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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




VERY GOOD GIRLS

 

VERY GOOD GIRLS
(Very Good Girls)

Réalisateur : Naomi Foner
Année : 2013
Scénariste : Naomi Foner
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Drame, Romance
Interdiction : /
Avec : Elizabeth Olsen, Dakota Fanning, Boyd Holbrook, Demi Moore, Ellen Barkin...


L'HISTOIRE : Lilly et Gerri sont deux copines inséparables. Elles vivent à New York, chacune dans leur famille respective, très différente en matière d'éducation. Toujours vierges à 18 ans, elles aimeraient bien perdre leur virginité avant d'entrer à l'université. Les vacances d'été étant propices à l'amour, elles attendent le prince charmant. Sur la plage, elles rencontrent David, un vendeur de glace, qui ne les laissent pas indifférentes. Lilly s'amourache du jeune homme, sans le dire à Gerri. Mais celle-ci est également sous le charme du séduisant jeune homme. Leur amitié va-t-elle être ébranlée par les non-dits et les secrets ?

MON AVIS : Dakota Fanning (Lilly) et Elizabeth Olsen (Gerri) réunies au sein du même film. Déjà, ça démarre bien, les deux jeunes actrices possédant un charme et un charisme indéniables, ma préférence allant à Elizabeth Olsen. Very Good Girls est réalisé par Naomi Foner, qui n'est autre que la mère de Maggie Gyllenhaal et Jake Gyllenhaal. Elle a rédigé le scénario du film 20 ans avant que celui-ci ne soit produit. Elle avait envisagé les actrices Kristen Stewart et Jennifer Lawrence pour tenir les rôles principaux mais ces deux actrices n'étant pas assez connues à l'époque, elle ne trouva aucun producteur pour financer le film. C'est donc à 67 ans qu'elle peut enfin mettre en image l'histoire qu'elle a imaginé des années auparavant, s'attribuant les postes de réalisatrice et scénariste, histoire que personne ne dénature ses idées et son récit. A l'arrivée, on obtient un film rafraîchissant, comédie romantique douce-amère sur la fin de l'adolescence et ce difficile passage à l'âge adulte, transition périlleuse qui se voit pimentée par des problèmes familiaux (Lilly surprend son père avec une autre femme, Gerri doit surmonter le décès de son père) et surtout par le désir de ne pas briser une amitié sincère et inaliénable. L'amitié, c'est le thème principal de Very Good Girls, et cette notion va être mise à mal quand les deux copines tombent sous le charme du même garçon, David (Boyd Halbrook), un vendeur de glace et street-artiste. David se sentant plus attiré par Lilly, cette dernière ne parviendra pas à avouer sa relation à sa meilleure amie, même quand celle-ci a des rencarts avec lui. Les deux actrices sont d'une complémentarité folle et jouent avec une sincérité et un naturel déconcertants, apportant une note d'authenticité à ce récit attendrissant et touchant. La ville de New York s'avère un décor propice à cette gentille romance et permet une belle mise en scène de ce dilemme qui risque de briser une complicité qui semble pourtant à toute épreuve. Si Dakota Fanning a nettement plus de temps de présence à l'écran que sa partenaire, Elizabeth Olsen s'en tire admirablement elle aussi et continue de convaincre le spectateur de ses capacités en tant qu'actrice. Dans les seconds rôles, on trouve Demi Moore et Ellen Barkin, qui interprètent les mères de des héroïnes. Very Good Girls est un joli petit film en tout cas, à réserver aux romances fleur-bleues mais jamais niaises.   


LA NUIT D'HALLOWEEN (1988)

 

LA NUIT D'HALLOWEEN
(Hack O' Lantern)

Réalisateur : Jag Mundhra
Année : 1988
Scénariste : Carla Robinson
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Hy Pyke, Gregory Scott Cummins, Katina Garner, Carla Baron, Jeff Brown...


L'HISTOIRE : Un grand-père, leader d'une secte sataniste, tente de rallier à lui Tommy, son petit fils, afin de préparer la soirée d'Halloween, point culminant des activités de la secte. Dans le même temps, un mystérieux tueur commet des crimes qui endeuillent la région...

