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WICKED - PARTIE 1

 

WICKED
(Wicked)

Réalisateur : Jon M. Chua
Année : 2024
Scénariste Winnie Holzman, Dana Fox
Pays : USA, Japon, Canada, Islande, Angleterre
Genre : Film musical, fantastique
Interdiction : /
Avec Cynthia Erivo, Ariana Grande, Jeff Goldblum, Michelle Yeoh...


L'HISTOIRE Elphaba, une jeune femme incomprise à cause de la couleur inhabituelle de sa peau verte ne soupçonne même pas l’étendue de ses pouvoirs. À ses côtés, Galinda qui, aussi populaire que privilégiée, ne connaît pas encore la vraie nature de son cœur. Leur rencontre à l'Université de Shiz, dans le fantastique monde d'Oz, marque le début d’une amitié improbable mais profonde. Cependant, leur rapport avec Le Magicien d'Oz va mettre à mal cette amitié et voir leurs chemins s’éloigner. Tandis que Galinda, assoiffée de popularité, se laisse séduire par le pouvoir, la détermination d'Elphaba à rester fidèle à elle-même et à son entourage aura des conséquences aussi malheureuses qu’inattendues. Leurs aventures extraordinaires au pays d’Oz les mèneront finalement à accomplir leur destinée en devenant respectivement la Bonne Fée du Nord et la Méchante Sorcière de l'Ouest...

MON AVIS : Depuis 2003, la comédie musicale Wicked remporte un succès mérité à Broadway. En 2024, Jon M. Chu décide d'en livrer une version cinématographique d'envergure, à la hauteur des attentes des fans du non-moins célèbre Le Magicien d'Oz, dont Wicked se veut la préquelle. L'introduction du film fait parfaitement le lien entre le classique de 1939 et cette préquelle moderne. Wicked se déroule bien avant l'arrivée de Dorothy à Oz. Mais l'introduction fait suite au film de 1939, puisque la mort de la méchante sorcière de l'Ouest est officiellement annoncée au peuple des Munchkins, qui se voit confirmer cette annonce par la belle fée du Nord. Mais cette dernière semble triste et peu encline à exprimer de la joie, ce qui questionne les Munchkins. Face à leur question, la fée du Nord se voit obligée de révêler qu'il y a bien longtemps, la sorcière de l'Ouest était son amie ! Débute alors un flashback qui va nous raconter leur rencontre, leur amitié et surtout, quels sont les événements qui ont conduit Elphaba à devenir une méchante sorcière. Le récit va se dérouler à l'université de Shiz et c'est donc Elphaba qui va en être l'héroïne. Le personnage est admirablement campé par la chanteuse / actrice Cynthia Erivo, qui donne sans souci aucun une dimension tragique à Elphaba, une jeune fille qui va se voir être mise de côté, que ce soit par son père puis par les étudiants de Shiz et ce, à cause de sa couleur de peau, qui est verte. Rejetée, devenant un bouc-émiossaire, Elphaba trouvera un peu de compassion et d'amitié auprès de Galinda, future fée du Nord. Galinda est elle aussi superbement interprétée par la chanteuse / actrice Ariana Grande, qui en fait des tonnes façon poupée Barbie, apparaissant comme une vraie pimbêche, voulant devenir la star de l'académie. Ce côté petite fille insupportable et tête-à-claques ne l'empêcheront pas de prendre Elphaba en pitié et de devenir sa seule amie. Bien sûr, cette amitié va être contrariée et on se doute qu'une fracture va avoir lieu entre les deux jeunes filles, entraînant Elphaba sur le chemin de la rancoeur et de la colère. C'est donc cette histoire que raconte Wicked, sous-titré partie 1 puisque l'éméergence de la sorcière de l'Ouest se fera en deux parties tant son évolution vers le côté obscur est dense. Et pour nous présenter cette première partie, on ne peut pas dire que Jon M. Chu ait fait les choses à moitié ! Décors colorés et imposants, passages musicaux intelligement intégrés au récit, personnages haut-en-couleur, tout est fait pour proposer au public un divertissement somptueux et intelligent, avec tout un aspect portant sur le racisme, l'intolérance et les maux des USA; Franchement, le seul défaut du film serait son climax, qui voit la responsabilité de l'évolution négative d'Elphaba être attribuée au Magicien d'Oz lui-même (génial Jeff Goldblum)  et qui voit le générique de fin débuter après une séquence apocalyptique, nous laissant la bouche sêche et les mains moites ! Vivement la suite ! 


