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SOUPÇONS DE MORT

 

SOUPÇONS DE MORT
(Quando Alice ruppe lo specchio)

Réalisateur Lucio Fulci
Année : 1988
Scénariste Lucio Fulci
Pays : Italie
Genre : Horreur, gore, thriller
Interdiction : -16 ans
Avec : Brett Halsey, Al Cliver, Zora Kerova, Ria de Simone, Sacha Darwin...


L'HISTOIRE : D'apparence tranquille, Lester Parson est en réalité un tueur en série sans remord, qui gagne la confiance de riches veuves pour mieux les prendre dans ses filets et les faire disparaître. Parieur invétéré, sa soif d'argent le mène à commettre des erreurs sur les lieux des meurtres et la police fait tout pour mettre fin à son règne de terreur...

MON AVIS : Fin des années 80, Lucio Fulci, malade, n'est plus à l'apogée de son talent et il enchaîne des petites séries B pas très glorieuses, à l'image de l'insipide Les Fantômes de Sodome ou des moyens Nightmare concert ou Demonia entre autres. En 1988, il dirige Brett Halsey, acteur qu'on a déjà vu dans Le Miel du Diable, dans ce curieux Soupçons de Mort, dont il signe également le scénario. Curieux car le film, qui joue dans le rayon des films de tueurs en série, se dote d'une approche assez surprenante et déstabilisante de prime abord. Car à bien y regarder, Soupçons de Mort est avant toute chose une sorte de comédie très noire, à l'humour décalé, qui fait de son anti-héros une sorte de dérivé de Barbe Bleue ou de Ted Bundy, qui n'en finit plus de sombrer dans la folie, allant jusqu'à s'imaginer que quelqu'un le poursuit et s'amuse à disséminer des indices sur les lieux des meurtres pour qu'il se fasse attraper par la police. Une schizophrénie qui prend de l'ampleur, notre tueur parlant à une cassette audio qui lui répond comme si elle était son double, ou qui pense même à un moment donné que c'est sa propre ombre, qui a disparu, qui lui joue des tours. Dommage que cette idée de l'ombre perdue ne soit pas plus développée et n'intervienne qu'en fin de métrage. Car elle sous-entend que notre tueur souffre également du syndrome d'Alice au pays des Merveilles, syndrome qui affecte l'irrigation du cerveau et qui se traduit chez ceux qui en souffrent par des hallucinations, une impression de déformation de la représentation des corps dans l'espace voire même la disparitions de certaines parties de leur corps. Et ce n'est pas le titre original du film qui va venir me contredire puisqu'on peut le traduire par Quand Alice a brisé le miroir. Avouez que ce n'est pas anodin. Véritablement dérangé du ciboulot, le personnage de Lester Parson est haut en couleur, mis en valeur par la prestation elle aussi décalée de Brett Halsey, qui semble prendre un réel plaisir à surjouer et à grossir les traits de son personnage. Bon, et sinon, ça vaut quoi Soupçons de Mort ? Le film commence plutôt bien, même si la photographie est d'une platitude téléfilmesque pas très réjouissante. On a Brett Halsey qui se fait cuire un beau morceau de steak et qui le savoure avec appétit, puis la caméra fait un travelling jusque dans la cave où on découvre une femme nue allongée sur une table, qui semble morte. La caméra fait un gros plan sur un morceau de chair manquante près de son ventre et on comprend d'où vient le fameux steak précité ! Notre homme est donc cannibale. Ça démarre fort. Et ça enchaîne encore plus fort puisque le voici face à cette femme inanimée, prenant une tronçonneuse pour la démembrer, le tout en gros plan et avec moult giclées de sang : les deux bras, les deux jambes, la tête et le tronc y passe, le tout sur une petite musique issue du répertoire classique qui contraste avec les horribles images proposées, même si on est loin du réalisme d'American Guinea Pig en terme d'effets spéciaux mais passons. Une entrée en matière qui fait plaisir à voir en tout cas, les amateurs de gore craspec apprécieront. L'humour noir est déjà présent, avec ces intestins passés au mixeur et offerts à des cochons qui vont s'en régaler. La suite nous fait découvrir que Lester est un joueur compulsif, qui adore parier sur les courses de chevaux et qui se met dans des situations financières compliquées. D'où son parcours de tueur en série, devant trouver des femmes riches pour leur soutirer de l'argent avant de les tuer. Lors de son nouveau rencard, l'humour noir va encore augmenter puisque la soit-disant belle femme qu'il doit séduire possède une pilosité assez envahissante, porte des verrues sur le corps et surtout refuse de boire sa coupe de champagne empoisonnée, ce qui provoquera quelques sourires chez le spectateur. Il est à noter que toutes les femmes de ce film ont une difformité physique ou un détail qui ne les embellit pas, ce qui n'aidera pas Fulci à se débarrasser de sa réputation misogyne. Je me suis demandé si en fait, ce n'était pas fait exprès pour nous faire comprendre que, encore une fois, c'est une vision déformée des femmes que voit notre tueur, vision issue de son cerveau malade. C'est possible. Le gore fera son retour quand il décidera de passer à la vitesse supérieure avec cette dulcinée poilue, échangeant la coupe de champagne avec un nerf de bœuf qui fracassera de manière brutale le crâne de notre malheureuse victime, qui finira la tête enfoncée dans un four, la caméra filmant la cuisson du visage de l'intérieur du four. Comme vous voyez, ça ne lésine pas sur la violence graphique même si, encore une fois, ce n'est pas super réaliste et ça fait plus bricolage qu'autre chose. Le film poursuit sur sa lancée, sans grand génie, avec d'autres victimes féminines qui se font tuer, on note un amoindrissement de l'aspect gore, y'avait p'tet plus de budget pour le faux sang, et des touches d'humour toujours présentes, comme ce pied récalcitrant qui ne veut pas rentrer dans le coffre ou cette femme strangulée qui ne tient pas en place sur le siège passager alors que notre tueur subit un contrôle de police. On note également une évolution à partir des trois quart de Soupçons de Mort, le film devient nettement moins graphique, moins violent et s'attarde plus sur la folie de son personnage principal, la musique devient plus angoissante aussi. On a un dernier rendez-vous galant à se mettre sous la dent, en la personne de l'actrice Zora Kerova, celle-là même qui se faisait pendre par les seins dans le festif Cannibal Ferox ! Affublée d'un bec de lièvre, elle va néanmoins tenter de faire succomber notre Lester qui voit un nouveau moyen s'enrichir. Tout va-t'il se passer comme prévu ? Je vous laisse le surprise. Au final, Soupçons de Mort, si on accepte son côté humour noir, ne se montre pas inintéressant, est assez généreux niveau gore, mais on est quand même très loin de la qualité des films de Lucio Fulci de la grande époque. Vraiment très loin. 

BODY TRASH


BODY TRASH
(Body Melt)

Réalisateur : Philip Brophy
Année : 1993
Scénariste Philip Brophy, Rod Bishop
Pays : Australie
Genre : Horreur, Gore
Interdiction : -16 ans
Avec : Gerard Kennedy, Andrew Daddo, Ian Smith, Regina Gaigalas...


L'HISTOIRE Une nouvelle vitamine est testée en secret sur les habitants d’une petite ville australienne, alors que les précédents tests se sont révélés mortels. Le chercheur qui a découvert la molécule tente de donner l’alerte, mais, contaminé, il décède dans des circonstances atroces. Deux policiers mènent l’enquête, tandis que mutations, effets secondaires violents et hallucinations se multiplient dans la population...

