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LA MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE

 

LA MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE
(La Montagna del Dio Canniable)


Réalisateur : Sergio Martino
Année : 1978
Scénariste : Sergio Martino, Cesare Frugoni
Pays : Italie
Genre : Aventure, horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Ursula Andress, Stacy Keach, Claudio Cassinelli, Antonio Marsina, Franco Fantasia...

L'HISTOIRE : Afin de retrouver son mari disparu dans la jungle de Nouvelle-Guinée, Susan Stevenson monte une expédition non autorisée avec son frère Arthur et Edward Foster, un aventurier qui pense savoir où s'est rendu le mari de Susan. En partance pour l'île de Roka, Susan et ses compagnons vont devoir faire face à divers événements ne leur facilitant pas la tâche mais aussi affronter l'hostilité de la nature et de la jungle. Un environnement qui cache un danger encore plus terrifiant...

MON AVIS : Après s'être illustré dans le giallo au début des années 70, Sergio Martino va ajouter d'autres cordes à son arc et se tourne vers la comédie (Mademoiselle Cuisses Longues avec Edwige Fenech), le polar (Polices Parallèles), le thriller (Mort suspecte d'une mineure) ou le western (Mannaja, l'homme à la hache). Puis, en 1978 et 1979, il offre aux fans de cinéma Bis trois films qui mêlent aventure et horreur et qui s'avèrent hautement attachants. Le premier sera La Montagne du Dieu Cannibale puis on aura Le Continent des Hommes Poissons et Le Grand Alligator. Ce mélange entre l'aventure et l'horreur a été mis au goût du jour en Italie par l'entremise d'Umberto Lenzi et de son Cannibalis - Au pays de l'Exorcisme puis de Joe d'Amato avec Emanuelle et les Derniers Cannibales ainsi que de Ruggero Deodato avec Le Dernier monde Cannibale. Comme on le voit avec ces différents titres, l'horreur en milieu exotique en Italie rime souvent avec cannibalisme. C'est sûrement ce qu'a du se dire Sergio Martino et son frère producteur Luciano Martino puisqu'au départ, le projet était de réaliser un film d'aventure s'inspirant largement - et librement - du roman Les Mines du Roi Salomon de H. Rider Haggard. Dans ce dernier, un homme partait à la recherche de son frère disparu et engageait un guide connaissant les dangers de la jungle pour tenter de le retrouver. Ici, c'est une femme qui cherche son mari disparu, avec l'aide de son frère. Cette femme, c'est Ursula Andress, la fameuse première James Bond Girl, qui sera accompagné par Stacy Keach, qui joue le rôle du guide expert en survie en milieu hostile, ainsi que par Antonio Marsina qui interprète son frère. Notre trio va donc vivre de multiples péripéties au beau milieu de la jungle et croiser d'innombrables animaux dont des araignées, serpents et autres crocodiles. On le sait, le film de cannibales italiens est souvent décrié pour ses séquences de morts d'animaux, qui sont mises en scène de manière gratuite, histoire d'avoir des images choquantes. Ce n'est pas La Montagne du Dieu Cannibale qui viendra inverser la tendance puisque le film de Martino regorge de séquences horribles et putassières, la pire étant l'agonie d'un petit singe victime d'un python. Des scènes dont le réalisateur n'est pas fière et qui n'apportent pas grand chose à l'intrigue, si ce n'est de nous montrer que la nature aussi peut être cruelle. Soit. Heureusement, l'horreur ne se cantonne pas qu'à ses séquences animalières et le film nous offre d'autres atrocités, avec effets spéciaux cette fois-ci ! Décapitation, festin anthropophage, crâne fracassé contre une pierre et j'en passe feront partie des joyeusetés gore proposées par ce film assez généreux en la matière. L’exotisme et la violence graphique sont bien équilibrés et Martino rajoute en plus une pincée d'érotisme, les amateurs d'Ursula Andress pourront donc voir leur actrice fétiche entièrement dénudée le temps d'être peinturlurée par les fameux Pouka, une tribu cannibale cachée dans la fameuse montagne du titre. Avant cela, on aura droit à une aventure pleine de danger, avec quelques séquences de tensions assez réussies, comme cette traversée de rapides dont le tournage n'a pas du être de tout repos pour les acteurs, souvent trempés de la tête au pied. Ursula se retrouve même entouré d'un python (ou d'un anaconda ?) et on félicitera l'actrice pour son sang froid. Si la présence de la tribu cannibale est visible tout au long du film, Sergio Martino prend son temps avant de réellement nous les faire rencontrer. Durant une bonne heure, on voit de temps à autre des natifs portant de curieux masques qui font planer un supposé danger sur le petit groupe d'explorateurs. C'est seulement dans la dernière demi-heure qu'on va plonger au sein même de la tribu cannibale, et, par la même occasion, au sein même des déviances du cinéma Bis italien, avec des images que seul le cinéma Bis peut nous offrir, comme cet accouplement entre un cannibale et un... cochon ! On trouve même parmi la tribu un nain cannibale ! Toujours dans l'excès ces Italiens ! Ursula Andress, malgré son statut de prisonnière, sera vêtue et vénérée comme une sorte de déesse, ce qui peut se comprendre ! La Montagne du Dieu Cannibale brasse large et ce mélange d'aventure, d'horreur, d'exotisme, de paysages de carte postale, de cruauté animale et de gore s'avère toujours aussi plaisant à revoir, le film ayant une liberté dans les images qu'il propose qu'on ne retrouvera plus jamais à notre (triste) époque. Habile artisan du cinéma Bis, Sergio Martino nous propose un divertissement sauvage de qualité, comme souvent avec ce réalisateur.

* Disponible en combo DVD + BR et version intégrale chez ARTUS FILMS
Bonus
Présentation du film par Curd Ridel
Dans la jungle, avec Sergio Martino
Sans trêve, avec Claudio Morabito
La grande aventure, avec Antonello Geleng
Diaporama d’affiches et de photos
Film-annonce original



TENTACULES

 

TENTACULES
(Tentacoli)


Réalisateur : Ovidio G. Assonitis
Année : 1977
Scénariste Steven Carabtsos, Tito Carpi, Jerome Max, Sonia Molteni
Pays : Italie, USA
Genre : Aventure, horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : John Huston, Shelley Winters, Henri Fonda, Bo Hopkins, Delia Boccardo...


L'HISTOIRE Dans la petite ville d'Ocean Beach, de mystérieuses disparitions ont lieu en mer. Un bébé disparaît, puis un pécheur. Les corps sont retrouvés broyés, et la moelle a été aspirée des os. Ned Turner, un vieux journaliste, mène son enquête et suspecte la société Trojan, qui construit un tunnel sous la mer. Mais bientôt, d'autres disparitions ont lieu, et bien trop loin du tunnel. Un expert en faune marine pense qu'il pourrait s'agir d'une pieuvre géante. Pendant ce temps se prépare une course de régate pour les enfants...

