Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




ICE ROAD

 

ICE ROAD
(The Ice Road)

Réalisateur : Jonathan Hensleigh
Année : 2021
Scénariste : Jonathan Hensleigh
Pays : Etats-Unis, Canada
Genre : Thriller, Action
Interdiction : /
Avec : Liam Neeson, Laurence Fishburne, Holt McCallany, Amber Midthunder...


L'HISTOIRE : Une mine de diamants s’effondre dans le Grand Nord canadien et piège près de trente mineurs. Pour mener une mission de sauvetage périlleuse, Jim Goldenrod engage Mike McCann, un conducteur de camion expérimenté. Ils vont mener un convoi qui va emprunter la « route de glace », un océan gelé et instable qui couvre les presque 500 km du lac Winnipeg. Aux intempéries et avaries mécaniques, s’ajoute une série d’attaques mystérieuses, qui prouvent que quelqu’un n’a pas intérêt à ce que ce sauvetage ait lieu…

MON AVIS : Depuis le succès de la saga Taken, Liam Neeson se retrouve souvent à l'affiche de série B d'action ou de thriller au rythme dynamique. En 2021, Jonathan Hensleigh, réalisateur du Punisher version 2004, du film de cannibales Welcome to the Jungle (2007) ou de Bulletproof Gangster (2011) s'approprie l'acteur pour un thriller d'action lorgnant légèrement sur Le Salaire de la Peur, le grand classique de Clouzot. Différence notable entre les deux films, dans Ice Road, le film dont je vais vous parler ici, ce n'est pas la cargaison du camion qui est dangereuse mais la route que ce dernier va devoir emprunter. Baptisée La route de glace, c'est une immense étendue verglacée qui recouvre le lac Winnipeg. Elle devient instable fin mars / début avril et les autorités interdisent son utilisation à partir de cette période. Mais pour sauver des mineurs prisonniers au fond d'une mine suite à une explosion de méthane, et qui n'ont que 30h d'oxygène pour survivre, pas le choix ! Il faut déployer une équipe de conducteurs de choc pour amener le matériel nécessaire au forage pour tenter de déloger les mineurs vers la surface. Et comme le temps est plus que compté, le seul moyen d'arriver dans les temps est bien évidemment d'utiliser la fameuse route de glace, avec tous les dangers que cela comporte. Une mission-suicide qui va être relevée par quatre conducteurs expérimentés, dont Liam Neeson bien sûr, mais aussi Laurence Fishburne, Amber Midthunder et Marcus Thomas, ce dernier interprétant le frère de Neeson, ex-soldat ayant subi un traumatisme en Irak et qui a des difficultés pour se réinsérer, malgré une aptitude innée dans la mécanique. Le fait d'avoir accolé à Liam Neeson un frère possédant un handicap permet à l'histoire de développer une certaine émotion vis à vis de ces deux personnages et de jouer un peu sur la corde sensible lors de certaines séquences. Mais rassurez-vous : même s'il y a un peu d'émotion, Ice Road est bel et bien avant tout un film d'action et cette virée de trois camions sur les routes glacées ne vous laissera guère de répit une fois le convoi engagé dans sa mission. Tous les éléments d'un film catastrophe sont réunis, servis par une mise en scène énergique et qui se focalise bien sur les tragiques événements qui vont survenir durant cette périlleuse traversée. Vision de sous la glace des roues des véhicules avec bruit de craquement, fissures qui se propagent le long de la route, citerne qui s'enfonce dans les eaux gelées suite à l'ouverture d'une brèche dans la glace, tentative de remorquage des véhicules bien trop lourd en cette saison, retard dans la livraison et tension qui monte chez les mineurs ensevelis et  j'en passe, tout est fait pour assurer le spectacle et faire monter la tension ! Et comme si ça ne suffisait pas d'avoir déjà un parcours semé d'embûches, Jonathan Hensleigh, qui est aussi le scénariste du film, en rajoute dans la dramaturgie et les complications en intégrant une machination dont je vous laisse la découverte. Mené tambour battant, Ice Road se révèle vraiment divertissant et remplit parfaitement son contrat de série B friquée qui propose au public ce que l'affiche et le scénario se targuaient de lui offrir. Sans autre prétention que de faire passer un bon moment aux spectateurs devant leur écran, délivrant suffisamment de péripéties pour maintenir un intérêt constant et se montrant souvent spectaculaire, sans rivaliser avec les blockbusters récents du genre San Andreas par exemple, Ice Road se suit sans ennui aucun et les amateurs du genre y trouveront leur compte sans aucun souci...

