Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !

Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


dimanche 22 janvier 2017

CYBORG 2087

CYBORG 2087
(Cyborg 2087)

Réalisateur : Franklin Adreon
Année : 1966
Scénariste : Arthur C. Pierce
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Michael Rennie, Karen Steele, Wendell Corey, Warren Stevens, Eduard Franz...



L'HISTOIRE : Un cyborg, Garth A7, est envoyé du futur vers le passé afin d'empêcher un scientifique, le professeur Marx, de faire la démonstration de sa nouvelle invention : la radio-télépathie. Cette découverte aura en effet des répercussions capitales dans le futur, servant à avilir la pensée des habitants et à en faire des esclaves. Le temps est compté car des Traceurs ont également été envoyé à la poursuite du cyborg afin de l'empêcher de mener à bien sa mission...

MON AVIS : James Cameron et Terminator n'ont donc rien inventé ! En 1966, Franklin Adreon, réalisateur plus spécialisé dans les séries télévisées familiales (Lassie entre autre), nous propose en effet la même trame principale à quelques variantes près, à savoir l'envoi d'un cyborg dans le passé afin de modifier le futur ! La tagline est à l'avenant : "moitié humain, moitié machine ! Programmé pour tuer !" Incroyable non ?Avec de faibles moyens financiers, Cyborg 2087 n'a évidemment pas de quoi rivaliser avec les classiques de la S-F des 50's et encore moins avec les films à venir. Il n'empêche que l'originalité de son scénario et sa mise en scène tout à fait correcte en font un petit divertissement des plus sympathiques. Vu en 2017, Cyborg 2087 lorgne certes vers le nanar à cause de ses costumes qui font très datés de nos jours (logique me direz-vous) et de ses décors futuristes très vides (la salle des ordinateurs, la capsule de voyage dans le temps). Pourtant, même si on sourit devant certaines situations, l'aspect kitsch et l'effet nostalgique l'emportent le plus souvent et on suit avec attention cette histoire de science-fiction novatrice et bien interprétée. Dans le rôle du gentil cyborg, on trouve Michael Rennie, celui-là même qui était venu avertir les terriens avec son robot géant Gort dans le classique Le Jour où la Terre s'arrêta. Dans Cyborg 2087, il vient encore sauver les terriens et son charisme fait fondre le cœur de l'actrice Karen Steele qui ne semble pas s'émouvoir du fait qu'il ne ressent aucun sentiment, qu'il est insensible à la douleur et que son bras est bardé de pièces métalliques. Grâce à son aptitude à la radio-télépathie, notre cyborg va contrôler l'esprit de la belle blondinette et accessoirement assistante du professeur Marx, interprété quant à lui par Eduard Franz, vu dans La Chose d'un Autre Monde entre autre. Une aubaine pour notre homme de chair et d'acier qui va pouvoir retrouver le savant et l'informer des dangers de ses trouvailles. Pour pimenter son film, le scénariste n'hésites pas à multiplier les péripéties et à faire poursuivre le cyborg par des Traceurs, à savoir des autres cyborgs mais nettement plus belliqueux et armés de pistolet-laser pouvant tuer, là où l'arme de Michael Rennie ne fait qu'endormir les personnes qu'elle touche. Le film prend même des allures de western lors de son introduction et de son final puisque l'action se déroule dans une sorte de ville fantôme dans laquelle on attend presque l'apparition de Clint Eastwood ! Plus embêtant sera la séquence dans laquelle une bande d'ados passe son temps à danser dans le salon d'un autre scientifique. Une séquence qui dénote avec l'ensemble et qui ne sert qu'à allonger la durée du métrage. Vous l'aurez compris, Cyborg 2087 n'est évidemment pas exempt de menus défauts et son aspect télévisuel, tout comme ses effets-spéciaux bas de gamme, ne le tirent pas toujours vers le haut. Mais honnêtement, je ne me suis jamais ennuyé devant les aventures de Garth A7 et le charme suranné de cette petite production sans le sou mais généreuse a fait son petit effet. Cyborg 2087 reste bien sûr assez anecdotique dans la production de films de S-F mais on ne peut lui retirer la particularité de son scénario et son impact formel sur le Terminator de Cameron. Impossible en effet que ce dernier n'ait pas vu ce film ! Rien que pour ça, il faut avoir vu Cyborg 2087 !

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 3/6


samedi 21 janvier 2017

AMERICAN NIGHTMARE

AMERICAN NIGHTMARE
(The Purge)

Réalisateur : James DeMonaco
Année : 2013
Scénariste : James DeMonaco
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur, Home Invasion
Interdiction : -16 ans
Avec : Ethan Hawke, Lena Headey, Max Burkholder, Adelaide Kane...



L'HISTOIRE : Dans une Amérique rongée par une criminalité débridée et des prisons surpeuplées, le gouvernement a donné son accord pour qu’une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, soient légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services. Une nuit durant, les citoyens sont à même de définir leurs propres règles et de faire leur propre loi, sans avoir à craindre de sanctions. Au cours d’une telle nuit hantée par la violence et le crime, la famille Sandin va connaître la terreur lorsque que leur jeune fils fait pénétrer un étranger chez eux et que ce dernier était pourchassé par une bande de jeunes fanatiques désireux de mener à bien leur "purge annuelle"...

