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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




AMERICAN NIGHTMARE 2 : ANARCHY

AMERICAN NIGHTMARE 2: ANARCHY
(The Purge 2 : Anarchy)

Réalisateur : James DeMonaco
Année : 2014
Scénariste : James DeMonaco 
Pays : Etats-Unis, France
Genre : Thriller, Horreur, Survival
Interdiction : -12 ans
Avec : Frank Grillo, Carmen Ejogo, Zach Gilford, Kiele Sanchez, Zoë Soul...



L'HISTOIRE : Leo, un homme sombre et énigmatique, est hanté par la disparition de son fils. S'armant d'un arsenal offensif et défensif, il est résolu à se purger de ses démons. Eva, une mère célibataire tentant tant bien que mal de joindre les deux bouts, et sa fille adolescente Cali vivent dans un quartier défavorisé et n'ont pas les moyens de s'offrir une bonne protection. Quand une poignée de «purgeurs» masqués pénètrent chez elles et les capturent, elles n'ont d'autre choix que de s'en remettre à leur libérateur fortuit, Leo. Au détriment de sa mission de vengeance «autorisée» contre celui qui a porté préjudice à sa famille, Leo, témoin de l'enlèvement d'Eva et Cali, ouvre le feu sur leurs agresseurs alors que Shane et Liz, un couple sur le point de se séparer, sont les victimes d'un acte de sabotage sur leur voiture à quelques minutes seulement du début de la Purge. Trouvant refuge dans le véhicule blindé que Leo a laissé ouvert pour porter secours à Eva et Cali, Shane et Liz s'allient alors à eux pour tenter de se défendre contre ceux qui ont la ferme intention d'exercer leur droit à la tuerie. Ces cinq nouveaux alliés sont poursuivis à travers la ville, dans un sinistre jeu de «tue-moi ou je te tue» effaçant la frontière entre vengeance sponsorisée et justice humaine...

MON AVIS : Changement radical de style pour American Nightmare 2, toujours réalisé et scénarisé par James DeMarco. Là où le premier volet était un huis clos teinté de survival, se déroulant dans l'enceinte d'une unique maison, cette suite nous propose une transposition du sujet original, à savoir le droit de purge légalement accordé par le gouvernement durant 12h, mais vécu cette fois au dehors, dans les rues. Le huis clos oppressif devient alors une gigantesque partie de chasse à l'homme dans les rues de Los Angeles. Des rues mises à feu et à sang par les "purgeurs", allant du simple adepte de la gâchette en manque d'émotions fortes à de véritables gangs organisés et surarmés. Une nouvelle nuit de cauchemar pour ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir se protéger, les principales victimes restant, comme à l'accoutumé, les miséreux, les sans-abris. Éradiquer la pauvreté dans les rues comme solution au chômage et à la criminalité, telle est le but ultime de la purge annuelle. Mais étant donné qu'il n'y a aucune règle, les purgeurs peuvent également devenir les victimes de cette barbarie urbaine. En nous faisant suivre le destin croisé d'un homme en quête de vengeance, d'un couple au bord du divorce et d'une mère et de sa fille, qui vont se rencontrer suite à des événements inattendus et vivre ensemble cette nuit de la purge, devenant les proies des purgeurs, American Nightmare 2 : Anarchy m'a fait penser par certains aspects au culte Les Guerriers de la Nuit de Walter Hill, car nos héros vont devoir aller d'un point A à un point B en tentant de circuler à travers la ville tout en évitant les différents gangs ou factions de tueurs à la bestialité sans limite. Des gangs dont certains portent bien sûr des masques terrifiants, nous rappelant les peintures de guerre ou le look de ceux qui traquaient les Warriors. A motos, sur un skateboard, dans des camions, avec des fusils-mitrailleurs, des armes blanches et même des lance-flammes, l'attirail des purgeurs nous ramènent même vers les films post-apocalyptiques d'antan, à la différence que le sable et le désert ont fait place au milieu urbain, au béton, au bitume. Sans temps morts, la nuit de l'horreur ne laissera aucun répit à nos cinq protagonistes principaux, qui vont devoir sortir les crocs pour tenter de rester en vie. Comme dans le premier épisode, la critique sociale a la part belle et l’opposition riche / pauvre est peut-être encore plus percutante ici puisque dans American Nightmare 2, les riches payent les pauvres pour qu'ils se laissent massacrer par eux ou payent les purgeurs pour qu'on leur amène des victimes, faisant faire le sale boulot par d'autres et évitant par la même occasion le moindre risque d'y laisser sa vie. Glauque. L'argent peut tout acheter et les pulsions les plus sombres de la nature humaine peuvent se déchaîner. James DeMonaco dérive même vers la saga Hostel lors d'un retournement de situation inattendu que je vous laisse découvrir si vous n'avez pas vu le film. Plus rythmé, plus dynamique que American Nightmare, ce second opus opte donc pour une approche différente et évite la simple redite en changeant le lieu de l'action. La violence est bien au rendez-vous et si les fans de gore seront déçus de ne pas en voir plus, les autres apprécieront cette nouvelle nuit des masques divertissante et bien mise en scène, correctement interprétée et qui n'ennuie jamais.