MON AVIS : Eh ben mes aïeux ! Il y avait longtemps que je n'étais pas tombé sur un navet intergalactique pour lequel j'ai du lutter afin d'arriver jusqu'au bout. L'heureux gagnant de ce 2 mars 2023 est donc La Nuit d'Halloween aka Hack O' Lantern, réalisé par Jag Mundhra en 1988. J'avais ce film en VHS et je ne l'avais toujours pas visionné. C'est donc chose faite et croyez-moi, ça m’étonnerait qu'elle ressorte de son boitier. Un véritable calvaire que ce film, incompréhensible, risible au possible et qui nous propose des situations d'une rare débilité, à l'image des réactions des personnages d'ailleurs. La scénariste Carla Robinson a frappé fort dans le grand n'importe quoi : on a donc un vieux monsieur qui est le leader d'une secte sataniste et qui veut embrigader son petit fils Tommy. Enfin, petit-fils, c'est vite dit puisqu'on apprendra rapidement qu'il s'agit en fait de son propre fils, né d'une relation incestueuse avec sa fille ! Bref, le mari de sa fille n'aime pas que grand-père tourne autour de Tommy et s'en va lui dire. Pas de bol, il tombe en pleine messe noire et se verra tueur par les adeptes de la secte. Hop, saut dans le temps. On retrouve Tommy devenu un solide gaillard bien baraqué et qui semble apprécier tout ce qui a attrait à Satan, ce qui provoque la tristesse de sa mère et de ses frères et sœurs. Comme il en a marre qu'on lui fasse des reproches, il s'enferme dans sa chambre et écoute de la musique métal, ce qui ale don de le faire dormir et rêver. Et là, boom, sans prévenir, on a une séquence de rêve assez hallucinante, dans laquelle Tommy se voit guitariste d'un groupe de hard-rock 80's, victime d'une sorte d'une succube qui va éradiquer un à un les membres du groupe. Quel cauchemar ! Bon, c'est pas tout ça, mais on retrouve notre grand-père incestueux et pas bien dans sa tête (Hy Pyke) en pleine préparation d'Halloween, sa fête préférée et on comprend pourquoi : il est livreur de citrouille ! Bref, passons. Dans le même temps, il semblerait qu'un cinglé déguisé en adorateur du Diable commette quelques crimes crapuleux ! Les soupçons du public, s'il n'est pas encore endormi devant son écran, vont se porter sur Tommy bien sûr. Son petit-frère est policier dans la ville, ça tombe bien, il va enquêter ou un truc dans le genre, j'ai du fermer l’œil à un moment. Heureusement, il y a une ou deux actrices qui se montrent en tenue d'Eve, ça réveille un petit peu. Il y en a même une qui se prend une sorte de fourche démoniaque (ou une griffe d'agriculteur) en plein dans la jugulaire ! Elle avait qu'à pas être toute nue, encore une qui n'a pas regardé Vendredi 13 ! Sinon, quoi de neuf chez vous, ça va ? Ah oui, le film. Euh, j'ai perdu le fil conducteur là. Ah oui, y'a la soeur de Tommy qui n'est pas contente parce que son petit ami a été retrouvé mort et elle croit que c'est Tommy le responsable. Franchement, à l'écran, on a l'impression que ça ne lui fait ni chaud ni froid, elle en discute avec sa copine comme si elle parlé d'aller acheter du pain. Une technique de l'Actor's Studio sûrement. Niveau meurtres, il doit y en avoir six ou sept, dont un sympa avec une pelle qui vient se ficher dans un crâne. Bizarre, la victime était un mec et il était tout habillé. Dur à suivre notre tueur. Quels sont ses motivations et qui est-il ? Notre grand-père fou ? Tommy ? Autre ? Sadique comme je suis, je ne vous dévoilerai rien et vous invite à regarder Hack O' Lantern pour le savoir ! Prévoyez deux thermos complètes de café pour tenir jusqu'à cette extraordinaire révélation finale (non, j'rigole...) ! Allez, film suivant...



SILENT HOUSE (2011)

 

SILENT HOUSE
(Silent House)

Réalisateur : Chris Kentis, Laura Lau
Année : 2011
Scénariste : Laura Lau
Pays : Etats-Unis, France
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : /
Avec : Elizabeth Olsen, Adam Trese, Eric Sheffer Stevens, Julia Chan, Haley Murphy...


