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LES RITES SEXUELS DU DIABLE

 

LES RITES SEXUELS DU DIABLE
(Los Ritos Sexuales del Diablo)

Réalisateur : José Ramón Larraz
Année : 1982
Scénariste : José Ramón Larraz
Pays : Espagnol
Genre : Erotique, fantastique, folk horror
Interdiction : -16 ans
Avec : Helga Liné, Vanessa Hidalgo, Jeffrey healey, Alfred Lucchetti, Carmen Carrión...


L'HISTOIRE : Après la mort brutale de son frère, Carol se rend en Angleterre avec son fiancé chez sa belle-sœur. Très vite, elle découvre que cette dernière s’adonne à des pratiques de messes noires, au sein d’une secte d’adorateurs du Diable. L’aversion de Carol devant ces orgies de sexe et de débauche vire au cauchemar lorsque son fiancé est entraîné dans le groupe et qu'elle comprend qu'elle est devenue la cible de la secte...

MON AVIS : Célèbre dessinateur de bandes-dessinées (la saga Paul Foran entre autres, parue dans Spirou puis éditée en album chez Dupuis par la suite), José Ramón Larraz est également scénariste et réalisateur, on lui doit une bonne vingtaine de films, principalement des films Bis. Son oeuvre la plus connue reste Vampyres, réalisée en 1974. C'est également lui qui a mis en scène Rest in Pièces, Edge of the Axe ou Deadly Manor à la fin des années 80. Des films à petit budget, plaisant sans être incontournables. C'est le cas avec Les Rites Sexuels du Diable, qu'il filme en 1982. Jouant dans la catégorie du folk horror, l'action prend place dans la campagne anglaise. Une jeune femme, Carol, interprétée par Vanessa Hidalgo, se rend chez sa belle-soeur Fiona (jouée par Helga Liné) accompagnée par son mari, suite au décès de son frère. Sur place, elle découvre des choses intrigantes, comme ces nombreux chandeliers et bougies noires éparpillés partout dans la maison ou ces reproductions picturales de dessins évoquant le satanisme. L'ambiance devient pesante, le comportement de son mari change, les villageois alentour lui paraissent suspects et inquiétants et elle se demande si elle n'est pas au sein d'une secte adoratrice de Satan. Ce qui, vous vous en doutez vu le titre du film, sera bel et bien le cas. La tagline présente sur l'affiche donne clairement une indication sur le spectacle qui va suivre : Sexe, dépravation et abberations. On ne pourra pas dire qu'on a été volé sur ces promesses ici ! Niveau sexe et dépravation, c'est bien simple : sur 1h24 de film, je pense qu'il y a 1h10 de scènes érotiques, d'accouplements entre tous les membres du casting ! Sérieusement. A tel point qu'on finit par se demander si le but inavoué de José Ramón Larraz n'était pas de faire un film érotique à la base, en y intégrant cette histoire de secte sataniste. Non, parce que, franchement, le côté fantastique ou horrifique, il passe quand même un peu à la trappe, tellement les ébats sexuels s'enchaînent quasi sans interruption. Le réalisateur espagnol a justifié cet état de fait ainsi : "personne ne savait jouer parmi les acteurs. Alors, on fait quoi ? Qu'est-ce qu'on fait d'eux ? Ben on le met dans un lit et on les fait s'échanger à tour de rôle..." OK. Ceci explique donc cela. Si vous êtes amateurs d'érotisme et que vous aimez voir des actrices se déshabiller pour un rien et s'envoyer en l'air avec tout ce qui est dans les parages, Les Rites Sexuels du Diable répondra assurément à vos attentes car ça n'arrête jamais et certaines séquences sont assez osées et torrides ! Bon, et niveau aberrations ? Là aussi, José Ramón Larraz n'y va pas par quatre chemins ! A cet érotisme poussé, il ajoute quelques séquences trash qui régaleront les amateurs de déviances et de cinéma Bis qui ne se refusent rien. On citera bien sûr la scène de fornication entre une séduisante jeune fille et... un bouc ! Une séquence zoophile donc, typiquement du registre du satanisme qui plus est, le but étant de récolter le sperme de l'animal, mélangé au sécrétions féminines, et ce, afin d'en faire un puissant poison. Et de un ! On a aussi une scène qui fera hurler les féministes de tout bord puisque le mari de Carol va prodiguer une sodomie sans consentement à cette dernière, qui refuse de s'adonner à cette pratique mais qui y sera contrainte par la force sous prétexte "qu'on n'a jamais essayé" dixit le mari, joué par Jeffrey Healey. Et de deux ! Dernière réjouissance, et pas des moindres, la secte va assassiner un traître (Alfred Lucchetti) en lui insérant dans l'anus une longue épée tranchante ! Shocking ! Une scène qui a choqué la censure britannique de l'époque. Quelques fulgurances visuelles donc, qui sortent du lot vis à vis des multiples scènes de baise entre acteurs et actrices. On a évidemment une séquence finale d'orgie sataniste, qui se terminera sur un petit twist archi classique et déjà-vu. Honnêtement, je m'attendais à plus de d'intrigue, à plus d'éléments relevant de l'horreur, à plus d'ambiance pesante, à plus d'atmosphère d'épouvante gothique en quelque sorte et a nettement moins d'érotisme. Après, c'est plutôt bien mis en scène, joliment filmé, la majorité des actrices font plastiquement le job, mais la part d'érotisme est tellement majoritaire que ça pourra dérouter le spectateur non averti ou s'attendant à du folk horror plus classique ou plus scénarisé. Un curieux objet au final que Les Rites Sexuels du Diable ! 

* Disponible en combo DVD et BR chez ARTUS FILMS 
- Supplément : José Ramón Larraz, présenté par Sébastien Gayraud et Emmanuel Le Gagne. 



LE VOYAGEUR SAISON 1

 

LE VOYAGEUR SAISON 1
(The Hitchhiker season 1)


Réalisateur : Ivan Nagy
Année : 1983
Scénariste : Lewis Chesler
Pays : France, Canada
Genre : Comédie, thriller, fantastique, érotique
Interdiction : -12 ans
Avec : Page Fletcher, Bruce Greenwood, Aleisha Shirley, Pamela Bowman...


L'HISTOIRE : Lors de ses pérégrinations, un mystérieux auto-stoppeur croise des personnes sur sa route qui vont devenir les héros d'histoires insolites, drôles et macabres...