MON AVIS : Qu'y-a-t-il de plus effrayant que de voir des inconnus armés pénétrer dans votre maison ? Réponse : voir des inconnus armés pénétrer dans votre maison sans qu'ils soient le moins du monde inquiétés par la loi ! Car le postulat d'American Nightmare est celui-ci : pour éradiquer la violence et le chômage, les nouveaux pères fondateurs des Etats-Unis ont décidé qu'une fois par an, durant 12h la nuit, les habitants pourraient se livrer à une "purge", c'est à dire qu'ils pourront éradiquer de la surface de la Terre n'importe qui et sans être inquiétés par la police. Pouvoir libérer la violence contenue dans chaque individu lors d'une nuit de meurtre et de massacre, une sacrée bonne idée que le scénariste et metteur en scène James DeMonaco va mettre en image dans ce thriller horrifique qui a coûté 3 millions de dollars et qui en a rapporté plus de 60 millions rien que sur le territoire américain. Logique que ce sujet ait trouvé un écho chez les Américains puisque le droit de posséder une arme et de s'en servir pour défendre "son territoire", à savoir son chez soi et sa famille, font partie intégrante de leurs gènes. Un sujet puissant pour un film mais terriblement malsain et terrifiant s'il était réellement appliqué dans la vie réelle. On imagine sans soucis le carnage perpétré par les aficionados de la gâchette et de la violence gratuite. American Nightmare nous présente donc la famille Sandin, qui a fait fortune en vendant des dispositifs de sécurité, éléments obligatoires pour les habitants désireux de ne pas connaître une nuit de cauchemar. Portes et volets blindés, caméras de surveillance, tout est mis en oeuvre afin de sécuriser sa maison. Le côté glaçant de la purge étant que les principales victimes de ce déferlement de violence sont les miséreux, les clochards, les sans-abris, traqués sans répit par les "bobos" américains, par la jeunesse dorée habillée avec le dernier costard à la mode et qui pense que l'éradication de la pauvreté dans les rues est la solution à la baisse du taux de criminalité. Glauque. Malheureusement pour la famille Sandin, un fait inattendu va les confronter à une horde de jeunes bien propres sur eux et portant des masques façon Halloween, comme si la purge n'était qu'une sorte de fête, meurtrière certes, mais festive quand même ! A partir du moment où le fils des Sandin, innocent consterné par la violence des adultes, laisse entrer un SDF noir dans leur maison, American Nightmare devient un "Home Invasion" classique mais néanmoins efficace, avec un bon suspense et quelques scènes de tensions bien amenées. La maison des Sandin devient un personnage à part entière et les pièces, les couloirs, les cachettes deviennent autant de lieux dans lesquels la peur et la monstruosité peuvent surgir. Le gros dilemme de la famille est alors d'ordre moral : faut-il livrer le SDF à la bande de tueurs psychotiques qui attend devant leur maison afin de passer une nuit tranquille ou faut-il protéger cet étranger qui n'a aucune raison de mourir ce soir et donc se préparer à livrer un combat dont l'issue sera forcément fatale d'un côté comme d'un autre ? S'il se montre violent dans les thématiques abordées, American Nightmare l'est un peu moins au niveau visuel et le film joue plus sur l'angoisse, le suspense que sur l'horreur graphique. James DeMonaco nous réserve un petit twist vers la fin du film, assez prévisible tout de même, mais qui explicite bien la citation "l'homme est un loup pour l'homme". Bien réalisé, bourré de bonnes idées (le jouet équipé d'une caméra), possédant un casting solide (même si le fils est exaspérant et trop cliché) avec un couple qui fonctionne bien (Ethan Hawke et Lena Headey, la fameuse Cercei de Game of Thrones) et un rythme soutenu, American Nightmare est un thriller solide, pas dénué de quelques défauts, mais qui fait réfléchir sur la société et le monde ultra violent qui nous entoure. Très intéressant. Laissez-vous embarquer dans cette nuit des masques cruelle et violente...

NOTE : 4/6



jeudi 12 janvier 2017

OBJECTIF TERRE

OBJECTIF TERRE
(Target Earth)

Réalisateur : Sherman A. Rose
Année : 1954
Scénariste : William Raynor, James H. Nicholson, Wyott Ordung
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Richard Denning, Kathleen Crowley, Virginia Grey, Richard Reeves...



L'HISTOIRE : Après une tentative de suicide ratée, Nora King se réveille tranquillement et découvre que la population de Chicago a entièrement disparu durant son sommeil. Rues désertes, boutiques abandonnées, il n'y a plus âme qui vive. Elle rencontre Frank Brooks, qui semble aussi désorienté qu'elle de cette situation. Dans un hôtel, Nora et Frank découvrent un autre couple, Vicky et Jim. Tous les quatre tentent de comprendre ce qui se passe et pensent que la ville a été évacuée suite à une terrible menace, ce qui ce confirme lors de la lecture d'un journal qui parle d'une invasion ennemie. Ce que les quatre compagnons ignorent encore, c'est que l'ennemi en question est une armée de robots vraisemblablement débarquée de Vénus et dont le but est de prendre le contrôle de la Terre. Pendant que Nora, Frank, Vicky et Jim tentent de rester en vie en se cachant, les militaires tentent de trouver une solution pour éradiquer les robots belliqueux avant d'utiliser leur dernière arme : la bombe atomique...