* Disponible en DVD et BR chez METROPOLITAN VIDEO

 

DÉSIGNÉ COUPABLE

 

DÉSIGNÉ COUPABLE
(The Mauritanian)

Réalisateur : Kevin Macdonald
Année : 2021
Scénariste : Michael Bronner, Rory Haines, Sohrab Noshirvani
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Thriller, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Jodie Foster, Tahar Rahim, Shailene Woodley, Benedict Cumberbatch...


L'HISTOIRE : Capturé par le gouvernement américain, Mohamedou Ould Slahi est détenu depuis des années à Guantánamo, sans jugement ni inculpation. À bout de forces, il se découvre deux alliées inattendues : l’avocate Nancy Hollander et sa collaboratrice Teri Duncan. Avec ténacité, les deux femmes vont affronter l’implacable système au nom d’une justice équitable. Leur plaidoyer polémique, ainsi que les preuves découvertes par le redoutable procureur militaire, le lieutenant-colonel Stuart Couch, finiront par démasquer une conspiration aussi vaste que scandaleuse...

MON AVIS : Adapté du roman biographique Les Carnets de Guantánamo écrit par Mohamedou Ould Slahi, un Mauritanien injustement détenu au camp de Guantánamo pendant quatorze ans, Désigné Coupable a bénéficié du soutien total de l'acteur Benedict Cumberbatch, le fameux Docteur Strange de l'univers Marvel, qui a réussi à lever des fonds avec l'aide de producteurs pour financer cette adaptation cinématographique. Le film est réalisé par Kevin Macdonald, qui s'était illustré, entre autres, avec Le Dernier Roi d'Ecosse en 2006. Souhaitant être le plus réaliste possible en ce qui concerne les divers éléments de l'histoire de Mohamedou Ould Slahi, le réalisateur et son équipe ont eu accès à divers documents concernant la prison de Guantánamo, ainsi qu'a Slahi lui-même, à ses avocates et au Lieutenant-colonel Stuart Couch. En résulte une oeuvre puissante, à la fois thriller intense, drame humain et film de procès. Pour interpréter les divers protagonistes de cette histoire vraie, le réalisateur s'est entouré d'un casting prestigieux : outre Benedict Cumberbatch, on retrouve dans le rôle de l'avocate principale et de sa collaboratrice Jodie Foster, qu'on ne présente plus, ainsi que Shailene Woodley qui perce dans le milieu. Quant à Mohamedou Slahi, c'est l'excellent Tahar Rahim qui se colle à ce rôle difficile et encore une fois, il brille de mille feux, apportant une profondeur et une gravité à son personnage qui transcende chaque scène où il apparaît. L'affaire Slahi est avant tout un drame humain, mais aussi une formidable bataille pour faire respecter les droits de l'homme. Il est vrai que dans l'affaire du 11 septembre, ce Mauritanien faisant des études en Allemagne avait de quoi intéresser les services gouvernementaux : cousin d'Ousama Ben Laden, il avait également eu un entrainement chez Al-Qaïda dans les années 90 et avait hébergé le terroriste qui a piloté l'avion qui s'est écrasé dans la tour B. De là à penser qu'il est l'un des cerveaux de cet acte terroriste, il n'y a qu'un pas, que le gouvernement américain va franchir, sans aucune preuve tangible. Alors qu'il est venu rendre visite à sa famille en Mauritanie, il se voit emmené par la police avant de ne plus donner signe de vie. On retrouve alors sa trace à Guantánamo, quelques années plus tard, sans que le moindre procès ait eu lieu. L'affaire s'ébruite et une avocate, dont le but est de faire respecter les droits de l'homme et d'assurer à chaque prisonnier un jugement en bonne et due forme, se charge de le rencontrer et d'assurer sa défense, avec l'aide d'une collaboratrice. Le film va alors nous entraîner dans une véritable spirale infernale, nous montrant chaque rouage de l'histoire, nous faisant suivre le chemin de croix des deux avocates pour avoir accès aux documents officiels, précieusement gardés par le gouvernement américain, nous montrant le même combat du côté de l'avocat de l'autre partie, qui se rend compte que quelque chose cloche malgré son envie d'envoyer l'accusé à la peine capitale, et, bien sûr, le calvaire enduré par l'accusé, via des flashbacks nous montrant son incarcération à Guantánamo ainsi que tous les sévices qu'il a subit afin de le faire craquer et qu'il avoue son rôle dans l'attentat. Des scènes dures, qui mettent mal à l'aise et qui doivent beaucoup à l'interprétation de Tahar Rahim. La grande force du film est de maintenir le spectateur sur le fil du rasoir : l'accusé est-il particulièrement fin stratège pour minimiser son implication et nous faire croire qu'il est innocent ou est-il réellement innocent et victime d'une vaste machination dont le but était de donner à la foule un coupable désigné ? Passionnant de bout en bout, Désigné Coupable nous happe, nous prend par la main pour ne plus nous lâcher. La conclusion de l'affaire laisse un goût amer dans la bouche mais les images d'archives, nous montrant Mohamedou Slahi lire après avoir passé 14 ans en détention, nous redonne un peu le sourire. Un très bon film !