MON AVIS : Seulement trois histoires présentées par le mystérieux voyageur pour cette première saison, un auto-stoppeur dont on ne saura rien. Il était joué au départ par Nicholas Campbell mais a été remplacé dès la saison 2 par Page Fletcher. Ce dernier a retourné des scènes pour pouvoir apparaître dans deux des trois épisodes de cette première saison afin d’assurer une continuité avec les saisons suivantes. Les histoires dans cette série sont principalement des thrillers machiavéliques, dans lesquels le fantastique peut faire quelques apparitions. Série HBO oblige, l’érotisme tient une part prépondérante au sein de l’action. Comme dans La Quatrième Dimension, la fin de chaque épisode propose un retournement de situation qui fait bifurquer l’histoire dans l’humour noir et l’inattendu. Les amateurs des EC Comics seront en territoire connu, notamment s’ils sont fans de leurs séries plus policières comme Crime Suspenstories ou Shock Suspenstories. Le Voyageur a accueilli de nombreuses vedettes au sein de chaque épisode, amusez-vous à les retrouver. Chaque épisode a une durée de 25 minutes environ. L’auto-stoppeur ouvre et conclut les épisodes d’une petite sentence bien trouvée et souvent pleine d’humour noir…
- EPISODE 1 : « Shattered Vows » (Vœux Secrets)
Jeff Boder est un jeune homme séduisant et manipulateur, qui va se marier avec Jackie, une femme bien plus âgée que lui mais qui est surtout très riche. Lorsqu’il rencontre Pamela, la belle-fille de Jackie, il éprouve une attirance envers cette dernière, attirance réciproque. Rapidement, une liaison s’installe entre Jeff et Pamela et les deux tourtereaux aimeraient bien trouver comment se débarrasser de Jackie et obtenir sa fortune. La solution pourrait provenir d’une statuette représentant un homme et une femme mariés, qui semble avoir des vertus vaudous. En effet, lorsque Jeff tente de séparer la statuette, il entaille la main de l’homme avec un couteau et se retrouve lui-même blessé au poignet…

    Un épisode dans lequel on trouve la charmante Aleisha Shirley, qui interprète Pamela. On avait pu voir cette actrice dans le slasher Sweet Sixteen en cette même année 1983. Elle est ici aussi à l’aise avec la nudité que dans ce slasher qui lança sa très courte carrière… 

- EPISODE 2 : « When Morning comes » (Quand l’aube se lève)
Le producteur de musique Bob Ames se définit lui-même comme étant un homme à femmes. Dragueur invétéré, il ne cache même pas à sa femme ses nombreuses liaisons, destinées à assouvir ses besoins de mâle. Après avoir pris en stop le voyageur, il dépose celui-ci et se rend dans une cabane perdue dans les bois qui lui appartient. Alors qu’un orage fait rage, il découvre dans sa cabane une intruse, la séduisante Cathie Marks, venue se mettre à l’abri de la tempête. Une aubaine pour le charmeur, qui croit rêver d’avoir une invitée aussi sexy rien que pour lui et qui semble assez réceptive, voire même entreprenante. Mais est-ce vraiment une aubaine ? Une information diffusée à la radio va venir créer le doute chez Bob…

    C’est Pamela Bowman qui joue Cathy Marks et August Schellenberg qui interprète Bob Ames. L’intrigue est bien menée et on se demande jusqu’au dénouement si Cathy joue un rôle ou si elle est la personne dont on a entendu le profil à la radio. L’épisode se pare même d’un petit côté survival lors de la traque de Cathy par Bob dans les bois. Très sympa. 

- EPISODE 3 : « Split Decision » (Fatale Decision)
Jake McElhaney, vendeur immobilier malchanceux et désespéré, est en passe de perdre son poste s’il ne réussit pas une vente fructueuse. Une belle opportunité arrive quand il doit gérer la vente d’une maison un peu délabrée appartenant aux sœurs jumelles Frances et Priscilla Packard. Un duo qui partage tout… vraiment tout…

    Les sœurs jumelles sont interprétées par Audrey et Judy Landers qui, elles, ne sont pas jumelles. J’ai toujours cru que cet épisode provenait de la série Les Contes de la Crypte, j’ai donc pris un réel plaisir à le revoir car je me souviens parfaitement du twist final, savoureux à souhait et plutôt marquant, même si assez facilement trouvable !  Cet épisode est également le seul dans lequel on peut voir Nicholas Campbell dans le rôle de l’auto-stoppeur, avant qu’il ne soit remplacé par Page Fletcher. A noter une absence totale de scènes dénudées dans cet épisode, fait assez rare pour être signalé.


THE LOVE HOTEL GIRL


THE LOVE HOTEL GIRL
(Lost Girls and Love Hotels)


Réalisateur : William Olsson
Année : 2020
Scénariste : Catherine Hanrahan
Pays : Etats-Unis, Japon
Genre : Drame, romance, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Alexandra Daddario, Takehiro Hira, Carice van Houten, Andrew Rothney...


L'HISTOIRE : Margaret vit au Japon et elle donne des cours de prononciation en langue anglaise dans une école qui forme de futures hôtesses de l'air. La vie n'est pas rose pour Margaret, qui ne trouve aucun sens à sa vie. Elle enchaîne les rencontres d'un soir dans des "love hôtels" et boit plus que de raison. Jusqu'au jour où elle rencontre Kazu, un japonais plus âgé qu'elle et qui fait partie des Yakuza. Margaret tombe amoureuse de lui mais ce dernier doit se marier prochainement, ce qui fait la sombrer dans une spirale de déchéance infernale...

MON AVIS : Adaptation d'un roman sulfureux de Catherine Hanrahan, qui signe d'ailleurs le scénario, The Love Hotel Girl est un drame assez nihiliste nous présentant la déchéance sociale, morale et sexuelle de Margaret, une jeune femme qui ne trouve aucun sens à sa vie. Cette dernière est interprétée par Alexandra Daddario et l'actrice délivre ici une solide prestation, donnant corps et âme à ce personnage sombrant dans la déprime, l'alcoolisme et multipliant les rencontres occasionnelles dans des chambres d'hôtels dédiées. Elle parvient à faire ressentir au spectateur son mal de vivre, ses frustrations, son mal-être qui semble ne trouver aucun échappatoire. Les fans d'Alexandra seront aux anges puisque l'actrice se livre totalement et dévoile son corps et sa nudité de manière non dissimulée dans une ou deux scènes du film. Ce qu'elle n'avait pas fait depuis True Detective en 2014. Un rôle assez difficile et risquée pour l'actrice. La caméra ne la lâche jamais, elle est quasiment de tous les plans ici. Par certains aspects, The Love Hotel Girl semble vouloir surfer sur le succès de 50 nuances de Grey puisque Margaret ne trouve l'extase qu'en étant soumise à ses divers amants, leur demandant de l'attacher, de l'étrangler avec une ceinture ou de la ligoter. Une perversion dont on ne connaîtra jamais l'élément déclencheur et c'est là où le film peut décevoir quelque peu : il ne va pas assez loin dans la psyché de son héroïne. Il en va de même pour la romance entre Margaret et Kazu (Takehiro Hira) : le fait que ce dernier soit un Yakuza ne sert en fait à rien au niveau de l'histoire, si ce n'est que son sens de l'honneur et ses traditions l'empêchent de renoncer à son futur mariage pour vivre pleinement en compagnie de Margaret. Il sera par contre d'une réelle utilité pour la jeune femme puisqu'il lui permettra de rebondir et de reprendre le contrôle sur sa vie, la faisant littéralement "renaître". Sombre et désespéré, The Love Hotel Girl bénéficie de son tournage au Japon, ce qui lui donne une ambiance particulière, très éloignée des stéréotypes américains qu'on peut trouver dans ce genre de films. Pour information, le film a été tourné en 2017 et son montage original faisait 45 minutes de plus, principalement des scènes de sexe dans lesquelles on voyait Alexandra se livrer à des parties de jambes en l'air assez sordides. Mais il a été décidé de couper le film, de le remonter et de rabaisser l'aspect érotique afin de séduire un plus large public. Le film n'est donc sortit qu'en 2020 et il n'existe aucune copie du montage original. Toujours est-il que The Love Hotel Girl fonctionne bien la plupart du temps malgré des défauts de rythme et une étude psychologique pas assez poussée. On félicitera Alexandra Daddario pour sa performance, pour ce qui est peut-être un de ses plus beaux rôles. 

