Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




WEEK-END DE TERREUR

 

WEEK-END DE TERREUR
(April Fool's Day)

Réalisateur Fred Walton
Année : 1986
Scénariste Danilo Bach
Pays : USA
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Deborah Foreman, Amy Steel, Griffin O'Neal, Clayton Rohner, Deborah Goodrich...


L'HISTOIRE : Muffy St. John invite ses amis à passer le week-end du 1er avril dans sa luxueuse maison, seule habitation présente sur une petite île. Le voyage en ferry voit l'un des employés avoir un grave accident suite à une mauvaise blague d'un des amis de Muffy. Après une première soirée festive, la bonne humeur tend à s'amoindrir quand des disparitions commencent à avoir lieu et que le cadavre d'un des garçons est aperçu à bord d'une barque. Les invités ne trouvent plus très drôle le séjour, tandis que Muffy semble sombrer dans une sorte de nonchalance assez troublante...

MON AVIS : En 1971, Mario Bava propose au public La Baie Sanglante, film qui pose les bases de ce que deviendra le sous-genre du slasher movie. Suivront Black Christmas en 1974, Massacre au Drive-In en 1976, Halloween en 1978 et bien sûr Vendredi 13 en 1980, qui fera exploser le genre, qui n'en finira plus d'inonder les écrans durant la première partie des 80's, avec plus ou moins de réussite. Le slasher est souvent décrié pour ses scénarios simplistes, ses personnages caricaturaux, son humour potache, son érotisme gentillet. Un genre qui ne vaudrait en fin de compte que pour ses meurtres, souvent inventifs et sanguinolents. Personnellement, j'aime me divertir devant un slasher bien nerveux et décomplexé. En 1986, on en est déjà au chant du cygne du genre, dont les nombreux représentants ont fini par épuiser le fructueux filon. La quasi majorité des studios se sont engouffrés dans la brèche ouverte par le classique de Sean S. Cunningham et il est donc difficile de se renouveler après 5/6 ans de domination du slasher. Le producteur Frank Mancuso Jr., un des boss de la Paramount, n'en peut plus de produire des Vendredi 13 à tire-larigot, même si le succès est toujours au rendez-vous, notamment en vidéo. Il décide tout de même d'en produire un nouveau, avec dans l'idée de se démarquer un peu et de se tourner plus vers le thriller. Le scénariste Danilo Bach lui propose alors l'idée d'envoyer un groupe d'amis dans un immense demeure faire une "murder-party", un jeu de rôle grandeur nature avec meurtres factices au programme. Une idée qui plait au producteur et au studio. Le scénariste s'inspire alors du film Les Copains d'abord mais aussi du roman Dix Petits Nègres d'Agatha Christie et du film de 1932 de James Whale, La Maison de la Mort, pour pondre son script qui doit mêler adolescents blagueurs, suspense, meurtres et retournements de situation. Pour mettre en scène le film, c'est Fred Walton qui est retenu. Le réalisateur a à son actif Terreur sur la Ligne (1979) qui avait impressionné le public avec sa stressante scène d'introduction, qui inspirera Wes Craven pour celle de Scream. Pourtant, ce dernier n'est pas du tout fan du genre horrifique et encore moins des slashers. Mais sa situation financière lui interdit de refuser la proposition de la Paramount. Et le scénario de Danilo Bach lui fait penser qu'il va pouvoir mettre en scène quelque chose de plus léger, de plus atypique, de plus humoristique. Surtout que l'action du film se déroule un... 1er avril ! Le jour phare des amateurs de blagues en tout genre. C'est d'ailleurs le titre original de Week-end de Terreur et c'est celui qui nous mettra ou aurait dû nous mettre la puce à l'oreille. Atypique, tout en jouant avec les codes du slasher et du old dark house, le film de Fred Walton l'est, assurément. Notamment avec son final, que je ne vous dévoilerai pas bien sûr, et qui risque de faire grincer quelques dents. Maintenant, est-ce que Week-end de Terreur est un bon slasher ? Bah, pas vraiment. Le côté humoristique est présent, trop présent, et il plombe une ambiance qui ne provoquera jamais la terreur promise dans le titre français. Il faut se coltiner trente à quarante bonnes minutes durant lesquelles on a des tas de blagues qui ne volent pas haut, à base de fermeture éclair non fermée, de coussins péteurs, de chaises au pieds rétractables, de robinets montés à l'envers, de poignées de porte escamotables et j'en passe. C'est amusant au début mais on aimerait bien que le rythme s'accélère un peu, que le sang vienne éclabousser notre écran et que les cadavres s'amoncellent. Alors oui, on aura des disparitions mais niveau violence et gore, c'est l'encéphalogramme (quasi) plat. Tout est filmé en hors-champ, vous pouvez regarder le film avec vos enfants, aucun problème à ce niveau, hormis la scène de l'oeil au début. Dommage car on a une séquence franchement cool, celle du puits, qui, pour le coup, développe une certaine tension et se montre réellement efficace. Le corps posé dans une barque et que deux tourereaux se faisant des calins voient à travers des lattes de bois est sympa aussi. Mais sinon, Week-end de Terreur est probablement l'un des slashers les moins violents qui existe. Idem pour la nudité, totalement absente ici. Bien sûr, qui dit tueur dit suspects potentiels et il y en a plusieurs évidemment qui pourraient remplir ce rôle : on a l'employé victime d'un accident sur le ferry qui pourrait avoir envie de se venger par exemple ; ou bien l'un des invités qui aurait une quelconque rancoeur contre l'un des autres invités ; on a aussi le comportement de l'hôtesse des lieux, jouée par Deborah Foreman, qui évolue au fil de la journée et on a l'impression qu'elle sombre dans une sorte de dépression, qui a peut-être un lien avec la mort de ses amis. Le mystère demeure. Niveau casting, on trouve pas mal d'inconnus mais aussi Tom Wilson, le fameux Biff de Retour vers les Futur, la sexy Deborah Goodrich qui joue la petite allumeuse du groupe et qu'on a vu dans Meurtre en VHS en 1988, et surtout la blondinette Amy Steel, la final girl de Vendredi 13 chapitre 2 - le Tueur du Vendredi en 1981. Elle a un rôle assez conséquent dans Week-end de Terreur et on a du plaisir à la revoir dans un slasher. Reste que le film de Fred Walton a de forte chance de ne pas trouver son public étant donné le cap qu'il emprunte, son manque de meurtres graphiques et son hallucinante conclusion. Cette comédie slasheresque ne fait, pour ma part, qu'enfoncer le genre, déjà appauvri, dans une décadence peu glorieuse et ne le tire pas vers le haut, ne parvenant pas à transcender ses codes, malgré une noble intention de se démarquer de ses prédecesseurs. Pour le renouveau, il faudra bien sûr attendre Scream en 1996.