* Disponible en DVD et BR chez Metropolitan Video 




STAY OUT OF THE ATTIC

 

STAY OUT OF THE ATTIC
(Stay Out of the F**king Attic)

Réalisateur : Jerren Lauder
Année : 2020
Scénariste : Jason Scott Goldberg, Jesse Federman, Jerren Lauder, Julie Auerbach
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Ryan Francis, Morgan Alexandria, Michael Flynn, Bryce Fernelius...


L'HISTOIRE : Gérant d'une société de déménagement qui donne une seconde chance à d'anciens détenus, Albert se rend avec ses employés Imani et Carlos à l'imposante résidence de monsieur Vern Mueller. Ce dernier désire que ses affaires soient déménagées rapidement et offre un surplus d'argent à l'équipe. Il leur spécifie néanmoins de ne pas aller à la cave ni au grenier, s'occupant lui-même de ces deux parties de sa maison. Plus le déménagement avance et plus certains objets intriguent Albert et ses amis, qui se doutent que la maison renferme quelques secrets inavouables. Ils sont bien loin d'imaginer se qui se cache dans le grenier et qui est en réalité monsieur Vern...

MON AVIS : Après avoir réalisé trois courts métrages, Jerren Lauder passe à la vitesse supérieure en 2020 avec son premier film, baptisé Stay out of the F**king Attic, pure série B horrifique qui remporta le Grand Prix au Atlanta Horror Film Festival la même année. L'affiche du film présentée ci-dessus ne laisse que peu de doute quand au fameux secret que renferme la demeure. Déjà, la présence de nombreux livres de langue allemande trouvés durant le déménagement ainsi que le look même du vieux monsieur Vern (Michael Flynn) nous ont mis la puce à l'oreille. Nous sommes très certainement en présence d'un ancien nazi. Mais la cave et le grenier renferment bien d'autres horreurs, qui apparaîtront en temps utile pour faire grimper la tension chez nos trois déménageurs et chez le spectateur. Sans gène, sans tabou, Jerren Lauder n'y va pas avec le dos de la cuillère et ne s'encombre pas d'une quelconque moralité, quitte à choquer les bien-pensants. Car oui, nazi il y a et même l'un des pires de son espèce. Car le vieux monsieur Vern n'est autre que Josef Mengele, l'Ange de la Mort lui-même, toujours vivant depuis que ses expériences lui ont permis de mettre au point un sérum qui le conserve en vie. Des expériences qu'il continue bien sûr de mener dans la cave de sa belle demeure victorienne et dont les cobayes vivent dans le fameux grenier du titre, à savoir un être difforme et deux sœurs jumelles qu'il a greffé l'une à l'autre, telles des siamoises. Vous voyez, le réalisateur n'y va pas de main morte et rend hommage à tout un pan de la Nazisploitation 70's et 80's. On y trouve aussi une imagerie un peu similaire à l'inquiétant Un Elève Doué, notamment quand Vern revêt son costume d'officier SS. Le gore s'invite à la fête à plusieurs reprises, avec, cerise sur le gâteau, une scène atroce d'une seringue enfoncée dans un orbite oculaire. A faire grincer des dents de douleur !  Pur produit de divertissement, Stay out of the Attic possède un rythme assez maîtrisé et se montre généreux dans sa démarche outrancière : outre la créature monstrueuse qui vit dans la demeure et qui va attaquer nos déménageurs, outre les sœurs siamoises qui s'avèrent assez touchantes, on trouve une scène de douche au Zyklon B et quelques autres petites joyeusetés qui ne manqueront pas d'effrayer ou de générer une certaine nausée à la génération de Bisounours qui envahit notre espace chaque jour. Toutefois, le film n'est pas sans défaut, comme faire du héros un ancien bonehead qui porte une swatiska tatoué... à l'envers ! Pourquoi une telle erreur ? La mise en place des éléments de l'histoire est aussi un peu longue et laborieuse mais heureusement, quand ça démarre, bah ça démarre ! Sans être révolutionnaire, loin s'en faut, la mise en scène reste classique tout en ayant une certaine efficacité. Le casting s'en sort plutôt bien, et Michael Flynn s'avère particulièrement détestable dans son rôle de nazi. Rassurez-vous, la morale reste sauve à la fin du film et les méchants seront punis de manière radicale. Stay out of the Attic se laisse gentiment regarder, possède quelques séquences assez fun (si, si) malgré le sujet traité et cette petite série B ne nous a pas trompé sur la marchandise. 

