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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




THE BASEMENT TAPES

THE BASEMENT TAPES
(The Basement Tapes)

Réalisateur Cristiano Stocchi, Maurizio Gambini,  Mario Alves Rebehy, Francesco Cortonesi
Année : 2004 - 2006
Scénariste  Francesco Cortonesi
Pays : Italie
Genre : Fantastique, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Elisa Faggioni, Riccardo Reim, Simone Nepote Andre...


L'HISTOIRE : 4 courts-métrages italiens, invisibles depuis les années 2000, ont été regroupés sur cette anthologie horrifique...

MON AVIS : Dans les années 2000, le site italien Filmhorror.com a décidé de produire quatre courts-métrages, édités en DVD à faible tirage et qui ont, depuis, totalement disparus de la circulation. L'éditeur Tetro Video a donc eu l'idée de retrouver ces courts-métrages et de les réunir sous le titre de The Basement Tapes. Cette anthologie, créée par Cristiano Stocchi et écrite par Francesco Cortonesi, se compose donc de quatre segments, sans fil rouge conducteur ici, à la différence de la majorité des films à sketches. On suppose que le budget alloué n'était pas bien élevé mais souvent, le système D dans ce type de productions s'avère efficace. Est-ce le cas ici ? 
Le premier segment s'intitule Parasiti in bianco et a été mis en scène par Cristiano Stocchi et Maurizio Gambini. On y suit une femme, venue dans une clinique un brin lugubre, pour consulter un docteur. Elle croise un patient sur un brancard qui a le visage comme asséché, ce qui ne la laisse pas sur une bonne impression. La rencontre avec le médecin et l'infirmière se déroule correctement, du moins en apparence. Des événements troublants se produisent et l'héroïne va peu à peu découvrir ce qui se trame vraiment dans cette clinique, qui évoque toute à la fois l'univers de Silent Hill ou du film Traitement de Choc avec Alain Delon, avec une touche de fantastique à la fin. Un sketch bien réalisé, c'est le plus long des quatre courts-métrages, avec une bonne ambiance anxiogène, des maquillages réussis et un peu d'humour noir. Sympa comme tout.
Seconde histoire, Fama de Mario Alves Rebehy, qui signifie "Faim". Deux inspecteurs de police arrivent devant une maison dont on n'a plus de nouvelles des occupants depuis deux semaines. L'inspection de l'intérieur de la demeure fait découvrir aux enquêteurs des cadavres attablés autour d'un repas. Un bruit se fait entendre au grenier et les deux hommes découvrent une petite fille, seule, jouant avec des poupées et faisant comme si elle racontait une histoire à ces dernières, une histoire basée sur une famille forçant une filette à manger sa soupe. Un petit twist final vient apporter une jolie touche de poésie à ce segment, twist que je n'avais pas vu venir. 
Troisième sketch : Week-end  de Maurizio Gambini. Une histoire dont l'ambiance et le lieu de l'action, ainsi que les mouvements de caméra, font irrémédiablement penser au Evil Dead de Sam Raimi. Deux amis, partis chasser, tuent malencontreusement un enfant. Ils ramènent le corps ensanglanté dans une cabane qu'ils ont loué pour le week-end, où les attendent la femme d'un d'entre-eux. Ils réalisent que le corps assassiné n'est pas celui d'un enfant en réalité, sans parvenir à identifier clairement de quoi il s'agit. Des tensions liées au drame surgissent entre les trois personnages de l'histoire, qui comprennent qu'une menace est présente au dehors. La découverte d'une photo accrochée au mur ainsi que du journal du propriétaire vont les éclairer. Le journal évoque la possible présence dans les bois d'un Wendigo ! Franchement, j'ai beaucoup apprécié ce troisème segment, avec une créature au maquillage réussi et donc, à cette ambiance Evildeadienne qui fonctionne plutôt bien. Le final est, quant à lui, un gros clin d'oeil à celui de La Nuit des Morts Vivants de Romero
Dernier court-métrage : Vi amo, addio de Cristiano Stocchi et Francesco Cortonesi. Un homme d'apparence assez jeune, la trentaine, se présente à nous en déclarant qu'il est tepmps pour lui de mettre fin à ses jours car il ne peut plus vivre comme ça. Il se filme face caméra, comme pour livrer des aveux, faire une confession. On en vient à penser qu'il s'agit d'un tueur en série. Chose curieuse, chacune de ses interventions est précédée d'un flash d'appareil photo et l'homme a le visage de plus en plus marqué, comme si sa peau fondait ou brulait. La révélation finale nous fera comprendre pourquoi...
D'une duré de 70 minutes, The Basement Tapes est la preuve qu'avec peu de budget mais un amour réel pour le cinéma de genre, on peut pondre des courts-métrages de qualité et qui fonctionnent bien. Bravo à l'équipe de Filmhorror.com et à Tetro Video pour avoir exhumé ces raretés.

