malins peuvent visionner ? Est-ce diffusé au plus grand nombre ? On ne le saura jamais. Si vers la fin du film quelqu’un dira "la mort d’untel était nécessaire pour faire grimper l’audience", on reste sur sa faim car on n’a aucune notion sur l’ampleur de la diffusion de ce jeu. Une diffusion confidentielle ou à grande échelle ? Il est dommage que Nakata n’ait pas développé ce point précis comme il est regrettable d’avoir fait que l’un des survivants se sépare de sa mallette remplie d’argent. Un geste qui n’est absolument pas crédible et qui nous énerve même. Avoir risqué sa vie, parvenir à sortir vivant et laisser une telle somme d’argent ?? N’importe quoi. Au final, Tv show se montre divertissant mais ne décolle vraiment jamais plus haut. Il y a pas mal de clichés, les personnages sont un peu trop stéréotypés et avec un peu d’attention, on devine facilement certaines révélations. Hideo Nakata a prouvé par le passé qu’il pouvait faire bien mieux que ce film sans réel saveur. Pas mauvais mais pas génial non plus. Juste moyen. 

NOTE : 3/6


AMERICAN PIE 4

AMERICAN PIE 4
(American réunion)

Réalisateur : Jon Hurwitz, Hayden Schlossberg
Année : 2012
Scénariste :  Jon Hurwitz, Hayden Schlossberg
Pays : Etats-Unis
Interdiction : Tout public
Avec : Jason Biggs, Alyson Hannigan, Seann William Scott, Chris Klein, Thomas Ian Nicholas, Mena Suvari, Tara Reid, Eddie Kaye Thomas, Ali Cobrin


L'HISTOIRE : La joyeuse bande de copains décident de se retrouver à l'occasion de la fête de retrouvailles des anciens du lycée. Les quiproquos et les situations loufoques ne vont pas tarder à venir semer la zizanie dans leur projet...

MON AVIS : Après deux excellents épisodes et un troisième volet en demi-teinte, j'étais impatient de retrouver les VRAIS acteurs d'American Pie dans une VRAIE suite et pas dans un de ces succédanés médiocres qui ont suivi American Pie : marions-les. Il aura donc fallu attendre neuf ans pour revoir Jason Biggs, Alyson Hannigan, l'excellent Seann William Scott et tout le reste de l'équipe dans de nouvelles aventures. Si nos héros ont grandi, on ne peut pas dire qu'ils ont vraiment changé et c'est tant mieux pour nos zygomatiques qui vont avoir tout le loisir de s'exprimer. Evidemment, la "star" comique de la saga, j'ai nommé l’inénarrable Steve Stifler, est plus en forme que jamais et nous crédite à nouveau de répliques crues et cinglantes dont il a le secret. Car les années ont beau passé, le sexe, les filles et la fête sont toujours au programme, ce qui nous vaut quelques séquences pas piquées des hannetons. On peut même dire que ce quatrième volet est le plus trash et le plus cru de la saga : les dialogues ne font pas dans la dentelle, Jason Biggs exhibe en direct live la partie intime de son anatomie quand la sexy Ali Corbin se dénude pour le plus grand plaisir de la gent masculine. Les scénaristes n'y sont pas allés de main morte et ont voulu frapper un grand coup après tant d'années d'absence. Mission remplie puisque American Pie 4 est franchement réussi et se montre vraiment fort drôle malgré quelques petites longueurs de temps à autre. On prend un réel plaisir à retrouver cette bande de gentils fous furieux et on n'a qu'une envie une fois que défile le générique de fin : qu'un cinquième volet voit le jour et ne mette pas autant de temps à débarquer sur nos écrans ! 

NOTE : 4/6



ROGUE RIVER

ROGUE RIVER
(Rogue river)

Réalisateur : Jourdan McClure
Année : 2012
Scénariste : Kevin Haskin, Ryan Finnerty
Pays : Etats-Unis
Interdiction : -12 ans
Avec : Michelle Page, Bill Moseley, Lucinda Jenney, Art Alexakis, Michael Rooker


L'HISTOIRE :  Mara se rend dans la petite ville de Rogue River afin de déverser dans la rivière les cendres de son père. Sur les lieux, elle fait la connaissance de Jon Wall qui vient de perdre sa fille. Quand Mara découvre que la fourrière a embarqué sa voiture, elle accepte la proposition de Jon de venir passer la nuit dans sa maison et de faire la connaissance de sa femme, Léa. Le couple qui semble sympathique au premier abord va vite faire tomber le masque et se révéler plus que dangereux. Une course pour la survie va s’engager pour Mara qui va aller de surprise en surprise…