MON AVIS : Le cinéma australien a toujours fait figure de vilain petit canard irrévérencieux et ce n'est pas Body Trash, titre français de Body Melt, qui viendra contredire cet état de fait. Avec ses visuels détonnants, le film de Philip Brophy se range généralement dans la catégorie Gore. Et au vu de ses effets spéciaux dégoulinants, ça lui va plutôt bien. Mais attention tout de même ! Les amateurs de barbaque et de tripailles s'attendant à ce que ça gicle du début à la fin pourront ressortir déçus de leur vision du film, tant ce dernier mixe plusieurs univers et joue dans divers registres, qui font que, dans la grande majorité du temps, le gore est aux abonnés absents. Par contre, quand il est présent à l'écran, ça fait le job, avec de grosses influences façon Ré-animator ou Street Trash, notamment lors du final qui évoque clairement le classique de Jim Muro quant aux couleurs fluos qui giclent des corps en folie. Les effets visuels sont de bonne qualité et versent dans le trash déjanté, avec un placenta tentaculaire qui explose le ventre de sa génitrice, des sortes de vers qui pénètrent dans la gorge et le nez, une langue qui n'en finit plus de grossir dans la petite bouche de son hôte ou des corps qui fondent et se liquifient entre autres. De quoi satisfaire le public venu assister à ce que le film promettait. Mais voilà, Philip Brophy a des choses à revendiquer et il les expose longuement dans Body Trash, à travers le destin de plusieurs personnages : le célibataire, les deux ados, le sportif, le couple avec la femme enceinte ou les inspecteurs de police par exemple. Brophy veut principalement mettre en avant l'idiotie du culte du corps, pointant du doigt les personnes absorbant des pillules à foison pour refaçonner leur corps, afin de se fondre dans le moule. Il passe à la moulinette les couples parfaits mariés depuis peu, les pulls en laine, les livres de prénoms à donner aux bébés, les cours d'aérobic, les véhicules à quatre roues motrices, les lotissements fraîchement sortis de terre et par tout ce qui se rapporte à des modes de vie complaisants. Eh ben, il en a des revendications le Philip Brophy ! Voulant tourner en dérision la prise de substances affectant le corps humain lui-même, il décide de créer une vitamine dont les effets secondaires sont catastrophiques pour qui en ingère, avec trois phases de détérioration : hallucinations / dysfonctionnement des organes / liquéfaction du corps ! Et bien sûr, il pointe aussi du doigt les laboratoires qui vendent ces produits sans réellement se soucier de leurs effets néfastes ! En clair, Body Trash joue dans la cour du Body Horror si cher à David Cronenberg. Sur le papier, ça donne clairement envie. Un peu moins à l'écran. Dans un lotissement caricatural façon Edward aux mains d'argent, les protagonistes principaux vivent leur vie monotone et on a souvent l'impression de suivre une sorte de film à sketches, passant de l'un à l'autre avec un ennui poli. Les scènes avec les deux ados donneurs de sperme m'ont paru interminables par exemple. Ils débarquent dans une ferme isolé pour s'approvisionner en essence et se retrouvent en compagnie d'une famille de bogans, l'équivalent des rednecks américains. Dents pourris, consanguinité, enfants débiles et femme à la masculinité prononcée vont sévir auprès des deux ados et on a la facheuse impression d'être dans un autre film que celui qu'on suivait au début. Alors oui, c'est irrévérencieux, trash aussi, mais comme déjà dit, ça donne l'aspect d'être un sketch qui n'a pas vraiment de lien avec l'histoire principale et qui ne sert qu'à atteindre une durée correcte de film. Personnellement, je ne comprends pas trop l'utilité de ce (long) passage avec les deux ados au sein de ce film-ci. Dans un pur film de rednecks, ça serait nettement plus efficace. Idem pour les séquences avec les deux policiers, qui ne font guère avancer le schilmblick et ne servent finalement que de fil conducteur entre le récit des divers personnages. Avec sa structure plus que bancale, Body Trash ne coche pas toutes les cases et cette satire comico-gore risque de déstabiliser le public, trop alléché par les images gore qui circulent dans les magazines ou sur le net. Comme tout film australien, ça reste une expérience hors norme, à part, et ça interpelle autant que ça déboussole. A voir pour ses séquences à effets spéciaux, qui valent le détour.

* Disponible en combo DVD + BR  chez RIMINI EDITIONS
* Master HD
* Édition collector limitée
* Boîtier Digipack 3 volets avec étui
BONUS :
- livret écrit par Marc Toullec (24 pages)
- Body Horror et Fitness au pays des kangourous » (16’)


TERRIFIER 3

 

TERRIFIER 3
(Terrifier 3)


Réalisateur : Damien Leone
Année : 2024
Scénariste : Damien Leone
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, gore
Interdiction : -16 ans
Avec : Lauren LaVera, David Howard Thornton, Jason Patric, Samantha Scaffidi...

L'HISTOIRE : Revenu parmi les vivants grâce à Victoria, après son combat contre Sienna Shaw, Art le clown va transformer Noël en véritable cauchemar pour les habitants de Miles County, tout en continuant à vouloir se venger de Sienna et de son jeune frère Jonathan...

MON AVIS : Et de 3 pour la franchise Terrifier, dont le succès inespéré doit donner des ailes à son créateur, Damien Leone ! Terrifier 2 a même eu droit à une sortie cinéma dans quelques salles en France en 2023 et on trouve désormais dans les rayons des Fnac ou autres grandes surfaces les vinyles des bandes-originales de Terrifier et de Terrifier 2 ou les DVD / BR de ces derniers ! Un véritable succès pour ces films à ne pas mettre devant tous les yeux, qui s'explique principalement par le charisme de son abominable tueur en série, le dénommé Art le clown bien sûr, devenu en l'espace de quelques années une icone du cinéma d'horreur au même titre de Freddy Krueger, Jason Voorhees, Michael Myers ou Leatherface entre autres. Ses mimiques, son rictus, ses expressions de visages, son costume, son petit chapeau et le fait qu'il ne prononce pas un mot ont donné satisfaction au public, qu'il soit passionné de cinéma de genre ou novice en mal d'effusions de sang. Si on a reproché à Terrifier 2 sa durée, avec plus de 2h20 au compteur, impossible de lui reprocher par contre sa générosité en terme de séquences gore. Car outre Art le clown, la marque de fabrique de la saga Terrifier reste bien ses scènes chocs, qui ne lésinent pas à en faire trop et à estomaquer le public non averti, quand les fans de cinéma horrifique se délectent des impressionnants effets spéciaux qui font couler le sang à gros bouillon. Certes, le scénario dans les deux premiers Terrifier ne se révèle pas être l'élément le plus travaillé, même si un effort à été fait à ce niveau dans le second film. Maintenant, est-ce qu'on vient voir un pur film gore pour son scénario ? Pas vraiment pour ma part. Terrifier et Terrifier 2 ont donc largement remplis leur mission en ce qui me concerne. L'annonce d'un Terrifier 3, se déroulant durant la période de Noël qui plus est, a affolé les fans d'Art le clown, qui se sont demandés si Damien Leone en avait encore sous le pied pour satisfaire leur soif d'hémoglobine. Ayant pu voir le film en avant-première, je peux donc vous donner la réponse à cette question : OUI. Avec une durée ayant été revue à la baisse (2h et des poussières), Terrifier 3 nous permet de retrouver la charmante Sienna Shaw (toujours interprétée par Lauren LaVera) et son frère Jonathan (toujours Elliot Fullam), qui tentent tous deux de retrouver une vie normale et d'oublier leur sanglante rencontre avec Art le clown. Manque de bol, ce dernier n'est pas mort et ressuscite via un accouchement bien dégueulasse, étant devenu une entité maléfique. Accompagné par une Victoria en pleine décomposition, Art le clown reprend donc du service quelques temps après la fin de Terrifier 2, bien décidé à poursuivre ses horribles méfaits. Et ça démarre sur les chapeaux de roue avec une séquence introductive qui nous fait rapidement comprendre que notre clown tueur a encore des idées pour varier les plaisirs et faire jaillir le sang plus qu'il n'en faut. Un premier meurtre qui relève directement de la boucherie et qui met particulièrement bien en avant le travail des équipes d'effets spéciaux et de maquillage, qu'il faut à nouveau saluer pour leur travail sur cette saga. Le film alterne ensuite entre la vie compliquée de Sienna et Jonathan et des meurtres perpétrés par Art, jusqu'à ce que tout ce petit monde ne se retrouve. Le point d'orgue de Terrifier 3 reste la scène de la douche, dans laquelle Art va venger tous les spectateurs déçus de la faible utilisation de la tronçonneuse dans le Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper. Amateur de démembrement, de barbaque et de tripailles, cette séquence ultra gore est pour vous ! Assez bien rythmé, avec un scénario qui tient la route et s'intéresse à la psychologie de son héroïne, Sienna Shaw, festif et dégoûtant à la fois, ne s'arrangeant jamais avec le politiquement correct, Damien Leone offre aux fans d'Art le clown ce qu'ils sont en droit d'attendre, à savoir du gore en veux-tu, en voilà ! Terrifier 3 ne décevra pas les amateurs des œuvres précédentes, qui en auront donc encore pour leur argent. Personnellement, j'ai pris un gros plaisir régressif à admirer les massacres d'Art le clown, superbement conçus et je comprends que cette saga ultra gore trouve son public. Car sans être les films du siècle, sans non plus verser dans l'originalité la plus novatrice en matière de gore, surtout si vous êtes amateurs de cinéma extrême et qu'Olaf Ittenbach, Jorg Buttgereit, Karim Hussain ou Marian Dora entre autres font partie de vos auteurs fétiches, il n'empêche que les trois Terrifier ainsi que All Hallows' Eve sont hautement jubilatoires, décomplexés, outranciers, et qu'en terme de sang déversé à l'écran, ça se pose là quand même ! Du divertissement bien gorasse, qui fait plaisir à voir et même à revoir. Partant pour un épisode 4 bien sûr !        