 

BLOOD MASSACRE


BLOOD MASSACRE
(Blood Massacre)

Réalisateur : Don Dohler
Année : 1987
Scénariste : Barry Gold, Dan Buehl, Don Dohler
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : George Stover, Robin London, Grace Stahl, James DiAngelo, Thomas Humes...


L'HISTOIRE : Rizzo est un ancien vétéran du Vietnam, psychotique et instable. Avec un groupe de loosers, il commet le braquage d'un vidéo-club qui se passe mal. Recherché par la police, le groupe de délinquants kidnappe Elizabeth, une automobiliste qui les amène chez elle, dans une ferme assez éloignée. Là, les braqueurs font connaissance avec la famille d'Elizabeth. Mais ce que Rizzo et ses amis ignorent, c'est que cette famille en apparence inoffensive cache un terrible secret...

MON AVIS : Bien connu des fans de séries Z à base d'extraterrestres ou de monstres bizarres (The Alien Factor ou Nightbeast), le réalisateur Don Dohler possède une horde de fans indéfectibles qui vouent un culte à son oeuvre. 7 films en tout et pour tout, réalisés entre 1978 et 2007. Des micro-budgets dans lesquels le système D règne en maître et le casting semble être plus des amateurs que des professionnels. Qu'importe me direz-vous, l'important, c'est d'aller au bout de sa passion et de faire des films le mieux qu'on peut, avec les moyens du bord. Ce qui n'est d'ailleurs pas toujours évident ou facile. Prenons l'exemple de Blood Massacre par exemple. Réalisé en 1987 en vidéo, le film intéresse des producteurs qui lui demande de le retourner avec de la vraie pellicule. Dohler s'exécute. Malheureusement, les producteurs, peu fiables, laissent dormir les bandes dans un tiroir, ce qui provoque colère et déception chez Dohler, qui quitte le monde du cinéma pour n'y revenir qu'en 2001 ! Entre-temps, les producteurs véreux décident tout compte fait de sortir Blood Massacre en 1991. Comme quoi, la vie de réalisateur indépendant n'est pas simple. Bon, et ce Blood Massacre alors ? Qu'est-ce ça donne ? Comme déjà dit, c'est un ultra-low-budget tourné avec les moyens du bord. Un élément à prendre en compte avant de le visionner. L'histoire met en avant Rizzo, interprété par l'acteur George Stover, qui s'en sort plutôt bien d'ailleurs, un ex du Vietnam qui a conservé une certaine folie due aux effets de la guerre et qui a des accès de colère assez régulièrement quand on le contredit ou qu'il boit trop. Après une altercation dans un bar duquel il se fait éjecter, notre homme habillé avec une veste militaire rejoint ses amis, un groupe de délinquants sans le sou qui décide