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OPPENHEIMER

 

OPPENHEIMER
(Oppenheimer)


Réalisateur : Christopher Nolan
Année : 2023
Scénariste : Christopher Nolan, Kai Bird, Martin Sherwin
Pays : USA, Angleterre
Genre : Biographie, drame
Interdiction : /
Avec : Cillian Murphy, Emily Blunt, Matt Damon, Florence Pugh, Robert Downey Jr....

L'HISTOIRE En 1942, convaincus que l’Allemagne nazie est en train de développer une arme nucléaire, les États-Unis initient, dans le plus grand secret, le Projet Manhattan destiné à mettre au point la première bombe atomique de l’histoire. Pour piloter ce dispositif, le gouvernement engage J. Robert Oppenheimer, brillant physicien, qui sera bientôt surnommé "le père de la bombe atomique". C’est dans le laboratoire ultra-secret de Los Alamos, au cœur du désert du Nouveau-Mexique, que le scientifique et son équipe mettent au point une arme révolutionnaire dont les conséquences, vertigineuses, continuent de peser sur le monde actuel…

MON AVIS : Christopher Nolan s'attaque à un biopic consacré au père de la bombe atomique avec Oppenheimer, film-fleuve de 3h qui décrit avec précision la destinée de ce génie de la physique, qui a côtoyé les plus grands noms de la science, dont Albert Einstein. Interprété avec brio par Cillian MurphyJ. Robert Oppenheimer est l'un des plus grands physiciens américains, né en 1904 à New York. Il parle l'anglais, l'allemand et le français et peut donc lire les ouvrages de physique, de chimie ou de mathématique dans ces langues. Il a publié des textes novateurs en physique quantique, sur les particules et sur la physique nucléaire, ce qui lui vaut d'être sollicité en 1943 par le général Leslie Richard Groves qui le nomme directeur scientifique du projet Manhattan et ce, malgré ses relations avec les milieux gauchistes. Oppenheimer va ouvrir le centre de Los Alamos et, avec l'aide de nombreux scientifiques, va mettre au point les trois premières bombes nucléaires, dans le but d'avoir une arme de destruction massive pour dissuader les autres pays d'entrer en guerre. Un but pacifiste, qu'il a toujours poursuivi par la suite, ce qui lui vaudra, en 1954 pendant le maccarthysme, de voir son habilitation de sécurité révoquée en raison de ses positions sur les armes thermonucléaires. Il a depuis été réhabilité politiquement lorsque le gouvernement des États-Unis lui décerne le prix Enrico-Fermi. Le film de Nolan joue bien avec cette dualité qui ne cesse d'exister chez Oppenheimer, bien conscient d'avoir ouvert la boite de Pandore par nécessité tout en espérant que son invention ne sera pas utiliser à des fins de destruction par la suite. Le film est totalement exempt de séquences d'action. C'est avant tout un drame humain, la fission d'un individu qui veut faire avancer la science dans un but noble (empêcher les guerres par la dissuasion de voir son arme terrifiante être utilisée) tout en sachant que, mal utilisé, son arme peut anéantir la terre entière. Un beau portrait, porté par le regard de Cillian Murphy, parfait dans le rôle. La mise en scène est léchée, les images d'une réelle beauté, comme toujours chez Nolan, et on ne s'ennuie pas malgré la durée du film. Tout les acteurs sont excellents, de Matt Damon à Emily Blunt, de Robert Downey Jr. à Florence Pugh et j'en passe. Un casting cinq étoiles pour cette biographie de grande ampleur, pour cette plongée dans les tréfonds de l'âme humaine et de l'éthique scientifique. A découvrir pour mieux connaître celui qui changea la face du monde et dont l'invention fait toujours froid dans le dos, et ce, encore à ce jour. 


EXTREMELY WICKED, SHOCKING EVIL & VILE

 

EXTREMELY WICKED, SHOCKINGLY EVIL AND VILE
(Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile)


Réalisateur Joe Berlinger
Année : 2019
Scénariste : Elizabeth Kendall, Michael Werwie
Pays : Etats-Unis
Genre : Biographie, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Lily Collins, Zac Efron, Angela Sarafyan, Kaya Scodelario, Grace Victoria Cox...

