Légende pour la notation des films

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Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


samedi 9 avril 2016

LA NUIT DES MORTS VIVANTS

LA NUIT DES MORTS VIVANTS
(The Night of the Living Dead)

Réalisateur : George A. Romero
Année : 1968
Scénariste : Geroge A. Romero, John A. Russo
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Duane Jones, Judith O'Dea, Karl Hardman, Marilyn Eastman, Keith Wayne...



L'HISTOIRE : Alors qu'ils se rendent sur la tombe de leur père, Barbara et son frère Johnny sont agressés par un individu au comportement étrange. Son frère s'étant brisé le crâne sur une pierre tombale suite à une chute provoquée par l'individu agressif, Barbara prend la fuite et trouve refuge dans une maison isolée. Elle est rejointe par Ben qui tente lui aussi d'échapper à ce qui semble bien être des morts vivants. Après avoir barricadé portes et fenêtres, Ben et Barbara découvre qu'un petit groupe d'individus se sont réfugiés à la cave...

MON AVIS : Pour comprendre la renommée et le culte qui entoure La Nuit des Morts Vivants, il faut se replonger en 1968. Hormis Psychose en 1960, le cinéma d'épouvante (et pas encore "d'horreur") mettait principalement en vedette les grandes figures du cinéma fantastique, à savoir vampires, créature de Frankenstein, momies, loups-garous, monstres divers, extra-terrestres repoussants ou fantômes vengeurs, le tout dans une mise en scène grandiloquente, presque théâtralisée. Les films de la Hammer faisaient exploser leurs somptueuses couleurs sur l'écran, le sang (trop rouge) commençait à se déverser sur les acteurs et l'érotisme sulfureux suintait du corps d'actrices pulpeuses, tantôt victimes ou bourreaux au gré des scénarios qui misaient souvent sur la lutte du bien contre le mal. L'horreur se vivait dans des châteaux gigantesques, dans des laboratoires dernier cri, tant est si bien que, malgré le succès de ces œuvres dont certaines sont de purs classiques, le spectateur de l'époque, s'il était terrifié lors de la projection, se retrouvait en sécurité une fois chez lui. La grande force du film de Romero est d'avoir créé une "horreur réaliste", évacuant toutes les légendes et autre mythe vaudou concernant le zombi pour lui donner une crédibilité scientifique (les radiations provenant de l'explosion d'un satellite seraient à l'origine de la résurrection des morts) et un comportement des plus inquiétants. Marche lente, agressivité, cannibalisme, crainte du feu, possibilité de les éliminer en leur tirant dans la tête, les morts vivants n'ont jamais été filmés de cette manière dans les films antérieures et La Nuit des Morts Vivants fait preuve d'une innovation sans précédent dans cette thématique, qui sera reprise dans tous les films de morts vivants à venir. Avec un tout petit budget, tourné de façon indépendante, le film de Romero explose les codes du film d'épouvante, détourne les conventions pour mieux terroriser le spectateur. Caméra qui suit au plus près les agressions (la première séquence du film, dans laquelle Barbara et Johnny sont attaqués dans le cimetière est un modèle de mise en scène), excellente idée du huis clos qui confronte divers individus en lutte pour leur survie, menace permanente qui pèse sur les protagonistes (les morts vivants à l'extérieur bien sûr mais aussi les humains à l'intérieur !), scènes d'horreur réalistes et cauchemardesques (le festin anthropophage ou la petite fille qui massacre sa mère à coups de truelle), tout participe à faire de La Nuit des Morts Vivants le premier classique de l'horreur moderne. La prise de risque est énorme de la part de Romero, qui n'hésite pas à mettre un acteur noir en vedette, chose peu répandue à l'époque ! Duane Jones, puisque c'est de lui qu'il s'agit, est parfait dans le rôle de Ben et ses altercations avec Harry Cooper viendront augmenter le stress d'une situation déjà difficile à gérer. Le thème du racisme, du cloisonnement entre individus fait partie des points forts du film, Romero ayant toujours été décrit comme un marginal, un contestataire et il le prouve déjà en 1968. Nihiliste et froid, La Nuit des Morts Vivants se montrera même d'un cynisme absolu lors du final qui verra le héros se faire tirer une balle dans la tête par la garde nationale, croyant avoir affaire à un mort vivant. Nul échappatoire possible, l'invasion ne fait que commencer. Si 1968 est une année clé dans l'Histoire mondiale (mai 68 en France, assassinat de Martin Luther King suivi d'émeutes, débuts des négociations visant à mettre fin à la guerre au Vietnam, grève générale, guerre civile au Nigéria, assassinat du sénateur Bob Kennedy, explosion de la première bombe H française...), elle l'est aussi dans l'histoire du cinéma fantastique et La Nuit des Morts Vivants en est la parfaite représentation. Revu de nos jours, le public aguerri au torture porn et autres films ultra-violents aura peut-être du mal à comprendre pourquoi ce film a terrorisé une génération de spectateurs. Il ne pourra pas en tout cas lui retirer sa contribution capitale à faire émerger le courant réaliste du cinéma d'horreur, courant qui explosera durant la décennie 70 avec des films tels L'exorciste, La Dernière Maison sur la Gauche, I Spit on your Grave, La Colline a des Yeux, Massacre à la Tronçonneuse ou Zombie pour ne citer que les plus connus. La Nuit des Morts Vivants est une date a marquer d'une pierre blanche pour tout fantasticophile qui se respecte. 

NOTE : 6/6




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