Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




JONAH HEX

JONAH HEX
(Jonah Hex)

Réalisateur : Jimmy Hayward
Année : 2010
Scénariste : Mark Neveldine, Brian Taylor
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Action
Interdiction : /
Avec : Josh Brolin, Megan Fox, John Malkovich, Michael Fassbender, Will Arnett...


L'HISTOIRE : Jonah Hex est un chasseur de prime défiguré et impitoyable. Après avoir frôlé la mort et avoir été sauvé par un tribu d'indiens, Jonah possède désormais le pouvoir de parler aux morts. Condamné à la solitude, il n'a pour seule connaissance la charmante Lilah qui travaille dans un bordel. Le passé de Jonah Hex ressurgit quand l'armée lui fait une offre qu'il ne peut refuser : son mandat d'arrêt sera annulé s'il parvient à arrêter un dangereux terroriste qui menace de détruire le continent américain. Quand Jonah apprend que ce terroriste est son ennemi d'antan qui a massacré sa famille et l'a défiguré, Quentin Trumball, sa réponse ne se fait pas attendre...

MON AVIS : Considéré comme un gros navet, Jonah Hex se traine une réputation peu envieuse et pourtant imméritée. Cette adaptation cinématographique des aventures d'un personnage issu du catalogue DC Comics (firme rivale de la Marvel, qui possède Batman, Superman, Wonder Woman, Green Lantern...) n'est pourtant pas déshonorante pour qui recherche un pur film de divertissement. Alors oui, Jonah Hex n'a rien d'un chef-d'oeuvre. Ce n'est d'ailleurs pas du tout son but de s'ériger en oeuvre phrae du cinéma. En mélangeant western, action et fantastique, le réalisateur Jimmy Hayward nous offre un spectacle assez jouissif si on prend le film pour ce qu'il est. Avec son personnage haut en couleurs, interprété par un Josh Brolin monolithique et défiguré, qui n'hésites pas à balancer tout un tas de répliques qui font mouches (façon Arnold Schwarzenegger dans Commando), avec un John Malkovich détestable et totalement fou à lier, prêt à tout faire péter avec son arme de destruction massive qu'il vient de mettre au point, avec la présence radieuse de la toujours aussi jolie Megan Fox et avec un Michael Fassbinder déjanté et tatoué, Jonah Hex s'en sort avec les honneurs et assure le show avec moults scènes d'actions, de gunfights, d'explosions diverses et de cavalcades à chevaux, le tout sur une musique rock/métal efficace (la BO est signée en partie par le groupe Mastodon). Au milieu de ce déluge d'effets pyrotechniques, on trouve une touche de fantastique avec le fameux pouvoir de Jonah qui lui permet d'obtenir des renseignements auprès des... morts! Il lui suffit de les toucher pour que ceux-ci revivent le temps de l'interrogatoire. Ce qui nous donne des scènes assez réussies et plutôt drôles de resurrection, bénéficiant d'effets de maquillages soignés. L'atout charme du film est bien évidemment du à Megan Fox, qui n'apparaît pas souvent mais qui s'en sort très bien, bien mieux en tout cas que ses détracteurs veulent bien l'avouer. Aussi à l'aise dans les situations romantiques que dans les scènes d'actions, l'actrice se démène avec entrain et s'avère une aide précieuse pour son compagnon au faciès ravagé. Bref, il n'y a vraiment pas de quoi bouder son plaisir devant ce spectacle certes décérébré mais assez jubilatoire et qui dure seulement 75 minutes environ + 5 minutes de générique. Le film possède, reconnaissons-le, pas mal de petits défauts deci-delà (dus en grande partie à de gros soucis lors de la production et du montage apparemment) mais cette aventure fantastico-westernienne sait tirer profit de son casting et de sa belle mise en scène, souvent originale, ce qui la sauve du naufrage tant annoncé. A ranger à côté des deux aventures du Ghost Rider ! 

NOTE : 4/6



ALLIGATOR

ALLIGATOR
(Il fiume del grande caimano / The Great Alligator / Le Dieu Alligator)

Réalisateur : Sergio Martino
Année : 1979
Scénariste : George Eastman, Cesare Frugoni, Ernesto Gastaldi, Sergio Martino, Mara Maryl
Pays : Italie
Genre : Aventure / Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec :  Barbara Bach, Claudio Cassinelli, Mel Ferrer, Romano Puppo...