L'AVIS Les dents de la mer continue de faire des émules. Mais cette fois-ci, il ne s'agit donc plus d'un requin tueur, mais d'une pieuvre géante ! Un changement qui rehausse notre intérêt, cet animal étant assez terrifiant avec ses tentacules munies de puissantes ventouses. Notre esprit se constitue déjà des séquences abominables avec ces tentacules mais force est de constater que nous serons bien déçus à la vision du film. Niveau casting, on retrouve tout plein d'anciens acteurs, comme Henry Fonda, qui apparaît peu, jouant le rôle du patron de la société Trojan. Shelley Winters, qu'on a pu voir dans La nuit du chasseur, Le locataire ou encore dans Bloody mama joue le rôle de la sœur de Ned Turner, quelques kilos en trop. C'est le très grand réalisateur John Houston, à qui l'on doit des classiques tels Les désaxés, Le trésor de la sierra madre, Key largo ou bien encore African queen et Moby Dick, qui se voit confié le rôle de Ed Turner. Turner est un journaliste qui aime fouiller là où il ne faudrait pas et qui n'a pas sa langue dans sa poche. Il prend cette affaire de disparition très à cœur et utilisera tous les moyens en son pouvoir pour tenter de trouver la cause des ces meurtres étranges. En ce qui concerne l'interprétation, tout le monde s'en tire bien et fait ce qu'on attend de lui. En fait, celui qui s'en sort le moins bien, c'est le réalisateur du film. En effet, avec un sujet pareil, il aurait pu nous faire une oeuvre aussi terrifiante que le film de Steven Spielberg. Malheureusement, il noie son film dans des flots de dialogues qui ralentissent considérablement l'action et le rythme du film. Tout comme Spielberg, il préfère jouer de la suggestion dans la première partie du film et nous ne verrons guère l'animal, ni même ses tentacules. Mais là où Spielberg s'en sort comme un génie, nous tétanisant avec trois notes de musique, Ovidio G. Assonitis ne parvient pas à créer de tension et c'est bientôt l'ennui qui s'installe devant notre écran. Nous aurons évidemment droit à de multiples scènes sous-marines, avec plongeurs explorant le fond marin sans se douter de la monstruosité qui s'y cache. Des séquences bien réalisées mais manquant là encore de vrai suspense. Même la scène qui se déroule parmi toutes les régates des enfants ne parvient pas à nous effrayer. Joe Dante et son Piranhas s'en sort cent fois mieux par exemple en terme d'attaques d'enfants dans un milieu aquatique. Certaines images sont par contre assez réussies, comme lorsqu'on voit du dessous la pieuvre déployer ses tentacules pour attraper littéralement la coque d'un bateau. Mais c'est peu. Trop peu. Nous verrons aussi certaines fois la tentacule attraper le corps d'une jeune femme mais on aurait aimé en voir bien plus souvent des scènes comme ça. La musique ne parvient pas non plus à faire naître un quelconque sentiment d'effroi. C'est sûr qu'il fallait être très très fort pour passer après John WilliamsTentacules se conclura comme le film de Spielberg par la chasse au monstre. L'océanologue qui a perdu sa femme, victime du monstre, ira en mer avec un ami pour la traquer et la tuer définitivement. Le réalisateur a cru bon de lui adjoindre deux orques pour compagnons, orques qu'il dresse dans son parc aquatique. Je n'ai pas trop vu l'intérêt de faire ça, si ce n'est de montrer que les orques n'ont vraiment peur de rien et qu'ils sont les vrais maîtres des mers. Il est donc dommage que ce film n'aie pas réussi son coup. La pieuvre est vraiment un animal avec un fort potentiel en terme de frayeurs, et ce potentiel n'a guère été exploité. On pourra presque préférer Octopus 2, qui en montre bien plus. Bref, les amateurs de films se passant dans la mer avec des monstres tueurs pourront être un peu déçu par Tentacules, même si ça se laisse voir bien évidemment et qu'il y a bien pire dans ce registre...

* Dispo en combo dvd + br + Livret chez RIMINI EDITIONS
Bonus : "Ovidio G. Assonitis, Business is business" - livret de 24 pages conçu par Marc Toullec.


DINOSAUR ISLAND

 

DINOSAUR ISLAND
(Dinosaur Island)

Réalisateur : Fred Olen Ray, Jim Wynorski
Année : 1994
Scénariste : Bob Sheridan, Christopher Wooden
Pays : Etats-Unis
Genre : Aventure, Comédie, Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Ross Hagen, Antonia Dorian, Griffin Drew, Michelle Bauer, Richard Gabai...


L'HISTOIRE : Le capitaine Jason Briggs ramène à bord d'un avion un groupe de trois déserteurs. Victime d'une avarie, l'engin s'écrase sur une île non répertoriée sur les cartes. Les militaires découvrent que celle-ci est habitée par une tribu de sauvageonnes qui sacrifie régulièrement l'une des leurs à The Great One, un gigantesque Tyrannosaure. Car l'île est peuplée de dinosaures de toutes sortes. Afin de garder la vie sauve, les militaires acceptent la mission donnée par la reine Morganna : ils doivent tuer The Great One afin de sauver son peuple. Entre-temps, les trois déserteurs tombent amoureux de trois sauvageonnes prénommées April, May et June...

