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THE HAUNTING OF THE TOWER OF LONDON

 

THE HAUNTING OF THE TOWER OF LONDON
(The Haunting of the Tower of London)

Réalisateur Charlie Steeds
Année : 2022
Scénariste Charlie Steeds
Pays : Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Tim Cartwright, Reece Connolly, Richard Rowden, Emma Spurgin Hussey, Greg Draven...


L'HISTOIRE Lorsque les cadavres décomposés de deux jeunes princes devant succéder au roi sont découverts à la tour de Londres, un prêtre troublé doit mettre ses croyances de côté pour se lier d'amitié avec un prisonnier qui a des pouvoirs surnaturels pour communiquer avec les morts. Ils vont tous deux tenter de découvrir qui a assassiné les futurs héritiers... 

MON AVIS : Après avoir vu Chevaliers et Loups-Garous puis Un Loup-Garou en Angleterre, j'avoue être pris d'un vrai sentiment de curiosité et d'affection pour les films de Dark Temple Motion Pictures ainsi que pour leur créateur / producteur / scénariste et réalisateur Charlie Steeds. Budget fauché, voir ultra-fauché, tournage en décor naturel, système D à gogo pour les effets spéciaux, casting qu'on recycle dans pas mal de films, tout comme certains costumes ou accessoires d'ailleurs, et, surtout, une vraie passion, une vraie envie de faire quelque chose de bien au final, avec un résultat pas toujours au rendez-vous certes, mais tellement supérieur à des productions bardées de CGI dégueulasses, suivez mon regard. Pour ma troisième incursion dans l'univers Dark Temple, j'ai choisi ce film de 2022 intitulé The Haunting of the Tower of London. On y retrouve les acteurs désormais bien connus de cette société de production, à savoir Tim Cartwright et Reece Connolly. Le premier interprète Richard III, qu'on soupçonne rapidement d'avoir fomenté l'assassinat des deux jeunes princes pour prendre la suite de son frère malade et accessoirement roi. Le second joue le jeune prètre Isaac Crawgyll, qui va vouloir démêler cette sombre histoire de meurtres. Ses investigations vont l'amener à rencontrer Henry Pedrick, un homme qui semble posséder le pouvoir de communiquer avec les défunts. Malheureusement, Henry va rapidement se faire un ennemi de Richard III, qui va l'incarcérer et lui faire subir quelques séances de tortures de la part de son bourreau. Dans une ambiance médiévale, le film de Charlie Steeds joue donc avec les codes du film d'inquisition, avec donjon et salle des tortures au menu. Bon, niveau violence, on est tout de même loin de La Marque du Diable et de ses sévices raffinées, mais on a tout de même un peu de gore à se mettre sous la dent, dont une éviscération façon Ed Gein, avec un corps en position inversée, suspendu la tête en bas donc. Au film de torture, le réalisateur ajoute donc une dimension fantastique et spectrale, puisqu'on a ce personnage pouvant entrer en contacts avec les fantômes de défunts. Plutôt pratique, surtout que les spectres des deux jeunes héritiers semblent hanter les murs du château et provoquent quelques remous et morts suspectes parmi les résidents. Comme dans les deux autres films de Charlie Steeds que j'ai vu, ce dernier se démène pour créer une ambiance, une atmosphère d'épouvante et ce, malgré ses très faibles moyens. Et il y réussi assez bien ici, avec des visions spectrales baignées dans une jolie lumière très fantomatique par exemple. La première victime des spectres vengeurs sera l'acteur Greg Draven, le colosse chevalier vu dans Chevaliers contre Loups-Garous. Vous voyez, on retrouve plein d'acteurs et actrices vus dans les autres films et c'est assez sympa de les voir endosser différents rôles. Clairement, c'est toujours Tim Cartwright qui tire son épingle du jeu. J'aime bien cet acteur et dans The Haunting of the Tower of London, il joue un sacré enfoiré, ça change de ses prestations du côté du bien. Ah un détail qui m'a bien fait sourire, c'est que le réalisateur, en plus de recycler acteurs et décors, il recycle aussi des accessoires et devinez ce qu'on retrouve dans ce film-ci ? Les mains poilus des loups-garous des deux films précités plus haut ! Système D je vous le disais !! Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! A noter une séquence finale avec le spectre-moine visible sur le visuel de l'affiche, qui est vraiment cool et bien mise en scène. Par contre, ne vous attendez pas à voir le superbe château présent sur l'affiche, on a plutôt affaire à un château en ruine dans le film mais les intérieurs font illusions en tout cas. Si The Haunting of the Tower of London n'a rien d'un grand film ou d'un futur classique du genre bien sûr, j'ai bien apprécié sa vision, dans laquelle transpire toujours la passion comme déjà mentionné. Charlie Steeds ne se fout pas de la gueule de son public et j'aimerais beaucoup assister à un de ses tournages, ça doit vraiment être sympa. Pour le moment, c'est le film que j'ai préféré des trois que j'ai vu de Dark Temple Motion Pictures.    