MON AVIS : Avec sa belle affiche colorée et son robot avec pinces d'acier et rayon laser, Target Earth, rebaptisé pour sa sortie DVD dans notre belle contrée en Objectif Terre, avait de quoi séduire l'aficionados de vieux films de SF des années 50. Première réalisation de Sherman A. Rose, qui a derrière lui une longue liste de métrages sur lesquels il était monteur, Objectif Terre ne parvient malheureusement pas à tenir les promesses affichées et l'amateur d'invasion extraterrestres (et robotiques dans le cas présent) en sera pour ses frais. Il faut dire que le budget était si peu élevé qu'il était totalement impossible pour le réalisateur de mettre en scène une armée de robots destructeurs et pas gentils ! On aura donc droit à environ deux robots en tout et pour tout, ce qui n'est déjà pas si mal me direz-vous, c'est toujours mieux que zéro. Visuellement, le look des robots en fera sourire plus d'un, on est typiquement dans l'approche "Craignos Monsters" glorifiée par Jean-Pierre Putters dans ses quatre merveilleux ouvrages, soit un acteur engoncé dans un costume métallique et qui avance tant bien que mal face à la caméra. Les fans de SF rétro et kitsch apprécieront en tout cas. Pour compenser le manque de moyen financier et l'impossibilité d'avoir des centaines ou des milliers de robots à l'écran, il fallait bien trouver une solution pour divertir le public venu payer sa place. Sherman A. Rose et ses scénaristes William Raynor, James H. Nicholson et Wyott Ordung ont donc eu l'idée d'utiliser la nouvelle de science-fiction "The Deadly City" de Paul W. Fairman comme trame principale. Et puisqu'on ne peut pas avoir des tas de robots à l'écran, autant miser sur le quatuor d'acteurs principaux et de leur faire vivre quelques péripéties à l'intérieur de différents lieux, en pimentant le tout avec une histoire de suicide raté, une intrigue amoureuse et un couple qui se chamaille sans cesse. Le film débute de bien belle manière, puisque l'héroïne se réveille dans une ville totalement désertique, nous rappelant quelques classiques du genre, à savoir Je suis une Légende, Le Monde la Chair et le Diable ou beaucoup plus récent 28 Jours plus Tard. Les rues, les boutiques, les hôtels, les maisons, tout est abandonné, laisser pour compte, vide de toute présence vivante. Un début des plus prometteurs donc, avec une ambiance qui nous fait irrémédiablement penser à la série La Quatrième Dimension. La rencontre de Nora King (très bien interprétée par Kathleen Crowley) avec un autre survivant puis avec un couple permet au réalisateur de maintenir un certain intérêt, les personnages se demandant ce qui a bien pu se passer. Fin du Monde, holocauste nucléaire ou pire ? La ville semble juste abandonnée, aucune trace de bâtiments détruits, la théorie d'une explosion gigantesque se retrouvant dès lors écartée pour être remplacée par l'hypothèse d'une évacuation massive. Après quelques passages dialogués, l'ombre d'un robot apparaît sur un mur, un peu à la manière de l'ombre de Nosferatu dans le classique de Murnau. La découverte de quelques cadavres par nos quatre survivants poursuit d'installer une petite tension au sein du métrage. Mais la sauce a tout de même du mal à prendre car il faut reconnaître qu'il ne se passe quand même pas grand chose d'extraordinaire à l'écran et que le temps nous paraît bien long. Les quatre héros se déplace d'un lieu à l'autre, reste caché, tente de cohabiter et... c'est tout. Dans le même temps, on a des séquences mettant en scène l'état-major de l'armée qui tente de trouver une solution et des scientifiques qui font des tests sur un robot qui a été capturé. On apprend que la tête des robots est en fait un tube cathodique qui résiste aux balles et aux chocs. Pourtant, celui du robot capturé possède une fissure. Reste à trouver  quel moyen miraculeux a rendu possible cette fissure. Le temps est compté car l'ultime recours face à la menace sera l'envoi de missiles atomiques. Pour corser un peu l'action qui peine à décoller, on colle dans les pattes des quatre héros un voyou qui les prend en otage mais qui n'apporte, au final, pas grand chose à l'intrigue, si ce n'est de permettre au film d'atteindre une durée correcte. Mais même avec seulement 75 minutes au compteur, j'ai trouvé que c'était encore trop long et j'avoue m'être assez vite ennuyé à partir de la moitié du film. Objectif Terre est un petit film de SF mineur, qu'on oubliera aussitôt l'apparition du "the end" à l'écran. A réserver aux fans de SF vintage à la rigueur...

* Disponible en DVD dans le coffret LA GUERRE DES ROBOTS chez ARTUS FILMS

NOTE : 2/6


mardi 10 janvier 2017

POOR PRETTY EDDIE

POOR PRETTY EDDIE
(Poor Pretty Eddie / Redneck County Rape / Black Vengeance)

Réalisateur : David Worth, Richard Robinson
Année : 1975
Scénariste : B.W. Sandefur 
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, survival
Interdiction : -16 ans
Avec : Leslie Uggams, Shelley Winters, Michael Christian, Ted Cassidy...



L'HISTOIRE : Ayant décidé de faire un break, Elizabeth Wetherly, jeune chanteuse de jazz, tombe en panne après un concert et se retrouve coincée dans un lieu reculé du Sud profond des Etats-Unis. Elle échoue donc au Bertha's Oasis, faisant la connaissance d'Eddie Collins, jeune sosie d'Elvis Presley rêvant de gloire, et de sa maîtresse, Bertha, starlette fanée. Tombé sous le charme d'Elizabeth, Eddie la viole et tente par tous les moyens de la retenir. Croyant pouvoir trouver la protection de la police locale, la jeune femme oublie qu'elle a la peau noire et qu'elle se trouve en pays redneck. Ses nerfs mis à rude épreuve, sa vengeance n'en sera que plus terrible...

