Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




WHIPLASH

WHIPLASH
(Whiplash)

Réalisateur : Damien Chazelle
Année : 2014
Scénariste : Damien Chazelle 
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, film musical
Interdiction : /
Avec : Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser, Austin Stowell...



L'HISTOIRE : Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence...

MON AVIS : On a comparé ce film au Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. Pourtant, point de guerre du Vietnam dans Whiplash puisqu'on y parle d'un élève batteur de jazz et de son professeur, le titre du film étant une référence à un morceau de jazz particulièrement complexe à la batterie de par sa rapidité et sa technicité. Où est donc le rapport avec le film de guerre culte de Kubrick ? Il réside tout simplement dans l'attitude du professeur envers ses élèves : colérique, violent, usant de brimades et d'humiliations, ne ménageant pas leur sensibilité, les poussant au bout de leur limite, quitte à les faire craquer et abandonner. Tout le portrait du célèbre sergent instructeur Hartman, qui utilisait la même attitude envers ses nouvelles recrues. Le look même des deux acteurs, R. Lee Ermey chez Kubrick et J.K. Simmons chez Damien Chazelle, pousse à la comparaison. Et c'est bel et bien à une véritable guerre que vont se livrer le jeune batteur Andrew et l'ignoble professeur Fletcher. Si la méthode de travail de ce véritable bourreau des temps modernes peut prêter à débat, le réalisateur la justifie vers la fin du film lors d'un dialogue entre les deux protagonistes autour d'un verre : pour dépasser ses limites, pour devenir "LE" meilleur, il faut aller au bout de ses forces et être motivé comme nul autre pour trouver l'énergie et l'abnégation qui poussera jusqu'à la perfection. Faire atteindre à un de ses élèves la perfection, tel est en effet le but ultime du professeur Fletcher. Bien sûr, ce personnage nous apparaît comme hautement antipathique : il n'a aucune compassion, son cœur est froid et dur comme la pierre, seule la performance exemplaire compte à ses yeux, tout échec ou faute est exclu de sa pensée ou de son vocabulaire. Ses cours deviennent un véritable enfer pour les élèves qui n'ont pas le niveau. La performance de J.K. Simmons est assez bluffante, tout comme celle de Miles Teller d'ailleurs, qui a accompli plus de 70%  des prestations à la batterie. Chapeau bas. Dirigée à la baguette de la main experte du réalisateur, l'histoire de Whiplash nous émeut, nous fascine, jusqu'au final, forcément grandiose. On en sort épuisé, presque autant que Miles Teller. Un beau film au final, qui a failli ne jamais voir le jour, Damien Chazelle ayant lutté pour obtenir la somme nécessaire à sa réalisation. Sa persévérance, comme celle de son héros, a été récompensée puisque Whiplash a récolté de tas d'éloges et de prix à travers le monde, dont le Prix du Jury et le Prix du Public à Sundance, ainsi que le Grand Prix et le Prix du Public au festival de Deauville ! Le final du film pose tout de même un sérieux problème d'éthique : la méthode violente de Fletcher semble en effet avoir porté ses fruits et le "méchant" du film sort donc en héros et avec les honneurs. Le harcèlement psychologique et moral serait donc une forme d'épanouissement total si on parvient à le combattre ? C'est un peu limite quand même...

NOTE : 4/6


NERVE

NERVE
(Nerve)

Réalisateur : Henry Joost, Ariel Schulman
Année : 2016
Scénariste : Jessica Sharzer 
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Emma Roberts, Dave Franco, Emily Meade, Miles Heizer...



L'HISTOIRE : En participant à Nerve, un jeu qui diffuse en direct sur Internet des défis filmés, Vee et Ian décident de s’associer pour relever des challenges de plus en plus risqués et gagner toujours plus d’argent. Mais bientôt les deux « Joueurs » s’aperçoivent que leurs moindres mouvements sont manipulés par une communauté anonyme de « Voyeurs ». Le jeu vire au cauchemar. Impossible d’arrêter…

