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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




VACANCES ROMAINES

 

VACANCES ROMAINES
(Roman Holiday)

Réalisateur : William Wyler
Année : 1953
Scénariste : Dalton Trumbo, Ian McLellan Hunter, John Dighton
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, romance
Interdiction : /
Avec : Audrey Hepburn, Gregory Peck, Eddie Albert, Hartley Power, Paolo Carlini...


L'HISTOIRE : La jeune princesse Ann ne supporte plus sa condition ni les ennuyeux protocoles auxquels elle doit continuellement se soumettre. En visite à Rome, elle fugue un soir après avoir pris un tranquillisant et fait la connaissance de Joe Bradley, un journaliste qui ne la reconnaît pas de prime abord et qui la prend sous sa protection durant la nuit. Lorsque Joe comprend qui est cette jeune femme qu'il héberge chez lui, il y voit la possibilité d'obtenir un scoop et de s'enrichir. Ann, quant à elle, va vouloir passer une journée d'évasion et de détente sous le soleil romain...

MON AVIS : Quoi de mieux après une semaine passée à Rome que de se replonger dans cette agréable comédie romantique réalisée en 1953 par William Wyler, j'ai nommé Vacances Romaines ? Certains me répondront que visionner des gialli se déroulant dans cette ville serait encore mieux mais même si j'aime beaucoup les thrillers italiens, j'avoue que cette petite virée en compagnie de Gregory Peck et surtout d'Audrey Hepburn possède un charme nostalgique qui fait pencher la balance en sa faveur. Alors oui, l'histoire en elle-même n'est pas des plus incroyables : on a en effet une jolie princesse qui fait une dépression à cause de tout ce que son statut lui fait endurer et qui décide de se rebeller en fuguant un soir alors qu'elle se trouve à Rome. Elle rencontrera un journaliste qui va d'abord tenter d'abuser de la situation en essayant d'obtenir un scoop mais qui se ravisera au final, chacun étant tombé sous le charme de l'autre. Mais une princesse peut-elle tomber amoureuse d'un simple citoyen et vice-versa ? C'est Coup de Foudre à Notting Hill avec 46 ans d'avance ! Bien sûr, on peut aussi y voir plus que ça, on peut creuser sous la carapace de cette balade romantique très fleur-bleue, et mettre en avant l'émancipation d'une jeune fille espiègle et naïve, emprisonnée sous des carcans protocolaires qui la privent de sa jeunesse, et qui va au final devenir une femme comprenant sa fonction solennelle et finissant par l'accepter au nom de son pays. La transition s'opère naturellement en fin de compte, au grès de cette nuit et de cette journée ou elle se permet tout : fumer une cigarette, se promener sans garde du corps, adopter une nouvelle coupe de cheveux, aller danser. Vivre, tout simplement. Evidemment, les féministes pures et dures reprocheront au film de Wyler que cette métamorphose d'une jeune chrysalide en rayonnant papillon s'effectue par l'entremise d'un homme, que notre princesse rencontre par pur hasard et qui va devenir sa soupape de sécurité. Moi personnellement, je m'en contrefout royalement et j'apprécie ce divertissement sans me poser de questions. Vacances Romaines offre donc à Audrey Hepburn son premier grand rôle au cinéma : la future star est quasiment de tous les plans, son sourire, ses yeux, son charme naturel font des ravages immédiats, que ce soit auprès du public que des membres de l'industrie du cinéma. Elle remporte d'ailleurs l'Oscar de la meilleure actrice dans un rôle principal pour ce film, rien que ça ! A ses côtés, Gregory Peck est lui aussi excellent et le duo qu'il forme avec Audrey fonctionne du tonnerre. La légèreté de l'ensemble, le fait que William Wyler préfère axer sa caméra sur son duo tout en reléguant les fabuleux monuments visibles à Rome en arrière plan (ce film n'est pas un guide touristique de Rome !), l'humour des situations, sa balade à Vespa, le charisme de ses interprètes font de Vacances Romaines un petit classique 50's dont on ne se lasse pas.