MON AVIS : Amateurs de Delivrance, Massacre à la Tronçonneuse, 2000 Maniacs et autres films se déroulant au fin fond des états du sud de l'Amérique et présentant des personnages de gros beaufs attardés, soit des œuvres faisant partie du genre qu'on appelle communément "Redneck movies" ou" Hicksploitation", ruez-vous sur Poor Pretty Eddie, un fleuron en la matière, déterré par l'éditeur Le Chat qui Fume pour notre plus grand plaisir. On le sait depuis qu'on a tous vu les films précités au début de ce paragraphe, le sud des USA est un terrain prospère à tous les excès, le chômage, l'alcoolisme, la consanguinité et la soif de violence étant un engrais particulièrement fertile chez nos braves rednecks, autochtones dégénérés que des réalisateurs comme Tobe Hooper, Russ Meyer ou Herschel Gordon Lewis entre autre ont érigé en star des cauchemars des citadins débarquant malheureusement pour eux dans ces contrées reculées et inhospitalières. Les rednecks dans Poor Pretty Eddie sont du plus bel acabit et ne vous laisseront pas de marbre ! Imaginez le tableau : on a Eddie, héros du film et loser en puissance, chanteur de musique country qui se prend pour Elvis Presley en adoptant le même type de fringue rutilante mais malheureusement d'un effet ringard et pathétique sur lui ; on a Bertha, ancienne starlette sexy devenue grosse, moche et alcoolique, amoureuse et amante d'Eddie, extrêmement jalouse et possessive ; on a le shérif local, un vicelard aux blagues douteuses et ne faisant pas vraiment régner la loi et l'ordre, toujours accompagné de son neveu complètement attardé du ciboulot ; on a Keno, un géant au regard vitreux, homme à tout faire du coin ; on a le député de la région qui propose ses services contre une simple... fellation et j'en passe. Tout un microcosme de débiles profonds qui vont voir leur petite existence monotone être chamboulée par l'arrivée de Liz Wetherly, une jolie chanteuse de jazz noire. Une simple panne de voiture va l'entraîner en Enfer. Tout comme dans Calvaire de Fabrice du Welz, le citadin (la citadine dans le cas présent) va devenir l'objet de convoitise d'un attardé local (Eddie) qui va tout faire pour se l'accaparer et l'obliger à l'aimer. Eddie voit en elle une chance de devenir célèbre (il l'a vu à la télévision chanter l'hymne de l'Amérique) même si elle n'évolue pas du tout dans le même univers, musical et social. Et un calvaire, la pauvre Liz va en subir un vrai. Si au départ la situation est seulement un peu tendue entre elle, Eddie, Bertha et les autres protagonistes du film, à partir du moment où Eddie va la violer, c'est un véritable voyage dans le sordide qu'elle va vivre et le spectateur également. La mise en scène insiste sur les travers mentaux des personnages et propose quelques moments chocs typique du genre. Le viol par exemple est entrecoupé par des images de chiens forniquant entre-eux sous le regard amusé des rednecks locaux, le tout sur de la musique country. Glauque et malsain ! La scène du repas réserve aussi son lot de sadisme psychologique. La violence ne tarde pas non plus à faire parler d'elle, la plupart du temps filmée au ralenti, comme dans les films de Sam Peckinpah. Le final ne fait d'ailleurs pas dans la dentelle à ce niveau. Porté par un casting de "trognes" parfaites pour le sujet, Poor Pretty Eddie marque les esprits. Shelley Winters, ancienne gloire du cinéma d'Hollywood interprète avec brio la grosse Bertha et s'en sort haut la main dans ce rôle répugnant et contre-nature. Michael Christian qui joue Eddie est à l'avenant et s'impose en personnage colérique, sûr de lui, empathique et antipathique à la fois. Si vous aimez les galeries de personnages atypiques, odieux, monstrueux, machistes et racistes, si vous aimez les ambiances moites et glauques à la fois avec une petite touche "rape & revenge", alors n'hésitez pas à vous procurer Poor Pretty Eddie, effet choc garanti ! 

* Disponible en DVD chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 4/6


dimanche 8 janvier 2017

INSTINCT DE SURVIE

INSTINCT DE SURVIE
(The Shallows)

Réalisateur : Jaume Collet-Serra
Année : 2016
Scénariste : Anthony Jaswinski
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Blake Lively, Óscar Jaenada, Angelo Josue Lozano Corzo, Brett Cullen...



L'HISTOIRE : Pour rendre hommage à sa mère décédée du cancer, Nancy part seule au bout du monde pour trouver une petite plage isolée que sa mère appréciait. Après avoir trouvé ce petit coin de paradis, Nancy en profite pour surfer en solitaire. Alors que le soleil commence à se coucher, elle est attaquée par un grand requin blanc qui la blesse à la jambe. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme ne sera pas de tout repos face au prédateur ultime…

MON AVIS : En 2009, le réalisateur Jaume Collet-Serra avait épaté son monde avec Esther, film d'enfant meurtrier très efficace, au final renversant. Il avait quatre ans plus tôt mis en scène un autre film d'épouvante avec La Maison de Cire. Depuis, il a délaissé le cinéma d'horreur pour se consacrer au thriller et au film d'action (Sans identité, Non-Stop, Night Run). En 2016, il nous livre un nouveau thriller, en milieu aquatique cette fois, et avec une menace qui titillera l'intérêt de tous les fans des Dents de la Mer et autres "Shark movies"puisque le grand requin blanc est en effet de la partie dans Instinct de Survie ! Un huis clos qui met en vedette la belle Blake Lively, célèbre Serena Van Der Woodsen de la série télévisée Gossip Girl et ex de Leonardo Di Caprio. Outre sa plastique parfaite, la jeune actrice de 29 ans est une actrice des plus corrects et le prouve ici même, interprétant une surfeuse endeuillée par la mort de sa mère et devant lutter pour sa survie face à un requin terrifiant. Le scénariste Anthony Jaswinski n'y va pas par quatre chemin pour malmener son héroïne et lui en fait voir de toutes les couleurs, puisqu'en plus du méchant squale rôdant sous la surface de la mer, la pauvre blondinette sexy va devoir aussi jongler avec la marée, les coraux coupants comme des lames de rasoir, d'autres provoquant des brûlures et même une arrivée de méduses, bref, tous pleins d'éléments déplaisants, auxquels on ajoutera aussi le froid glacial lors de la tombée de la nuit et le fait qu'elle se retrouve sur un tout petit îlot, juste assez grand pour l'accueillir et l'empêcher d'être dévorée toute crue. Sympa comme contexte non ? Heureusement, le méchant scénariste a quand même pensé à lui fournir une âme sœur en la personne d'une gentille... mouette ! Si ce détail pourra prêter à sourire, il n'en reste que la mise en scène de Jaume Collet-Serra se révèle efficace et qu'Instinct de Survie a parfaitement rempli sa mission en ce qui me concerne. Si le début du film fait très "pub de luxe", la caméra "épousant" constamment les formes de Blake Lively (on la comprend vous me direz...) se mettant en maillot de bain ou surfant sur les vagues, la suite prend rapidement des allures de "survival" intense, riche en rebondissements et en suspense. Les attaques du requin sont impressionnantes, puissantes et font leur petit effet sur nous, spectateur tranquillement assis dans son canapé mais qui ne peut résister à frémir devant l'écran. Certains plans sous-marins sont de toute beauté et la photographie magnifie ce thriller estival bien calibré. Avec ses décors paradisiaques, son actrice de toute beauté, son requin féroce et agressif, ses séquences riches en tension même si parfois un peu surréalistes reconnaissons-le (la mort du requin, un peu tiré par les cheveux non ?), son rythme efficace, Instinct de Survie est un bon film de divertissement, pas prise de tête, qui se hisse pour ma part au même niveau que le non moins excellent The Reef. Mission remplie pour Jaume Collet-Serra !