MON AVIS : Houla, Fred Olen Ray + Jim Wynorski à la réalisation ! Ça promet ! Si on rajoute Roger Corman à la production et l'exigence de ce dernier de recycler le dinosaure exploité dans Carnosaur s'il doit sortir des billets verts de sa poche, John Carl Buechler à la conception mécanique des dinosaures et tout un tas de bimbos aux formes plus que généreuses pour composer les sauvageonnes peuplant cette île perdue, dont les charmantes Antonia Dorian, Michelle Bauer, Griffin Drew, Becky LeBeau ou Toni Naples entre autres, plus la présence de Ross Hagen, un acteur en fin de carrière dans le rôle du capitaine Briggs, on se dit qu'on va en avoir pour notre argent niveau nanar hautement sympathique. Si vous avez lu ma chronique de Rock Zombies, dans laquelle j'explique rapidement ce qui fait pour moi la différence entre un nanar et un navet, alors vous comprendrez pourquoi je classe Rock Zombies dans les navets et pourquoi je classe ce Dinosaur Island dans les nanars qu'on prend plaisir à visionner. Parce que même si on n'est évidemment pas en présence d'un grand cinéma, Dinosaur Island possède un scénario, une vraie continuité dans le déroulement de l'histoire, une mise en scène qui vaut ce qu'elle vaut mais qui est bien présente, et surtout un montage qui ne prend pas le spectateur pour un con ! Bref, tout ce qui manque au pathétique Rock Zombies. Allez, débarquons avec ce groupe de militaires au sein de cette île sauvage sur laquelle on irait bien faire un tour nous aussi, pas pour se faire agresser par les quelques dinosaures perturbateurs mais pour y rencontrer ce peuple de femmes plutôt canons et aux charmes généreux ! Des sauvageonnes qui sont en manque d'amour et de mâles, puisque aucun homme ne vit sur l'île. Une île dangereuse en tout cas, et dont l'introduction du film nous rappelle celle de Skull Island, puisque nous avons la tribu qui offre en sacrifice une jeune femme dénudée à un monstre qui pourrait très bien être Kong mais qui est en fait un Tyrannosaure qui semble très méchant et qui est donc celui de Carnosaur, réalisé l'année précédente. Une fois nos militaires débarqués sur l'île, le film devient un divertissement festif des plus sympathiques, puisque les trois déserteurs sont des pieds-nickelés en puissance qui apportent une dose d'humour bienvenue à cette aventure fantastico-préhistorique. Certes, les autres dinosaures qu'on va nous proposer ne viendront pas rivaliser avec ceux vus dans Jurassic Park bien sûr, les techniques de conception et le budget n'étant pas le même que pour le film de Spielberg, on s'en serait douté ! On a tout de même un Tricératops, un Pténarodon, un Diplodocus, une espèce de Vélociraptor, un dinosaure des cavernes non identifié et notre fameux The Great One, monsieur Tyrannosaurus Rex en personne ! L'aspect nanar est au rendez-vous mais comme le film donne dans la générosité, ça passe très bien. Vous l'aurez tout de même compris, le principal intérêt de ce Dinosaur Island reste son casting féminin de grande qualité, surtout si vous êtes amateurs de cinéma Bis et de jolies filles plantureuses qui n'hésitent pas à dévoiler leurs atouts mammaires à la moindre occasion et ce sera bel et bien le cas ici ! Le côté érotique du film reste très bon enfant et assez sage mais niveau poitrine dénudée, y'a de quoi faire. Les charmantes actrices citées plus haut dans ce texte donnent de leur personne à ce niveau et ce n'est pas pour déplaire au casting masculin, et notamment à nos trois pieds-nickelés qui vont avoir la chance de se trouver une petite copine bien sexy sur cette île ! On aimerait bien être à leur place et faire un brin de causette à April (Antonia Dorian), May (Griffin Drew) et June (Michelle Bauer). Le rythme du film est des plus corrects, on ne s'ennuie pas et si on est bien conscient qu'on n'est pas en train de mater un chef-d'oeuvre, on s'amuse tout de même bien devant ces facéties et ces dinosaures kitsch comme la mort. Bref, Dinosaur Island ne ment pas sur la marchandise, remplit tranquillement son contrat et fait passer un agréable moment pas prise de tête. Pour l'anecdote, le film a été filmé en grande partie dans le ranch de David Carradine !

        


LA BELLE ET LE CORSAIRE

 

LA BELLE ET LE CORSAIRE
(Il Corsaro della Mezzaluna)


Réalisateur : Giuseppe Maria Scotese
Année : 1957
Scénariste : Mario Amendola, Riccardo Pazzaglia, Giuseppe Maria Scotese
Pays : Italie
Genre : Aventure
Interdiction : /
Avec : John Derek, Gianna Maria Canale, Ingeborg Schöner, Alberto Farnese...


L'HISTOIRE : Le Baron Alfonso di Camerlata vit dans un immense château avec sa nièce Angela, son capitaine Alonzo de Carmona et ses sujets. Avare et proche de ses sous, le Baron rogne sur tout ce qu'il peut pour économiser, y compris sur la poudre à canon, alors que des pirates venus du Moyen-Orient sillonnent les mers avoisinantes. L'annonce de la venue de Catherine d'Autriche et de sa cour au château du Baron intéresse le corsaire Nadir El Krim, qui recherche désespérément un homme responsable de plusieurs massacres sous le régime de Charles Quint...

MON AVIS : Réalisé par Giuseppe Maria Scotese, un réalisateur italien qui m'est totalement inconnu même s'il est crédité en tant que co-réalisateur sur un film également disponible en DVD chez Artus Films, à savoir le film d'Edgar G. Ulmer, Le Pirate de Capri en 1949, La Belle et le Corsaire promettait de par son titre une aventure romanesque à souhait à base de piraterie et de jolies filles. En ce qui concerne ses dernières, elles sont au rendez-vous puisque figure au casting Gianna Maria Canale, qui joue Catherine d'Autriche, et surtout Ingeborg Schöner, qui interprète la fort charmante Angela. C'est une actrice d'origine allemande, qui a principalement fait carrière dans son pays et qui est vraiment ravissante dans La Belle et le Corsaire. On notera que le titre original du film est Il Corsaro della Mezzaluna, soit Le Corsaire au croissant de Lune. Un croissant de lune qui évoque les peuples sarrasins du Moyen-Orient, et pour cause puisque le corsaire du titre, et héros du film donc, est de confession musulmane. Il est interprété par John Derek, qui s'en sort correctement ici. Le souci est que les fans de piraterie seront sûrement déçus par le résultat final car ils n'auront pas grand chose à se mettre sous la dent. Il est certain que le réalisateur n'a pas dû bénéficier d'un budget conséquent car hormis les costumes et les décors naturels, tout fait affreusement cheap, à commencer par la vision du seul bateau pirate qu'on verra dans le film et qui n'est clairement qu'une maquette de mauvaise qualité. Tout le reste de l'histoire se déroule sur la terre ferme, principalement dans l'enceinte du château et le peu de rebondissements proposés nous tirent quelques bâillements polis. Il faut dire qu'on croule sous les dialogues et que le manque d'action se fait cruellement ressentir jusqu'aux vingt dernières minutes, qui se trouvent enfin dynamisées par quelques scènes de batailles et des duels à l'épée pas trop mal chorégraphiés. Clairement, La Belle et le Corsaire se veut nettement plus être un film d'aventure et de cape et d'épée qu'un réel film de pirates. Mais la faiblesses des moyens, la mise en scène anémique et un scénario somme toute peu palpitant tirent le film vers le bas et entraînent le spectateur dans les affres de l'ennui. La romance entre le beau corsaire et la jolie Angela n'est pas très développée non plus et c'est plutôt dommage. Film assez anecdotique, La Belle et le Corsaire aura bien du mal à tirer son épingle du jeu face à la concurrence car il lui manque beaucoup d'éléments pour nous emporter dans son sillage. 

* Disponible en DVD chez -> ARTUS FILMS <-  
- Film proposé en VF et VOSTF
- Présentation du film par Christian Lucas
- Diaporama d’affiches et de photos
- Film-annonce
 
  



LE SECRET DE L’ÉPERVIER NOIR

 

LE SECRET DE L’ÉPERVIER NOIR
(Il Segreto dello Sparviero Nero)

Réalisateur Domenico Paolella
Année : 1961
Scénariste Domenico Paolella, Sergio Sollima
Pays : Italie
Genre : Aventure, film de pirates
Interdiction : /
Avec Lex Barker, Livio Lorenzon, Nadia Marlowa, Germano Longo, Walter Barnes...