NOTE : 4/6


THE VVITCH

THE VVITCH
(The VVitch : A New-England Folktale)

Réalisateur : Robert Eggers
Année : 2015
Scénariste : Robert Eggers 
Pays : Etats-Unis, Angleterre, Canada, Brésil
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Anya Taylor-Joy, Ralph Ineson, Kate Dickie, Harvey Scrimshaw, Sarah Stephens...



L'HISTOIRE : 1630, en Nouvelle-Angleterre. William et Katherine, un couple dévot, s’établit à la limite de la civilisation, menant une vie pieuse avec leurs cinq enfants et cultivant leur lopin de terre au milieu d’une étendue encore sauvage. La mystérieuse disparition de leur nouveau-né et la perte soudaine de leurs récoltes vont rapidement les amener à se dresser les uns contre les autres…

MON AVIS : Pour son premier long métrage, Robert Eggers s'est montré ambitieux et n'a pas choisi la voie de la facilité. Là où certains se seraient lancés dans la comédie, le film d'action ou le film d'horreur démonstratif, le réalisateur prend la direction du film d'ambiance, du drame familial glissant vers l'épouvante, le tout sur un mode on ne peut plus réaliste. Déjà auteur de deux courts-métrages inspirés des Frères Grimm et d'Edgar Poe, Robert Eggers nous propose avec The VVitch une fable, un conte puisant sa source d'inspiration dans le folklore moyenâgeux et dans les légendes liées à la pratique de la sorcellerie et aux méchantes sorcières. Le titre original du film étant d'ailleurs "The VVitch : A New-England Folktale", ce qui correspond tout à fait à ce qu'on va visionner. Point positif, Robert Eggers a conçu son film de manière intelligente, ne sacrifiant jamais à la surenchère visuelle, à l'horreur graphique. Réalisme, tel est le maître-mot de cette oeuvre atypique, qui déconcertera à n'en point douter les amateurs d'émotions fortes, de gore ou de jump-scares à foison. Car la vision de The VVitch demande à réel investissement de la part du spectateur, surtout si ce dernier s'attendait à regarder un simple film d'horreur satanique. Pourvu d'un rythme on ne peut plus contemplatif, donnant parfois l'impression qu'il ne se passe rien à l'écran, The VVitch tisse sa toile lentement, minutieusement, insidieusement et utilise la cellule familiale comme point central, ainsi que l'intégrisme religieux, que le film n'épargne pas. Dieu fait partie intégrante de la vie de la famille de William, Katherine et leurs enfants. Pas une journée ne se passe sans que prières, don de soi et actions ne soient dédiés au Seigneur et à son fils Jésus. Une vie de dévotion totale qui va être égratignée par la disparition de Samuel, le nouveau-né. Alors qu'il était sous la surveillance de l'aînée de la famille, la charmante Thomasin, superbement interprétée par la jeune actrice Anya Taylor-Joy, Samuel disparaît sans explication. Sans explication pour la famille qui croit qu'un loup est le responsable de cet enlèvement alors que nous, spectateurs, savons la vérité : Samuel a été enlevé par une vieille sorcière vivant au fin fond des bois inquiétants qui s'étendent à proximité de la ferme de William et de sa famille. Une séquence qui fait naître un premier malaise car même si on n'assiste pas visuellement à la mort du bébé, notre esprit s'est chargé lui-même de faire naître ces images dans notre inconscient et on sait très bien à qui appartient le sang dont s'enduit la vieille sorcière dénudée. C'est en ajoutant petit à petit des  touches macabres et folkloriques (les corbeaux, le lapin, le bouc dans la ferme, la sorcière qui a retrouvé sa jeunesse et drapée de rouge tel le Petit Chaperon Rouge...), en jouant avec l'obscurantisme religieux, la naissance de la sexualité (le petit frère de Thomasin qui regarde la poitrine naissante de sa grande sœur) et ses décors anxiogènes (la forêt, personnage à part entière du film) que The VVitch dérive lentement dans une ambiance moite, oppressante, délétère, qui vient affaiblir la cellule familiale qu'on pensait indestructible. Comment Dieu peut-il faire subir une pareille épreuve à cette famille qui n'existe que pour lui rendre hommage ? La Foi de tous les personnages s'en trouve ébranlée et on assiste alors à une véritable dérive vers la folie de chaque membre de cette famille brisée. Accusation de sorcellerie, jumeaux qui deviennent comme possédés, paranoïa, mensonges et tromperies vont devenir le pain quotidien des héros du film. Doté d'une symbolique forte dans les images qu'il propose, The VVitch joue sur divers tableaux, nous faisant comprendre que la rigidité religieuse dans laquelle William a enfermé malgré lui sa famille n'est en aucun cas une solution à l'épanouissement et que ce carcan ne provoque que désirs refrénés et pulsions inavouables qui ne trouveront un échappatoire soit dans la mort soit dans la sorcellerie, à l'image de l'étonnant dénouement final qui marquera les esprits. Pourvu d'une photographie absolument sublime, filmé en décor naturel, possédant un casting de haute volée et d'un charisme absolu, bénéficiant d'une bande sonore travaillée et adéquate, The VVitch est une expérience à part, qui provoquera soit l'adhésion, soit le rejet pur et simple. Une oeuvre ambitieuse, reniant la facilité, qui questionne le spectateur (est-ce vraiment la sorcellerie qui est à l'origine de l'éclatement de la cellule familiale ou le mal n'est-il pas intérieur, sorte d'hystérie collective due à la fragilisation de la Foi ?), lui demande des efforts de concentration, de participation. Un conte sombre, malsain, très maîtrisé, reconstituant avec une fidélité exemplaire cette époque trouble où les sorcières venaient manger les petits-enfants et qui conduira à la terrible chasse aux sorcières qui fit de nombreuses victimes. Une proposition intéressante de cinéma d'épouvante en tout cas, très éloigné des divertissements dont on nous abreuve en permanence, et qui mérite toute votre attention.

