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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




THE UNION

 

THE UNION
(The Union)


Réalisateur : Julian Farino
Année : 2024
Scénariste : Joe Barton, David Guggenheim
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Action
Interdiction : /
Avec : Halle Berry, Mark Wahlberg, J.K. Simmons, Jessica De Gouw, Mike Colter...

L'HISTOIRE Mike, ouvrier du bâtiment originaire du New Jersey et garçon pragmatique, se retrouve plongé dans le monde des espions lorsque son ex-petite amie du lycée, Roxanne, l’engage pour une mission à hauts risques pour le compte des services secrets américains...

MON AVIS : Bon, rien de neuf dans le ciel des Buddy Movie, ces films d'action avec une forte connotation humoristique dans lesquels deux partenaires que tout sépare doivent faire équipe pour le meilleur et... le pire ! Ici, c'est donc Mike (Mark Wahlberg), ouvrier du bâtiment, qui va devoir bosser en duo avec Roxanne (Halle Berry), son ex-petite amie à l'époque du lycée, qui fait partie d'une agence secrète des USA, uniquement composée des gens ordinaires, qui ont toutefois suivis un entraînement intensif, et ce, pour passer le plus inaperçu possible lors de missions périlleuses. La dernière mission de Roxanne s'est d'ailleurs terminée sur un cuisant échec, la totalité de son équipe s'étant faite éliminer. Ayant toujours la confiance de son patron (J.K. Simmons), Roxanne doit rapidement trouver un nouveau candidat qui devra récupérer une mallette contenant de précieuses informations. Son choix se fait donc sur son ex-petit copain du lycée, qui ne l'a pas revu depuis des années et qui en est toujours amoureux. Ces retrouvailles inattendues vont donc être rythmées par pas mal d'action et beaucoup d'humour, que ce soit au niveau des situations rocambolesques proposées ou des dialogues. Niveau action, on a ce qu'il faut à se mettre sous la dent, avec des explosions, de la castagne et des courses-poursuites en voitures qui font le job. Le duo Wahlberg / Berry est sympa et fonctionne plutôt bien à l'écran. La mise en scène se montre nerveuse et on a pas trop le temps de s'ennuyer dans l'ensemble. Maintenant, comme dit plus haut, il n'y a pas de quoi se relever la nuit. On nage dans le cliché et le déjà-vu, on a souvent l'impression de voir une version Buddy movie des aventures de Jason Bourne ou de Mission Impossible la plupart du temps, avec trahisons, retournement de situations, le tout dans divers décors et pays, ce qui offre au public un certain dépaysement. Ça se laisse gentiment regarder, ça ne révolutionne absolument rien, mais on passe néanmoins un bon moment pas prise de tête et on aura sûrement oublié The Union dès le lendemain.

        

JOHNNY S'EN VA-T-EN GUERRE

 

JOHNNY S'EN VA-T-EN GUERRE
(Johnny got his Gun)


Réalisateur : Dalton Trumbo
Année : 1971
Scénariste : Dalton Trumbo, Luis Bunuel
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Guerre
Interdiction : -12 ans
Avec : Timothy Bottoms, Kathy Fields, Jason Robards, Donald Sutherland...

L'HISTOIRE : Joe Bonham s'engage pour aller faire la guerre, lors de la Première Guerre mondiale. La chute d'un obus à côté de lui l'envoie à l'hôpital militaire. Terriblement mutilé, il est privé de bras, de jambes, de la vue, de l'audition et de la parole. Les médecins pensent qu'il est décérébré et décide de le maintenir en vie. Seulement, Joe est encore doté d'une conscience. Il revoit des épisodes de sa vie en rêve et va tenter d'établir une communication avec le personnel soignant...