* Disponible en combo DVD + BR + Livret 24 pages de Marc Toullec chez RIMINI EDITIONS

  

UN LOUP-GAROU EN ANGLETERRE

 

UN LOUP-GAROU EN ANGETERRE
(A Werewolf in England)

Réalisateur Charlie Steeds
Année : 2020
Scénariste Charlie Steeds
Pays : Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Tim Cartwright, Reece Connolly, Natalie Martins, Jéssica Alonso, Mark McKirdy...


L'HISTOIRE Dans l'Angleterre victorienne, un conseiller paroissial et un criminel se réfugient dans une auberge de campagne isolée, ignorant que des loups-garous affamés de chair humaine habitent les bois...

MON AVIS : Allez, après Chevaliers contre Loups-Garous, j'enchaîne sur un second film de la société Dark Temple Motion Pictures. Et on a encore du loup-garou avec Un Loup-Garou en Angleterre, film réalisé avant l'oeuvre précitée et dont le titre est évidemment un clin d'oeil au célèbre An American Werewolf in London de John Landis bien sur. En fait, j'ai choisi ce film pour une unique raison : voir comment Charlie Steeds a utilisé ses costumes de loups-garous wish dans ce film et comment il les a recyclé dans Chevaliers contre Loups-Garous. Voilà, le but est avoué. Sans surprise, on retrouve au casting Tim Cartwright et Reece Connolly, acteurs phares des productions Dark Temple mais aussi Natalie Martins, Rory WiltonEmma Spurgin Hussey ou James Swanton entre autres, des têtes qu'on retrouve dans diverss films de la firme et qu'on reconnaît sans mal. Un Loup-Garou en Angleterre se veut être une sorte de comédie fantastique horrifique. On y suit les mésaventures d'un conseiller paroissial (Tim Cartwright) qui doit ramener un prisonnier accusé de meurtre à la cour pour être jugé (Reece Connolly). Les deux hommes s'arrêtent dans un petite auberge (encore une référence au Loup-Garou de Londres...) pour y passer la nuit, sans se douter que les deux tenanciers ont conclu n paccte avec une horde de loups-garous vivant dans les bois avoisinant. En clair, le couple attire les touristes et les livrent en pature aux monstres poilus en échange de leur sécurité. Le film de Charlie Steeds a donc une approche qui nous fait bien sûr penser au film L'Auberge Rouge, et va développer un comique de situation à travers ce postulat, plaçant les voyageurs égarés en facheuse position et en proie à deux menaces distinctes : le couple de tenanciers tueurs et les fameux loups-garous qui interviendront par la suite. La relation entre le conseiller et le prisonnier est assez drôle, puisque les deux hommes sont menottés ensemble, ce qui donne lieu à des séquences assez amusantes. L'humour noir est omniprésent et on s'amuse avec ce duo improbable, comprenant rapidement que notre prisonnier supposé meurtrier est en fait un brave gars et qu'il va devenir le héros de l'histoire, protégeant une prostituée mère de famille par exemple. On a donc un buddy movie dont les facéties viennent pimenter une histoire classique mais qui trouve un second souffle une fois les loups-garous entrant en jeu. Le film devient un huis clos façon La Nuit des Morts Vivants, avec une menace extérieure parvenant à s'introduire au sein de l'auberge et devenant rapidement mortelle pour les résidants. Le gore s'invite aussi gentiment à la fête et on a même une scène totalement what the fuck?! qui vous fera écarquiller les yeux devant votre écran ! Traqués par les loups-garous, le conseiller et un résidant s'abritent derrière un meuble tandis que la bête poilu se place au dessus d'eux, ne les ayant pas encore repérés. Et là, sous nos yeux incrédules, le lycanthrope se met à... chier ! Oui, vous lisez bien ! Il envoie l'intéreur de ses intestins façon diarrhée et ce, sur le visage des deux malheureux ! C'est dégueulasse, fort drôle et totalement imprévisible et inattendu ! Niveau look, on a donc des costumes enfilés par des acteurs, type costumes d'halloween, sorte de pyjama recouverts d'une tonne de poils pour faire illusion. Alors, les costumes passent mieux que dans Chevaliers contre Loups-Garous, parce que les lumières sont ici plus travaillées, tamisées, et qu'on n'est pas en plein jour. Donc ça reste un peu risible mais pas tant que ça en fait et le résultat est légèrement plus convaincant. Ca n'empêchera pas les spectateurs peu habitués à regarder des micro-budgets de s'esclaffer et de trouver ça complètement nul bien sûr. Bref, à découvrir si vous êtes curieux et amateur de série Z fauchée mais qui veut bien faire et s'en donne les moyens, à la hauteur de son budget, très faible. C'est cool et assez sympa...