MON AVIS : On le sait, les réseaux sociaux font partie intégrante de notre vie et sont la nouvelle manière de discuter, d'échanger, de partager passion, information ou désinformation. Un univers social ou antisocial, pouvant s'avérer bénéfique (chaîne humaine pour retrouver une personne ou un animal disparu par exemple) tout comme il peut devenir un véritable Enfer (présence de prédateur sexuel, suicide de personne suite a du harcèlement, mort accidentel suite à des jeux idiots...). Le principal problème, c'est qu'il n'y a quasiment aucune limite à ce qui peut être dit ou fait, aucune loi véritable pour se protéger si ce n'est une attention de tous les instants. Adaptation d'un roman de Jeanne Ryan, Nerve, sous son apparence de teen movie high-tech, nous montre une des dérives des nouvelles technologies et du "tout connecté" à travers un "simple jeu" qui peut être suivi par les spectateurs du monde entier via une application téléphonique. Le principe est simple : soit vous êtes "Voyeur" et vous vous contentez de regarder et de proposer des épreuves, soit vous êtes "Joueur" et là, c'est vous qui devenez la coqueluche du monde entier en fonction de vos résultats. Embrasser un inconnu dans un bar, montrer ses fesses dans la rue, des épreuves rigolotes qui vous font en plus gagner de l'argent si vous les réussissez. Rien de bien méchant, à l'image du fameux "Ice Bucket Challenge" qui a fait fureur durant une certaine période me direz-vous, le but étant simplement de s'éclater tout en étant filmé. C'est exactement ce que ce dit la blonde héroïne du film, interprétée par Emma Roberts, nièce de Julia Roberts. Considérée comme une sainte-nitouche par ses amis, comme une personne timide et réservée, devenir joueuse à Nerve est une façon de s'émanciper, de voler de ses propres ailes et de montrer aux autres qu'on n'a pas forcément l'image qui nous représente vraiment. Avec un casting de "d'jeuns", Nerve atteint sans problème sa cible principale : les adolescents. Evidemment, l'inconnu que Vee doit embrasser se révèle être un beau gosse (Dave Franco, frère de James Franco) et un Joueur déjà promu star de Nerve. Le public en redemande et s'amuse à leur concocter des épreuves communes parce qu'il verrait bien un couple se former ! Petit à petit, les épreuves, amusantes au départ, prennent une tournure beaucoup moins drôle par la suite, comme lorsque Vee doit diriger Ian conduisant une moto les yeux bandés, ce dernier devant atteindre une vitesse assez élevée. L'adrénaline, le fun, et surtout les "vues" du public font oublier toute raison à Vee qui se laisse aller à des actions dangereuses pour elle et pour autrui. Malgré la stupidité de certaines épreuves (traverser deux immeubles en marchant sur une échelle suspendue entre deux fenêtres à plusieurs mètres du sol !), les Joueurs cèdent sous les acclamations du public qui ne voit pas le danger de la situation. L'effet de groupe annihile toute réflexion censée et c'est bien là le danger dont nous parle Nerve. Jusqu’où la stupidité de cet effet de masse va-t-il emmener les protagonistes, qui pourraient très bien être nos enfants, nos grands ados connectés perpétuellement à leur téléphone portable ou leur ordinateur ? De simple teen movie sympa, Nerve devient un film réflexif sur la dangerosité d'internet et son pouvoir sur les esprits. Bien rythmé, débordant d'énergie, Nerve est un thriller plus malin que ce qu'il laissait présager et malgré quelques maladresses ou facilités scénaristiques, on se laisse prendre par la main et on suit avec humour et angoisse les deux héros dans leur virée infernale. Une sorte de jeu de gladiateurs dans un monde virtuel en somme. Parents, surveillez vos ados ! 

* Disponible en BR et DVD chez METROPOLITAN

NOTE : 4/6


31

31
(31)

Réalisateur : Rob Zombie
Année : 2016
Scénariste : Rob Zombie
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Sheri Moon Zombie, Malcolm McDowell, Richard Brake, Jeff Daniel Phillips ...



L'HISTOIRE : Une bande d'amis, travaillant dans l'univers du cirque, est kidnappée le 31 octobre et emmenée dans un vaste réseau souterrain transformé en terrain de jeu. Un jeu mortel puisque les cinq prisonniers vont devoir se battre contre des psychopathes assoiffés de sang afin de survivre à cette nuit d'Halloween cauchemardesque...