 

LA NUIT ÉROTIQUE DES MORTS VIVANTS

 

LA NUIT ÉROTIQUE DES MORTS VIVANTS
(Le Notti Erotiche dei Morti Viventi)

Réalisateur : Joe d'Amato
Année : 1980
Scénariste : George Eastman
Pays : Italie
Genre : Horreur, érotique, porno
Interdiction : -18 ans
Avec : Mark Shannon, Laura Gemser, George Eastman, Dirce Funari, Lucia Ramirez...


L'HISTOIRE : Larry, marin et propriétaire d'un beau voilier, accepte d'emmener John Wilson, un architecte doublé d'un coureur de jupons, ainsi que la belle Fiona qui l'accompagne, sur l'île du Chat. Cette dernière est réputée maudite, la légende voulant qu'un chat ait le pouvoir de ranimer les morts afin de protéger l'île de l'intrusion de visiteurs non désirés. Wilson doit faire des repérages afin de construire un gigantesque complexe hôtelier sur l'île. Larry et ses deux compagnons découvrent que l'île n'est pas totalement déserte : ils font connaissance avec Luna, une superbe femme qui est accompagné par un vieillard aveugle. Ceux-ci les avertissent qu'ils courent un grave danger s'ils restent sur l'île mais Wilson refuse de quitter les lieux...

MON AVIS : Au début des années 80, Joe d'Amato, adulé par les fans de cinéma d'horreur qui ont visionné Blue Holocaust et Anthropophagous, décide de quitter l'Italie pour aller se réfugier sur l'île de Saint-Domingue, dans les Caraïbes. Là, il va tourner une poignée de films avec la même équipe technique et un casting quasi récurrent, à l'image de Mark Shannon, George Eastman (qui signera plusieurs scénarios également), Dirce Funari, Annj Goren ou Lucia Ramirez entre autres. Sortira alors en 1980/1981 des Sesso Nero, Orgasmo Nero, Porno Holocaust et autre Hard Sensation. Dans certains, il tente de marier l'érotisme torride avec des éléments horrifiques et ce sera le cas avec le film qui nous intéresse ici et qui fait partie de cette liste de films tournés à Saint-Domingue, à savoir La Nuit érotique des Morts Vivants, également connu sous son titre alternatif de La Nuit fantastique des Morts Vivants, ce qui, au vu des images proposées, lui correspond nettement moins bien que le précédent. Car il faut bien avouer que ce qui semble principalement intéressé d'Amato ici, c'est de déshabiller intégralement son casting et de les faire forniquer ensemble, et ce, dans tous les endroits possibles : dans les chambres d'hôtels, sur le voilier et bien sûr sur les superbes plages de sable fin de Saint-Domingue. Sur un scénario de George Eastman, qui s'octroie le rôle de Larry le marin, le réalisateur transalpin va donc, pendant plus d'une heure et des poussières, enchaîner les scènes de sexe, tantôt simulées, tantôt abordées de manière frontale et pornographique, l'acteur Mark Shannon ne rechignant pas à dévoiler sa masculinité ni à en faire profiter les actrices qui ne sont pas réticentes à jouer avec ! Entre deux scènes de baise, on évoque quand même l'île du Chat et la superstition qui l'entoure et on assiste au meurtre d'un médecin venu faire une autopsie sur un cadavre plutôt bien vivant. Mais hormis cela, ce n'est que corps dénudés et accouplements à foison, ce qui provoque rapidement une certaine léthargie du spectateur venu assister à un film de morts vivants et qui se retrouve plutôt avec un épisode d'Emmanuelle. Certes les paysages sont paradisiaques et les filles plutôt jolies, on apprécie toujours de voir George Eastman à l'écran, ce dernier se montrant toujours aussi à l'aise et charismatique mais bon, on aimerait bien aussi avoir quelques séquences sanguinolentes à se mettre sous la dent et les voir, ces fameux morts vivants promis par le titre ! Surtout que la version intégrale du film dure environ 111 minutes et des poussières ! Que c'est long ! La présence de la belle Laura Gemser sur l'île du Chat ravive un peu notre intérêt et nous sort de notre somnolence, surtout qu'on ne sait pas si elle est bien réelle ou si c'est une apparition fantomatique, comme la scène de sexe suggérée entre George Eastman et la belle Indonésienne le laisse à penser. Il ne reste plus beaucoup de temps, une trentaine de minutes environ et ENFIN, les morts vivants décident de sortir de leur tombe. Là, le film voit son niveau s'élever puisqu'on retrouve clairement une ambiance pompée sur L'Enfer des Zombies de Lucio Fulci, réalisé l'année précédente, en 1979 donc. Morts sortant de leur tombe de sable, marchant de manière robotique sur la plage, entre les palmiers, via une séquence filmée en nuit américaine. La violence, très soft pour un film de d'Amato, fait aussi son apparition et on aura droit à quelques décapitations à la machette et quelques tirs en pleine tête plutôt sympathiques mais rien de bien gore, on ne s'explique pas cette retenue au niveau de la violence, peut être pour conserver cette atmosphère poético-horrifique ? Mystère. En tout cas, c'est joliment filmé, très bien photographié et la musique de Marcello Giombini parvient à relever le niveau de l'ensemble. Toujours est-il qu'au final, La Nuit érotique des Morts Vivants peine à convaincre, se montre relativement ennuyeux, assez peu bandant en fait, et ne vaut réellement que pour son final qui lui s'avère réussi. On a connu Joe d'Amato plus inspiré en tout cas.