I SAW THE LIGHT

 


I SAW THE LIGHT
(I Saw the Light)

Réalisateur : Marc Abraham
Année : 2015
Scénariste : Marc Abraham, Colin Escott, George Merritt
Pays : Etats-Unis
Genre : Biographie, Drame, Romance, Musical
Interdiction : /
Avec : Tom Hiddleston, Elizabeth Olsen, Maddie Hasson, Cherry Jones, Bradley Whitford...


L'HISTOIRE : La vie de Hank Williams, star mythique de la country music durant les années 40/50...

MON AVIS : N'étant pas du tout un connaisseur de musique country, même si ça ne me dérange pas d'en écouter de temps à autre, je n'aurai jamais eu l'idée de regarder I Saw the Light, qui retrace la vie et la carrière d'une personnalité mythique de ce genre musical, si ne figurait pas au générique la sublime Elizabeth Olsen, dont j'explore la filmographie actuellement. I Saw the Light est donc un biopic consacré à Hiram King « Hank » Williams, un chanteur de country né en 1923, qui a vendu plus de 11 millions d'albums et qui a été classé 74e sur la liste des « 100 plus grands artistes de tous les temps » par le magazine Rolling Stone en 2004. On a donc affaire à du lourd et une rapide recherche sur internet viendra confirmer ce statut de star de légende. Réalisé par Marc Abraham, on trouve au casting du film l'excellent Tom Hiddleston dans le rôle principal, celui-là même qui incarne Loki dans la série Marvel entre autres, et franchement, il livre une solide prestation, parfaitement accompagné par miss Olsen, qui interprète l'amour de sa vie, Audrey Williams, avec qui il se mariera en 1944. Le duo formé par ces deux acteurs donne réellement tout son intérêt au film, puisque le couple alternera entre amour passionné et relation houleuse voire orageuse, Hank Williams devenant rapidement accro à l'alcool et aux médicaments. Une addiction qui n'a rien d'un vice mais qui lui sert à apaiser son mal de dos, le chanteur ayant été diagnostiqué d'un spina bifida occulta, un problème de colonne vertébrale qui l'accompagnera toute sa vie et lui procurant un terrible mal de dos chronique. Il y a toujours une part de ténèbres chez les grands artistes et Hank Williams avait donc la sienne. Le film met également en avant le rôle de sa mère, jouée par Cherry Jones, qui ne trouvait jamais les petites amies de son fils à son goût, ce qui entraînera également des tensions au sein du couple. Bien sûr, I Saw the Light fait la part belle aux chansons de Hank Williams et on en entend plusieurs, dont celle qui donne son titre au film et qui est une chanson religieuse. Il faut préciser que Hank Williams a écrit des titres à la gloire de Dieu sous le pseudonyme de Luke the Drifter. Et bien sûr, qui dit accès à la plus haute marche du podium dit forcément chute et celle de Hank Williams, liée à son alcoolisme et sa dépendance aux médicaments, aura lieu au début des années 50, trouvant même une fin tragique puisque le chanteur décédera à l'âge de 29 ans, le 1er janvier 1953. Comme toute biographie, le film possède des qualités et des défauts, surtout si on n'est pas concerné plus que ça par le sujet de l'étude. Reste que j'ai apprécié découvrir cet artiste, son univers musical, ses ambitions, sa starification et sa déchéance. Elizabeth Olsen joue admirablement bien, comme à son habitude aurais-je envie de dire, l'ambiance des années 40/50 est bien restituée, que ce soit au niveau des décors, des vêtements portés ou des coupes de cheveux. A découvrir...

   

LORDS OF CHAOS

 

LORDS OF CHAOS
(Lords of Chaos)


Réalisateur : Jonas Åkerlund
Année : 2018
Scénariste : Jonas Åkerlund, Dennis Magnusson
Pays : Norvège, Suède, Hongrie, Angleterre
Genre : Biographie, film musical, drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Rory Culkin, Emory Cohen, Jack Kilmer, Anthony De La Torre, Sky Ferreira...


L'HISTOIRE : Adolescent fan de métal, Øystein Aarseth veut créer un nouveau genre, le True Black Metal norvégien. Il fonde le groupe Mayhem avec le bassiste Jørn Stubberud surnommé Necrobutcher et choisi de se faire appeler Euronymous. Il engage un nouveau batteur, Jan Axel Blomberg surnommé Hellhammer, ainsi qu'un chanteur, Per Yngve Ohlin surnommé Dead. La formation ne cesse d'acquérir des fans à travers le pays et leurs prestations scéniques font sensations, notamment avec Dead qui se taillade les bras et s'évanouit sur scène. Lorsque ce dernier se suicide, Euronymous en profite pour mettre en scène le corps inanimé de son ami afin de prendre une photo. Il crée ensuite son propre label et ouvre un magasin de disques extrêmes. Sa rencontre avec Kristian Larsson Vikernes, surnommé Varg Vikernes ou Count Grishnackh, va faire dériver le groupe dans une spirale infernale de violence diverses, dont des incendies d'église...