 

PROJECT WOLF HUNTING


PROJECT WOLF HUNTING
(Neugdaesanyang)


Réalisateur : Kim Hongsun
Année : 2022
Scénariste : Kim Hongsun
Pays : Corée du Sud
Genre : Action, Gore
Interdiction : -16 ans
Avec : Seo In-Guk, Dong-Yoon Jang, Gwi-hwa Choi, Jung So-Min, Dong-il Sung...


L'HISTOIRE : De nombreux criminels coréens qui été réfugié aux Philippines vont être rapatriés à bord d'un cargo mis sous la surveillance de nombreux policiers et agents de sécurité. Malheureusement pour les forces de l'ordre, une mutinerie éclate et les dangereux voyous se retrouvent libres à bord du navire. La bataille fait des ravages entre les deux parties. Mais ce que tout le monde ignore, c'est qu'une menace bien plus mortelle se trouve également à bord...

MON AVIS : On le sait, le cinéma sud-coréen est l'un des plus excitants et fait souvent preuve d'une virtuosité sans pareille pour nous plonger dans des univers chaotiques et ultra-violents. On pense bien sûr aux œuvres étonnantes de Park Chan-wook, de Kim Jee-woon ou de Bong Joon-ho entre autres, dont certaines ont redéfini les codes du thriller sans concession. Après avoir mis en scène quelques polars urbains, le réalisateur Kim Hongsun change de registre avec son dernier film en date, à savoir Project Wolf Hunting. Un film hybride, qui mélange action, violence, monstre et gore, avec un dynamisme et une générosité qui font plaisir à voir ! Le récit ne s’embarrasse guère de subtilité et envoie rapidement la sauce, à travers ce transfert de dangereux prisonniers à bord d'un gigantesque cargo. Les criminels ne sont clairement pas des enfants de cœur et le look de certains n'inspire pas la confiance, à l'image du leader tatoué et qui a une tête de vicieux parfaitement adapté à son personnage. Très vite, le huis-clos devient de plus en plus tendu : on sent que ça va vriller avec les criminels et on découvre que les sous-sols du cargo servent à une curieuse expérimentation. Une fois les prisonniers libérés, c'est parti pour 50 minutes d'affrontements hyper-violents entre forces de l'ordre et criminels, avec une propension à faire gicler le sang qui s'avère des plus jouissifs ! Coups de poings, coups de couteaux et autres armes diverses, tout est propice à déverser le plus de sang possible à l'écran, avec un réalisme assez prononcé qui plus est et surtout, avec des effets à l'ancienne la plupart du temps, ce qui renforce l'impact graphique desdites séquences de carnage. Carnage, un mot qui sied particulièrement bien aux événements proposés ici, âmes sensibles s'abstenir. Vous l'aurez compris, l'action, le rythme, la nervosité sont privilégiés dans Project Wolf Hunting, qui veut en donner pour son argent au public. On lui pardonnera donc aisément l'anémie de son scénario car clairement, le but recherché n'est pas de faire dans la psychologie ou le tortueux mais bien d'en mettre plein la vue aux spectateurs. Ce que le film réussit sans grande difficulté, peut-être même jusqu'à l'overdose. Passées les cinquante premières minutes, où une bonne partie du casting a déjà été éradiqué, voilà que débarque la principale attraction du film déjanté de Kim Hongsun : un monstre à visage humain, soldat ressuscité génétiquement et à qui on a donné les aptitudes du loup, soit agilité et force décuplée. Petit clin d'oeil du réalisateur à l'un des films-référence du genre chasse à l'homme, Predator bien sûr, puisque notre monstre peut lui aussi localiser ses futures victimes grâce à sa vision thermique ! Une fois entrée en scène, c'est reparti pour un carnage maximum et toujours aussi divertissant. On peut parfois tiquer sur le comportement de certains personnages, qui restent sur place au lieu de se barrer, mais dans l'ensemble, le spectacle barbare fonctionne bien et on ne nous ment pas sur la marchandise. On aurait apprécié que certains rôles soient un peu plus développés, comme celui de cette jeune et charmante policière jouée par Jung So-Min par exemple mais honnêtement, Project Wolf Hunting se montre tellement nerveux et généreux en matière d'hémoglobine (+2,5 tonnes de faux sang) qu'on se laisse porter et qu'on oublie ses petits défauts pas bien grave de toute façon. Bref, si vous chercher un pur divertissement pas prise de tête, qui ne lésine jamais sur la violence, en fait des tonnes sans se retenir et ne se repose jamais au niveau de son rythme, Project Wolf Hunting ne vous décevra pas et vous procurera bien des émotions fortes. Du cinéma sud-coréen rentre-dedans, comme on l'aime !


 

MAD HEIDI

 

MAD HEIDI
(Mad Heidi)


Réalisateur : Johannes Hartmann, Sandro Klopfstein
Année : 2022
Scénariste : Johannes Hartmann, Sandro Klopfstein, Gregory D. Widmer
Pays : Suisse
Genre : Comédie, Gore
Interdiction : -16 ans
Avec : Alice Lucy, Max Rüdlinger, Casper Van Dien, Rebecca Dyson-Smith...


L'HISTOIRE : La Suisse est sous le régime dictatorial du grand Swiss-leader Meili, qui contrôle toutes les usines de fromage du pays. L'armée capture la jeune Heidi, qui s'est rebellée suite à la mort tragique de son fiancé, accusé de contrebande de fromage. La jeune fille est envoyée au pénitencier dirigé par Fräulein Rottweiler et va subir de nombreuses brimades. Mûrement, elle réfléchie et prépare sa vengeance...

