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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




SCANNERS 2 - LA NOUVELLE GÉNÉRATION

 

SCANNERS 2 - LA NOUVELLE GÉNÉRATION
(Scanners 2 - The New Order)

Réalisateur : Christian Duguay
Année : 1991
Scénariste : B.J. Nelson
Pays : Canada
Genre : Science-fiction
Interdiction : -12 ans
Avec : David Hewlett, Deborah Raffin, Yvan Ponton, Isabelle Mejias, Raoul Trujillo...

L'HISTOIRE : John Forrester, haut responsable de la police, réunit des "scanners" afin d'assurer la sécurité de sa ville. Grâce à sa nouvelle recrue, David Kellum, il parvient à obtenir le poste de commandant des forces de l'ordre. Mais David découvre que sous son apparente respectabilité, Forrester cache un plan bien plus diabolique : il veut créer un ordre nouveau dans lequel les "scanners" l'aideront à faire la loi et à imposer sa soif de pouvoir...

MON AVIS : En 1981, David Cronenberg nous fait faire connaissance avec des individus possédant des pouvoirs télépathiques leur permettant de contrôler l'esprit des gens, mais aussi de les tuer, rien que par la force de leurs pensées, avec Scanners. Dix ans plus tard, un autre réalisateur canadien reprend le flambeau en mettant en scène deux suites : Scanners 2 - La Nouvelle Génération et Scanners 3 - Puissance Maximum. Deux petites séries B, qui n'ont évidemment pas la classe du film de Cronenberg - qui ne fait pas partie de mes préférés de ce réalisateur soit dit au passage - mais qui se laissent voir tranquillement, si tant est qu'on n'en attend pas trop. Pour son premier film derrière la caméra, Christian Duguay tente donc de s'approprier le matériau d'origine et de le décliner à sa manière, avec un budget nettement moins conséquent par contre. L'aspect "suite" se joue lorsque le héros du film, David Kellum (David Hewlett) se rend chez ses parents pour demander à sa mère s'il elle a pris de l'Ephemerol durant sa grossesse, ce produit étant responsable des pouvoirs des scanners. Son père lui apprend alors qu'il a été adopté et que ses vrais parents se nomment Cameron Vale et Kim Obrist, soient les deux héros du film de Cronenberg. Voilà pour l'allusion au premier film. Tout le reste tend vers une sorte de remake, avec une organisation qui recense et regroupe les scanners, qui sont placés dans l'institut médical du docteur Morse, ce dernier ne parvenant à les contrôler que grâce à l'injection de drogue, ce qui les rend totalement amorphes, voire en situation de dépendance totale ! D'où la nécessité de trouver de nouveaux scanners pour accomplir la mission que veut imposer le commandant John Forrester (Yvan Ponton) : créer un nouvel ordre dans lequel les scanners l'aiderait à contrôler toute la ville ! La folie des grandeurs encore et toujours. Bien sûr, on retrouve la lutte entre le gentil scanner et le méchant scanner, à savoir Peter Drak, interprété par Raoul Trujillo. Même si on est loin de la prestation de Michael Ironside dans le premier film, l'acteur mexicain possède une bonne gueule de fou, fait des tas de grimaces outrancières et remplit assez bien son rôle. Entre complot, course-poursuite et mise en avant du pouvoir des scanners, Christian Duguay essaye de faire pour le mieux et même s'il n'y réussit pas toujours, son film se laisse suivre malgré un rythme parfois un peu mollasson et un scénario un peu tarabiscoté. Pourtant, Scanners 2 - La Nouvelle Génération lorgne bien plus du côté du film d'action science-fictionnel que son prédécesseur. On assiste à plusieurs séquences de démonstrations du pouvoir des scanners, et ça commence d'entrée de jeu avec le vilain Drak qui parvient à contrôler les jeux vidéos situés dans une salle dédiée, sous l’œil médusé du public présent. On assiste également à plusieurs projections de corps vers l'arrière, nous indiquant la puissance de la télékinésie des scanners, ainsi qu'à des contrôles mentaux faisant que les victimes retournent leurs armes vers eux par exemple. Plus démonstratif, plus grand spectacle dirais-je, Scanners 2, malgré ses faibles moyens, n'en oublie pas de placer un peu de gore qui tâche en son sein, avec une tête dont le cerveau est expulsé en jet entre autres. Un effet gore moins impressionnant que la scène culte de Scanners mais qui fait plaisir à voir tout de même. On a également les fameux gonflements de veines lorsque la concentration des scanners atteint leur maximum. Malheureusement, malgré toutes ses bonnes intentions, Scanners 2 - La Nouvelle Génération ne tire pas souvent son épingle du jeu et reste une suite lambda, produite bien trop tardivement et qui peine à convaincre réellement. Rien de déshonorant pour un premier film par contre, qui n'eu pas les honneurs d'une sortie en salle et sortit directement en vidéo.  