MON AVIS : Après avoir vaillamment résisté à la tentation de télécharger le nouveau film de Rob Zombie, histoire de pouvoir le voir dans de bonnes conditions, la sortie de 31 en DVD et BR dans nos contrées vient enfin de mettre un terme à ma torture mentale. Etant fan de l'univers du réalisateur et ayant apprécié sa vision du cinéma horrifique, notamment avec The Devil's Rejects et The Lords of Salem, j'attendais presque comme le Messie ce 31, qui, d'après les propos même de Rob Zombie, serait son film le plus barré et le plus gore. Au final, petite déception pour ma part, même si le film est de bonne facture. Passé une introduction en noir et blanc nous présentant un certain "Doom-Head" et son sourire "jokerien", on bifurque dans une ambiance nous rappelant Massacre à la Tronçonneuse : une bande de potes un brin hippie sur les bords, entassée dans un petit fourgon et devant s'arrêter dans une station-service tenu par un bon redneck des familles, ça ne vous rappelle pas le chef-d'oeuvre de Tobe Hooper ? Une entrée en matière assez classique, ponctuée de dialogues trash et grossiers, qui ne tire pas vraiment son épingle du jeu. Une fois le kidnapping effectué, on se retrouve cette fois à penser à Hostel, avec trois curieux personnages (dont Malcolm McDowell) tirant les ficelles de ce jeu sanglant et misant des sommes d'argent sur la potentielle survie des protagonistes, puis à Running Man et Slasher$, pour toute la partie chasse à l'homme et le look délirant des assaillants. Les cinq compagnons vont en effet être pris à partie par des tueurs psychopathes extravagants, dont un nain fan d'Hitler, deux frères adeptes des clowns et de la tronçonneuse et un couple "Death / Sex" nous évoquant le Joker et Harley Quinn. Une fois l'un des tueurs éliminés, on passe à un autre. S'ensuit alors un jeu du chat et de la souris dans lequel la violence visuelle est bien présente, l'humour noir et irrévérencieux également. Mais il manque un petit quelque chose pour qu'on ressente une quelconque empathie pour les héros ou pour les psychopathes. 31 se contente d'enchaîner les courses-poursuites comme on enfile des perles et on a connu Rob Zombie plus inspiré, même si ce jeu de massacre se révèle assez jouissif la plupart du temps. Certaines séquences sont effectivement bien gores, surtout quand les armes choisies sont des tronçonneuses qu'on n'hésite pas à plonger dans les ventres pour un effet dévastateur et sanguinolent. Sheri Moon Zombie campe une survivante avec efficacité et donne de sa personne, assurant correctement son statut de Scream Queen attitrée de Rob Zombie. Si ce dernier semble moins inspiré que pour ses œuvres précédentes, on ne peut lui retirer son habileté à jouer avec les codes du cinéma horrifique. Les décors glauques et malsains, les couleurs flashy et le look improbable de son équipe de tueurs sont les gros points positifs du film, auxquels on ajoutera la bande sonore et les chansons choisies pour égayer l'atmosphère. 31, s'il s'avère le plus faible long métrage de son auteur, et peut-être son plus impersonnel, reste avant tout une oeuvre décadente, un spectacle de cirque horrifique qui devrait contenter les fans d'émotions fortes. Rien d'exceptionnel cette fois, mais un travail correctement réalisé et une passion du genre qui transpire toujours dans les images proposées.

* Disponible en DVD et BR chez Seven Sept

NOTE : 3/6


RÉGRESSION

RÉGRESSION
(Regression)

Réalisateur : Alejandro Amenábar
Année : 2015
Scénariste : Alejandro Amenábar
Pays : Espagne, Canada
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Ethan Hawke, David Thewlis, Emma Watson, Aaron Ashmore, Dale Dickey...



L'HISTOIRE : Minnesota, 1990. L'inspecteur Bruce Kenner enquête sur un crime révoltant dont la jeune Angela accuse son père, John Gray. Lorsque John avoue sa culpabilité de façon tout à fait inattendue et sans garder le moindre souvenir des faits, le docteur Raines, un célèbre psychologue, est appelé à la rescousse. Il va devoir aider John à retrouver la mémoire, mais ce qu'ils vont découvrir cache un terrifiant mystère qui concerne le pays tout entier...