L'HISTOIRE : Un jeune photographe accompagne son modèle dans un luxueux hôtel construit en pleine forêt, dans un endroit pas très éloigné du lieu de vie des Kuma, la population locale. les Kuma aident Joshua, le propriétaire, à faire de son hôtel un paradis pour clients fortunés. Mais ce dernier ne peut empêcher la destruction du paysage pour implanter ses structures. Comme pour se venger de cette intrusion, un gigantesque caïman va venir semer la terreur et transformer le paradis artificiel en Enfer. Pour les Kuma, la bête monstrueuse est la réincarnation de leur dieu...

MON AVIS : La même année que Le Continent des Hommes-Poissons, Sergio Martino réalise Alligator, ou plus exactement Il Fiume del Grande Caimano. Pourquoi le caïman du titre original s'est transformé en alligator, mystère ! Le nom était sûrement plus évocateur ? Mais en se penchant sur la question, on notera qu'il ne s'agit pas vraiment d'une grosse erreur puisque le caïman et l'alligator font tous deux parties de l'espèce des Alligatoridés. Cette leçon de zoologie étant terminée, parlons un peu du film lui-même. Les amateurs d'agressions animales seront peut-être un brin déçu qu'Alligator ne se focalise pas vraiment sur son monstre géant ni sur ses (rares) attaques mais plus sur les personnages et sur l'aspect film d'aventure exotique. A ce niveau, Sergio Martino nous offre un dépaysement de tous les instants, avec des paysages paradisiaques (dont une séquence se déroulant près d'une superbe cascade), des rites tribaux avec indigènes peinturlurés et tam-tam en folie (clin d'oeil à La Montagne du Dieu Cannibale qu'il réalisa en 1978)), de la sensualité avec l'actrice Barbara Bach, un peu d'action et une critique de fond sur la menace que font peser les entreprises sur la nature, n'hésitant pas à déboiser ou à malmener l'environnement dans l'unique but de faire de l'argent, sans se soucier de la faune, de la flore ou des populations avoisinantes. Alligator entretient également des similitudes avec Les Dents de la Mer, le gérant de l'hôtel (interprété par Mel Ferrer) refusant de croire à la présence d'un monstre mangeur d'hommes dans les eaux jouxtant son établissement, à la manière du maire d'Amity dans le classique de Steven Spielberg. Le tout sur un rythme alerte qui nous fait passer un bon moment devant notre écran. Hormis la présence de Barbara Bach, l'amateur éclairé reconnaitra également Claudio Cassinelli dans le rôle du photographe et Richard Johnson dans le rôle d'un prêtre vivant reclut dans une caverne et s'amusant à sculpter des crâne de caïman géant. Ces trois acteurs étaient déjà présents au générique du Continent des Hommes-Poissons. On ne change pas une équipe qui gagne ! Parmi les hommes de main de Mel Ferrer se trouve également une tête bien connu des amateurs de ciné bis, puisqu'il s'agit de Bobby Rhodes, star dans Démons et Démons 2 de Lamberto Bava. Un casting au petit oignon donc, qui ne manque pas de charme et assure ce qu'il faut pour faire d'Alligator un spectacle on ne peut plus divertissant. Quant à notre monstre marin, ses attaques se montrent efficaces quand Sergio Martino ne le montre pas trop à l'écran. Les scènes où la caméra se fait subjective et incarne les yeux du saurien, nous faisant découvrir les fonds marins et les embarcations contenent de possibles victimes vu du dessous, sont les plus réussies. Par contre, quand on voit la bestiole de la tête à la queue, impossible de ne pas constater son aspect "rigide" et peu crédible. Mais qu'importe ces quelques effets spéciaux un peu à la ramasse. Alligator reste on ne peut plus plaisant à visionner et tire son épingle du jeu grâce à l'habileté de Sergio Martino et son talent à filmer de bonnes histoires.

NOTE : 4/6




HOLLYWOOD CHAINSAW HOOKERS

 
HOLLYWOOD CHAINSAW HOOKERS
(Hollywood Chainsaw Hookers)

Réalisateur : Fred Olen Ray
Année : 1988
Scénariste : Fred Olen Ray, T.L. Lankford
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Gunnar Hansen, Linnea Quigley, Michelle Bauer, Tricia Burns, Jay Richardson...


