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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




OPÉRATION GOLDMAN

OPÉRATION GOLDMAN
(Operazione Goldman / Lightning Bolt)

Réalisateur : Antonio Margheriti 
Année : 1966
Scénariste : José Antonio de la Loma, Ernesto Gastaldi
Pays : Italie, Espagne
Genre : Espionnage
Interdiction : /
Avec : Anthony Eisley, Wandisa Guida, Diana Lorys, Francisco Sanz, Folco Lulli...


L'HISTOIRE : A Cap Kennedy, les essais de lancement d’une station sur la Lune échouent mystérieusement. Inquiète des répercussions sur le plan international, la section secrète de la CIA envoie l’agent Harry Senneth enquêter. Plus connu sous le nom de Goldman, l’agent secret disposant d’un crédit illimité auprès de la banque fédérale, commence par en savoir plus sur l’étrange disparition du savant Rooney. Épaulé par la très sexy capitaine Flanagan, Goldman va alors affronter Rehte, le chef d'une organisation fomentant une domination mondiale...

MON AVIS : Après le succès planétaire de James Bond contre Dr. No en 1962 puis de Bons Baisers de Russie et Goldfinger, le cinéma d'espionnage voit son intérêt revu à la hausse vis à vis du public et on ne compte plus les longs métrages mettant en scène des agents secrets durant les 60's, à l'image de Francis Coplan, Harry Palmer, Bob Fleming ou de OSS 117 par exemple. Les Italiens n'étant jamais les derniers à surfer sur le succès des productions américaines et ce, quelque soit le genre, ils s'engouffrèrent évidemment dans cette voie du film d'espionnage, à travers de nombreuses coproductions. Antonio Margheriti, qu'on ne présente plus, en réalisa deux en 1966 : A 077 défie les tueurs et Opération Goldman. Pour ce dernier, il a recours au célèbre chanteur Jean-Jacques Goldman et... bon, désolé, j'avais trop envie de la faire celle là même si elle est nulle. Non, en fait, il n'y a aucune explication au titre du film puisque le héros s'appelle Harry Senneth et qu'il n'est jamais fait mention d'une quelconque "opération Goldman" dans le film. Le plus plausible reste que ce nom de "Goldman" fait allusion aux moyens financiers illimités dont dispose notre agent secret, qui est donc riche à foison, signant des chèques d'une valeur d'un million de dollars sans aucun soucis, tant que ses dépenses servent à mener à bien les missions que sa supérieure hiérarchique, interprétée par Diana Lorys, lui confie. Le début du film fait dans le film d'espionnage classique et on s'inquiète un peu de ce qui va suivre car il faut bien reconnaître que l'acteur principal, Anthony Eisley, est très loin de posséder le charisme de Sean Connery. Le réalisateur maintient un certain suspense concernant le méchant du film puisqu'on n'entendra que sa voix ou ne verra que sa main derrière un pupitre bardé de boutons. On a repéré par contre une très jolie blondinette (Wandisa Guida) qui semble surveiller de près Harry Senneth. Jouant avec les clichés de l'agent secret tombeur de ces dames ainsi qu'avec les "gadgets" (montre qui fait compteur Geiger, pistolet à eau envoyant du vitriol...), Antonio Margheriti prend de l'assurance au fur et à mesure que l'intrigue avance et les mésaventures de son héros deviennent peu à peu plus entraînantes, plus rocambolesques. La séquence dans laquelle il est piégée dans un silo qui n'en est pas un avec sa supérieure et que ce dernier commence à se remplir d'eau reste du domaine du déjà-vu mais la mise en scène et le rythme font qu'on y prend un réel plaisir. La suite embrayera sans tarder et Margheriti se lâche avec de multiples explosions, utilisation de maquettes (la voiture rouge du héros qui s'avance vers la zone de décollage d'une fusée pour tenter de la stopper !) et autres réjouissances qui donnent son rythme de croisière à l'aventure. Les décors sont bien travaillés, le jeu de couleur également et l'ensemble aborde une tonalité "kitsch" qui lui sied à ravir. Après un début un peu pompeux, on est cette fois totalement embarqué avec notre héros et on suit avec entrain sa mission, en ayant hâte de rencontrer le méchant de l'histoire. Cette fameuse rencontre donne lieu à la meilleure partie du film puisqu'elle se situe dans... une cité sous-marine ! Opération Goldman prend alors des allures de film de science-fiction puisque le génie du Mal ici présent ne veut ni plus ni moins que devenir le maître du Monde ! Pour ce faire, il a dans l'idée d'installer un rayon laser sur la lune, rayon qui menacera les villes du monde entier et qui sera actionné sur son bon vouloir ! Les décors de l'intérieur de la cité jouent très bien avec cet aspect "S-F vintage" et raviront les amateurs. Cerise sur le gâteau, le méchant possède une salle de cryogénisation et conserve pas mal de victimes congelés dans des box de verre ! Excellent, surtout quand la décongélation s'opère avant l"heure, ne laissant qu'un squelette en guise de cobaye ! Bagarre, action et fantaisie se déroulent devant nos yeux avec un certain entrain, et donnent au final un divertissement rétro, fun et coloré qu'on croirait échappé d'une bande-dessinée mêlant espionnage et science-fiction ! On félicitera donc Antonio Margheriti d'avoir assurer le spectacle et de nous proposer avec Opération Goldman un film hautement sympathique et distrayant !