NOTE : 4/6



lundi 2 janvier 2017

LA SŒUR D'URSULA

LA SŒUR D'URSULA
(La Sorella di Ursula / The Sister of Ursula)

Réalisateur : Enzo Miloni
Année : 1978
Scénariste : Enzo Miloni
Pays : Italie
Genre : Giallo
Interdiction : -16 ans
Avec : Barbara Magnolfi, Stefania D'Amario, Anna Zinnemann, Antiniska Nemour, Marc Porel...



L'HISTOIRE : Ursula et Dagmar Beyne, deux sœurs ayant récemment hérité, vont passer des vacances en Italie dans un magnifique hôtel sur la côte. Elles cachent un sombre passé : abandonnées par leur mère, elles ont vu leur père sombrer dans la dépression et se suicider. Tombée dans la névrose, Ursula fuit le contact des hommes et vit recluse dans sa chambre, tandis que sa sœur s’adonne à une libido effrénée. Parmi ses courtisans : Roberto Delleri, le directeur de l'hôtel, et Filippo Andrei, un loubard cocaïnomane au comportement étrange. Les vacances des deux sœurs ne seront pas de tout repos puisqu’on découvre bientôt, aux abords de l'hôtel, le cadavre mutilé d'une prostituée, puis les corps d’un jeune couple…

MON AVIS : Avec Terreur sur la Lagune, l'éditeur Le Chat qui Fume a également sorti un autre giallo en combo Blu-Ray / DVD, datant également de 1978 : La Soeur d'Ursula d'Enzo Miloni. Deux thrillers italiens réalisés la même année mais qui ont pourtant de grandes différences dans leur approche du genre. Là où Terreur sur la Lagune peaufinait son ambiance, son esthétisme et son histoire, Enzo Miloni, le réalisateur de La Soeur d'Ursula, ne s’embarrasse guère de ces considérations cinématographiques et prend le contre-pied des efforts fait par Antonio Bido pour livrer un film putassier, à l'histoire bancale et peu attractive, servi par une mise en scène quelconque et un manque flagrant de suspense. Pourtant, les codes du giallo sont bien présents : personnage avec un trauma datant de l'enfance, assassin mystérieux vêtu de noir et ganté, plusieurs coupables potentiels, meurtres divers et présence de jolies actrices, Barbara Magnolfi et Stefania D'Amario en tête. Pourtant, la sauce a bien du mal à prendre tant le réalisateur (ou les producteurs ?) ne semble se focaliser que sur une seule chose : l'érotisme. La Soeur d'Ursula est en effet bardé de scènes de sexe, qui ne font pas dans la finesse, avec simulation de fellation, cunnilingus et j'en passe. Mises en scène  de façon assez trash, ces nombreuses séquences dans lesquelles la nudité féminine et masculine nous sont présentées de manière frontale amoindrissent le propos de l'oeuvre et ne servent pas vraiment le scénario lui-même, atténuant par la même occasion son rythme déjà peu dynamique. Barbara Magnolfi, dans un des bonus proposé, se plaint d'ailleurs de la tournure érotique prise par le film et qui n'était pas présente dans le scénario original. Pression des producteurs d'ajouter des scènes dénudées en pagaille pour mieux vendre le film ? Toujours est-il que cela n'a pas produit l'effet escompté en ce qui me concerne. Certes, la plastique des actrices est plutôt agréable mais c'est bien l'ennui qui vient s'installer en cours de visionnage. On n'a même pas la consolation d'assister à des meurtres sordides puisqu'ils sont quasiment tous filmés en hors-champ, on a juste le plaisir de voir le résultat final, à savoir des corps féminins dénudés et maculés de sang, notamment au niveau de leur sexe. Des meurtres à caractère sexuel donc, commis par un mystérieux individu dont on ne voit que les beaux yeux, d'où le titre du film lors de la production qui était "The Eyes". Le montage n'est pas non plus un des points forts de La Soeur d'Ursula, l’enchaînement des plans se faisant parfois de manière assez abrupte. Dommage donc d'avoir privilégié aussi fortement le côté érotique au détriment du scénario, car l'histoire en elle-même n'était pas inintéressante. Barbara Magnolfi sauve les meubles en interprétant un personnage de femme fragile psychologiquement et qui semble avoir la faculté de deviner à l'avance les événements. Sa prestation est plutôt bonne, de même que celle de Stefania D'Amario, qui interprète sa sœur. Le cadre de l'action, un hôtel luxueux et ses extérieurs, est également bien choisi. Malheureusement, les défauts sont trop présents pour que les aspects positifs prennent le dessus sur notre jugement. Au final, on a plus l'impression d'assister au visionnage d'un film érotique qu'à un véritable thriller et certaines séquences frisent le ridicule. La Sœur d'Ursula, un giallo que je suis content d'avoir découvert mais que je ne revisionnerai certainement pas une seconde fois.

