Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !
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Avec : Neve Campbell, Emma Roberts, Courteney Cox, David Arquette, Hayden Panettiere...
L'HISTOIRE : Sidney Prescott tente toujours de refaire sa vie et d'oublier les affreux évènements de Woodsboro qui ont eu lieu dix ans auparavant. Elle vient de sortir un livre autobiographique et sa tournée de presse passe par Woodsboro justement. Elle retrouve le shériff Dewey et sa femme Gale Weathers et va habiter chez sa cousine Jill Kessler qu'elle ne connaît pas beaucoup. La tranquillité sera de courte durée puisqu'une nouvelle vague de meurtre survient : le Ghostface est de retour mais avec de nouvelles règles de jeu...
MON AVIS : Après s'en être pris aux suites avec Scream 2 et Scream 3 dans les années 2000, Wes Craven est de retour onze ans plus tard avec son célèbre Ghostface et s'attaque cette fois-ci à la vague de remakes qui inondent les écrans depuis dix ans. Scream 4 va donc jouer avec les codes et les règles des remakes et ce de manière plutôt réussie. Disons-le clair et net : Scream 4 est le meilleur opus après le premier épisode réalisé en 96, rien que ça ! Avec une réalisation dynamique et intelligente, le film ne propose aucun temps morts et c'est avec grand plaisir qu'on retrouve la joyeuse équipe de la trilogie originale, toujours en proie à la folie furieuse du Ghostface. L'introduction est vraiment bien trouvée et saura surprendre le fan le plus hardcore de la saga. Le tueur au masque est toujours aussi efficace et les meurtres sont assez brutaux et plus gore que dans les précédents chapitres. Le scénario se montre en définitive assez malin et tient plutôt bien la route jusqu'à la révélation finale. Le mobile du Ghostface est peut-être un peu tiré par les cheveux mais qu'importe, Scream 4 a réussi son pari haut la main et nous en a donné pour notre argent. Divertissant, fun, angoissant, bénéficiant d'un casting solide et d'une totale maîtrise de son sujet par Wes Craven, c'est un spectacle hautement recommandable. On sent vraiment que le réalisateur évolue dans son élément et il a réussi à nous offrir du neuf avec du vieux ! Chapeau !
(La Sorella di Satana / The She Beast / Revenge of the Blood Beast)
Réalisateur : Michael Reeves
Année : 1966
Scénariste : Michael Reeves, F. Amos Powell
Pays : Angleterre, Italie
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : Barbara Steele, John Karlsen, Ian Ogilvy, Mel Welles, Joe "Flash" Riley...
L'HISTOIRE : Un jeune couple de mariés se rend dans un petit village des Carpathes pour y passer la nuit. Le comportement du gardien de l'auberge pousse le couple à s'en aller mais ce dernier a trafiqué la voiture des malheureux qui ont un accident et tombent dans le lac dans lequel une sorcière a péri au 18ème siècle, maudissant les villageois et jurant de revenir se venger. Seul le mari réchappe de l'accident. Quand il va voir le corps de son épouse, il ne reconnaît pas le visage de sa femme qui ressemble à celui d'une vieille sorcière. Un aristocrate excentrique de la région, expert en exorcisme, vient à sa rencontre et essaye de lui faire comprendre que le corps de sa femme est possédé par l'esprit de la sorcière et que seul un exorcisme peut la libérer et lui rendre la vie...