MON AVIS : Ma première rencontre avec Johnny s'en va-t-en guerre date de mon adolescence. Fan de musique métal, et de Metallica en particulier à cette époque, je tombe en 1989 sur le clip du titre-phare de ce groupe, One. Un clip qui mêle des images du groupe jouant la chanson mais aussi des images d'un film montrant le calvaire d'un homme-tronc, blessé de guerre et que l'armée garde en vie. Les paroles même de la chanson correspondent exactement aux images du film, comme si le chanteur James Hetflield était le soldat mutilé. Un clip choc qui m'a donné envie d'en savoir plus sur ce film qui m'était inconnu. Bien plus tard, j'ai pu voir ce fameux Johnny s'en va-t-en guerre. C'est l'unique réalisation de Dalton Trumbo, un écrivain qui a d'ailleurs signé le roman éponyme publié en 1939. Un roman perpétuellement cité lors de manifestations pacifistes, puisqu'il est un véritable pamphlet anti-guerre. En 1971, l'auteur décide d'adapter lui-même son oeuvre littéraire au cinéma, avec l'aide de Luis Buñuel au scénario. Le film sera présenté à Cannes la même année, où il recevra le Prix Spécial du Jury. Encore aujourd'hui, Johnny s'en va-t-en guerre conserve toute sa force, toute sa puissance évocatrice et reste, avec Les Sentiers de la Gloire, l'un des plus brillants films antimilitaristes jamais mis en scène. Outre le terrible clavaire vécu par le soldat mutilé, interprété par Timothy Bottoms, l'originalité du film de Dalton Trumbo vient aussi de sa réalisation. L'utilisation du noir et blanc pour nous présenter la vie de Joe Bonham après l'explosion de l'obus et l’utilisation de la couleur pour nous faire pénétrer dans son esprit et nous faire revivre son passé, ses cauchemars, ses peurs, ses joies, sa relation avec son père (formidable Jason Robards) ou sa fiancée (la charmante Kathy Fields) sont particulièrement efficaces ici et les scènes en couleur permettent d'apporter un peu de luminosité à ce terrible cauchemar éveillé. Clairement, les scènes en noir et blanc provoquent un sentiment d'étouffement et de malaise constant, qui sont amplifiées par la voix-off omniprésente du malheureux soldat, unique moyen donné au spectateur pour savoir ce qu'il pense, ce qu'il ressent. Les scènes du passé, en couleur donc, viennent apporter à ce même spectateur un peu d'oxygène et de repos mental, afin de pouvoir supporter le sort tragique du pauvre Joe. La bêtise de la guerre, tous ces jeunes soldats qu'on envoient au front pour se faire massacrer, la douleur et la peine des familles endeuillées sont l'une des thématiques traitées par Dalton Trumbo bien sûr. Mais ce n'est pas la seule. L'acharnement thérapeutique fait aussi partie des thèmes traités ici et, à bien y regarder, il surpasse peut être même celui des horreurs de la guerre. Pourquoi garder en vie cet homme-tronc, qu'on ne veut même pas exposer au regard, qu'on garde enfermé dans un simple débarras tout en lui octroyant néanmoins des soins de qualité ? Le thème de la fin de vie, de la dignité à laisser partir un cas désespéré, est toujours d'actualité en 2024 et n'a toujours pas été réglé. La vision de Johnny s'en va-t-en guerre vu par ce prisme, est, à ce titre, d'une grande nécessité également. Antonyme total du mot action, le film de Trumbo n'ennuie pourtant jamais. Les scènes de la vie de Joe Bonham avant son accident peuvent apparaître comme un peu kitsch parfois, mais elles ont une réelle utilité : celle de montrer que Joe n'est qu'un jeune homme comme tous les autres, une victime de la guerre comme il en existe et en existera malheureusement des millions. La présence de Donald Sutherland en Jesus lors de certaines séquences fantasmagoriques met aussi en lumière la notion de Foi tout en montrant les limites de cette dernière. En effet, Jesus ne trouve pas de solution pour Joe, allant même jusqu'à lui dire que tu sois en vie est le pire cauchemar qui soit imaginable. Il semblerait que ces scènes avec Jesus soit l'idée de Luis Buñuel, un ami de Dalton Trumbo. Elles versent tellement dans le surréalisme que ça ne m'étonnerait pas. La notion religieuse est aussi fortement éraillée à la fin du film, quand un haut gradé demande à un prêtre militaire s'il n'a rien à dire ou à offrir à Joe Bonham. Le prêtre répond alors à l'officier une sentence terrible et effroyable : il est le produit de votre profession, pas de la mienne. Si on se trouve terriblement impuissant face au sort de Joe tout au long du film, on se surprend à ressentir une vive émotion d'espoir quand, après avoir discuté avec son père décédé en rêve, il trouve enfin un moyen de communiquer avec le monde extérieur grâce au code Morse. Une scène très intense, qui marque les esprits de façon concrète. Et qui se solde malheureusement par un nouvel échec, qui clôturera le film de la plus effroyable des manières. Déprimant au plus haut point, Johnny s'en va-t-en guerre est un authentique chef-d'oeuvre du cinéma, un choc cinématographique qui nous laisse les mains moites devant notre écran. Une oeuvre essentielle, qui s'est vu remasterisé en 4K d'une éblouissante façon, ce qui permettra à tous de la redécouvrir avec une qualité optimum. Merci Malavida pour ce travail ! 