* Disponible en combo DVD / BR chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 2/6



dimanche 1 janvier 2017

TERREUR SUR LA LAGUNE

TERREUR SUR LA LAGUNE
(Solamente nero / Bloodstained Shadow)

Réalisateur : Antonio Bido
Année : 1978
Scénariste : Antonio Bido, Marisa Andalò, Domenico Malan
Pays : Italie
Genre : Giallo
Interdiction : -16 ans
Avec : Lino Capolicchio, Stefania Casini, Craig Hill, Juliette Mayniel, Sergio Mioni...



L'HISTOIRE : Jeune professeur à l’université de Rome, Stefano D'Archangelo profite des vacances d’été pour aller voir son frère, Don Paolo, prêtre dans une paroisse proche de Venise. En chemin, il rencontre la belle Sandra, artiste peintre qui vit avec sa mère paralysée. Le soir même de son arrivée, une médium est étranglée en face du presbytère, sous les yeux de Don Paolo. La vision du cadavre provoque chez Stefano une série de flash-back lui renvoyant l’image d’un petit garçon effrayé caché derrière un buisson. Dès lors, un tueur élimine un par un les participants aux séances de spiritisme dirigées par la médium. Tous ces crimes auraient-ils un lien avec le meurtre d’une jeune fille, vingt ans auparavant ?

MON AVIS : Réalisateur très peu prolifique, puisque sa filmographie ne compte que sept titres, Antonio Bido est néanmoins connu des amateurs de cinéma italien et plus particulièrement de giallo. En effet, ses deux premiers films sont des thrillers italiens rendant hommage à l'un de ses réalisateurs fétiches qui est un maître du genre, Dario Argento bien sûr. En 1977, il réalise donc Il Gatto dagli Occhi di Giada, giallo inédit en France et en 1978 Solamente Nero, également connu sous divers titres français tels Terreur sur la Lagune ou Ombres Sanguinaires en VHS. Arrivant tardivement dans une filmographie "giallesque" déjà bien balisée et éprouvée, Terreur sur la Lagune ne démérite pourtant pas et s'avère un thriller italien des plus corrects. Si on pourra peut être reprocher à ce giallo une facture assez classique et un manque de violence graphique et de folie, l'amateur d'histoire policière solide, de mystère et de secret inavouable en aura en tout cas pour son compte et devrait apprécier le spectacle. Un spectacle qui bénéficie en plus d'une mise en scène appliquée de la par d'Antonio Bido, qui a bien retenu les leçons de ses aînés. Visuellement superbe, Terreur sur la Lagune nous emmène dans les rues et sur les canaux de Venise, mais aussi sur une petite île adjacente, avec une certaine maestria cinématographique, nous réservant quelques séquences très bien agencées et qui permettent de distiller un suspense adéquat, amplifié par la belle partition musicale de Stelvio Cipriani. Personnages ambigus (dont une médium, un médecin, un aristocrate apparemment porté sur les jeunes enfants, une sage femme qui cacherait son fils atteint de folie, le père de la jeune fille assassinée il y a quelques années plus tôt, le héros lui-même qui a des visions d'enfant qui pleure et j'en passe), ancien meurtre non élucidé, tueur implacable cherchant inlassablement quelque chose qui se trouverait caché chez l'une de ses victimes, caméra subjective qui virevolte dans des ruelles angoissantes et qui poursuit la jolie Stefania Casini (vue dans Du Sang pour Dracula et Suspiria), thème de la peinture avec un tableau qui semble contenir des indices (clin d'oeil au Frissons de l'Angoisse ?), messages anonymes menaçant la vie du prêtre du village et quelques meurtres viennent donc rythmer la vie de Venise et nous tenir en haleine. Le premier meurtre "récent" du film est certainement le plus réussi, se déroulant sous une pluie torrentielle et déclenchant le fil conducteur de ce giallo. De même, la mort d'un des personnages accrochés à une embarcation naviguant sur les canaux de Venise est également très bien mise en scène. On sent Antonio Bido véritablement impliqué et désirant livrer un film réussi et c'est tout à son honneur. Il nous offre même la vision dénudée de Stefania Casini, un peu d'érotisme étant toujours un petit plus dans un giallo. Si Terreur sur la Lagune n'est peut-être pas un giallo exceptionnel au même titre que certains classiques du genre, son esthétisme, sa partition musicale, sa mise en scène solide, ses fausses pistes, son rythme lancinant et le cadre même de l'action lui confèrent en tout cas de nombreuses qualités qui parviendront très certainement à le faire sortir du relatif anonymat dans lequel il était resté. Surtout que l'éditeur Le Chat qui Fume nous offre à nouveau une édition cinq étoiles, présentée dans un luxueux digipack combo DVD / BR, bardée comme à l'accoutumé d'une multitude de bonus (interviews à foison, version VHS du film, générique alternatif, bandes annonces...) et, cerise sur le gâteau, du CD de la BO du film ! 

* Disponible chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 4/6


samedi 31 décembre 2016

WHIPLASH

WHIPLASH
(Whiplash)

Réalisateur : Damien Chazelle
Année : 2014
Scénariste : Damien Chazelle 
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, film musical
Interdiction : /
Avec : Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser, Austin Stowell...



L'HISTOIRE : Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence...