* Disponible en Blu-Ray sur le site de l'éditeur : TETRO VIDEO



  

THE GIRL IN THE POOL

 

THE GIRL IN THE POOL
(The Girl in the Pool)

Réalisateur Dakota Gorman
Année : 2024
Scénariste Jackson Reid Williams
Pays : USA
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec Freddie Prinze Jr., Kevin Pollak, Monica Potter, Brielle Barbusca, Gabrielle Haugh...


L'HISTOIRE : Tom a une liaison avec la jeune Hannah. Profitant de l'absence de sa femme, Tom reçoit sa maîtresse et passe du temps avec elle dans sa piscine. Il s'absente pour engueuler son jeune voisin qui utilise un drône pour le filmer. Quand il revient aux abords de la piscine, il découvre Hannah, la tête ensanglantée, morte. Il cache le corps dans un coffre de jardin juste à temps, sa femme étant de retour à la maison. Il n'est pas au bout de ses surprises quand il découvre que cette dernière lui a préparé une fête pour son anniversaire et que les invités sont dans le jardin...

MON AVIS : Après Natural Disaster en 2020, la réalisatrice Dakota Gorman fait son retour derrière la caméra en 2024 avec The Girl in the Pool, qui met en vedette Freddie Prinze Jr., le mari de Sarah Michelle Gellar dont la carrière était faite de haut et de bas. La lecture du scénario et la vision de la bande annonce m'ont fait croire que j'allais être en présence d'une comédie un peu trash et déjantéz, un peu à la Very Bad Things ou, plus made in France, à la Jo, avec des gags et du comique de situation ciblé sur le cadavre caché dans le coffre de jardin. Raté ! On a affaire à un banal thriller hautement soporifique, dont le seul intérêt est de savoir si la jeune Hannah (Gabrielle Haugh) a glissé et s'est cognée la tête ou si elle a été tuée. Tout le reste tourne autour des soucis familiaux du héros, de sa relation tendue avec sa femme à son manque de communication avec ses deux adolescents, ou de ses rapports conflictuaux avec son beau-père, invité à la fête. Bien sûr, on a une scène dans laquelle ses potes vont s'asseoir sur le coffre de jardin mais ça m'apporte pas grand chose en terme de suspense. Le doublage français est juste ignoble et participe à niveler encore plus le film vers le bas. Dire qu'on s'ennuie à suivre les rebondissements pas folichons proposés est un euphémisme. Le film traite de la liaison adultère et de l'apparente respectabilité des gens qu'on croient heureux mais qui cachent des secrets avec la grâce d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. En fait, tout tombe à l'eau, même le fait que le jeune voisin a peut-être filmé l'accident ou le meurtre d'Hannah avec son drône. Le montage du film alterne présent et flashbacks ce qui, au final, ne sert toujours... à rien. C'est triste à dire mais le seul point positif de ce film est de mater les courbes de Gabrielle Haugh en maillot de bain sexy. C'est quand même très léger sur 90 minutes ! La révélation concernant sa mort nous est tout de même présentée, c'est peut être la seule surprise du film. Même le final, qui semblait proposer enfin un peu d'irrévérence se fait saborder pour une ultime scène moralisatrice au possible et totalement dénuée d'intérêt, faisant sombrer définitivement The Girl in the Pool dans la catégorie fiasco ! A oublier séance tenante.