L'HISTOIRE : Jake Chandler est détective privé. Il doit retrouver Samantha, une jeune fille qui a fugué. Son enquête va croiser celle de l'inspecteur l'inspecteur Harrison, qui tente de faire la lumière sur une mystérieuse série de meurtres exécutée avec des tronçonneuses ! En retrouvant Samantha, Chandler découvre que les auteurs de ces méfaits sanglants sont des prostituées faisant parties d'un culte païen contrôlé par un gourou adepte de la tronçonneuse...

MON AVIS : Véritable film culte aux Etats-Unis, adulé par les aficionados abreuvés aux séries Z à budget microscopique ou par les fans de son réalisateur Fred Olen Ray, le mythique Hollywood Chainsaw Hookers n'a pas usurpé sa réputation. Avec un titre et un sujet pareil, on se doute qu'on ne va pas visionner un chef-d'oeuvre du septième art et qu'il va falloir être ouvert d'esprit ou accroc à ce genre de films pour l'apprécier. Une fois la vision terminée, que reste-t-il de ce film ? Eh bien il faut avouer qu'il est loin d'être désagréable et qu'on prend un certain plaisir à le regarder. Evidemment, les réfractaires aux séries Z ne lui trouveront aucune qualité et auront tôt fait de le conspuer ad vitam eternarm. Je pourrais lui reprocher sa mise en scène sans grande saveur, un rythme un peu molasson la plupart du temps et une certaine retenue dans le délire qu'on aurait aimé être encore plus déjanté, bien que le final se rattrape plutôt bien à ce niveau. Mais quand même, les images proposées valent le coup d'oeil ! Voir la sexy Michelle Bauer en tenue d'Eve dézinguer ses clients à la tronçonneuse dans une bonne humeur communicative, voir l'adorable Scream Queen Linnea Quigley (Les Rues de l'Enfer, Douce Nuit Sanglante Nuit, Le Retour des Morts-Vivants, Creepozoïds et des dizaines d'autres) nous refaire un petit strip-tease lanscinant plutôt agréable, avoir le plaisir de retrouver Gunnar Hansen (acteur culte de Leatherface dans le Massacre à la Tronçonneuse original) sans masque dans le rôle du gourou et surtout, assister à ce combat final dantesque entre Linnea et Michelle, toutes deux se battant à coup de tronçonneuses bien trop lourdes pour leurs frèles petits bras, à la manière de Massacre à la tronçonneuse 2, font que ce long métrage fun et décomplexé est vraiment jubilatoire. On comprend assez rapidement comment ce coktail "tronçonneuses + gore + nichons" soit devenu culte malgré ses défauts. Le gore est assez primaire, on a juste droit la plupart du temps à des grosses gerbes de sang qui viennent éclabousser les corps dénudées et bien pourvus par la nature de nos Scream Queens de choc hormis lors du final dans lequel la lame de la tronçonneuse vient littéralement ouvrir en deux le ventre de Gunnar Hansen pour un effet relativement cheap mais efficace. Le film se veut aussi un hommage aux films noirs des années 40, avec le personnage de Jack Chandler. Le détective privé mène une enquête laborieuse et ses actions ou sa pensée sont souvent mises en avant par le procédé de la voix-off, procédé qu'on retrouve dans les classiques du polar 40's. L'humour est également au rendez-vous, parfois provoqué par certaines situations ou dialogues, parfois sans le vouloir, juste par la piètre performance de certains membres du casting, qui peinent à être crédible ou se montrent un peu trop amateurs. Mais encore une fois, c'est ce mélange d'amateurisme primaire et de bonne volonté qui font du spectacle ce qu'il est et qui lui donne cette patine mi-ringarde, mi-culte. Bref, Hollywood Chainsaw Hookers vaut ce qu'il vaut mais reste quand même une curiosité et un film-phare de la production indépendante 80's, qui a marqué toute une génération de bissophile, bavant devant les photos de Michelle Bauer ou Linnea Quigley dans les magazines, tronçonneuses à la main et seins dénudés ! Quoiqu'on en dise, quoiqu'on en pense, Hollywood Chainsaw Hookers est un film fauché au capital sympathie certain, idéal pour une soirée pop-corn pas prise de tête ! Les fans des productions Troma seront aux anges. C'est une certaine idée du cinéma qui ne plaira pas au plus grand nombre mais qu'il serait fort dommage de jeter au pilori...