METAL LORDS


METAL LORDS
(Metal Lords)

Réalisateur : Peter Sollett
Année : 2022
Scénariste : D.B. Weiss
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Film musical
Interdiction : /
Avec : Jaeden Martell, Adrian Greensmith, Isis Hainsworth, Analesa Fisher

L'HISTOIRE : Hunter a pour seul ami Kevin. Ces deux ados ne comptent pas parmi les plus populaires du lycée, bien au contraire. Pour inverser cette tendance, Hunter, passionné par la musique métal, décide de créer un groupe : les SkullFucker ! Il demande à Kevin de le rejoindre à la batterie. Les deux camarades, tout en cherchant un troisième membre pour tenir la basse, inscrivent leur groupe à la Battle of the Bands de leur école, bien décidés à devenir des dieux du métal...

MON AVIS : C'est un projet de longue date que Metal Lords pour le scénariste D.B Weiss, qui a du le repousser depuis plusieurs années, trop pris par son implication dans le show le plus populaire de la planète, à savoir Game of Thrones bien sûr ! Mais voilà, après la dernière saison de la série, il a pu se remettre dans le bain et peaufiner l'histoire de ces deux ados mal dans leur peau et qui vont essayer de s'en sortir grâce à un groupe de métal ! Et il a bénéficié de l'appui de Tom Morello, guitariste de Rage Against the Machine ! Très clairement, Metal Lords est une Teen Comédie, un divertissement assez sympa, qui reste assez léger et aborde quelques thématiques adolescentes comme le harcèlement, la solitude, le mal-être ou les addictions mais de manière superficielle, sans vraiment rentrer dans le vif du sujet ou en les approfondissant de manière plus dramatique ou sérieuse. L'objectif premier est ici de s'amuser à suivre nos deux losers tentaient de devenir des stars de la musique métal à travers leur groupe de lycée. Et c'est là que Metal Lords marque le plus de points : sont offerts à notre vue tee-shirt et posters de groupes phares (Iron Maiden, Metallica, Slayer, Pantera, Black Sabbath, Guns N'Roses et j'en passe...), présence de caméo très célèbres (Tom Morello, Rob Halford, Kirk Hammett ou Scott Ian) et surtout une bande son qui déboîte avec des tas de classiques qui parsèment les scènes du film. Les deux acteurs principaux, Adrian Greensmith (Hunter) et Jaeden Martell (Kevin) s'en sortent très bien et participent pleinement à l'empathie qu'on ressent pour eux. La romance entre Kevin et la contrebassiste Emily (Isis Hainsworth), les tensions au sein du groupe "à cause" de cette dernière, les auditions et les répétitions, les ennuis, les disputes entre élèves viennent dynamiser une mise en scène somme toute assez classique et qui aurait pu se montrer plus originale. On appréciera toutefois qu'elle ne se la joue pas trop "clipesque", comme on aurait pu s'y attendre. Personnellement, ma séquence préférée est celle où Hunter se maquille façon Black Metal, c'est à mourir de rire. Metal Lords devrait satisfaire les fans de hard-rock et de heavy metal, ce style musical souvent décrié étant vraiment au centre de l'intrigue et donnant une direction, un repère, un but à nos protagonistes un peu perdu dans la vie. On passe en tout cas un bon moment en leur compagnie.


DEMENTIA 13

 

DEMENTIA 13
(Dementia 13)

Réalisateur : Francis Ford Coppola
Année : 1963
Scénariste : Francis Ford Coppola, Jack Hill
Pays : Etats-Unis, Irlande
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : William Campbell, Luana Anders, Bart Patton, Mary Mitchel, Patrick Magee...

L'HISTOIRE : Alors qu'elle fait une promenade nocturne en barque avec son mari John Haloran, celui-ci est victime d'une crise cardiaque. Voulant obtenir une part de l'héritage, Louise jette le corps de son défunt mari par dessus bord et annonce à sa famille qu'il est parti en voyage d'affaire pour une durée indéterminée. Car Louise ne peut prétendre à l'héritage que si John est vivant. Elle fait plus ample connaissance avec la famille Haloran, composée de madame Haloran et de ses deux fils, Richard et Billy. Une famille bien curieuse, dont la matriarche pleure toujours la mort de sa fille cadette Kathleen, décédée par noyade dans l'étang familial lorsqu'elle était enfant. Une matriarche assez autoritaire, qui refuse tout mariage depuis cet incident, ce qui complique la vie de Richard, qui a fait venir sa fiancée Kane. Le médecin de famille, Justin Caleb, est également présent dans l'immense demeure des Haloran...