THE HAUNTING OF THE TOWER OF LONDON

 

THE HAUNTING OF THE TOWER OF LONDON
(The Haunting of the Tower of London)

Réalisateur Charlie Steeds
Année : 2022
Scénariste Charlie Steeds
Pays : Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Tim Cartwright, Reece Connolly, Richard Rowden, Emma Spurgin Hussey, Greg Draven...


L'HISTOIRE Lorsque les cadavres décomposés de deux jeunes princes devant succéder au roi sont découverts à la tour de Londres, un prêtre troublé doit mettre ses croyances de côté pour se lier d'amitié avec un prisonnier qui a des pouvoirs surnaturels pour communiquer avec les morts. Ils vont tous deux tenter de découvrir qui a assassiné les futurs héritiers... 

MON AVIS : Après avoir vu Chevaliers et Loups-Garous puis Un Loup-Garou en Angleterre, j'avoue être pris d'un vrai sentiment de curiosité et d'affection pour les films de Dark Temple Motion Pictures ainsi que pour leur créateur / producteur / scénariste et réalisateur Charlie Steeds. Budget fauché, voir ultra-fauché, tournage en décor naturel, système D à gogo pour les effets spéciaux, casting qu'on recycle dans pas mal de films, tout comme certains costumes ou accessoires d'ailleurs, et, surtout, une vraie passion, une vraie envie de faire quelque chose de bien au final, avec un résultat pas toujours au rendez-vous certes, mais tellement supérieur à des productions bardées de CGI dégueulasses, suivez mon regard. Pour ma troisième incursion dans l'univers Dark Temple, j'ai choisi ce film de 2022 intitulé The Haunting of the Tower of London. On y retrouve les acteurs désormais bien connus de cette société de production, à savoir Tim Cartwright et Reece Connolly. Le premier interprète Richard III, qu'on soupçonne rapidement d'avoir fomenté l'assassinat des deux jeunes princes pour prendre la suite de son frère malade et accessoirement roi. Le second joue le jeune prètre Isaac Crawgyll, qui va vouloir démêler cette sombre histoire de meurtres. Ses investigations vont l'amener à rencontrer Henry Pedrick, un homme qui semble posséder le pouvoir de communiquer avec les défunts. Malheureusement, Henry va rapidement se faire un ennemi de Richard III, qui va l'incarcérer et lui faire subir quelques séances de tortures de la part de son bourreau. Dans une ambiance médiévale, le film de Charlie Steeds joue donc avec les codes du film d'inquisition, avec donjon et salle des tortures au menu. Bon, niveau violence, on est tout de même loin de La Marque du Diable et de ses sévices raffinées, mais on a tout de même un peu de gore à se mettre sous la dent, dont une éviscération façon Ed Gein, avec un corps en position inversée, suspendu la tête en bas donc. Au film de torture, le réalisateur ajoute donc une dimension fantastique et spectrale, puisqu'on a ce personnage pouvant entrer en contacts avec les fantômes de défunts. Plutôt pratique, surtout que les spectres des deux jeunes héritiers semblent hanter les murs du château et provoquent quelques remous et morts suspectes parmi les résidents. Comme dans les deux autres films de Charlie Steeds que j'ai vu, ce dernier se démène pour créer une ambiance, une atmosphère d'épouvante et ce, malgré ses très faibles moyens. Et il y réussi assez bien ici, avec des visions spectrales baignées dans une jolie lumière très fantomatique par exemple. La première victime des spectres vengeurs sera l'acteur Greg Draven, le colosse chevalier vu dans Chevaliers contre Loups-Garous. Vous voyez, on retrouve plein d'acteurs et actrices vus dans les autres films et c'est assez sympa de les voir endosser différents rôles. Clairement, c'est toujours Tim Cartwright qui tire son épingle du jeu. J'aime bien cet acteur et dans The Haunting of the Tower of London, il joue un sacré enfoiré, ça change de ses prestations du côté du bien. Ah un détail qui m'a bien fait sourire, c'est que le réalisateur, en plus de recycler acteurs et décors, il recycle aussi des accessoires et devinez ce qu'on retrouve dans ce film-ci ? Les mains poilus des loups-garous des deux films précités plus haut ! Système D je vous le disais !! Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! A noter une séquence finale avec le spectre-moine visible sur le visuel de l'affiche, qui est vraiment cool et bien mise en scène. Par contre, ne vous attendez pas à voir le superbe château présent sur l'affiche, on a plutôt affaire à un château en ruine dans le film mais les intérieurs font illusions en tout cas. Si The Haunting of the Tower of London n'a rien d'un grand film ou d'un futur classique du genre bien sûr, j'ai bien apprécié sa vision, dans laquelle transpire toujours la passion comme déjà mentionné. Charlie Steeds ne se fout pas de la gueule de son public et j'aimerais beaucoup assister à un de ses tournages, ça doit vraiment être sympa. Pour le moment, c'est le film que j'ai préféré des trois que j'ai vu de Dark Temple Motion Pictures.    