* Disponible en DVD chez CROCOFILMS

NOTE : 3/6




LE LOUP-GAROU DE LONDRES

LE LOUP-GAROU DE LONDRES
(An American Werewolf in London)

Réalisateur : John Landis
Année : 1981
Scénariste : John Landis
Pays : Angleterre, Etats-Unis
Genre : Comédie / Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : David Naughton, Jenny Agutter, Joe Belcher, John Woodvine, Frank Oz...


L'HISTOIRE : En voyage dans les landes, David et son ami Jake débarquent dans une petite auberge dans laquelle l'accueil n'est pas des plus chaleureux. Les deux compagnons remarquent des symbôles magiques sur les murs, laissant à penser que la population locale croit aux histoires de loups-garous. Reprenant leur chemin, ils sont attaqués par une bête monstrueuse. David se réveille trois semaines plus tard dans un hôpital londonien. Il apprend que Jake est mort. Chouchouté par l'infirmière Price, David se met néanmoins à avoir des cauchemars récurrents dans lesquels il voit le fantôme de Jake le mettre en garde vis à vis de sa nouvelle condition : pour Jake, David serait devenu un loup-garou. Et la pleine lune approche...

MON AVIS : En 1981, deux films de loups-garous sortent sur les écrans. Joe Dante explose la limites des effets-spéciaux en terme de transformation d'un homme en loup-garou avec Hurlements. La même année, John Landis s'essaye lui aussi au thème de la lycanthropie avec Le Loup-Garou de Londres, qui bénéficiera du talent de Rick Baker aux effets-spéciaux, le film gagnant grâce a son travail le premier Oscar des meilleurs maquillages ! Il faut dire que la première séquence de transformation est assez hallucinante, même de nos jours. Je dirais même qu'elle se bonifie avec le temps parce que ce n'est pas les images de synthèses qui vont nous faire ressentir la douleur provoquée par l'étirement de la peau, des muscles, des os. Dans Le Loup-Garou de Londres, on ressent vraiment cette douleur, en même temps que le personnage. Et c'est redoutablement efficace. Les mains se déforment, les pieds s'allongent, la mâchoire avance, la colonne vertébrale se disloque, bref, ce n'est pas vraiment une partie de plaisir que de devenir un loup. Et je ne parle de pas la pilosité abondante qui recouvre tout notre corps. Mais rassurez-vous, cette séquence dans laquelle règne la souffrance est compensée par un humour noir salvateur qui est distillé tout au long du film de John Landis. Ce dernier a en effet voulu se démarquer du film de loup-garou traditionnel en injectant dans Le Loup-Garou de Londres une bonne dose d'ironie et de fantaisie. Les séquences de cauchemars de David sont par exemple assez drôles tant John Landis les a exagéré, les a emmené vers une dimension délirante : l'apparition de son ami décédé, avec la gorge lacérée, qui veut qu'il se suicide, est un grand moment d'humour noir. La légéreté (la relation de David avec la ravissante infirmière, interprétée par la non moins charmante Jenny Agutter) se mélange donc avec des séquences bien plus sérieuses et dramatiques et c'est ce coktail réussi qui fait tout le charme du film. Le Loup-Garou de Londres joue également très bien avec les clichés du genre et les références aux vieux films de loups-garous, notamment au début du film, quand David et Jake se retrouve dans l'auberge "L'agneau abattu": pentagramme sur le mur, rappelant le signe qui apparaît dans le creu de la main de Lon Chaney Jr. dans Le Loup-Garou en 1941 par exemple. Le Loup-Garou de Londres bénéficie également d'une mise en scène inspirée et d'un casting bien en place qui font qu'on prend plaisir à suivre les mésaventures du pauvre David, excellement interprété par David Naughton, qui donne une vraie dimension à son personnage : candide, un brin benêt, desemparé, impuissant face à sa nouvelle condition. A noter une bande sonore très sympathique, composée de vieilles chansons qui comportent toutes le mot "moon" dans leurs titres. Encore une preuve de l'humour présent dans le film. Et si on peut trouver qu'il a pris un petit coup de vieux, il fonctionne encore vraiment bien pour ma part et reste toujours une pièce maîtresse du cinéma fantastique. Pour l'anecdote, c'est en visionnant ce film que Michael Jackson a fait appel à John Landis pour réaliser son clip Thriller...