MON AVIS : Alors qu'il occupe le poste de réalisateur de seconde équipe sur le film The Young Racers (1963), Francis Ford Coppola se voit autoriser par le réalisateur en titre de ce film, le célèbre Roger Corman, a utiliser les décors, l'équipe technique et même certains membres du casting pour son propre film Dementia 13, tant qu'il ne dépasse pas les délais imposés et le budget restant ! William Campbell, Luana Anders et Patrick Magee se retrouvent donc au générique de ce très bon film d'épouvante, à la mise en scène et au visuel très travaillés. L'histoire prend une tournure assez inattendue car, au départ, on a l'impression d'être dans une sorte de thriller un peu Hitchcockien, avec une histoire d'héritage et le personnage de Louise (Luana Anders), une fort jolie blonde qui n'a aucun scrupule à se débarrasser du corps de John, son pauvre mari qui vient d'avoir une attaque. Une séquence introductive qui nous met de suite dans une ambiance un peu morbide et qui donne envie d'en savoir plus. Louise se rend au domicile familial de son défunt époux pour rencontrer le reste de la famille de ce dernier, tout en camouflant sa mort, le fait que John soit vivant étant une condition sine qua non pour toucher une partie de l'héritage. Un héritage qui ne se débloquera qu'avec l'assentiment de la maîtresse de maison, madame Haloran (Eithne Dunne), ce qui semble pour le moment bien compliqué. On découvre l'existence des deux autres fils de madame Haloran, avec Richard (William Campbell) et Billy (Bart Patton). Richard a également fait venir sa fiancée, la toute aussi charmante Kane (Mary Mitchel). Le médecin de famille, le docteur Caleb (Patrick Magee) est également présent pour soigner la dépression de la maîtresse de maison, inconsolable depuis plus de six ans, après la noyade de sa fille cadette Kathleen. Dans les histoires d'héritage, on sait que tous les protagonistes deviennent des potentiels manipulateurs, des conspirateurs voire des assassins. Dementia 13 va donc développer son suspense petit à petit, tout en jouant sur l'aspect psychologique des personnages et sur la présence non physique de Kathleen qui, bien qu'étant morte, est présente en pensée constamment dans la vie de la famille Haloran. Surtout que la famille est justement réunie pour célébrer les sept ans de sa disparition, ce qui plonge à nouveau madame Haloran dans une grande dépression mentale. Une fragilité que Louise compte bien exploiter à son avantage, en imaginant un plan machiavélique, censé accroître la dépression de la vieille dame. La scène du lac, superbement filmée, voit un nouvel élément de suspense et d'épouvante nous être proposé, avec la mort, à coup de hache, d'un des personnages principaux ! Un tueur psychotique est donc présent dans la vaste demeure Haloran ! Petit bémol, l'identité du tueur est facilement devinable, notamment grâce à la copie restaurée du film, la position de la caméra et l'ombre sur son visage ne permettant pas de réellement la camoufler. Pas bien grave au final, tant Coppola peaufine son atmosphère, joue avec ses décors et les éclairages, plongeant son film dans une ambiance d'épouvante gothique savamment entretenue et délicieusement efficace. Des nombreux autres éléments participent à cette ambiance gothique, les personnages déambulent dans la nuit, les actrices portent des nuisettes transparentes, il y a des pièces secrètes dans la maison, des pierres tombales dans l'étang intérieur et autres petites joyeusetés qui font de Dementia 13, malgré une histoire assez classique au final, et sans véritable surprise si on y regarde bien, un très bon thriller d'épouvante, qui montrait déjà la technique et la maîtrise du débutant Francis Ford Coppola derrière une caméra et qui prouve encore une fois qu'avec un bon réalisateur et une bonne histoire, petit budget n'est pas égal à mauvais film !


RAGE

 

RAGE
(Rabid)

Réalisateur : David Cronenberg
Année : 1977
Scénariste : David Cronenberg
Pays : Canada
Genre : Horreur, Science-fiction
Interdiction : -16 ans
Avec : Marilyn Chambers, Frank Moore, Joe Silver, Howard Ryshpan, Susan Roman...