DEATHSTALKER 3 - WILFRIED LE CHASSEUR

 

DEATHSTALKER 3 - WILFRIED LE CHASSEUR
(Deathstalker and the Warriors from Hell)

Réalisateur : Alfonso Corona
Année : 1988
Scénariste : Howard R. Cohen
Pays : Etats-Unis, Mexique
Genre : Heroic-fantasy
Interdiction : /
Avec : John Allen Nelson, Carla Herd, Terri Treas, Thom Christopher, Aarón Hernán...


L'HISTOIRE : Le tyran Toxartes recherche une pierre magique pour l'associer à celle qu'il possède, ce qui lui donnera des pouvoirs incommensurables. Persuadé que c'est le sorcier Nicias qui la possède, il envoie sa cruelle armée tenter de la récupérer. Nicias donne une représentation dans un petit village et il est approché par la princesse Carissa, qui possède la seconde pierre. Lors de l'attaque de la horde de Toxartes, Nicias parvient à se téléporter et laisse son ami Deathstalker prendre part au combat. Celui-ci ne parvient pas à sauver la princesse Carissa, qui lui remet la pierre magique avant de mourir et lui fait promettre de prendre la pierre à Toxartes. Le Deathstalker commence alors sa quête et fera la connaissance d'Elizena, la soeur jumelle de Carissa, mais aussi de Marinda, une fougueuse jeune fille qui tombe sous son charme. L'aventure sera loin de tout repos, Toxartes utilisant sa magie pour contrer l'avancée de Deathstalker...

MON AVIS : Troisième aventure du Deathstalker, qui change encore une fois d'acteur pour l'incarner. On s'amusera à noter qu'à chaque nouveau film, la carrure et la musculature du Deathstalker est revu à la baisse ! Ici, c'est John Allen Nelson qui endosse le rôle et il semble bien chétif, surtout si on le compare au guerrier ultra-musclé de l'affiche originale ! Ça ne l'empêchera pas de se démener pour arriver à réussir sa mission, protéger de jolies filles et combattre les forces obscures emmenées par le méchant Toxartes, interprété par Thom Christopher. Un méchant assez ridicule il faut bien l'avouer. Clairement, on est dans le domaine du nanar d'héroic-fantasy ici, avec un budget avoisinant certainement le néant. Les costumes sont assez quelconques mais j'ai apprécié le casque du commandant de l'armée de Toxartes, avec ses deux ailes de chauve-souris en métal fixées dessus et qui lui donne un aspect sympa. Les combats font très théâtraux et sont assez mou du genou mais au final, l'ensemble reste divertissant et si vous aimez ce type de petite série B fauchée, vous pourrez (peut-être) y trouver votre compte. Encore que. Grosse déception pour la gent masculine qui avez apprécié les deux premiers films, niveau filles dénudées, ce troisième épisode de la saga est le plus prude ! Rassurez-vous, il y a tout de même une petite dose d'érotisme gentillet. Il en va de même pour la violence, revu largement à la baisse, avec quasiment aucun effets sanglants. On a l'impression que le but du réalisateur Alfonso Corona était de faire dans le spectacle familial avant tout et qu'il a tailladé dans ce qui fait le charme de ces sous-Conan. Dommage. On aura tout de même droit à une petite séance de torture sur notre héros (pas bien méchante) et surtout à une bande de soldats morts-vivants ramenés à la vie grâce à la magie de Toxartes. Des zombis médiévaux, qui parlent normalement et sont sous la coupe de leur maître qui contrôlent leurs âmes. Pourquoi pas. Ils vont même demander de l'aide au Deathstalker pour pouvoir retrouver leur liberté ! Ils ont mis le paquet sur le scénario non ? Euh...non. Bref. Niveau péripéties, rien de bien transcendant et on attend patiemment le combat final entre le héros et le méchant, combat qui ne provoquera pas beaucoup de remous non plus. Sorti sous le titre de Deathstalker - Wilfried le Chasseur en VHS en France, le film d'Alfonso Corona risque de décevoir les amateurs des deux premiers opus et même les fans d'héroic-fantasy à faible budget. Espérons que le quatrième et dernier film de cette saga se montre un peu plus généreux en matière d'action, de héros musclé, d'érotisme et de monstres à combattre...



MANEATER

 

MANEATER
(Maneater)

Réalisateur : Justin Lee
Année : 2022
Scénariste : Justin Lee 
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, sharksploitation
Interdiction : /
Avec : Trace Adkins, Nicky Whelan, Shane West, Porscha Coleman, Ed Morrone...