L'HISTOIRE Liz, une mère célibataire tombée amoureuse de Ted Bundy, refuse de croire à ses crimes pendant des années. Lors du procès de celui qui deviendra l'un des plus célèbres serial-killers des Etats-Unis, son amour sera sérieusement remis en cause...

MON AVIS : En 2019, le réalisateur Joe Berlinger s'est pris de passion, pourrait-on dire, pour le tueur en série Ted Bundy, qui fût exécuté le 24 janvier 1989 en Floride. En effet, cette même année, il réalise le documentaire Ted Bundy : autoportrait d'un tueur mais également le film Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile, qui relate l'affaire Bundy vu à travers les yeux de Liz Kendall, sa petite amie de l'époque. Le titre, qui peut sembler énigmatique, provient en fait du discours final du juge chargé de l'affaire, qui dira "la Cour a jugé que les crimes commis étant particulièrement atroces et cruels, extrêmement vicieux, scandaleusement abominables et ignobles..." Le nombre de victimes réelles de Ted Bundy reste encore un mystère. Peu avant son exécution, il en a avoué une trentaine mais d'après certains experts, ce chiffre doit probablement être revu nettement à la hausse. Malgré ses allures de séducteur et de monsieur tout-le-monde, gentil et serviable, Theodore Robert Bundy était un véritable monstre qui a tué, massacré, violé ses victimes, parfois même plusieurs jours après leur mort, qui en a décapité plusieurs, conservant leurs têtes dans son appartement. Connaissant parfaitement la loi, il a fait de son procès, le premier entièrement diffusé à la télévision, un véritable show à l'américaine, renvoyant son avocat qu'il trouvait incompétent, assurant lui-même sa défense, charmant le juge par sa répartie, et demandant même une de ses ex toujours amoureuse de lui, Carol Ann Boone, en mariage en pleine audition ! Cela ne suffira pas pour obtenir la clémence du jury et il sera déclaré coupable et condamné à la mort par électrocution. C'est Zac Efron qui endosse la peau d'un des pires tueurs en série américain et l'acteur s'en sort particulièrement bien, mettant en avant l'apparente normalité de son personnage et surtout son charisme, qui lui a permit de séduire de nombreuses jeunes femmes. L'intérêt de ce film est qu'il ne montre aucun meurtre, qu'il ne joue absolument pas sur le voyeurisme pervers ou le sensationnalisme. On suit Ted Bundy vivre sa vie au côté d'une jeune mère célibataire, Liz Kendall, qui ne se doute de rien et aura bien du mal à croire que son charmant fiancé est un sociopathe de la pire espèce. Connaissant parfaitement son sujet, Joe Berlinger livre un biopic original, tourne des scènes similaires avec ce qu'il s'est réellement passé, reprend les dialogues véritables entendus lors du procès de Bundy. L'amateur de sensations fortes en sera pour ses frais puisque, à part une photo particulièrement macabre vue vers la toute fin du film, il n'y a quasiment pas une goutte de sang ou scène de violence dans Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile. Ce qui n'empêche pas le film de faire froid dans le dos, notamment lors du procès et de la scène de la dentition. Mais on a réellement affaire à un film qui s'affirme dans la sobriété, ne décrivant même pas la nature effroyable des meurtres de Bundy. Ce qui fait, qu'au final, si on ne connaît pas cette affaire et l’ignominie de ses crimes, on en arrive presque à le trouver sympathique et à croire à son innocence, jusqu'à sa confrontation finale avec Liz Kendall dans un parloir, où le simple fait d'écrire un mot sur la paroi les séparant provoque un réelle sentiment de malaise. Une approche différente donc d'un sujet passionnant et que j'ai beaucoup apprécié. 