* Disponible en Blu-Ray chez -> LE CHAT QUI FUME <-
• BLURAY - 1920x1080/24p
• Français et italien en DTS-HD MA 2.0
• Sous titres: Français
BONUS:
• Le vrai étalon italien avec Mark Shannon (45 mn)



LE SANG DES AUTRES OU LA VOLUPTÉ DE L'HORREUR

 

LE SANG DES AUTRES OU LA VOLUPTÉ DE L'HORREUR
(El Secreto de la Momia Egipcia)

Réalisateur : Alejandro Martí
Année : 1973
Scénariste : Vincent Didier, Julio Salvador
Pays : France, Espagne
Genre : Épouvante, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : George Rigaud, Michael Flynn, Catherine Franck, Frank Braña, Teresa Gimpera...


L'HISTOIRE : En Angleterre, au XIXème siècle – Plusieurs jeunes femmes ont disparu ces derniers temps dans le village jouxtant le château du comte de Dartmoor, scientifique féru d’occultisme, reclus dans son domaine avec John, son fidèle serviteur. Or, selon les rumeurs, la cause de ces disparitions serait liée au châtelain. Sous prétexte d'assister le scientifique, James Barton se présente à lui en qualité d'égyptologue car il semblerait que le comte possède une antique momie dans sa demeure…

MON AVIS : Voici une petite rareté tombée dans l'oubli le plus total qui vient d'être exhumée par l'éditeur Le Chat qui Fume ! Coproduction franco-espagnole datant de 1973 et réalisée par Alejandro Marti, sous le pseudonyme de Ken Ruder, El Secreto de la Momia Egipcia a été rebaptisé en France sous le titre Le Sang des Autres ou la Volupté de l'Horreur mais également sous le titre plus équivoque de Perversions Sexuelles lors d'une ressortie. Il faut préciser que le tournage du film a du être fait en trois fois, principalement en ce qui concerne les scènes érotiques qui l'agrémentent. Les producteurs voulant bénéficier de la plus large distribution possible à l'étranger, ils ont donc fait filmer trois fois les séquences coquines dénudant le casting féminin : une fois avec les actrices gardant leurs vêtements, une fois avec les actrices dévoilant leurs jolies poitrines et une dernière fois avec les actrices se dénudant intégralement. Un procédé qui n'est pas nouveau, les amateurs de Jess Franco entre autres sachant que quoi je parle. Le Chat qui Fume nous offre donc la version intégrale du film d'Alejandro Marti, avec, en bonus, les séquences habillées et semi-habillées. De quoi se faire une bonne idée des trois versions existantes ! Quant à Perversions sexuelles, il peut être considéré comme une quatrième version du Sang des Autres puisque deux petites scènes érotiques ont été ajouté au début du film, ce qui modifie très légèrement le montage initial. Comme le titre original l'indique, on est en présence d'un film de... momie ! Qui plus est, d'un film en costumes, se déroulant au XIXème siècle ! De l'épouvante gothique à la sauce franco-espagnole donc, relevée d'une bonne touche d'érotisme, voilà ce qu'est censé nous proposer Le Sang des Autres. Et croyez-le ou non, c'est bien ce qu'on aura à l'écran ! Bien sûr, il ne faut pas s'attendre à de l'épouvante à l'anglaise façon Hammer Films ou à l'italienne. Il n'empêche que la vision du film nous interpelle et plutôt dans le bon sens car on ne peut lui enlever une certaine prestance visuelle, la photographie, les lumières, les costumes, les décors extérieurs (la plage, des champs de blés...) tout comme ceux intérieurs (provenant du Château de Boucard, dans le Cher) donnant un réel cachet à cette histoire abracadabrante. Dire qu'Alejandro Marti a soigné son film n'est pas un mensonge destiné à faire passer des vessies pour des lanternes. Le Sang des Autres a une classe certaine et n'a pas à rougir face à des productions du même acabit provenant d'autres pays du globe. Et il fera sans aucun doute le délice des amateurs de cinéma bis foutraque de part son récit qui pioche à tout-va dans les clichés du cinéma d'épouvante et les utilise sans ambages ! On a donc un enquêteur venant enquêter (jusque là, tout est logique !) auprès du comte de Dartmoor (George Rigaud) sur de mystérieuses disparitions de jeunes filles dans la région. Le comte, pas dupe pour un sou sur la véritable identité de son invité, va donc lui révéler le pourquoi de ces disparitions. Et c'est parti pour un long flashback nous présentant tous les événements s'étant déroulés il y a trois mois de cela. On se retrouve donc avec un châtelain accompagné par son serviteur qui possède une momie et désire la faire revivre ! Pour cela, un peu d’électricité fera bien l'affaire et on aura une séquence dans la pure tradition des aventures du baron Frankenstein ! Pas de bol pour notre savant fou, si la momie reprend bien goût à la vie, l’électricité ne lui suffit pas et une blessure du serviteur lui fait rapidement comprendre que le sang humain est plus du goût de la momie parfaitement conservée (Michael Flynn dans son unique rôle au cinéma) ! On a donc une momie vampire ! Comme si ce mélange détonnant ne suffisait pas, l'histoire fait de ce monstre hybride un pervers lubrique qui a de fortes propensions à apprécier les plaisirs sexuels ! Bienvenue à la momie vampire perverse ! Si ça c'est pas un combo de choc ! Je vous avez dit que le côté bis était bien mis en avant malgré le sérieux de la mise en scène et des choix esthétiques bien en place. En plus, la momie possède un pouvoir hypnotique et rallie à sa cause le serviteur du comte, ce dernier allant passer quasiment tout le reste du film dans une cellule à la cave à regarder, impuissant, les exploits malsains de sa créature. On a donc une momie qui veut du sang et du sexe ! Quoi de mieux pour le pauvre serviteur devenu esclave que d'amener au château des tas de jeunes filles qui pourront satisfaire ces deux aspects nécessaires à la survie de son nouveau maître ? On a donc un casting féminin assez séduisant (Catherine Franck, Patricia Lee, Sandra Reeves, Julie Presscott, Teresa Gimpera...) qui va rapidement se retrouver dans le plus simple appareil (dans la version intégrale du film donc) et se faire besogner par notre momie en rut avant de se faire sucer le sang par ladite momie. Cerise sur le gâteau, la momie aime aussi leur infliger quelques petites tortures sympathiques, avec l'usage du fouet ou d'un fer rouge par exemple. Je précise toutefois que les scènes dénudées ne sombrent jamais dans la vulgarité, que l'érotisme reste fort soft (les téléfilms de M6 sont largement plus démonstratifs) et que le tout est joliment filmé. Les acteurs et actrices s'en sortent plutôt bien également et livrent des prestations qui font le job et ne sombrent pas dans le ridicule comme on pouvait s'y attendre. Certes, il y a bien des choses qui feront sourire le spectateur dans Le Sang des Autres, comme cette séquence dans laquelle le serviteur menotte une victime devant la momie pour que, cinq secondes plus tard, celle-ci la détache pour abuser d'elle. Je me demande encore pourquoi on a menotté l'actrice mais bon, ça participe au côté bis décomplexé  encore une fois. Il en va de même pour le final qui voit l'enquêteur repartir comme si de rien n'était. Amusant. On pense souvent à Jess Franco quand on regarde Le Sang des Autres (l'usage des zooms / de-zooms dans une scène de sexe) mais aussi à Jean Rollin bien sûr, notamment lors des séquences filmées sur une plage, lieu que chérissait le réalisateur français. Franchement, cette coproduction franco-espagnole sort de l'ordinaire et possède de belles qualités (dont des animations image par image), qui en font un petit film attachant à défaut d'être un grand film du genre. A découvrir, assurément. 