MON AVIS : Entièrement financé par une campagne participative qui a réunit 538 contributeurs qui ont permit de récolter 2 millions de francs suisse, Mad Heidi est une parodie comico-gore du célèbre personnage Heidi, figure mythique en Suisse et popularisée par deux romans de Johanna Spyri publiés en 1880 et 1881. Le petite orpheline de cinq ans des romans, vivant dans les alpages avec son grand-père et ayant pour meilleur ami Peter le chevrier et la jeune handicapée Clara Sesemann, se voit donc ici utilisée à des fins de pur divertissement, dans un film qui sent bon le cinéma d'exploitation décomplexé et trash. De l'humour, le film en a à revendre et exploite jusqu'à plus soif les spécialités suisses, toutes à base de fromage ! Dialogues, répliques et images nous bombardent de ce délicieux aliment, les allergiques au lactose ne sont donc pas les bienvenus ici ! Plus embêtant, la campagne publicitaire nous vantant et vendant un film gore risque de faire quelques déçus car si scènes gores il y a (avec des effets à l'ancienne mais aussi en CGI malheureusement), elles ne sont pas légion et tardent à arriver. Bien sûr, elles feront leur petit effet mais il n'y a là rien de bien original ou de jamais vu ailleurs. C'est d'ailleurs un peu le problème de Mad Heidi : si le décor des alpages et la tenue (quasi) traditionnelle que porte l'héroïne apportent une certaine fraîcheur, le déroulé des événements et les situations proposées ne font guère dans l'originalité, se contentant de décalquer ce qui a, justement, déjà été vu ailleurs. La première partie du film se la joue film de femmes en prison et n'apporte jamais de nouveautés, sauf pour les néophytes en la matière bien sûr. On appréciera néanmoins la présence de la très jolie Rebecca Dyson-Smith en méchante gardienne adepte de la matraque électrique. Cette partie au sein du pénitencier est néanmoins bien trop longue et se révèle un tantinet trop sage, que ce soit au niveau de l'érotisme ou des sévices proposés. Quant à la partie "vengeance", elle s'avère sympathique, avec Alice Lucy, la Heidi du titre, qui va s'en prendre aux hommes du méchant président Meili, interprété par Casper Van Dien tout de même ! Là, le gore fait son entrée et le rythme du film s'intensifie un peu, nous sortant de la légère torpeur qui nous englobe la plupart du temps. Oui, c'est vrai, malgré toutes les bonnes intentions du film, on s'ennuie souvent durant celui-ci, et ce n'est pas les "zombies-fromages" qui viendront changer la donne. Difficile de se montrer un peu désabusé pour un film fait avec amour, passion et les moyens du bord. Mais ce qui était censé être un spectacle nerveux et sanguinolent patine un peu dans le fromage en réalité. Une suite est annoncée à la fin du film, ayant pour titre Heidi et Klara. Est-ce réellement nécessaire ? 

* DVD et BR chez -> ESC DISTRIBUTIONS




TERRIFIER

 

TERRIFIER
(Terrifier)

Réalisateur : Damien Leone
Année : 2016
Scénariste : Damien Leone
Pays : Etats-Unis
Genre : Gore, slasher
Interdiction : -16 ans
Avec : David Howard Thornton, Jenna Kanell, Samantha Scaffidi, Catherine Corcoran...


L'HISTOIRE : Lors de la nuit d'Halloween, dans la petite ville de Miles County, deux copines, Tara et Dawn, vont devenir la cible d'un tueur fou grimé en clown. Réfugié dans un immeuble quasi abandonné et en cours de dératisation, Tara et Dawn vont tenter de rester en vie le temps que Victoria, la sœur de Tara, ne vienne les récupérer, sans se douter de que qui se trame dans les sous-sols de l'immeuble...

MON AVIS : J'ai l'impression d'être sur RTL9 là ! En effet, je visionne le premier Terrifier après avoir regardé hier Terrifier 2 ! Un enchaînement classique sur RTL9, qui passe souvent le second film d'une saga avant le premier. Allez comprendre ! En tout cas, séduit par le festival ultra-gore du second volet de cette saga, j'ai eu envie de voir comment tout ça avait commencé. Ce à quoi vous me répondrez qu'il faut en fait débuter par All Hallows' Eve (2013) si on veut vraiment assister au début de Art le Clown ! Oui je le sais mais autant faire tout à l'envers au point où j'en suis ! Bon alors, que vaut ce Terrifier, réalisé et scénarisé en 2016 par Damien Leone. Je savais qu'on lui avait reproché de ne pas avoir pondu un scénario très développé avec ce film, ce qui explique la durée de 2h18 du second chapitre. Oui, c'est vrai, le scénario de Terrifier tient sur un timbre poste mais bon, on parle d'un slasher se déroulant quasiment en huis clos , à l'intérieur d'un vieil immeuble plein de rats. Qui plus est, Terrifier n'a pas disposé d'un très gros budget et limite donc le nombre de ses protagonistes en les enfermant dans un lieu unique. Parmi ces derniers, on trouve donc donc Dawn (Catherine Corcoran), une jolie blondinette qui passe la soirée d'Halloween avec Tara (Jenna Kanell), sa meilleure amie. Suite à une soirée un peu trop arrosée, les deux copines ont la sage idée de ne pas reprendre le volant et d'appeler à la rescousse Victoria (Samantha Scaffidi), la grande sœur de Tara. En attendant que Victoria arrive, Dawn et Tara vont se manger une part de pizza dans une pizzeria avoisinante. Rien d'exceptionnel me direz-vous, sauf qu'un drôle de type habillé et maquillé en clown entre dans la même pizzeria et va avoir un drôle de comportement envers les deux filles. Il sera ensuite mis à la porte par le patron. De retour dans leur voiture, toujours dans l'attente de l'arrivée de Victoria, les deux filles ne se doutent pas que notre clown au maquillage assez flippant il faut le reconnaître est revenu en douce dans la pizzeria et qu'il est en train de commettre un joyeux massacre sur le patron et son employé. Un massacre assez gore mais ce n'est rien en comparaison de ce qui va suivre. Car oui, Terrifier, malgré son budget, ne lésine pas sur les effets gore de très bonne qualité et ne se retient nullement quand il s'agit de faire dans la boucherie. Une fois Dawn kidnappé par Art le Clown, le film va se focaliser sur le destin de Tara, qui va assister bien malgré elle à un meurtre ultra-gore, voyant son amie se faire découper en deux dans le sens de la longueur (à la Ed Gein, si vous voyez le tableau...) et ce, à l'aide d'une scie à métaux ! Ouille, ca fait mal et on sert les dents face à notre écran, surtout que l'effet est franchement réaliste et bien gerbant ! S'ensuivra une confrontation entre Art le Clown et Tara puis le film va adopter le point de vu de Victoria, qui vient d'entrer dans l'immeuble. Entre-temps, on aura également fait connaissance avec un employé de dératisation et une curieuse locataire qui trimbale une poupée dans ses bras. De la chair à canon pour notre tueur en série totalement frappadingue, qui les honoreras de son don pour le massacre d'humain, le tout à grand renfort de latex et avec zéro CGI ! Des effets gore mis au point par le réalisateur lui-même, qui a décidément plusieurs cordes à son arc. Des effets gore qui sont le principal intérêt de Terrifier et à ce niveau, on sera servi ! Le look et le comportement d'Art le Clown (David Howard Thornton) vaut aussi son pesant de cacahuètes et donne tout son sel à ce slasher gore à l'histoire faiblarde mais aux meurtres brutaux qui raviront les amateurs et qui donne un film une tonalité torture porn assez bienvenue en fait. L'ambiance est en tout cas assez sordide et plus malsaine que le second volet, qui, lui, est une véritable fête foraine du gore ! 