MON AVIS : En 1996, le réalisateur ibérique Alejandro Amenábar frappe un grand coup avec son premier long métrage, Tésis, un thriller choc sur les snuff movies. Un an après, en 1997, il enchaîne avec l'étrange Ouvre les Yeux puis signe un chef-d'oeuvre d'angoisse en 2001, Les Autres avec Nicole Kidman. Il change ensuite de registre avec The Sea Inside en 2004 et Agora en 2009. Depuis, plus rien à se mettre sous la dent. Jusqu'en 2015, année à laquelle il redonne signe de vie avec ce Régression, un nouveau thriller prenant pour point de départ la vague d'incidents survenus aux Etats-Unis dans les années 90, mettant sur le devant de la scène les cultes satanistes qui pratiquaient des rituels et des sacrifices humains. Aucune preuve n'a jamais pu être trouvé mais la police et de nombreux psychologues furent mis à contribution pour démêler le vrai du faux dans cette vague d'hystérie collective. A partir de ce postulat, Alejandro Amenábar va nous présenter le cas d'Angela Gray, une jeune fille qui s'est réfugiée dans l'Eglise local, accusant son père de l'avoir violé. L'inspecteur en charge de l'enquête, Bruce Kenner, va solliciter l'aide du psychologue Kenneth Raines pour démêler les rouages de cette sombre histoire, le père d'Angela souffrant d'une perte de mémoire. Le psychologue va alors recourir à la régression, un procédé hypnotique devant amener le sujet à retrouver ses souvenirs. Plus l'enquête avance et plus les souvenirs du père dirigent l'inspecteur vers l'existence de pratiques liées au satanisme et dont ferait partie plusieurs personnes de la ville. Des propos que la pauvre Angela va elle aussi corroborer, expliquant les sévices que le culte satanique lui a fait subir, dont de nombreux viols, allant même jusqu'à raconter qu'elle a été témoin du sacrifice d'un bébé. Si Régression possède quelques séquences efficaces (les cauchemars de l'inspecteur, la scène dans laquelle il se rend dans la grange du père d'Angela, visualisant alors les propos de la jeune femme), le film mise avant tout sur l'ambiance, le questionnement, la suggestion, à la manière du grand classique du film satanique Rosemary's Baby. Le spectateur est ballotté continuellement par le scénario et le développement de l'histoire, l'amenant sans cesse à se remettre en question sur ce qu'il voit et sur qu'il entend. Il devient  lui-même enquêteur, et tout comme Ethan Hawke, il doit faire la part entre des choses. Le film est assez habile dans ce domaine d'ailleurs, joue sur la notion de Foi, mais aussi sur la puissance des médias et sur le pouvoir de suggestion et c'est ce qui fait qu'on ne décroche pas et qu'on veut connaître la finalité de l'histoire. Pourtant, Régression ne fonctionne pas à 100%. Malgré son climat malsain, angoissant, malgré son casting plutôt bon sans être exceptionnel (Ethan Hawke est solide en flic qui sombre petit à petit dans les profondeurs des ténèbres suite à son enquête ; Emma Watson a un rôle difficile mais je l'ai trouvé un peu en retrait, j'en attendais plus) et malgré son sujet passionnant et inspiré de faits divers réels, il manque un petit quelque chose pour qu'on en sorte vraiment subjugué ou retourné. Plus d'émotions, plus d'inventivité peut-être, je ne sais pas l'expliquer. Reste un thriller vénéneux plaisant, visuellement réussi, servi par une mise en scène efficace pour un résultat trop classique. On a connu Alejandro Amenábar plus inspiré.

* Disponible chez Metropolitan Filmexport

NOTE : 4/6



LE TRIANGLE DU DIABLE

LE TRIANGLE DU DIABLE
(Satan's Triangle)

Réalisateur : Sutton Roley
Année : 1975
Scénariste : William Read Woodfield
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Kim Novak, Doug McClure, Alejandro Rey, Ed Lauter, Jim Davis...