* Disponible en combo UHD + BR chez -> LE CHAT QUI FUME <- 
- Superbe restauration du film qui brille de mille feux
- VF et version anglaise sous-titrée français
BONUS : 
• Séquences inédites non sexy (12 min)
• Séquence inédites demi sexy (5 min 30)
• Séquences inédites du montage de Perversions sexuelles (2 min)
• Films annonces




DEUX ESPIONNES AVEC UN PETIT SLIP A FLEURS

 

DEUX ESPIONNES AVEC UN PETIT SLIP A FLEURS
( Ópalo de fuego: Mercaderes del sexo)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1978
Scénariste : Evelyne Scott, Jess Franco
Pays : Espagne, Portugal
Genre : Comédie, espionnage, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Lina Romay, Nadine Pascal, Olivier Mathot, Joëlle Le Quément, Mel Rodrigo...


L'HISTOIRE : Une traite de blanches est organisée pour de riches clients. Le sénateur Connoly propose la mission à deux prostituées, Cécile et Brigitte, en échange de leur libération de prison. Sous de faux noms, elles se font engager dans un cabaret pour débuter leurs investigations...

MON AVIS : Le prolifique Jess Franco + la firme Eurociné + Lina Romay : je vois déjà les amateurs de cinéma Bis frétiller devant leurs écrans ! Tourné aux Canaries en 1978, ce film avait pour titre de travail L'Opale de Feu, en référence à cette curieuse bague que porte la gérante du trafic de blanches et qui possède le pouvoir d'hypnotiser les futures victimes. Par la suite, le film changea de titre pour un plus simple Deux espionnes, avant que le patron d'Eurociné ne lui donne son titre définitif d'exploitation, à savoir cet amusant Deux Espionnes avec un petit slip à fleurs. Amusant car pas une seule fois on ne verra ce fameux petit slip à fleurs ! Au générique, on trouve les habitués des productions Jess Franco, à savoir par exemple les acteurs Olivier Mathot, Nadine Pascal, Muriel Montossé ou Claude Boisson entre autres mais aussi Daniel White à la musique, jazzy forcément. Avec cette petite production sans prétention, Jess Franco se fait plaisir en mélangeant les genres, à savoir la comédie, le film d'espionnage et l'érotisme bien sûr. On a donc deux prostituées qui viennent de se faire arrêter par la police (Lina Romay et Nadine Pascal) et elles se voient offrir une seconde chance par le sénateur Connoly (Olivier Mathot), qui leur propose de devenir espionne pour son compte et d'infiltrer un vaste réseau de traites des blanches, dirigé par le couple Forbes (la ravissante Joëlle Le Quément et le chauve Claude Boisson, qui a bien la tête de l'emploi). Il faut bien admettre que la partie "espionnage" est très pauvre et qu'on est à des années-lumières des péripéties vécues par James Bond, OSS 117 ou Francis Coplan entre autres ! C'est principalement la belle Lina Romay, ici affublée d'une coupe de cheveux franchement pas terrible, qui va endosser le rôle d'espionne et mettre sa vie en danger. Capturée et torturée par deux méchantes sbires du couple Forbes, elle parviendra à s'enfuir lors d'une scène mémorable dans laquelle elle porte un bikini et un bonnet de bain couleur or et dont le soutien-gorge est bien trop petit pour elle, ce qui laisse passer sa poitrine lors de la course-poursuite où elle doit échapper à ses poursuivants qui, eux, sont en hélicoptère et armées de mitrailleuses ! Impayable ! Pour le reste, l'action est plutôt d'une platitude un brin soporifique. Franco se rattrape toutefois avec un petit côté sadique bienvenu, lors de scènes de tortures sur les prisonnières, avec pincement de tétons ou brûlures à la cigarette. On a même monsieur Forbes qui viole chaque nouvelle arrivante, devant sa femme qui ne ressent plus d'attirance sexuelle pour lui. Sympa tout plein ! Plus gênant par contre, le fait d'avoir doté Lina Romay d'un accent qui rend souvent difficile la compréhension de ses répliques. L'aspect comédie est principalement amené par le personnage masculin principal, à savoir Milton (Mel Rodrigo), un jeune homme homosexuel qui va néanmoins tomber sous le charme de Lina et tout tenter pour la maintenir en vie, quitte à la planquer dans une communauté hippie qui fait partie de ses amis. Quant à l'aspect érotique, c'est clairement celui qui est le plus mis en avant dans le film, avec nombre de séquences où le casting se retrouve à poil et s'adonne au plaisir du sexe. La plastique des actrices fait que le spectacle s'avère agréable mais l'accumulation de ce type de scènes ralentit encore plus un rythme déjà pas bien folichon et nous plonge souvent dans la torpeur au lieu de nous vivifier. On ne dira rien des séquences de cabaret, censées être la couverture de nos deux espionnes de charme, tant elles s'avèrent d'une ringardise à toute épreuve. Même Olivier Mathot est de notre avis, ponctuant les numéros d'un "c'est assez édifiant" qui ne trompe personne ! Bref, on a là un Jess Franco assez mineure dans sa longue filmographie et on a connu le réalisateur ibérique bien plus inspiré. 

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-
Bonus :
- Présentation par Daniel Lesoeur
- Analyse par Stéphane du Mesnildot
- Diaporama d’affiches et photos
- Film-annonce original




LES NUITS BRÛLANTES DE LINDA

 

LES NUITS BRÛLANTES DE LINDA
(Les Nuits Brûlantes de Linda)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1975
Scénariste : Nicole Guettard, Jess Franco
Pays : France, Italie
Genre : Thriller, drame, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Alice Arno, Lina Romay, Paul Muller, Monica Swinn, Pierre Taylou...