* Disponible en DVD chez Artus Films

NOTE : 4/6



DEUX SALOPARDS EN ENFER

DEUX SALOPARDS EN ENFER
(Il dito nella piaga)

Réalisateur : Tonino Ricci 
Année : 1969
Scénariste : Tonino Ricci, Piero Regnoli
Pays : Italie
Genre : Guerre
Interdiction : /
Avec : George Hilton, Klaus Kinski, Ray Saunders, Betsy Bell...


L'HISTOIRE : Italie. 1941. Condamnés à mort par la cour martiale, deux soldats américains, un blanc et un noir, sont miraculeusement sauvés grâce à l’irruption d’un commando de parachutistes allemands. Ayant également échappé au massacre, l’officier chargé de leur exécution doit s’unir à eux pour tenter de survivre. Les trois hommes trouvent refuge dans un village pittoresque. Ils vont alors organiser la défense des villageois face aux Nazis...

MON AVIS : Avec Deux Salopards en Enfer, le réalisateur italien Tonino Ricci signait son premier long métrage. Un premier film avec George Hilton et Klaus Kinski en vedette, le monsieur ne se refuse rien ! Classé dans la catégorie "film de guerre", Deux Salopards en Enfer surprend par son traitement et s'aventure dans des territoires auxquels on ne s'attendait pas vraiment. Le film peut être divisé en trois parties. La première nous présente les trois personnages principaux : le lieutenant Michael Sheppard (George Hilton), tout droit sorti de l'école militaire et qui n'a jamais mis les pieds sur un champ de bataille ;  le caporal Brian Haskins (Klaus Kinski), accusé de vol ; le soldat de seconde classe John Grayson (Ray Saunders), accusé de meurtre. Ces deux derniers doivent être exécutés et le capitaine de la garnison confie cette mission au lieutenant Sheppard. Une attaque de soldats allemands vient contrecarrer l'exécution et les trois hommes sont les seuls survivants. Cette première partie va être pour eux l'occasion d'apprendre à se connaître et de nombreuses tensions vont survenir au sein du petit groupe, Sheppard s'étant montré couard durant l'attaque mais voulant désormais ramener les deux prisonniers au campement. Une autre attaque, menée par nos trois héros cette fois sur un convoi allemand, viendra rythmer leur aventure et servir la mise en scène efficace de Tonino Ricci. La seconde partie débute quand le trio arrive dans un petit village apparemment abandonné. Les habitants, cachés chez eux, accueillent alors nos compagnons en héros, en sauveur, de par leur nationalité américaine. Cette partie aurait pu être vue dans un western italien, tant la musique qui accompagne les images et les séquences proposées nous évoque ce genre noble du cinéma, à l'image de la scène dans laquelle Grayson se lie d'amitié à un petit garçon, qui est touchante et ajoute de l'empathie à ce personnage. La romance qui débute entre Kinski et une belle villageoise, interprétée par Betsy Bell, permet à l'acteur culte de montrer plusieurs facettes de son jeu. Dans cette ambiance typiquement westernienne, les trois acteurs se donnent à fond et font preuve d'un charisme égal. La troisième partie revient vers l'action puisque les Allemands débarquent pour prendre possession du village. Pas de fioritures ici, la guerre fait des victimes des deux côtés mais permet aussi à des "salopards" de devenir des héros. Profondément pessimiste, Deux Salopards en Enfer se montre également très anti-militariste : le monologue que fait Klaus Kinski au lieutenant Sheppard au sujet de l'investissement des soldats ne fait pas dans la demi-mesure et l'ultime image du film se conclue sur une citation de John F. Kennedy, "l'humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l'humanité". Pessimiste, tragique, Deux Salopards en Enfer est une oeuvre attachante et malgré de petits défauts (personnages pas assez approfondis, romance expédiée à la va-vite, scène d'action manquant de moyens et de figurants...), elle se montre assez originale dans son approche pour mériter votre attention. 