LE TRÔNE DE FEU

 

LE TRÔNE DE FEU
(Il Trono di Fuoco / The Bloody Judge / The Night of Blood Monster)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1970
Scénariste : Enrico Colombo, Jess Franco, Michael Haller, Anthony Scott Veitch
Pays : Italie, Espagne, Allemagne, Liechtenstein
Genre : Aventure, Historique, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Christopher Lee, Maria Schell, Leo Genn, Maria Rohm, Margaret Lee...

L'HISTOIRE : Angleterre, 1685. A la mort du roi Charles II, Jacques II monte sur le trône. Mais une grande partie de la population est fidèle à Guillaume d'Orange, en exil. Afin de contrôler les conspirateurs, le juge Jeffreys est chargé de faire régner l'ordre. Il exécute sa mission avec beaucoup de zèle, torturant et faisant périr sur le bûcher de nombreuses femmes soi-disant sorcières. La famille de Lord Wessex, et notamment son fils Harry, va s'opposer au juge sanguinaire...

MON AVIS : Tiens, voilà encore un film qu'il faudrait montrer aux détracteurs de Jess Franco et aux mauvaises langues considérant que le prolifique réalisateur ibérique n'est qu'un vulgaire tâcheron ! Je ne suis pas de ceux qui glorifient toute l'oeuvre de Jess Franco, quitte à faire passer des vessies pour des lanternes par amour du cinéma Bis, loin s'en faut. Mais force est de constater que sa filmographie recèle de vrais bons films et Le Trône de Feu en est un, assurément. Produit par Harry Alan Towers en 1970, ce film se révèle en effet d'une réelle qualité, que ce soit dans la mise en scène, le casting proposé, le soin apporté aux costumes, au choix des décors naturels ou aux scènes de batailles. Il mêle film d'aventure politique (avec complots à la cour pour renverser le roi Jacques II, révolte menée par des rebelles opposés au pouvoir en place), film historique (le récit prend à son compte un fait historique réel ainsi que des personnages ayant réellement existé) et film d'horreur utilisant le thème de la terrible inquisition, en la personnage du fameux juge sanglant, George Jeffreys, né le 15 mai 1645 et mort le 18 avril 1689 à la tour de Londres. Un personnage antipathique, sans pitié, ayant envoyé à la torture puis à la mort des centaines de personnes et dont les méfaits ont été une source d'inspiration pour des films tels Le Grand Inquisiteur par exemple. Du propre aveu de Jess Franco, sa principale source d'inspiration pour ce film a été le film de Rowland V. Lee réalisé en 1939, La Tour de Londres, avec un Boris Karloff particulièrement inquiétant dans son rôle de bourreau. Dans Le Trône de Feu, c'est Christopher Lee en personne qui va avoir l'honneur d'interpréter ce juge inquisiteur redoutable et le prestigieux acteur s'en sort très bien, avec une interprétation plutôt maîtrisée, sans excès, posée, sans surenchère dans le démonstratif. Il agit par principe, ses principes, et seul son jugement moral est valable, ce qui rend les séquences de tribunal assez glacial car on sait que, quelque soit la défense des accusés, le sort de ces derniers est déjà réglé dans l'esprit du juge Jeffreys, qui a droit de vie ou de mort sur quiconque. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir quelques petits problème de conscience, comme nous le montre une excellente scène de cauchemar dans laquelle il revoit le sort tragique de ses victimes, livrées à son bourreau personnel, et dont les images crues de tortures viennent le hanter. Des images horrifiques soignées et qui de déméritent pas face à la concurrence, même si dans le genre, l'inégalable reste sans conteste le terrible La Marque du Diable, sortit d'ailleurs en cette même année 1970. Dans le film de Franco, le bourreau est interprété par son acteur fétiche, à savoir Howard Vernon bien sûr, qui s'en donne à cœur joie pour terrifier et maltraiter les jeunes filles sans défense ! Même si Le Trône de Feu n'est pas un catalogue de tortures en tout genre, on assistera bien à quelques séquences mettant en vedette flagellations, étirements de membres, fer brûlant posé à même la peau et autres petits supplices fort sympathiques. Encore plus étrange sera la scène dans laquelle Maria Rohm se met à lécher le corps dénudée et ensanglantée d'une suppliciée, sans véritable raison d'ailleurs, sauf à procurer du plaisir à notre fameux bourreau qui n'en rate pas une miette. Maria Rohm qui est d'ailleurs l'actrice principale du film, jouant le rôle de Mary Gray, jeune fille amoureuse du fils de Lord Wessex et qui va se retrouver prisonnière dans les geôles du juge Jeffreys ! Son fiancé Harry (Hans Hass Jr.) fera tout pour la libérer, quitte à risquer sa vie puisque œuvrant aux côtés de rebelles voulant renverser le roi Jacques II. Cette rébellion sera l'un des thèmes principaux du film également, avec une belle scène de batailles entre les deux armées, scène dont Jess Franco était particulièrement fier. Le film enchaîne et mélange donc les jugements de Jeffeys, les tortures dans les donjons, les intrigues politiques, les courses-poursuites à cheval, les exactions des hommes de main du juge, la romance entre Mary et Harry, la rébellion contre le pouvoir, le tout avec une petite touche d'érotisme et de sadisme propre à ce type de film. On sent que le budget a été plutôt conséquent pour le réalisateur, qui a su en tirer parti afin d'offrir le meilleur spectacle possible au public. Vraiment, Le Trône de Feu est un film très soigné visuellement, qui fait tout à fait illusion et qui retranscrit bien l'époque du récit. Du bon cinéma populaire, qu'on prend plaisir à regarder et qui bénéficie de la très jolie partition musicale de Bruno Nicolai ! A noter que le personnage du comte de Wessex devait initialement être interprété par Dennis Price, mais ce dernier quitta le projet à la dernière minute et fut remplacé par Leo Genn. Dennis Price est néanmoins toujours crédité sur certaines affiches et autres matériels publicitaires, comme sur l'affiche française présentée en début d'article.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-    
Superbe qualité d'image pour redécouvrir les sentences mortelles de Christopher Lee, parfait en juge inquisiteur ! VF + VO anglaise (avec quelques passages en Allemand)
BONUS
- Présentation par Stéphane du Mesnildot
- Scène coupée
- Diaporama d’affiches et photos
- Film-annonce original



L’HÉRÉTIQUE

 

L’HÉRÉTIQUE
(Die Ketzerbraut)

Réalisateur : Hansjörg Thurn
Année : 2017
Scénariste : Dirk Salomon, Hansjörg Thurn, Thomas Wesskamp
Pays : Allemagne, Autriche, République Tchèque
Genre : Aventure, Historique, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Ruby O. Fee, Christoph Letkowski, Manuel Mairhofer, Paulus Manker ...


L'HISTOIRE : Au début du XVIe siècle, la violente inquisition menée par l'Église contre les hérétiques plonge les populations dans le peur. Personne n'est à l'abri, pas même Genoveva, la fille d'un important Seigneur, qui assiste impuissante à l'exécution de son père. Au bord de la folie, elle jure alors de se venger de ses bourreaux, sans savoir qu'elle s'apprête à lever le voile sur un complot qui remonte jusqu'aux plus hautes sphères de l'Église...