 

TRAP

 

TRAP
(Trap)

Réalisateur M. Night Shyamalan
Année : 2024
Scénariste M. Night Shyamalan
Pays : USA
Genre : Thriller, horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Josh Hartnett, Ariel Donoghue, Saleka Shyamalan, Alison Pill, Hayley Mills...


L'HISTOIRE : 30 000 spectateurs. 300 policiers. Un tueur. Cooper, père de famille et tueur en série, se retrouve pris au piège par la police en plein cœur d’un concert dans lequel il accompagne sa fille. S’échappera-t-il ?

MON AVIS : Depuis The Visit en 2015, M. Night Shyamalan poursuit son bout de chemin avec des films plus petits en terme budgétaire que ses précédentes réalisations, à l'image de Old ou Knock at the Cabin entre autres. Des films dans lesquels on trouve toujours sa marque de fabrique, à savoir ce fameux twist que tous les spectateurs attendent. Avec Trap, budgété à 30 000 000$ tout de même, il évite le fantastique pour livrer un solide thriller - certes pas toujours très crédible, je le reconnais - mais qui a bien fonctionné sur moi. Ici, Josh Hartnett interprète Cooper, un gentil père de famille qui emmène sa fille voir un concert de sa star préférée, Lady Raven (jouée par Saleka Shyamalan, la propre fille du réalisateur). Rapidement, Cooper remarque une présence policière aux abords du stade particulièrement soutenue. Même chose à l'intérieur de l'enceinte : ça grouille de flics, comme si quelque chose se préparait ou que ces derniers avaient une information sur un éventuel drame à venir. Ne me rappelant plus de la tagline présente sur l'affiche du film, je pensais que Cooper et sa fille allaient se retrouver pris au piège dans l'enceinte du concert que des terroristes allaient venir perturber, d'où la présence massive de la police et même de l'armée. Ce fut donc une petite surprise en découvrant que le gentil Josh Hartnett était en fait la menace du film. Le papa-poule est un odieux tueur en série, responsable de meurtres sauvages. Petit à petit, on découvre que ce concert est l'occasion pour la police de l'appréhender, même s'il n'ont aucun indice sur son physique, sur à quoi il ressemble. Les enquêteurs savent juste que c'est un homme blanc et qu'il sera présent à ce concert. Avec ce simple postulat, Shyamalan tisse sa toile et place Hartnett en position assez tendue, car il comprend peu à peu que tout ce remue-ménage est pour lui. Il doit alors prendre tout un tas de décision pour esquiver les forces de l'ordre, qu'elles soient en chair et en os ou présentent via les caméras de surveillance par exemple. Bon, OK, c'est parfois (souvent ?) un peu trop surréaliste au niveau des combines qu'il trouve (subtilisation d'un pass pour accéder à diverses zones pourtant surveillées, manipulation de la star Lady Raven pour pouvoir monter à bord de sa voiture et rester ainsi inaperçu et j'en passe) mais bon, c'est du cinéma et si on accepte le concept, on va dire que ça passe. Une fois en compagnie de Lady Raven, le scénario devient plus tortueux car cette dernière a compris qui il était réellement. On appréciera l'utilisation des réseaux sociaux pour tenter de sauver une future victime en facheuse position (comme quoi, dans ce genre de situation, ça sert !) ainsi que le petit jeu du chat et de la souris qui s'installe entre Copper et Lady Raven. Josh Hartnett assure vraiment en tueur sadique, manipulateur et hautement intelligent et il porte le film sur ses épaules. La dernière demi-heure vire un peu dans le grand-guignol mais le suspene est bien présent dans l'heure et quart précédente et on en arrive même a espérer que le tueur ne se fasse pas prendre, pour voir comment il va gérer la situation. Pas mal du tout.


THE VISIT

 

THE VISIT
(The Visit)

Réalisateur M. Night Shyamalan
Année : 2015
Scénariste M. Night Shyamalan
Pays : USA
Genre : Thriller, horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Olivia DeJonge, Ed Oxenbould, Deanna Dunagan, Celia Keenan-Bolger...