L'HISTOIRE : Un hélicoptère et ses deux sauveteurs partent secourir un bateau en perdition dont les coordonnées semblent indiquer qu’il se trouve au centre d’un endroit mystérieux surnommé le Triangle du Diable. À son bord, des cadavres et une seule survivante. Au beau milieu de l’océan, la tempête se lève. Obligé de rentrer à sa base, le pilote de l'hélicoptère laisse son co-équipier à bord du bateau pour assurer la sécurité de la survivante. Celle-ci va raconter les tragiques événements qui se sont déroulés à l'intérieur du navire. Tout débuta quand l'équipage remonta à bord un prêtre naufragé d'un accident d'avion...

MON AVIS : Réalisé en 1975, et diffusé en le 11 novembre 1975 sur TF1 à 20h30, Le Triangle du Diable ne fit pas grande sensation et tomba dans les oubliettes. Ce téléfilm américain, jouant avec le mystère du fameux triangle des Bermudes, fut rediffusé une seconde fois sur cette même chaîne, un dimanche de février 1979, mais à 18h30 cette fois. Un horaire particulièrement curieux pour cette diffusion, coincée entre un programme sportif et une émission sur les animaux. Toute la famille était réunie devant son écran à 18h30, petits et grands allaient donc assister aux événements effroyables qui allaient décimer tout l'équipage d'un navire en perdition dans le triangle du Diable, et provoquaient par la même occasion un raz de marée de terreur parmi les spectateurs de l'époque. Depuis, plus aucune diffusion de ce téléfilm dont les images hantaient ceux qui l'avaient visionné en ce dimanche de février 1979 n'aura lieu ! Il faudra donc attendre novembre 2016 pour qu'un éditeur exhume Le Triangle du Diable des limbes cinéphiliques dans lequel il était tombé, permettant ainsi à de nombreux spectateurs, après plus de quarante ans d'oubli, de mettre un titre devant les images qui sont restées prisonnières de leurs esprits et de leurs souvenirs. Personnellement, je n'ai pas vu ce téléfilm en 1979 mais j'en ai tellement entendu parlé depuis que cette sortie DVD en version restaurée tient du miracle. Bien sûr, vu en 2016, je me doutais bien qu'il ne fallait pas que je m'attende à un sommet de la terreur et que l'aura "culte" du Triangle du Diable tenait plus à son horaire de diffusion qu'au film lui-même. En tout cas, c'est avec grand plaisir que j'enclenchais la lecture du DVD. Soixante-dix minutes plus tard, j'avais enfin vu Le Triangle du Diable ! Réalisé par Sutton Roley, ce téléfilm produit par ABC possède au casting quelques figures bien connues : Jim Davis, alias Jock Ewing de la série Dallas ; Kim Novak, célèbre blonde platine vu dans le Sueurs Froides d'Hitchcock entre autre ; Ed Lauter, vu dans tout un tas de séries-télévisées et dans Le Justicier de New York au côté de Charles Bronson ou Cujo par exemple ; Doug McClure star de la série Le Virginien ou des films d'aventures préhistoriques de Kevin Connor. Ce petit monde va donc se retrouver à bord d'un bateau de pêche à l'espadon. Tout se déroule pour le mieux jusqu'au moment où le capitaine doit récupérer un  naufragé dérivant sur une aile d'avion. C'est un prêtre. Une rencontre qui provoque un changement de temps radical puisque, à la belle journée ensoleillée se succède un temps orageux. Petit à petit, le réalisateur instaure un climat anxiogène et relativement angoissant. Le suspense dérive vers le fantastique, vers l'étrange. Les morts violentes se succèdent et ne semblent pas avoir d'explications rationnelles (comme ce corps qui flotte littéralement dans une pièce du bateau !). Du moins dans la version racontée par Eva, l'unique survivante. Une version que va venir contredire le sauveteur Haig, qui va lui donner, telle Dana Scully à Fox Mulder, une explication cartésienne quand aux divers accidents ayant entraînés la mort des autres personnages présentes dans le bateau. Une manière habile de la part du réalisateur à faire douter le spectateur qui croyait bel et bien avoir affaire à un vilain tour de passe-passe du Diable lui-même ! Le Triangle du Diable ne serait donc au final qu'un petit film à suspense ? Que nenni mes bons amis ! Le Diable est bel et bien de la fête comme on le découvrira dans le twist final, celui-là même qui a certainement terrorisé les spectateurs de l'époque. Un twist efficace qui provoquera sûrement de doux frissons chez les non-initiés. Le Triangle du Diable est un petit téléfilm bien troussé, reflet de son époque et qui devra impérativement être visionné en se remettant dans ce contexte d'époque justement car sinon, il risque d'apparaître comme bien inoffensif voir même un peu désuet pour le spectateur contemporain. Nul doute que l'aspect "nostalgie" emportera l’adhésion au final.