MON AVIS : Voici donc la genèse du plus célèbre groupe de Black Metal, j'ai nommé l'ultra-controversé Mayhem ! Comme le dit l'en-tête du film, cette biographie, inspirée du livre Lords of Chaos de Michaël Moynihan, mélange vérités, mensonges et faits plus ou moins avérés. Car malgré un procès médiatisé, impossible de savoir ce qu'il s'est réellement passé, ce qui a réellement déclenché les hostilités entre Euronymous et Varg Vikernes, la seule et unique vérité étant connu de ce dernier, auteur du meurtre sanglant du premier dans la nuit du 10 août 1993, avec 23 coups de couteau donnés, dont 16 dans le dos, 5 dans la nuque et 2 dans la tête. Lords of Chaos nous est raconté via une voix-off, censée être celle d'Euronymous. Le film débute lorsque ce dernier, alors simple adolescent, décide de fonder un groupe de métal extrême, inspiré par Venom, Bathory, afin de purifier la scène des groupes de poseurs et de devenir le seul vrai groupe de True Black Metal norvégien. Ce qui démarre comme un simple films d'ados metalleux va prendre une tournure de plus en plus dramatique au fil des événements et des rencontres, mettant en avant un certain mal-être chez la jeunesse. Si Euronymous semble avoir toute sa tête bien à lui, s'il semble vraiment motivé dans son projet musical, on ne peut pas en dire autant de Dead, un blondinet totalement névrosé, au comportement malsain, dépressif et suicidaire. Avec une voix venu de l'Enfer lui-même et des prestations scéniques sanglantes, Dead sera en grande partie à  l'origine de la montée en puissance de Mayhem dans le milieu du métal extrême. Son suicide est filmé de manière assez complaisante par le réalisateur Jonas Åkerlund, ex-batteur du groupe Bathory, qui ne lésine pas sur les détails gores. La séquence de la célèbre photographie prise par Euronymous est également filmée sans ambages et provoque un certain malaise. On ne sait pas vraiment si Euronymous a fait tout ça avec sérieux ou si toute cette mise en scène n'avait qu'un côté théâtral afin de mettre la lumière sur son groupe et le faire prospérer. Le basculement dans le côté obscur a évidemment lieu avec la rencontre de Varg Vikernes, un jeune homme raciste, antisémite, adepte du IIIème Reich, tout en étant un artiste novateur aux convictions profondes, comme en témoigne son travail en solo avec Burzum, autre fleuron de la scène norvégienne. Totalement anti-chrétien, anti-religion, Vikernes voit en Euronymous un moyen de s'affirmer d'avantage et d'aller plus loin que quiconque dans les excès, ce qui entraînera de nombreux incendies d'églises, qui ont défrayé la presse norvégienne de l'époque. Malheureusement, Vikernes a un égo démesuré et ne supporte pas l'attention qu'Euronymous suscite auprès du public ou de la presse spécialisée, s'appropriant souvent toute la gloire aux détriments des autres membres du groupe. Cette jalousie entre les deux hommes serait-elle à l'origine du drame à venir ? C'est une des hypothèses émises, tout comme un différent d'argent également. Le film charge en tout cas Vikernes, le faisant apparaître comme un véritable disciple du Mal aux idées bien arrêtées. En 118 minutes, Lords of Chaos nous emmène donc découvrir l'une des facettes les plus sombres du Black Metal, avec de jeunes acteurs convaincants, donc Rory Culkin dans le rôle d'Euronymous, oui, oui, le frère du plus connu Macaulay Culkin. Si vous voulez tout savoir sur Mayhem, ses membres, ses dérapages et ses drames, plongez donc dans l'Enfer de Lords of Chaos puis, à vous de démêler le vrai du faux, pour une histoire au final bien dramatique tout de même...