* Ressortie cinéma en 4K dès le 11 septembre et on espère sur support physique ensuite




Et pour les fans, le clip de Metallica sous titré en français : 

SEYTAN

 

SEYTAN
(Seytan)


Réalisateur Metin Erksan
Année : 1974
Scénariste Yilmaz Tümtürk
Pays Turquie
Genre Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Canan Perver, Cihan Ünal, Meral Taygun, Agah Hün, Ali Taygun...

L'HISTOIRE : Gül, une jeune adolescente de 12 ans, voit son comportement changé sans raison particulière. Inquiète, Ayten, sa mère, amène sa fille voir divers médecins et spécialistes, qui lui font passer des tas d'examens, sans succès. Pensant que sa fille est possédée, Ayten contacte Tugrul Bilge, un psychologue qui a écrit un ouvrage sur la possession et les exorcismes. Convaincu qu'un démon habite le corps de Gül, Tugrul demande l'aide d'un exorciste afin de libérer Gül de l'entité qui a pris possession de son corps et qui dit être Satan...

MON AVIS : Bon, je pense qu'à la lecture de ce résumé, vous avez tous en tête le célèbre film de William Friedkin, L'Exorciste bien sûr ! Normal puisque Seytan, réalisé par le Turc Metin Erksan en 1974, soit un an après le succès phénoménal du classique avec Linda Blair, en est une copie presque conforme. L'Esorcista ad Istanbul ou le Turkish Exorcist comme il se fait aussi appeler, reprend en effet des pans entiers du film de Friedkin, et utilise même le fameux Tubular Bells de Mike Oldfield, sans se soucier des notions de plagiat ou de droit d'auteur ! Avec son lot d'acteurs totalement inconnue en France, Seytan va donc nous proposer une version turque de la mésaventure de la jeune Regan, rebaptisée ici en... Gül ! La jeune fille est interprétée par Canan Perver, qui n'en finit plus de faire de gros yeux ou de rire de manière diabolique pour nous faire comprendre qu'elle est possédée, avant que son visage ne soit maquillé à outrance pour signifier sa possession. Vous aurez tous les effets du film de Friedkin ici, en nettement plus cheap bien sûr, mais quand même : la tête qui pivote à 180 degrés, le crachat de vomi, l'urine qui coule dans les escaliers, le lit qui est pris de spasmes, le langage ordurier et même la scène de masturbation sanglante, le crucifix chrétien ayant été remplacé ici par une sorte de dague à tête de démon. Si le réalisateur a mis de côté tout le combat entre le Bien et le Mal du film de 1973, transformant même le rôle du Père Karras en simple psychologue écrivain d'un livre sur la possession, ce qui fait perdre toute la dimension spirituelle et religieuse qu'on trouvait dans L'Exorciste, il a par contre gardé l'aspect médical, faisant subir à Gül des tas d'examens et de visites chez des médecins, psychiatres, hypnotiseurs et j'en passe. Ponction de moelle épinière, électrochoc au niveau du cerveau et autres désagréments tenteront d'expliquer le changement de comportement de Gül, sans jamais rien solutionner. Sa mère, interprétée par la jolie blonde Meral Taygun, qui aurait pu être actrice dans des giallos italiens sans problème, joue l'hystérie et l'impuissance de manière convenable et ne sait plus vers qui se tourner avant de tomber sur le livre de Tugrul Bilge dans le grenier. Ce dernier, joué par Cihan Ünal, ne croit pas les dires de la mère avant de se rendre lui-même au chevet de Gül et de constater que la jeune fille est bel et bien sous l'emprise d'un démon peu commode et pas très aimable. Le maquillage n'est pas aussi réussi que celui de Linda Blair mais ca va, il fait le job, avec pas mal de cicatrices et un teint verdâtre qui nous fait bien comprendre ce qu'il faut comprendre ! Ah oui, on aussi la présence d'un détective et même le fameux escalier sous la fenêtre de Regan... euh de Gül je veux dire ! Il connaît l'original sur le bout des doigts ce Metin Erksan !  Le final est bien sûr consacré à l'exorcisme et il faut avouer qu'il est nettement moins puissant et flippant que dans le film de 1973 ! Maintenant, la question que je me pose, c'est : est-ce que Seytan est réellement un nanar, comme on peut le lire un peu partout ? Parce qu'en l'état, et si on oublie que ce n'est qu'un gros plagiat du Friedkin, le film est traité avec sérieux, on n'est pas du tout dans le registre de la parodie ici. Les acteurs essayent de bien jouer, les effets spéciaux sont certes au rabais et font un effet bricolé mais le budget n'a pas du être bien gros et les techniciens ont fait avec ce qu'ils avaient sous la main. En fait, c'est la découverte du cinéma turc qui donne à Seytan un look nanar, parce qu'on a pas l'habitude de voir ces acteurs avec leur coupe de cheveux improbable et qui sont tellement éloignés de leur confrères américains ou européens en terme d'acting ou de charisme. Toujours est-il que la vision de Seytan, même si elle fait sourire la plupart du temps, n'est pas désagréable et que découvrir du cinéma fantastique d'un pays autre que les incontournables fait plaisir à voir !