MON AVIS : Les films sur la terrible époque de l'Inquisition sont légion, notamment dans le genre horrifique, dont les classiques Le Grand Inquisiteur et La Marque du Diable font figures de référence. Un sujet qui revient fréquemment sur les écrans, en témoigne le très bon film de 2020, Les Sorcières d'Akelarre de Pablo Agüero. La chasse aux hérétiques permet aux divers réalisateurs s'étant emparés de ce thème de mettre en avant les dangers de l’extrémisme religieux et les exactions violentes qu'une pratique totalitaire de la religion peut entraîner. Un thème malheureusement toujours d'actualité. En 2017, le réalisateur allemand Hansjörg Thurn apporte sa pierre à l'édifice avec L'Hérétique, une co-production Germano-Autricho-Tchèque produite pour la télévision. Une production luxueuse, bénéficiant de très beaux décors et costumes et d'un casting qui fait très bien le job. L'approche est ici assez différente de ce qu'on a l'habitude de voir dans ce type de films sur l'Inquisition puisque l'histoire proposée met en avant la révolution menée par le frère augustin Martin Luther, personnage historique "théologien, professeur d'université, initiateur du protestantisme et réformateur de l'Église, dont les idées exercèrent une grande influence sur la Réforme protestante, qui changea le cours de la civilisation occidentale" [Wipikédia] Le combat de Martin Luther pour changer les dogmes de l'Eglise l'amène même à défier l'autorité Papale à l'aide de ses fidèles, ces derniers étant déclarés "hérétiques". Pour Martin Luther, seul les écrits de la Bible sont à prendre en considération pour le salut de l'âme et il est scandalisé par certaines pratiques de l'Eglise, comme le commerce des indulgences instauré par les papes Jules II et Léon X pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome, ce qui lui fera publier 95 thèses en 1517, un texte blasphématoire pour l'autorité cléricale. Cette période méconnue et le combat de Martin Luther, pour moi en tout cas, sont donc au centre du scénario. Parmi les personnages principaux, outre Luther lui-même, on trouve la jolie Genoveva (Ruby O. Fee), fille d'un seigneur qui va être victime d'un complot contre son père, fomenté par le prêtre inquisiteur Johann von Perlach (Paulus Manker). Cette jeune femme, aux idées novatrices, va subir les tourments de l'Inquisition, avec viols et tortures au programme, afin de lui laver le cerveau et lui faire croire que l'ennemi est le groupe d'hérétiques mené par Martin Luther. Autre protagoniste important, le peintre Ernst Rickinger (Christoph Letkowski), qui n'hésites pas à peindre des nues et qui tombera amoureux de Genoveva. On découvre assez rapidement qu'il est le bras armé de la révolution menée par Martin Luther et l'un de ses plus fervents serviteur. L'Hérétique utilise donc des faits historiques avérés et les intègrent dans une histoire romanesque, qui mêle aventure, drame, trahison, action et romance. La base de départ est d'ailleurs un roman écrit par Iny Lorentz. Téléfilm en costumes ayant bénéficié d'un budget conséquent, L'Hérétique fait preuve d'une certaine retenue en ce qui concerne la violence, présente sans être forcément très graphique, tout en se permettant quelques légères touches érotiques. Le plus intéressant sera l'évolution du personnage de Genoveva, qui ne sait plus à quel Saint se vouer, étant prise malgré elle dans les affres sanglants de cette réforme protestante, la violence n'étant pas forcément dans le camp désigné comme coupable. C'est donc à une chasse aux sorcières différente de ce qu'on a l'habitude de voir à laquelle on assiste ici et c'est ce qui fait toute l'originalité de l'histoire. Bénéficiant d'un rythme assez alerte, d'une mise en scène ample et d'une intrigue intéressante, L'Hérétique se veut un divertissement de qualité sur cette période de l'Histoire. C'est plutôt réussi !

* Disponible en VOD, DVD et BR chez -> Condor Entertainment <-    




LA MURAILLE DE FEU

 

LA MURAILLE DE FEU
(La Gerusalemme liberata / The Mighty Crusaders)

Réalisateur : Carlo Ludovico Bragaglia
Année : 1957
Scénariste Sandro Continenza
Pays : Italie
Genre : Aventure, Historique
Interdiction : /
Avec : Francisco Rabal, Sylva Koscina, Gianna Maria Canale, Rik Battaglia, Andrea Aureli...