KILL YOUR DARLINGS

 

KILL YOUR DARLINGS
(Kill your Darlings)


Réalisateur : John Krokidas
Année : 2013
Scénariste : John Krokidas, Austin Bunn
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Biographie
Interdiction : /
Avec : Daniel Radcliffe, Dane DeHaan, Michael C. Hall, Ben Foster, Elizabeth Olsen...


L'HISTOIRE : Allen Ginsberg, Jack Kerouac, William S. Burroughs… ils sont les plus grands écrivains américains du 20ème siècle. Kill your Darlings retrace l’histoire de leur rencontre et de leur révolte contre la société américaine. Au milieu d’une frénésie de fêtes, d’alcool et de passions interdites, tous ces jeunes gens enflammés perdent peu à peu leurs repères… jusqu’au meurtre...

MON AVIS : Honnêtement, j'ai visionné ce film parce que le casting inclut la magnifique Elizabeth Olsen, qu'on ne voit d'ailleurs malheureusement que cinq petites minutes ici, la comédienne interprétant la femme de Jack Kerouac dans ce qui s'avère un rôle plutôt anecdotique. Pas grave en soi. Kill Your Darlings est un drame biographique qui nous présente la rencontre au milieu des années 40 de Lucien CarrAllen Ginsberg, Jack Kerouac et William S. Burroughs, soit les fondateurs du mouvement né dans les années 50 et appelé Beat Génération. Un mouvement artistique et littéraire prônant la liberté, la libération sexuelle, la spontanéité de l'écriture, brisant les codes établis depuis des années. Un peu à la manière du Cercle des Poètes Disparus, nos apprentis écrivains / poètes veulent s'affranchir des règles imposées par leurs prédécesseurs et mettre la liberté d'écriture en avant. Ce quatuor de jeunes rebelles est interprété par des acteurs de qualité, dont certains cassent leur image ici, on pense évidemment à Daniel Radcliffe dans un rôle de poète juif homosexuel bien éloigné de celui d'Harry Potter ! Dane DeHaan (Lucien Carr), Ben Foster (William S. Burroughs) et Jack Huston (Jack Kerouac) sont ses compagnons d'aventure. Kill Your Darlings tente donc de nous immerger dans la genèse de la Beat Génération mais n'y parvient qu'à moitié, le scénario se focalisant sur d'autres éléments qui n'apportent pas grand chose à l'histoire, à l'image des scènes avec la mère d'Allen Ginsberg par exemple. De plus, on a du mal à cerner l'importance de ce mouvement une fois le film terminé, surtout si on n'a pas une connaissance plus accrue de ces auteurs et de ce qu'ils ont apporté à la littérature américaine entre autres, ce qui est mon cas. Le film met en avant la thématique de l'homosexualité au sein de ce cercle d'amis, un thème qui sera à l'origine du drame qui aura lieu le 14 août 1944, durant la nuit au cours de laquelle Lucien Carr assassine David Kammerer - joué par Michael C. Hall - un prédateur homosexuel, ami de Burroughs. Un fait divers sordide qui deviendra le sujet du premier roman de Burroughs / Kerouac : Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines qui ne sera publié qu'en 2008 et qui a servi de base au scénario de Kill Your Darlings ! Sans être déplaisant, soutenu par un casting de qualité, le film de John Krokidas nous laisse sur notre faim au final, avec la sensation que le principal a juste été survolé...



DEVOTION

 

DEVOTION
(Devotion)

Réalisateur : J.D. Dillard
Année : 2022
Scénariste : Jake Crane, Jonathan Stewart, Adam Makos
Pays : Etats-Unis
Genre : Guerre, Drame, Action, biographie
Interdiction : /
Avec : Jonathan Majors, Glen Powell, Christina Jackson, Joe Jonas, Thomas Sadoski...


L'HISTOIRE : Deux pilotes de chasse de la marine américaine, Jesse L. Brown et Tom Hudner, risquent leur vie pendant la Guerre de Corée et deviennent les ailiers les plus célèbres de cette dernière...