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS



5 POUR L'ENFER

5 POUR L'ENFER
(5 per l'inferno)

Réalisateur : Gianfranco Parolini
Année : 1969
Scénariste : Gianfranco Parolini, Renato Izzo
Pays : Italie
Genre : Guerre
Interdiction : /
Avec : Gianni Garko, Klaus Kinski, Aldo Canti, Margaret Lee, Salvatore Borghese...


L'HISTOIRE : Italie. 1944. Un commando spécial de soldats américains est formé pour mettre la main sur des plans ennemis d'une importance capitale. Dirigée par le lieutenant Hoffmann, la troupe doit investir une villa qui sert de QG aux Nazis. Ils vont devoir faire face au colonel Mueller, officier SS d’une cruauté glaciale. La fine équipe pourra néanmoins compter sur Helga Richter, une espionne infiltrée...

MON AVIS : Le cinéma Bis italien est très certainement le plus prisé chez les amateurs. Tous les genres ont été exploités, que ce soit le western, la comédie, l'érotisme, le polar, l'aventure, le fantastique ou l'horreur entre autre. Le film de guerre s'est également vu approché par nos amis italiens, avec plus ou moins de bonheur. Réalisé en 1969, 5 pour l'Enfer voit son réalisateur mettre en avant une sorte d'Agence tout risque avant l'heure avec ce groupe de spécialistes en tout genre : artificier, expert en trampoline, expert en ouverture de coffre-fort et j'en passe. Cette version "light" du classique de Robert Aldrich, Les 12 Salopards, ne nous offre que cinq professionnels comme son titre l'indique mais cela est suffisant pour nous divertir. Car la principale qualité du film est bien celle-ci : nous proposer un film de guerre pas vraiment sérieux, voire même très orienté comédie dans sa première partie. L'humour est en effet présent de manière exponentielle et les aventures de notre quintet de mercenaires se dirigeant vers le QG des nazis n'est pas sans nous rappeler notre bonne vieille saga de La Septième Compagnie, l'aspect franchouillard en moins. Même les bruitages lors des combats font dans l'excès et donnent une impression de "cartoon live". Le comique de situation fonctionne plutôt pas mal si on est bon public et les acteurs ont l'air de s'amuser. Dans le rôle du leader expert en lancer de balle de base-ball (!), on reconnaîtra évidemment le sympathique Gianni Garko, vu dans une pléthore de westerns entre autre et qui compose brillamment ce chef d'équipe ayant entre les mains le lourd fardeau de la réussite de la mission. L'atout charme de 5 pour l'Enfer est attribué à la charmante Margaret Lee, qui interprète l'espionne Helga Richter. Une fonction pas forcément évidente, surtout lorsque la belle doit faire face au colonel SS Mueller, interprété par le toujours charismatique Klaus Kinski, parfait dans ce type de rôle. Ce dernier n'est pas aussi extravagant que prévu mais il donne néanmoins à son personnage le petit côté détestable qui va bien, enchaînant les exécutions sommaires et n'hésitant pas à faire du chantage sexuel à Margaret Lee qui ne peut que se soumettre. Une fois dans le QG des nazis, 5 pour l'Enfer se montre beaucoup plus sérieux, distille même un peu de suspense et de tension, affirme sa cruauté (toute relative, le film n'étant pas vraiment violent, on a connu les Italiens plus rentre-dedans) et envoie la sauce lors du dernier quart d'heure, dans lequel on ne compte plus les douilles éjectées des culasses des fusils. Optant pour une vision divertissante du cinéma de guerre, 5 pour l'Enfer n'est en rien un classique du genre mais il permet de passer un bon moment en compagnie d'un casting séduisant qui s'efforce de donner le meilleur de lui-même. Du cinéma populaire qui mélange allègrement action, guerre et comédie et qu'il faut prendre comme tel pour l'apprécier à sa juste valeur.