L'HISTOIRE : Lors de la première Croisade, Godefroy de Bouillon et son armée s’apprêtent à assiéger Jérusalem, afin de la délivrer des infidèles. Le Croisé Tancrède fait prisonnier deux femmes : Herminie, la fille du prince d’Antioche, et Clorinde, un farouche guerrière musulmane, précieuse allié du sultan Aladin. Cette dernière se laisse séduire par Tancrède. Jalouse, Herminie la dénonce à Argante, chef des armées du sultan...

MON AVIS : Le poème épique La Gerusalemme liberata de Torquato Tasso est une version romancée de la première croisade, qui vit Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lorraine, réussir à s'emparer de la ville sainte en 1099, après avoir rassemblé les chrétiens suite à l'appel du Pape Urbain II. Ce poème a donné lieu à de nombreuses œuvres d'art (peinture, opéras) ainsi qu'à quelques adaptations cinématographiques. La première version date de 1911 et semble à jamais perdue. La seconde date de 1917. Toutes deux sont l'oeuvre du réalisateur italien Enrico Guazzoni. La troisième version correspond à La Muraille de Feu, film mis en scène par Carlo Ludovico Bragaglia en 1957. Cette guerre entre chrétiens et musulmans sert de décor à ce beau film d'aventure historique à costumes, qui s'intéresse davantage à la relation entre les personnages-clés du récit qu'au côté guerrier ou religieux. Dans le camp des chrétiens, nous avons Godefroy de Bouillon (Philippe Hersent), un souverain respecté qui souhaite juste prendre la ville de Jérusalem, sans pour autant massacrer le peuple musulman. A ses côtés se tient le héros du film, Tancrède (Francisco Rabal), ainsi que Renaud d'Este (Rik Battaglia), deux chevaliers au tempérament différent, le premier étant sage et réfléchi quand le second se montre plus impétueux et colérique. Dans le camp musulman, outre le sultan Aladin (Cesare Fantoni) et son cruel homme de main Argante (Andrea Aureli), se trouve trois femmes qui vont provoquer bien des remous dans les rangs des uns et des autres, par amour. En premier lieu, on trouve Herminie, la fille du prince d’Antioche (Livia Contardi), qui est retenue prisonnière dans le camp de Tancrède et qui est tombée amoureuse du chevalier malgré sa foi chrétienne. Vient ensuite Clorinde, interprétée avec brio par la ravissante Sylva Koscina, une guerrière musulmane qui, elle aussi, finira par succomber au charme de son ennemi chrétien Tancrède, et réciproquement, ce qui conduira à la désillusion de Herminie et à la trahison de cette dernière. La troisième héroïne du film est Armide, jouée par la non mois charmante Gianna Maria Canale, et qui, elle, tombera amoureuse de Renaud d'Este, qu'elle capturera suite à une habile manipulation. La Muraille de Feu insiste énormément sur les diverses romances qui se nouent au sein de cette guerre et j'ai beaucoup apprécié cet aspect du film, qui oppose deux religions mais dont l'amour parvient à briser les frontières et les rivalités. La romance entre Tancrède et Clorinde fait même penser à celle de Romeo et Juliette parfois, les deux amoureux étant tiraillés par les deux camps auxquels ils appartiennent, devant masquer leurs sentiments réciproques sous peine d'être déclarés traîtres. Le jeu des acteurs et actrices est fort plaisant et fait parti des points positifs du film de Carlo Ludovico Bragaglia. Les décors, la plupart naturels hormis quelques matte painting assez rares, les costumes, très colorés, le nombre de figurants, des plus corrects être de la taille d'une super-production, les scènes de combats et de duels, correctement filmées et chorégraphiées, bien qu'un peu simplistes parfois, permettent à La Muraille de Feu d'être un spectacle dépaysant et agréable, jamais ennuyeux, romantique à souhait, et qui met les notions de courage et d'honneur en avant. La bataille finale manque peut être un peu d'envergure, un peu d'ampleur mais ça reste tout à fait honorable. Même s'il fait un peu daté de nos jours, La Muraille de Feu est un divertissement de bonne tenue, qui ravira les amateurs de films à costumes avec de preux chevaliers et de belles histoires d'amour.