* Disponible en DVD (Vostf) chez FILMOTRONIK 



RED EYE - SOUS HAUTE PRESSION

 

RED EYE - SOUS HAUTE PRESSION
(Red Eye)


Réalisateur Wes Craven
Année : 2005
Scénariste Carl Ellsworth
Pays USA
Genre Thriller
Interdiction -12 ans
Avec : Rachel McAdams, Cillian Murphy, Brian Cox, Jayma Mays, Angela Paton...

L'HISTOIRE Lisa Reisert a une peur bleue de l'avion, mais l'horreur qui l'attend sur ce vol de nuit pour Miami n'a rien à voir avec sa phobie. Alors qu'elle prend place dans l'engin, elle est agréablement surprise de retrouver Jackson, le charmant jeune homme avec qui elle a pris un verre avant l'embarquement. Cependant, quelques instants après le décollage, ce dernier tombe le masque et révèle la vraie raison de sa présence à bord : il participe à un complot visant à tuer le secrétaire adjoint à la sécurité nationale et Lisa est la clef de son succès. Si elle refuse de coopérer, son propre père sera éliminé par un tueur qui n'attend qu'un appel de Jackson...

MON AVIS : Tourné la même année que Cursed, 2005 voit Wes Craven s'essayer au pur thriller avec Red Eye - sous haute pression. Si le début du film fait un peu peur, le rendu de l'image faisant très téléfilm lambda et pas du tout oeuvre cinématographique, ça s'améliore par la suite et on est enfin prêt à embarquer avec la ravissante Rachel McAdams et le ténébreux beau gosse aux yeux bleus, à savoir Cillian Murphy, qui n'était pas encore une star à l'époque. Le futur interprète de Thomas Shelby dans la série Peaky Blinders joue ici un beau gosse bien sous tout rapport que toute les belles-mères offriraient à leur fille ! Charmant, courtois, serviable, il noue une relation amicale avec Lisa, une responsable d'hôtel qui doit se rendre en avion chez son père. Terrorisée par le fait de voler, elle trouve donc une oreille attentive en la personne de Jackson Rippner. Seulement voilà. Il y a forcément un hic. Nous sommes dans un thriller et dans un film de Wes Craven, pas dans une comédie romantique. Le vernis craque une fois l'appreil ayant pris son envol et notre Don Juan va révéler son vrai visage, celui d'un terroriste devant liquider - par l'intermédiaire de son équipe - une importante personnalité politique qui va passer le week-end dans l'hôtel que gère Lisa. Et c'est parti pour un petit jeu du chat et de la souris dans les airs. Menace, intimidation, Cillian Murphy terrorise Lisa afin qu'elle passe un coup de fil pour déplacer la personnalité politique dans une autre chambre, bien plus propice pour commettre un attentat. Cette dernière tente d'avertir d'autres passagers, l'équipe d'hôtesses de l'air ou même de tromper la vigilance de son voisin de fauteuil. Autant de tentative qui font un peu monter la tension et le suspense. Cette première partie du film, qui se déroule dans dans un avion, est la meilleure, même si on aurait aimé plus de stress, plus de pression. Il faut dire que le champ des possibilités est assez réduit à bord de l'appareil et le huis-clos n'est pas aussi tendu qu'on aurait cru. Mais ça fonctionne pas mal tout de même. Une fois de retour sur la terre ferme, l'action se dynamise un peu et la traque se poursuit dans la maison du père de Lisa, avec une course-poursuite à l'intérieur de la maison qui préfigure celles qu'on verra dans Scream l'année suivante. La caméra est fluide et le passage d'une pièce à une autre bien amené. Reste qu'au final, même s'il est habillement mis en scène, Red Eye ne surprend pas tant que ça et pour ma part, je le classe dans les oeuvres relativement mineure de son créateur...