METAL LORDS


METAL LORDS
(Metal Lords)

Réalisateur : Peter Sollett
Année : 2022
Scénariste : D.B. Weiss
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Film musical
Interdiction : /
Avec : Jaeden Martell, Adrian Greensmith, Isis Hainsworth, Analesa Fisher

L'HISTOIRE : Hunter a pour seul ami Kevin. Ces deux ados ne comptent pas parmi les plus populaires du lycée, bien au contraire. Pour inverser cette tendance, Hunter, passionné par la musique métal, décide de créer un groupe : les SkullFucker ! Il demande à Kevin de le rejoindre à la batterie. Les deux camarades, tout en cherchant un troisième membre pour tenir la basse, inscrivent leur groupe à la Battle of the Bands de leur école, bien décidés à devenir des dieux du métal...

MON AVIS : C'est un projet de longue date que Metal Lords pour le scénariste D.B Weiss, qui a du le repousser depuis plusieurs années, trop pris par son implication dans le show le plus populaire de la planète, à savoir Game of Thrones bien sûr ! Mais voilà, après la dernière saison de la série, il a pu se remettre dans le bain et peaufiner l'histoire de ces deux ados mal dans leur peau et qui vont essayer de s'en sortir grâce à un groupe de métal ! Et il a bénéficié de l'appui de Tom Morello, guitariste de Rage Against the Machine ! Très clairement, Metal Lords est une Teen Comédie, un divertissement assez sympa, qui reste assez léger et aborde quelques thématiques adolescentes comme le harcèlement, la solitude, le mal-être ou les addictions mais de manière superficielle, sans vraiment rentrer dans le vif du sujet ou en les approfondissant de manière plus dramatique ou sérieuse. L'objectif premier est ici de s'amuser à suivre nos deux losers tentaient de devenir des stars de la musique métal à travers leur groupe de lycée. Et c'est là que Metal Lords marque le plus de points : sont offerts à notre vue tee-shirt et posters de groupes phares (Iron Maiden, Metallica, Slayer, Pantera, Black Sabbath, Guns N'Roses et j'en passe...), présence de caméo très célèbres (Tom Morello, Rob Halford, Kirk Hammett ou Scott Ian) et surtout une bande son qui déboîte avec des tas de classiques qui parsèment les scènes du film. Les deux acteurs principaux, Adrian Greensmith (Hunter) et Jaeden Martell (Kevin) s'en sortent très bien et participent pleinement à l'empathie qu'on ressent pour eux. La romance entre Kevin et la contrebassiste Emily (Isis Hainsworth), les tensions au sein du groupe "à cause" de cette dernière, les auditions et les répétitions, les ennuis, les disputes entre élèves viennent dynamiser une mise en scène somme toute assez classique et qui aurait pu se montrer plus originale. On appréciera toutefois qu'elle ne se la joue pas trop "clipesque", comme on aurait pu s'y attendre. Personnellement, ma séquence préférée est celle où Hunter se maquille façon Black Metal, c'est à mourir de rire. Metal Lords devrait satisfaire les fans de hard-rock et de heavy metal, ce style musical souvent décrié étant vraiment au centre de l'intrigue et donnant une direction, un repère, un but à nos protagonistes un peu perdu dans la vie. On passe en tout cas un bon moment en leur compagnie.


FLASHDANCE

 

FLASHDANCE
(Flashdance)

Réalisateur : Adrian Lyne
Année : 1983
Scénariste : Thomas Hedley Jr., Joe Eszterhas
Pays : Etats-Unis
Genre : Film musical, Romance
Interdiction : /
Avec : Jennifer Beals, Michael Nouri, Lilia Skala, Lee Ving, Sunny Johnson...


L'HISTOIRE : Alex Owens vit à Pittsburg où le travail se fait rare. Elle a dû se faire embaucher comme soudeur sur un chantier. Le soir, pour arrondir ses fins de mois, elle se produit dans un cabaret. Mais la vraie vie d'Alex, c'est la danse...