NOTE : 5/6


BLOODSUCKERS FROM OUTER SPACE

BLOODSUCKERS FROM OUTER SPACE
(Bloodsuckers from Outer Space / Suceurs de Sang)

Réalisateur : Glen Coburn
Année : 1984
Scénariste : Glen Coburn 
Pays : Etats-Unis
Genre : Gore, comédie
Interdiction : -12 ans
Avec : Thom Meyers, Laura Ellis, Robert Bradeen, Big John Brigham, Glen Coburn...



L'HISTOIRE : Dans le Texas, des fermiers se transforment en zombies suceurs de sang après le passage d'une rafale de vent venue de l'espace. Le jeune Jeff Rhodes, photographe en devenir coincé dans ce coin paumé, va devoir lutter pour sa survie face à cette invasion macabre. Il sera épaulé par Julie, une jolie citadine qu'il vient de rencontrer...

MON AVIS : Glen Coburn est un fan de cinéma indépendant, principalement de genre fantastique/horrifique. Il a une vingtaine d'années quand il décide que lui aussi, il aura son nom accolé à un titre de film et c'est donc en 1984 qu'il réalise son premier long métrage, le nanaresque Bloodsuckers from Outer Space, titre qui a fait la joie des fanas de VHS dans les années 80, sous le titre Suceurs de Sang pour la France. Lorsqu'on visionne Bloodsuckers from Outer Space, on se rend compte que n'est pas Sam Raimi qui veut. Ce dernier a réalisé le culte Evil Dead alors qu'il était âgé lui aussi d'une vingtaine d'années mais la maîtrise incroyable qu'il possédait déjà à cet âge en terme de mise en scène, d'innovation technique et de système D est à mille lieues au dessus de celle de Glen Coburn. Car même si Bloodsukers from Outer Space a une réputation de film culte, il faut bien avouer que cette comédie gore n'a vraiment rien de mémorable et que ce n'est qu'une petite série Z réalisée certes avec passion mais sans talent aucun. Ce qui ne lui enlève pas son côté sympathique et divertissant, ni son aspect nanar de compétition. Réalisateur, scénariste et acteur de son film, on peut dire que Glen Coburn s'est investit à fond pour donner le meilleur résultat possible. Le film brasse large puisqu'on se retrouve avec un "redneck movie" nous présentant des personnages haut en couleur, dont des fermiers en salopettes et des flics incompétents. Pour corser le tableau, on y ajoutera un danger mortel en provenance de l'espace, caractérisé par le souffle... du vent ! De quoi économiser sur le budget destiné aux effets-spéciaux ! Un vent qui a la particularité de transformer nos braves rednecks en zombies avides de sang humain ! Des zombies dont le maquillage n'est composé que d'un peu de peinture bleutée, de coup de crayon pour faire les veines apparentes et d'un peu de sang autour de la bouche. Pas si éloigné que ça de nos zombies franchouillard du Lac des Morts-Vivants dites moi, qui a préféré la couleur verdâtre au bleu. Perdu au milieu de tous ces éléments, notre héros, interprété par Thom Meyers, va vivre de passionnantes aventures. Bon, j'exagère un peu quand même, parce qu'il n'y a rien de vraiment passionnant dans tout ça. Par contre, vous