* Disponible en DVD chez -> ARTUS FILMS <-




JEANNE D'ARC (1935)

 

JEANNE D'ARC
(Das Mädchen Johanna)

Réalisateur Gustav Ucicky
Année : 1935
Scénariste Gerhard Menzel
Pays : Allemagne
Genre : Drame, Historique
Interdiction : /
Avec Angela Salloker, Gustaf Gründgens, Heinrich George, René Deltgen...


L'HISTOIRE A la fin de la Guerre de Cent ans, la France va de défaites en défaites face aux Anglais. Seule la ville d’Orléans résiste, défendue par La Trémoille, Dunois, et d’Alençon. A Domrémy, en Lorraine, une jeune fille de 17 ans, Jeanne, entend la voix de l’archange Michel. Il lui dit d’aller retrouver le dauphin Charles pour le faire couronner à Reims. Après le sacre, lui seul pourra bouter les Anglais hors de France...

MON AVIS : Personnage emblématique, Jeanne d'Arc a inspiré de nombreux cinéastes et ce, dès la naissance du cinéma. Méliès lui-même a réalisé Jeanne d'Arc en 1900 par exemple. Par la suite, on trouvera La Vie de Jeanne d'Arc (1909), Joan the Woman (1916), La Passion de Jeanne d'Arc (1928), Jeanne d'Arc (1948), Jeanne au Bûcher (1954), Sainte Jeanne (1957), Procès de Jeanne d'Arc (1962), Jeanne la Pucelle (1994), Jeanne d'Arc (1999) ou bien Jeanne (2019), cette liste étant loin d'être exhaustive. Plus étonnant sera Das Mädchen Johanna, réalisé en 1935 par Gustav Ucicky et qui est donc un film allemand. En 1935, le cinéma allemand est déjà totalement sous contrôle de Joseph Goebbels, qui n'hésite pas à se déplacer sur les tournages pour être sûr que les films ne contiennent rien d'anti-allemand ou ne font pas de propagande contre les nazis. Est-ce à dire que le Jeanne d'Arc de Gustav Ucicky est un film de propagande nazi ? On n'ira pas jusque là puisqu'on a plutôt affaire à un film de divertissement historique, qui va d'ailleurs pas mal broder ou modifier les faits véritables. Il n'empêche que la figure même de Jeanne d'Arc et ce qu'elle représente, à savoir un sauveur venu libérer le peuple des méchants assaillants étrangers, peut difficilement être détournée de comment le peuple allemand a considéré son Führer, qui, le concernant, a toujours eu de l'admiration pour les grandes figures historiques libératrices. Sans être clairement étiqueté film de propagande, Das Mädchen Johanna en a quelques relents en son sein, souvent présentés de manière allégorique. Au delà de ça, le film de Gustav Ucicky est avant tout un beau livre d'images, ayant dans son casting quelques grands acteurs allemands de l'époque, comme Gustaf Gründgens ou Henrich George par exemple. Si le film peut apparaître comme fort théâtral dans le jeu d'acteurs, notamment avec la séquence d'ouverture qui verse presque dans le burlesque à grand renfort de mimiques et de gestuelles amplifiées, le travail sur les décors est très bien mis en avant, de même que les costumes. L'actrice qui joue Jeanne, Angela Salloker, est dans une bonne moyenne, même si on lui préférera évidemment Ingrid Bergman. Le personnage de Jeanne est d'ailleurs légèrement mis à l'écart ici, n’apparaissant qu'au bout de trente minutes environ, et servant plus de faire-valoir au roi Charles VII, qui est la véritable vedette du film en fait. Un roi malin, fin stratège, qui a compris comment utiliser la foi de Jeanne pour donner l'envie au peuple et à l'armée de la suivre au combat. Il est également assez habile pour se défaire de l’influence néfaste de ses conseillers, tous présentés comme des personnages exubérants, alcooliques, tricheurs et peu fidèles à leur souverain, ce qui renforce à nouveau le côté théâtral de l'oeuvre, qui pourra déplaire à certain. Reste que visuellement, le film assure ce qu'il faut et c'est surtout pour son esthétisme pictural qu'il mérite d'être découvert. Les fans de cinéma allemand des années 30 seront en tout cas en territoire connu et devrait pleinement apprécier cette Jeanne d'Arc produite par l'UFA...