L'HISTOIRE : Un précieux document se retrouve en possession du pirate Calico Jake. Le royaume d'Espagne, qui voit planer la menace d'une guerre contre l'Angleterre, charge le capitaine Don Carlos de Herrera d'une mission secrète : il va devoir se fondre parmi les pirates pour tenter d'être intégré dans l'équipage de Calico Jake et retrouver le document. Il sera aidé dans sa tâche par le sergent Rodriguez, qui connaît bien le milieu de la piraterie. La mission ne sera pas de tout repos car un autre pirate, mandaté par l'Angleterre, l’Épervier Noir, est lui aussi à la recherche du document...

MON AVIS : Passons tout de suite sur un petit détail fâcheux : le résumé au dos du combo DVD / BR de chez nos amis d'Artus Films dévoile l'identité de l’Épervier Noir ! On ne félicitera donc pas l'auteur de ce résumé, qui aurait quand même pu éviter de nous spoiler l'un des centres d'intérêt du film. Heureusement pour moi, je ne l'avais pas lu avant de le visionner. Certes, l'identité secrète de ce pirate entièrement vêtu de noir peut se deviner sans trop de difficulté, mais quand même. Réalisé par Domenico Paolella, metteur en scène italien qui a principalement œuvré dans les années 50 et 60, avec pas mal de film d'aventure, de péplums et de westerns à son actif, Le secret de l’Épervier Noir possède la particularité d'avoir été co-scénarisé par Sergio Sollima, qui nous offrira quelques pépites du western en tant que réalisateur dans les années 60 (Le dernier Face à Face, ColoradoSaludos, hombre...) ainsi que des polars hautement sympathiques dont La cité de la Violence avec Charles Bronson ou La Poursuite Implacable avec Fabio Testi. Au générique de ce film de pirates, on trouve Lex Barker, acteur au physique avantageux qui possède un visage assez inexpressif mais qui assure le job avec fougue et panache. Ici, il joue le capitaine Carlos de Herrara, mandaté par l'Espagne pour infiltrer une bande de pirates afin de retrouver un précieux document. Fidèle à lui-même, son personnage fait preuve de courage et d'honneur, n'hésitant jamais à se mettre en danger pour sauver la veuve et l'orphelin. Son code d'honneur sera d'ailleurs fort apprécié de la part des pirates eux-mêmes, car malgré leurs actions sans foi ni loi, ils sont régis eux aussi par un code d'honneur stricte. Pour l'aider dans sa mission, Lex Barker est accompagné par le sergent Rodriguez, interprété quant à lui par Livio Lorenzo, qui s'en sort très bien lui aussi et qui apporte quelques petites touches d'humour à l'aventure. Une aventure pleine de rebondissements, de bagarres, de duels et de scènes d'abordage assez vite expédiées mais néanmoins présentes. Reste que la majeure partie de l'action se déroule sur la terre ferme, la faute à un budget qu'on devine pas très fourni. Ce qui n'empêche pas les costumes ou les décors naturels d'être assez soignés, notamment les robes de la gent féminine espagnole, toutes superbes. Parmi ces demoiselles, on trouve Nadia Marlowa, une actrice russe qui n'a pas fait une grande carrière mais qui s'avère charmante. Elle joue la belle Leonora et passe son temps à pleurer le départ de l'homme qu'elle aime en secret, Lex Barker bien sûr ! Le couple séparé se retrouvera lorsque le pirate Calico Jake abordera un navire espagnol sur lequel notre demoiselle amoureuse se trouve. Calico Jake, parlons-en d'ailleurs, puisqu'il est l'un des personnages principaux du film. Un pirate rocambolesque, bien en chair, sévère mais avec un bon fond, et l'acteur Walter Barnes, qui lui prête ses traits, est vraiment très à l'aise dans ce rôle et s'en donne à cœur joie pour notre plus grand plaisir. On notera d'ailleurs que la plupart des protagonistes principaux ont une sorte de double-facette dans ce film, se faisant souvent passer pour ce qu'ils ne sont pas vraiment. Mais au fait, le fameux Épervier Noir dans tout ça, que devient-il ? Eh bien, c'est là où le film de Paolella pèche un peu : on ne le voit quasiment jamais alors qu'il est quand même celui qui est cité dans le titre du film. Un bref aperçu dans la scène introductive, un petit combat dans une auberge contre Lex Barker et hop, on ne le reverra avec son beau costume noir que vers la fin du film, et encore, il dévoilera son identité dans les secondes qui suivent son apparition. C'est quand même dommage car il avait un bon potentiel avec son déguisement façon Zorro et je pensais qu'il allait être bien plus présent à l'écran, du moins sous cette apparence bien sûr. C'est vraiment le point faible pour moi de ce film, qui reste divertissant et satisfera les amateurs de film d'aventure à l'ancienne.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-  
- Belle copie en VF ou VOSTF, avec un joli boitier digipack.
- Présentation du film et du casting par Christian Lucas
Diaporama d’affiches et de photos
- Film-annonce



LES TRAQUÉS DE L'AN 2000

 

LES TRAQUÉS DE L'AN 2000
(Turkey Shoot)

Réalisateur : Brian Trenchard-Smith
Année : 1982
Scénariste : Jon George, Neill D. Hicks
Pays : Australie
Genre : Action, Horreur, S-F
Interdiction : - 16 ans
Avec : Steve Railsback, Olivia Hussey, Michael Craig, Lynda Stoner, Roger Ward...


L'HISTOIRE : Dans un futur proche, un gouvernement totalitaire fait arrêter les citoyens considérés comme déviants et les fait interner dans de terribles camps de rééducation où se pratiquent humiliations, sévices, tortures. Le directeur de l'un des camps décide d'organiser une chasse à l'homme : quelques prisonniers seront lâchés dans une forêt proche et serviront de gibier, dont le résistant Paul Anders et la fragile Chris Walters...