de braquer... un vidéo-club ! A mon avis, y'a mieux pour se faire de la thune mais bon, j'aime bien l'idée ! Le braquage part un peu en sucette évidemment et notre gang de loosers doit rapidement trouver un abri pour échapper à la police. En chemin, ils arrêtent une automobiliste qui les conduit jusqu'à chez elle. Bien sûr, la famille de cette dernière n'est pas ce qu'on croit. Avec son scénario qui évoque un peu La Dernière Maison sur la Gauche, notamment pour l'aspect home invasion, les sautes d'hmeur de Rizzo ou le fait qu'un des délinquants prennent le défense de la famille, Blood Massacre se laisse suivre sans réel ennui et développe même une certaine atmosphère malsaine, une tension qui progresse petit à petit. Les parents d'Elizabeth, sa charmante sœur Chrissie (la blonde Grace Stahl) et Elizabeth elle-même (Robin London) n'ont pas l'air aussi inoffensif que ça et cache peut-être bien quelques secrets inavouables. Une intuition qui se précise quand Elizabeth drague ouvertement Rizzo, le laisse la mater alors qu'elle prend une douche et se met à le mordre pour mieux lécher le sang qui s'écoule de la petite plaie. S'ensuit une embrassade sanguinolente entre les deux personnages assez peu ragoutante. Le pot-aux-roses finit par se dévoiler, nous sommes en présence d'une famille de cannibales dont le ragoût à base de chair humaine est une pièce maîtresse ! Sûrement des amis de la famille de Leatherface ! Tout comme dans le film culte de Wes Craven, les membres de la famille vont se rebiffer et passer du statut d'otage à celui de chasseur, avec un peu de gore bon enfant en guise d'amuse-gueule. Don Dohler utilise à bon escient son acteur George Stover en le faisant devenir une sorte de Rambo du pauvre, notre ex du Vietnam s'y connaissant dans la fabrication de piège anti-personnel ! Et le voici bricolant des bombes artisanales et même un lanceur de disque de scie circulaire ! MacGyver n'a qu'à bien se tenir ! Le rythme du film ne faiblit pas, Don Dohler se laisse aller à toutes sortes d'excentricités et se dit que des cannibales, c'est bien, mais des zombies cannibales, c'est mieux ! Il nous concocte donc un final grandiloquent, que les fans de La Revanche des Mortes Vivantes vont adorer ! 73 minutes au compteur pour ce Blood Massacre plutôt sympa au final, qui n'a rien d'un grand film d'horreur, ni d'un grand film tout court d'ailleurs, mais ça passe plutôt bien si on est tolérant et qu'on à l'habitude de mater ce type de pelloches fait avec amour dans le champ du voisin, avec les voisins eux-mêmes !