MON AVIS : Pour son premier long métrage, Jourdan McClure choisit de se lancer dans l’aventure du survival violent et brutal, mettant une fragile jeune femme qui vient de perdre son père entre les mains d’un couple apparemment normal mais qui cache en fait deux êtres pervers et profondément dérangés du ciboulot, vivant reclus dans une maison perdue au milieu de nulle part. Rien de bien nouveau au royaume des rednecks me direz-vous et vous n’avez pas tort. Rogue river n’est pas d’une originalité confondante, recyclant des clichés maintes fois vus auparavant. Pourtant, le film fonctionne plutôt bien. Le réalisateur a soigné son long métrage et parvient à instaurer une bonne ambiance qui montera crescendo. Le couple formé par l’extravagant Bill Moseley et Lucinda Jenney tient le haut du pavé et réserve plusieurs surprises qui permettent de maintenir un intérêt constant et qui font monter le potentiel glauque du métrage. Certaines révélations ou certains détails les concernant sont assez sympathiques au niveau de la folie humaine et augmentent l’impact psychologique de la violence. La pauvre héroïne se retrouve dans diverses situations assez tendues qu’on ne souhaiterait vivre d’aucune façon. Sans être réellement gore ou sanglant, Rogue river assène quelques effets chocs bien trouvés et bien réalisés, ce qui confère un certain réalisme à l’ensemble. La pauvre jeune femme en danger, c’est Michelle Page, charmante brunette vue dans des tas de séries télévisées. L’actrice parvient à nous faire ressentir la souffrance autant psychologique que physique qu’elle subit et son personnage se rapproche pas mal de celui de Jennifer Hills dans I spit on your grave. Le final aux abords de la rivière nous fait d’ailleurs penser à ce film, sans en atteindre l’intensité dramatique ni la violence graphique. En tout cas, Michelle Page s’en sort vraiment bien et sa confrontation avec Bill Moseley est digne d’intérêt. Rogue river saura satisfaire les amateurs et se révèle un Dtv de bonne facture. Les scénaristes ont su insuffler la folie nécessaire à leur histoire et même s’ils ne transcendent pas le genre du survival, respectant les codes sans sortir des sentiers battus, la réalisation solide, maîtrisée et le casting bien choisi font que ce premier long métrage de Jourdan McClure n’a pas à rougir de la comparaison avec ses illustres aînés.

NOTE : 3/6


L'EFFROYABLE SECRET DU DOCTEUR HICHCOCK

L'EFFROYABLE SECRET DU DOCTEUR HICHCOCK
(L'orribile segreto del dr. Hichcock)

Réalisateur : Riccardo Freda
Année : 1962
Scénariste : Ernesto Gastaldi
Pays : Italie
Interdiction : -12 ans
Avec : Barbara Steele, Robert Flemyng, Silvano Tranquilli, Maria Teresa Vianello, Harriet Medin…


L'HISTOIRE : Le docteur Bernard Hichcock a mis au point un anesthésique ralentissant fortement les battements du cœur de ses patients, ce qui lui permet d’opérer dans de très bonnes conditions. Il se sert également de sa trouvaille pour assouvir ses fantasmes et sa déviance : faire l’amour aux morts. Sa femme Marghareta se prête volontiers au jeu et elle se laisse anesthésier dans une chambre funéraire pour laisser libre cours aux envies morbides de son mari. Mais une nuit, ce dernier force trop sur la dose et provoque la mort de sa bien-aimée. Il décide de quitter sa demeure et son travail. Douze ans plus tard, le docteur Hichcock revient dans sa maison, accompagné de Cynthia, sa nouvelle femme. Il retrouve Martha, sa domestique. Lors de sa première nuit dans sa nouvelle demeure, Cynthia aperçoit par la fenêtre une étrange silhouette féminine vêtue d’un suaire et entend des pas près de sa chambre. La nuit suivante, alors qu’elle rentre tard, elle entend des voix lui proférer des menaces de mort…