L'HISTOIRE : Marie-France trouve un emploi comme nurse dans une famille française et puritaine résidant en Grèce.  Le père est soupçonné d'avoir assassiné autrefois son épouse adultère et vit dans le remords. A ses côtés, sa fille Linda, paralytique, et Olivia, sa nièce nymphomane. Et enfin, Abdul, l’homme à tout faire simple d’esprit et quasi muet. Les frustrations de la famille vont être chamboulées par l’arrivée de Marie-France…

MON AVIS : Ah Jess Franco ! Des nouveaux titres dans la belle collection qui lui est dédié chez nos amis d'Artus Films ! On attaque avec Les Nuits Brûlantes de Linda, qui aurait très bien pu s'appeler Les Nuis Brûlantes de Lina ! Pourquoi ? Tout simplement parce que la Linda du titre est interprétée par Catherine Lafferiere, qui est, dans le film, une jeune fille infirme et muette alors que sa cousine Olivia, interprétée cette fois-ci par Lina Romay, est une pure nymphomane qui a des nuits bien agitées. Je précise que la version proposée par l'éditeur est la version soft et que le terme "nuits brûlantes" est un peu exagéré vu que le potentiel érotique se montre plutôt très tiède ici. Comme souvent chez Franco, le film a bénéficié de plusieurs versions dont une X, ces séquences hards étant proposées dans la section bonus. Et effectivement, le titre est plus justifié avec sa version X. Mais bon, parlons de la version visionnée : en l'état, on retrouve tout ce qui fait le charme (ou le défaut ?) des films de Franco, à savoir une abondance de zoom à n'en plus finir, sa muse Lina Romay filmée sous toutes les coutures, un montage parfois un peu abrupte, un jeu d'acteurs parfois approximatif, une histoire qui mêle divers genres et dont le fil conducteur semble s'être égaré au fur et à mesure de son déroulement, avec des actions de certains personnages (celui d'Olivia pour être précis) qui semblent tomber comme un cheveu dans la soupe vers la fin et qu'on a du mal à expliquer. Pourtant, ça démarrait plutôt bien : une nurse française (Alice Arno) accepte en travail dans une famille vivant en Grèce et va devoir s'occuper d'une jeune fille infirme. Sur place, elle découvre que les résidents ont tous une grande frustration sexuelle et quelques problèmes psychologiques. Le maître des lieux (Paul Muller) est soupçonné d'avoir tué sa femme à cause d'une sombre histoire d'adultère et ne se remet pas de la perte de cette dernière, continuant à lui parler et à la voir, allongée nue dans le lit conjugal, raide morte. Un policier et une photographe sont d'ailleurs chargés de suivre ses moindres mouvements, l'observant jour et nuit à la jumelle pour tenter de faire la lumière sur cette curieuse affaire. Sa fille Linda est donc infirme, muette et est aidée par le domestique Abdul, lui aussi quasi muet. La cousine de Linda, Olivia, vit avec eux et s'ennuie ferme dans cette grande demeure, passant son temps à se livrer aux plaisirs de l'onanisme tout en ayant des nuits agitées, on apprendra plus tard le pourquoi du comment. Elle profite également de l'infirmité de sa sœur pour avoir du bon temps avec elle et à ce titre, une des scènes de la version X se montre particulièrement sordide, Olivia pénétrant à l'aide d'une banane sa cousine. Une séquence qui fait du personnage de Lina Romay un être encore plus abjecte et folle à lier qu'elle ne l'est dans la version soft.. Avec cette galerie de personnages pas très clairs ni sains d'esprit, Jess Franco parvient à créer un climat assez malsain mais qui, malheureusement, tombe rapidement à l'eau, la faute à une écriture pas assez travaillée du scénario. Le personnage d'Alice Arno se voit par exemple vite reléguée au second plan quand il ne disparaît pas durant de longues minutes à un moment donné. Les films propose de nombreuses scènes de rêves érotiques mais cette version soft est étonnement très (trop) soft et ne provoque au final pas grand chose sur le public. Reste la scène où Lina Romay mange une banane devant Abdul, imitant une fellation sur le délicieux fruit. C'est peu. Même les téléfilms de M6 se montrent plus érotiques que Les Nuits Brûlantes de Linda, c'est dire ! Le manque de consistance de l'histoire, le manque de lien entre les séquences ne jouent pas non plus en sa faveur, on a souvent l'impression que Franco a oublié de suivre une trame et qu'il met bout à bout diverses séquences en espérant que l'ensemble concorde un tant soit peu. Dommage de ne pas avoir approfondi le trauma d'enfance d'Olivia et de ne pas avoir mieux préparé son pétage de plomb meurtrier à la fin du film car là, on ne comprend pas trop pourquoi elle en arrive à cet excès. Bref, petite déception à l'arrivée, ça manque clairement de sensualité et l'aspect foutraque de l'histoire ne tire pas le film vers le haut, alors que ça aurait pu donner quelque chose de bien plus intéressant et malsain. A voir pour Lina Romay avant tout, qui a toujours son charisme naturel qui fait son petit effet.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-
Très beau digipack sous fourreau, avec le film proposé en VF mais incluant des passages en VOSTF. Niveau bonus, on trouve :
- Présentation par Daniel Lesoeur
- Présentation par Stéphane du Mesnildot
- Scènes additionnelles issues de la version X
- Diaporama d’affiches et photos
- Film-annonce original





ZENABEL

 

ZENABEL
(Zenabel)

Réalisateur : Ruggero Deodato
Année : 1969
Scénariste : Gino Capone, Ruggero Deodato, Antonio Racioppi
Pays : Italie, France
Genre : Aventure, comédie, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Lucretia Love, John Ireland, Lionel Stander, Mauro Parenti, Fiorenzo Fiorentini...


L'HISTOIRE : En 1627, dans l'Espagne du Siècle d'or, la jeune Zenabel apprend de son père mourant qu'elle est en réalité une fille adoptée. Ses vrais parents, le duc et la duchesse de Valle Stretta, furent assassinés alors qu'elle était encore un bébé. Le responsable de ce double meurtre, don Alonso y Moira, un baron sans foi ni loi, est depuis devenu le maître des lieux, faisant régner la terreur dans le duché. Désormais, Zenabel va tout mettre en œuvre afin de reconquérir son titre et ses biens, ainsi que venger la mort de ses parents. Sa quête sera longue et semée d'embûches…