aurez quand même droit à un jeu d'acteurs catastrophique, des tas de situations non-sensiques, improbables, sans queue ni tête, des dialogues à se pisser dessus, des zombies qui parlent comme vous et moi, de la musique country, des mannequins en mousse qu'on jette des toits, des bras en plastique qu'on tranche, des effets gores conçus avec trois bouts de chandelle et qui ne sont finalement pas très gores, une scène de cul cataclysmique filmée... en hors champ (!), une scène de douche en ombre chinoise, des scientifiques qui préfèrent se pochetronner plutôt que de régler les problèmes, un Général des armées totalement azimuté et qui ne pense qu'à gérer la situation avec l'aide de l'arme atomique et un Président des Etats-Unis (l'humoriste Pat Paulsen) qui tente d'éviter l'incident atomique tout en reluquant les jolis seins de sa secrétaire, le tout sur une mise en scène anémique et peu inspirée. En fait, Bloodsuckers from Outer Space nous rappelle par certains aspects les mauvais films à petit budget de la Troma. Comédie légèrement gore, le film de Glen Coburn, qui interprète l'un des scientifiques, saura vous faire sourire à coup sûr tant l'ensemble reste affligeant mais également touchant dans son approche et sa naïveté. Même les acteurs gardent un souvenir impérissable du tournage et du résultat final, à l'image de Laura Ellis qui joue Julie, la citadine adepte de l'inhalation d'oxyde d'azote (David Lynch a-t-il vu ce film pour son Blue Velvet ?). En tout cas, malgré ses nombreux défauts, l'aura du film continue de briller chez les fans puisque des conventions réunissant le casting ont eu lieu pour fêter ses 30 ans ! La sortie DVD de Bloodsuckers from Outer Space permettra au plus nombreux de le (re)découvrir et qui sait, de lui faire connaître une seconde jeunesse !

* Disponible en DVD chez CROCOFILMS

NOTE : 2/6


THE CREATION OF THE HUMANOIDS

THE CREATION OF THE HUMANOIDS
(The Creation of the Humanoids)

Réalisateur : Wesley Barry
Année : 1960
Scénariste : Jay Simms 
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Don Megowan, Erica Elliott, Frances McCann, Don Doolittle, David Cross...



L'HISTOIRE : Après des explosions nucléaires qui clôturèrent la Troisième Guerre Mondiale, 92% de l'Humanité a disparu. Les survivants ont favorisé la robotique pour reconstruire les villes. Les premiers robots étaient de simples machines mécaniques puis leur évolution les conduisit à devenir des humanoïdes pourvus de nombreuses facultés humaines. Chaque nouvelle génération de robots humanoïdes se rapproche de plus en plus de l'être humain, étant même capable de ressentir des sentiments ou d'avoir des souvenirs. La multiplication des humanoïdes entraînent l'inquiétude chez une poignée de survivants qui crée l'Ordre de la Chair et du Sang et qui désire contrôler les robots afin de ne pas voir l'espèce humaine totalement disparaître. Parmi eux, le capitaine Kenneth Cragis, fervent défenseur de la cause humaine...