MON AVIS : Voici le premier film de Michael Reeves, jeune réalisateur à qui l'ont doit le célèbre Le grand inquisiteur avec Vincent Price et La créature invisible avec Boris Karloff. Il trouva la mort à l'âge de 25 ans seulement. La soeur de Satan est un bien curieux long métrage qui ne sait pas trop sur quel pied danser. Alors qu'on s'attend à un pur film d'épouvante à base de sorcellerie et de méchante sorcière revenue d'entre les morts, on se retrouve avec une sorte de mélange hybride entre épouvante et comédie. C'est bien simple, le film m'a fait penser au Bal des Vampires de Roman Polanski certaines fois, et principalement à cause du Comte Von Helsing (vous voyez, ça commence déjà...), personnage haut en couleurs qui nous rappelle irrémédiablement le professeur Abronsius du film précité. S'ajoute à cela des répliques digne d'une parodie (Barbara Steele demandant au Comte s'il connaît les "Draculas" !!) et des séquences qui ne font aucun doute quand à l'aspect "pochade" du film : pour exemple, la faucille tenue par la sorcière qui tombe sur un marteau (hallucinant !) ou le final avec des gendarmes plus nuls que ceux de St-Tropez (!) et la course-poursuite qui m'a fait penser à ce film avec Louis de Funès ! Et puis, noyé dans ce délire parodique, on a des scènes bien plus sérieuses mettant en vedette la sorcière diabolique, comme l'introduction fort réussie se déroulant au 18ème siècle et qui ne laissait guère penser que la suite dévirait vers le comique de situation. Barbara Steele nous honore de sa présence durant vingt bonnes minutes puis disparaît pour tout le reste du temps, réapparaissant uniquement à la toute fin du métrage pour nous gratifier d'une dernière réplique fort judicieuse amenant le doute sur les spectateurs mais aussi sur les héros du film. Le maquillage de la sorcière risque fort de vous faire sourire tellement il est grossier mais je me demande si ce n'est pas volontaire de la part de Michael Reeves. Je reste donc sur un avis mitigé au final car je ne m'attendais pas vraiment à ça. Un bien étrange film...
Scénariste : David Lindsay-Abaire, Lowell Ganz, Babaloo Mandel
Pays : Etats-Unis
Genre : Dessin-animé / Robots et cyborgs
Interdiction : /
Avec : /
L'HISTOIRE : Le jeune robot Rodney Copperbottom rêve de devenir inventeur et de rencontrer son idole, le génial Bigweld qui a, grâce à ses inventions, amélioré la vie quotidienne des robots. Rodney décide de quitter père et mère pour aller s’installer à Robot Ville pour réaliser ses rêves. Mais il va s’apercevoir que Bigweld a disparu et que c’est le terrible Ratchet qui domine la ville, envoyant à la casse les robots obsolètes qui ne peuvent s’offrir des pièces de rechanges de haute qualité conçues par Ratchet mais vendues à un prix prohibitif. Rodney rencontre alors Fender et sa bande de vieux robots. Ensemble, ils décident de retrouver Bigweld et de combattre Ratchet…
MON AVIS : Que voilà un film d’animation très amusant et très bien réalisé, qui plaira aux petits mais aussi aux grands. Robots et son héros rêveur et idéaliste qui va vivre de folles aventures est techniquement irréprochable. Animation fluide, précise, design savoureux, couleurs flamboyantes, tout est fait pour émerveiller les yeux des spectateurs de tout âge. Ce que le film parvient à faire régulièrement. Point d’orgue des trouvailles visuelles, le fameux trajet des deux héros dans une boule qui fait fonction de transport en commun. Une séquence virtuose dans laquelle la dite boule virevolte à n’en plus finir dans une sorte de grand huit pharaonique qui vous donnera le tournis à coup sur et qui illuminera les pupilles de vos bambins mais aussi les vôtres à n’en point douter. Derrière toutes ces belles images se cache également un message, voir plusieurs. Le point de départ de l’aventure de Rodney tient aux slogans bien connus de « bats-toi pour faire de tes rêves une réalité » et « quand on veut, on peut ! ». Le film nous parle aussi de façon imagée de la vieillesse, des conditions de travail des séniors, de la lutte des classes et de la société de consommation, s’inspirant des Temps Modernes de Chaplin ou de Metropolis de Fritz Lang. L’humour tient aussi une place prépondérante et certaines situations ou répliques donneront le sourire à toute la famille, avec quelques clins d’œil à Britney Spears ou à la comédie musicale Chantons sous la pluie par exemple. N’oublions pas de mentionner l’extraordinaire séquence des dominos, plus vraie que nature ! Malgré un petit passage à vide vers le milieu, Robots étonne réellement par le peaufinage apporté aux moindres détails. Je le reverrai avec plaisir !
(Shivers / Parasite Murders / They came from within)
Réalisateur : David Cronenberg
Année : 1975
Scénariste : David Cronenberg
Pays : Canada
Genre : Horreur / Savants fous / Infection
Interdiction : -16 ans
Avec : Paul Hampton, Joe Silver, Lynn Lowry, Barbara Steele...