L'HISTOIRE : Sarah revient avec son père et son oncle Peter dans leur vieille maison de vacances, laissée  à l'abandon, afin de débarrasser le superflu et la retaper pour la vendre. La jeune femme entend des bruits inquiétants et pense que des individus sont cachés à l'intérieur de la bâtisse. Lorsqu'elle retrouve son père inconscient après avoir été agressé, Sarah sombre dans la panique...

MON AVIS : En 2010, un film uruguayen, La Casa Muda de Gustavo Hernandez, avait fait sensation avec son concept technique : filmer en temps réels les événements et en un seul plan séquence ! Si on avait découvert que cet unique plan séquence avait été réalisé en plusieurs fois tout de même, on a salué cette performance ainsi que le jeu de l'actrice principale que la caméra ne lâche pas d'une seconde. Seulement un an plus tard, les Américains décident d'en faire un remake en gardant ces deux idées du temps réel et du long plan séquence. Deux réalisateurs, Chris Kentis et Laura Lau, seront en charge de réaliser le remake, intitulé tout simplement Silent House. Chris Kentis, on le connaît pour avoir mis en scène un huis-clos aquatique assez stressant avec Open Water en 2003. Ce nouveau film étant aussi un huis-clos, il semblait être la personne toute désignée pour réussir ce pari et provoquer de belles montées d'angoisse chez le spectateur. On le félicitera déjà d'avoir choisi l'actrice Elizabeth Olsen en tant qu'héroïne, un choix plus que judicieux tant elle parvient ici à dégager des émotions et à faire ressentir la peur, l'effroi, le désespoir. Ce n'est que son second film et elle confirme tout son potentiel qu'elle nous avait fait découvrir dans Martha Marcy May Marlene. Si elle a avoué que l'unique plan séquence n'en est pas un et que le film a été tourné en plusieurs plans séquences de 12 minutes environ, il convient de saluer l'effort technique et d'interprétation de l'équipe du film ainsi que la prestation d'Elizabeth Olsen, qui est donc constamment suivie par l’œil de la caméra. Ceux qui ont vu le film de guerre 1917 de Sam Mendes voient de quoi je parle et la difficulté d'un tel exercice ! Tous les déplacements des acteurs et de la caméra au sein des décors doivent être travaillés à l'avance et avec une minutie de tous les instants pour conserver une fluidité de mouvement et parvenir à immerger le spectateur dans l'ambiance voulue. Honnêtement, le pari est réussi pour ma part. La progression des événements au sein de cette maison délabrée, l'intensité dégagée par Elizabeth Olsen qui s'enfonce de plus en plus dans l'inquiétude et la frayeur, la menace sourde et insidieuse qui règne dans le bâtiment, les quelques jumps-scares efficaces qui feront monter votre tension, le travail sur la lumière ou l'absence de lumière (tétanisante séquence uniquement éclairée par des flashs d'appareil-photo) et l'ambiance musicale savamment orchestrée font de Silent House un savoureux moment de stress jouant avec les codes du home invasion. Et puis arrive le twist final, annoncé par de petits détails tout au long du film et qui va donner une nouvelle atmosphère à Silent House. Sans révéler quoi que ce soit, on pourra trouver ce retournement de situation un peu alambiqué mais en fait, non. Le réalisateur du film original s'est servi d'un fait divers survenu en Uruguay et a fait des recherches sur la thématique traitée pour s'assurer de la crédibilité de ce twist final. A vous de voir si vous adhérer ou pas à ce rebondissement inattendu et assez malsain, qui donne une tonalité bien plus dramatique à Silent House.  


MARTHA MARCY MAY MARLENE

 

MARTHA MARCY MAY MARLENE
(Martha Marcy May Marlene)

Réalisateur : Sean Durkin
Année : 2011
Scénariste : Sean Durkin
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Elizabeth Olsen, Sarah Paulson, John Hawkes, Christopher Abbott, Louisa Krause...