* Disponible en DVD chez -> TETRO VIDEO <-  


 

STAGE FRIGHT

 

STAGE FRIGHT
(Stage Fright)

Réalisateur : Jerome Sable
Année : 2014
Scénariste : Jerome Sable
Pays : Canada
Genre : Horreur, Film musical
Interdiction : -12 ans
Avec : Allie MacDonald, Minnie Driver, Meat Loaf, Douglas Smith, Kent Nolan...


L'HISTOIRE : Bien décidée à suivre les pas de sa mère, ancienne diva de Broadway assassinée à la fin de la représentation de la comédie théâtrale musicale The Haunting of Opera, Camilla passe un casting dans un camp de vacances spécialisé dans le chant et la danse et décroche le rôle principal dans la même pièce, qui va être remise au goût du jour. Mais les répétitions tournent vite au bain de sang quand un tueur en série vient endeuiller le casting. La pièce serait-elle maudite ?

MON AVIS : Des films fantastique ou d'horreur musicaux, il n'y en a pas beaucoup. On peut toutefois citer The Rocky Horror Picture Show, Phantom of the Paradise, La Petite boutique des Horreurs, Repo the Genetic Opera, Sweeney Todd ou bien encore Cannibal the Musical par exemple. En 2010, Jerome Sable, qui adore l'horreur et la comédie musicale, réalise le court métrage The Legend of Beaver Dam, qui mêle justement ces deux genres. Il récidive en 2014 avec cette fois un long métrage, Stage Fright, qui s'inspire fortement du Fantôme de l'Opéra. Après une scène introductive très slasherienne et assez violente, dans laquelle une diva se fait mortellement poignarder par un tueur vêtu de noir et portant un masque blanc, l'action se déplace des années plus tard et on retrouve les deux enfants de ladite diva, devenu des ados et travaillant dans un camp de vacances spécialisé dans le chant et la danse. A partir de là, on a droit à une sorte de croisement entre American Pie (pour certaines répliques trash ou situations un peu scabreuses), Le Fantôme de l'Opéra (pour tout ce qui est préparatif de la pièce et la présence d'un tueur au sein du petit théâtre amateur), Massacre au camp d'été et autres Vendredi 13 (pour les rares meurtres disséminés au sein de l'histoire, le bodycount n'étant pas très élevé) et la série Glee, puisque de nombreuses scènes seront chantées et dansées, le texte des chansons participant au déroulement du récit, un peu à la manière de Moulin Rouge également. Un drôle de mélange diront certains, et il est vrai que ce curieux cocktail ne plaira sûrement pas à tout le monde. Pourtant, on ne peut pas reprocher à Jerome Sable l'originalité de son choix pour apporter une nouvelle dynamique au genre du slasher movie. Le film est aussi bardé de clin d'oeil à d'autres films bien connu des fans, comme Carrie au Bal du Diable ou Hellraiser entre autres. Certains dialogues, comme dit plus haut, se révèlent parfois un peu trash et font sourire, comme lorsque le metteur en scène demande à sa troupe quel art théâtral japonais fait qu'on se peint le visage en blanc et que l'un des stagiaires répond le Bukkake au lieu du Kabuki ! Marrant. Le film égratigne également le milieu du spectacle et le fait que pour réussir, il faut parfois coucher pour obtenir un rôle. Les deux filles retenues pour interpréter le rôle principal de la pièce en feront les frais, ce qui donnera lieu à une autre séquence assez amusante. Un des bons points du film revient à l'actrice Allie MacDonald, charmante et parfaitement à l'aise dans son rôle. Malheureusement, Stage Fright ne parvient pas à conserver une réelle dynamique sur la longueur et son concept ne décolle jamais comme on l'espérait. La faute à des chansons pas toujours top (affaire de goût peut-être ?), à une trop grande place laissée à l'aspect comédie musicale quand l'aspect horrifique est clairement mis de côté durant une bonne partie du film. L'identité du tueur ne restera pas longtemps suspecte ou mystérieuse pour les aficionados de slasher movie, même si un petit twist vient nous surprendre un peu. Si l'idée sur le papier de mélanger slasher et comédie musicale était plutôt intéressante, la finalisation à l'écran peine un peu et ne parvient pas à remporter la mise. Stage Fright reste divertissant mais ne marquera pas les esprits pour autant.



KILL LIST

 

KILL LIST
(Kill List)

Réalisateur : Ben Weathley
Année : 2011
Scénariste : Ben Wheatley, Amy Jump
Pays : Angleterre
Genre : Thriller, Drame, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Neil Maskell, MyAnna Burying, Michael Smiley, Harry Simpson...


L'HISTOIRE : Ex-soldat, Jay a du mal à reprendre une vie normale et sa vie de couple avec sa femme Shel et son fils Sam s'en trouve détériorée, alternant entre moment de joie et franches engueulades. Lors d'une soirée avec son meilleur ami Gal et la nouvelle fiancée de ce dernier, Jay accepte de reprendre du service pour subvenir au besoin de sa famille. Car Gal et lui sont devenus des tueurs à gages à la solde d'une mystérieuse société qui leur fournit des "Kill List". Pour ce nouveau contrat, trois personnes sont à exécuter. Cette mission fait ressortir le côté sombre de Jay, qui se laisse aller à la violence non contrôlée. Mais lors du travail de repérages pour exécuter le troisième nom de la liste, Jay et Gal vont être témoin d'événements curieux...