L'HISTOIRE : Dans un important complexe immobilier, un savant effectue des recherches sur une nouvelle forme de parasites qui pourrait être bénéfique à l’homme. Malheureusement, ses expériences ne donnent pas le résultat escompté et les parasites provoquent une frénésie sexuelle suivie d’une forte propension à la violence chez les personnes les ayant contractées. Le médecin du complexe se retrouve rapidement démuni face à l’épidémie d’agressivité sexuelle qui se propage chez les habitants, les parasites contaminants de plus en plus de personnes…
MON AVIS : Après deux moyens-métrages et quelques réalisations pour la télévision, le canadien David Cronenberg signe avec Frissons son premier long métrage en 1975. Une première œuvre qui contient déjà les bases et les éléments que le réalisateur aura loisir de peaufiner et de traiter dans sa future filmographie, à savoir le sexe, l’altération et la dégénérescence du corps humain, l’horreur viscérale et réaliste. Avec Frissons, David Cronenberg rejoint en effet la liste des auteurs 70’s (Wes Craven, Tobe Hooper, George Romero…) qui incorporent les éléments fantastiques ou horrifiques dans un cadre réaliste, quotidien ; pas de vampires dans un lugubre manoir ou de loups-garous dans une brumeuse forêt. Non, ici, le décor est un immense complexe immobilier regroupant des centaines d’appartements, une superette ou bien encore un cabinet médical. Pas de fantômes en ces lieux mais juste un savant qui perd le contrôle sur ses recherches et ne parvient pas à enrayer la prolifération des parasites qu’il a conçu. On se retrouve donc avec des espèces de limaces de taille moyenne qui agressent toutes personnes rencontrées, provoquant de graves brûlures et pire encore quand elles parviennent à pénétrer dans le corps des victimes. Ces dernières sont prises d’une irrésistible envie de sexe associée à des accès de violence. Comme le Sida, la contamination se fait principalement par rapport sexuel. Si le film parle plus de frénésie sexuelle qu’il ne le montre à l’écran, la violence et l’horreur sont par contre bien présentes avec quelques séquences gores assez répulsives. Voir les parasites bouger sous la peau ou sortir de la bouche des victimes est assez répugnant et l’effet choc escompté par le réalisateur fonctionne plutôt bien. Les acteurs sont bons malgré le manque de charisme du médecin, héros du film. On aura plaisir à revoir Barbara Steele toujours aussi séduisante même avec quelques années en plus au compteur. La réalisation est quant à elle solide, maîtrisée. Si Frissons à un peu vieilli, il reste néanmoins relativement efficace, intelligent et a conservé son potentiel malsain. Une réussite certaine pour un premier film.
Avec : Rob Freeman, David Dontoh, Prince David Oseia, Dan Morgan...
L'HISTOIRE : Alors que les morts se remettent à marcher et que l’Humanité court à sa perte, le lieutenant Brian Murphy, seul rescapé d’un crash d’avion sur le territoire africain, tente de survivre seul, perdu au milieu de ce paysage hostile, et de rejoindre une base militaire. En cours de route, il rencontre un soldat du coin qui recherche son fils. Tous deux vont s’entraider et affronter les morts-vivants dont le nombre ne cesse de s’accroître…
MON AVIS : The Dead est le premier long-métrage des frères Ford, bien plus spécialisés dans le tournage de publicités que celui d’un film d’horreur. Ambitieux, ils décident de réaliser le premier film d’horreur entièrement tourné en Afrique (Ghana, Burkina Faso) et de rendre hommage aux films de Romero, de Fulci ou de Bruno Mattei qu’ils adorent. Un pari difficile pour un premier film, les conditions climatiques (chaleur extrême, sécheresse, eau en faible quantité) et les imprévus (maladie, infection) venant perturber leur projet, qu’ils arrivent néanmoins à mener à terme malgré de grosses frayeurs. Ce qui frappe immédiatement à la vision de The dead, ce sont les paysages africains, absolument magnifiques mais qui nous font vite comprendre que le parcours du héros principal ne sera pas de tout repos. Aridité, chaleur accablante, les immensités désertiques prennent ici toute leur ampleur et leur beauté ne fait que cacher l’hostilité des lieux pour quelqu’un qui n’a qu’une gourde d’eau et un pistolet pour survivre. La nature ne fait pas de cadeau et cerise sur le gâteau, la menace "zombies" est partout présente. Ces cabanes semblant inhabitées ne cachent-elles pas quelques morts-vivants affamés ? La végétation protégeant du soleil ne dissimule-t-elle pas des cadavres réanimés en son sein ? Les réalisateurs tirent profit des nombreux décors naturels qui s’offrent à eux et parviennent à créer une tension palpable. La mort peut surgir n’importe où, n’importe