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MESSE NOIRE

 

MESSE NOIRE
(Evilspeak)

Réalisateur : Eric Weston
Année : 1981
Scénariste : Joseph Garofalo, Eric Weston
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Clint Howard, R.G.Armstrong, Claude Earl Jones, Don Stark, Joseph Cortese...


L'HISTOIRE : Stanley Coopersmith est le souffre-douleur de tous les membres d'une académie militaire, des professeurs aux élèves. Alors qu'il doit nettoyer la cave de la chapelle, il découvre une pièce secrète dans laquelle se trouve un vieux grimoire qui a appartenu à Esteban, un adorateur de Satan ayant vécu à l'époque de l'Inquisition. Avec l'aide de son ordinateur, Stanley traduit le manuscrit qui contient un rituel pour exécuter une messe noire, ce qui provoquera le retour d'Esteban parmi les vivants. Le jeune garçon, désireux de se venger de toutes les personnes qui l'ont fait souffrir, va rassembler le matériel nécessaire pour mener à bien la messe noire, afin d'acquérir le pouvoir des forces du mal...

MON AVIS : Un élève souffre-douleur qui se venger de ses tortionnaires ? Ça ne vous rappelle rien ? La jeune Carrie White bien sûr, héroïne de Stephen King immortalisée à l'écran par l'actrice Sissy Spacek dans le classique de Brian de Palma, Carrie au bal du Diable en 1976. Une influence certaine pour le film Evilspeak d'Eric Weston, réalisé en 1981 et intitulé Messe Noire en France. Eric Weston est né au Pérou. En 1977, il devient producteur associé sur trois longs-métrages avant de décider de se lancer lui-même en tant que réalisateur et ce, dès 1981 avec notre fameux Messe Noire, dont il co-signe le scénario avec Joseph Garonfalo. Il continuera de porter ces trois casquettes durant sa carrière. En tant que metteur en scène, il n'a que 9 films à son actif, dont le film de guerre Le Triangle de Fer en 1989, le thriller Ambition Fatale en 2002 ou le film d'horreur Hyenas en 2011 entre autres. Vous aurez compris que Messe Noire est son film le plus célèbre. C'est un petit budget, qui a pourtant rapporté pas mal d'argent , on parle de 400000$ la première semaine de sa sortie américaine, alors qu'il n'a été diffusé qu"à Los Angeles et New York. En France, il est sorti en salles le 2 septembre 1981 mais c'est véritablement grâce à son exploitation en VHS dans les vidéos-clubs qu'il s'est taillé une solide réputation et qu'il reste un des films d'horreur 80's souvent cités par les fans. Sa grande originalité, pour l'époque, est d'avoir exploité le phénomène de l'apparition des micro-ordinateurs dans les foyers. Ce formidable outil informatique s'est popularisé auprès du public dans les années 80, notamment avec le Commodore 64 lancé en 1982. Le cinéma n'a pas tardé à s'intéresser à cette démocratisation du micro-ordinateur et de l'intérêt pour l'informatique avec des films tels Tron (1982), Wargames (1983), Electric Dreams (1984), Une créature de rêve (1985), Starfighter (1985), Explorers (1985) ou bien encore D.A.R.Y.L. (1985) par exemple. Mais reconnaissons à Messe Noire d'avoir été un précurseur dans ce domaine. L'ordinateur utilisé dans le film est un Apple II, sorti en 1977. Et il va servir à quelque chose d'assez original ici, à savoir traduire un ancien livre de magie noire ! A quelle fin me direz-vous ? Simple. Le héros du film, Stanley Coopersmith, interprété par Clint Howard, le frère de Ron Howard, vit donc dans une académie militaire après la mort de ses parents. Un peu empoté, pas spécialement sportif, il est victime de brimades de la part des autres élèves qui le tiennent pour responsable des défaites de l'équipe de football de l'académie. Comme si le foot n'était pas un sport collectif. Mais dans cet univers ultra macho, où la masculinité est sans cesse mise en avant, il faut rentrer dans le rang sous peine d'être rapidement mis à l'écart. Stanley ne trouve aucune aide, aucun réconfort puisque même son coach sportif et ses professeurs sont contre lui, passant leur temps à le rabaisser et à lui rappeler ses faiblesses. Pire que tout, le révérend de l'académie n'est pas tendre non plus avec lui, alors qu'il me semble que Dieu doit protéger toutes ses ouailles. Seul le cuisinier de l'académie ainsi qu'un élève noir