L'HISTOIRE : Alors qu'ils font une ballade à moto, Hart et sa fiancée Rose ont un grave accident de la route. Conduite d'urgence à la clinique du docteur Keloid, Rose va être opérée par ce dernier, qui va l'utiliser comme cobaye pour tester sa nouvelle technique de greffe. Un mois plus tard, Rose sort du coma et se retrouve dotée d'un curieux appendice située sous son aisselle. La jeune femme a de fréquents accès de violence et découvre que l'appendice a besoin de se nourrir de sang, transmettant aux victimes une maladie proche de la rage. Bientôt, la contamination se propage à vitesse grand V et chaque infecté permet au virus de circuler...

MON AVIS : Deux ans après Frissons (1975), le Canadien David Cronenberg poursuit son parcours dans le cinéma de genre avec Rage, réalisé en 1977. Malgré les bénéfices engrangés par Frissons, la société Cinepix ainsi que le producteur Ivan Reitman ont besoin de plus d'argent pour ce nouveau film et ils font appel au gouvernement canadien. Le Quebec répond présent et le tournage va donc se dérouler à Montréal principalement. Même si le budget est nettement plus conséquent pour Cronenberg, Rage n'a rien d'une super-production et il devra à nouveau faire preuve d'ingéniosité pour pouvoir transformer en images son scénario, qui contient toujours ses thématiques fétiches, à savoir le corps et ses mutations. Un scénario qui n'est toutefois pas exempt de quelques maladresses et qui contient un peu trop de zones d'ombre je trouve, ce qui est un peu préjudiciable au film. On a par exemple beaucoup de mal à comprendre le rapport entre les greffes de peau pratiquées par le chirurgien sur l'héroïne et l'apparition de cette ouverture contenant un dard vampire située sous son aisselle. Idem, en quoi la piqûre de ce dard pompeur de sang humain permet la propagation d'un virus rabique aux victimes ? Mystère et boule de gomme ! On aurait bien aimé avoir des explications plus détaillées concernant ces deux sujets mais on n'en saura malheureusement pas plus. Dommage. Ce manque d'information permettant la compréhension totale du récit, bien qu'un peu gênante, ne fait pas pour autant de Rage un mauvais film, loin de là. La prestation de l'actrice Marilyn Chambers dans le rôle de Rose est un atout majeur et permet au film de maintenir un intérêt constant. Si Marilyn Chambers est plus connue pour ses prestations dans les grands classiques du cinéma X comme Derrière la Porte Verte ou Insatiable, elle livre ici une très bonne interprétation et donne une vraie épaisseur à son personnage, montrant ses faiblesses, sa fragilité face à une situation qui la dépasse et qu'elle ne comprend pas, fragilité qui est contrecarrée lors de sa soif de sang, qui la transforme en vraie veuve noire sans pitié. L'actrice délivre de nombreuses émotions à l'écran et Cronenberg, qui voulait au départ que Rose soit interprétée par Sissy Spacek, n'a jamais regretté son choix par la suite, entièrement satisfait du jeu d'actrice de Marilyn, qui porte littéralement Rage sur ses épaules. Comme dans la grande majorité de ses films, le réalisateur offre un public des séquences malaisantes et perturbantes, et Rage ne fait pas exception à la règle : la présence du dard sous l'aisselle de Marilyn Chambers, à la connotation sexuelle évidente, est quelque peu dérangeante ; les infectés, avec bave verdâtre aux lèvres et comportement agressif, se montre particulièrement répugnants ; la mise en place par la gouvernement de la loi martiale nous rappelle des séquences de La Nuit des Fous Vivants (1973) de George A. Romero et fait plonger l'ambiance du film vers un profond nihilisme, qui prendra sa forme définitive avec la glaçante scène finale ; le comportement de Rose quand elle devient prédatrice crée un climat oppressant, notamment dans la séquence de la piscine ou lors de ses déambulations nocturnes ; la propagation du virus à travers toute la ville, transmit par la salive ou par morsures, place Rage comme étant l'un des grands précurseur des films d'infectés à venir, comme [Rec] ou 28 jours plus tard entre autres. Je serais un peu plus mitigé par contre en ce qui concerne les personnages secondaires, comme le petit ami de Rose (Frank Moore) et même le docteur Keloid (Howard Ryshpan), qui ne sont clairement pas très développés et qui, au final, ne servent pas à grand chose dans l'histoire. On sent vraiment que Cronenberg a mis tout le paquet dans le personnage de Rose, oubliant au passage de donner de la consistance aux autres protagonistes. Reste que Rage, au même titre que Frissons, contient les bases du cinéma de Cronenberg et qu'il reste une oeuvre importante dans la filmographie du réalisateur. Pas parfait, mais avec un réel potentiel, que viendra confirmer le fabuleux Chromosome 3 en 1979. 