MON AVIS : On a comparé ce film au Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. Pourtant, point de guerre du Vietnam dans Whiplash puisqu'on y parle d'un élève batteur de jazz et de son professeur, le titre du film étant une référence à un morceau de jazz particulièrement complexe à la batterie de par sa rapidité et sa technicité. Où est donc le rapport avec le film de guerre culte de Kubrick ? Il réside tout simplement dans l'attitude du professeur envers ses élèves : colérique, violent, usant de brimades et d'humiliations, ne ménageant pas leur sensibilité, les poussant au bout de leur limite, quitte à les faire craquer et abandonner. Tout le portrait du célèbre sergent instructeur Hartman, qui utilisait la même attitude envers ses nouvelles recrues. Le look même des deux acteurs, R. Lee Ermey chez Kubrick et J.K. Simmons chez Damien Chazelle, pousse à la comparaison. Et c'est bel et bien à une véritable guerre que vont se livrer le jeune batteur Andrew et l'ignoble professeur Fletcher. Si la méthode de travail de ce véritable bourreau des temps modernes peut prêter à débat, le réalisateur la justifie vers la fin du film lors d'un dialogue entre les deux protagonistes autour d'un verre : pour dépasser ses limites, pour devenir "LE" meilleur, il faut aller au bout de ses forces et être motivé comme nul autre pour trouver l'énergie et l'abnégation qui poussera jusqu'à la perfection. Faire atteindre à un de ses élèves la perfection, tel est en effet le but ultime du professeur Fletcher. Bien sûr, ce personnage nous apparaît comme hautement antipathique : il n'a aucune compassion, son cœur est froid et dur comme la pierre, seule la performance exemplaire compte à ses yeux, tout échec ou faute est exclu de sa pensée ou de son vocabulaire. Ses cours deviennent un véritable enfer pour les élèves qui n'ont pas le niveau. La performance de J.K. Simmons est assez bluffante, tout comme celle de Miles Teller d'ailleurs, qui a accompli plus de 70%  des prestations à la batterie. Chapeau bas. Dirigée à la baguette de la main experte du réalisateur, l'histoire de Whiplash nous émeut, nous fascine, jusqu'au final, forcément grandiose. On en sort épuisé, presque autant que Miles Teller. Un beau film au final, qui a failli ne jamais voir le jour, Damien Chazelle ayant lutté pour obtenir la somme nécessaire à sa réalisation. Sa persévérance, comme celle de son héros, a été récompensée puisque Whiplash a récolté de tas d'éloges et de prix à travers le monde, dont le Prix du Jury et le Prix du Public à Sundance, ainsi que le Grand Prix et le Prix du Public au festival de Deauville ! Le final du film pose tout de même un sérieux problème d'éthique : la méthode violente de Fletcher semble en effet avoir porté ses fruits et le "méchant" du film sort donc en héros et avec les honneurs. Le harcèlement psychologique et moral serait donc une forme d'épanouissement total si on parvient à le combattre ? C'est un peu limite quand même...

NOTE : 4/6


vendredi 30 décembre 2016

NERVE

NERVE
(Nerve)

Réalisateur : Henry Joost, Ariel Schulman
Année : 2016
Scénariste : Jessica Sharzer 
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Emma Roberts, Dave Franco, Emily Meade, Miles Heizer...



L'HISTOIRE : En participant à Nerve, un jeu qui diffuse en direct sur Internet des défis filmés, Vee et Ian décident de s’associer pour relever des challenges de plus en plus risqués et gagner toujours plus d’argent. Mais bientôt les deux « Joueurs » s’aperçoivent que leurs moindres mouvements sont manipulés par une communauté anonyme de « Voyeurs ». Le jeu vire au cauchemar. Impossible d’arrêter…

MON AVIS : On le sait, les réseaux sociaux font partie intégrante de notre vie et sont la nouvelle manière de discuter, d'échanger, de partager passion, information ou désinformation. Un univers social ou antisocial, pouvant s'avérer bénéfique (chaîne humaine pour retrouver une personne ou un animal disparu par exemple) tout comme il peut devenir un véritable Enfer (présence de prédateur sexuel, suicide de personne suite a du harcèlement, mort accidentel suite à des jeux idiots...). Le principal problème, c'est qu'il n'y a quasiment aucune limite à ce qui peut être dit ou fait, aucune loi véritable pour se protéger si ce n'est une attention de tous les instants. Adaptation d'un roman de Jeanne Ryan, Nerve, sous son apparence de teen movie high-tech, nous montre une des dérives des nouvelles technologies et du "tout connecté" à travers un "simple jeu" qui peut être suivi par les spectateurs du monde entier via une application téléphonique. Le principe est simple : soit vous êtes "Voyeur" et vous vous contentez de regarder et de proposer des épreuves, soit vous êtes "Joueur" et là, c'est vous qui devenez la coqueluche du monde entier en fonction de vos résultats. Embrasser un inconnu dans un bar, montrer ses fesses dans la rue, des épreuves rigolotes qui vous font en plus gagner de l'argent si vous les réussissez. Rien de bien méchant, à l'image du fameux "Ice Bucket Challenge" qui a fait fureur durant une certaine période me direz-vous, le but étant simplement de s'éclater tout en étant filmé. C'est exactement ce que ce dit la blonde héroïne du film, interprétée par Emma Roberts, nièce de Julia Roberts. Considérée comme une sainte-nitouche par ses amis, comme une personne timide et réservée, devenir joueuse à Nerve est une façon de s'émanciper, de voler de ses propres ailes et de montrer aux autres qu'on n'a pas forcément l'image qui nous représente vraiment. Avec un casting de "d'jeuns", Nerve atteint sans problème sa cible principale : les adolescents. Evidemment, l'inconnu que Vee doit embrasser se révèle être un beau gosse (Dave Franco, frère de James Franco) et un Joueur déjà promu star de Nerve. Le public en redemande et s'amuse à leur concocter des épreuves communes parce qu'il verrait bien un couple se former ! Petit à petit, les épreuves, amusantes au départ, prennent une tournure beaucoup moins drôle par la suite, comme lorsque Vee doit diriger Ian conduisant une moto les yeux bandés, ce dernier devant atteindre une vitesse assez élevée. L'adrénaline, le fun, et surtout les "vues" du public font oublier toute raison à Vee qui se laisse aller à des actions dangereuses pour elle et pour autrui. Malgré la stupidité de certaines épreuves (traverser deux immeubles en marchant sur une échelle suspendue entre deux fenêtres à plusieurs mètres du sol !), les Joueurs cèdent sous les acclamations du public qui ne voit pas le danger de la situation. L'effet de groupe annihile toute réflexion censée et c'est bien là le danger dont nous parle Nerve. Jusqu’où la stupidité de cet effet de masse va-t-il emmener les protagonistes, qui pourraient très bien être nos enfants, nos grands ados connectés perpétuellement à leur téléphone portable ou leur ordinateur ? De simple teen movie sympa, Nerve devient un film réflexif sur la dangerosité d'internet et son pouvoir sur les esprits. Bien rythmé, débordant d'énergie, Nerve est un thriller plus malin que ce qu'il laissait présager et malgré quelques maladresses ou facilités scénaristiques, on se laisse prendre par la main et on suit avec humour et angoisse les deux héros dans leur virée infernale. Une sorte de jeu de gladiateurs dans un monde virtuel en somme. Parents, surveillez vos ados ! 