     

TERRIFIER 2

 

TERRIFIER 2
(Terrifier 2)

Réalisateur : Damien Leone
Année : 2022
Scénariste : Damien Leone
Pays : Etats-Unis
Genre : Gore
Interdiction : -16 ans
Avec : David Howard Thornton, Lauren LaVera, Elliott Fullam, Casey Hartnett...


L'HISTOIRE : Art le clown n'est pas mort. Il est ressuscité par une entité maléfique et massacre le coroner qui travaillait sur son cadavre. Un an plus tard, il décide de revenir dans la petite ville de Miles County, devenue célèbre pour ses sanglants exploits. La veille d'Halloween, il décide de s'en prendre à Sienna et son jeune frère Jonathan...

MON AVIS : En 2011, Damien Leone réalise un petit court-métrage dont Art le clown est déjà le héros. Il réutilise ce personnage atypique en 2013 dans son film à sketchs All Hallows' Eve dans lequel il sert de fil conducteur aux diverses histoires puis décide d'en faire le héros à part entière d'un film, à savoir Terrifier qui sort en 2016. Précédé d'une réputation de film gore généreux, Terrifier se targue d'un relatif succès auprès des fans, suffisant pour que Damien Leone s'attelle à une suite dès 2019 mais la pandémie de Covid-19 va venir tout chambouler et Terrifier 2 ne sortira en fin de compte qu'en octobre 2022 ! Une sortie en salles aux USA, sur 900 copies, avec une recette de 400 000$ le premier jour ! Un succès incroyable pour ce type de film indépendant, et qui s'est poursuivi puisque, après deux semaines d'exploitation, le film a rapporté plus de 3,4 millions de dollars au box-office américain. Il faut dire que le bouche-à-oreille a particulièrement bien marché, que distribuer ce film à la période d'Halloween a été une très bonne idée et que le fait que certains spectateurs se soient évanouis ou ont du sortir vomir lui a fait une belle publicité ! En France, entendre que des gens s'évanouissent à la vision d'un film est un argument publicitaire bien connu mais qui donne évidemment envie de voir si tout ce remue-ménage est justifié ou si on est en présence de fragiles qui passent leur temps à regarder des comédies romantiques ou des films de Noël et qui ne sont donc clairement pas le public cible de Terrifier 2. Je rassure ma famille et mes fans (rires), tout va bien pour moi, pas de nausées ni d'évanouissements après la vision du film de Damien Leone ! N'étant pas coulrophobe non plus, terme traitant des personnes phobiques aux clowns pour ceux qui ne le savent pas, je n'avais pas d'appréhension particulière à suivre les méfaits ultra-gore d'Art le Clown, tueur psychotique muet au déguisement et maquillage particulièrement réussi et dérangeant. L'action de Terrifier 2 démarre directement à la suite du premier film qui voyait notre tueur fou entre les mains d'un coroner à la morgue de Miles County. Ce dernier sera donc la première victime du film et ça nous met directement dans l'ambiance : ça va saigner ! Beaucoup ! Vraiment beaucoup ! Art le clown serait apparemment revenu à la vie grâce à une entité maléfique, incarnée par une petite fille grimée elle aussi en clown démoniaque et qui le suit partout. La scène qui suit, dans la laverie, est pleine d'humour et pose les bases du spectacle qui nous attend : un véritable tour de train fantôme, une déambulation dans une attraction foraine, qui mêle humour noir et sauvagerie ultra-gore donc, dans une ambiance typiquement Halloweenesque. Terrifier 2 nous propose deux nouveaux personnages principaux, à savoir Sienna (Lauren LaVera) et son jeune frère Jonathan (Elliott Fullam), deux ados fragilisés par le décès récent de leur père d'une tumeur au cerveau et qui ne facilitent pas la vie de leur mère, dépassée elle aussi par les événements. On sent que Damien Leone a voulu étoffer son récit, lui donner plus de consistance, travailler plus ses personnages, car cela lui avait été un peu reproché pour le premier Terrifier. On ne peut pas dire qu'il n'a pas fait d'effort ici, le personnage de Sienna étant vraiment travaillé, d'un point psychologique mais aussi en terme d'héroïne du film avec un costume d'Halloween qu'elle s'est confectionnée elle-même et qui la met particulièrement bien en valeur, et qui a un rapport avec la mort de son père. Ce travail sur le scénario se traduit également par la durée même de Terrifier 2, qui atteint 138 minutes au compteur ! Honnêtement, c'est beaucoup trop mais ça permet au réalisateur de prendre son temps pour poser ses personnages justement. Maintenant, attardons-nous un peu sur ce qui fait le principal intérêt du film, à savoir le gore ! Et là, y'a pas photo, c'est un festival d'atrocités en tout genre qui vous attend, avec néanmoins ce petit côté festif qui fait que ça passe comme une lettre à la poste et qu'on jubile devant l'imagination de chaque meurtre qui se transforme systématiquement en boucherie. Art le clown sait y faire pour transformer un humain en bouillie sanguinolente et il ne lésine pas sur les efforts, tout comme les équipes d'effets spéciaux et de maquillage qui s'en sont données à cœur joie. Impossible de dresser le catalogue de ce que vous allez vous prendre en pleine poire mais niveau barbaque et tripailles, vous en aurez pour votre argent, c'est le moins que l'on puisse dire. Bref, si vous voulez du clown sauvage qui arrache des scalps, éviscère ses victimes, les décapite et j'en passe, vous êtes au bon endroit. Âmes sensibles s'abstenir même si tout ça, ce n'est que du cinéma et que l'humour des situations vient adoucir ces actes de barbaries joyeux ! Un troisième volet est déjà annoncé, on reverra donc Art le clown et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle !


CHAIR POUR FRANKENSTEIN

 

CHAIR POUR FRANKENSTEIN
(Flesh for Frankenstein)

- visionné en BR 3D -

Réalisateur : Paul Morrissey
Année : 1973
Scénariste : Paul Morrissey, Tonino Guerra, Pat Hackett
Pays : Italie, Etats-Unis, France
Genre : Horreur, Gore
Interdiction : -16 ans
Avec : Udo Kier, Joe Dallesandro, Dalila di Lazzaro, Arno Jürging, Monique van Vooren...


L'HISTOIRE : Afin de créer une race parfaite, le Baron Frankenstein, aidé de son assistant Otto, entreprend de trouver la tête qui manque à son ultime création. Croyant avoir trouvé la tête idéale chez un beau garçon qu'il croit également doué pour le sexe, le Baron décapite en réalité un jeune homme qui voulait devenir moine. Une fois sa créature mâle terminée, le Baron lui présente une ravissante créature femelle mais cette dernière ne provoque aucune réaction chez son congénère. Dans le même temps, la femme du Baron, qui s'ennuie à mourir dans son château, s'octroie les faveurs d'un nouveau serviteur, qui n'est autre que le meilleur ami du garçon décapité par son époux...