MON AVIS : Quel curieux film de science-fiction ! C'est un véritable ovni cinématographique des 60's auquel on est convié avec The Creation of the Humanoids de Wesley Barry. Les amateurs de la saga robotique littéraire d'Isaac Asimov ou les fans de Blade Runner seront très certainement comblés avec ce film puisqu'on a clairement affaire à une oeuvre quasi philosophique sur le sujet. Les spectateurs en attente d'une action débridée passeront quant à eux leur chemin car il ne se passe quasiment rien dans ce film à ce niveau. The Creation of the Humanoids est avant tout un film de dialogues et les personnages passent les 80 minutes à discuter de la condition de vie humaine, du rôle des robots dans la société, de leur évolution, de l'augmentation de leur intelligence artificielle, du danger qu'ils peuvent représenter pour les derniers humains encore vivants et qui ne parviennent quasiment plus à se reproduire, avec un taux de natalité de 1,4% seulement. Kenneth Cragis, membre d'une faction de sauvegarde de l'être humain, ne porte pas du tout les robots dans son cœur et ne cesse de les combattre. Pourtant, point de violence ou d'actes de rébellion de la part des androïdes. Ceux-ci semblent même vouloir vivre plus pacifiquement que les humains eux-mêmes. C'est du moins ce que l'on croit jusqu'à la séquence dans laquelle on va découvrir qu'un scientifique utilise le corps d'humains fraîchement décédés pour transplanter leurs mémoires, leurs souvenirs, leurs personnalité même dans le corps de robots humanoïdes dernière génération. Ces derniers ont atteint une stade d'évolution tellement important qu'ils ne savent même pas qu'ils sont des robots ! Seulement une quinzaine de modèles aussi perfectionnés existeraient sur Terre. Faut-il voir ici un vaste complot de la part des robots pour asseoir définitivement leur suprématie sur l'espèce humaine ? C'est l'une des nombreuses questions que l'on est amené à se poser durant la vision du film. Un film qui traite de thème encore aujourd'hui très actuels, tel le racisme, le métissage, le vivre ensemble. Car si certains humains sont contre les robots, d'autres au contraire vont même jusqu'à s'unir avec eux, pour vivre une passion commune. Evidemment, ces couples "hors normes" provoquent la colère et la haine de Cragis, surtout quand sa propre sœur lui annonce qu'elle vient de s'unir avec un humanoïde ! Le réalisateur et le scénariste nous réservent d'ailleurs un petit twist de derrière les fagots à la fin, twist que j'ai vu à moitié venir mais qui reste bien surprenant en l'état et qui fait preuve d'une belle originalité pour l'époque. Si on ne peut enlever à The Creation of the Humanoids son approche étonnante ni l'étonnante maturité de son propos (le film n'a rien d'un spectacle de divertissement), reste que son traitement visuel à l'écran pourra rebuter la majorité d'entre-nous. Film à très faible budget, avec des décors futuristes principalement composés de peintures, bénéficiant de jolis maquillages dus à Jack Pierce (Frankenstein, La Fiancée de Frankenstein et j'en passe...), The Creation of the Humanoids est donc terriblement bavard. Certes, les dialogues sont intelligents et vraiment travaillés, avec une portée philosophique certaine. Mais la platitude de la mise en scène, le ton monocorde utilisé par les acteurs pour prononcer les dialogues, le manque total d'événements percutants ou d'action nous conduisent rapidement vers un réel ennui. On a l'impression d'assister à une pièce de théâtre soporifique dans laquelle il n'y aurait aucun rythme. Dommage car encore une fois, les sujets évoqués sont passionnants et traités de manière adulte et perspicace. La dernière phrase, prononcée par un personnage directement à la caméra, donc à nous, spectateurs, est à ce titre exemplaire et continue de nous questionner après le générique de fin. Vous voilà donc prévenu : The Creation of the Humanoids est à la fois un film étonnant, fascinant mais également terriblement... chiant ! On est franchement partagé entre attraction (des tonnes d'idées et de thématiques nous sont proposées afin d'assurer la survie de l'espèce humaine) et répulsion (lenteur extrême, acteurs anti-charismatiques au possible, mise en scène digne d'un épisode de Derrick...). En tout cas, c'est un film de science-fiction qu'il faut découvrir assurément même si on reste totalement mitigé, indécis au final. Et comme je suis partagé entre deux sentiments, je mets la note moyenne.

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS




LE MAÎTRE DU MONDE (1954)

LE MAÎTRE DU MONDE
(Tobor the Great)

Réalisateur : Lee Sholem
Année : 1954
Scénariste : Philip MacDonald 
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Charles Drake, Karin Booth, Billy Chapin, Taylor Holmes, Steven Geray...