L'HISTOIRE : Pour remonter le moral de Jessie, qui vient d'annuler sa lune de miel suite à une rupture avec son fiancé, un groupe d'amis décide de venir avec elle dans un lieu paradisiaque pour passer du bon temps. Après avoir été déposé en bateau sur une île, le groupe va devenir la proie d'un grand requin blanc, qui a déjà quelques victimes à son actif, dont la jeune fille d'Harlan Burke, un ancien capitaine qui ne vit plus que pour se venger du squale...

MON AVIS : Y'a t-il une année dernièrement qui n'a pas vu débarquer sur les écrans de cinéma ou de télévision un shark movie ? Depuis Les Dents de la Mer en 1975, on ne compte plus les films mettant en vedette des requins de toutes sortes, dont la fameux requin blanc bien sûr. En 2022, Justin Lee décide justement de faire de ce dernier le méchant prédateur de son film Maneater, et vu ses intentions de départ, à savoir faire un bon film de suspense qui ne soit pas trop divertissant mais plutôt stressant, on se dit qu'on tient peut-être là un bon film de requin justement, qu'on pourra ranger à côté de The Reef (2010) ou Instinct de survie (2016). Manque de bol, Maneater ne répondra pas à nos attentes, la faute à un budget minimaliste qui contraint le réalisateur à user d'images de synthèse plus que de raison et surtout au rendu pas franchement réussi. Franchement, rendez-nous les requins à l'ancienne de Jaws ou de La Mort au Large plutôt que ces ignominies en synthèse. Parce que les effets sont ratés la plupart du temps et qu'on les voit comme le nez au milieu de la figure. Quand on a un budget conséquent, pourquoi pas à la rigueur, mais là, ce n'est pas le cas ou les attaques du squale sont vraiment moches et en deviennent risibles. Ajoutons à cette pauvreté synthétique une histoire vue et revue, qui n'offre aucune surprise ni rebondissement, et qui ne sert au final qu'à offrir au requin un nombre de victimes conséquent. C'est bon, on en a marre de la pauvre fille qui vient de se faire plaquer et dont les amis vont tenter de la dérider en l'emmenant dans un endroit paradisiaque que va venir noircir un requin bien sûr, transformant les fameux amis de la pauvre héroïne en chair à pâté. Les gens ont beau critiquer Meg avec Jason Statham, je préfère cent fois ce dernier que ce tristounet Maneater. Outre l'héroïne dont le moral est à plat (Nicky Whelan) et ses amis fêtards, on a le cliché du vieux loup de mer qui en a marre que les autorités locales ne fassent rien contre le prédateur à aileron et qui décide d'aller l'attaquer sur son territoire. Un clone de Quint donc, la classe en moins. Notre homme s'appelle ici Harlan Burke, il est interprété par Trace Adkins et il s'en va chasser le grand requin blanc au fusil à pompe, tout seul, comme un grand. Bah voyons. Pire que tout, sa dernière réplique à la fin du film, quand un homme vient lui demander de l'aide car sa station balnéaire est la proie d'un requin et qu'il répond "il va nous falloir un plus grand bateau" ! J'aime bien d'habitude les petites références ou les clins d'oeil aux classiques du genre mais là, franchement, c'était too much. Reste de beaux paysages, des filles en maillot de bain dont on se contrefout royalement, un nombre d'attaque de requin correct, certains plans avec un requin construit en dur qui ne vaut pas mieux que les effets en CGI mais quand même, un final what the fuck irréaliste au possible (enfin moi je trouve...) et puis c'est tout. C'est mou du genou, ça recycle à donf tout ce qui a déjà été vu ailleurs, y'a jamais de tension et on finit par s'ennuyer plutôt qu'autre chose. Bref, Maneater ne redorera pas la sharksploitation... 


DEATHSTALKER 2

 

DEATHSTALKER 2
(Deathstalker 2)

Réalisateur : Jim Wynorski
Année : 1987
Scénariste : Jim Wynorski, Neil Ruttenberg, R.J. Robertson 
Pays : Etats-Unis, Argentine
Genre : Héroïc-fantasy
Interdiction : /
Avec : John Terlersky, Monique Gabrielle, John Lazar, Toni Naples, Maria Socas...