MON AVIS : En 1973 et 1974, le réalisateur Paul Morrissey, connu pour sa trilogie mettant en vedette l'acteur Joe Dallesandro (Flesh / Trash Heat), réemploi ce dernier pour un diptyque érotico-horrifique qui a fait la joie des amateurs de cinéma déviant ! J'ai nommé bien entendu Chair pour Frankenstein, qui sera donc suivi par Du Sang pour Dracula, les deux œuvres ayant beaucoup en commun, à commencer par le casting puisqu'on retrouve dans les deux films le génial Udo Kier, Joe Dallesandro ou Arno Jürging, mais également le compositeur Claudio Gizzi, le directeur de la photographie Luigi Kuveiller, la plupart des producteurs (dont Andy Warhol ou notre frenchy Jean Yanne) ainsi que Carlo Rambaldi aux effets-spéciaux. Ce diptyque a également pour point commun le fait d'associer érotisme, situations scabreuses et gore décomplexé et de donner l'occasion à Udo Kier de livrer deux savoureuses prestations, une dans le rôle du Baron Frankenstein et l'autre dans le rôle du Comte Dracula. Personnellement, j'ai toujours préféré Chair pour Frankenstein à Du Sang pour Dracula et cette nouvelle vision, enfin dans sa version d'origine, à savoir en 3D, ne me fera pas changer d'avis, bien au contraire ! Chair pour Frankenstein, visionné en relief, augmente encore le plaisir jubilatoire qu'on a d'assister aux expériences pas piquées des hannetons de notre Baron Frankenstein, toujours aussi cinglé ! C'est en effet un véritable déluge d'effets de jaillissements qui nous attend, et quand certain de ces effets versent dans le gore, on se prend à avoir un grand sourire sur le visage, tentant avec nos doigts de palper les viscères et autres organes qui sortent littéralement de notre écran ! Déjà qu'en version plate, le spectacle était fun au possible alors imaginez en 3D ! Udo Kier campe un excellent Baron Frankenstein, qui déclame des sentences hilarantes avec force et conviction ("Pour connaître la mort, Otto, tu dois baiser la vie... dans la vésicule biliaire !") et ne vit que pour l'accomplissement de son oeuvre, à savoir créer deux êtres parfaits qui s'accoupleront afin de donner naissance à des êtres parfaits qui pourront alors repeupler la Terre et le glorifier ad vitam aeternam ! Toujours aussi mégalomane, excentrique, fou à lier, notre cher Baron ! Toujours est-il qu'il a nettement progressé en matière de conception de créatures à l'aide de diverses parties du corps depuis ses premières apparitions au cinéma ! Il suffit de voir la ravissante créature femelle, interprétée par le non moins charmante Dalila di Lazzaro ! Alors oui, la cicatrisation de l'ensemble n'est pas encore parfaite mais malgré ça, difficile de ne pas la trouver sexy, surtout qu'elle passe la plupart du temps entièrement nue à l'écran. Il faut voir le Baron fouiller dans les entrailles de cette jolie créature ou lui faire l'amour sur la table d'opération, en lui caressant les organes internes, provoquant l'incrédulité de son assistant Otto, joué par le tout aussi excellent Arno Jürging qui fait des mimiques avec son visage à mourir de rire ! et tout ça se déroule dans une bonne humeur communicative et ultra-festive, là où Du Sang pour Dracula se montre nettement plus mélancolique. L'érotisme est bien présent tout au long du film, Joe Dallesandro remplit son rôle de serviteur sexuel vis à vis de la Baronne avec classe et vigueur, et la présence des deux enfants du couple incestueux, la Baronne étant la sœur du Baron, crée un côté un peu malsain puisque les deux têtes blondes, qui connaissent tous les passages secrets du château, assistent autant aux expériences de leur père qu'aux accouplements de leur mère ! Forcément, ça laisse des traces chez d'aussi jeunes enfants et le final ne fera que confirmer ce qu'on pensait d'eux tout au long du film, ce qui rajoute à l'humour noir lui aussi bien présent ! Niveau gore, il y a de quoi faire, avec des effets-spéciaux plus ou moins réussis (la tête décapitée fait peu illusion par exemple) mais dans l'ensemble, pas de quoi bouder son plaisir, surtout lors du final grand-guignolesque à souhait et qui trouve un écrin parfait en 3D ! Pour tous amateurs de cinéma trash, pour tous ceux qui n'hurlent pas au sacrilège de voir des figures mythiques comme le Baron être malmenées avec amour mais aussi irrévérence et humour, n'hésitez pas à vous plonger corps et âme dans Chair pour Frankenstein ! Un titre phare de la célèbre collection VHS René Chateau Les Films que vous ne verrez jamais à la télévision et qui est donc désormais disponible en UHD, BR (sous-titres anglais) et donc en 3D (anaglyphe et Real 3D) grâce à l'éditeur Vinegar Syndrome


MALEFICIA

 

MALEFICIA
(Maleficia)

Réalisateur : Antoine Pellissier
Année : 1998
Scénariste : Antoine Pellissier
Pays : France
Genre : Gore
Interdiction : -16 ans
Avec :  Guy Cicorelli, Nelly Astaud, Brigitte Garrigue, Claude Gatumel, Maryline Sojo...


L'HISTOIRE : La famille Karlson hérite d'un château dans une région reculée de la Transylvanie. Lors du voyage les emmenant au château, ils passent à proximité d'une petite chapelle où a lieu une cérémonie rituelle. Le Grand Prêtre et ses fidèles offrent de jeunes filles en sacrifice afin de faire surgir les morts et invoquer Belzébuth lui-même. La famille Karlson se voit assaillie par des hordes de morts vivants et certains parviennent à trouver refuge au château. Mais ce dernier est la demeure de la secte sataniste, ainsi que de quelques vampires cachés au sous-sol...

MON AVIS : Médecin le jour et réalisateur de films gore amateurs la nuit, telle est la casquette d'Antoine Pellissier, plus connu des fans sous le sobriquet de Dr. Gore ! En 1998, il offre aux adeptes de la boucherie sur pellicule l'ultra-gore Maleficia, nanti d'un tournage de 2 ans et demi, d'un an de montage et de l'utilisation de plus de 1000 litres de sang frais et quelques 500kg d'os et 500 kg de tripes ! Inutile de dire que ça va saigner en quantité donc ! Filmé et mis en scène avec les moyens du bord, bénéficiant de la présence d'acteurs tous amateurs, Maleficia est donc une pure série Z made in France, au budget microscopique mais qui recèle d'inventivité et de système D, qui rend honneur aux travaux initiatiques d'Herschell Gordon Lewis, l'inventeur du cinéma gore ! Si le jeu d'acteur paraîtra souvent théâtral, normal pour des amateurs, les décors naturels, les costumes et surtout les effets-spéciaux auront tôt fait de convaincre le public friand d'atrocités en tout genre. L'équipe responsable des effets gore mérite bien des louanges car elle a accompli un excellent travail à ce niveau, avec tout ce qu'il faut en matière d'ignominies sanguinolentes : égorgement, éviscération, festins cannibales, yeux brûlés au fer rouge, décapitation et j'en passe sauront égailler votre vision de ce que les fans de cinéma Bis pourraient appeler Le Manoir de la Terreur made in France ! En effet, les amateurs du film italien d'Andrea Bianchi seront en territoire connu et se régaleront des mésaventures de notre pauvre famille au sein de ces bois inhospitaliers peuplés de morts vivants décharnés et de ce château au sein duquel se terrent secte sataniste et vampires ! Tout un programme ! Les actrices passent leur temps à hurler de peur face à ces diverses menaces, les hommes servent souvent de chair à saucisses, certains devenant même vampire ! Pas de pitié pour la majorité du casting, même les enfants y passent et de manière fort drôle en plus, je vous laisse la surprise. D'une durée de 100 minutes, Maleficia dispose de suffisamment d'action et de carnage pour ne pas lasser sur la longueur, malgré quelques scènes répétitives (on a deux cérémonies rituelles, au début du film et à la fin, mais celle de la fin se conclut sur une touche originale et bien amusante, encore une fois, je vous laisse la surprise sans rien dévoiler mais sûr que vous allez vous marrer), et sa générosité à toute épreuve, son refus de limites et son amour pour le cinéma gore à l'ancienne en font un digne représentant du genre. 