L'HISTOIRE : Le docteur Ralph Harrison, travaillant sur un projet de conquête spatiale, démissionne de ses fonctions car il refuse d'envoyer des hommes dans les fusées sans savoir quels dangers sont présents dans l'espace. Il est contacté par le professeur Arnold Nordstrom qui pense avoir une solution à ce problème d'éthique. Nordstrom emmène Harrison dans son immense demeure et lui fait faire connaissance avec sa fille Janice et son petit-fils Brian, un passionné de technologie. Il lui fait ensuite découvrir sa brillante invention : Tobor, un robot capable de ressentir des émotions humaines et qui pourrait sans soucis prendre la place d'un pilote dans une fusée. Harrison va aider le professeur à perfectionner Tobor, sans savoir que des espions sont également sur le coup et veulent à tout prix obtenir les formules du professeur Nordstrom...

MON AVIS : Oubliez de suite le titre français totalement ridicule que le traducteur de l'époque a attribué à ce film car de Maître du Monde, il n'en est jamais question ici. Mieux vaut retenir le titre original, Tobor the Great, bien plus représentatif du spectacle proposé. Car c'est bien Tobor (Robot écrit à l'envers) qui est la véritable star de ce petit film de S-F 50's un brin fauché et qui s'adresse à toute la famille, voir même aux enfants en priorité. Si le début du film nous semble assez sérieux, avec cette question pertinente du héros de savoir s'il est responsable d'envoyer des cobayes humains dans l'espace sans avoir fait le tour de la question et sans en connaître les dangers réels, la suite glisse clairement dans le divertissement familial. Une fois dans l'antre du professeur Nordstrom (interprété par Taylor Holmes), le ton s'adoucit clairement et le petit-fils du professeur, interprété par Billy Chapin qu'on reverra l'année suivante dans le chef-d'oeuvre La Nuit du Chasseur, prend l'ascendant sur les acteurs "adultes". Ce petit génie surdoué suit avec passion les travaux de son grand-père et son unique désir est de savoir quel secret son papy cache dans son laboratoire. Ce secret, c'est évidemment Tobor le robot, véritable attraction du film, que tous les enfants rêveront d'avoir pour ami. Adoptant un design assez percutant, le charisme de Tobor n'est pas si éloigné que ça de celui du célèbre Robby de Planète Interdite qui verra le jour deux ans plus tard. Le but premier de la compagnie de production du film, à savoir Republic Pictures, était d'ailleurs de faire de Tobor une "star" auprès du jeune public, afin de pouvoir utiliser son image dans d'autres productions, notamment des BD et une série télévisée. Au final, Tobor n'a eu droit qu'à deux comics et un pilote de série qui n'a jamais été diffusé. Mais son look est franchement réussi et en fait un des meilleurs robots vu sur un écran. On imagine bien par contre quel calvaire a du subir l'acteur à l'intérieur du costume. Bien sûr, le petit garçon va s'introduire en cachette dans le laboratoire et manipuler Tobor, ce qui provoquera quelques catastrophes amusantes. Sans avoir un rythme très soutenu, Le Maître du Monde propose quelques péripéties qui parviennent à nous distraire, et notamment une partie dans laquelle des espions (certainement Russes !) kidnappent le professeur et son petit-fils afin d'obtenir des formules secrètes. Le scénariste n'y va pas avec le dos de la cuillère puisqu'il n'hésite pas à prendre le jeune Billy Chapin pour cible afin de faire pression sur le grand-père. Le jeune acteur reçoit des claques et il est même menacé avec un chalumeau ! Heureusement, Tobor viendra à son secours grâce à un émetteur placé dans un stylo et mettra une belle raclée aux méchants espions. Réalisé par Lee Sholem, un spécialiste des petits budgets et des tournages ultra-rapides, Le Maître du Monde a le bon sens de ne pas vouloir en faire trop et se contente de situer son action sur Terre, ce qui évite d'avoir un budget trop conséquent pour des décors futuristes. La mise en scène est assez statique malheureusement  mais cela renforce le côté naïf et vintage du métrage. Si Le Maître du Monde (pfff, non mais c'est vraiment ridicule comme titre....) n'est pas inintéressant, il faut tout de même avouer que son aspect simpliste et sa candeur le réserve avant tout aux adultes qui ont gardé leur âme d'enfant. Leur progéniture apprécieront sûrement quant à eux...

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 3/6



CYBORG 2087

CYBORG 2087
(Cyborg 2087)

Réalisateur : Franklin Adreon
Année : 1966
Scénariste : Arthur C. Pierce
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Michael Rennie, Karen Steele, Wendell Corey, Warren Stevens, Eduard Franz...