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 4/6





ZOMBEAVERS

ZOMBEAVERS
(Zombeavers)

Réalisateur : Jordan Rubin
Année : 2014
Scénariste : Jordan Rubin, Al Kaplan, Jon Kaplan 
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Comédie
Interdiction : -16 ans
Avec : Rachel Melvin, Cortney Palm, Lexi Atkins, Hutch Dano...


L'HISTOIRE : Un groupe d’adolescents, partis pour un week-end de débauche au bord d’une rivière, se retrouve confronté à une horde de castors-zombies affamés. Pour réussir à rester en vie, les jeunes vont devoir affronter ces animaux d’une nouvelle espèce...

MON AVIS : Des castors-zombies ! Voilà qui est original et qui nous change des tonnes de remakes qui déboulent mois après mois, année après année. Jordan Rubin a fait sensation avec son Zombeavers lors de ses diffusions dans divers festivals et le film a rapidement acquis une certaine notoriété auprès des amateurs du genre. Comédie horrifique qui ne se prend jamais au sérieux (comment pourrait-il en être autrement avec un scénario pareil ?), Zombeavers se la joue "trash" et ne verse pas dans un humour très fin comme on pouvait s'en douter. C'est un peu la rencontre entre American Pie et La nuit des Morts-Vivants, sauf que les zombies sont ici des castors ! La première partie du film est effectivement orientée très "teen movie US" avec tous les clichés possibles et inimaginables : la bande d'ados ne pense qu'au sexe, les répliques et certains gags font dans l'humour graveleux situé en dessous de la ceinture, la mignonne Corey Palm n'hésite pas à enlever le haut pour notre plus grand plaisir. Les petits soucis de "cocufiage" de la blonde Jenn ne sont clairement pas le centre d'intérêt de ses deux autres copines, qui préfèrent passer du bon temps avec leur petit copain ou aller se baigner dans le lac avoisinant. Comme dans un "slasher", la réaction des ados lorsqu'ils sont attaqués la première fois par un castor-zombie, qui était planqué dans la baignoire, est d'une stupidité rare mais correspond tout à fait à l'ambiance général du film. Ils ne trouvent en effet rien de mieux que d'aller se baigner tranquillement dans le lac au lieu de prendre leur jambe à leur cou. "Qu'ils sont cons" penserons-nous très fort et c'est tant mieux pour la suite du film qui amasse les clins d'oeil à des films connus. Outre La Nuit des Morts-Vivants déjà cité, on pense aussi à Cabin Fever, à Creepshow 2 ou Piranhas (pour la scène du ponton) par exemple. Zombeavers, s'il ne fait pas dans la finesse, marque des points en refusant les effets numériques et en nous proposant des castors conçus en "animatronique", comme à l'ancienne époque ! Même si certaines animations restent visibles et pas toujours franchement réussies, on les préférera aux CGI sans âme qui pullulent dans le cinéma d'horreur aujourd'hui. Autre point positif pour le long métrage de Jordan Rubin, son envie d'en offrir toujours plus au public ! A ce titre, le grand final vaut son pesant de cacahuètes, avec la transformation des personnes mordues par les castors-zombies en humain-castors-zombies ! Impayable et jubilatoire ! Zombeavers se révèle donc assez fun et un peu gore, tout en étant souvent balourd ans son humour. Pas de quoi en faire son film de chevet c'est clair mais c'est un spectacle décomplexé idéal pour passer une bonne soirée "bis" un samedi soir ! Sympa tout plein si on n'en attend rien d'autre même si, au final, on ressent un petit sentiment de déception une fois le générique de fin terminé...