lui apportent un peu de soutien. Recevant l'ordre de nettoyer entièrement les sous-sols de la chapelle, il découvre un vieux grimoire dissimulé derrière un mur, grimoire ayant appartenu à Esteban, maître sataniste ayant vécu à la période de l'Inquisition, personnage qu'on nous a rapidement présenté lors de la séquence introductive. Seul souci, le grimoire est écrit en latin et donc indéchiffrable pour Stanley. Et c'est là qu'intervient donc notre micro-ordinateur. Passionné d'informatique, Stanley va tenter de déchiffrer et de traduire le grimoire à l'aide de son seul compagnon : le micro-ordinateur précité ! Geek avant l'heure, Stanley découvre que le grimoire contient une procédure de messe noire permettant à Esteban de revenir d'entre-les-morts. Petit à petit, Stanley traduit les incantations et tente de réunir les divers ingrédients et objets nécessaires à l'accomplissement du rituel satanique. Où quand la technologie devient serviteur de Satan ! Le contraste entre mal antique et science moderne fait mouche et donne son intérêt à Messe Noire. Certains trouveront forcément qu'il en a fallu du temps pour accomplir le rituel puisque Stanley y passe facilement plus d'une heure quinze environ, ce qui ne laisse que peu de temps au déploiement des forces du Mal, le film durant 1h32 dans sa version la plus connue. Mais rassurez-vous, si ces première 75 minutes sont donc principalement composées de scènes de harcèlement sur le pauvre Stanley, de la découverte du grimoire, de son travail de traduction via l'ordinateur de l'académie, de ses déboires avec les professeurs, de l'élection de "Miss artillerie lourde" et j'en passe, on a tout de même quelques petits trucs sympa à se mettre sous la dent. Déjà, le look des divers affichages sur l'ordinateur, ultra kitsch évidemment à notre époque, replongeront les plus vieux d'entre-nous dans une nostalgie bien sentie. La scène d'intro en costume d'époque nous dévoile une poitrine dénudée et une jolie décapitation, avec un effet plutôt cool puisque la tête volante devient ballon de football à l'époque où se déroule l'intrigue avec Stanley. Bien foutu. Même si le budget était des plus riquiqui, les décors font clairement le job et les sous-sols de la chapelle, remplis d'objets et de toiles d'araignées, participent à créer une petite ambiance d'épouvante pas désagréable. Au bout de 60 minutes, on a une première démonstration du pouvoir diabolique issu de l'ordinateur avec cette tête faisant un 180 degrés non consentie. Ca enchaîne quelques minutes plus tard avec la séquence dont tout le monde se souvient, à savoir la scène du meurtre un peu gore d'une secrétaire par des porcs affamés dans la salle de bain de cette dernière. Bien fun ! Pour qu'ion ressente encore plus d'empathie envers le malheureux Stanley, on lui offre un petit chiot qui périra sous les coups des tortionnaires de l'académie, ce qui déclenchera la colère totale de notre héros, bien décidé à venger son petit compagnon poilu grâce au Diable ! Il réussit donc à accomplir l’entièreté du rituel en une bonne heure et demi, se retrouvant possédé par l'esprit d'Esteban! A partir de là, c'est un final grand-guignolesque qui vous attend, avec lévitation, décapitations à l'épée antique à gogo, nouvelles attaques des porcs et même un arrachage de cœur à main nue ! Un dernier quart d'heure bien festif et jubilatoire, qui n'a pas trop plu à la censure britannique, qui a classé directement Messe Noire sur sa liste de Video Nasties ! Il s'effarouche pour un rien ces anglais ! Un final qui a fait la réputation du film en tout cas et lui permet de conserver un certain aura auprès des aficionados férus de cinéma horrifique. Un final qui semble en avance sur son temps si on y regarde bien, puisque l'informatique est la cause de ce déferlement de violence, ne pouvant être contrôlé. Imaginons ce que ferait une IA maléfique avec une traduction d'un grimoire antique à notre époque  ? Messe Noire est donc une petite série B typique 80's, qui parvient à divertir malgré ses faibles moyens et son rythme pas foufou mais qui n'ennuie jamais. Un petit film de genre qu'on prend plaisir à revoir, assurément.

* Disponible en steelcase DVD+BR chez ELEPHANT FILMS