quand. Il suffit d’une minute d’inattention pour se retrouver avec une belle morsure et rejoindre la horde de zombies déjà bien nombreux. Parmi les autres points forts du film se trouvent les effets de maquillages et les effets spéciaux. L’amateur de barbaque trouvera son bonheur dans The dead qui multiplie les morsures sanglantes, les arrachages de chair humaine, les impacts de balles faisant éclater les têtes, les décapitations à la machette, voire même des roues de voiture réduisant un crâne en bouillie et j’en passe. Le gore est présent en bonne quantité et se révèle, de plus, de qualité pour un film au budget limité. Quand aux quelques mannequins qui se font écraser par le véhicule du lieutenant Murphy, on ne peut s’empêcher de penser que c’est un hommage au cinéma de Bruno Mattei. Bref, de nombreuses qualités émergent à la vision de The dead. Pourtant, le film ne parvient pas à convaincre totalement. La faute à des enjeux scénaristiques qui peinent à maintenir un rythme de croisière. Lorsque le héros rencontre Daniel, militaire africain, le film devient une sorte de road movie assez répétitif. Les nouveaux amis vont d’un point A à un point B, ont un ennui technique, se retrouvent dans une situation dangereuse, doivent abattre des zombies puis repartent et ainsi de suite. Une petite lassitude s’installe, venant affaiblir notre intérêt qui avait pourtant été aiguisé durant la première demi-heure. En dépit de cette répétition des événements, The dead mérite d’être visionné. La réalisation est solide, les décors bien mis en avant et les scènes gore sont brutales et sans concession. Pour un premier long-métrage, qui plus est réalisé dans des conditions plutôt rudes, les frères Ford peuvent être fiers de leur bébé. Le film devrait trouver son public et s’avère une option originale dans l’univers tant formaté des "zombie movies"…
Avec : Marcel Herrand, Simone Signoret, Alexandre Rignault, André Le Gall, Lucienne Le Marchand, Renaud Mary...
L'HISTOIRE : Le journaliste Fandor va se marier avec Hélène, qui n’est autre que la fille du prince de l’épouvante, le diabolique Fantômas. Ce dernier est contre ce mariage. Il prend l’identité du maire pour que l’union ne soit pas valable et tente de kidnapper les deux amoureux sans y parvenir. Le commissaire Juve met Fandor et Hélène à l’abri. Dans le même temps, Fantômas pose un ultimatum au Ministre de l’intérieur : si on ne lui procure pas un milliard, il exécutera un million de parisiens. Juve et Fandor mène l’enquête mais Fantômas a plus d’un tour dans son sac et on dénombre chaque jour de nouvelles victimes…
MON AVIS : Un film méconnu et assez rare que René Château a exhumé de l’oubli en l’éditant en Dvd. Inspirée des célèbres romans de Marcel Allain, cette version des aventures criminelles de Fantômas est hautement sympathique tout en s’avérant très différente de la trilogie ultra célèbre avec Louis de Funès et Jean Marais. Nous sommes en présence d’un film policier français typique des années 40 avec une toute jeune Simone Signoret au casting qui interprète la fille de Fantômas. Ce dernier tient le film sur ses épaules et apparaît comme un véritable tyran, se faisant appeler « maître » par ses subalternes, n’hésitant pas à tuer par plaisir et ne montrant quasi aucune émotion, que ce soit envers sa fille qu’il n’hésite pas à gifler ou face à Lady Beltham qui lui est entièrement dévouée. Œuvrant à visage découvert dans sa base secrète, il s’habille tout de noir et porte un masque et une cape quand il doit commettre ses méfaits en société. Une véritable représentation du mal personnifié, qui se rapproche par de nombreux aspects du tout aussi diabolique docteur Fu Manchu, autre « héros » de roman qui s’est vu maintes fois adapté à l’écran. On note par exemple une certaine propension au sadisme chez les deux personnages, tout comme l’obstination à créer des armes révolutionnaires, voir futuristes, pour accomplir leurs exactions. Dans le film de Jean Sacha, Fantômas conçoit par exemple dans une pièce un plafond qui peut monter ou descendre, très pratique pour retenir ou carrément écraser ses ennemis. Pour anéantir la population parisienne, il utilise une sorte de gros canon à rayons que son équipe de savants a construit pour lui. On est donc en présence d’un film assez dynamique, qui mêle aventure, action, enquête policière, rebondissements à gogo, jeu du chat et de la souris. Le film possède également un ton humoristique apporté par l’inspecteur Juve, qui est très lié avec le journaliste Fandor. Les amateurs de Fantômas auront donc tôt fait de se procurer ce film divertissant, bien réalisé, possédant un casting de bonne tenue et évoquant irrésistiblement la grande époque du sérial.