NOTE : 3,5/6



LADY OSCAR

LADY OSCAR
(Lady Oscar)

Réalisateur : Jacques Demy
Année : 1979
Scénariste : Jacques Demy, Patricia Louisianna Knop
Pays : France, Japon
Genre : Drame, Romance
Interdiction : /
Avec : Catriona MacColl, Barry Stokes, Christine Böhm, Jonas Bergström, Anouska Hempel...


L'HISTOIRE : Déçu de n'avoir que des filles, le général de Jarjayes décide que le bébé qui vient de naître, une fille encore, sera un garçon ! Il l'appelle Oscar-François, l'entraîne au maniement des armes et de l'épee, l'habille comme un garçon et l'oblige à avoir pour compagnon de jeu André, le fils de la nourrice. En 1775, le général apprend à Oscar qu'elle va devenir officier de la garde personnelle de la Reine Marie-Antoinette. André ira travailler aux écuries royales. Pendant qu'elle veille sur la Reine, Oscar fait la connaissance de l'amant de cette dernière, Axel de Fersen et ressent pour lui des émotions typiquement féminines, provoquant la jalousie d'André, amoureux d'elle depuis leur enfance. Les événements qui se déroulent en France font prendre conscience à Oscar que le peuple français est au bord de la misère et que la révolution gronde...

MON AVIS : Quel film curieux ! Adaptation cinématographique d'un manga japonais qu'on connait en France grâce au dessin-animé du même nom, c'est d'ailleurs un producteur japonais qui a demandé à Jacques Demy de réaliser ce "manga-live". Oui, Jacques Demy, le réalisateur des Parapluies de Cherbourg, Peau d'Âne ou des Demoiselles de Rochefort. Le principal intérêt pour les Japonais d'avoir Demy derrière la caméra était que le réalisateur allait peut-être avoir accès au château de Versailles pour tourner le film, ce qui se passa effectivement ! Tourner à Versailles même aurait du apporter une touche de crédibilité au film mais cela ne le sauvera pourtant pas. Car il faut bien l'admettre, Lady Oscar est un bon gros nanar des familles. L'Histoire de France vue par les Japonais (de 1775 au 14 juillet 1789) donne certes lieu à quelques reconstructions historiques véridiques mais l'ambiance et les couleurs ultra-kitsch du film confinent à la gentille bluette académique. Manquant cruellement de lyrisme et de dimension épique (même la prise de la Bastille ne parvient à convaincre), Lady Oscar rate le coche et cette histoire de "chevalier d'Eon" s'oublie aussi vite qu'elle est vue. On a tous les clichés possibles sur Louis XVI et Marie-Antoinette, sur le peuple criant famine et préparant sa révolte ou sur l'affaire du collier de la Reine. Maintenant, ne soyons tout de même pas trop dur avec ce nanar de compétition. J'avoue que je ne me suis pas trop ennuyé (un peu quand même) durant les 124 minutes que dure le film. Les aventures plutôt rigolotes de la belle Catriona MacColl (qui jamais ne donne l'illusion d'être un garçon), ont certes beaucoup moins d'attrait que celle d'Angélique, la célèbre Marquises des Anges, mais elles possèdent tout de même un petit charme rétro que le côté nanar amplifie. En plus, Catriona nous régale d'une scène dans laquelle elle nous dévoile sa jolie poitrine, les fans de Lucio Fulci apprécieront ! Malgré tous ses défauts, Lady Oscar a pourtant fait un carton au Japon, s'est plutôt bien exporté également mais n'a connu qu'une sortie très tardive en France, en 1997 pour être précis après une première projection en 1980 dans un festival ! A découvrir donc si vous en avez l'occasion, le film étant assez rare par chez nous...