* Disponible en DVD chez -> TETRO VIDEO <-



HORRIFICIA

 

HORRIFICIA
(Horrificia)


Réalisateur : Antoine Pellissier
Année : 2021
Scénariste : Antoine Pellissier, Gerard Mazagan
Pays : France
Genre : Gore, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Elisabeth Pellissier, Theo Trifard, Joel Thibaudeau, Gaelle Chichignoud, Eva Nyls...


L'HISTOIRE : Au moyen-âge : le chevalier Thibault de Malmort rapporte d'une croisade un ancien grimoire maudit, qui appartenait à un culte adorateur de Satan. En ne respectant pas la règle de lecture du grimoire, le chevalier, sa femme Adeline et son serviteur Ugatorus furent maudits à travers les siècles. De nos jours : l'un des descendants du chevalier organise dans le château de Malmort une fête d'Halloween. Les invités découvrent par inadvertance le vieux grimoire et parviennent à l'ouvrir. Ils ignorent que les deux gardiens du château sont Adeline et Ugatorus. Ces derniers doivent accomplir un rituel et offrir huit cœurs en sacrifice afin de faire réapparaître le chevalier de Malmort et se libérer de la malédiction ancestrale, tout en offrant à Satan un fils afin que son règne sur Terre soit total. Les invités vont devenir des proies pour Adeline et Ugatorus, bien décidés à obtenir les huit cœurs...

MON AVIS : On sait tous que la France n'est pas un territoire fertile pour le cinéma fantastique et horrifique. Même si notre beau pays est à l'origine du cinéma de science-fiction et des effets-spéciaux grâce à George Méliès, il n'y eut jamais d'âge d'or du genre, comme ce fût le cas aux USA ou en Angleterre par exemple, malgré une bonne poignée de films poétiques sortis durant les années 40/50. Les tentatives de cinéma horrifique n'ont jamais provoquer un raz de marée par chez nous et même si certains réalisateurs tentent d'offrir au public un cinéma de genre de qualité, l'engouement n'est pas proportionnel aux efforts fournis. Dans les années 70, un réalisateur français s'est donné corps et âme au cinéma fantastique, luttant contre vents et marées pour mettre en scène des films appartenant à ce genre longtemps conspué par la presse bien pensante : Jean Rollin. Avec peu de moyens, mais beaucoup de passion, Rollin a contribué à sa manière à offrir du fantastique à notre pays trop cartésien. Avec encore moins de moyens mais tout autant de passion et de système-D, un autre réalisateur se bât pour faire vivre sa passion, celle du cinéma gore. Son nom : Antoine Pellissier ou le Docteur Gore pour les intimes. Un surnom qui vient de sa profession même, puisqu'il est médecin. Médecin le jour, réalisateur gore la nuit, voilà comment il aime être décrit. Sa passion pour le gore, les tripes et le sang l'a toujours habité et entre deux consultations médicales, il réalise des films amateurs sans beaucoup de budget mais avec une sincérité touchante et un amour pour le gore qui fait plaisir à voir. Ses premiers méfaits datent de 1977 et sont des courts-métrages. En 1982, il s'attaque au long-métrage avec Les Proies du Mal, film-fleuve de 172 minutes ! Suivront, avec une durée plus respectable, Folies Meurtrières, L'élue des Enfers et enfin Maleficia en 1998, ce dernier étant son oeuvre la plus célèbre et la plus connue et devant être le premier film d'une trilogie gore. Le second volet est annoncé dès 2010 sous le titre de Horrificia. Un véritable parcours du combattant attendait Antoine Pellissier avec ce second chapitre de sa trilogie puisque le film ne sera disponible qu'en 2021 ! Mais ça y est enfin, Horrificia est disponible sur support DVD et va pouvoir ravir les fans de cinéma gore et de cinéma Z. Le Docteur Gore ne s'en est jamais caché : il fait des films amateurs, avec des acteurs amateurs ou semi-professionnels qui ne gagneront jamais un César ou un Oscar, quasiment sans budget, dans des décors naturels et avec une très grosse dose de système-D. Antoine Pellissier, c'est le Herschell Gordon Lewis made in France pour faire simple, mais avec encore moins d'argent. On le sait, regarder un film du Docteur Gore, c'est comme regarder vos potes en train de jouer devant une caméra. Maintenant, ce genre de films ultra Z possèdent ses fans et ses détracteurs. On peut y trouver à redire d'un point de vue purement cinématographique mais on sait déjà qu'on ne va pas assister à un film de Kubrick. Ce qui fait la différence entre des productions ultra low cost comme celle que j'ai regardé récemment, Sharks of the Corn, et les films d'Antoine Pellissier ?  La passion et surtout le fait que le Docteur Gore ne prend pas le public-cible pour un con. Ce n'est pas parce que vous n'avez pas d'argent qu'il faut mettre de côté votre passion. Vous avez envie de faire un film amateur parce que c'est votre truc ? Foncez. Si la sincérité et la passion sont le moteur de votre projet, malgré tous les défauts qu'on pourra trouver, votre film finira par toucher et plaire aux personnes pour qui ça a été fait. Et avec Antoine Pellissier, on est exactement dans ce cas de figure. Sharks of the Corn nous balance une superbe affiche avec un requin blanc dans un champ de maïs. On se dit que ça va être fun et bien délirant. Tout faux. On s'y ennuie à mourir et le concept n'est quasiment jamais mis en avant. Antoine Pellissier nous annonce qu'on va voir un vrai film gore ?  Tout faux ? Bah non, là pour le coup, il est impossible de dire qu'on nous a menti sur la marchandise. Et ça fait une sacrée différence. Parce que oui, fans de barbaques et de tripailles, tu vas en avoir pour ton argent niveau gore avec Horrificia ! Sur un scénario pas toujours très clair ou qui s'éparpille un peu, à base de chevalier maudit, de secte satanique, de grimoire magique, de fête d'Halloween, de passage d'une comète, de malédiction ancestrale, de rituel sanglant, de moines morts-vivants et de Satan lui-même, Horrificia va accumuler durant ses 110 minutes des scènes gores de haute qualité, qui iront crescendo tout au long du film. On félicitera les deux responsables des effets de maquillages, David Scherer et Gregory Beauvais, parce qu'ils ont accompli un travail remarquable ici, que ne renierait certainement pas Olaf Ittenbach lui-même, le roi du gore made in Germany ! Inventivité, créativité, système-D, et hop, emballé c'est pesé, le mot d'ordre étant : faut que ça saigne ! Et les deux compères ont donné entière satisfaction au réalisateur parce que c'est un véritable carnage qui nous est proposé ici, avec, entre autres joyeusetés, décapitation, arrachage d'ongles, mains sectionnées à coup de hachoir, chaux vive déversé dans la bouche, bague en forme de griffe s'enfonçant dans un œil, balai enfoncé dans le vagin, corps coupé en deux dans le sens horizontal, corps coupé en deux dans le sens vertical (plus gore !!!) à l'aide d'une grande scie à bois, tripes et boyaux fraîchement extirpés des corps mutilés, moult cœurs humains retirés de leur cavité, langue arrachée, crucifixion, énucléation, broyage de crâne à coup de pierre et même un prélèvement de scalp façon Maniac puis ouverture de la boite crânienne avec cerveau apparent et palpitant ! Et ce n'est qu'un petit panel de ce qui vous attend ! On a même une tête brûlée superbement réalisée ou une scène dégoûtante avec une actrice qui a  des vers de terre vivants dans la bouche. Beurk !! Alors oui, le côté amateur est bel et bien présent, notamment au niveau du jeu des acteurs qui surjouent à mort, avec un côté théâtral très prononcé, mais ça, on était au courant donc il suffit d'adhérer au concept et de se laisser porter par les images. Le rythme est assez énergique, et les scènes gores tellement nombreuses qu'on n'a pas le temps de s'ennuyer. Niveau mise en scène, Antoine Pellissier s'essaye parfois à des mouvements de caméras façon Evil Dead de Sam Raimi, comme lors de la séquence de la voiture en panne dans la forêt par exemple et on sent que le réalisateur a mis toute son énergie pour donner le meilleur de lui-même dans ce nouveau film. Un film qui mêle époque moyenâgeuse et époque contemporaine, le décor naturel du château et de ses alentours permettant ces flashbakcs dans le passé, où une secte satanique se la joue inquisition mais de manière inversée cette fois, puisqu'ici, ce sont les chrétiens et ceux qui s'adonnent à la Foi en Dieu qui sont torturés et mis à mort. On s'amusera à voir dans le rôle du Grand Prêtre le célèbre Lloyd Kaufman lui-même ! Le patron de Troma Films se devait d'apparaître dans un film du Docteur Gore et celui-ci pousse même l'hommage en faisant se déguiser un membre du groupe en Toxie pour la fête d'Halloween, avec tutu et masque du célèbre super-héros toxique au menu ! Niveau nudité, les films de Pellissier ont toujours été très soft en la matière et on n'aura droit qu'à une paire de seins dénudés à se mettre sous les yeux. Pas très grave en soi, vu que la générosité du film en matière d'atrocités sanglantes vient combler sans souci le manque d'érotisme. Générosité, voilà bien le mot qui définit Horrificia, véritable orgie sanguinolente qui donnera le sourire à ceux qui savent s'amuser et prendre du plaisir avec ce type de production ultra fauchée mais dont la passion transpire dans chaque pores de pellicule. Si vous savez prendre votre pied autrement qu'en regardant des films d'auteurs, si vous êtes ouverts d'esprit et si vous appréciez un tant soit peu le pur cinéma amateur qui ne se fout pas de votre gueule et balance à l'écran toutes les promesses de son titre, ce qui n'est pas toujours le cas malheureusement, alors Horrificia est pour vous ! Il ne reste plus qu'à attendre le troisième volet de cette trilogie gore, en espérant que le Docteur Gore ne nous fasse pas languir dix ans de plus ! 