 

M3GAN

 

M3GAN
(M3gan)


Réalisateur Gerard Johnstone
Année : 2022
Scénariste Akela Cooper
Pays USA, Nouvelle-Zélande
Genre Thriller, Horreur, Science-fiction
Interdiction : -12 ans
Avec : Allison Williams, Violet McGraw, Ronny Chieng, Amie Donald, Jen Van Epps...

L'HISTOIRE M3GAN est un miracle technologique, une cyber poupée dont l’intelligence artificielle est programmée pour être la compagne idéale des enfants et la plus sûre alliée des parents. Conçue par Gemma, la brillante roboticienne d’une entreprise de jouets, M3GAN peut écouter, observer et apprendre tout en étant à la fois l’amie et le professeur, la camarade de jeu et la protectrice de l’enfant à qui elle est liée. Quand Gemma devient tout à coup responsable de sa nièce de 8 ans, Cady, dont les parents sont soudainement décédés, elle n’est absolument pas prête à assumer son rôle. Débordée et sous pression au travail, elle décide de lier le prototype M3GAN encore en développement à la petite fille, dans une tentative désespérée de résoudre ses problèmes sur ces deux fronts. Une décision qui va entraîner d’épouvantables conséquences.

MON AVIS : Les films de poupées tueuses, on en connaît une tripotée, la plus célèbre étant très certainement Chucky bien sûr ! En 2022, on nous en propose une nouvelle, qui répond au doux nom de Megan, ou plus précisément de M3gan, qui veut dire Modèle 3 Génératif Androïde. Un croisement entre Annabelle et Terminator, voilà ce que désirait les producteurs du film, dont James Wan. Ce dernier a fait appel à la scénariste Akela Cooper, avec qui il avait déjà travaillé sur Malignant. Akela brode donc son histoire sur les dangers de l'intelligence artificielle et sur notre dépendance aux nouvelles technologies. La poupée M3gan est un condensé des toutes dernières technologies dans le domaine de la robotique et elle est équipée d'un module d'apprentissage lui permettant de constamment évoluer et d'apprendre. Comme nous sommes dans un thriller horrifique, on se doute que notre gentille poupée blonde va acquérir sa propre autonomie et devenir un danger potentiel pour ceux qui évoluent à ses côtés, à savoir Gemma, sa créatrice et la jeune Cady, une petite fille qui vient de perdre ses parents et qui est obligée de vivre chez sa tante, experte en robotique et créatrice de jouets. Ne sachant comment s'y prendre pour amoindrir le deuil de sa nièce, Gemma peaufine donc M3gan, un prototype sur lequel elle travaille avec son équipe. Banco ! La poupée développe des capacités empathiques qui lui permettent de devenir la meilleure amie et confidente de Cady. Le gros point fort du film est que le spectateur se questionne sans cesse sur M3gan : a-t-il un automate devant les yeux ou une actrice qui interprète la poupée ? Les deux est la bonne réponse. Pour les gros plans, le studio a utilisé un automate géré par 7 techniciens et pourvu de diverses expressions faciales. Pour les plans plus larges, c'est la jeune danseuse Amie Donald qui se prête au jeu, portant une prothèse faciale animée numériquement par la suite. Le mélange des deux est juste bluffant. Le visage de M3gan, ses expressions de visage et surtout sa répartie font d'elle une poupée androïde assez flippante. Le film a la bonne idée de ne pas jouer sur les jump-scares à foison et privilégie l'histoire, parfois au détriment des scènes d'action ou de terreur. On pourra trouver la mise en place un peu longue avant que ça ne décolle vraiment mais dans l'ensemble, la relation entre Cady (excellente Violet McGraw) et M3gan fait qu'on ne s'ennuie pas et voir la poupée évoluer et devenir sur-protectrice envers son amie humaine, quitte à éliminer ceux qui s'en prennent à elle, est assez jouissif. Rien de révolutionnaire au niveau des thématique abordées (l'humain reste irremplaçable...) mais ça fait tranquillement le job.