NOTE : 4/6





GUERRIÈRE

GUERRIÈRE
(Kriegerin)

Réalisateur : David Wnendt
Année : 2011
Scénariste : David Wnendt
Pays : Allemagne
Genre : Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Alina Levshin, Jella Haase, Sayed Ahmad, Gerdy Zint, Lukas Steltner...


L'HISTOIRE : Marisa, 20 ans, fait partie d’un gang de néo-nazis au nord de l’Allemagne. Tatouée de swastikas, le crâne rasé, elle déteste les étrangers, les juifs, les noirs et les flics, à ses yeux tous coupables du déclin de son pays et de la médiocrité de son existence. Manifestations de haine, violence et beuveries rythment son quotidien, jusqu’à l’arrivée en ville d’un réfugié afghan et l’irruption dans son gang d’une adolescente de 14 ans. Ces nouveaux venus mettent à mal le fanatisme de Marisa…

MON AVIS : Les dérives de la jeunesse démunie vers les mouvements néo-nazis ne cessent d'augmenter à travers le monde, et notamment en Allemagne, certainement l'endroit où les déambulations et actes de violence des adeptes de la croix gammée provoquent le plus grand malaise au vu du passé historique de cette nation. Le réalisateur allemand David Wnendt s'interroge sur ces mouvements haineux et plus particulièrement sur la place des femmes dans ces mouvements, à travers le destin de deux d'entre-elles. Marisa tout d'abord : croix gammée tatouée sur la poitrine qu'elle recouvre d'un sparadrap pour effectuer son travail de caissière dans la supérette de sa mère, la jeune fille voue un culte à son grand-père mourant, dont on apprendra au final qu'il est un nostalgique du troisième Reich et qu'il est responsable, par certains discours, de la façon de voir le monde de sa petite-fille. Ultra-violente et déterminée, la haine de Marisa envers les étrangers va se trouver ébranlée par sa rencontre avec un jeune afghan dont elle a volontairement renversé le frère avec sa voiture. On pourra trouver ce rapprochement amical un peu facile mais il fonctionne assez bien dans l'ensemble car le réalisateur n'a pas transformé sa "bonehead girl" en princesse d'un coup de baguette magique. Le cheminement vers la tolérance est un long parcours qui ne s'acquière pas en un claquement de doigt. L'actrice Alina Levshin se donne à fond et sa prestation mérite d'être saluée. L'autre personnage principal est Svenja, adolescente de 15 ans mal dans sa peau, vivant sous le joug autoritaire de son beau-père. Elle va suivre le chemin inverse de Marisa. Totalement vierge de toute prise de conscience politique au départ, elle va au contact de mauvaises fréquentations se retrouver endoctrinée lors de soirées festives, dans lesquelles des "vieux de la vieille" passent des vidéos de propagande, et trouver dans cette vie de violence et de xénophobie un intérêt malsain, qui ne cache en fait qu'un profond malaise intérieur. Svenja devient néo-nazie comme elle aurait pu devenir hippie si elle avait rencontré des hippies. Elle se fait tatouer un "88" sur le ventre pour faire comme les autres, pour assouvir sa crise d'adolescente rebelle. Le destin croisé de ces deux âmes perdues est donc assez intéressant car il propose un angle de vue féminin dans un monde essentiellement basé sur le machisme. Un sujet risqué qui ne trouve pas toujours un écrin à sa juste valeur dans la mise en scène, qui fait très téléfilm, et dans l'accumulation de scènes encore une fois très clichées, le réalisateur n'évitant pas un certain manichéisme primaire. Certes, le rendu de Guerrière est assez brut. Pas de photographie soignée, pas d'images léchées. La caméra suit au plus près ses protagonistes et n'enjolive pas les situations : les ratonnades sont violentes, les coups font mal. Le film est à l'image de This is England par exemple, afin d'augmenter son efficacité et son  réalisme. Guerrière est une chronique sociale méritante, un film coup de poing qu'il faut voir et faire voir pour mettre en garde la jeunesse désabusée et si facilement modelable que cette idéologie raciale ne peut conduire qu'à un final tragique. Ce qui sera le cas.