CHEVALIERS CONTRE LOUPS-GAROUS

 

CHEVALIERS CONTRE LOUPS-GAROUS
(Werewolf Castle)

Réalisateur Charlie Steeds
Année : 2021
Scénariste Charlie Steeds
Pays : Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec Peter Lofsgard, Jay O'Connell, Greg Draven, Tim Cartwright, Reece Connolly...


L'HISTOIRE : Le jeune Thorfinn Garstang assiste au massacre de son village par une horde de loups-garous dirigée par le cruel Wolfstan. Son seigneur, encore en vie, demande l'aide de quatre chevaliers pour éradiquer la menace lycanthrope. Thorfinn, rongé par la culpabilité de n'avoir rien tenté pour secourir sa fiancée, propose ses services pour guider les chevaliers à travers la contrée, ce qui n'enchante guère Hal Balfanger, l'un des chevaliers...

MON AVIS : En 2016, le réalisateur indépendant britannique Charlie Steeds décide de monter sa propre boite de production, à savoir Dark Temple Motion Pictures. Il va alors produire et réaliser des tas de films à micro-budget, qui sont soit des commandes d'acheteurs basées sur les idées de ces derniers, soit des films basés sur les histoires originales des membres de Dark Temple. On a donc des titresg comme Deadman Apocalypse, Escape from Cannibal Farm, Death Ranch, Vampire Virus, A Werewolf in England, Freeze, The Haunting of Tower of London ou ce Chevaliers contre Loups-Garous entre autres. Ces films font le tour de festivals indépendants et sont disponibles sur support physique ou sur les chaînes de streaming. En France, c'est Prime Vidéo qui en diffuse la plupart. En 2020, Charlie Steeds réalise donc A Werewolf in England, inspiré par Le Loup-Garou de Londres de John Landis bien sûr. Il se dit, comme Roger Corman l'aurait fait, qu'il peut tirer encore partie des costumes de loups-garous utilisés sur ce film et il va donc les recycler l'année suivante dans Werewolf Castle, titre original de ce Chevaliers contre Loups-Garous. Avec des acteurs récurrents au sein de Dark Temple, tels Tim Cartwright ou Jay O'Connell par exemple, Charlie Steeds, animé d'une belle passion pour le cinéma de genre, va donc tenter de recréer un univers médiéval avec ses faibles moyens budgétaires. Il va filmer en décors naturels et fait tout son possible pour faire illusion, avec cette histoire d'un jeune couard, Thorfinn Garstang, qui va vouloir racheter sa lâcheté en prenant part à une quête digne du Seigneur des Anneaux ! Bon, j'exagère bien sûr, le budget de Chevaliers contre Loups-Garous devant être équivalent au budget sandwichs de la trilogie de Peter Jackson, et encore ! Le pauvre réalisateur n'a même pas pu avoir de montures pour ses chevaliers, qui se déplacent donc... à pied. Pas très grave en fait. Il donne à ses héros un aspect très RPG, avec un chevalier maniant l'épée, un autre taillé comme un géant et préférant une lourde massue et j'en passe. Parmi eux, on trouve un élément rebelle, pas très accueillant, sorte de chien fou qui ne semble pas avoir le même code d'honneur que ses compagnons. On se demande si ce ne serait pas un espion, un traître à la solde du chef des loups-garous bien sûr. Et puis on a donc Thorfinn, qui lui dispose d'une hache dont la lame est en argent. Ah, ça peut aider ça ! Il n'y a plus qu'à espérer qu'il se montre brave et ne s'enfuit pas à la moindre encartade. Et c'est donc parti pour des périgrinations à travers bois et plaines sauvages, avec quelques jolis plans de caméra, sûrement filmés à l'aide d'un drône pour les vues aériennes. Le rendu visuel manque de grain, l'image est très lisse et ne possède pas un rendu très cinématographique mais c'est un micro-budget, il faut garder ça en tête. Les mésaventures de notre groupe héroïque se montrent assez plates et guère originales, le but étant de réussir à se rendre au château du roi afin de réclamer son aide. Bon, vu le titre original du film, le petit twist est eventé avant même de démarrer. Reste qu'on sent réellement une envie de bien faire chez Charlie Steeds, ce qui donne un petit côté bien sympathique à son oeuvre, même si elle peine à convaincre sur la durée. On a un peu de violence, un peu de gore de temps à autre et on a donc une armada de loups-garous en guise de menace. Petit souci : hormis leur faciès qui est plutôt crédible, les costumes utilisés semblent provenir du marchand de farce et attrape du coin, sorte de pyjama tout velu, tout poilu mais assez risible de prime abord. Il faut dire que les attaques de nos lycnathropes d'Halloween se passent souvent en plein jour et que l'effet n'est pas vraiment celui escompté en terme d'efficacité. Bah oui, on a vraiment l'impression de voir des acteurs en pyjama se déplacer dans les bois ou la campagne. Par contre, les scènes d'attaques nocturnes passent nettement mieux, sans être extraordinaires bien sûr, mais ça passe. On aura une seule scène de transformation, le méchant Wolfstan (joué par Reece Connolly) s'ouvrant le crâne pour laisser surgir son faciès lycanthropique. On a donc pas besoin de pleine lune ici, puisqu'on nous explique que si un homme commet de vilaines choses, sa nature bestiale prend le dessus durant un certain laps de temps, avant de l'autoriser à retrouver sa forme humaine, à l'exception de ses canines qui restent bien pointues. Je ne sais pas si c'est issu d'une légende médiévale existante mais pourquoi pas après tout. Bon, on ne saura pas non plus pourquoi il faut parfois de l'argent et parfois non pour tuer les loups-garous, ni pourquoi notre jeune héros deviendra une créature hybride à la fin. Les aléas du scénario. Chevaliers contre Loups-Garous est donc un film de passion sans pognon, qui subira flopée de critiques négatives à n'en point douter et qui se fera sans aucun doute traiter de nanar de haute volée. Je ne vous dirais pas que c'est un bon film mais je louerai tout de même l'énergie de Charlie Steeds a faire de son mieux avec les moyens du bord et à aller au bout de ses rêves et de ses projets, que la qualité soit au rendez-vous ou non, ça reste à l'appréciation de chacun. C'est clairement le type de films qu'on ferait entre potes, avec du système D, pas d'argent mais des idées et de l'envie. Y'a mieux, mais y'a aussi pire. Si vous appréciez les séries Z, tentez une vision ! 