MON AVIS : Un bien joli film retraçant l'histoire, bien réelle, de deux pilotes de chasse, Tom Hudner et Jesse L. Brown, devenus amis lors de la Guerre de Corée durant les années 50. La particularité de ce duo ? Jesse L. Brown est le premier pilote de chasse afro-américain de la marine américaine ! Un particularité pas facile à vivre pour le jeune pilote, marié Daisy Brown et père d'une petite fille. Sur fond de racisme, que ce soit dans sa vie de tous les jours (la voisine qui appelle la police parce que la musique chez les Brown serait trop forte) ou au sein même de l'armée (quelques collègues d'une autre section ne semblent pas approuver qu'un "nègre" fasse partie de l'élite des pilotes / Jesse L. Brown racontant à Tom tous les bâtons dans les roues que ses supérieurs lui ont mis afin qu'il rate les épreuves d'admission...), le spectateur suit donc le destin exceptionnel de ces deux hommes, superbement interprétés par Jonathan Majors (Jesse L. Brown) et Glen Powell (Tom Hudner), ce dernier ayant décidément une prédestiné à jouer les pilotes de chasse puisqu'on l'a vu récemment dans Top Gun Maverick ! Par de nombreux aspects, le film nous fait penser à Pearl Harbor, le côté ultra-spectaculaire en moins. Devotion se focalise donc principalement sur les rapports humains, avec la mise en avant de la difficulté d'être noir dans les années 50 et surtout doué dans son domaine, thématique qu'il traite avec discernement et un réel tact, rappelant au passage que Jesse L. Brown n'a jamais voulu être "le premier noir de l'aviation US mais juste le meilleur pilote possible pour remplir sa mission". Le film alterne entre scènes de la vie quotidienne, relation entre pilotes et bien sûr, séquences aériennes. Les amateurs de films sur l'aviation seront ravis de voir voler des engins d'époque, tels des Corsair et autres F8F-2 Bearcats entre autres. La reconstitution d'époque est réellement soignée et on plonge réellement au sein des 50's. Les différentes missions attribuées aux pilotes sont de qualité et admirablement bien filmées. L'émotion est au rendez-vous et les photos d'époque des deux héros vues à la fin sont justifiées et participent pleinement au ressenti positif que Devotion prodigue. A découvrir pour mettre en lumière ce pan de l'histoire et la vie de Jesse L. Brown, qui, en honneur au service rendu à la nation, a vu son nom baptisé un navire de la flotte US, le USS Jesse L. Brown FF1089.


I SAW THE LIGHT

 


I SAW THE LIGHT
(I Saw the Light)

Réalisateur : Marc Abraham
Année : 2015
Scénariste : Marc Abraham, Colin Escott, George Merritt
Pays : Etats-Unis
Genre : Biographie, Drame, Romance, Musical
Interdiction : /
Avec : Tom Hiddleston, Elizabeth Olsen, Maddie Hasson, Cherry Jones, Bradley Whitford...


L'HISTOIRE : La vie de Hank Williams, star mythique de la country music durant les années 40/50...