L'HISTOIRE : Un cyborg, Garth A7, est envoyé du futur vers le passé afin d'empêcher un scientifique, le professeur Marx, de faire la démonstration de sa nouvelle invention : la radio-télépathie. Cette découverte aura en effet des répercussions capitales dans le futur, servant à avilir la pensée des habitants et à en faire des esclaves. Le temps est compté car des Traceurs ont également été envoyé à la poursuite du cyborg afin de l'empêcher de mener à bien sa mission...

MON AVIS : James Cameron et Terminator n'ont donc rien inventé ! En 1966, Franklin Adreon, réalisateur plus spécialisé dans les séries télévisées familiales (Lassie entre autre), nous propose en effet la même trame principale à quelques variantes près, à savoir l'envoi d'un cyborg dans le passé afin de modifier le futur ! La tagline est à l'avenant : "moitié humain, moitié machine ! Programmé pour tuer !" Incroyable non ?Avec de faibles moyens financiers, Cyborg 2087 n'a évidemment pas de quoi rivaliser avec les classiques de la S-F des 50's et encore moins avec les films à venir. Il n'empêche que l'originalité de son scénario et sa mise en scène tout à fait correcte en font un petit divertissement des plus sympathiques. Vu en 2017, Cyborg 2087 lorgne certes vers le nanar à cause de ses costumes qui font très datés de nos jours (logique me direz-vous) et de ses décors futuristes très vides (la salle des ordinateurs, la capsule de voyage dans le temps). Pourtant, même si on sourit devant certaines situations, l'aspect kitsch et l'effet nostalgique l'emportent le plus souvent et on suit avec attention cette histoire de science-fiction novatrice et bien interprétée. Dans le rôle du gentil cyborg, on trouve Michael Rennie, celui-là même qui était venu avertir les terriens avec son robot géant Gort dans le classique Le Jour où la Terre s'arrêta. Dans Cyborg 2087, il vient encore sauver les terriens et son charisme fait fondre le cœur de l'actrice Karen Steele qui ne semble pas s'émouvoir du fait qu'il ne ressent aucun sentiment, qu'il est insensible à la douleur et que son bras est bardé de pièces métalliques. Grâce à son aptitude à la radio-télépathie, notre cyborg va contrôler l'esprit de la belle blondinette et accessoirement assistante du professeur Marx, interprété quant à lui par Eduard Franz, vu dans La Chose d'un Autre Monde entre autre. Une aubaine pour notre homme de chair et d'acier qui va pouvoir retrouver le savant et l'informer des dangers de ses trouvailles. Pour pimenter son film, le scénariste n'hésites pas à multiplier les péripéties et à faire poursuivre le cyborg par des Traceurs, à savoir des autres cyborgs mais nettement plus belliqueux et armés de pistolet-laser pouvant tuer, là où l'arme de Michael Rennie ne fait qu'endormir les personnes qu'elle touche. Le film prend même des allures de western lors de son introduction et de son final puisque l'action se déroule dans une sorte de ville fantôme dans laquelle on attend presque l'apparition de Clint Eastwood ! Plus embêtant sera la séquence dans laquelle une bande d'ados passe son temps à danser dans le salon d'un autre scientifique. Une séquence qui dénote avec l'ensemble et qui ne sert qu'à allonger la durée du métrage. Vous l'aurez compris, Cyborg 2087 n'est évidemment pas exempt de menus défauts et son aspect télévisuel, tout comme ses effets-spéciaux bas de gamme, ne le tirent pas toujours vers le haut. Mais honnêtement, je ne me suis jamais ennuyé devant les aventures de Garth A7 et le charme suranné de cette petite production sans le sou mais généreuse a fait son petit effet. Cyborg 2087 reste bien sûr assez anecdotique dans la production de films de S-F mais on ne peut lui retirer la particularité de son scénario et son impact formel sur le Terminator de Cameron. Impossible en effet que ce dernier n'ait pas vu ce film ! Rien que pour ça, il faut avoir vu Cyborg 2087 !

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 3/6


AMERICAN NIGHTMARE

AMERICAN NIGHTMARE
(The Purge)

Réalisateur : James DeMonaco
Année : 2013
Scénariste : James DeMonaco
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur, Home Invasion
Interdiction : -16 ans
Avec : Ethan Hawke, Lena Headey, Max Burkholder, Adelaide Kane...