* Disponible en BR et DVD chez METROPOLITAN

NOTE : 4/6


dimanche 27 novembre 2016

31

31
(31)

Réalisateur : Rob Zombie
Année : 2016
Scénariste : Rob Zombie
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Sheri Moon Zombie, Malcolm McDowell, Richard Brake, Jeff Daniel Phillips ...



L'HISTOIRE : Une bande d'amis, travaillant dans l'univers du cirque, est kidnappée le 31 octobre et emmenée dans un vaste réseau souterrain transformé en terrain de jeu. Un jeu mortel puisque les cinq prisonniers vont devoir se battre contre des psychopathes assoiffés de sang afin de survivre à cette nuit d'Halloween cauchemardesque...

MON AVIS : Après avoir vaillamment résisté à la tentation de télécharger le nouveau film de Rob Zombie, histoire de pouvoir le voir dans de bonnes conditions, la sortie de 31 en DVD et BR dans nos contrées vient enfin de mettre un terme à ma torture mentale. Etant fan de l'univers du réalisateur et ayant apprécié sa vision du cinéma horrifique, notamment avec The Devil's Rejects et The Lords of Salem, j'attendais presque comme le Messie ce 31, qui, d'après les propos même de Rob Zombie, serait son film le plus barré et le plus gore. Au final, petite déception pour ma part, même si le film est de bonne facture. Passé une introduction en noir et blanc nous présentant un certain "Doom-Head" et son sourire "jokerien", on bifurque dans une ambiance nous rappelant Massacre à la Tronçonneuse : une bande de potes un brin hippie sur les bords, entassée dans un petit fourgon et devant s'arrêter dans une station-service tenu par un bon redneck des familles, ça ne vous rappelle pas le chef-d'oeuvre de Tobe Hooper ? Une entrée en matière assez classique, ponctuée de dialogues trash et grossiers, qui ne tire pas vraiment son épingle du jeu. Une fois le kidnapping effectué, on se retrouve cette fois à penser à Hostel, avec trois curieux personnages (dont Malcolm McDowell) tirant les ficelles de ce jeu sanglant et misant des sommes d'argent sur la potentielle survie des protagonistes, puis à Running Man et Slasher$, pour toute la partie chasse à l'homme et le look délirant des assaillants. Les cinq compagnons vont en effet être pris à partie par des tueurs psychopathes extravagants, dont un nain fan d'Hitler, deux frères adeptes des clowns et de la tronçonneuse et un couple "Death / Sex" nous évoquant le Joker et Harley Quinn. Une fois l'un des tueurs éliminés, on passe à un autre. S'ensuit alors un jeu du chat et de la souris dans lequel la violence visuelle est bien présente, l'humour noir et irrévérencieux également. Mais il manque un petit quelque chose pour qu'on ressente une quelconque empathie pour les héros ou pour les psychopathes. 31 se contente d'enchaîner les courses-poursuites comme on enfile des perles et on a connu Rob Zombie plus inspiré, même si ce jeu de massacre se révèle assez jouissif la plupart du temps. Certaines séquences sont effectivement bien gores, surtout quand les armes choisies sont des tronçonneuses qu'on n'hésite pas à plonger dans les ventres pour un effet dévastateur et sanguinolent. Sheri Moon Zombie campe une survivante avec efficacité et donne de sa personne, assurant correctement son statut de Scream Queen attitrée de Rob Zombie. Si ce dernier semble moins inspiré que pour ses œuvres précédentes, on ne peut lui retirer son habileté à jouer avec les codes du cinéma horrifique. Les décors glauques et malsains, les couleurs flashy et le look improbable de son équipe de tueurs sont les gros points positifs du film, auxquels on ajoutera la bande sonore et les chansons choisies pour égayer l'atmosphère. 31, s'il s'avère le plus faible long métrage de son auteur, et peut-être son plus impersonnel, reste avant tout une oeuvre décadente, un spectacle de cirque horrifique qui devrait contenter les fans d'émotions fortes. Rien d'exceptionnel cette fois, mais un travail correctement réalisé et une passion du genre qui transpire toujours dans les images proposées.

* Disponible en DVD et BR chez Seven Sept

NOTE : 4/6