L'HISTOIRE : Après avoir fui une secte et son charismatique leader, Martha tente de se reconstruire et de retrouver une vie normale. Elle cherche de l’aide auprès de sa sœur aînée, Lucy, et de son beau-frère avec qui elle n’avait plus de contacts, mais elle est incapable de leur avouer la vérité sur sa longue disparition. Martha est persuadée que son ancienne secte la pourchasse toujours. Les souvenirs qui la hantent se transforment alors en effrayante paranoïa et la frontière entre réalité et illusion se brouille peu à peu...

MON AVIS : Alors que ses deux sœurs aînées sont mondialement connues (qui ne connaît pas les jumelles Mary-Kate et Ashley Olsen, stars, entre autres, de la série télévisée La Fête à la Maison ?), Elizabeth Olsen est restée dans l'ombre malgré une petite apparition en 1994 dans Deux Jumelles dans l'Ouest. Il aura fallu attendre 2011 et Martha Marcy May Marlene pour que la beauté et surtout le talent d'Elizabeth Olsen explose à la face du monde. Que de chemin parcouru depuis, avec une vingtaine de films et de séries à son actif et une reconnaissance mondiale avec son intégration à l'univers Marvel en tant que Wanda Maximoff alias La Sorcière Rouge. Mais revenons en 2011. C'est donc le réalisateur Sean Durkin qui lui offre son premier rôle à l'écran, lui-même étant pour la première fois derrière la caméra. Film indépendant américain, Martha Marcy May Marlene est un drame psychologique qui nous plonge dans le trauma et la psyché de sa jeune héroïne, Martha, interprétée par la novice Elizabeth Olsen comme vous vous en doutez. Une jeune femme qui a passé deux ans de sa vie dans une secte et qui a subit un lavage de cerveau de la part de Patrick, son gourou. Brisant son identité, Martha est devenue Marcy May et se fait parfois appeler Marlene ! Trois prénoms pour mieux déstructurer la carapace mentale de notre jeune et innocente victime et lui donner une nouvelle identité au sein de sa "nouvelle famille". On pense bien sûr à la "famille" de Charles Manson, la ferme de Patrick, lieu perdu et autogéré, nous rappelant le célèbre Spahn Ranch. Patrick est lui aussi un hippie qui abuse sexuellement des membres féminines de sa secte, joue de la guitare et possède un charisme et un "pouvoir hypnotique" lui permettant de rallier les brebis égarés à sa cause. Lorsque Martha parvient à s'échapper et à retrouver sa sœur Lucy avec qui elle n'avait plus de lien depuis deux ans, on se dit que la jeune femme est tirée d'affaire. C'est là où le film de Sean Durkin dévoile ses enjeux : montrer que s'échapper d'une secte n'est que le premier pas vers une liberté retrouvée mais que le chemin qui mène à cette liberté est semée d'embûches et tortueux. Une fois chez sa grande sœur, Martha, qui ne parvient pas dire à Lucy ce qu'elle a vécu ni qu'elle faisait partie d'une secte, va sombrer peu à peu dans une paranoïa lascive, dans une sorte de schizophrénie dans laquelle elle ne sait plus si elle est Martha ou Marcy May. La réalité se confond avec le rêve, le passé se confond avec le présent et vice-versa, et cette sensation est transmise aux spectateurs grâce au montage du film, qui alterne sans cesse présent et passé. Elizabeth Olsen est juste admirable dans ce rôle difficile, parvenant à jouer sur diverses émotions avec une fascinante habileté et un naturel assez hallucinant. Éblouissante, fragile, d'une sensibilité à fleur de peau, elle porte littéralement le film sur ses épaules. Le final pourra déconcerter le public, qui ne saura pas si l'intuition de Martha, qui se croit épier par la secte, est vrai ou non. A vous de vous faire votre propre idée. Un beau film, qui a rempoté de nombreux prix dans les divers festivals où il a été projeté, dont Cannes et Sundance. 

      

TARANTULAS - CARGO DE LA MORT

 

TARANTULAS - CARGO DE LA MORT
(Tarantulas - The Deadly Cargo)

Réalisateur : Stuart Hagmann
Année : 1977
Scénariste :  John Groves, Guerdon Trueblood
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : /
Avec : Claude Akins, Charles Frank, Deborah Winters, Pat Hingle, Tom Atkins...