MON AVIS : Sacré tournage pour le réalisateur Brian Trenchard-Smith, le casting et l'équipe technique que ce Turkey Shoot, film australien rebaptisé en France Les Traqués de l'An 2000 pour sa sortie en salles le 15 juin 1983. Sacré tournage car tout a été revu à la baisse : le budget initial de 3,2 millions de dollars a perdu 700 000$ ; la durée de tournage est passée d'une quarantaine de jours à 30 jours seulement ; le scénario a été remanié et plusieurs pages ont disparu pour pouvoir s'adapter au nouveau budget, le privant d'une introduction explicative nettement plus détaillée sur le pourquoi de l'incarcération des trois personnages principaux ainsi que de scènes d'action, dont une en hélicoptère ; le nombre de figurants a lui aussi été revu puisqu'au départ, le camp devait contenir environ 500 prisonniers à l'écran, ils ne seront plus que 70 au final et j'en passe. Bref, un début chaotique auquel il faut ajouter le fait que la star féminine du film, Olivia Hussey, la jolie Juliette du Roméo et Juliette de Franco Zeffirelli (1968), appréhende réellement le tournage en Australie de peur de la faune sauvage vivant dans ce pays et refuse les scènes dénudées, ce qui nécessitera de faire appel à une doublure pour la scène de la douche. Autre petit souci, l'acteur principal, Steve Railsback, est un habitué de la méthode apprise à l'Actor's Studio et il veut réellement assumer toutes les séquences, sans jamais simuler ou faire semblant, à l'image de celle où il est enfermé dans une cage, devant porter à bout de bras une lourde plaque maintenu par des poids. Ses grimaces de douleur ne sont pas feintes dans cette séquence mais en contrepartie, il n'arrivait plus à dire son texte, ce qui a multiplié les prises. Bref, tournage complexe dans des conditions pas vraiment prévues au départ du projet. Brian Trenchard-Smith aurait pu quitter le navire face aux difficultés rencontrées mais non. Il décide de faire front et va tout faire pour livrer un film correct et divertissant. A l'arrivée, vu les conditions de tournage, il ne garde pas un très bon souvenir des Traqués de l'An 2000, qu'il considère comme un échec, voire même comme un très mauvais film, ce qui est aussi l'avis de la majorité du casting, déçu des restrictions budgétaires apportées par les producteurs. Pourtant, si on est fan de cinéma Bis décomplexé, impossible de nier que Les Traqués de l'An 2000 coche toutes les cases qui font qu'on aime ce type de cinéma déviant : on a des éléments de films de prison, de la chasse à l'homme, un peu de nudité, de la violence, des personnages de méchants bien antipathiques, de l'aventure, du dépaysement, un côté science-fiction puisque le récit se passe en 1995 et même du gore !  Que demande le peuple ? Certes, on aurait aimé en savoir plus sur cette société totalitaire, que le réalisateur voulait mieux mettre en avant, façon 1984 de George Orwell. Si le côté politique a été revu à la baisse, la thématique est néanmoins bel et bien présente à travers les rapides séquences amenant à comprendre pourquoi les deux héros principaux ont été arrêté et conduit dans ce camp de rééducation. Une fois dans ledit camp, le film prend des allures de film de prison façon Le Pont de la Rivière Kwai ou Luke la Main Froide entre autres, avec ces méchants gardiens qui n'hésitent pas à rabaisser et maltraiter les prisonniers. Parmi eux, l'imposant acteur Roger Ward, le fameux Fifi du Mad Max de George Miller ! Il joue ici un salaud de premier ordre, usant de la violence sans sourciller, même auprès de jeunes femmes sans défense. Son supérieur, et commandant du camp, Charles Thatcher (Michael Craig), dont le choix du nom n'a pas été laissé au hasard et fait référence à une certaine première ministre anglaise, est aussi pourri que lui et fait régner la loi et l'ordre d'une main de fer, se permettant même d'organiser des séances de chasse à l'homme pour de riches clients ! Si la première partie du film joue donc dans la cour du film de prison, avec tous les clichés que cela comporte (scènes de douche, tortures, soumission des prisonniers, tentative d'évasion, punition sévère comme on fera les frais un jeune évadé lors d'une séquence particulièrement cruelle...), la seconde et plus longue partie du film va se la jouer façon La Chasse du Comte Zaroff, avec cinq prisonniers pris en chasse par le commandant du camp et ses trois invités, qui prennent plaisir à traquer et tuer leurs semblables. C'est la partie la plus "fun", si on peut dire, du film, avec utilisation de véhicules un peu futuriste, d'une sorte d'homme-animal qui donne un aspect vraiment Bis à l'aventure et de scènes gores assez jouissives il faut bien le reconnaître, dont la mort de Thatcher qui vaut son pesant de cacahuètes. Si on sent bien qu'Olivia Hussey n'est clairement pas à l'aise ici, le reste du casting s'en sort correctement, notamment Carmen Duncan qui joue le personnage de Jennifer, une chasseuse adepte de l'utilisation de l'arbalète et qui prend un malin plaisir à envoyer diverses types de flèches (perforantes, explosives...) sur ses victimes. Le final, grâce à l'intégration d'astucieux stock-shots d'avions larguant des bombes, se montre assez spectaculaire, et riche en explosions de toutes sortes. Gros succès en Angleterre, Les Traqués de l'An 2000 a longtemps été mal considéré en Australie, jusqu'à ce qu'un certain Quentin Tarantino ne le réhabilite. Il reste honnêtement un film des plus plaisants à visionner, pour peu qu'on le considère pour ce qu'il est réellement : une série B violente et trash, sans temps morts, pleine de rebondissements, qui n'a pas peur d'en faire un peu trop et qui en donne pour son argent au public, avec les moyens du bord ! Ce qui n'est déjà pas si mal ! Et rappelez-vous : "La liberté, c'est l'obéissance. L'obéissance, c'est le travail. Le travail, c'est la vie" ! 

* Disponible en combo DVD + BR chez -> RIMINI EDITIONS <- 
Comme toujours, il faut s'attendre à une très belle édition chez cet éditeur et c'est encore le cas ici. Boitier trois volets sous fourreau, livret informatif, des bonus intéressants et surtout une très belle remasterisation de l'image qui permet de (re)voir le film dans les meilleures conditions possibles, en VF ou VOSTF
Bonus : 
- Interviews de Michael Craig, Lynda Stoner et Roger Ward (23’43”)
- Interview de Brian Trenchard-Smith (9’48”)
- « La renaissance du cinéma de genre australien » avec la participation de Brian Trenchard-Smith, Antony I. Ginnane et Vincent Monton (26’)





LE RAYON INVISIBLE

 

LE RAYON INVISIBLE
(The Invisible Ray)

Réalisateur Lambert Hillyer
Année : 1936
Scénariste John Colton
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction, aventure
Interdiction : /
Avec Boris Karloff, Bela Lugosi, Frances Drake, Frank Lawton, Violet Kemble Cooper...


L'HISTOIRE : Le docteur Janos Rukh tient enfin sa revanche sur le corps scientifique : il a découvert comment exploiter un rayon invisible en provenance de la galaxie d'Andromède et ce, afin de prouver qu'une météorite a touché le continent africain il y a des milliers d'années. Il convie Sir Francis Stevens ainsi que le docteur Benet a venir constater son incroyable découverte. Fort de son succès, Janos Rukh accepte de participer à une expédition en Afrique mise en chantier par Stevens et Benet mais très vite, il décide de faire cavalier seul afin de trouver des fragments du météorite. Il réussit cette mission mais se retrouve contaminer par les émanations du météorite, composé de Radium X. Il demande l'aide du docteur Benet, qui parvient à lui administrer un antidote qu'il devra prendre à vie. Mais le Radium X perturbe la santé mentale du scientifique...