NOTE : 4/6



CANNIBAL FEROX

CANNIBAL FEROX
(Cannibal Ferox / Make them die slowly)

Réalisateur : Umberto Lenzi
Année : 1981
Scénariste : Umberto Lenzi
Pays : Italie
Genre : Aventure / Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Giovanni Lombardo Radice, Lorraine De Selle, Danilo Mattei, Zora Kerova, Walter Lucchini ...


L'HISTOIRE : Gloria Davis, étudiante en anthropologie, se rend avec son frère Rudy et une amie en Amazonie, afin d'aller démontrer que le cannibalisme n'existe pas et n'est qu'une invention des colons blancs. L'aventure s'avère périlleuse dans cette contrée inhospitalière. En chemin, le trio fait la connaissance de Mike et Joe, deux trafiquants de drogue à la recherche d'un filon d'émeraudes. Le groupe découvre un petit village de primitifs dont les quelques individus semblent effrayer à la vision de Mike. Gravement malade, Joe raconte à Gloria et Rudy les horribles méfaits de Mike sur la population locale. Des méfaits qui vont changer à jamais la vie de Gloria et de ses amis quand le reste de la tribu revient au village...

MON AVIS : En 1980, Ruggero Deodato frappe un grand coup en réalisant Cannibal Holocaust, l'un des films les plus controversés et les plus chocs jamais réalisé ! Son confrère Umberto Lenzi s'était lui aussi lancé dans le film de cannibales et ce, dès 1972 avec Cannibalis : au pays de l'Exorcisme, puis en 1980 avec La secte des Cannibales. Il récidive en 1981 avec Cannibal Ferox, qui deviendra l'un des fleurons du genre avec le film de Deodato. Interdit de diffusion dans 31 pays lors de sa sortie, Cannibal Ferox contient tout ce qui fait le charme (!) des films de cannibales : aventure, exotisme, érotisme, faunes dangereuses (anaconda, araignées vénimeuses, sangsues...), maladie tropicale, scènes gores répugnantes, sadisme, barbarie et pseudo discours intello (ici, "la violence engendre la violence"). Umberto Lenzi a également sacrifié à la pratique répréhensible de la mise à mort d'animaux pour apporter une touche de réalisme à son "enfer vert". Le meurtre d'un pauvre petit cochon n'est pas vraiment justifié et on félicitera l'acteur Giovanni Lombardo Radice d'avoir refusé de le faire, une doublure ayant fait le travail. Il en va autrement pour la séquence du repas dont le plat principal est une tortue puisque là, c'est la population locale qui s'en charge pour réellement se nourir, idem pour l'alligator. La séquence où un anaconda étouffe un pauvre petit tapir sous l'oeil de la caméra fait aussi sensation. Bref, c'est bien là un des aspects les plus abjects du cinéma de cannibales. Hormis celà, Cannibal Ferox est un bon film, bien rythmé, qui nous projette dans un univers inhospitalier qui ne donne pas vraiment envie d'aller s'y aventurer. Le casting est très bon, Giovanni Lombardo Radice campe un personnage détestable dans toute sa splendeur et sa prestation tient le film sur ses épaules tant son jeu est intense. Le flashback raconté par Joe à Gloria dans lequel on voit les exactions qu'il commet sur la peuplade primitive remplit amplement sa mission et on est presque content du sort que les cannibales lui font subir. Oeil pour oeil, dent pour dent ! Niveau gore, le film tient ses promesses sans toutefois être aussi excessif que sa réputation peut le laisser croire. On en a quand même pour notre argent avec une castration à coup de machette, une énucléation, une éviscération suivie d'une dégustation d'entrailles, un tranchage de main, un scalpage cranien avec dégustation du cerveau ou bien encore la scène culte de la pendaison de Zora Kerova par les seins à l'aide de crochets ! De quoi largement satisfaire l'amateur d'atrocités ! On appréciera également l'excellente partition musicale qui accompagne les images et surtout le thème principal composé par  Roberto Donati et Fiamma Maglione, qui reste dans toutes les mémoires et confère au film une ambiance macabre et malsaine très efficace. Même s'il est inférieur au chef-d'oeuvre de Ruggero Deodato, car traité de manière beaucoup moins sérieuse, Cannibal Ferox ne démérite pas, se montre intéressant à plus d'un titre, plus fun aussi dans ses excès sanglants. Il a pour principal défaut ses séquences filmées à New York, avec cette enquête policière pour retrouver la trace de Mike, qui ne semble être là que pour allongr la durée du film. Du superflu pour ma part. Reste un pur film bis, divertissant et dépaysant, et qui comblera vraisemblablement les amateurs de "cannibal movies" !