L'HISTOIRE : Deux américains venus s'approvisionner en grain de café en Equateur pour les revendre dans leur pays décollent pour rejoindre leur destination, avec à leur bord trois passagers. Personne ne se doute que les sacs de café hébergent des dizaines de tarentules hautement venimeuses. Parvenant à s'échapper, les mortelles araignées commencent à décimer les passagers avant de parvenir au poste de pilotage. L'avion se crashe près d'une petite ville de Californie. Les secours arrivent rapidement sur les lieux mais les arachnides parviennent à se dissimuler et partent en direction d'une usine productrice d'oranges. Bientôt, les premiers morts se comptent au sein de la population...

MON AVIS : Dans les années 70, le genre du film catastrophe, apparu dès les débuts du cinéma, avait le vent en poupe, avec des titres tels Airport, L'aventure du Poseidon, 747 en péril, La Tour Infernale, Les Naufragés du 747, Météor et j'en passe. Aux accidents, collisions et autres naufrages sont venus s'ajouter durant cette décennie les attaques d'animaux. Popularisé avec Quand la Marabunta gronde en 1954 puis Les Oiseaux d'Hitchcock en 1963 et The Deadly Bees en 1966, le film catastrophe animalier est passé à la vitesse supérieure, avec Les Crapauds et Les Rongeurs de l'Apocalypse en 1972, Phase IV en 1974, Quant les Abeilles attaqueront en 1976, L'Horrible Invasion en 1977 ou L'inévitable catastrophe en 1978 pour n'en citer qu'un petit panel. Des films qui étaient produits pour le cinéma mais pas seulement, la télévision étant également un vivier pour ce type de productions. Bien sûr, les téléfilms se devaient d'être bien plus familial que leurs confrères cinématographiques, avec une violence nettement aseptisée, afin que toute la famille puisse se retrouver ensemble devant l'écran. Ce qui n'empêcha pas de nombreux téléfilms d'être d'appréciables divertissements, à l'image de ce Tarantulas - Cargo de la Mort réalisé par Stuart Hagmann en 1977. Un film mettant en vedette des araignées comme son titre l'indique. Inutile de dire que la vision des ces bébêtes poilues filera des frissons aux arachnophobes dont je fais partie. Rien que de les voir grimper sur les pieds ou les mains des acteurs déclenche irrémédiablement une force répulsive chez moi. Un spectacle sado-masochiste donc en ce qui me concerne mais bon, tant que ça se passe dans l'écran et pas chez moi, je peux gérer ! Bref, on a donc ici un petit film catastrophe animalier, sans grand moyen mais qui fait agréablement le job, possède un casting correct qui plus est, parmi lequel on reconnaîtra Tom Atkins, Deborah Winters, Claude Akins, Pat Hingle et même le jeune Matthew Laborteaux, le fameux Albert de La Petite Maison dans la Prairie bien sûr. Tout ce petit monde va donc se retrouver face à une invasion d'araignées pas très sympathiques, ces dernières ayant pris part au vol Equateur -> Californie en se planquant dans des sacs de café sans que personne ne les repère. Saletés de bestioles, elles sont fourbes en plus ! Pas d'effets grandiloquents ici ou de scènes spectaculaires, Stuart Hagmann préfère miser sur un certain réalisme et se focalise sur l'entraide de la petite communauté face aux araignées. Figure imposée par ce style de film, le personnage qui ne voit pas l'intérêt de stopper l'invasion car cela interférerait avec ses propres intérêts financiers ! Ici, c'est l'exploitant d'une orangeraie qui ne voit pas d'un bon œil les mesures prises pour éviter à la population de se faire mordre et d'allonger la liste des décès. Mais contrairement à d'autres films, cet exploitant n'est pas si méchant qu'il en a l'air et se montrera même coopératif au final. La solution pour éradiquer les araignées de l'orangeraie est intéressante et surtout très écologique puisqu'ici, il n'est pas question de tout passer au lance-flammes ou d'avoir recours à l'armée, comme c'est souvent le cas dans les films catastrophes animaliers. Si Tarantulas - Cargo de la Mort n'atteint pas le niveau d'autres films d'invasion arachnéenne, il n'en demeure pas moins un téléfilm agréable qui saura vous faire passer un bon moment devant votre écran si vous ne lui en demandez pas trop...