MON AVIS : Énorme succès lors de sa sortie en salles, succès du en partie grâce à sa bande originale vendue à des millions d'exemplaires et composée de tubes, dont Maniac de Michael Sembello et What a Feeling d'Irene Cara, Flashdance faisait partie des films références 80's que je n'avais toujours pas vu. C'est donc chose faite, 39 ans plus tard ! Mais comme dit le slogan, mieux vaut tard que jamais. Le film a été réalisé par Adrian Lyne, qui venait de se prendre un four avec son premier film, Ça plane, les filles. Le succès mondial de Flashdance, son second long-métrage donc, va le remettre sur les rails et le réalisateur nous offrira des films solides par la suite, comme 9 Semaines et demi en 1986, Liaison Fatale en 1987 ou le flippant L'Echelle de Jacob en 1990 entre autres. Lorsque le projet Flashdance a été lancé, l'objectif était de livrer au public une sorte de Rocky au féminin, soit un film positif, avec de belles valeurs et où le don de soi, la confiance en soi et la lutte pour concrétiser ses rêves seraient les thèmes principaux. Point de boxe ici ni d'acteur musclée mais de la danse et une actrice débutante en la personne de la charmante Jennifer Beals. Cette dernière illumine toutes les scènes dans lesquelles elle apparaît (et il y en a beaucoup) et la caméra du réalisateur la filme sous tous les angles, tel un petit ami amoureux. L'histoire de cette soudeuse de 18 ans, qui se fait courtiser par son patron, effectue des shows dans un cabaret et rêve d'entrer au conservatoire de danse tient donc principalement la route de par le charisme de son interprète principale et sa bande-son, déjà citée. Les chorégraphies sont plutôt réussies (la première au cabaret est très bien calibrée) et même si la belle Jennifer se fait doubler par la française Marine Jahan lors des scènes dansées (et même par un homme lors du grand final, sur la séquence hip-hop de la toupie), ce cocktail de danse, de musique et de romance fleur-bleue fait son petit effet. Après, je n'irai pas jusqu'à dire que Flashdance est un grand film, loin de là. Mais c'est un petit feel good movie pas déplaisant, malgré son aspect un peu "j'enchaîne les séquences de danse comme dans un clip vidéo". La trame du scénario tient en deux lignes, la psychologie des personnages est seulement esquissée, la romance pour midinette fait très... midinette, la mise en scène se focalise principalement sur l'aspect esthétique et ça brode pas mal pour faire arriver le film à la durée de 90 minutes. Mais ca reste agréable et divertissant. Budgétisé à $4,000,000 environ, le film en rapporta à travers le monde $92,921,203 ! Malgré ce succès, Jennifer Beals ne connaîtra pas une grande carrière par la suite. Elle réapparaîtra dans The Bride au côté de Sting en 1985 et dans la comédie Embrasse-moi Vampire au côté de Nicolas Cage en 1988 avant d'enchaîner les téléfilms et les séries-télévisées. 

 

STAGE FRIGHT

 

STAGE FRIGHT
(Stage Fright)

Réalisateur : Jerome Sable
Année : 2014
Scénariste : Jerome Sable
Pays : Canada
Genre : Horreur, Film musical
Interdiction : -12 ans
Avec : Allie MacDonald, Minnie Driver, Meat Loaf, Douglas Smith, Kent Nolan...


L'HISTOIRE : Bien décidée à suivre les pas de sa mère, ancienne diva de Broadway assassinée à la fin de la représentation de la comédie théâtrale musicale The Haunting of Opera, Camilla passe un casting dans un camp de vacances spécialisé dans le chant et la danse et décroche le rôle principal dans la même pièce, qui va être remise au goût du jour. Mais les répétitions tournent vite au bain de sang quand un tueur en série vient endeuiller le casting. La pièce serait-elle maudite ?