RESIDENT EVIL - BIENVENUE A RACCOON CITY

 

RESIDENT EVIL - BIENVENUE A RACCOON CITY
(Resident Evil - Welcome to Raccoon City)

Réalisateur : Johannes Roberts
Année : 2021
Scénariste : Johannes Roberts
Pays : Canada, Allemagne
Genre : Action, Horreur, Science-fiction
Interdiction : -12 ans
Avec : Kaya Scodelario, Robbie Amell, Hannah John-Kamen, Tom Hopper...

L'HISTOIRE : Autrefois le siège en plein essor du géant pharmaceutique Umbrella Corporation, Raccoon City est aujourd'hui une ville à l'agonie. L'exode de la société a laissé la ville en friche et un grand mal se prépare sous la surface. De retour dans sa ville natale, Claire Redfield retrouve son frère Chris, qui fait partie des agents de police de la ville. Ce dernier est envoyé en mission avec ses co-équipiers dans un gigantesque manoir pour retrouver deux autres agents qui ne donnent plus signe de vie. Pendant ce temps, Claire vient au secours de Leon Kennedy et du chef du service de la police, dont le commissariat est pris d'assaut par une horde d'infectés au comportement agressif...

MON AVIS : En 2002, la célèbre franchise de jeux vidéos horrifiques Resident Evil se voyait adapter au cinéma par Paul W.S. Anderson, avec Milla Jovovich en héroïne. Un film qui est devenu le premier chapitre d'une saga qui compte six épisodes et qui s'est conclut en 2016, avec de très nombreuses libertés prises par rapport aux jeux vidéos, ce qui fait qu'elle n'a pas que des fans. En 2021, Johannes Roberts, réalisateur qui oeuvre dans le genre depuis 2002 et qui s'est principalement fait connaître avec des films tels F47 Meters Down et sa suite 47 Meters Down : Uncaged ou Strangers: Prey at Night entre autres, se voit solliciter pour mettre en scène un reboot qui zapperait toute la saga avec Milla Jovovich et qui serait nettement plus fidèle à la saga vidéo-ludique. C'est donc avec Resident Evil - Bienvenue à Raccoon City que les hostilités commencent. Parmi les principaux reproches adressés au film de Johannes Roberts, on trouve le manque de ressemblance des acteurs avec leur avatar numérique, et notamment Jill Valentine, jouée ici par Hannah John-Kamen et qui, il faut bien l'avouer, ne ressemble pas du tout au personnage apparu dans le premier jeu Resident Evil et qu'on reverra dans Resident Evil 3 : Nemesis. C'est un peu pareil avec Leon S. Kennedy, joué par Avan JogiaConcernant Chris Redfield et Albert Wesker, ça passe nettement mieux avec respectivement les acteurs Robbie Amell et Tom Hopper. Quant à Claire Redfield, il n'y a pas trop de souci non plus avec l'actrice Kaya Scodelario qui porte le célèbre blouson rouge, si ce n'est une coupe de cheveux un peu plus bouclée et ondulée. Hormis ça, ce nouvel Resident Evil saura satisfaire les fans avec des séquences ou des décors issus principalement des deux premiers jeux : on a le commissariat de Raccoon City, le majestueux manoir, la découverte du premier zombie identique au premier jeu, le conducteur du camion infecté, le chien infecté, la horde d'infectés dans la ville et même le fameux Licker au look travaillé, ainsi que la fuite des survivants dans un train. D'autres petites références et clins d'oeil sont également au  menu. Autre point à mettre dans le positif, l'ambiance. Resident Evil - Bienvenue à Raccoon City se la joue ouvertement film d'horreur, là où la saga avec Milla Jovovich mettait plus en avant l'aspect action. Johannes Roberts a préféré jouer sur le tension, avec des attaques d'infectés et quelques jump-scares assez efficaces. Il y a bien sûr de l'action mais elle n'est pas trépidante et participe à l'atmosphère oppressante. Alors oui, le film n'est pas exempt de défauts, on sent que le réalisateur a voulu faire un excès de fan-service avec peut être trop de référence dans un seul film. Mais dans l'ensemble, mon jugement après cette nouvelle vision via le Blu-Ray reste le même que lorsque je suis sorti de la séance de cinéma. Resident Evil - Bienvenue à Raccoon City est une série B qui passe plutôt bien, qui ne révolutionne pas grand chose certes mais fait le job et qui se montre largement plus fidèle aux jeux dans son ensemble et c'est bien ça qu'on lui demandait au final. Pour ma part, j'irai voir la suite sans hésitation aucune...