LOOKER

 

LOOKER
(Looker)

Réalisateur : Michael Crichton
Année : 1981
Scénariste :  Michael Crichton
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Science-Fiction
Interdiction : -12 ans
Avec : Albert Finney, James Coburn, Susan Dey, Tim Rossovich, Dorian Harewood...


L'HISTOIRE : Larry Robert, un chirurgien esthétique renommé, est bizarrement sollicité par quatre jeunes mannequins ravissantes, désirant la perfection en matière de beauté. Une fois sa tâche accomplie, le médecin apprend que trois de ces jeunes femmes sont mortes peu de temps après l'opération, dans de mystérieuses circonstances. Suspecté rapidement par la police, Larry, innocent dans cette affaire, veut à tout prix connaître le fin mot de cette histoire et laver son honneur. Son enquête le mène à prendre sous sa protection Cindy, le quatrième mannequin encore en vie, et à inspecter les locaux de Digital Matrix, une firme spécialisée dans l'étude publicitaire et qui utilise de nouvelles technologies...

MON AVIS : L'écrivain Michael Crichton a toujours été passionné par les nouvelles technologies et ses nombreux romans les mettent toujours en valeur, comme dans The Andromeda StrainJurassic ParkLa Proie, Sphère, Congo ou Prisonniers du temps entre autres. Dans les années 70, il décide de réaliser des films et nous offre Mondwest (1973), Morts suspectes (1978), La Grande Attaque du Train d'or (1979), Runaway l'évadé du futur en 1984 ou bien encore ce très sympathique Looker qui date de 1981. Des films dans lesquels la technologie a un rôle prédominant, à tel point qu'on a souvent accolé aux films de Michael Crichton le terme de techno-thriller. Un terme qui prend en effet toute sa signification dans Looker, qui combine effectivement thriller et science-fiction et se veut bien en avance sur son temps à l'époque de sa sortie en ce qui concerne le rapport du public à la publicité et le pouvoir de cette dernière sur les masses. Pour pleinement apprécier Looker, il faut bien sûr se remettre dans le contexte de l'époque si on ne veut pas trouver ses effets trop datés. Mais pour l'époque, c'est quand même du lourd, avec des ordinateurs qui peuvent recréer une image 3D parfaite, jusqu'au mimétisme de la voix, d'une personne réelle, des robots ménagers, des cartes d'accès magnétiques, un pistolet nouvelle génération qui ne tire aucune balle mais envoie un flash de lumière surpuissant qu'il tétanise automatiquement la cible et lui fait perdre toute notion de temps et surtout, des publicités à l'intérieur desquelles sont dissimulées des techniques permettant de "contrôler" et d'influencer" ceux qui les regardent via leur poste de télévision. Un procédé qui va prendre des proportions inquiétantes dans le film puisque la politique s'en mêle et que cette technologie permettrait d'influer sur une élection ! Au beau milieu de tout ça, on a les deux héros principaux, à savoir le chirurgien esthétique Larry Robert et la charmante mannequin Cindy. Le premier est interprété par Albert Finney avec une certaine classe quand la seconde possède la plastique et le visage angélique de l'actrice Susan Dey. Tous deux vont donc se retrouver mêlés à une curieuse histoire de meurtres et devenir des cibles potentielles de la méchante entreprise Digital Matrix. Sans être un monument du film d'action, loin s'en faut puisque Looker possède un rythme plutôt nonchalant, les péripéties, traques et autres tentatives d'assassinats s'enchaînent sans réel temps morts et le film se savoure encore très bien. On lui pardonnera alors ses quelques défauts et manque d'explications sur certains détails de l'histoire mais en l'état, je trouve que ça passe encore bien et j'aime vraiment me regarder de temps à autre ce film de Crichton, qui possède en plus une superbe chanson de générique, avec le titre She's a Looker par Sue Saad, typique des 80's !

LA PASSAGÈRE

 

LA PASSAGÈRE
(Pasazerka)


Réalisateur : Andrzej Munk
Année : 1963
Scénariste :  Andrzej Munk
Pays : Pologne
Genre : Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Aleksandra Slaska, Anna Ciepielewska, Jan Kreczmar, Marek Walczewski...