NOTE : 4/6

* Disponible en DVD chez SHOWSHANK FILMS


HEAVENLY SWORD

HEAVENLY SWORD
(Heavenly Sword)

Réalisateur : Gun Ho Jang
Année : 2014
Scénariste : Todd Farmer
Pays : Etats-Unis
Genre : Dessin-animé, Heroic Fantasy
Interdiction : /
Avec : /



L'HISTOIRE : La guerrière aux cheveux rouges, Nariko, s'empare d'une épée divine pour combattre le tyran qui s'est emparé du Royaume. Dans son aventure, elle sera aidée de Kai, sa sœur adoptive agile comme un chat. Mais le parcours sera semé d'embûches... 

MON AVIS : En 2007 sortait sur Playstation 3 le jeu Heavenly Sword, qui allait obtenir d'excellentes notes et devenir une référence du jeu d'aventure et de combat, avec une histoire superbement écrite et très immersive. Le projet d'adapter ce jeu vidéo en film allait rapidement germer dans les esprits. D'abord prévu comme une série animée, c'est au final un film d'animation qui nous parvient et qui reprend les grandes lignes de l'histoire du jeu vidéo, tout en s'accordant la liberté de proposer quelques nouveautés pour apporter de l'originalité et ne pas se contenter de faire un simple copié-collé. Les fans du jeu seront ravis d'apprendre que l'actrice Anna Torv, qui était la voix de Nariko dans le jeu, a rempilé ici et retrouve donc son personnage fétiche. Heavenly Sword - le film nous propose donc de suivre les aventures de Nariko, une jeune fille experte en combat mais renié par son père qui voulait un garçon. Elle a le soutien indéfectible de Kai, une petite fille un peu autiste sur les bords mais qui est adorable, et surtout très talentueuse dans le maniement de l’arbalète. Le père de Nariko possède dans sa forteresse une épée divine, cachée depuis la nuit des temps. Quand le terrible et cruel Lord Bohan vient s'attaquer à la forteresse pour récupérer l'épée afin de régner en maître sur le monde, le père de Nariko n'a d'autre choix que de confier l'épée divine à sa fille, afin qu'elle en assure la protection. S'ensuit une course poursuite entre Nariko, Kai et l'armée de Lord Bohan, rythmée par de nombreux combats épiques mais aussi par de purs moments de poésie. La réalisation est superbe, les images de synthèses sont très réussies, l'animation est fluide, dynamique. La musique est majestueuse et colle parfaitement aux images qu'elle illustre. Certes, on a parfois l'impression de regarder une longue cinématique de jeu vidéo mais personnellement ça ne m'a pas dérangé du tout et j'ai passé un bon moment en compagnie de Nariko et de Kai. Honneur, trahison, sentiment, secret de famille, monstres divers et récit épique se conjuguent parfaitement dans cette histoire d'heroic fantasy qui nous rappelle certaines œuvres de Tsui Hark par exemple. Les combats sont nerveux et les combattants possèdent des qualités physiques hors norme, bondissant et virevoltant dans les airs, frappant avec une fulgurance impressionnante et une rapidité extraordinaire. L'histoire est très intéressante et les deux héroïnes sont très empathiques. Un film d'animation bien troussé que ce Heavenly Sword - le film, divertissant et largement recommandable.

* Disponible en DVD chez Metropolitan

NOTE : 4/6


EXTE

EXTE
(Ekusute / Exte : Hair Extensions)

Réalisateur : Sono Sion
Année : 2007
Scénariste : Sono Sion, Masaki Adachi, Makoto Sanada
Pays : Japon
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Chiaki Kuriyama, Megumi Satô, Tsugumi, Eri Machimoto...