MON AVIS : Quand on évoque le nom de Ruggero Deodato, on pense évidemment à l'infâme Cannibal Holocaust mais aussi à La Maison au fond du Parc, Le Dernier Monde Cannibale ou à Amazonia la Jungle Blanche entre autres. Des films chocs, radicaux. Mais le réalisateur italien n'a pas que cette corde à son arc. Aussi, quand l'éditeur Le Chat qui Fume sort dans une belle édition Blu-Ray un titre méconnu de sa filmographie, Zenabel, la curiosité l'emporte immédiatement, surtout qu'on est bien loin des atrocités cannibalistiques de son chef-d'oeuvre de 1980. Comme vous le voyez via l'affiche ci-dessus, Zenabel jouerait plutôt dans la cour du film d'aventure romanesque et du film de cape et d'épée, à l'image de notre belle saga des Angélique Marquise des Anges, avec un côté encore plus bis évidemment. Ce sera bel et bien le cas puisque les aventures de Zenabel, interprétée par la blonde Lucretia Love, se pare ici d'une touche érotique bon enfant, qui ravira les yeux des spectateurs masculins. Tous les ingrédients du cinéma populaire d'aventure se retrouve ici : on a l'héroïne qui découvre qu'on lui a caché sa véritable identité et qui est en fait une duchesse, ce qui la conduira à vouloir reprendre son trône au vil usurpateur joué par John Ireland ; on a des scènes de bagarres et de duels à l'épée ; on a des guet-apens ; on a une horde de rebelles emmenée par le ténébreux Mauro Parenti, qui tombera sous le charme de Zenabel et lui prêtera main forte dans sa quête et j'en passe, le tout dans de superbes décors naturels, tels les cascades, le parc et les vestiges romains du Mont Gelato par exemple. Deodato le dit lui-même : il a eu pas mal de moyens financiers pour réaliser Zenabel et ça se voit au niveau des costumes et du nombre de figurants lors de certaines séquences. La mise en scène est assez énergique, on n'a guère le temps de s'ennuyer face aux diverses situations proposées. Le film bénéficie en outre d'un humour bienvenu, qui nous fait penser aux futures sexy comédies 70's, avec un personnage homosexuel par exemple. Les mimiques de l'acteur Lionel Stander nous amuseront également, tout comme son comportement rigolo. Plus étonnant pour le public contemporain, on note dans le film une réelle touche féministe, avec Zenabel qui veut redonner le pouvoir aux femmes par exemple et faire que les hommes leur témoignent bien plus de respect. L'émancipation de la femme, débutée au début des années 60, trouve ici un écho notable. Cet aspect féministe est néanmoins contrebalancé par la dimension érotico-comique qui suinte par tous les pores de la pellicule. Car, entendons-nous bien : Zenabel est avant tout un petite gaudriole polissonne qui ne cache pas son objectif premier : déshabiller tout son casting féminin ! Le producteur du film, Mauro Parenti, qui joue donc Gennaro, le chef des rebelles, vouait une véritable obsession envers la gent féminine selon Deodato et son unique but était de pouvoir filmer les nombreuses actrices entièrement nues, ce qui sera bel et bien le cas en effet. Il ne se passe pas dix minutes sans qu'une paire de seins ou de fesses n'apparaissent à l'écran, le tout dans une bonne humeur communicative et sans vulgarité aucune. De l'érotisme désuet, gentillet, qui vient égayer encore plus les aventures rocambolesques de notre héroïne sans peur ! Il faut croire que c'était bien trop gentillet pour la sortie française puisque le film, d'abors distribué en 1974, ressortit en 1976, caviardé par divers inserts un peu plus porno qui n'apportent rien au final. Le titre a également changé puisque dans notre beau pays, on le connaît sous l’appellation Faut pas Jouer avec les Vierges. Bref, pour ceux qui désirent découvrir une autre facette de Ruggero Deodato, Zenabel tombe à point nommé et saura divertir l'amateur de cinéma bis sans aucun doute.

* Disponible en BR chez -> LE CHAT QUI FUME <- 
BONUS:
• Documentaire DEODATO HOLOCAUST (1h11)
• Le pouvoir des filles avec Ruggero Deodato (19mn)
• ZENABEL par Philippe Chouvel (32mn)
• Séquences coupées interdites aux mineurs (19 mn)


ISLAND OF DEATH

 

ISLAND OF DEATH
(Ta Paidia tou Diavolou)

Réalisateur : Nico Mastorakis
Année : 1976
Scénariste : Nico Mastorakis
Pays : Grèce
Genre : Horreur, Erotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Bob Behling, Jane Lyle, Jessica Dublin, Gerard Gonalons, Jannice McConnell...

L'HISTOIRE : Christopher et Célia, un couple d'amoureux, se rendent sur la petite île de Mykonos pour passer un agréable séjour dans ce décor paradisiaque. Malheureusement pour les résidents de l'île, Christopher et Célia sont également deux tueurs psychotiques, qui prennent plaisir à faire souffrir leurs victimes et à leur faire subir toutes sortes de perversions...

MON AVIS : Au début des années 70, la Grèce devient une démocratie après des années de dictature. Une nouvelle liberté s'offre alors aux artistes présents dans le pays et le réalisateur Nico Mastorakis, qui a déjà mis en scène quelques téléfilms, décide de tenter sa chance. La vision de Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper le séduit et il se lance le défi de réaliser un film d'horreur grecque encore plus malsain, un film d'horreur qui serait un véritable catalogue de perversions et de monstruosités. Ce film qui veut repousser les limites, c'est Ta Paidia tou Diavolou ou Island of Death, ce qui est tout de suite plus compréhensible. Un low budget évidemment, puisque Mastorakis ne réussi a réunir que 30000$. Qu'importe. Le désir et la motivation feront le reste. Longtemps difficile à acquérir ou à visionner, Island of Death a développé au fil du temps un petit statut de film culte, qui ne s'est pas démenti malgré son arrivée sur support numérique, en DVD et désormais en Blu-Ray. Il faut dire que le réalisateur n'a pas menti, que ce soit sur ses intentions et sur leur mise en image. C'est bien simple, Island of Death est effectivement un véritable catalogue de perversité, ce qui ne manquera pas de faire rugir de plaisir l'amateur de cinéma Bis, trash et déviant. Si on s'attarde sur un point de vu purement cinématographique, on ne va pas clamer haut et fort que ce premier film de Mastorakis relève du génie pur et dur, comme a pu l'être le film de Tobe Hooper. La mise en scène est correcte, certes, mais n'a pas l'éclat de Massacre. Par contre, ces vacances ensoleillées sur Mykonos, filmées en décor naturel bien sûr, où l'on va suivre le couple Christopher / Célia, va nous en mettre plein la vue niveau déviance et horreur. Car ce joli duo qui passerait inaperçu, tels de simples touristes venus se reposer à la mer, interprété par Bob Behling et la jolie blondinette Jane Lyle, cache en fait une paire de tueurs sadiques et cruels, qui adorent prendre des photos de leurs forfaits. Christopher semble avoir une sorte de mission à accomplir, à savoir éradiquer les êtres pervers au nom de Dieu quand Celia semble juste aimer le suivre dans ses horreurs et n'hésite pas à l'aider à attirer les futures victimes dans ses filets. Le film se montre assez habile au début, car on ne découvre pas tout de suite la véritable personnalité du couple. Une fois leur nature révélée au grand jour, c'est parti pour un voyage sans retour dans la dépravation et l'immondice. Âmes sensibles s'abstenir de venir à la suite de nos deux psychopathes car le spectacle qu'ils vont vous offrir ne sera certainement pas à votre goût ! Il faut quand même dire qu'on va enchaîner durant 106 minutes environ des scènes de : crucifixion, déversement de peinture liquide dans la bouche, visage rongée par les flammes, harpon expédié dans le ventre, faucille traversant un dos et dont la pointe va ressortir entre les deux seins d'une malheureuse, décapitation à l'aide d'un tractopelle, explosion de crâne au revolver, viol hétéro et homosexuel, pendaison, meurtre à l'épée et j'en passe ! Comble de perversité, le réalisateur ne s’embarrasse d'aucun tabou et nous montre même Christopher se taper une chèvre avant d'égorger le pauvre animal ou urinant sur une MILF hautement excitée qui n'en demandait pas tant ! L'érotisme est bel et bien présent ici, tout le monde se retrouve sans cesse à poil, et toutes les combinaisons sont permises, même zoophile donc ! Le tout sur un scénario assez banal, qui ne cherche pas à nous la jouer Christopher Nolan ça c'est sûr. C'est même tout l'inverse. On aura pourtant quelques surprises pas dénuées d'intérêt, dont une révélation finale sur notre couple de tueurs qui augmente encore le caractère malsain du film. Malgré des défauts, Island of Death est bel et bien un objet culte pour cinéphile déviant, une oeuvre totalement immorale, décomplexée, glauque, sadique, avec néanmoins une ambiance souvent bon enfant, presque guillerette malgré les événements qui se déroulent devant nos yeux ahuris. Pas du grand et beau cinéma mais un film qui sent le rance, la transpiration, les liquides corporels et la folie. De quoi passer une bien agréable soirée sous le soleil de Mykonos, possiblement la plus mauvaise destination de vacances, comme le clame le slogan d'une des jaquettes dessinées pour l'occasion chez Arrow Video !   