L'HISTOIRE : Liza subit un choc, quand, lors d’une croisière, elle croit reconnaître parmi les passagers une jeune femme, Marta, ex-détenue du camp d’Auschwitz où elle était surveillante SS. Liza dont le mari ignore cette partie de sa vie, se souvient de son passé terrifiant. Ce sont d‘abord des fragments en vrac qu’elle arrange afin de construire un récit à l’intention de son mari, et dans le but de se justifier, mais peu à peu la véritable histoire se reconstitue...

MON AVIS : Cinéaste polonais qui débuta sa carrière dans les années 50 et qui est considéré comme l'un des plus importants réalisateurs de son pays, que ce soit par Roman Polanski ou Walerian Borowczyk, Andrzej Munk n'a pas eu l'occasion de terminer sa dernière oeuvre, puisqu'il décéda dans un accident de voiture au cours du tournage, en 1961. Néanmoins, la majorité de La Passagère avait été filmée et les amis et collaborateurs de Munk ont décidé de terminer le film, en se référant au scénario et en intégrant au montage filmé des photos ainsi qu'une voix off qui viennent compléter le film. Au final, on a donc une oeuvre de 60 minutes dont le début et la fin sont sous forme de jeu de photo. On pourrait penser que ce curieux mélange et ce procédé de reconstitution viendraient amoindrir l'impact du film mais au contraire, cela lui donne une force supplémentaire je trouve et même une originalité non désirée au départ mais bel et bien présente au final. L'un des points fort de La Passagère est que Munk a réussi à filmé dans l'enceinte même d'Auschwitz et de Birkenau cette histoire adaptée d’un texte autobiographique de Zofia Posmysz, rescapée d'Auschwitz et de Ravensbrück. Incroyable quand on sait que même Spielberg n'a pas eu cette autorisation pour La Liste de Schindler ! Mais nous sommes ici en 1961 et c'est donc dans les deux parties du plus terrifiant des camps de la mort que va se dérouler l'histoire de Liza, une surveillante SS qui va se prendre d'empathie pour Marta, une détenue. Le point de départ est donc une croisière durant laquelle Liza pense reconnaître Marta. Face au comportement étrange de sa femme, le mari de Liza lui demande des explications et celle-ci va lui raconter son passé. Du moins, une version enjolivée de son passé, destinée à ne pas trop brusquer son mari qui ignorait qu'elle avait était SS durant la guerre. Une version qui fait passer Liza pour une bonne surveillante, qui a tout fait pour préserver Marta, lui permettant même de retrouver et passer du temps avec son fiancé. Liza était donc une surveillante avec un cœur, qui ne faisait qu'appliquer les ordres mais qui est parvenue à sauver Marta en interférant dans lesdits ordres justement. Vraiment ? Petit à petit, la vraie version des faits va nous être exposée et, comme dans le Rashomon de Kurosawa, nous allons avoir deux visions bien différentes d'une même réalité, à la différence qu'ici, c'est la même personne qui nous propose ces deux visions. On pourrait même dire que c'est la conscience même de Liza qui l'oblige à raconter les faits dans leur véracité d'époque. Evidemment, pas question de faire dans le sensationnalisme ou dans l'outrance : La Passagère, de part son sujet son surtout son lieu de tournage, est un film dénué de tout voyeurisme, ce qui ne l'empêche pas de proposer des images graves et choquantes : détenus s'enfonçant dans les profondeurs d'une chambre à gaz pendant qu'un soldat déverse le Zyklon-B dans les bouches d'aération, prisonnières entièrement nues dans le froid glacial de l'hiver, vision de détenus pendus, brimades et sévices des kapos envers les détenus, aboiement des chiens de garde et j'en passe, le tout dans une apparente normalité qui fait froid dans le dos. La relation ambiguë entre Liza et Marta donne également son intérêt à cette oeuvre visuellement superbe, qui bénéficie d'un admirable noir et blanc. Une relation qui interroge et laisse de nombreuses questions en suspens. La Passagère est un très beau film, qui met en avant les aspects les plus sombres de l'âme humaine. Un film à (re)découvrir, car il est toujours important de ne pas oublier.