MON AVIS : Des films fantastique ou d'horreur musicaux, il n'y en a pas beaucoup. On peut toutefois citer The Rocky Horror Picture Show, Phantom of the Paradise, La Petite boutique des Horreurs, Repo the Genetic Opera, Sweeney Todd ou bien encore Cannibal the Musical par exemple. En 2010, Jerome Sable, qui adore l'horreur et la comédie musicale, réalise le court métrage The Legend of Beaver Dam, qui mêle justement ces deux genres. Il récidive en 2014 avec cette fois un long métrage, Stage Fright, qui s'inspire fortement du Fantôme de l'Opéra. Après une scène introductive très slasherienne et assez violente, dans laquelle une diva se fait mortellement poignarder par un tueur vêtu de noir et portant un masque blanc, l'action se déplace des années plus tard et on retrouve les deux enfants de ladite diva, devenu des ados et travaillant dans un camp de vacances spécialisé dans le chant et la danse. A partir de là, on a droit à une sorte de croisement entre American Pie (pour certaines répliques trash ou situations un peu scabreuses), Le Fantôme de l'Opéra (pour tout ce qui est préparatif de la pièce et la présence d'un tueur au sein du petit théâtre amateur), Massacre au camp d'été et autres Vendredi 13 (pour les rares meurtres disséminés au sein de l'histoire, le bodycount n'étant pas très élevé) et la série Glee, puisque de nombreuses scènes seront chantées et dansées, le texte des chansons participant au déroulement du récit, un peu à la manière de Moulin Rouge également. Un drôle de mélange diront certains, et il est vrai que ce curieux cocktail ne plaira sûrement pas à tout le monde. Pourtant, on ne peut pas reprocher à Jerome Sable l'originalité de son choix pour apporter une nouvelle dynamique au genre du slasher movie. Le film est aussi bardé de clin d'oeil à d'autres films bien connu des fans, comme Carrie au Bal du Diable ou Hellraiser entre autres. Certains dialogues, comme dit plus haut, se révèlent parfois un peu trash et font sourire, comme lorsque le metteur en scène demande à sa troupe quel art théâtral japonais fait qu'on se peint le visage en blanc et que l'un des stagiaires répond le Bukkake au lieu du Kabuki ! Marrant. Le film égratigne également le milieu du spectacle et le fait que pour réussir, il faut parfois coucher pour obtenir un rôle. Les deux filles retenues pour interpréter le rôle principal de la pièce en feront les frais, ce qui donnera lieu à une autre séquence assez amusante. Un des bons points du film revient à l'actrice Allie MacDonald, charmante et parfaitement à l'aise dans son rôle. Malheureusement, Stage Fright ne parvient pas à conserver une réelle dynamique sur la longueur et son concept ne décolle jamais comme on l'espérait. La faute à des chansons pas toujours top (affaire de goût peut-être ?), à une trop grande place laissée à l'aspect comédie musicale quand l'aspect horrifique est clairement mis de côté durant une bonne partie du film. L'identité du tueur ne restera pas longtemps suspecte ou mystérieuse pour les aficionados de slasher movie, même si un petit twist vient nous surprendre un peu. Si l'idée sur le papier de mélanger slasher et comédie musicale était plutôt intéressante, la finalisation à l'écran peine un peu et ne parvient pas à remporter la mise. Stage Fright reste divertissant mais ne marquera pas les esprits pour autant.



DIRTY DANCING

DIRTY DANCING
(Dirty Dancing)

Réalisateur : Emile Ardolino
Année : 1987
Scénariste : Eleanor Bergstein
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Romance, Film musical
Interdiction : /
Avec : Patrick Swayze, Jennifer Grey, Jerry Orbach, Cynthia Rhodes...


L'HISTOIRE : Dans les années soixante, Bébé passe des vacances familiales monotones jusqu'au jour où elle découvre qu'un groupe d'animateurs du village estival forment un groupe de danse. Pour la jeune fille sage, c'est le début de l'émancipation grâce au "dirty dancing", cette danse ultra-sensuelle, et la rencontre avec Johnny Castel, le professeur de danse...

MON AVIS : De l'aveu même d'un comédien-danseur du film, Dirty Dancing est un long-métrage à petit budget qui semblait n'être destiné qu'au marché de la vidéo. Sa sortie inespérée au cinéma a changé la donne et en a fait un film culte inter-générationnel, dont le succès est principalement basé sur le duo d'acteurs Patrick Swayze / Jennifer Grey et sur une bande son composée de quelques tubes 80's dont le She's Like the Wind chanté par Swayze lui-même et le (I've had) The Time of my Life du duo Bill Medley et Jennifer Warnes entre autres. Célébrant ses trente années d'existence, Dirty Dancing est ressorti dans une superbe édition combo DVD / BR, avec plus de 3H de bonus. De quoi faire un joli cadeau de Noël à ma femme et de découvrir enfin ce film d'Emile Ardolino que je n'avais encore jamais vu. Bon, je vais être franc et direct, j'ai du mal à comprendre comment ce film musical peut être considéré comme culte parce qu'il faut bien avouer que ce n'est quand même pas bien formidable, de mon point de vu du moins. Je ne sais pas si c'est les voix françaises qui m'ont dérangé mais j'ai trouvé la plupart des dialogues assez catastrophiques et tirant le film vers le bas. Certes, les beaux muscles de Patrick Swayze et les numéros de danse sont plutôt bien foutus, j'avoue que je serais bien incapable de reproduire la moindre danse de Dirty Dancing, mélange de Mambo et de Cha cha cha, dans laquelle les corps se touchent, fusionnent dans des poses lascives et torrides. Impossible de nier que les chorégraphies sont bien en place et font leur petit effet. Je suis beaucoup moins fan de tout le reste par contre. J'ai trouvé Jennifer Grey totalement inexistante et pas du tout charismatique. La petite fille sage qui s'émancipe grâce à la danse sexy, mouais, pourquoi pas, mais le traitement de l'histoire, basée sur la vie de la scénariste Eleanor Bergstein, est franchement niais et manque clairement de profondeur. L'ensemble est très mièvre et c'est pourtant un fan de la saga Twilight qui parle ici ! La mise en scène est des plus basiques, avec un rendu très téléfilm je trouve. Les situations sont abracadabrantes, les personnages ultra caricaturaux et le casting ne joue pas très bien. L'histoire d'amour entre Bébé et son prof de danse musclé ne provoque guère de remous et s'avère assez indigeste au final. Alors voilà, j'ai enfin vu Dirty Dancing et je ne l'ai pas apprécié plus que ça. Le film possède toujours sa cohorte de fans qui connaissent les répliques par cœur ("on laisse pas Bébé dans un coin", franchement, c'est d'un ridicule...), preuve de son pouvoir attractif sur une certaine catégorie du public. Oui, le film fait nettement plus fureur chez les spectatrices que chez les spectateurs. C'est un fait avéré. Il en faut pour tous les goûts de toute façon. Pour ma part, vu une fois pour ne pas mourir idiot, ce sera déjà bien assez. Dans le genre film musical, je préfère largement Grease ou les comédies musicales hollywoodiennes des années 50...