L'HISTOIRE : Dans une Amérique rongée par une criminalité débridée et des prisons surpeuplées, le gouvernement a donné son accord pour qu’une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, soient légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services. Une nuit durant, les citoyens sont à même de définir leurs propres règles et de faire leur propre loi, sans avoir à craindre de sanctions. Au cours d’une telle nuit hantée par la violence et le crime, la famille Sandin va connaître la terreur lorsque que leur jeune fils fait pénétrer un étranger chez eux et que ce dernier était pourchassé par une bande de jeunes fanatiques désireux de mener à bien leur "purge annuelle"...

MON AVIS : Qu'y-a-t-il de plus effrayant que de voir des inconnus armés pénétrer dans votre maison ? Réponse : voir des inconnus armés pénétrer dans votre maison sans qu'ils soient le moins du monde inquiétés par la loi ! Car le postulat d'American Nightmare est celui-ci : pour éradiquer la violence et le chômage, les nouveaux pères fondateurs des Etats-Unis ont décidé qu'une fois par an, durant 12h la nuit, les habitants pourraient se livrer à une "purge", c'est à dire qu'ils pourront éradiquer de la surface de la Terre n'importe qui et sans être inquiétés par la police. Pouvoir libérer la violence contenue dans chaque individu lors d'une nuit de meurtre et de massacre, une sacrée bonne idée que le scénariste et metteur en scène James DeMonaco va mettre en image dans ce thriller horrifique qui a coûté 3 millions de dollars et qui en a rapporté plus de 60 millions rien que sur le territoire américain. Logique que ce sujet ait trouvé un écho chez les Américains puisque le droit de posséder une arme et de s'en servir pour défendre "son territoire", à savoir son chez soi et sa famille, font partie intégrante de leurs gènes. Un sujet puissant pour un film mais terriblement malsain et terrifiant s'il était réellement appliqué dans la vie réelle. On imagine sans soucis le carnage perpétré par les aficionados de la gâchette et de la violence gratuite. American Nightmare nous présente donc la famille Sandin, qui a fait fortune en vendant des dispositifs de sécurité, éléments obligatoires pour les habitants désireux de ne pas connaître une nuit de cauchemar. Portes et volets blindés, caméras de surveillance, tout est mis en oeuvre afin de sécuriser sa maison. Le côté glaçant de la purge étant que les principales victimes de ce déferlement de violence sont les miséreux, les clochards, les sans-abris, traqués sans répit par les "bobos" américains, par la jeunesse dorée habillée avec le dernier costard à la mode et qui pense que l'éradication de la pauvreté dans les rues est la solution à la baisse du taux de criminalité. Glauque. Malheureusement pour la famille Sandin, un fait inattendu va les confronter à une horde de jeunes bien propres sur eux et portant des masques façon Halloween, comme si la purge n'était qu'une sorte de fête, meurtrière certes, mais festive quand même ! A partir du moment où le fils des Sandin, innocent consterné par la violence des adultes, laisse entrer un SDF noir dans leur maison, American Nightmare devient un "Home Invasion" classique mais néanmoins efficace, avec un bon suspense et quelques scènes de tensions bien amenées. La maison des Sandin devient un personnage à part entière et les pièces, les couloirs, les cachettes deviennent autant de lieux dans lesquels la peur et la monstruosité peuvent surgir. Le gros dilemme de la famille est alors d'ordre moral : faut-il livrer le SDF à la bande de tueurs psychotiques qui attend devant leur maison afin de passer une nuit tranquille ou faut-il protéger cet étranger qui n'a aucune raison de mourir ce soir et donc se préparer à livrer un combat dont l'issue sera forcément fatale d'un côté comme d'un autre ? S'il se montre violent dans les thématiques abordées, American Nightmare l'est un peu moins au niveau visuel et le film joue plus sur l'angoisse, le suspense que sur l'horreur graphique. James DeMonaco nous réserve un petit twist vers la fin du film, assez prévisible tout de même, mais qui explicite bien la citation "l'homme est un loup pour l'homme". Bien réalisé, bourré de bonnes idées (le jouet équipé d'une caméra), possédant un casting solide (même si le fils est exaspérant et trop cliché) avec un couple qui fonctionne bien (Ethan Hawke et Lena Headey, la fameuse Cercei de Game of Thrones) et un rythme soutenu, American Nightmare est un thriller solide, pas dénué de quelques défauts, mais qui fait réfléchir sur la société et le monde ultra violent qui nous entoure. Très intéressant. Laissez-vous embarquer dans cette nuit des masques cruelle et violente...

NOTE : 4/6