 

BRISBY ET LE SECRET DE NIMH

 

BRISBY ET LE SECRET DE NIMH
(The Secret of Nimh)


Réalisateur Don Bluth
Année : 1982
Scénariste Don Bluth, John Pomeroy, Gary Goldman, Will Finn
Pays USA
Genre Animation
Interdiction /
Avec : /


L'HISTOIRE : Après la mort de son mari Jonathan Brisby, madame Brisby élève seule ses quatre enfants. Le petit Timmy étant gravement malade, elle décide d'aller rendre visite à monsieur Ages, afin d'obtenir un remède. Elle va également devoir trouver une solution pour que sa maison souterraine ne soit pas dévastée par le tracteur du fermier. Elle va demander conseil au Grand Hibou, qui lui dit d'aller demander de l'aide auprès de Nicodemus, le chef des rats de Nimh. Des rats spéciaux, qui cachent un secret...

MON AVIS : Tombé amoureux de l'art de l'animation après avoir vu Blanche Neige et les Sept NainsDon Bluth se fait engager chez Disney et devient au fil des années un animateur talentueux mais frustré par la tournure que le célèbre studio fait prendre à ses productions dans les années 70. Il décide de créer son propre studio et emmène avec lui quelques artisans de Disney pour concrétiser son projet : l'adaptation en animé du livre de Robert C. O'BrienMrs. Frisby and the Rats of NIMH. Nanti d'un budget correct, bien que de moitié inférieure à une production Disney, et de 30 mois de tournage, Don Bluth réalise donc Brisby et le Secret de Nimhqui sortira en 1982. Une année difficile pour s'imposer, surtout face à E.T. L'Extra-Terrestre de Spielberg entre autres. Le film ne fût pas un échec, il rentra dans ses frais mais ce fût tout de même une déception pour Don Bluth, même si Brisby et le Secret de Nimh gagna une réelle renommée au fil du temps et reste classé parmi les meilleurs films d'animation jamais réalisé. Il faut dire que les aventures de cette madame souris a de quoi satisfaire autant les enfants que les adultes. Visuellement déjà, le film est magnifique, bénéficiant d'une animation de grande qualité, d'une belle fluidité dans les mouvements et d'un réel travail sur les décors et les ambiances proposés. Ensuite, l'histoire se montre originale et propose quelques thématiques bien éloignées d'un film Disney, faisant même preuve d'une maturité à même de choquer les gentilles têtes blondes. On parle quand même de laboratoires d'expérimentations animales, expériences qui ont modifié le comportement des rats et développé leur intelligence. Qui plus est, les scénaristes ont apporté une touche de fantasy, voir même de dark fantasy au roman d'origine, avec une ambiance assez sombre et inquiétante lors de certaines séquences, à laquelle on ajoutera le design de certains personnages, qui versent quasi dans le graphisme d'épouvante. On pense bien sur à Dragon, le gros chat du fermier dont la première apparition est bien flippante, au Grand Hibou qui aurait très bien pu être le méchant d'un film d'héroic fantasy ou même à l'introduction du film, avec cette main qui écrit sur un livre avec des lettres magiques. Ces aspects font que Brisby et le Secret de Nimh s'éloigne de la production balisée de Walt Disney et a su développer un univers qui lui est propre, même si les codes Disney sont néanmoins bien présents. Don Bluth a pensé son oeuvre pour les enfants avant tout et malgré ses incartades dans un univers plus obscur, il n'en oublie pas les thématiques universelles : madame Brisby fait tout pour sauver sa famille, quitte à prendre des risques et elle possède un coeur pur qui l'aidera dans sa tâche ; pour apporter de l'humour, il adjoint à l'héroïne Jeremy, un corbeau un peu gauche, qui commet gaffe sur gaffe et fait souvent sourire ; le final met en valeur l'honneur avec un duel à l'épée qui nous rappelle les affrontements des film de cape et d'épée d'anatan et j'en passe. Ce mélange entre film d'animation traditionnel pour enfant et univers mystique plus adulte est la force de Brisby et le Secret de Nimh. N'oublions pas de mentionner la superbe partition musicale du regretté Jerry Goldsmith, particulièrement inspiré ici et qu'on prend grand plaisir à écouter ni les acteurs qui ont prété leur voix à ces personnages animés : en VO, on a John Carradine (le Grand Hibou), Elizabeth Hartman (mme Brisby), Derek Jacobi (Nicodemus) ou Dom DeLuise (Jeremy) entre autres. Les voix françaises sont également de qualité. Bref, Brisby et le Secret de Nimh a marqué de son empreinte le monde de l'animation et il ne faut pas hésiter à ses replonger à la suite de madame Brisby et ses amis, vous ne le regretterez pas !