MON AVIS : Pour son second long métrage, l'Anglais Ben Wheatley nous propose une oeuvre originale, déstabilisante, qui mélange plusieurs genres tels le drame social, le thriller et la folk-horror ! Un trio de genre qui vont se télescoper au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire, qui nous met en présence de deux ex-militaires, reconvertis en tueurs à gages. Le personnage principal est Jay (Neil Maskell), qui, suite à une mission qui s'est mal déroulée, a sombré dans la dépression et le mal-être. La première partie du film va nous le présenter ainsi que sa femme et son fils et mettre en avant tous les dysfonctionnements familiaux dont il est en partie responsable. Au chômage, ne travaillant pas, il ne fait aucun effort pour subvenir au besoin de sa famille, ce qui lui vaut des remontrances de la part de sa femme, remontrances qui provoquent de nombreuses disputes au sein du couple. Filmé principalement caméra à l'épaule en grande majorité, le début de Kill List déconcerte et j'avoue que les déboires sentimentaux de Jay, la soirée avec son ami Gal et les disputes qui s'ensuivent ne m'ont pas intéressé plus que ça et que l'ennui s'est un peu installé. Reste cet élément intrigant, à savoir cet étrange logo que la petite ami de Gal dessine au dos d'un miroir. Bizarre. La seconde partie du film va s'intéresser à la fameuse kill list, et à l'exécution de cette dernière. Trois personnes désignées vont donc devoir être liquidées par Jay et son ami : un prêtre, un archiviste, un politicien. On ne sait pas pourquoi ces trois personnes ont été mise sur la kill list mais par certains dialogues ou certaines réactions des personnages, on peut assez aisément le deviner. On ne peut en effet ne pas penser à une probable pédophilie de la part du prêtre quand l'archiviste pourrait très certainement être coupable de pédocriminalité, voir de diffusion de snuff movies ou autres oeuvres crapuleuses qu'il duplique sur des DVD vierges, comme la scène de l'entrepôt le suggère. Est-ce à dire que Jay et Gal soient des sortes d'anges rédempteurs qui exterminent de mauvaises personnes ? Serait-ce le but des personnes qui leur donnent la kill list ? On ne le saura jamais mais cette question laissée en suspens rend le film intéressant. Cette partie qui lorgne vers le thriller glacial permet également de mieux mettre en avant les penchants pour la violence et la fragilité psychologique de Jay, tout comme elle offre au public de la violence graphique, dont une séquence avec un marteau qui va faire grincer des dents et ne manquera de faire détourner le regard aux âmes sensibles. Une certaine intensité se propage au sein des images et l'ennui ressenti au début se distille et finit par s'estomper peu à peu. Ne reste plus qu'une personne à liquider, le politicien. Et là, surprise, Kill List va bifurquer dans une nouvelle ambiance, à laquelle on ne s'attendait vraiment pas, puisque le film va emprunter les chemins de la Folk Horror, popularisé par les films La Nuit des Maléfices, Le Grand Inquisiteur et bien sûr The Wicker Man. Même si le scénario semble parfois passer du coq à l'âne, cette troisième partie est la plus radicale du film de Wheatley et s'avère la plus anxiogène également. une vingtaine de minutes qui semblent surgir de nulle part, avec une nette progression de l'angoisse, notamment la course-poursuite dans le tunnel, et qui s'achève sur un final abrupte, et qui, là encore, ne manquera pas de questionner le spectateur, qui s'interrogera sur les éléments passés et sur certaines phrases des victimes de Jay. Reste que la façon de filmer, le mélange des genres, et l'ennui susciter par la première partie du film m'empêche d'être totalement satisfait de Kill List. Oui, c'est un film difficile d'accès, un peu décousu, parfois ennuyeux et on a souvent l'impression que le format moyen-métrage lui aurait plus convenu et que Ben Wheatley a du étirer son sujet et remplir son film pour parvenir à une durée de 90 minutes. Reste des scènes chocs efficaces et toute la partie Folk Horror qui tirent le film vers le haut, pour un résultat somme toute mitigé en ce qui me concerne.


LE BAZAAR DE L’ÉPOUVANTE

 

LE BAZAAR DE L’ÉPOUVANTE
(Needful Things)

Réalisateur : Fraser C. Heston
Année : 1993
Scénariste : W.D. Richter
Pays : Etats-Unis, Canada
Genre : Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Ed Harris, Max Von Sydow, Bonnie Bedelia, Amanda Plummer, Shane Meier...


L'HISTOIRE : Les habitants de la petite ville côtière de Castle Rock vivent paisiblement et malgré quelques frictions entre riverains, le shérif Alan Pangborn n'a jamais l'occasion de faire usage de la force. L'annonce de l'ouverture d'une nouvelle boutique dans la ville est le centre de toutes les attentions. Le propriétaire, Leland Gaunt, nouvellement installé, va procurer aux habitants l'objet de leurs rêves les plus fous, en échange d'une somme modique et d'un petit service. Peu à peu, le shérif note que les frictions deviennent rivalités et que les habitants qu'il connaît bien semblent céder à la folie collective. La boutique du charmant Leland Gaunt aurait-elle quelque-chose à voir dans ce changement d'attitude ?