Avec : Lionel Atwill, Fay Wray, Lee Tracy, Preston Foster, John Wray, Harry Beresford...
L'HISTOIRE : La police traque un mystérieux assassin, surnommé "Le tueur de la pleine lune", qui a déjà fait 6 victimes. Le maniaque utilisant un scalpel bien spécifique pour commettre ses crimes, les inspecteurs chargés de l’enquête se rendent à l’Académie de Médecine du docteur Xavier, où quatre scientifiques se livrent à de curieuses expériences dans leur laboratoire. Persuadée que le meurtrier se cache parmi les scientifiques, la police désire arrêter tout le monde afin de procéder aux interrogatoires. Désirant ne pas créer un scandale pour son établissement, le docteur Xavier leur propose de mener sa propre enquête sous 48h et de démasquer le coupable parmi ses hôtes, à l’aide d’une machine de son invention. Dans le même temps, un journaliste, Lee Taylor, ayant eu vent des soupçons de la police, parvient à pénétrer dans l’Académie afin de suivre l’enquête et d’avoir un scoop…
MON AVIS : En 1931 sortent sur les écrans le Dracula de Tod Browning et le Frankenstein de James Whale, qui apportent le succès à la firme Universal et popularisent le cinéma d’épouvante, qui va inonder les écrans durant les années 30. Sentant la rentabilité de ce filon, la Warner décide de se lancer elle aussi dans la production de films d’épouvante, pour rivaliser avec la Universal. Elle confie alors à Michael Curtiz (futur réalisateur de chef d’œuvres tels Casablanca, Captain Blood, Les aventures de Robin des Bois…) le soin de réaliser un film terrifiant pour les spectateurs et lui propose d’adapter pour le cinéma une pièce de théâtre. Pour prendre un peu d’avance sur la Universal, la Warner met à la disposition de Michael Curtiz le Technicolor bichrome. Doctor X se verra donc filmé une fois en noir et blanc, avec pour directeur photo Richard Towers, et une fois en Technicolor bichrome, avec pour directeur photo Ray Rennahan. La version Technicolor fait de Doctor X le premier film d’épouvante entièrement tourné en couleur. Si l’utilisation de la bichromie peut faire penser à un simple gadget censé attirer les foules dans les salles, il n’en demeure pas moins que ce procédé apporte une certaine patine à l’œuvre, même si un simple noir et blanc aurait suffit. Michael Curtiz renouvèlera par ailleurs cette expérience l’année suivante avec son très bon Mystery on the Wax Museum, rebaptisé Masques de cire en France et en Belgique. A la lecture du scénario, on se rend compte que Doctor X joue dans la même catégorie que Frankenstein, à savoir un film mettant en scène un monstre et un savant fou. Du moins devrais-je dire "des" savants fous, puisque Michael Curtiz nous en présente quatre beaux spécimens, vivants cloîtrés dans leur laboratoire, et menant des recherches sur des thèmes aussi macabres que le cannibalisme, la greffe de cerveau ou l’effet de la lune sur les humains par exemple. Pour renforcer leur côté spécial, le réalisateur en a affublé certains de caractéristiques physiques ou d’un événement ayant eu lieu dans leur passé qui en font évidemment des suspects potentiels et des coupables tout désignés. On a le professeur Welles qui a une main en moins, qu’il remplace par une simple prothèse afin de ne pas faire peur à ses visiteurs ; le professeur Duke, qui est paraplégique et ne se déplace qu’en fauteuil roulant ; le professeur Haines, qui a survécu à un naufrage et qui a peut-être été obligé de manger un de ses camarades morts pour rester en vie (ce n’est pas clairement dit dans le film mais l’évocation de cette histoire ne peut que nous le faire penser); le docteur Rowitz, qui est borgne. A cette joyeuse galerie de personnages