* Disponible en combo DVD / BR + Livret chez ESC DISTRIBUTION



WHIPLASH

WHIPLASH
(Whiplash)

Réalisateur : Damien Chazelle
Année : 2014
Scénariste : Damien Chazelle 
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, film musical
Interdiction : /
Avec : Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser, Austin Stowell...



L'HISTOIRE : Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence...

MON AVIS : On a comparé ce film au Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. Pourtant, point de guerre du Vietnam dans Whiplash puisqu'on y parle d'un élève batteur de jazz et de son professeur, le titre du film étant une référence à un morceau de jazz particulièrement complexe à la batterie de par sa rapidité et sa technicité. Où est donc le rapport avec le film de guerre culte de Kubrick ? Il réside tout simplement dans l'attitude du professeur envers ses élèves : colérique, violent, usant de brimades et d'humiliations, ne ménageant pas leur sensibilité, les poussant au bout de leur limite, quitte à les faire craquer et abandonner. Tout le portrait du célèbre sergent instructeur Hartman, qui utilisait la même attitude envers ses nouvelles recrues. Le look même des deux acteurs, R. Lee Ermey chez Kubrick et J.K. Simmons chez Damien Chazelle, pousse à la comparaison. Et c'est bel et bien à une véritable guerre que vont se livrer le jeune batteur Andrew et l'ignoble professeur Fletcher. Si la méthode de travail de ce véritable bourreau des temps modernes peut prêter à débat, le réalisateur la justifie vers la fin du film lors d'un dialogue entre les deux protagonistes autour d'un verre : pour dépasser ses limites, pour devenir "LE" meilleur, il faut aller au bout de ses forces et être motivé comme nul autre pour trouver l'énergie et l'abnégation qui poussera jusqu'à la perfection. Faire atteindre à un de ses élèves la perfection, tel est en effet le but ultime du professeur Fletcher. Bien sûr, ce personnage nous apparaît comme hautement antipathique : il n'a aucune compassion, son cœur est froid et dur comme la pierre, seule la performance exemplaire compte à ses yeux, tout échec ou faute est exclu de sa pensée ou de son vocabulaire. Ses cours deviennent un véritable enfer pour les élèves qui n'ont pas le niveau. La performance de J.K. Simmons est assez bluffante, tout comme celle de Miles Teller d'ailleurs, qui a accompli plus de 70%  des prestations à la batterie. Chapeau bas. Dirigée à la baguette de la main experte du réalisateur, l'histoire de Whiplash nous émeut, nous fascine, jusqu'au final, forcément grandiose. On en sort épuisé, presque autant que Miles Teller. Un beau film au final, qui a failli ne jamais voir le jour, Damien Chazelle ayant lutté pour obtenir la somme nécessaire à sa réalisation. Sa persévérance, comme celle de son héros, a été récompensée puisque Whiplash a récolté de tas d'éloges et de prix à travers le monde, dont le Prix du Jury et le Prix du Public à Sundance, ainsi que le Grand Prix et le Prix du Public au festival de Deauville ! Le final du film pose tout de même un sérieux problème d'éthique : la méthode violente de Fletcher semble en effet avoir porté ses fruits et le "méchant" du film sort donc en héros et avec les honneurs. Le harcèlement psychologique et moral serait donc une forme d'épanouissement total si on parvient à le combattre ? C'est un peu limite quand même...

NOTE : 4/6


PHANTOM OF THE PARADISE

PHANTOM OF THE PARADISE
(Phantom of the Paradise)

Réalisateur : Brian de Palma
Année : 1974
Scénariste : Brian de Palma
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Film musical
Interdiction : /
Avec : Paul Williams, William Finley, Jessica Harper, Gerrit Graham, George Memmoli...