L'HISTOIRE Deux enfants sont envoyés passer une semaine en Pennsylvanie, dans la ferme de leurs grands-parents. Mais lorsque l'un d'eux découvre qu'ils sont impliqués dans quelque chose de profondément dérangeant, leurs chances de retour s'amenuisent de jour en jour...

MON AVIS : Grand spécialiste du film à twist depuis Sixième Sens, le réalisateur M. Night Shyamalan a rencontré James Blum, patron de Blumhouse Productions, qui lui a conseillé de faire un film plus minimaliste, et de s'impliquer financièrement sur un nouveau projet. Shyamalan a écouté, a sorti 5 millions de dollars de sa poche et a tourné The Visit, qui a rencontré un joli succès financier et l'a remis sur les rails, ses films précédents n'ayant pas rencontré le public comme il le souhaitait. Pour ce film, le réalisateur a misé sur la caméra subjective, façon found footage. L'héroïne, la jeune Becca (Olivia DeJonge), est passionnée par l'image et veut mettre en scène un documentaire sur ses grands-parents. Accompagnée par son petit frère Tyler (Ed Oxenbould), l'adolescente va profiter d'une semaine de vacances chez ces derniers pour réaliser son rêve et faire son fameux documentaire. Des grands-parents que la soeur et le frère n'ont jamais vu, suite à une brouille de leur mère avec ses parents. Ce qui explique l'intérêt des deux ados pour leur grand-mère et leur grand-père, dont ils ne savent rien au final, ou très peu. Le week-end cool va néanmoins prendre une tournure inattendue quand Becca et Tyler vont découvrir les affres de la vieillesse. Etant d'un âge avancé, certains troublent viennent affecter le comportement de Nana et Pop Pop : incontinence, crise de violence passagère, perte des repères, crise d'hystérie, sensation de perdre pied et j'en passe. Des troubles que les adolescents parviennent à comprendre, leur mère les rassurant au téléphone sur le fait d'être une personne âgée. Certaines visualisations à l'écran de ces troubles mettent mal à l'aise, comme lorsque Nana déambule nue et se met à crier et à griffer les murs, les portes lors d'une crise nocturne. De quoi choquer et terrifier deux ados bien éloignés des conditions de vie des personnes du troisième âge. La caméra en vue subjective pourra ne pas plaire à tout le monde, néanmoins, elle permet ici de faire naître une certaine tension, comme lors de la course-poursuite dans les sous-sols de la maison, une séquence assez angoissante. Les crises des grands-parents prennent de plus en plus d'intensité et ceux qui possèdent un four chez eux ne regarderont plus cet objet sans penser au film. Qui dit Shyamalan dit forcément twist et il y en a bien un ici, révélé à peu près au 3/4 du film. Mais pour une fois, je n'ai pas été vraiment surpris par celui-ci, ce n'est pas truc incroyable à la Sixième Sens ou Incassable, même s'il fonctionne parfaitement. En tout cas, avec The Visit, M. Night Shyamalan est parvenu à mettre en scène une petite production relativement efficace, pas exceptionnelle non plus, mais qui bénéficie du talent des deux jeunes acteurs débutants, et de quelques visions peu ragoutantes (la couche sur le visage, dégueulasse !!) qui font leur petit effet. Et sous couvert de faire un thriller horrifique, Shyamalan traite plutôt bien de la sénilité, un thème toujours complexe à aborder et qui montre le fossé entre la jeune et la troisième  génération. Moins grand spectacle, moins hollywoodien, plus intimiste, plus radical aussi, The Visit montre une autre facette de Shyamalan


SUPERMAN (2025)

 

SUPERMAN
(Superman)

Réalisateur : James Gunn
Année : 2025
Scénariste James Gunn, Jerry Siegel, Joe Shuster
Pays : USA, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande
Genre : Fantastique, action
Interdiction : /
Avec David Corenswet, Nicholas Hoult, Rachel Brosnahan, Edi Gathegi...