* Disponible en DVD, BR et UHD chez METROPOLITAN VIDEO



DR. JEKYLL ET LES FEMMES

 

DR. JEKYLL ET LES FEMMES
(Dr. Jekyll et les Femmes)

Réalisateur : Walerian Borowczyk
Année : 1981
Scénariste : Walerian Borowczyk
Pays : France, Allemagne
Genre : Science-fiction, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Udo Kier, Marina Pierro, Patrick Magee, Gérard Zalcberg, Howard Vernon...


L'HISTOIRE : Alors qu'une fillette vient d'être sauvagement assassinée dans les ruelles de Londres, de nombreux invités se rendent au manoir du docteur Jekyll, afin de fêter les noces de ce dernier avec la belle Fanny Osbourne. Durant la soirée, une des invitées, la jeune Victoria qui s'était retirée dans une chambre pour se reposer, est agressée par un mystérieux inconnu. La panique règne au manoir, les femmes se calfeutrant dans les chambres quand les hommes tentent de mettre la main sur l'agresseur. Cherchant son époux, Fanny découvre un terrible secret le concernant...

MON AVIS : On ne le cite quasiment jamais mais Udo Kier n'a pas seulement interprété deux figures majeures du cinéma fantastique, à savoir le comte Dracula et le Baron Frankenstein. L'acteur allemand a également joué le personnage du tout aussi célèbre Dr. Jekyll et ce, dans ce curieux film du réalisateur d'origine polonaise Walerian Borowczyk, qui s'est exilé en France dans les années 60 et qui y a vécu jusqu'à la fin de sa vie, en 2006. Principalement connu pour ses œuvres fantasmagoriques et érotiques telles Contes Immoraux (1973), La Bête (1975) ou Intérieur d'un couvent (1978), Borowczyk a d'abord été réticent à l'idée d'adapter le récit de Robert Louis Stevenson écrit en 1886 car il ne voulait en aucun cas réaliser un simple remake, l'histoire ayant déjà eu de nombreuses adaptations cinématographiques et ce, dès l'époque du cinéma muet. Ayant eu vent de l'histoire apparemment véridique dans laquelle la propre femme de Stevenson, Fanny Osbourne, aurait rejeté le premier jet de L'étrange cas du Dr. Jekyll et Mr. Hyde, trouvant ce dernier beaucoup trop violent et inconvenant, Borowczyk décide d'adapter le récit à sa manière, en prenant toutes les libertés possibles et en intégrant le personnage de Fanny Osbourne au scénario. Pour interpréter le docteur Jekyll, il faut donc appelle à Udo Kier. Il confie à la belle Marina Pierro, qui est devenue sa muse depuis Intérieur d'un Couvent, le rôle de Fanny. Parm iles autres membres du casting, on trouve Patrick Magee, célèbre acteur dont la prestation dans Orange Mécanique, entre autres, a marqué les esprits mais aussi l'un des chouchous de Jess Franco, à savoir Howard Vernon. Fait étonnant, Udo Kier n'interprète pas le vil Hyde ici alors que dans la majorité des adaptations, c'est le même acteur, grimé et maquillé, qui joue les deux rôles. La tâche est confiée à un acteur au faciès déstabilisant et inquiétant, Gérard Zalcberg, que les fans de Jess Franco ou du cinéma horrifique connaissent pour avoir été le tueur fou au côté de Brigitte Lahaie dans Les Prédateurs de la Nuit en 1987. Au départ, Borowczyk souhaite appeler son film L'étrange cas du Dr. Jekyll et de Miss Osbourne, cette dernière étant réellement le personnage principal du film. Les distributeurs en ont décidé autrement et le film sortit sous le titre peu inspiré de Dr. Jekyll et les Femmes, peut-être pour faire croire qu'il s'agissait d'un nouveau film érotique du réalisateur. Si l'érotisme n'est pas absent du film, il reste tout de même très léger et ce n'est guère sa raison d'être. D'ailleurs, selon Marina Pierro, ce re-titrage sauvage n'a pas été du goût du cinéaste, Qu'en est-il donc du film ? Honnêtement, j'ai été un peu désarçonné lors de sa vision. Hormis la première séquence qui montre l'agression d'une fillette dans des rues sombres, tout le reste du film va se dérouler dans le manoir de Jekyll et devenir une sorte de huis-clos, sans aucune autre scène tournée en extérieur. Qui plus est, le jeu de nombreux acteurs, dont Patrick Magee en premier lieu, se révèle très théâtral, voire totalement surjoué, ce qui est déstabilisant pour le spectateur. Le rythme est de plus très posé, il y a de nombreuses scènes de dialogues, comme lors du repas où les protagonistes dissertent sur diverses théories mises en avant par notre efficient médecin, ce qui n'est guère passionnant avouons-le. Plus étonnant seront les sortes de flash nous montrant des éclats de violence, sans qu'on comprenne ce que ça veut dire. L'apparition de Hyde au manoir va dynamiser un peu le rythme, sans toutefois nous transporter. On reste pour le moment sur une impression mitigé de voir du théâtre filmé, avec toutefois quelques séquences un brin perturbante, comme celle dans laquelle Hyde ligote le personnage joué par Magee et va baiser la fille de ce dernier devant lui, celle-ci se montrant parfaitement consentante, comme si elle connaissait déjà Hyde et était attirée par son côté sombre et machiste. Le meurtre d'un autre invité, masculin, commis de façon homosexuelle dirons-nous, vu l'endroit choisi, participe aussi à créer une ambiance un peu malsaine. Plus le film avance, plus il prend une nouvelle dimension et se montre intrigant. Ici, Jekyll a inventé un sérum pour devenir Hyde mais il ne l'absorbe pas. Il verse le produit dans une baignoire et prend donc un bain pour se métamorphoser. C'est l’absorption d'un contre-sérum qui lui permet de redevenir Jekyll. La séquence de la baignoire est très réussie car elle est vécue par les yeux de Fanny, qui cachée dans la pièce derrière une armoire, peut tout observer. La thématique du Bien et du Mal est bien sûr présente et elle est mise en valeur par Jekyll mais surtout par Fanny. En effet, la jeune femme, nouvellement mariée, vit dans une société fait de privation et de règles morales qu'elle ne semble pas supporter. En désir d'émancipation, elle trouve dans la transformation de son mari en ignoble Hyde la solution pour mener la vie qu'elle désire, sans se soucier des codes, des tabous. Il semble d'ailleurs en être de même pour Jekyll, qui passe plus de temps sous sa maléfique apparence que sous celle du gentil docteur, pouvant ainsi commettre agressions, viols et meurtres, choses que la société réprime. Le final est très bien pensé et fait surgir tout l'attrait érotique de Marina Pierro, qui choisit, en toute connaissance de cause, de plonger elle aussi dans la baignoire contenant le sérum de transformation, tout en sachant qu'il n'existe plus de dose d'anti-sérum. L'actrice devient une véritable femme fatale, ses yeux deviennent rouges, comme le désir, et elle ne va faire qu'un avec Hyde. La prestation de Gérard Zaclberg est bonne et Hyde se montre sans moralité aucune, respectant bien ce personnage emblématique. Curieux film donc que Dr. Jekyll et les Femmes, dont la vision mérite un petit effort et de la patience pour qu'il vous prenne par la main et vous embarque avec lui. En tout cas, il y a de bonnes trouvailles scénaristiques et effectivement, ce n'est en rien un remake mais bel et bien une nouvelle approche de l'oeuvre de Stevenson par un réalisateur talentueux et à l'univers bien défini. 