MON AVIS : Pour rester en tête de liste des studios mettant en avant le cinéma fantastique et d'épouvante dans les années 30, la Universal produit de nombreux films qui sont d'un niveau inférieur à ses prestigieux classiques mais qui demeurent néanmoins des films de qualité fort appréciables. En 1936, les producteurs décident de réunir à nouveaux les deux stars de l'époque, à savoir Boris Karloff et Bela Lugosi. Les deux acteurs ont déjà joué ensemble dans Le Chat Noir en 1934 et dans Le Corbeau en 1935. En 1936, ils se retrouvent donc au casting de The Invisible Ray, baptisé logiquement Le Rayon Invisible pour sa sortie française au mois de mai de cette même année. C'est Lambert Hillyer qui est chargé de mettre en image le scénario de John Colton. Le réalisateur n'est pas un novice, il a débuté sa carrière en 1917 et a même dirigé le grand Lon Chaney lui-même. Il n'a par contre pas d'expérience dans le cinéma fantastique ou d'épouvante et Le Rayon Invisible sera son premier film dans ce genre. Le film mélange d'ailleurs plusieurs influences et plusieurs ambiances très différentes, ce qui lui donne un cachet assez original. En effet, on débute dans une atmosphère qui fait très film d'épouvante, avec cette grande maison et cet orage qui fait rage, ainsi qu'avec le personnage de la mère du docteur Janos Rukh, une vieille dame aveugle un peu inquiétante jouée par Violet Kemble Cooper. La femme du docteur Rukh est quant à elle interprétée par la brune Frances Drake (vu dans Mad Love l'année précédente) et elle a tout de l'héroïne qui deviendra potentiellement une femme apeurée dans ce style de film. Le savant est joué par Boris Karloff et sa passion pour sa découverte, son implication, nous fait penser un peu au baron Frankenstein. Une fois les deux invités du savant réunis dans son laboratoire afin d'assister à sa démonstration, le film bifurque dans la science-fiction, avec des images de lointaines galaxies ainsi que de la Terre frappée par un météore il y a de ça plusieurs millions d'années. Des visions rendues possibles grâce à la découverte du rayon invisible qui donne son titre à l'oeuvre de Lambert Hillyer. Une découvert majeure dans le domaine de la science, que le docteur Benet (interprété par un Bela Lugosi très posé, très sérieux et bien loin de son jeu théâtral d'antan) ne manquera pas de saluer, ce qui provoque une réelle satisfaction de l'ego du docteur Rukh, lui qui se plaint d'être mis à l'écart par la communauté scientifique. Une donnée qui aura son importance dans les tragiques événements qui viendront ponctuer le film. Le Rayon Invisible prend ensuite une toute autre tournure puisqu'il s'oriente carrément dans le film d'aventure, avec expédition en terre africaine, aventuriers, boys africains, recherche en zone hostile et même une romance qui prend forme entre la femme délaissée du docteur Rukh et Ronald Drake, un jeune aventurier joué par Frank Lawton. On se croirait presque dans une bande-dessinée ou un serial, avec cette quête du météore par un Boris Karloff avide de gloire et de reconnaissance, et qui va malheureusement être irradié par ce dernier et notamment par le Radium X, ce qui lui donne une phosphorescence de la peau en pleine nuit, reproduite à l'écran par un halo de lumière entourant son visage et ses mains. Plus dramatique, cette irradiation provoque la mort de ceux qu'il touche. On pourra trouver peu crédible le fait que les personnes se trouvant juste à ses côtés ne soient pas elles-mêmes irradiées, ce qui aurait pu être le cas de Bela Lugosi venant lui apporter son aide par exemple. Passons sur ce détail pour mettre en avant ce que je viens d'écrire ! Oui, vous avez bien lu, Bela Lugosi interprète ici un personnage positif, voulant aider les autres, agissant par compassion, ce qui est assez rare pour être souligné. Il va donc trouver un moyen de guérir The Luminous Man comme le clame le slogan de l'affiche originale, avec un remède à vie devant être pris chaque jour pour contrer les effets dévastateurs du Radium X. Pas de bol pour Karloff, l'égo de son personnage va prendre le dessus et s’imaginer que le docteur Benet et les membres de l'expédition, qui utilisent sa découverte pour guérir des malades, lui ont purement et simplement volé ce qui lui appartenait et donc ne lui offrent pas la reconnaissance qui lui est dû. Une mauvaise interprétation des faits et des paroles, qui vont suffirent à le transformer en assassin lors de la dernière partie du film et ce, jusqu'au tragique dénouement final. Sans être un film majeur de la Universal, Le Rayon Invisible permet de voir côte à côte Karloff et Lugosi, ce qui est toujours très agréable et intéressant pour tout amateur de cinéma fantastique qui se respecte. L'histoire est plutôt bien troussée et la mise en scène efficiente. Le rythme est bon, jamais ennuyeux malgré une durée un peu plus longue que d'habitude, avec 79 minutes au compteur. 

* Disponible en combo DVD + BR ou DVD simple chez -> ELEPHANT FILMS <- 
- Un livret collector de photos du film par Alain Petit (16 pages)
- Le film par Eddy Moine
- Bande-annonce d’époque




99 FEMMES

 

99 FEMMES
(Der heiße Tod)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1969
Scénariste : Harry Alan Towers
Pays : Italie, Espagne, Allemagne, Angleterre
Genre : Aventure, Women in Prison
Interdiction : -16 ans
Avec : Maria Schell, Maria Rohm, Herbert Lom, Rosalba Neri...

L'HISTOIRE : De jeunes prisonnières sont envoyées au beau milieu du Pacifique, sur une île où se situe le pénitencier Castillo de la Muerte, dirigé d'une main de fer par le Gouverneur Santos et la cruelle directrice Thelma Diaz. Les nouvelles arrivantes portent le numéro 97, 98 et 99. Suite à plusieurs décès, une inspectrice, Leonie Caroll, débarque également sur l'île afin de vérifier les conditions de détention. Cette dernière va se prendre d'amitié pour Marie, la prisonnière 99...