L'HISTOIRE Superman se retrouve impliqué dans des conflits aux quatre coins de la planète et ses interventions en faveur de l’humanité commencent à susciter le doute. Percevant sa vulnérabilité, Lex Luthor, milliardaire de la tech et manipulateur de génie, en profite pour tenter de se débarrasser définitivement de Superman. Lois Lane, l’intrépide journaliste du Daily Planet, pourra-t-elle, avec le soutien des autres méta-humains de Metropolis et le fidèle compagnon à quatre pattes de Superman, empêcher Luthor de mener à bien son redoutable plan ?

MON AVIS : Créé par Jerry Siegel et Joe Shuster, le personnage de Superman débarque le 18 avril 1938 dans les pages de Action Comics et deviendra le super-héros le plus populaire et connu au monde de l'univers DC. Ses aventures versent dans la bonne humeur, le super-héros bleu et rouge combattant des monstres et des supers-vilains de toutes sortes, faisant la joie des enfants et de leurs parents. Point de noirceur dans ici, tout respire l'optimisme. On est très loin des visions nettement plus sombres du personnage qui apparaîtront au fil des décennies ainsi que dans les films de Zack Snyder entre autres. Bien sûr, pour moi qui suis né en 1974, ma première rencontre avec Superman fut certainement ma vision du film de Richard Donner, avec Christopher Reeves. Difficile d'effacer la charisme du défunt acteur, même si les prestations de Brandon Routh ou Henry Cavill était également de grande qualité. Quand James Gunn a annoncé vouloir refaire un Superman, qui retrouverait l'âme du comics original, en zappant son envoi sur Terre, vu et revu dans les différents films et série-télévisées, je me suis dit que c'était une bonne nouvelle, le style Gunn étant très punk-rock dans l'esprit, il suffit de voir Les Gardiens de la Galaxie ou The Suicide Squad pour s'en convaincre. Il était clair que ce réalisateur atypique allait dynamiter les codes et proposer un spectacle de tous les instants, qui allierait action et humour dans une parfaire alchimie. C'est exactement ce qu'il a réussi à faire avec son Superman ! Vu en Imax 3D, c'est du divertissement haut de gamme, qui bénéficie d'effets visuels proprement époustouflants et d'un réalisme assez incroyable. Qui plus est, il y a une histoire derrière le déferlement d'effets spéciaux et des personnages bien développés, ce n'est pas qu'une enveloppe visuelle. Concernant les acteurs, David Corenswet, qui m'est totalement inconnu, assure vraiment dans le costume bleu et rouge, j'ai adoré sa prestation. Et la mise en avant du pouvoir des lunettes de Clark Kent vient enfin balayer l'éternel questionnement du public n'ayant jamais lu les comics consacré au personnage. Une bien bonne idée de James Gunn ! L'impitoyable Lex Luthor est lui aussi superbement campé par Nicholas Hoult, que j'ai découvert récemment dans le Juré N°2 de Clint Eastwood. C'est certainement le Lex Luthor le plus machiavélique et sans pitié de toute la saga. Quant à Loïs Lane, elle est jouée par la charmante Rachel Brosnahan qui lui offre un côté pétillant et dynamique. Le reste du casting est à la hauteur, aucune fausse note à ce niveau et, plus étonnant, celui qui remporte la palme est Krypto, un méta-chien facétieux dont Superman a la garde. Concernant les scènes d'action, rien à dire, elles sont bluffantes, chorégraphiées à la perfection, d'une belle lisibilité et on en prend plein les mirettes. Le combat contre un monstre gigantesque, rappelant le comics originel, est incroyable, voyant la participation de Green Lantern, Hawkgirl et Mister Terrific. On nage vraiment dans un univers coloré, ultra fun, qui donne la banane. Reste que notre Superman a toutefois des soucis malgré sa bonne humeur communicative : son intervention lors d'un conflit entre deux pays voit sa côté de popularité être remise en cause, Lex Luthor y voyant une opportunité pour défaire le super-héros dans le coeur du public et l'évincer définitivement. Prise de conscience, rejet de ses fans, souci de couple avec Loïs et cerise sur le gâteau, une révélation concernant ses parents et leur but lorsqu'ils l'ont envoyé sur Terre, vont venir le fragiliser émotionnellement, ce qui donne une véritable ampleur au personnage, qu'on prend immédiatement en empathie. Plus le film avance, plus il y a un petit aspect dramatique qui se développe au sein du personnage, associé à des situations tendues, notamment quand il est retenu prisonnier dans la prison de Luthor, séquence visuellement sublime qui nous permet de découvrir le méta-humain Metamorpho. Bien sûr, l'esprit d'équipe, la camaraderie, viendront remettre tout le monde dans le droit chemin afin de clôturer le film sur une note positive. Pari plus que réussi pour James Gunn pour ma part, qui s'est réapproprié ce super-héros emblématique avec un talent certain. Un vrai film comic-book, un vrai film de Superman ! 