haut en couleurs s’ajoute l’inquiétant majordome du Docteur Xavier, qui possède bien la tête de l’emploi et qui ferait également un coupable tout désigné. Mais au fait, et si le meurtrier n’était autre que le docteur Xavier lui-même ? Doctor X met donc en place un Whodunit permettant au spectateur de mener lui aussi son enquête pour essayer de trouver sous quelle apparence se cache le Tueur de la pleine lune. Le côté policier du film est nettement mis en avant et prédomine même sur l’aspect épouvante. Policiers, enquête, meurtres, reconstitution de crime, différents tueurs possibles, suspense, autant d’éléments qui participent à la trame principale de l’histoire. En parallèle de cette intrigue policière, Michael Curtiz nous gratifie de séquences humoristiques avec le personnage du journaliste Lee Taylor, interprété par Lee Tracy. Ce personnage est un joyeux fanfaron, toujours prêt à faire des blagues et qui se met dans des situations incongrues, d’où nait le comique de situation. Malheureusement, ces séquences viennent ralentir le rythme et ne servent pas à grand chose pour ma part, si ce n’est à amener le film à la durée souhaitée, soit 76 minutes environ. Ce personnage pittoresque (mais qui devient vite énervant et épuisant à la longue) permet néanmoins de mettre en vedette la ravissante Fay Wray, fille du Docteur Xavier, qui se verra courtiser par notre Don Juan de journaliste. Rappelons pour les inattentifs que Fay Wray sera en 1933 la compagne du plus grand acteur du cinéma, le bien nommé King Kong et donnera ses lettres de noblesse aux cris féminins, inventant du même coup la Scream Queen ! Doctor X mêle donc film policier et comédie dans un ensemble qui fonctionne la plupart du temps, même si les scènes humoristiques ont tendance à desservir le film. A ces deux genres, Michael Curtiz ajoute donc l’épouvante. Et il s’en sort plutôt bien dans ce domaine, le film nous resservant quelques bonnes séquences horrifiques, comme lorsque le meurtrier se "transforme" en monstre abominable grâce à un procédé original, dont je ne vous dévoilerai pas les spécificités, pour ne pas vous gâcher la surprise. Curtiz maîtrise également très bien le suspense et sait faire naître une vraie tension, comme lors de cette excellente séquence où les docteurs sont menottés à des chaises afin de se soumettre à l’expérience du docteur Xavier destinée à prouver leur innocence et qu’impuissants, ils assistent à l’apparition du tueur, qui va s’en prendre à la belle Fay Wray, sans qu’ils aient la possibilité de l’en empêcher. Bref, de nombreux rebondissements vous attendent. On appréciera également la beauté des décors, notamment au niveau des laboratoires, qui sont criant de réalisme. Le film fait pourtant de nombreux clins d’œil au cinéma expressionniste allemand puisque jouant à plusieurs reprises sur des effets d’ombre menaçante ou censée nous faire croire qu’un danger est proche ou qu’un personnage s’avère plus machiavélique qu’il n’y paraît. Le casting est également un point fort du film, avec en tête d’affiche, Lionel Atwill dans le rôle du docteur Xavier, qui est excellent comme à son habitude. Au final, Doctor X, sans atteindre le niveau des films de la Universal, est un bon fleuron du cinéma d’épouvante des années 30, servi par une solide réalisation, un jeu d’acteurs impeccable, des situations et des rebondissements intelligents, des effets spéciaux inventifs, et un tournage en Technicolor bichrome qui apporte un certain charme à l’œuvre. On regrettera un peu les égarements humoristiques qui plombent le rythme du film mais ceux-ci sont vite rattrapés par les séquences de suspense qui fonctionnent parfaitement bien.