MON AVIS : La collaboration entre le réalisateur Jess Franco et le producteur Harry Alan Towers a donné lieu à une série de neuf films de qualité, dont Le Trône de Feu, Venus in Furs, Les Nuits de Dracula ou Justine ou les Vices de la Vertu entre autres. Parmi les titres les plus emblématiques de la filmographie du réalisateur ibérique figure un certain 99 Femmes, réalisé en 1969 et qui est aussi une production d'Harry Alan Towers. Un film connu pour être l'un des premiers du genre Women In Prison, dont les prémices remontent au film Caged de John Crowell (1950). Si on trouvait déjà dans ce dernier les codes principaux du genre, avec la méchante directrice et le comportement violent des gardiens envers les prisonnières par exemple, Jess Franco va aller encore plus loin, en accentuant la violence, les châtiments et surtout en développant l'aspect érotique, élément qui deviendra la marque de fabrique de ce genre fort apprécié des amateurs de cinéma Bis. Sur un scénario assez simpliste (des femmes se retrouvent incarcérées dans une prison pour femmes et deviennent les jouets de la cruelle directrice et du Gouverneur, pendant qu'une détachée du gouvernement doit faire la lumière sur ce qu'il se passe dans cette prison...), Jess Franco livre une oeuvre soignée, correctement mise en scène, avec toujours ses traditionnels zooms au rendez-vous. Le film nous donne le plaisir de voir à l'écran la blonde Maria Rohm (troisième actrice qu'il a le plus dirigée avec Lina Romay et Soledad Miranda), Luciana PaluzziElisa Montés et surtout l'incendiaire Rosalba Neri, qui interprète une prisonnière qui aime trouver du réconfort auprès des femmes. L'aspect lesbien est ici développé et on assiste à quelques scènes saphiques très soft en fin de compte mais joliment filmé, mise à part la première qui ne donne à voir pas grand chose si ce n'est du... flou ! Peut-être un test de la part de Franco mais l'effet n'est pas formidable car il nous prive du joli corps dénudé des deux actrices. Heureusement, il se rattrapera ensuite, tout en restant assez prude par rapport à ses films à venir. La méchante directrice est jouée par Mercedes McCambridge, célèbre entre autres pour avoir été la rivale de Joan Crawford dans Johnny Guitar mais aussi la voix du démon Pazuzu dans L'Exorciste ! Le Gouverneur de l'île, qui dirige aussi la prison et n'hésites d'ailleurs pas à prendre du bon temps avec les prisonnières, est quant à lui joué par le non moins célèbre Herbert Lom, vedette du film noir durant les années 40 et 50 et interprète du Fantôme de l'Opéra dans le film de Terence Fisher réalisé en 1962. L'agent du gouvernement chargé d'enquêter sur la prison est joué par Maria Schell et son personnage est intéressant car elle va ressentir de l'humanité pour les prisonnières et tenter de faire que leur condition d'emprisonnement soit moins rude. Un casting solide donc pour un film qu'on pourra trouver un peu académique et finalement assez sage, même si on retrouve bien la patte Franco lors de deux scènes de flashback, nous dévoilant pourquoi Maria Rohm et Rosalba Neri ont atterri en prison. D'une durée de 89 minutes environ, 99 Femmes joue dans le registre du W.I.P durant une bonne heure avant d'aller flirter vers le film d'aventure en jungle lors de la dernière demi-heure. Un final aventureux bien dépaysant, avec serpent, marécage et chasse à l'homme, ou à la femme devrais-je plutôt dire. 99 Femmes est sortit en France sous le titre Les Brûlantes, avec un autre montage et parfois caviardé de séquences pornographiques rajoutées et qui discréditent l'oeuvre originale. En tout cas, un titre référence pour tout amateur de W.I.P. et une oeuvre fondatrice du genre. 

* Disponible en DVD et BR chez -> ARTUS FILMS <-
Bonus
Montage français sans inserts X (exclusivité BluRay)
Présentation par Stéphane du Mesnildot
Diaporama d’affiches et photos
Film-annonce original




LE TRÔNE DE FEU

 

LE TRÔNE DE FEU
(Il Trono di Fuoco / The Bloody Judge / The Night of Blood Monster)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1970
Scénariste : Enrico Colombo, Jess Franco, Michael Haller, Anthony Scott Veitch
Pays : Italie, Espagne, Allemagne, Liechtenstein
Genre : Aventure, Historique, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Christopher Lee, Maria Schell, Leo Genn, Maria Rohm, Margaret Lee...

L'HISTOIRE : Angleterre, 1685. A la mort du roi Charles II, Jacques II monte sur le trône. Mais une grande partie de la population est fidèle à Guillaume d'Orange, en exil. Afin de contrôler les conspirateurs, le juge Jeffreys est chargé de faire régner l'ordre. Il exécute sa mission avec beaucoup de zèle, torturant et faisant périr sur le bûcher de nombreuses femmes soi-disant sorcières. La famille de Lord Wessex, et notamment son fils Harry, va s'opposer au juge sanguinaire...

MON AVIS : Tiens, voilà encore un film qu'il faudrait montrer aux détracteurs de Jess Franco et aux mauvaises langues considérant que le prolifique réalisateur ibérique n'est qu'un vulgaire tâcheron ! Je ne suis pas de ceux qui glorifient toute l'oeuvre de Jess Franco, quitte à faire passer des vessies pour des lanternes par amour du cinéma Bis, loin s'en faut. Mais force est de constater que sa filmographie recèle de vrais bons films et Le Trône de Feu en est un, assurément. Produit par Harry Alan Towers en 1970, ce film se révèle en effet d'une réelle qualité, que ce soit dans la mise en scène, le casting proposé, le soin apporté aux costumes, au choix des décors naturels ou aux scènes de batailles. Il mêle film d'aventure politique (avec complots à la cour pour renverser le roi Jacques II, révolte menée par des rebelles opposés au pouvoir en place), film historique (le récit prend à son compte un fait historique réel ainsi que des personnages ayant réellement existé) et film d'horreur utilisant le thème de la terrible inquisition, en la personnage du fameux juge sanglant, George Jeffreys, né le 15 mai 1645 et mort le 18 avril 1689 à la tour de Londres. Un personnage antipathique, sans pitié, ayant envoyé à la torture puis à la mort des centaines de personnes et dont les méfaits ont été une source d'inspiration pour des films tels Le Grand Inquisiteur par exemple. Du propre aveu de Jess Franco, sa principale source d'inspiration pour ce film a été le film de Rowland V. Lee réalisé en 1939, La Tour de Londres, avec un Boris Karloff particulièrement inquiétant dans son rôle de bourreau. Dans Le Trône de Feu, c'est Christopher Lee en personne qui va avoir l'honneur d'interpréter ce juge inquisiteur redoutable et le prestigieux acteur s'en sort très bien, avec une interprétation plutôt maîtrisée, sans excès, posée, sans surenchère dans le démonstratif. Il agit par principe, ses principes, et seul son jugement moral est valable, ce qui rend les séquences de tribunal assez glacial car on sait que, quelque soit la défense des accusés, le sort de ces derniers est déjà réglé dans l'esprit du juge Jeffreys, qui a droit de vie ou de mort sur quiconque. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir quelques petits problème de conscience, comme nous le montre une excellente scène de cauchemar dans laquelle il revoit le sort tragique de ses victimes, livrées à son bourreau personnel, et dont les images crues de tortures viennent le hanter. Des images horrifiques soignées et qui de déméritent pas face à la concurrence, même si dans le genre, l'inégalable reste sans conteste le terrible La Marque du Diable, sortit d'ailleurs en cette même année 1970. Dans le film de Franco, le bourreau est interprété par son acteur fétiche, à savoir Howard Vernon bien sûr, qui s'en donne à cœur joie pour terrifier et maltraiter les jeunes filles sans défense ! Même si Le Trône de Feu n'est pas un catalogue de tortures en tout genre, on assistera bien à quelques séquences mettant en vedette flagellations, étirements de membres, fer brûlant posé à même la peau et autres petits supplices fort sympathiques. Encore plus étrange sera la scène dans laquelle Maria Rohm se met à lécher le corps dénudée et ensanglantée d'une suppliciée, sans véritable raison d'ailleurs, sauf à procurer du plaisir à notre fameux bourreau qui n'en rate pas une miette. Maria Rohm qui est d'ailleurs l'actrice principale du film, jouant le rôle de Mary Gray, jeune fille amoureuse du fils de Lord Wessex et qui va se retrouver prisonnière dans les geôles du juge Jeffreys ! Son fiancé Harry (Hans Hass Jr.) fera tout pour la libérer, quitte à risquer sa vie puisque œuvrant aux côtés de rebelles voulant renverser le roi Jacques II. Cette rébellion sera l'un des thèmes principaux du film également, avec une belle scène de batailles entre les deux armées, scène dont Jess Franco était particulièrement fier. Le film enchaîne et mélange donc les jugements de Jeffeys, les tortures dans les donjons, les intrigues politiques, les courses-poursuites à cheval, les exactions des hommes de main du juge, la romance entre Mary et Harry, la rébellion contre le pouvoir, le tout avec une petite touche d'érotisme et de sadisme propre à ce type de film. On sent que le budget a été plutôt conséquent pour le réalisateur, qui a su en tirer parti afin d'offrir le meilleur spectacle possible au public. Vraiment, Le Trône de Feu est un film très soigné visuellement, qui fait tout à fait illusion et qui retranscrit bien l'époque du récit. Du bon cinéma populaire, qu'on prend plaisir à regarder et qui bénéficie de la très jolie partition musicale de Bruno Nicolai ! A noter que le personnage du comte de Wessex devait initialement être interprété par Dennis Price, mais ce dernier quitta le projet à la dernière minute et fut remplacé par Leo Genn. Dennis Price est néanmoins toujours crédité sur certaines affiches et autres matériels publicitaires, comme sur l'affiche française présentée en début d'article.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-    
Superbe qualité d'image pour redécouvrir les sentences mortelles de Christopher Lee, parfait en juge inquisiteur ! VF + VO anglaise (avec quelques passages en Allemand)
BONUS
- Présentation par Stéphane du Mesnildot
- Scène coupée
- Diaporama d’affiches et photos
- Film-annonce original