BAMBI LA VENGEANCE

 

BAMBI LA VENGEANCE
(Bambi : The Reckoning)

Réalisateur Dan Allen
Année : 2025
Scénariste Felix Salten, Rhys Warrington
Pays : USA
Genre : Horreur
Interdiction : -16ans
Avec : Roxanne McKee, Samira Mighty, Tom Mulheron, Nicola Wright, Adrian Relph...


L'HISTOIRE : Le jeune Bambi voit ses parents être tués par des braconniers. Apprenant à vivre seul, il devient adulte et croise la route d'une jeune biche, qui lui donne un faon. Mais les humains provoquent la mort de la biche et kidnappe le faon, laissant Bambi pour mort. Ce dernier va boire des produits chimiques que les kidnappeurs ont déversé dans la forêt. ce qui le transforme en un cerf monstrueux, bien décidé à venger la mort de sa bien-aimé et à récupérer sa progéniture. C'est ce que vont découvrir Xana et son jeune fils Benji, après que Bambi ai pris d'assaut le taxi qui les emmenait rejoindre leur famille dans une maison perdue au fond des bois. La soirée familiale se transforme rapidement en un effroyable cauchemar...

MON AVIS : En 2023, le réalisateur indépendant Rhys Frake-Waterfield a la curieuse idée de vouloir transformer les héros de notre enfance en monstres abominables. Un projet qui s'intitule Twisted Childhood Universe et qui débute donc par Winnie the Pooh - Blood and Honey et qui va enchaîner avec Winnie the Pooh - Blood and Honey 2 en 2024 puis avec Peter Pan's Neverland Nightmare et ce Bambi la Vengeance en 2025. Entre-temps, d'autres réalisateurs indépendants vont surfer sur cette idée bizarroïde et faire de même avec d'autres personnages iconiques, à l'image de Popeye the Slayer Man qui met en scène le célèbre marin dans une version horrifique ou de Screamboat qui fait de la gentille souris Mickey Mouse un personnage monstrueux. On nous annonce prochainement des versions horrifiques de Blanche Neige, de Mary Poppins, de Pinocchio, de la Belle et la Bête et même de Tigrou, ainsi que des suites aux films déjà réalisées et même un rassemblement façon Avengers ! Tout un programme ! Mais revenons au film qui nous intéresse ici, à savoir Bambi la Vengeance. J'avoue en toute honneteté n'avoir encore vu aucun des titres précités ci-dessus, même si j'ai visionné leur bandes-annonces. Ma première impression me faisait plutôt penser qu'on avait affaire à des nanars un peu gore et ça ne m'attirait pas trop pour le moment. J'avais un peu d'appréhension en enclanchant Bambi la vengeance et le résultat m'a donc assez surpris ! Déjà, on note que la mise en scène est des plus correctes et qu'un travail sur l'ambiance a été fait. On se doute que c'est un film avec un petit budget mais l'atmosphère horrifique fonctionne bien ici, notamment l'aspect lugubre de la forêt, lieu dans lequel on n'a pas trop envie de s'aventurer. L'histoire en elle-même reste assez classique, on a une mère et son fils qui se rendent dans une maison familiale située dans les bois, on note l'absence du père qui semble ne pas trop s'occuper de son fils vu les dialogues, ce qui créée quelques tensions. En parralèle, on a un groupe de chasseurs qui semblent savoir quelle menace règne dans la forêt et qui ont pour mission de l'éradiquer. Tout ce petit monde va bien sûr se téléscoper à un moment donné. Pas de quoi se relever la nuit, mais ça fait le taf. Le casting est plutôt bon, notamment le personnage principal interprété par Roxanne McKee, qu'on a vu dans le rôle de Doreah dans Game of Thrones entre autres ! Le jeune acteur Tom Mulheron se montre également très à l'aise et livre une bonne prestation. Le traitement des chasseurs par Dan Allen fera plaisir puisqu'on ne peut pas dire qu'ils respirent l'intelligence. On a quelques séquences de cascades, dont un renversement de voiture dû à notre cerf mutant qui s'avère efficace. Bon, ce fameux cerf, parlons-en puisque c'est lui la star du film ! Il est dôté d'un aspect réellement monstrueux et transforme Bambi la vengeance en vrai film d'agressions d'animales, n'hésitant pas à s'incruster dans une maison en broyant tout sur son passage, à courser les personnages s'enfuyant en voitures et à provoquer quelques morts bien violentes, qui bénéficient d'effets spéciaux convaincants et joliment gore : corps sectionné en deux, décapitation et arrachage de tête à coup de dents font parties des quelques joyeusetés proposées. Notre Bambi radioactif est principalement animé en CGI, mais on a aussi une tête en animatronique pour les gros plans. Franchement, si les CGI se distinguent évidemment, y'a pas le budget d'Avatar ici, j'ai trouvé que ce n'était pas ridicule et que ça s'intégrait plutôt bien avec l'environnement réel, et clairement, j'ai pris mon pied à voir cette version colossale et terrifiante de Bambi dézinguer le casting à tour de bras ou à tour de cornes plutôt ! Le réalisateur a même pensé à inclure le fameux lapin Panpan dans le film, sous une forme horrifique lui aussi, et ça nous vaudra deux séquences festives et réussies d'attaques de lapins qui nous feront bien jubiler devant notre écran. Bien sûr, en sous-texte, on a un message écologique sur le respect de la nature et des animaux qui y vivent, sur le fait que la vraie menace reste l'homme, qui s'en fout et déverse des produits toxiques dans la forêt et j'en passe. Très librement inspiré du livre Bambi, l'histoire d'une vie dans les bois de Felix Salten, paru en 1923 et interdit en 1936 par le régime nazi, ce Bambi la vengeance m'a agréablement convaincu de par ses réelles qualités, son envie de bien faire, d'en donner pour son argent au public et de remplir son contrat visant à faire du gentil Bambi un monstre vengeur, protecteur de la forêt. Sur un sujet des plus casse-gueules, Dan Allen s'en sort vraiment bien et l'annonce d'une suite potentielle à la fin du film me ravie déjà ! 