L'HISTOIRE : Le guerrier Deathstalker est sollicité par Reena, une mendiante douée de dons de voyance, pour se rendre au château de Jarek, un vil sorcier qui maîtrise le clonage humain. Ce que Deathstalker ignore, c'est que Reena est en réalité la princesse Evie. Cette dernière a été remplacée sur le trône par son clone maléfique créé par Jarek. Une aventure pleine d'embûches attendent Deathstalker et Evie...

MON AVIS : Quatre ans après le premier Deathstalker, réalisé en 1983 par James Sbardellati, le producteur Roger Corman, toujours associé avec l'Argentine, décide de donner une suite aux aventure de son héros musclé. Exit l'acteur Rick Hill, qui était la star du film de 83 et place à John Terlesky, qui reprend donc le rôle du Deathstalker dans... Deathstalker 2 ! Ce qu'on perd en muscles et masse corporelle, on le gagne en expression de visage, John Terlesky étant bien plus expressif que Rick Hill. Par contre, le graphiste qui a conçu la superbe affiche du film a quand même abusé parce qu'on est loin d'être en présence d'un aussi bel athlète à l'écran ! Pas grave, on a l'habitude de se faire arnaquer par les affiches vendeuses de rêve. Niveau réalisation, exit James Sbardellati et place à Jim Wynorski, qui signe ici son troisième film, après The Lost Empire (1984) et le très sympa Shopping (1986). Pour accompagner le Deathstalker dans ses péripéties, on trouve la charmante Monique Gabrielle, qui sera également la star d'Emmanuelle 5 la même année. Dans Deathstalker 2, la jolie blondinette aux seins volcaniques se paie le luxe d'avoir un double-rôle : celui de la princesse Evie et celui de son clone diabolique. Logique. Dans le rôle du méchant sorcier adepte du clonage, on a John Lazar, qui veut absolument retrouver Evie pour la faire disparaître afin de l'empêcher de revendiquer son trône. Il sera aidé dans sa mission par une autre actrice aux atouts attractifs, Toni Naples, qui joue donc Sultana la guerrière et qui veut se venger de Deathstalker. Bien, bien, bien. Tout ce petit monde se retrouve donc embarqué dans une aventure assez dynamique il faut bien le reconnaître et surtout bourré d'humour. Je ne sais pas quel était l'intention de Jim Wynorski avec ce film mais on est pas loin de la parodie parfois, comme lorsque Evie dit à Deathstalker qu'elle veut qu'il entre dans la légende, "juste après Conan !" Les dialogues sont souvent tournés vers l'humour, je pense par exemple à la scène dans laquelle le clone d'Evie palpe l'entrejambe du héros et que celui-ci déclame un truc du style "je vois que tu prends les choses en main" ! Impayable. S'il la part de magie est moins prononcé que dans le premier film, avec absence d'épée magique entre autres, Deathstalker 2 ne lésine pas sur les bagarres et affrontements divers, et ce, dans une bonne humeur communicative. La séquence de catch entre le héros et une amazone bien charpentée, jouée par Dee Booher et qui répond au surnom de Queen Kong au générique (!!), m'a fait penser à Rocky 3, si, si ! Généreux en diable, Jim Wynorski ne s'interdit rien et balance une scène dans un cimetière avec des zombies, un supplice utilisant le fameux pendule d'Edgar Poe, un mur blindé de pointes qui avance pour écraser le héros, un clone vampire qui aspire la vitalité de ses victimes et colle leur visage rabougri au mur derrière son lit et même une sexe de sexe avec effet stroboscopique ! Niveau érotisme, ça reste dans la bonne lignée du premier film, avec nos actrices qui se dénudent assez facilement et ne sont pas avares de leur charme. Mention A+ pour Monique Gabrielle ! Beaucoup moins de gore par contre, voire quasi pas. Dommage. Sinon, ça reste un petit budget tout à fait acceptable, que la plupart rangeront dans la catégorie nanar sympathique et ce serait en effet justifié. Mais franchement, je me suis bien amusé et ce sous-sous-sous-Conan devrait aussi vous faire sourire si vous êtes réceptifs à ce type d'humour. Une comédie d'héroïc-fantasy en somme. Surprenant de prime abord mais maintenant que vous êtes prévenus... et puis il y a le thème musical composé par Chuck Cirino qui est excellent !