MON AVIS : N'étant pas du tout un connaisseur de musique country, même si ça ne me dérange pas d'en écouter de temps à autre, je n'aurai jamais eu l'idée de regarder I Saw the Light, qui retrace la vie et la carrière d'une personnalité mythique de ce genre musical, si ne figurait pas au générique la sublime Elizabeth Olsen, dont j'explore la filmographie actuellement. I Saw the Light est donc un biopic consacré à Hiram King « Hank » Williams, un chanteur de country né en 1923, qui a vendu plus de 11 millions d'albums et qui a été classé 74e sur la liste des « 100 plus grands artistes de tous les temps » par le magazine Rolling Stone en 2004. On a donc affaire à du lourd et une rapide recherche sur internet viendra confirmer ce statut de star de légende. Réalisé par Marc Abraham, on trouve au casting du film l'excellent Tom Hiddleston dans le rôle principal, celui-là même qui incarne Loki dans la série Marvel entre autres, et franchement, il livre une solide prestation, parfaitement accompagné par miss Olsen, qui interprète l'amour de sa vie, Audrey Williams, avec qui il se mariera en 1944. Le duo formé par ces deux acteurs donne réellement tout son intérêt au film, puisque le couple alternera entre amour passionné et relation houleuse voire orageuse, Hank Williams devenant rapidement accro à l'alcool et aux médicaments. Une addiction qui n'a rien d'un vice mais qui lui sert à apaiser son mal de dos, le chanteur ayant été diagnostiqué d'un spina bifida occulta, un problème de colonne vertébrale qui l'accompagnera toute sa vie et lui procurant un terrible mal de dos chronique. Il y a toujours une part de ténèbres chez les grands artistes et Hank Williams avait donc la sienne. Le film met également en avant le rôle de sa mère, jouée par Cherry Jones, qui ne trouvait jamais les petites amies de son fils à son goût, ce qui entraînera également des tensions au sein du couple. Bien sûr, I Saw the Light fait la part belle aux chansons de Hank Williams et on en entend plusieurs, dont celle qui donne son titre au film et qui est une chanson religieuse. Il faut préciser que Hank Williams a écrit des titres à la gloire de Dieu sous le pseudonyme de Luke the Drifter. Et bien sûr, qui dit accès à la plus haute marche du podium dit forcément chute et celle de Hank Williams, liée à son alcoolisme et sa dépendance aux médicaments, aura lieu au début des années 50, trouvant même une fin tragique puisque le chanteur décédera à l'âge de 29 ans, le 1er janvier 1953. Comme toute biographie, le film possède des qualités et des défauts, surtout si on n'est pas concerné plus que ça par le sujet de l'étude. Reste que j'ai apprécié découvrir cet artiste, son univers musical, ses ambitions, sa starification et sa déchéance. Elizabeth Olsen joue admirablement bien, comme à son habitude aurais-je envie de dire, l'ambiance des années 40/50 est bien restituée, que ce soit au niveau des décors, des vêtements portés ou des coupes de cheveux. A découvrir...

   

CHARLIE SAYS

 

CHARLIE SAYS
(Charlie Says)

Réalisateur : Mary Harron
Année : 2018
Scénariste : Guinevere Turner
Pays : Etats-Unis
Genre : Biopic, Drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Hannah Murray, Matt Smith, Sosie Bacon, Marianne Rendon, Merritt Weaver...


L'HISTOIRE : Emprisonnées depuis 3 ans suite aux meurtres qu'elles ont perpétré en tant que membre de la Famille de Charles Manson, Lulu, Sadie et Katie reçoivent la visite de Karlene Faith, une éducatrice spécialisée qui doit les aider à comprendre leurs gestes. Petit à petit, les filles se livrent sans tabou et Karlene découvre comment était la vie dans la Famille et comment le pouvoir de persuasion de Manson a pu laver le cerveau de jeunes innocents et les transformer en tueurs sanguinaires...