* Disponible en DVD, combo BR + 4K chez ARCADES




LE LOUP-GAROU (1995)

 

LE LOUP-GAROU
(Werewolf)

Réalisateur Tony Zarindast
Année : 1995
Scénariste : Tony Zarindast, Brad Hornbacher
Pays : USA
Genre : Fantastique, Horreur, Loups-garous
Interdiction : -12 ans
Avec : Jorge Rivero, Richard Lynch, Federico Cavalli, Adriana Stastny...


L'HISTOIRE : Un groupe d'archéologues, dirigé par Noël, découvre un squelette fossilisé qui pourrait être celui d'un authentique loup-garou. L'un des ouvriers se blesse avec un ossement et est emmené à l'hôpital. Yuri, le contre-maître, peu apprécié de ses équipes, décide d'aller voir l'ouvrier à l'hôpital, qui a subit une transformation en homme-loup, afin de lui prélever du sang pour répandre une infection dans son entourage et voir si les effets se transmettent aux contaminés. Dans le même temps, Paul, un écrivain, débarque dans les environs et tombe sous le charme de Natalie, qui fait partie de l'équipe des archéologues, ce qui déclenche la jalousie de Yuri...

MON AVIS : Holala. Je connaissais ce film par sa (triste) réputation mais je n'avais encore jamais tenté l'expérience. Eh bien, c'est quelque chose, vous pouvez me croire ! On a donc ce film mis en scène par un réalisateur iranien, Tony Zarindast, et dans lequel on trouve tout de même un certain Richard Lynch ! Oui, oui, l'iconique acteur vu dans pléthores de séries-télévisées et de films divers et variés, venus cachetonner dans ce Werewolf, interprétant Noël, le boss du groupe d'archéologues. L'introduction du film nous rappelle L'Exorciste, avec ce paysage désertique de l'Arizona et cette découverte enfouie dans le sable, à savoir un étrange squelette en apparence humain, dont le crâne ressemble plutôt à celui d'un loup. Pour les indiens du coin, il s'agirait des ossements d'un skinwalker, soit un magicien indien capable de se métamorphoser en divers animaux, dont le loup. Le film joue donc sur le folklore ainsi que sur le mythe du loup-garou. Intéressant sur le papier mais ce concept est totalement passé à la trappe ensuite. Il faut dire que le film de Tony Zarindast n'a pas grand chose pour lui, étant considéré comme l'un des pires films de loups-garous jamais réalisé, et comme l'un des pires films jamais réalisé, rien que ça ! Une oeuvre qui ferait passer les films d'Ed Wood pour de bons films (ce qu'ils sont !) et qui vous invite à tester votre niveau de résistance face à la médiocrité. Parce que clairement, la vision de Werewolf relève de l'épreuve olympique pour ne pas décrocher avant la fin, tant rien ne vas et ce, dans tous les domaines, que ce soit la mise en scène, le montage effectué à la truelle, le jeu d'acteur, le rythme, le scénario, la bande son et les effets spéciaux ! Ca fait beaucoup ! On tient là un nanar de compétition, que certains n'hésiteront pas à qualifier de navet de compétition, et ce, à raison ! En fait, je pensais avoir atteint un palier avec la vision de Massacre au drive-in mais je me rend compte qu'on peut encore creuser plus profond, ce que réussi à faire notre Werewolf ! La scène introductive dans le désert est donc la meilleure séquence du film, vous voyez le genre. Et après, ça devient totalement improbable et assez hallucinant. On a par exemple une bagarre entre des ouvriers et le fameux Yuri, joué par Jorge Rivero, et je pense que n'importe qui, même vous, feriez mieux. Là, c'est juste à mourir de rire tellement les coups sont loin de leur cible. Je vous passe vite fait les scènes de parlottes interminables, comme lors de la soirée mondaine par exemple, le jeu du casting, qui délivre des émotions comme vous n'en aurez jamais ressenti devant votre écran (j'rigole hein ! ), la romance entre Paul et Natalie, incroyable de réalisme et de romantisme ou les dialogues finement ciselés, à l'image de celui prononcé par Richard Lynch, qui nous explique comment reconnaître un loup-garou, à savoir, "il adopte une série d'habitudes corporelles étranges, comme de dormir le nez collé à l'anus" ! Même Audiard n'aurait pas fait mieux ! Bref, on arrive enfin à ce qui nous et vous intéresse : les fameux loups-garous ! Et là, vous vous dîtes : "p'tet que les effets ou les maquillages sont cool !" Raté !! Là encore, on atteint un niveau de nullité assez incroyable, on est quand même en 1995, les effets-spéciaux ont bien évolué tout de même mais pas ici. On a donc quelques poils posés ça et là du visage, des dentiers avec de grandes canines quand ce n'est pas juste un masque de latex enfilé par l'acteur ou une tête mécanique filmée en gros plan qui se contente d'ouvrir et de fermer sa gueule. Si vous pensiez que les maquillages d'Hurlements 2 étaient mauvais, attendez de voir ceux de Werewolf ! Parmi les scènes anthologiques proposées, on a celle dans laquelle une jeune femme se fait poursuivre par un loup-garou, qui, plutôt que de courir derrière elle, rampe à même le sol ! Pourquoi ? Si quelqu'un a la réponse ? Pas de bol pour elle, elle trébuche dans une grande flaque de boue qui l'empêche de bouger, c'est bête, elle aurait pu la contourner cette flaque mais non. Bon après, il doit y avoir 5 cm de boue hein, logiquement on se relève et on se barre mais toujours pas, elle est coincée. Et donc elle se fait rattraper par l'homme-bête. C'est bête quand même ! Bon, on a quand même un élément récurrent du film de loup-garou, à savoir que lorsqu'il est sous son apparence humaine, le loup-garou regrette les agressions commises sous son apparence bestiale. Ici, pour conjurer les mauvais sort, il décide d'aller faire une partie de billard avec sa copine, pour une séquence encore une fois mémorable de longueur et de langueur mais qui nous permet de constater que l'actrice Adrianna Miles, de son vrai nom Adrianna Stastny, on l'a vu dans un petit rôle dans le Nemesis d'Albert Pyun en 1992, eh ben elle a une poitrine plutôt sympa à mater, et ce, notamment dans cette scène de billard. Dommage, aucune nudité à l'horizon par contre. Mais bon. Par contre, niveau talent d'actrice, là, je vous laisse seul juge. On appréciera aussi les changements intempestifs de coiffure de Jorge Rivero, vous verrez, c'est marrant. En tout cas, on sait grâce à ce film qu'un loup-garou en devenir ne doit pas conduire une voiture sous peine d'avoir un accident ! Voilà, enfin une information utile ! Merci Werewolf ! Assurément le plus mauvais film de loup-garou de la planète.  