     

MUTANT (1984)

 

MUTANT
(Night Shadows)

Réalisateur : John 'Bud' Cardos, Mark Rosman
Année : 1984
Scénariste : Michael Jones, John C. Kruize, Peter Z. Orton
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Wings Hauser, Bo Hopkins, Jody Medford, Lee Montgomery, Marc Clement...


L'HISTOIRE : Deux frères, Josh et Mike, débarquent pour quelques jours dans une petite ville du Texas. Ils découvrent que de nombreux habitants sont morts récemment ou portés disparus. Lorsque Mike disparaît à son tour, Josh fait équipe avec le shérif local et une institutrice pour le retrouver...

MON AVIS : Débuté par Mark Rosman qui ne s'en sort pas, John "Bud" Cardos est appelé à la rescousse par les producteurs pour reprendre Mutant, une petite série B horrifique 80's qui met en vedette l'acteur Wings Hauser ainsi que Bo Hopkins, Lee Montgomery et Jody Medford entre autres. Une situation qu'il a déjà connu sur son film précédent, The Dark, pour lequel il a carrément du remplacer Tobe Hooper. Pour ceux qui ne connaîtrait pas John "Bud" Cardos, rappelons simplement que c'est lui qui nous a offert l'excellent L'Horrible Invasion en 1977. Le début de Mutant nous plonge en plein redneck movie, avec ces deux frères en vadrouille au Texas et qui vont tomber sur une bande de ploucs qui vont venir gâcher leur virée et accidenter leur voiture. On le sait depuis les années 70, les citadins ne sont pas les bienvenus dans les villes du Sud des Etats-Unis et on va encore en avoir la preuve ici. Heureusement que le shérif de la ville, joué par Bo Hopkins, va leur venir en aide. Comme souvent dans les petites productions 80's, l'histoire prend le temps de s'installer et dissémine ses effets à dose homéhopathique. On découvre tranquillement, avec les deux frères, que quelque chose cloche dans la ville, que des habitants disparaissent, et qu'une curieuse substance jaunâtre est retrouvée à plusieurs reprises sur les lieux des disparitions. Lorsque c'est son frère qui disparaît, Josh va tout faire pour le retrouver et il bénéficiera de l'aide d'une charmante institutrice, interprétée par Jody Medford. Les tourtereaux vont mener l'enquête et découvrir qu'une usine concevant des produits chimiques serait peut-être la cause des faits étranges qui se déroule dans la ville. Une petite thématique écolo pour Mutant, dont le titre français élimine donc toute forme de suspense. Vous l'aurez compris, les habitants sont victimes d'une contamination et se transforment donc en horribles mutants infectés à la peau bleuté et au sang jaunâtre qui brûle ! Les effets visuels et de maquillages sont plutôt réussis, notamment grâce à l'emploi de bladders pour faire gonfler la peau et indiquer la mutation. Après une cinquantaine de minutes assez sages mais pas ennuyeuses, le rythme du film se met à s'accélérer et le réalisateur voit sa mise en scène décoller, avec tout plein de bonnes idées. Certes, on pense souvent à La Nuit des Morts Vivants quand on regarde Mutant mais à la différence des zombies de Romero, les mutants de John "Bud" Cardos sont rapides, piquent des sprints pour vous attraper et vous contaminer, et représentent donc une menace encore plus flippante. La très belle scène baignée par du brouillard est excellente et elle m'a rappelé une scène similaire dans le Planète Terreur de Robert Rodriguez (2007) voire même du Frayeurs de Lucio Fulci (1980). Le final se montrera encore plus percutant et dynamique, avec nos héros devant fuir la ville infestée d'infectés mutants ! Ça court dans tous les sens, il y a de l'action à gogo, ça fait plaisir à voir et Wings Hauser s'en donne à cœur joie. On a quelques rebondissements et surprises scénaristiques qu'on avait pas vu venir également et cette partie finale achève de faire de Mutant une bien sympathique série B à petit budget certes mais dont l'argent a bien été employé. Divertissant et agréable.

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La copie du film est vraiment superbe et permet de le redécouvrir dans les meilleures conditions possibles, en VF ou VOSTF.