L'HISTOIRE : Le compositeur Winslow Leach vient d'écrire une cantate sur le thème de Faust. Sa création attire l'attention de Swan, célèbre producteur de la maison de disques Death Records, qui rêve d'ouvrir Le Paradise, un temple de la musique rock. Ce dernier vole la partition de Leach et envoie le pauvre compositeur à la prison de Sing Sing où il perd sa voix. Leach parvient à s'échapper et va tout tenter de reprendre son oeuvre. Un accident le défigure et il est laissé pour mort. Mais sa détermination est sans limite. Leach va se transformer en ange exterminateur et, vêtu d'un masque, il va semer la terreur au Paradise, jusqu'à ce que Swan lui propose un contrat et le laisse choisir la muse qui chantera sa cantate : Phoenix. Mais Swan est-il vraiment un homme de confiance ?

MON AVIS : Depuis quelques années déjà, la majorité des scénaristes n'a plus de génie créatif et le fan de cinéma fantastique ou d'horreur croule sous une invasion de remake se contentant de reprendre les idées des films originaux sans réellement faire un travail d'adaptation pour se montrer un brin imaginatif et se différencier du modèle. Tous les "remakers" devraient sans hésiter visionner Phantom of the Paradise. Le roman de Gaston Leroux, Le Fantôme de l'Opéra, a été adapté au cinéma en 1925, puis en 1943 et en 1962. En 1974, Brian de Palma se lance lui aussi dans la réalisation d'une nouvelle version de cette histoire. La différence avec les autres ? Il explose totalement les codes, les clichés et plutôt que de faire une énième variation sur le schéma d'un film d'épouvante classique, il prend le contre-pied total de ce qui a été fait et transforme cette histoire de compositeur vengeur en un formidable opéra-rock qui fourmille de mille idées de génie. Phantom of the Paradise ne se contente pas de copier, de reproduire, d'user de la facilité. Non, Phantom of the Paradise propose, innove, transcende la notion même de remake. L'idée géniale de De Palma de mêler film musical, opéra rock et fantastique, de mélanger le thème du fantôme de l'Opéra avec celui de Faust et du Portrait de Dorian Gray permet à Phantom of the Paradise de dynamiter les conventions et d'offrir aux spectateurs qui n'en reviennent pas un divertissement de tous les instants, qui donne la banane et nous plonge dans un moment extatique qu'on voudrait voir durer éternellement. Le casting est aux petits oignons, avec notamment Paul Williams dans le rôle de Swan, William Finley dans le double-rôle de Winslow Leach et du Fantôme ou encore Jessica Harper dans le rôle de Phoenix (et qu'on reverra dans le génial Suspiria de Dario Argento). Ce trio magnifique, ce triangle amoureux infernal porte littéralement le film dans les hautes sphères mais tous les seconds rôles ne sont pas en reste, que ce soit Gerrit Graham dans le rôle du déjanté Beef, George Memmoli dans le rôle de l'imprésario de Swan ou les membres des groupes inventés The Juicy Fruits / The Beach Bums ou The Undeads. Bien sûr, un film musical ne serait rien sans ses musiques et ses chansons et celles de Phantom of the Paradise sont au diapason de l'ensemble et procurent un plaisir toujours intact de nos jours. La mise en scène de De Palma est dynamique, inventive, avec utilisation du split-screen bien sûr, sa marque de fabrique, et permet au film d'atteindre des moments de folie totale, comme lors du show de Beef, véritable hommage à Frankenstein, avec ce public qu'on mutile pour de faux afin d'avoir les différentes parties du corps qui vont servir à créer ce rockeur déjanté et qui se conclura de façon apocalyptique. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autre, le film regorgeant de séquences cultes. Cette proposition vivifiante de De Palma n'est pas exempte d'une certaine critique vis à vis du monde du show-business et Swan représente le parfait manipulateur, ne voyant que son intérêt financier et personnel, n'hésitant pas à sacrifier ses vedettes si cela plait au public et permet de rentabiliser son entreprise. Que dire d'autre sur ce monument détonnant et ravageur ? Franchement, ceux qui ne l'ont jamais vu se doivent de le faire séance tenante, les autres n'hésiteront pas à se replonger dans ce délire musical tonitruant qui reste d'une étonnante modernité malgré son aspect kitsch, ses couleurs éclatantes très pop ou ses costumes hippies. Inclassable, indémodable, une oeuvre-référence.

NOTE : 6/6