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARROW VIDEO <-   
- Brand new 2K restoration, scanned from the original camera negative and supervised by cinematographer Noël Véry
- High Definition Blu-ray (1080p) and Standard Definition DVD presentation of the film, released on both formats for the first time anywhere in the world
- English and French soundtracks in LPCM 1.0
- Optional English and English SDH subtitles
- Appreciation by critic and long-term Borowczyk fan Michael Brooke
- Audio commentary featuring archival interviews with Walerian Borowczyk and new interviews with cinematographer Noël Véry, editor Khadicha Bariha, assistant Michael Levy and filmmaker Noël Simsolo, moderated by Daniel Bird 
- Brand new interview with Udo Kier
- Brand new interview with Marina Pierro
- Himorogi (2012), a short film by Marina and Alessio Pierro, made in homage to Borowczyk
- Interview with artist and filmmaker Alessio Pierro
- Phantasmagoria of the Interior, a video essay on Borowczyk’s Dr Jekyll by Adrian Martin and Cristina Álvarez López
- Eyes That Listen, a featurette on Borowczyk’s collaborations with electro-acoustic composer Bernard Parmegiani
- Happy Toy (1979), a short film by Borowczyk inspired by Charles-Émile Reynaud’s praxinoscope 
- Introduction to Happy Toy by production assistant Sarah Mallinson
- Returning to Méliès: Borowczyk and Early Cinema, a featurette by Daniel Bird
- Reversible sleeve with artwork based on Borowczyk’s own poster design



CHROMOSOME 3

 

CHROMOSOME 3
(The Brood)

Réalisateur : David Cronenberg
Année : 1979
Scénariste : David Cronenberg
Pays : Canada
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Oliver Reed, Samantha Eggar, Art Hindle, Cindy Hinds, Susan Hogan...