DEATHSTALKER

 

DEATHSTALKER
(Deathstalker)

Réalisateur : James Sbardellati
Année : 1983
Scénariste : Howard R. Cohen
Pays : Etats-Unis, Argentine
Genre : Heroïc-fantasy
Interdiction : /
Avec : Rick Hill, Barbi Benton, Richard Brooker, Lana Clarkson, Bernard Erhard...


L'HISTOIRE :  Afin d'empêcher le roi et sorcier Munkar d'obtenir le pouvoir absolu, un guerrier solitaire, nommé Deathstalker, est envoyé en mission par une sorcière pour trouver une épée magique, troisième objet sacré qu'il faut réunir avec un médaillon et un calice pour obtenir ce fameux pouvoir. Le calice et le médaillon sont déjà en possession de Munkar. La quête du Deathstalker va l'amener à croiser moult ennemis sur sa route et à faire connaissance avec le guerrier Oghris et la belle aventurière Kaira...

MON AVIS : Le succès de Conan le Barbare en 1982 a bien évidemment donné des envies à divers producteurs, qui se sont alors engouffrés dans le genre de l'héroïc-fantasy et de la sword & sorcery, avec plus ou moins de réussite. A cette époque, Roger Corman signe un contrat avec l'Argentine pour coproduire dix films avec les USA. Parmi ses dix films, on trouve de nombreux films d'héroïc-fantasy, dont les deux premiers films de la saga Deathstalker, qui en comptera quatre, mais aussi Kaine le mercenaire (1984), Les Magiciens du Royaume Perdu (1985), Barbarian Queen (1985), Amazons (1986) ou Stormquest (1987). Comme souvent dans ce genre de films, les affichistes nous vendent du rêve et le visuel de Deathstalker en est la preuve flagrante. Il donne diablement envie de visionner le film de James Sbardellati et on a déjà hâte de voir cet affrontement entre le héros musclé et ce gros monstre tenant une masse d'arme à pointes. Inutile de vous dire qu'on aura pas vraiment ça à l'identique dans le film. Le héros musclé, parlons-en, c'est l'acteur Rick Hill qui l'interprète et on ne peut pas vraiment dire que c'est une bonne prestation. Bon, déjà, sa coupe de cheveux est plutôt ridicule et ça lui donne un air un peu bovin, à la Red Brown pour les connaisseurs. Niveau musculature, c'est correct et dans la bonne lignée du genre. On est très loin de Schwarzenegger mais c'est pas mal quand même. Qui dit heroïc-fantasy dit généralement aventure, péripéties, combats, créatures étranges, magie et jolies filles. Avouons qu'à ce niveau, Deathstalker coche toutes ces cases, c'est juste le budget qui ne suit pas trop. Mais on a de l'action, de nombreuses bagarres et combats à l'épée - qui semblent filmés au ralenti mais qui sont présents quand même - de la magie avec même la transformation d'un homme en femme, des monstres caoutchouteux dont un guerrier homme-sanglier, un méchant roi qui est aussi un sorcier, un peu de gore avec têtes et bras tranchées et même un déchirement de corps à la fin, cette dernier étant attaché aux quatre membres par quatre chevaux. Cerise sur le gâteau, les actrices, nombreuses, se dénudent régulièrement et ne sont pas avares de leur charme. L'héroïne, interprétée par Lana Clarkson, risque bien de faire tourner des têtes vu ses attributs mammaires qui auraient donné envie à Russ Meyer de l'engager dans un de ses films. C'est d'ailleurs grâce à ce film qu'elle fit carrière dans le cinéma bis, avant d'être retrouvée morte dans l'appartement de Phil Spector le 3 février 2003. L'élément érotique est assez présent dans Deathstalker, le réalisateur a été plutôt généreux sur ce point. Maintenant il est impossible de nier que Deathstalker peine à se hisser à un niveau correct, la faute à un flagrant manque d'argent. Décors en carton-pâte, maquillages qui se voient comme le nez au milieu de la figure, mise en scène anémique, séquences d'action mollassonnes et héros sexiste qui n'hésite pas à se taper toutes les filles qui passent à sa portée sans demander leur consentement, nous sommes bien dans l'univers du kitsch assumé. Après, ce n'est pas déplaisant et si votre niveau de tolérance est assez élevé, vous vous amuserez bien devant ce Deathstalker quand d'autres trouveront le film navrant au possible. En tout cas, ça m'a donné tout de même envie de visionner les trois autres suites !