* Disponible en combo DVD + BR chez RIMINI EDITIONS
Bonus : 
- Entretien avec Xavier Kawa-Topor, spécialiste du cinéma d'animation 
- Making of inédit
- Bande-annonce


LA ZONE D'INTERÊT

 

LA ZONE D'INTERÊT
(The Zone of Interest)


Réalisateur : Jonathan Glazer
Année : 2023
Scénariste Jonathan Glazer
Pays : USA, Angleterre, Pologne
Genre : Drame, Guerre, Historique
Interdiction : /
Avec : Christian Friedel, Sandra Hüller, Johann Karthaus, Luis Noah Witte...


L'HISTOIRE Le commandant d’Auschwitz, Rudolf Höss, et sa femme Hedwig s’efforcent de construire une vie de rêve pour leur famille dans une maison avec jardin à côté du camp...

MON AVIS : Venant de l'univers du clip-vidéo, Jonathan Glazer, hormis quelques courts-métrages, n'est passé que quatre fois derrière la caméra en tant que réalisateur d'un long-métrage. On lui doit Sexy Beast en 2000, Birth en 2004, Under the Skin en 2013 et La Zone d'intérêt en 2023. Le titre même de ce dernier film évoque le nom donné par les nazis à la zone de 40 kilomètres carré entourant le tristement célèbre camp d'Auschwitz. C'est également le titre d'un roman de Martin Amis dont s'est inspiré librement le réalisateur. Glazer a passé plus de trois ans à préparer le tournage du film, avec un seul objectif en tête : ne pas esthétiser les images, pour se rapprocher le plus possible de la réalité. Le tournage s'est déroulé sur le sol polonais, pas très loin d'Auschwitz. La maison des Höss a été reconstruite, de même que le jardin tant aimé par la femme du commandant du camp. Si le roman se déroule à l'extérieur mais aussi à l'intérieur du camp, Jonathan Glazer a décidé de ne tourner qu'à l'extérieur, tout en effectuant un incroyable travail sonore pour faire ressentir au spectateur les horreurs qui se déroule à l'intérieur. Un parti-pris payant, qui apporte un terrifiant contraste entre la vie calme et paisible des Höss dans leur maison, qui était située le long du camp, et les atrocités commises au sein du plus grand camp d'extermination nazi. Autre point intéressant, le film est présenté du point de vu nazi, et non de celui des victimes. Logique quand le sujet même de La Zone d'Intérêt est la déshumanisation. Rudolf Höss est célèbre pour avoir été le commandant du camp d'Auschwitz mais aussi pour avoir été un employé modèle, totalement investi, tel un bon travailleur, dans la mission que lui a confié les hautes instances nazies. Il n'est pas né monstre, et le plus terrifiant est qu'il n'a pas l'impression d'en être un lors de la guerre. Il est juste un militaire qui obéit aux ordres et met tout en oeuvre pour satisfaire son supérieur. On ne faisait qu'obéir aux ordres est une phrase qui revenait souvent dans la bouche des officiers et soldats nazis à la fin de la guerre. Comment une personne peut-elle arriver à afficher un tel détachement dans sa vie quand, à quelques pas de son jardin, des milliers de personnes sont assassinés ? Comment sa moralité n'est-elle pas affectée ? C'est ce qui fait de La Zone d'Intérêt un film assez difficile d'accès de prime abord. Il n'y a aucune scène choc, aucun suspense, aucune scène d'action. Le réalisateur filme la banalité. Une balade au bord d'une rivière, l'anniversaire du commandant du camp, les enfants qui jouent, le retour du commandant