MON AVIS : La réalisatrice Mary Harron est principalement connue pour ses premiers films, I Shot Andy Warhol (1996), The Notorious Bettie Page (2005) et surtout American Psycho (2000). Œuvrant principalement dans le domaine de la série-télévisée, elle fait son retour en 2018 avec Charlie Says, dont le scénario est basé sur plusieurs ouvrages consacrés à la Famille et aux filles Manson : The Family de Ed Sanders, qui a servi de base principal au récit mais aussi The Long Prison Journey of Leslie Van Houten: Life Beyond the Cult de Karlene Faith et Child of Satan, Child of God: Her Own Story de Susan Atkins. Le film s'intéresse principalement aux trois meurtrières qui ont été incarcéré dans une prison pour femmes en attente de leur exécution : Leslie 'Lulu' Van HoutenPatricia 'Katie' Krenwinkel et Susan 'Sadie' Atkins. La peine de mort ayant été abolie dans l'Etat où elles étaient détenues, leur sentence s'est transformée en emprisonnement à vie. Le film débute trois ans après les sordides meurtres du 9 et 10 août 1969. Les trois prisonnières vivent côte à côte, chacune dans une cellule, à l'abri des autres détenues. La responsable du centre pénitencier pour femmes va demander à une éducatrice spécialisée, Karlene Faith, de les "aider" à réaliser ce qu'elles ont commis car les trois jeunes femmes sont toujours sous l'emprise mentale de leur gourou Charles Manson. Commence alors pour Faith un voyage au sein des 60's et de la Famille. Le film alterne donc scènes de discussions entre Faith et les trois filles, avec tentatives de prise de conscience et remise en question de ce qu'on leur a inculqué et de très nombreux flashback nous propulsant également au sein de la secte Manson. Le plus célèbre des chuchoteurs est interprété par le très bon Matt Smith, que je n'avais pas tout de suite reconnu. L'acteur, qui s'illustre actuellement en tant que Daemon Targaryen dans House of the Dragon, campe un très bon Manson et fait à nouveau preuve de beaucoup de talent pour ce rôle on se doute difficile. Charismatique, beau parleur, colérique, manipulateur, on retrouve toutes les caractéristiques du gourou dans son interprétation et le film met bien en avant cette personnalité sombre et ultra narcissique, lui qui répétait pourtant à ses disciples qu'il fallait oublier son ego. La reconstitution du Spahn Ranch est excellente, c'est d'ailleurs le même décor dont s'est servi Tarantino pour Once upon a time in Hollywood, tout comme la reconstitution de l'ambiance hippie qui y régnait. La liberté et l'amour sans tabou étaient le fer de lance de la Famille et le film ne s'interdit pas à nous montrer ces pratiques, qui ont également permit à Manson d'asseoir sa position de leader intouchable. Il est assez effrayant de voir comment les nombreuses filles présentes, mais aussi les garçons comme Tex Watson, sont totalement dévouées à ce gourou maléfique et comment l'esprit humain peut vaciller aussi facilement quand on lui raconte ce qu'on a envie d'entendre, même si c'est un total ramassis de conneries. Le film se focalise d'ailleurs principalement sur Lulu, qui est jouée par Hannah Murray (Vère dans Game of Thrones), l'une de nouvelle recrue de la Famille. On va suivre le long processus qui va faire de cette innocente jeune fille une fervente disciple de Manson, au contact de ses amies Katie (Sosie Bacon) et Sadie (Marianne Rendón) qui sont, elles, déjà sous l'emprise de ce dernier. On appréciera l'ultime scène du film d'ailleurs, qui nous montre que la vie de Lulu aurait pu être tout autre si elle avait réussi a faire le bon choix à un moment donné. Mais l'emprise de Manson était trop forte à ce moment là, malheureusement pour elle. Charlie Says retrace donc tout le parcours de Manson et de ses disciples, de son amitié avec un des membres des Beach Boys, son désir de devenir musicien (la B.O. est d'ailleurs composé de nombreuses chansons de Manson), sa frustration de ne pas y être arrivé face au refus d'un producteur (ce qui déclenchera le drame à venir), son interprétation toute personnelle des paroles des chansons de l'album blanc des Beatles, sa haine des noirs, son projet Helter Skelter, et les meurtres de Sharon Tate, femme de Roman Polanski et enceinte de huit mois, ainsi que de ses amis présents cette nuit du 9 août 1969 dans la villa de Cielo Drive puis des meurtres de Leno et Rosemary LaBianca le 10 août. On pourra parfois trouver le film un peu ambigu concernant Katie, Sadie et surtout Lulu, car on a souvent l'impression qu'on veut nous les faire passer plus pour des victimes que pour des criminelles. Certes, victimes elles le sont, d'un gourou qui leur a complètement lavé le cerveau mais ça ne retire en rien l'abomination de leurs actes. En tout cas, pour qui s'intéresse à la Famille et à Charles Manson, Charlie Says est assurément l'un des meilleurs films sur le sujet. Patricia Krenwinkel et Leslie Van Houten sont toujours emprisonnées à la California Institution for Women. Susan Atkins est décédée d'un cancer en prison le 24 septembre 2009. Charles Tex Watson est toujours détenu à Mule Creek State Prison. Charles Manson est décédé en prison le 19 novembre 2017.