    

EVIL DEAD RISE

 

EVIL DEAD RISE
(Evil Dead Rise)

Réalisateur : Lee Cronin
Année : 2023
Scénariste : Lee Cronin
Pays : Etats-Unis, Nouvelle-Zélande, Irlande
Genre : Horreur, possession
Interdiction : /
Avec : Alyssa Sutherland, Lily Sullivan, Gabrielle Echols, Nell Fisher, Morgan Davies...


L'HISTOIRE : Alors que Beth n’a pas vu sa grande sœur Ellie depuis longtemps, elle vient lui rendre visite à Los Angeles où elle élève, seule, ses trois enfants. Mais leurs retrouvailles tournent au cauchemar quand les adolescents découvrent un mystérieux livre dans le sous-sol de l’immeuble, dont la lecture libère des démons qui prennent possession des vivants...

MON AVIS : Dans mon cœur, Evil Dead 1981 est gravé à jamais. Normal, c'est le premier film d'horreur que j'ai vu dans ma vie, en 1984/1985, j'avais 10/11 ans et c'était en plus au cinéma ! Merci à mon papa d'avoir bien voulu m'emmener le voir. J'aime bien Evil Dead 2 et L'Armée des Ténèbres mais ils ne remplaceront jamais le premier. Le remake de 2013 n'est pas un mauvais film, il est même assez efficace, bien mis en scène et propose des scènes gores sympas. Mais il n'arrive pas à la cheville du premier pour ma part. Quid de cet Evil Dead Rise, réalisé par Lee Cronin que je ne connais ni d'Adam ni de Eve ? Eh ben j'en sors plutôt mitigé, voire même assez déçu. Certes, dans les canons de l'horreur moderne, il a tout à fait sa place : le réalisateur sait manier une caméra, la photographie est correcte, les effets spéciaux sont tout à fait convenables. Le casting s'en sort plutôt pas mal aussi, principalement l'actrice Alyssa Sutherland que les fans de la série Vikings connaissent bien et qui se montre réellement percutante ici. Même les enfants, dont la jeune Nell Fisher, donnent de leur personne et ne sont pas des têtes à claques comme ça arrive trop souvent dans le cinéma horrifique. Seulement voilà, je n'ai pas été embarqué plus que ça. J'ai même trouvé les 45 premières minutes assez laborieuses, une fois passée la scène introductive. La cellule familiale fragile, la sœur enceinte qui débarque, le tremblement de terre qui ouvre une brèche dans le parking permettant d'accéder à une ancienne église enfouie contenant évidemment le fameux Necronomicon et des vinyles sur lesquels sont enregistrés les paroles diaboliques permettant l'émergence des démons, bon, pourquoi pas mais j'ai trouvé ça un peu vain et sans grande originalité en fait. Ensuite, ça s'accélère un peu, la mère démoniaque est pas mal mais pourquoi s'être contenté de faire posséder juste une famille et 2/3 voisins plutôt que l'immeuble tout entier ? Dommage, j'aurai bien aimé voir une véritable horde de démons au sein de cet immeuble vacillant. Et puis les démons contorsionnistes, ça va bien un moment. Niveau gore, ça reste correct, le final avec la tronçonneuse est cool mais à part ça, y'a pas de quoi se relever la nuit non plus. Les diverses références et hommages de-ci-de-la, en veux-tu, en voilà, sont assez pompeux (L’œil pour Evil Dead 2, l'ascenseur rempli de sang façon Shining et j'en passe...) et je ne parle pas du monstre bricolé avec plusieurs personnes, j'ai cru qu'Herbert West le ré-animator était passé par là. Alors oui, c'est cool que même les ados se fassent charcler et démembrer (bon, ils ont pas été jusqu'à transformer en démon la plus jeune actrice, faut pas pousser non plus) mais au final, je me suis plutôt ennuyé, ce qui est bien le comble pour un Evil Dead. Je suis peut-être trop vieux désormais ou trop ancré dans l'ancien temps pour pleinement apprécier ce type de variation moderne d'un film que j'adore. Je sais pas. Mais je n'ai pas été convaincu par Evil Dead Rise en tout cas alors que j'y allais sans à priori. Même si c'est mieux que Démons 2 quand même. Pas très grave hein...