                 

DOOM ASYLUM

 

DOOM ASYLUM
(Doom Asylum)

Réalisateur : Richard Friedman
Année : 1987
Scénariste : Rick Marx
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Gore
Interdiction : -16 ans
Avec : Michael Rogen, Patty Mullen, Ruth Collins, Kristin Davis, William Hay, Harrison White...

L'HISTOIRE : Judy et Mitch, un couple d'amoureux qui mène la grande vie, ont un grave accident de voiture. Judy décède et Mitch est envoyé à la morgue pour une autopsie. Seulement, il n'est pas mort et assassine les deux médecins légistes. Totalement défiguré et dans un état corporel monstrueux, il reste caché dans l'hôpital qui sera abandonné après le drame. Dix ans plus tard, un groupe d'amis se rend dans le bâtiment désaffecté pour y passer le week-end. Les cinq camarades doivent cohabiter avec un trio de punkettes qui vont les embrouiller. La présence des intrus va réveiller la colère de Mitch qui va les assassiner un à un...

MON AVIS : Après avoir mis en scène Death Mask en 1984 et quelques épisodes de série-télé, dont certains pour Les Contes de la Crypte, le réalisateur Richard Friedman se fait remarquer avec Abraxas, film de maison hantée datant de 1987. La même année, il tourne avec un budget dérisoire ce Doom Asylum, qui ne laissera pas de grand souvenir chez ceux qui l'ont vu, à juste titre d'ailleurs. Un slasher ultra low-cost, qui dénote avec sa réalisation précédente, qui, elle, avait un certain cachet esthétique. Tout le contraire de Doom Asylum, qu'on pourrait presque considérer comme un film fait au hasard entre potes. Est-ce que le réalisateur a découvert ce bâtiment abandonné au cours d'une balade et s'est dit chouette, faisons un film d'horreur là-dedans ? C'est possible tant l'amateurisme respire pleinement durant les 78 minutes trop longues que dure ce film. Le scénario, d'une banalité exemplaire, n'est pas forcément à pointer du doigt. C'est un scénario lambda de film d'horreur, comme il en existe des centaines. La mise en scène est par contre d'une faiblesse abyssale, bourrée de maladresse, de faux raccords, d'éléments absents dans un plan et qui apparaissent dans le suivant (le fauteuil roulant vers la fin par exemple), bref, c'est pas fameux à ce niveau. Le casting n'est pas en reste malgré la présence de la ravissante Patty Mullen, qui interprète deux rôles, Judy dans la scène introductive et Kiki dans le reste du film, et qu'on reverra avec grand plaisir en 1990 dans le Frankenhooker de Frank Henenlotter dans lequel elle interprète le rôle principal. Les autres acteurs se démènent comme ils peuvent, surjouant à l'extrême et rendant les scènes assez drôles dans l'ensemble, surtout lorsqu'ils doivent prononcer des dialogues qui ne peuvent que prêter à rire. Le but du réalisateur était-il de faire une sorte de comédie horrifique ou un film d'horreur sérieux ? Je penche pour la première solution, ce qui fait qu'on peut accorder un peu plus de clémence à Doom Asylum. Non parce que certaines situations sont quand même à hurler de rire ! Kiki, dont Judy était la mère, n'a toujours pas digéré la mort de cette dernière, même si dix ans se sont passés. Elle demande donc à son petit ami si elle peut l'appeler "maman" pour atténuer sa peine ! Et quand ce dernier veut profiter de sa petite amie, elle lui rétorque vigoureusement que ce serait de l'inceste !! Impayable ! Je ne vous parle pas du groupe de nénettes punks dont la chef de bande passe son temps à rire comme une démente (Ruth Collins a bien du s'amuser avec ce rôle, surtout quand elle nous montre sa charmante poitrine dénudée). Tout est à l'avenant et on est plus souvent consterné qu'amusé devant l'écran. Le scénario n'étant pas plus épais qu'une feuille de cigarette, le réalisateur a eu l'idée de faire de son tueur monstrueux un cinéphile, histoire d'allonger la durée du film. Notre monstre, entre deux meurtres, va donc s'installer face à sa télé et visionne différents films avec l'acteur Tod Slaughter, dont The Demon Barber of Fleet StreetThe Face at the Window ou Maria Marten, or the Murder in the Red Barn entre autres. Des scènes qui allongent certes la durée du film mais ramollissent considérablement son rythme, déjà pas bien élevé ! Alors, que reste-t-il de potable dans Doom Asylum au juste ? Et bien, on prendra plaisir à assister à ce petit catalogue de meurtres assez sympathiques, tout comme on appréciera le masque en latex monstrueux que porte Michael Rogen en guise de visage ravagé suite à l'accident de voiture de son personnage. Le gore s'invite gentiment durant les meurtres, dont on retiendra un sectionnement d'orteils à la pince coupante, un visage en partie découpé à l'aide d'une scie chirurgicale, un foret de perceuse enfoncé dans un crâne ou une tête plongée dans de l'acide par exemple. Tout le budget a été alloué aux maquillages, c'est certain. Bref, si vous êtes amateurs de nanars, ruez-vous sur Doom Asylum, ça devrait vous faire passer une bonne soirée de rigolade. Les autres peuvent passer leur chemin sans souci...

* Disponible en BR chez -> ARROW VIDEO <-