SPEAK NO EVIL (2024)

 

SPEAK NO EVIL
(Speak no Evil)

Réalisateur : James Watkins
Année : 2024
Scénariste James Watkins, Christian Tafdrup, Mads Tafdrup
Pays : USA, Croatie, Canada
Genre : Thriller, Horreur, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec  James McAvoy, Mackenzie Davis, Aisling Franciosi, Alix West Lefler...


L'HISTOIRE Une famille américaine passe le week-end dans la propriété de rêve d'une charmante famille britannique rencontrée en vacances. Mais ce séjour qui s’annonçait idyllique se transforme rapidement en atroce cauchemar...

MON AVIS : Bénéficiant d'une solide réputation lors de sa sortie en 2022, le film danois Speak no Evil de Christian Tafdrup est passé sous mes radars et je ne l'ai toujours pas vu. En 2024, James Watkins, réalisateur du choc Eden Lake et de La Dame en Noir décide d'en faire un remake. On pourra toujours se poser la question de l'utilité de remaker un film à peine deux ans après la sortie de l'original, quoiqu'il en soit, c'est donc la version 2024 de Speak no Evil que j'ai visionné, avec niveau casting James McAvoy dans le rôle de Paddy et Aisling Franciosi dans le rôle de Ciara. Un couple britannique tout ce qu'il y a de plus normal, qui fait la connaissance de la famille Dalton lors d'un séjour en vacances. L'entente étant cordiale et amicale, Paddy et Ciara propose aux Dalton de venir passer un week-end chez eux. Les Daltons sont enjoués à cette idée mais le séjour va dévoiler le véritable visage de Paddy et Ciara, qui élève leur fils muet Ant (Dan Hough). Par petite touche, la mise en scène nous fait rapidement comprendre que quelque chose ne va pas chez Paddy et Ciara et que le week-end ne va pas se passer comme prévu. Comportement inadéquat, petites réflexions ou sentances cinglantes, accès de colère chez Paddy envers son jeune fils font rapidement naître un climat anxiogène dont les Dalton ne savent plus quoi penser. James McAvoy assure bien dans ce rôle de psychopathe incontrôlable qui se délecte de la situation et prend un malin plaisir à malmener psychologiquement ses invités. Plus le temps passe, plus le malaise grandit et plus la situation semble incontrôlable pour les Dalton. Il faut dire que Ben Dalton n'est pas ce qu'on peut appeler un "mâle dominant" et qu'il préfère toujours tempérer les choses, de trouver des excuses au comportement de Paddy et de Ciria plutôt que de prendre les choses en main. Tout l'inverse de son épouse Louise Dalton (Mackenzie Davis), qui commence à voir rouge quand Ciria se permet des remontrances sur Agnès Dalton (Alix West Lefler). Louise prend les choses en main, tente de convaincre son mari qu'il leur faut quitter la maison de cet étrange couple avant que les choses ne s'enveniment trop. Le couple britannique semble vouloir tester les limites de leurs invités et à la place de ces derniers, difficile de savoir comment on réagirait. Plus le film avance, plus des détails nous sont présentés sur Paddy et Ciara, dévoilant quels sordides secrets se cachent dans leur maison. Il en va de même pour le jeune Ant, donc le secret n'en est pas un longtemps, le spectateur habitué au cinéma de genre ayant depuis longtemps compris quel est son véritable problème lié au mutisme. Le film s'enflamme dans sa dernière demi-heure, devenant réellement malaisante et faisant de James McAvoy un taré  en puissance. Sans être non plus le film du siècle, loin s'en faut, Speak no Evil 2024 se montre efficace dans son rapport à la lutte des classes, met ses personnages dans une situation somme toute assez réaliste vu l'état de notre monde actuel, la politesse et la bienséance s'amoindrissant de plus en plus dans les rapports humains. Il faudra que je découvre le film original qui est apparemment différent dans son final, moins "américanisé" semble-t-il...