MON AVIS : Depuis le succès de Carrie au Bal du Diable en 1976 et de Shining en 1980, chaque roman de Stephen King, le maître de l'épouvante, se voit automatiquement adapter, soit pour le cinéma, soit pour la télévision, avec plus ou moins de réussite et de succès. Parmi les adaptations notables du célèbre romancier, on peut citer Simetierre, Stand by Me, La Ligne VerteMisery, Les évadés ou Christine entre autres. En 1991, Stephen King sort un nouveau roman, Bazaar. L'histoire d'une petite ville tranquille dont les habitants vont développer un comportement violent et irrationnel suite à l'ouverture d'une nouvelle boutique tenu par un certain Leland Gaunt. Se classant rapidement dans les trois meilleures ventes de livres, Bazaar intéresse bien sûr le monde du cinéma et un projet d'adaptation voit le jour. Un premier scénariste tente de condenser le pavé du King pour une durée cinéma, puis un second scénariste est engagé, W.D. Richter, qui parvient à garder l'essence du roman tout en effectuant pas mal de modifications, les écrits ne se prêtant pas toujours à une mise en image à l'identique. Un premier réalisateur est choisi, Peter Yates, le metteur en scène de Bullit ou de Krull. Il sera remplacé par Fraser C. Heston, le fils de Charlton Heston lui-même ! D'une durée de deux heures, le film sort au cinéma en 1993 et n'obtient pas un grand succès, malgré la présence de très bons acteurs, comme Ed Harris dans le rôle du shérif ou Max Von Sydow dans celui de Leland Gaunt par exemple. Mais le roman est trop long et la durée du film retenue ne lui permet pas de développer assez les personnages et les événements présentés, tout comme il oblige le monteur a faire des cuts assez radicaux, qui plombent le rythme du film au final. Dans sa version cinéma, Le Bazaar de l'épouvante reste divertissant bien sûr mais ne dégage pas non plus un enthousiasme très relevé. Fort heureusement, face aux maigres recettes que rapporte le film lors de sa distribution en salles, les producteurs ont l'idée de le proposer à la chaîne de télévision TBS sous un nouveau format : une minisérie de deux fois 90 minutes. Le film de 2H devient donc une minisérie de 3H ! Et forcément, on y gagne ! Les personnages et leurs interactions sont nettement plus développés, on passe plus de temps avec eux et les manigances de Leland Gaunt y gagnent également en intensité et machiavélisme. Une longue introduction est rajoutée également, nous montrant ce diabolique personnage au volant de sa voiture noire comme les ténèbres et pourchassé par le shérif. Une longue scène introductive, qui ne cache pas la dimension réelle de Leland Gaunt. Plusieurs personnages voient leur temps de présence à l'écran être accrue, et il faut bien avouer que cette version longue de 3H bonifie considérablement la version cinéma, qui devient quasiment obsolète face à la minisérie, bien plus ambitieuse et convaincante. Max Von Sydow est impeccable dans le rôle de ce personnage diaboliquement charismatique et dont le but inavouable est de créer le chaos parmi les habitants des villes dans lesquelles il vient s'installer. Car oui, Castle Rock n'est pas le premier lieu de ses méfaits, comme le stipule ce petit carnet où il note le nom des villes et des personnes qu'il a réussi à détourner du droit chemin. Le fantastique s'insinue lentement dans le récit, par petites doses, et vient contaminer la population dans manière insidieuse, sans grand déferlement d'effets-spéciaux ou de séquences spectaculaires. Quelques scènes chocs ponctuent le récit, comme cette violente bagarre entre deux femmes ou la vision d'un pauvre chien entièrement dépecé et pendu. L'humour, noir évidemment, est également aux abonnés présents et certaines répliques de Leland Gaunt nous feront bien sourire. Sur un thème un peu similaire à celui du roman Salem (un inconnu vient semer le désordre dans la ville où il vient de prendre place), Le Bazaar de l'épouvante intrigue et se suit sans ennui, le format minisérie étant vraiment ce qui lui convenait le mieux. L'aspect téléfilm n'est pas dérangeant, le jeu d'acteurs est plutôt bon et les changements apportés par le scénariste vis à vis du roman ne sont pas trop gênants pour ceux qui n'ont jamais lu ce dernier. Bref, n'hésitez pas à passer trois heures en compagnie de l'étrange Leland Gaunt, le marchand de vos rêves trop gentil pour être honnête...

* Disponible en combo DVD + BR chez -> RIMINI EDITIONS <-
Nouveau titre de la superbe collection de l'éditeur, Le Bazaar de l'épouvante est proposé en version cinéma (VF + VOSTF) et dans sa version longue de 3H (VOSTF). Un commentaire audio du réalisateur, ainsi qu'un livret de 24 pages écrits par Marc Toullec, sont présents niveau bonus. La version longue, indisponible en HD, est proposée en qualité SD et format 4/3. Honnêtement, la qualité d'image est bonne pour cette version longue et donnera satisfaction à ceux qui veulent découvrir le film dans cette version, bien supérieure çà la version cinéma pour ma part.