NOTE : 2/6


ANTBOY

ANTBOY
(Antboy)

Réalisateur : Ask Hasselbalch
Année : 2013
Scénariste : Anders Ølholm
Pays : Danemark
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec : Oscar Dietz, Amalie Kruse Jensen, Samuel Ting Graf, Cecilie Alstrup Tarp ...


L'HISTOIRE : Pelle, un garçon ordinaire de 12 ans, voit sa vie changer le jour où il se fait mordre par une étrange fourmi et découvre qu’il a des supers pouvoirs. Avec l’aide de son meilleur ami Wilhelm, qui est passionné par les super-héros, il se crée une nouvelle identité et devient Antboy ! Bien décidé à impressionner la fille de ses rêves et devenir un héros, il multiplie les exploits extraordinaires. Jusqu'au jour où La Mouche, un mystérieux adversaire, apparaît…

MON AVIS : Deux ans avant Ant-Man, le Danemark nous offrait déjà un film de super-héros dans lequel un jeune garçon se fait mordre par une fourmi génétiquement modifiée et acquiert des supers pouvoirs ! Bien sûr, vous l'aurez compris en regardant l'affiche du film, Antboy est destiné avant tout au jeune public fan des bandes-dessinées Marvel ou DC, qui retrouvera ici de nombreuses références et clin d'oeil à son univers fétiche. Car le réalisateur est à n'en point douté un "geek" et connaît ses classiques sur le bout des doigts. Tout comme Peter Parker, le jeune Pelle est un "fantôme" dans sa classe, n’intéressant pas les filles et n'ayant aucun ami sur qui compter. Le jeune acteur  Oscar Dietz promène sa bonne bouille à l'écran et les petits spectateurs s’identifieront sans soucis à lui. Il faut dire qu'il se montre tout à son aise dans le rôle de ce super-héros peu ordinaire. Il en va d'ailleurs de même pour le reste du casting qui est également convaincant pour une première performance devant une caméra. Tous les codes du film de super-héros sont respectés à la lettre par le réalisateur, du questionnement de son héros sur sa vie personnelle à la création du costume (très drôle), de la découverte des supers pouvoirs au premier combat contre un simple voyou, de la romance naissante à la difficulté de garder son identité secrète et bien sûr, à l'apparition d'un super-vilain, sans qui le super-héros n'aurait lieu d'exister ! Ici, c'est La Mouche qui fait office d'ennemi potentiel et il donnera bien du fil à retordre à Antboy. Spectacle familial oblige, la violence est totalement absente de ce long métrage mais les bagarres sont assez dynamiques et l'action bien présente. Les effets spéciaux sont corrects et amuseront les enfants autant que les parents ! J'avoue avoir rigolé à gorge déployée quand Antboy, pour se débarrasser d'un cadenas lui bloquant l'accès, se met à lui pisser dessus, l'urine des fourmis étant acide ! Crise de rire assurée ! D'une durée relativement concise, 77 minutes générique compris, cette version "kid" de Spiderman ne manquera pas de faire son petit effet sur vos têtes blondes et vous même y prendrez un plaisir certain si vous êtes fan de cet univers. Hautement sympathique au final si vous avez gardé votre âme d'enfant !

NOTE : 4/6



LÉGITIME VIOLENCE

LÉGITIME VIOLENCE
(Rolling Thunder)

Réalisateur : John Flynn
Année : 1977
Scénariste : Paul Schrader, Heywood Gould
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : William Devane, Tommy Lee Jones, Linda Haynes, James Best...