JURE N°2

 

JURE N°2
(Juror #2)

Réalisateur : Clint Eastwood
Année : 2024
Scénariste Jonathan A. Abrams
Pays : USA
Genre : Thriller, film de procès
Interdiction : /
Avec Nicholas Hoult, Toni Collette, J.K. Simmons, Kiefer Sutherland...


L'HISTOIRE Justin Kemp, père de famille, est juré dans un procès pour meurtre très médiatisé. Il se trouve confronté à un grave dilemme moral - un dilemme qu'il pourrait utiliser pour faire basculer le verdict du jury...

L'AVIS : 41ème film de Clint Eastwood en tant que réalisateur, Juré N°2 joue dans la cour du film de procès, comme son titre l'indique. Eastwood, âgé de 93 ans lors du tournage, débute son film avec une scène idylique : Justin Kemp, joué par Nicholas Hoult, emmène sa femme Allison (Zoey Deutsch), cette dernière ayant les yeux bandés, dans une chambre, décorée pour accueillir un nouveau né. La surprise de la future maman est totale. Le spectateur, de son côté, sait très bien que ce tableau parfait de la famille américaine va se craqueler, dévoiler ses failles au cours du film. Et il ne faudra pas attendre très longtemps pour découvrir la couleuvre cachée. Justin reçoit une convocation pour être juré lors du procès de James Sythe (Gabriel Basso), accusé de féminicide sur sa petite amie. Les preuves semblent ne laisser aucun doute sur la culpabilité de Sythe. Un petit détail, inconnu des avocats et autres membres des jurés, est tout de même à prendre en compte : Justin était dans le bar où James et sa fiancée se sont disputés ce soir là. Et il a eu un accident, une pluie battante et une mauvaise visibilité l'ayant conduit à percuter un cerf. Seulement, en devenant juré dans cette affaire et en écoutant les faits, il comprend que ce n'était pas un cerf qu'il a embouti avec sa voiture. Juré N°2 prend alors des allures de thriller dans lequel culpabilité, remord et dilemne moral vont se télescoper dans l'esprit du héros, qui ne sait plus quoi faire. Se dénoncer maintenant, alors que sa femme est enceinte ? Ce serait bien sûr la meilleure chose à faire. Mais devenir père en cellule n'est pas très joyeux. Justin choisit alors de venir en aide à James Sythe en tentant de faire changer d'avis, de semer le doute dans l'esprit des autres jurés et de l'avocat de la victime. Une solution de secours pour Justin, qui permet à Eastwood de développer une atmosphère sourde et pernicieuse, puisqu'en mettant en avant les détails destinés à mettre en évidence que Sythe est innocent, Justin se met lui-même en danger. Ce qui est très intéressant dans Juré N°2, c'est que le personnage de Justin assiste en fait à son propre procès mais par personne interprosée. Et c'est assez passionnant pour le public de se mettre aussi à la place des jurés et de voir comment il est difficile de distinguer le vrai du faux, de se montrer totalement impartial. Et la mise en scène d'Eastwood est assurément brillante, intuitive, tout en se montrant assez classique dans son ensemble. Mais c'est un classiscisme qui fait mouche et qui se prête bien au film de procès. Pour son chant du cygne annoncé (mais qui n'est plus d'actualité puisque Clint a annoncé vouloir réaliser un nouveau et dernier film !), Eastwood tire sa révérence avec un film réussi et qui brasse des thématiques qui l'ont toujours inspiré. Chapeau monsieur la Légende !