* Disponible en combo Mediabook DVD + BR chez ARTUS FILMS    
Diaporama d’affiches et de photos
- Livret 80 pages rédigé par David Didelot : J’ai nom Jeanne la pucelle



BEATRICE CENCI

BEATRICE CENCI
(Beatrice Cenci / Liens d'Amour et de Sang)

Réalisateur : Lucio Fulci
Année : 1969
Scénariste : Lucio Fulci, Roberto Gianviti
Pays : Italie
Genre : Drame, Historique
Interdiction : -16 ans
Avec : Tomas Milian, Adrienne Larussa, Georges Wilson, Antonio Casagrande...


L'HISTOIRE : À Rome en 1599, la jeune Béatrice attend dans une cellule le moment de son exécution. Son crime est d’avoir commandité l’assassinat de son père, Francesco Cenci, noble tyrannique et incestueux. La sentence provoque l’ire du peuple qui voit en la « Belle parricide » la martyre d’une société arrogante et hypocrite. Mais derrière l’icône se cache un personnage complexe qui a su manipuler les sentiments du serviteur Olimpio pour arriver à ses fins...

MON AVIS : Quand on évoque le nom de Lucio Fulci, on pense en premier lieu à ses nombreuses œuvres horrifiques, de L'Enfer des Zombies à Frayeurs, de L'Au-Delà à La Maison près du Cimetière entre autres, pour ne citer que les quatre plus célèbres. Les amateurs du réalisateur transalpin savent pourtant qu'il a touché à bien d'autre genre, tel la comédie, le western, le polar, l'heroic fantasy ou le film d'aventure par exemple. En 1969, il s'attaque même au drame historique, pour ce qui sera d'ailleurs son unique incursion dans ce genre, et réalise Beatrice Cenci, film à costumes qui mêle vérité et liberté historique, drame sordide, machination, amour destructeur et scènes de torture. A l'arrivée, un seul mot nous vient à l'esprit après visionnage du film : grandiose ! Sans contestation possible, on tient là le plus beau film de Lucio Fulci, avec La Maison près du Cimetière. Connu en France sous le titre de Liens d'Amour et de Sang, Beatrice Cenci est une oeuvre maîtrisée, visuellement magnifique, et qui n’hésite pas à égratigner de façon frontale la religion et le Pape lui-même, ce qui valut d’ailleurs au film quelques petits soucis avec le Vatican lors de sa sortie. L’insuccès du film déprima profondément Lucio Fulci qui s’était investi à fond dans le projet, disant même que c'est le film qui lui tient le plus à cœur de toute sa filmographie. Relatant un fait divers ayant eu lieu au XVIème siècle et qui demeure toujours présent dans les esprits en Italie, le personnage de Beatrice étant devenu l'icône du féminisme suite à sa décapitation pour "parricide", le film de Fulci est une oeuvre forte, chargée d’émotion et de scènes choc, puissantes. Le personnage de Francesco Cenci, interprété avec conviction par le français Georges Wilson (célèbre acteur, père de Lambert Wilson et réalisateur d'un unique film, La Vouivre en 1989) nous apparaît d’une cruauté sans égale, cupide, violent, se réjouissant de la mort de deux de ses fils car cela lui permet de ne plus dépenser d’argent pour eux, ou n’hésitant pas, sous l’emprise de l’alcool, de tenter d’avoir une relation sexuelle avec sa propre fille Béatrice. On comprend alors le désir morbide de cette jeune fille, qui se destine au couvent, à vouloir la mort de son paternel. Mais l’Inquisition, dans toute sa mauvaise foi, ne verra dans ce drame familial qu’un prétexte pour torturer et mettre à mort les membres de la famille Cenci, permettant alors à l’Église de récupérer toute la fortune et les biens amassés par Francesco Cenci. On comprend que le Vatican n’ait pas apprécié cette lourde charge de Lucio Fulci à son