MON AVIS : Gloire à Riccardo Freda ! Ce réalisateur italien, grand amateur de films d’aventure et de cape et d’épée, ainsi que de péplums, dont il nous livra de bien belles œuvres dans ces domaines (Le Château des Amants Maudits, Spartacus, Théodora, impératrice de Byzance, Le Géant de Thésalie par exemple…) se lança dans le film d’épouvante en 1956, assisté de Mario Bava, avec Les Vampires. Tous deux réalisèrent également un film de science-fiction, Caltiki le monstre immortel en 1959. Après avoir filmé quelques aventures de Maciste, Riccardo Freda retourne dans l’univers du film d’épouvante en 1962, avec L’effroyable secret du Dr Hichcock, œuvre somptueuse et inaltérable, qui met en scène la sublime Barbara Steele, révélation du chef-d’œuvre de son confrère Mario Bava, avec Le Masque du Démon, réalisé en 1960. L’effroyable secret du Dr Hichcock est, disons-le de suite, une pure merveille et un joyau du cinéma d’épouvante gothique à l’italienne. Ni plus, ni moins. Côté casting, hormis Barbara Steele, qui incarne un personnage positif tout au long du film et à qui il arrivera bien des malheurs, on trouve dans le rôle de son mari l’acteur Robert Flemyng qu’on reverra dans le domaine de l’épouvante en 68 avec Le Vampire a soif de Vernon Sewell et en 69 avec l’inédit The Body Stealers de Gerry Levy. Robert Flemyng joue donc le docteur Hichcock (à ne pas confondre avec le célèbre réalisateur Alfred Hitchcock, même si cette nouvelle orthographe doit sûrement être en rapport avec le Maître du suspense, à qui on a voulu rendre hommage ou utiliser son aura suite au succès de Psychose en 1960…), chirurgien de génie mais dont le côté sombre nous le fait voir comme un personnage inquiétant, ce qu’il est assurément. Robert Flemyng est très bon dans ce rôle, notamment pour exprimer sa perversion et son attirance pour les corps inanimés. Personnage secondaire et peut-être pas assez développé, celui de Martha, la domestique, interprétée par Harriet Medin. Peu causante, très froide avec la nouvelle épouse de son maître, dont elle connaît l’inavouable secret, Martha ne sert en fait à pas grand-chose, si ce n’est à ajouter un personnage également inquiétant dont on se méfiera et qu’on sait être un danger potentiel pour notre belle Barbara Steele. Heureusement pour elle, elle trouvera un allié de charme en la personne du docteur Kurt Lowe, ancien assistant du docteur Hichcock, joué par Silvano Tranquilli, et qui ne restera pas de glace face à la beauté de Barbara, ce qui peut se comprendre. Notre brave docteur commencera à avoir quelques doutes sur la personnalité du docteur Hichcock quand il le surprendra dans la morgue en train d’admirer la jeune patiente morte. En plus du jeu admirable des différents acteurs, ce qui frappe avant tout dans le film, c’est réellement le côté "épouvante". Tout a été mis en œuvre pour faire frissonner le spectateur et les acteurs, Barbara Steele en tête. Bruit de pas dans le couloir, orage violent, éclairs zébrant le ciel, voix lugubre proférant des menaces de mort, comportement étrange des personnages l’entourant, changement d’attitude de son mari qui devient froid et distant, rien n’est fait pour rassurer le personnage joué par Barbara, qui se retrouve désemparée dans sa nouvelle maison, étrangère même, face à tous ces portraits de Marghareta qui se trouvent encore sur les murs de la demeure, et qui font qu’elle continue à vivre et à "hanter" de sa présence les lieux. Riccardo Freda a vraiment peaufiné son ambiance, lugubre et macabre à souhait, et la superbe photographie du film ajoute à l’atmosphère de cauchemar et à la tension qui ne cesse de monter. Les amateurs de films gothiques seront réellement aux anges devant la beauté des décors, des éclairages et la réalisation de Riccardo Freda. A cela s’ajoute bien sûr le thème même du film, qui est une ode à la nécrophilie, et ce, bien des années avant le choc Nekromantik ! Sujet tabou par excellence, l’attirance physique pour des corps morts est, comme je l’ai déjà dit, très bien rendue par l’acteur Robert Flemyng, qui, par des jeux de regards, des tressaillements, notamment lors de la séquence où il est dans la morgue devant le corps inanimé d’une jeune patiente qu’il n’a pu sauver, parvient à exprimer tout son désir morbide et contre nature. C’est d’ailleurs cette scène qui se retrouve sur l’affiche du film, et qui résume à elle seule ce mystérieux "secret" qui éveille notre intérêt. Pour la petite histoire, c’est le scénariste Ernesto Gastaldi qui eut l’idée d’explorer le thème de la nécrophilie afin, dira-t-il : "J'en avais un peu marre d'écrire des films fantastiques gothiques et je voulais en finir avec le genre. J'ai donc écrit un film répugnant prenant pour sujet la nécrophilie, dans l'espoir d'enterrer le genre". C’est plutôt raté vu les nombreux autres films d’épouvante gothiques italiens qui sortiront sur les écrans par la suite, et pas des moindres, avec Danse Macabre, Les Amants d’Outre-tombe, Le Moulin des Supplices, Les Trois Visages de la Peur ou Le Spectre du Professeur Hichcock par exemple, ce dernier, réalisé par Riccardo Freda avec Barbara Steele à nouveau, étant une fausse suite à L’effroyable secret du Dr Hichcock. Bien sûr, ne vous attendez pas à des scènes réalistes comme dans le film de Jorg Buttgereit. Nous sommes en 1962, ne l’oublions pas ! La nécrophilie du personnage principal est plus suggérée que vraiment montrée mais elle ne fait en tout cas aucun doute. Œuvre vénéneuse de ce début des années 60, le film de Riccardo Freda est un authentique film d’epouvante, touché par la grâce de ses interprètes et magnifié par l’équipe technique et son réalisateur. Sont forts ces italiens ! 