L'HISTOIRE : Frank Carveth éduque seul sa fille Candice depuis que sa femme Nola, psychologiquement instable, a été placée dans l'institut du docteur Raglan. Ce dernier a mis au point une nouvelle forme de thérapie qu'il utilise sur ses patients. Quand Frank découvre des marques de violence sur le dos de sa fille, qui a droit de voir Nola le week-end, il se rue chez Raglan pour demander des explications. Ce dernier n'étant pas très causant, Frank le menace de ne plus amener Candice voir sa femme, qu'il tient pour responsable des coups. Le temps de gérer la situation, Frank emmène Candice vivre chez sa grand-mère. Peu de temps après, celle-ci est assassinée par un curieux intrus de petite taille...

MON AVIS : Après Frissons (1975) et Rage (1977), David Cronenberg poursuit son travail sur la thématique du corps et de ses mutations avec l'impressionnant Chromosome 3, titre français un peu ridicule il faut bien le reconnaître. Le réalisateur canadien livre ici une oeuvre majeure de sa filmographie, véritablement malaisante, et à l'aspect horrifique on ne peut plus efficace. Réalisé en 1979, Chromosome 3 est un must de ce qu'on a appelé le Body Horror, et les images chocs du film hanteront longtemps votre mémoire, que ce soit les espèces de gnomes monstrueux dont l'origine vous fera froid dans le dos, les scènes de meurtres dont celle, très perturbante, d'une enseignante en pleine classe et qui est entourée de jeunes enfants, la séquence dans le grenier avec la présence de toute cette "couvée" (le titre original The Brood) et bien sûr la scène avec l'effrayante Samantha Eggar qui fait une révélation on ne peut plus tétanisante et écœurante à son mari, je laisse la surprise à ceux qui n'ont pas vu le film. Inventif et perturbant, le scénario écrit par Cronenberg lui-même nous dépeint la nouvelle thérapie mis en place par le docteur Raglan, très bien interprété par un Olivier Reed assez froid et méthodique mais qui réveillera les faiblesses et les peurs de son personnage lors du final. Une thérapie d'un nouveau genre et qui permet au réalisateur de jouer sur son thème de prédilection, à savoir la chair, le corps et ses mutations comme déjà dit. Cette thérapie, unique en son genre, permet au docteur Raglan de matérialiser les troubles mentaux de ses patients. Le milieu médical a toujours intéressé Cronenberg et il en fait à nouveau une brillante démonstration ici. Le film débute comme un drame familial, avec le héros, Frank Carveth, joué par Art Hindle, qui est en instance de divorce à cause des troubles mentaux de sa femme Nola. Mari aimant, il a placé cette dernière dans l'institut du docteur Raglan pour tenter de la guérir. Il élève sa petite fille Candice, interprétée par une excellente Cindy Hinds, dont elle seule à le droit de rendre visite à sa mère durant le traitement. Une mère qui s'est montrée violente envers sa fille et qui est soignée pour comprendre d'où vient cette violence. La découverte de nombreux bleus et griffures sur le dos de Candice alerte Frank, qui comprend que sa femme s'en est encore prise à elle au sein même de la clinique de Raglan. Débute alors une spirale infernale pour le père et sa fille, qui ne cessera de tendre vers la monstruosité et le sordide. La mise en scène de Cronenberg est parfaitement maîtrisée, jouant admirablement bien avec la tension, se montrant nerveuse quand il le faut. Le casting s'en sort admirablement bien et la musique d'Howard Shore accompagne parfaitement les images, créant ce malaise insidieux qui ne cesse d'augmenter chez le spectateur. Difficile de parler de Chromosome 3 sans en dévoiler les mécaniques et les troublantes révélations. Le film a, en tout cas, conservé sa puissance évocatrice et il demeure toujours aussi efficace revu de nos jours, contrairement à l'oeuvre suivante de Cronenberg, Scanners, qui, pour ma part, supporte beaucoup plus mal le poids des années. Grand film d'horreur corporel, Chromosome 3 reste à redécouvrir et s'avère un fleuron 70's du genre !