DANGER DIABOLIK

 

DANGER DIABOLIK
(Diabolik)

Réalisateur : Mario Bava
Année : 1968
Scénariste Dino Maiuri, Brian Degas, Tudor Gates, Mario Bava
Pays : France, Italie
Genre : Espionnage, action
Interdiction : /
Avec : John Phillip Law, Marisa Mell, Michel Piccoli, Adolfo Celi, Claudio Gora...


L'HISTOIRE Le super bandit Diabolik, assisté de sa fiancée Eva Kant, nargue la police et le syndicat du crime. L'inspecteur Ginko veut l'arrêter à tout prix. Il procède à un grand coup de filet au sein de la mafia et contraint le parrain Ralph Valmont à passer un accord avec lui afin de monter un plan contre Diabolik...

MON AVIS : On connaît principalement Mario Bava pour ses films d'épouvante gothique mais il a, comme ses compatriotes, oeuvré dans divers genres du cinéma Bis. En 1968, le producteur Dino de Laurentiis l'engage pour mettre en scène le personnage iconique de Diabolik, star des fumetti, ces bandes-dessinées italiennes en petit format. Diabolik a été créé en 1962 par les soeurs Angela et Luciana Giussani. C'est un terroriste sans foi ni loi, qui ne recule devant aucune exactions pour parvenir à ses fins et qui peut compter sur l'aide de sa partenaire et amante Eva Kant. Un concept qui n'emballe pas plus que ça De Laurentiis, qui veut édulcorer l'aspect violent des BD pour proposer un spectacle plus grand public. Bava n'approuve pas trop la direction choisie par le producteur mais n'a guère le choix que de s'y contraindre et va tout faire pour que cette absence de violence ne joue pas en défaveur du film. Nanti du plus gros budget de sa carrière, qu'il n'utilisera d'ailleurs pas à 100%, il va rivaliser d'ingéniosité pour faire de Danger Diabolik la meilleure adaptation d'une bande-dessinée au cinéma ! Il faut néanmoins mentionné qu'un premier projet a vu le jour en 1965, sous la direction du britannique Seth Holt, avec Jean Sorel en Diabolik et Elsa Martinelli dans celui d'Eva Kant. Mais à la vision des premières images tournées, De Laurentiis arrête le tournage, trouvant ces dernières trop mauvaises. Il décide donc de remonter le projet, avec un nouveau scénario et un nouveau réalisateur, qui sera donc Mario Bava. Il signe un accord de co-production avec la France, pays avec lequel il travaille sur une autre adaptation de BD pour le cinéma qui sortira en cette même année 1968 : Barbarella de Roger Vadimqui utilisera quelques décors de Danger Diabolik, dont la discothèque par exemple, et dans lequel jouera John Phillip Law. Ce dernier est retenu pour jouer le personnage de Diabolik. Il se plonge dans les fumetti et travaille son regard, et notamment son jeu sur les sourcils, puisque son visage masqué ne laisse entrevoir que ses yeux. Pour interpréter Eva Kant, De Laurentiis choisit Catherine Deneuve mais le manque d'alchimie entre l'actrice de John Phillip Law fait qu'elle sera remerciée et remplacée par Marisa Mell, choix de Mario Bava. Banco ! Le courant passe totalement entre les deux acteurs, qui deviennent amants durant tout le tournage et même après. Une hausse de budget permet au réalisateur d'engager d'autres acteurs plus célèbres, dont le Français Michel Piccoli pour jouer l'inspecteur Ginko et qui est excellent ici, l'Italien Adolfo Celi pour jouer le mafieux Ralph Valmont ou l'Anglais Terry-Thomas pour jouer le ministre de l'intérieur. La production se pare également du compositeur Ennio Morricone pour la bande-son. Et c'est parti pour un tournage qui débute le 11 avril 1967 et se termine le 18 juin 1967. A l'arrivée, on obtient un monument de la pop-culture, avec un mélange de film d'espionnage, d'humour et d'action, qui deviendra la référence cinématographique des films adaptés de fumetti. Car si Danger Diabolik n'est pas le premier du genre, on a eu auparavant Superargo contre Diabolikus et Kriminal qui datent de 1966, Flashman contre les hommes invisibles et Mister X qui date de 1967 par exemple, il reste l'oeuvre emblématique qui a marqué de son empreinte