après sa journée de travail, le personnel de maison qui s'affaire aux tâches domestiques par exemple. Rien de bien palpitant à l'écran. En fait, La Zone d'Intérêt fait dans le 2 films en un. On navigue entre la vie d'une banalité totale, voire même ennuyante, de la famille Höss représentée visuellement à l'écran et les horreurs commises au sein d'Auschwitz qui, elles, sont représentées à l'écran de manière auditive. Si le film a obtenu l'Oscar du meilleur son, ce n'est pas pour rien. Tirs de balle, voix des officiers malmenant les prisonniers, cris de ces derniers, pleurs de femmes et de bébés viennent nous rappeler constamment qu'on n'assiste pas à une simple partie de campagne ou à une simple tranche de vie dans une famille allemande. Que l'horreur, certes toujours en hors-champ, est bien présente. Et que ce travail sur le son fait que notre esprit crée les images non vues. Les dialogues participent également à ce contraste entre visuel et sonorité. Quand Rudolf Höss, qui fait trop bien son travail, est sollicité par les chefs nazis pour aller s'occuper de la supervision de tous les autres camps et qu'il doit donc être muté, le personnage de sa femme Hedwig, relégué au second plan auparavant, passe au premier plan et le réalisateur s'attarde alors sur la déshumanisation de la femme du commandant d'Auschwitz. Une déshumanisation peut-être encore plus extrême que celle de son mari et qui prend sens lors de deux dialogues en particulier : celui où elle dit à une servante - une prisonnière - qu'elle pourrait demander à mon mari de répandre tes cendres dans les champs de Babice ou celui, assez hallucinant, où elle n'accepte pas la mutation de son mari et lui annonce qu'elle restera ici, avec leurs enfants dans sa belle maison d'Auschwitz, qui représente tout ce qu'elle désire. Qui représente son Paradis à elle. Un Paradis pourtant situé à quelques mètres de l'Enfer. Un Enfer que la famille Höss a réussi à effacer de son champ de vision, de sa moralité, de sa perception. Une vie bucolique et sereine est-elle possible à côté de l'Enfer ? Les Höss en ont fait une réalité. Grâce à une habile mise en scène, toute en retenue, mais qui a nécessité un très gros travail de préparation, avec mêmes des caméras cachées dans les décors, Jonathan Glazer nous fait toucher du doigt la banalité du Mal et nous interroge. Peut-on s'habituer à tout ? Les images contemporaines vers la fin du film, de femmes faisant le ménage dans le musée d'Auschwitz, lavant les glaces des vitrines où sont entreposés des milliers de chaussures, lunettes et autres objets, balayant le sol des fours crématoires, sont très intéressantes à ce niveau. Film contemplatif à l'extrême, déstabilisant de par son absence totale de rythme, et proposant une vision atypique et original sur la Shoah, La Zone d'Intérêt provoque une réflexion et nous ramène à l'actualité contemporaine, où les images de la guerre ont fait leur retour sur nos écrans de télévision, sans qu'elles viennent réellement perturber nos habitudes. 

* Disponible en DVD, Blu-Ray et combo UHD+Blu-Ray le 5 juillet 2024 chez BLAQ OUT
Bonus :
-> Entretien avec Antoine Desrues, critique de cinéma (32 min)
-> Secrets de tournages (7 min)
-> Making of (30 min – éditions Blu-Ray et combo UHD+Blu-Ray uniquement)