L'HISTOIRE : Après sept années de captivité passées au Vietnam, le commandant Charles Rane et son ami Johnny Vohden rentrent au pays. Accueillis avec les honneurs, Charles Rane retrouve sa femme et son fils qui ne le connaît pas. Le retour à la civilisation ne se fait pas sans mal pour Rane, sa femme ayant entamée une nouvelle relation de couple avec le shérif du coin pendant ses années de détention. Sa ville natale lui offre une Cadillac rouge et un coffret contenant des pièces en argent, un dollar pour chaque jour passé en prison, ce qui représente une coquette somme. Un gang de voyou ayant eu vent de cette donation pénètre par infraction chez lui pour lui dérober sa fortune. Comme il refuse de parler, ces derniers lui broie la main, assassinent sa femme et son fils et le laissent pour mort. Après avoir passé un long séjour à l'hôpital où on lui a confectionné une prothèse doté d'un crochet pour remplacer son membre manquant, Rane n'a plus qu'une obsession : retrouver les meurtriers de sa famille et se venger. Il entraîne avec lui Linda Forchet, une serveuse qui est tombée amoureuse de lui...

MON AVIS : Le traumatisme du Vietnam est bien présent pour les Américains dans les 70's et la difficile réhabilitation des soldats après cette guerre est un sujet qui intéresse bon nombre de scénaristes. Comment reprendre une vie normale après avoir vécu l'Enfer, subit des tortures physiques et psychologiques insoutenables ? Parmi les incontournables sur le sujet, on citera à titre d'exemple Taxi Driver, Voyage au bout de l'Enfer, Rambo, Birdy, Combat Shock ou Né un 4 juillet. Légitime Violence, réalisé en 1977 par John Flynn, est également un classique du genre au niveau de cette thématique. Il est d'ailleurs dommage que son sanglant final le classe un peu trop facilement dans la catégorie des Vigilante Movie au côté du culte Un justicier dans la ville. Pourtant, la partie "vengeance" ne dure qu'un petit quart d'heure en tout et pour tout et même si elle s'avère explosive et bien violente (avec un Tommy Lee Jones expert dans le maniement du fusil), ce n'est franchement pas le sujet principal de Légitime Violence, dont le titre original Rolling Thunder est une référence à l'opération de bombardement militaire menée par les USA au Vietnam entre 1965 et 1968. Durant plus de 75 minutes, on va vivre avec le commandant Rane, brillamment interprété par William Devane, qui, malgré son calme apparent, est en proie à d'affreux cauchemars et dont le choc post-traumatique est loin d'être géré. Vidé de l'intérieur par les horreurs vécues, Rane n'est qu'une ombre, une sorte de fantôme qui déambule dans son nouvel environnement, tentant de nouer le dialogue avec son fils, sa seule raison d'être. Même lorsqu'il fera l'amour avec sa "groupie" comme elle se surnomme, il ne ressentira rien. La guerre a anéanti toute trace d'émotion et cet "anti-héros", armé de son bras-crochet, n'est qu'une coquille vide. Il en va de même pour son ami d'infortune Johnny Vohden (Tommy Lee Jones), qui ne se sent d'aucune utilité au sein de sa famille, ayant un comportement quasiment autiste. Sa jubilation quand Rane vient le chercher pour l'aider à se venger nous fait comprendre que la guerre, la violence, les armes à feu sont devenues les seules choses qui comptent et peuvent l'aider à se sentir vivant. Un aspect profondément nihiliste pour un film qui ne l'est pas moins. Traité avec un sérieux à toute épreuve, Légitime Violence n'est en effet pas une oeuvre divertissante. Sombre, glacé, c'est un drame puissant, reflet d'une Amérique meurtrie qui ne se reconnaît plus, en proie à ses démons intérieurs. Quentin Tarantino classe ce film parmi ses préférés et l'éditeur Wild Side a eu la bonne idée de l'ajouter à son catalogue. Ne passez donc pas à côté ! Ah oui, au fait, il y a l'acteur Paul A. Partain dans un petit rôle dans le film, les fans de Massacre à la Tronçonneuse (1974) sauront de qui  je parle...

* Disponible en coffret DVD + BR + Livret chez Wild Side

NOTE : 5/6