NOTE : 5/6




DESAXÉ

DÉSAXÉ
(Ryan Lee Driscoll's Axed)

Réalisateur : Ryan Lee Driscoll
Année : 2012
Scénariste : Ryan Lee Drsicoll
Pays : Angleterre
Interdiction : -12 ans
Avec : Jonathan Hansler, Andrea Gordon, Nicola Posener, Christopher Rithin, Henry Douthwaite

L'HISTOIRE : Kurt Wendell a consacré toute sa vie à son travail. Mais face à la crise économique, son patron Zack Petersen se voit contraint de le licencier. La vie de Kurt s’écroule en un fragment de seconde. Refusant d’en parler à sa femme et à ses deux enfants avec qui il se montre souvent sévère, il les oblige à prendre une journée de repos et les emmène loin de la civilisation, dans une petite maison de campagne pour se ressourcer. La petite famille ne se doute pas qu’il n’y a pas que sa vie de travailleur que Kurt a perdue. Sa santé mentale a elle aussi été touchée et le projet qui leur réserve en cette belle journée va vite tourner au cauchemar sanglant…

MON AVIS : En 2002, Ryan Lee Driscoll réalise Making a killing qui restera dans l’ombre dans notre pays. Dix ans plus tard, le voici de retour avec Désaxé qui prouve que le cinéma indépendant britannique se porte toujours aussi bien. Une réelle bonne surprise qui a conduit l’éditeur Emylia à le sortir chez nous en Dvd et Blu-ray. À l’instar du personnage interprété par Michael Douglas qui pétait les plombs dans Chute libre de Joel Schumacher en 1993 après avoir lui aussi perdu son emploi, Désaxé nous propose 84 minutes dans la vie anéantie de Kurt Wendell qui, niveau folie, n’a rien à envier à son prédécesseur. Ou comment la perte de son emploi peut transformer un homme somme toute ordinaire en monstre psychopathe que rien ne peut plus arrêter. Le principal attrait de Désaxé est évidemment le jeu d’acteur de Jonathan Hansler dans le rôle de Kurt Wendell. Un personnage à plusieurs facettes, à l’humeur plus que changeante et qui nous offre de véritables moments de plaisir notamment quand sa folie se place au premier plan. Répliques cinglantes envers ses enfants, petit jeu pervers avec sa femme mise devant le fait accompli (adultère avec son patron, la goutte d’eau qui fait que rien ne pourra plus revenir en arrière) et tortures sadiques sur son patron qu’il a également convié de force à cette journée de repos d’un genre spécial. Outre Jonathan Hansler, le reste du casting se montre performant et les différents acteurs parviennent à rendre les situations crédibles malgré quelques petites ficelles inhérentes au genre. Ils sont de plus servis par des dialogues qui font souvent mouche et qui participent pleinement à faire monter la tension qui ira crescendo. Par touches successives, par la révélation de petits détails, Ryan Lee Driscoll parvient à instaurer son ambiance de façon minutieuse et nous fait intégralement participer au drame familial qui va s’accomplir sous nos yeux. La scène ou Kurt offre un petit cadeau à sa femme et à ses enfants est jubilatoire et trouve une conclusion bien trouvée avec l’apparition de la fameuse hache présente sur la jaquette du film. Un instrument qui trouvera une utilisation évidemment brutale, ce qui ravira les amateurs de films d’horreur. Bien que la violence soit plus psychologique que visuelle, Désaxé nous offrira dans sa dernière partie quelques séquences d’horreurs graphiques bienvenues, le pétage de plombs du personnage principal ne pouvant se conclure que dans un bain de sang. u final, c’est une très bonne découverte que ce Désaxé qui s’avère plus que plaisant à visionner. Le réalisateur fait preuve de talent et a mené sa virée sanglante avec dynamisme et entrain, le tout saupoudré d’un humour noir efficace. Kurt Wendell est charismatique et on en vient à se mettre de son côté malgré les exactions qu’il commet. Vraiment sympa, à se procurer sans l’ombre d’un doute. 

NOTE : 4/6