indélébile le monde de la pop-culture, puisque le fameux visage masqué de Diabolik a orné des tas d'affiches déco, a été vu et parodié dans le clip "Body Movin" de Beastie Boys, est le héros d'un jeu vidéo, d'une série-télévisée et j'en passe. Si l'influence du personnage provient notamment des héros de romans policiers Arsène Lupin mais surtout de Fantômas bien sûr, Mario Bava le propulse dans un univers art déco de haute volée, comblant la relative faiblesse du scénario, qui fait le taf sans être exceptionnel, par le choix d'un décorum quasi futuriste et ultra stylisé, baigné dans des couleurs tape-à-l'oeil qui ne pourront que ravir un public venu assister à du vrai cinéma populaire de divertissement. L'antre de Diabolik évoque clairement la Batcave de Batman, mais en version pop-art nettement plus fun ! Les péripéties conduisent Diabolik a volé tout ce qui appartient aux plus riches, tel un Robin des Bois, à la seule différence qu'il ne redistribue rien aux pauvres mais garde tout pour lui ou, plus exactement, pour la belle Eva Kant, dont il est éperdument amoureux. Un peu à la manière d'un James Bond passé du côté obscur, il utilise pour commettre ses méfaits des tas de gadgets lui permettant d'échapper aux policiers de l'inspecteur Ginko. Bien sûr, nous sommes en 1968, il ne faut pas s'attendre à une action frénétique mais on a de quoi s'amuser et se divertir avec des courses-poursuites en voitures, l'escalade d'une haute tour à l'aide de poignées-ventouses ou le vol d'un énorme lingot d'or enfermé dans un sarcophage inviolable par exemple. Le succès de la série des Fantômas d'André Hunebelle les années précédentes ont incité les scénaristes à apporter quelques touches d'humour au film et on sourira devant notre pauvre ministre de l'intérieur venu faire une déclaration à la presse diffusée à la télévision, et qui sera victime, ainsi que toutes les personnes présentes, d'un gaz hilarant déclenché par Diabolik bien sûr ! Notre anti-héros s'en donne à coeur joie pour ridiculiser la police et les institutions gouvernementales et financières mais quand sa belle Eva Kant sera kidnappée par un parrain de la mafia, il redeviendra intraitable et sans pitié. Eva Kant, parlons-en, puisque c'est l'héroïne du film. Interprétée par Marisa Mell, actrice autrichienne qu'on a vu dans Perversion Story de Lucio Fulci, dans Le Tueur à l'orchidée et La Guerre des Gangs d'Umberto Lenzi ou dans Ultime Violence de Sergio Grieco entre autres, elle est l'atout charme du film et chacune de ses apparitions délivre une sensualité torride au film, et ce, sans aucune nudité montrée. La scène ou les deux amants font l'amour dans un lit tournant recouvert de dix millions de dollars en billets est d'une cinégénie incroyable. Marisa Mell porte diverses tenues tout au long du film qui font d'elle un mannequin au pouvoir de séduction irrésistible, et qui participe totalement à l'ambiance kitsch et pop-art des images, bercées par la musique d'Ennio Morriconne. Si Danger Diabolik est devenu culte au fil du temps, c'est vraiment grâce au travail impressionnant de Mario Bava, qui a mis tout son talent d'illusionniste pour créer des décors incroyables, le plus souvent grâce à des matte painting de grande qualité, des peintures sur verre donc, qui donnent vraiment l'impression que le film a bénéficié d'un budget très conséquent ! Il réussit également l'exploit de façonner des plans qu'on croiraient issus d'une planche de BD, filmant par exemple à travers une bibliothèque sans livres, le rayonnage découpant les personnages présents à l'écran dans des cases d'une page de BD ! Danger Diabolik est le film pop-art par excellence, un régal visuel de tous les instants, au charme légèrement suranné bien sûr, mais qui remplit parfaitement sa fonction : divertir. La fin laisse clairement deviner une suite mais Bava s'y refusa et elle n'a jamais été tourné.

* Disponible en COMBO br + 4k + livre chez SIDONIS CALYSTA