L'HISTOIRE : Lors d’une inspection, des agents des douanes découvrent le cadavre d'une jeune femme dont la chevelure continue de croître. Cet étrange phénomène n’échappe pas au gardien de la morgue qui entreprend de fabriquer des extensions pour les revendre aux salons de coiffure. Mais tous ignorent que ces extensions, douées d’une vie propre, sont muées par des pulsions meurtrières. Accompagnée de sa nièce, une apprentie coiffeuse va tenter de démêler le mystère avant que d'autres décès ne surviennent...

MON AVIS : Premier film d'horreur du réalisateur atypique japonais Sono Sion, Exte bénéficie d'un sujet des plus originaux : des cheveux vivants tueurs ! Le cinéma d'horreur japonais n'est plus à ça près, lui qui ne s’embarrasse guère des conventions et ne recule devant aucune excentricité ! L'idée est venu au réalisateur en découvrant l'existence des extensions de cheveux et l'engouement des femmes pour ses mèches rajoutées. A partir de ce constat, pourquoi ne pas donner vie à ces bouts de cheveux ? Hop, et voilà la base d'un scénario ! Nous qui avions eu une overdose de fantômes japonais aux longs cheveux noirs depuis Ring, Sono Sion a l'originalité de supprimer la figure du fantôme et de n'en garder que l'apparat capillaire. Il est fort ce Sono Sion ! Ne reste qu'à ajouter des éléments d'intrigue, plusieurs personnages, une bonne dose d'effets-spéciaux et le tour est joué. Parmi les personnages principaux, on trouvera Yûko Mizushima, une charmante apprentie coiffeuse qui va se retrouver à assurer la protection de sa petite nièce, tyrannisée par sa mère complètement accroc à la drogue et violente. Elle croisera la route de Yamazaki, un gardien de morgue fétichiste, passionné par les cheveux et créant des extensions qu'il vend aux salons de coiffure. Ces deux récits, ces deux histoires singulières, vont se télescoper à un moment et se réunir également avec la troisième intrigue, à savoir celle du cadavre dont les cheveux sont animés de vie. Ce drôle de cadavre va se retrouver chez Yamazaki, trop heureux de voir son fétichisme comblé par des cheveux qui ne cessent jamais de pousser. Une matière première abondante et inusable pour la fabrication de ses extensions. Vous l'aurez compris, une fois ces dernières placées sur la tête d'une cliente, la malheureuse va avoir la surprise de sa vie en découvrant qu'ils sont vivants et pris d'une irrésistible folie meurtrière ! Exte jongle sans cesse avec différents tons : comédie loufoque avec le personnage de Yamazaki qui en fait des tonnes ; humour léger et aspect dramatique avec notre apprentie coiffeuse et sa salope de grande sœur qui bat sa fille de huit ans (un personnage détestable, très bien interprété par Tsugumi) ; fantastique et épouvante avec les séquences mettant en vedette les cheveux tueurs. Ce mélange de différentes ambiances pourra paraître parfois un peu surprenant pour le spectateur européen qui se demande au final sur quel pied veut vraiment danser le film de Sono Sion. Cet aspect multi-genre est également ce qui fait le charme du film si on se laisse prendre par la main et qu'on rentre dans cet univers particulier. Mais il risque de dérouter le public qui s'attend à un film d'horreur "classique". Personnellement, j'ai été moi-même surpris par l'agencement des séquences, par cette radicalité dans les différences de tons, dans ce mélange de drame social dérivant vers le loufoque et l'horreur et vice-versa. Toujours est-il que le postulat de Exte est quand même bien fou et que les scènes avec les cheveux tueurs sont franchement efficaces et déjantées. Réalisées évidemment en images de synthèse, les scènes "chevelues" de Exte feront leur petit effet : cheveux poussant sur la langue, cheveux sortant des yeux (brrrr), cheveux agrippant à des poutres pour pendre leur victime et j'en passe, on nage en plein délire et la réalisation efficace de Sono Sion parvient à rendre crédible ces attaques de cheveux vivants. Exte est donc une bizarrerie comme seul les japonais sont capables d'en produire. Le mélange des genres est un peu perturbant mais niveau originalité, on est servi !

* Disponible en DVD et Blu-Ray chez METROPOLITAN

NOTE : 4/6