NOTE : 4/6




LE CONTINENT DES HOMMES POISSONS

LE CONTINENT DES HOMMES POISSONS
(L'isola degli Uomini Pesce)

Réalisateur : Sergio Martino
Année : 1979
Scénariste : Sergio Donati, Cesare Frugoni, Sergio Martino
Pays : Italie
Genre : Aventure / Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Barbara Bach, Claudio Cassinelli, Richard Johnson, Beryl Cunningham...


L'HISTOIRE : Ayant réchappé à un naufrage, Claude le Ross, médecin, échoue avec quelques autres survivants sur une île dirigée par Edmond Rackham. Le maître des lieux vit dans une somptueuse villa avec Amanda et il a à son service la sorcière vaudou Shakira et une poignées d'indigènes qui lui obéissent au doigt et à l'oeil. Après la mystérieuse disparition de ses deux compagnons d'infortune, Claude découvre qu'il se passe des choses curieuses sur cette île et que des créatures mi-hommes, mi-poissons vivent dans les eaux avoisinantes...

MON AVIS : Réalisé en 1979 par le talentueux Sergio Martino (Torso, L'étrange vice de Mme Wardh, La Queue du Scorpion, Toutes les couleurs du Vice, 2019 après la chute de New YorkMademoiselle Cuisse-Longues, Alligator, La Montagne du Dieu Cannibale...) Le Continent des Hommes Poissons est un solide film bis, qui mêle avec harmonie aventures à la Jules Verne et éléments issus du cinéma fantastique. Jamais ennuyeux, le film se suit avec un réel plaisir tant ce mélange de genre et d'ambiance lui offre un pouvoir attractif implacable. Outre ces mystérieuses créatures aquatiques que Martino nous dévoile assez régulièrement (sous l'eau mais également hors de l'eau !), le réalisateur italien nous en donne pour notre argent puisqu'il est aussi question de cérémonie vaudou, d'une cité engloutie de l'Atlantide, d'un trésor perdu au fond des mers qu'il faut aller récupérer, d'expériences génétiques peu conforme au serment d'Hippocrate, d'éruption volcanique et j'en passe ! Le tout filmé dans de superbes décors naturels, dont la grotte de Neptune située en Sardaigne et qui nous offre une séquence finale de toute beauté. Bien entendu, l'histoire des expériences génétiques n'est pas sans nous rappeler celle de L'ïle du Dr. Moreau, dont Le Continent des Hommes Poissons peut être perçu comme un dérivé. Atout charme du film, la ravissante Barbara Bach fait sensation et la séquence où elle va nourir les hommes poissons, lesquels se mettent à l'entourer tels des serviteurs amoureux, est franchement très réussie et poétique. On pourra trouver que les costumes de ces drôles de créatures amphibies, ressemblant fortement à celui de L'étrange Créature du Lac Noir entre autre, sont un peu limite et on devine aisément les acteurs humains sous ces combinaisons justement, surtout lorsqu'ils évoluent sous l'eau. Un petit détail qui n'entrave en rien la satisfaction ressentie face à ces aventures extraordinaires, dépaysantes, exotiques, et qui bénéficient en plus de la solide prestation de Richard Johnson (L'Enfer des Zombies) en maître despotique et misanthrope et de la présence du non moins célèbre Joseph Cotten, acteur culte à la carrière prolifique, qui interprète ici le savant généticien. Un très bon casting donc, au service d'une bonne histoire et d'une mise en scène travaillée et inspirée. Le Continent des Hommes Poissons est un spectacle de très bonne tenue et un film très attachant. A revoir sans hésiter.

NOTE : 4/6