encontre, ce dernier étant pourtant croyant. Il n’hésite d’ailleurs pas à filmer de manière crue les tortures subies par le serviteur de Béatrice, personnage très bien interprété par Tomas Milian. Des séquences d’une rare intensité et superbement mises en scène, avec un souci de réalisme qui fait froid dans le dos. On n’est pas loin du terrible La Marque du Diable qui sortira l’année suivante. Mais plus que les attaques envers la religion et la soif d’argent et de pouvoir, Beatrice Cenci est avant tout un hymne à la condition féminine, une ode à la liberté des femmes, une attaque contre la patriarcat. Béatrice devient alors une sorte de martyr, ayant juste voulu s’échapper d’une vie qu’on a décidé pour elle, d'une vie placée sous le signe de la peur et de la violence, deux facteurs représentés par la figure du père. On peut trouver  hautaine et ingrate l'attitude de Beatrice face à son serviteur qui vient de se faire torturer et qui l'a aidé à mener à bien son parricide par amour, la jeune femme ne lui jetant jamais un seul regard quand elle quitte la salle d'audience. Une attitude qui montre que Beatrice a plusieurs facettes et que derrière son visage angélique peut se cacher un être froid et déterminé, voire même cruel, qui n'hésite pas à se montrer manipulatrice pour parvenir à ses fins. Impossible de ne pas mentionner son extraordinaire interprète, Adrienne Larussa, assurément l'une des plus belles actrices jamais vues sur un écran. Si l'entente entre l'actrice et son réalisateur n'était pas au beau fixe durant le tournage, Adrienne Larussa ayant tendance à se prendre pour une "diva" selon quelques autres acteurs (dont Mavie Bardanzellu qui joue la mère de Beatrice dans le film), impossible de rester insensible face à ce visage parfait, qui incarne tour à tour la détermination, l'abnégation, la peur, la haine, la souffrance. La jeune actrice américaine, qui n'a pas eu une grande carrière (on l'a vu dans Psychout for Murder en 69 ou dans L'Homme qui venait d'ailleurs en 76 par exemple, ainsi que dans des épisodes de séries-télévisées) s'en sort vraiment bien et irradie l'écran à chacune de ses apparitions. La musique de Angelo Francesco Lavagnino et Silvano Spadaccino accompagne merveilleusement bien les images et donne une touche poétique à des scènes pourtant bien cruelles. Sombre, âpre, très nihiliste et jusqu’au-boutiste, Beatrice Cenci est vraiment un film phare dans la filmographie de Fulci et il mérite réellement d'être reconnu en tant que tel.

* Disponible en Mediabook DVD + BR chez ARTUS FILMS

LE MEDIABOOK :
L'éditeur Artus Films poursuit donc sa collection dédié à Lucio Fulci et nous permet de visionner Beatrice Cenci dans des conditions optimales, en VF ou en VOSTF. La copie est très belle, bien définie, bien contrastée, avec un beau grain cinéma. Niveau bonus, outre un livret informatif de 64 pages qui revient autant sur le film que sur le fait historique lui-même, on trouve  une courte présentation du film par Lionel Grenier, une analyse du film par Lionel Grenier, un entretien avec Mavie Bardanzellu, un autre avec Antonio Casagrande ainsi qu'un petit module vidéo nous donnant la joie de revoir Adrienne LaRussa qui nous livre quelques anecdote sur le tournage et sa relation avec Fulci. Un diaporama et des affiches/photos complètent le tout. Du bel ouvrage, comme d'habitude.





POUR LES FANS DE LUCIO FULCI, LE FANZINE TOUTES LES COULEURS DU BIS QUI LUI ÉTAIT DÉDIÉ VIENT DE S'OFFRIR UN RETIRAGE ! 
FILMOGRAPHIE COMPLÈTE CHRONIQUÉE !
ON COMMANDE -> ICI <-