L’HÉRÉTIQUE

 

L’HÉRÉTIQUE
(Die Ketzerbraut)

Réalisateur : Hansjörg Thurn
Année : 2017
Scénariste : Dirk Salomon, Hansjörg Thurn, Thomas Wesskamp
Pays : Allemagne, Autriche, République Tchèque
Genre : Aventure, Historique, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Ruby O. Fee, Christoph Letkowski, Manuel Mairhofer, Paulus Manker ...


L'HISTOIRE : Au début du XVIe siècle, la violente inquisition menée par l'Église contre les hérétiques plonge les populations dans le peur. Personne n'est à l'abri, pas même Genoveva, la fille d'un important Seigneur, qui assiste impuissante à l'exécution de son père. Au bord de la folie, elle jure alors de se venger de ses bourreaux, sans savoir qu'elle s'apprête à lever le voile sur un complot qui remonte jusqu'aux plus hautes sphères de l'Église...

MON AVIS : Les films sur la terrible époque de l'Inquisition sont légion, notamment dans le genre horrifique, dont les classiques Le Grand Inquisiteur et La Marque du Diable font figures de référence. Un sujet qui revient fréquemment sur les écrans, en témoigne le très bon film de 2020, Les Sorcières d'Akelarre de Pablo Agüero. La chasse aux hérétiques permet aux divers réalisateurs s'étant emparés de ce thème de mettre en avant les dangers de l’extrémisme religieux et les exactions violentes qu'une pratique totalitaire de la religion peut entraîner. Un thème malheureusement toujours d'actualité. En 2017, le réalisateur allemand Hansjörg Thurn apporte sa pierre à l'édifice avec L'Hérétique, une co-production Germano-Autricho-Tchèque produite pour la télévision. Une production luxueuse, bénéficiant de très beaux décors et costumes et d'un casting qui fait très bien le job. L'approche est ici assez différente de ce qu'on a l'habitude de voir dans ce type de films sur l'Inquisition puisque l'histoire proposée met en avant la révolution menée par le frère augustin Martin Luther, personnage historique "théologien, professeur d'université, initiateur du protestantisme et réformateur de l'Église, dont les idées exercèrent une grande influence sur la Réforme protestante, qui changea le cours de la civilisation occidentale" [Wipikédia] Le combat de Martin Luther pour changer les dogmes de l'Eglise l'amène même à défier l'autorité Papale à l'aide de ses fidèles, ces derniers étant déclarés "hérétiques". Pour Martin Luther, seul les écrits de la Bible sont à prendre en considération pour le salut de l'âme et il est scandalisé par certaines pratiques de l'Eglise, comme le commerce des indulgences instauré par les papes Jules II et Léon X pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome, ce qui lui fera publier 95 thèses en 1517, un texte blasphématoire pour l'autorité cléricale. Cette période méconnue et le combat de Martin Luther, pour moi en tout cas, sont donc au centre du scénario. Parmi les personnages principaux, outre Luther lui-même, on trouve la jolie Genoveva (Ruby O. Fee), fille d'un seigneur qui va être victime d'un complot contre son père, fomenté par le prêtre inquisiteur Johann von Perlach (Paulus Manker). Cette jeune femme, aux idées novatrices, va subir les tourments de l'Inquisition, avec viols et tortures au programme, afin de lui laver le cerveau et lui faire croire que l'ennemi est le groupe d'hérétiques mené par Martin Luther. Autre protagoniste important, le peintre Ernst Rickinger (Christoph Letkowski), qui n'hésites pas à peindre des nues et qui tombera amoureux de Genoveva. On découvre assez rapidement qu'il est le bras armé de la révolution menée par Martin Luther et l'un de ses plus fervents serviteur. L'Hérétique utilise donc des faits historiques avérés et les intègrent dans une histoire romanesque, qui mêle aventure, drame, trahison, action et romance. La base de départ est d'ailleurs un roman écrit par Iny Lorentz. Téléfilm en costumes ayant bénéficié d'un budget conséquent, L'Hérétique fait preuve d'une certaine retenue en ce qui concerne la violence, présente sans être forcément très graphique, tout en se permettant quelques légères touches érotiques. Le plus intéressant sera l'évolution du personnage de Genoveva, qui ne sait plus à quel Saint se vouer, étant prise malgré elle dans les affres sanglants de cette réforme protestante, la violence n'étant pas forcément dans le camp désigné comme coupable. C'est donc à une chasse aux sorcières différente de ce qu'on a l'habitude de voir à laquelle on assiste ici et c'est ce qui fait toute l'originalité de l'histoire. Bénéficiant d'un rythme assez alerte, d'une mise en scène ample et d'une intrigue intéressante, L'Hérétique se veut un divertissement de qualité sur cette période de l'Histoire. C'est plutôt réussi !

* Disponible en VOD, DVD et BR chez -> Condor Entertainment <-