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARROW VIDEO <- 





TAKE ME NAKED

 

TAKE ME NAKED
(Take Me Naked)

Réalisateur : Michael Findlay, Roberta Findlay
Année : 1966
Scénariste : Michael Findlay, Roberta Findlay
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Michael Findlay, Roberta Findlay, Kevin Sullivan, Darlene Bennett, June Roberts...

L'HISTOIRE : Un sans-abri vit dans un appartement miteux. Il passe ses journées et ses soirées à espionner Elaine, une jeune femme qui vit seule dans l'immeuble d'en face. Celle-ci déambule dans on appartement souvent nue, se livre à des plaisirs solitaires, ce qui fait que le sans-abri développe une véritable obsession envers elle...

MON AVIS : Premier film du couple Findlay, réalisé en 1966, ce Take me Naked est une oeuvre de sexploitation grindhouse à très faible budget, comme il en pleuvait dans les salles sur la 42ème rue à New York. Par manque de budget justement, il n'y a aucun dialogue mais on trouve par contre une voix-off particulièrement pénible, qui ne s'interrompt quasiment jamais et qui récite des poèmes de Pierre Louÿs ou de Arthur Symons. Le film a été mis en scène sous pseudonyme, Michael Findlay se faisant appeler Julian Marsh et sa femme Roberta Anna Riva. Cette dernière interprète l'héroïne du film, à savoir cette jeune femme qui passe son temps à se promener nue dans on appartement, à prendre une douche, à se masturber tranquillement, à jouer avec une sorte de phallus en bois. Pas spécialement jolie de visage, mais possédant un corps bien mis en valeur, Roberta Findlay se dévoile sans prestance aucune, son visage restant figé tout au long du film. Elle cache constamment ses parties génitales, peut-être pour échapper à la censure. Michael Findlay joue également dans le film, il a une scène dans laquelle il vient dans l'appartement du sans-abri, interprété par Kevin Sullivan et fait des avances à ce dernier. Très en colère, le sans-abri l'agresse et le tue à grand coup de matraque en bois. Filmé en noir et blanc, le film se veut presque arty dans sa démarche, les poésies lues par la voix-off, de manière pompeuse, participant à cette impression, tout comme les pensées des personnages, qu'on entend également via une voix-off. Il y a très peu d'action, le film est très lent, et semble même faire du sur-place parfois. Pourtant, il ne dure que 68 minutes mais on a la fâcheuse impression qu'il dure trois heures de plus. Une longue séquence de fantasmes vient nous assoupir encore plus, surtout que l'objectif de la caméra semble avoir été badigeonné avec de la crème, histoire de donner à l'image une sorte de floue esthétique, pour un effet final carrément raté. Et quand je dis "longue séquence", c'est vraiment une longue séquence, qui dure au moins 15/20 minutes ! Dedans, Roberta Findlay s'accoquine avec Darlene Bennett et June Roberts, deux habituées de ce type de film. Le souci, c'est qu'on ne distingue pas grand-chose vu la couche de crème sur l'objectif. Vers la fin, le sans-abri décide enfin de passer à l'action et va rendre visite à sa voisine d'en face. Bien sûr, si tout se passe bien au départ, la psychose et l'obsession du sans-abri pour la jeune femme va se traduire par un drame : l'homme va la violenter, l'attacher et l'agresser avec un couteau pour finir par la tuer. Hop, générique de fin. Take me Naked est une expérience plutôt désagréable à suivre mais qui débute la carrière du couple Findlay, mondialement célèbre pour leurs œuvres undergound justement. Après la mort de Michael dans un crash d'avion, Roberta a poursuivi sa carrière derrière la caméra, devenant elle aussi une référence dans ce genre de cinéma low budget.  A réserver aux spectateurs endurcis ou curieux.


THE NOTORIOUS BETTIE PAGE

 

THE NOTORIOUS BETTIE PAGE
(The Notorious Bettie Page)

Réalisateur : Mary Harron
Année : 2005
Scénariste : Mary Harron, Guinevere Turner
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Biographie
Interdiction : -12 ans
Avec : Gretchen Mol, Lili Taylor, Chris Bauer, Sarah Paulson, Cara Seymour...

L'HISTOIRE : Bettie Page, une jeune fille de Nashville, va devenir malgré elle l'icône des pin-up des années 50. Ses photos de charmes vont conduire certains sénateurs à livrer une bataille acharnée contre l'érotisme, voyant là une menace pour la jeunesse...

MON AVIS :  Ah Bettie Page. Un nom particulièrement célèbre, un visage et une coupe de cheveux connus de tous et des photos de charme et des petits films à la célébrité mondiale. C'est simple, Bettie Page, c'est la Reine des Pin-Up des années 50, rien de moins que cela. Ce biopic réalisé par Mary Harron, à qui on doit I Shot Andy Warhol en 1996 et American Psycho en 2000, va donc s'attaquer à cette légende née en 1923 à Nashville et décédée le 11 décembre 2008 à Los Angeles. Sans jamais se montrer vulgaire ou sombrer dans le graveleux ou le putassier, la réalisatrice livre un portrait assez touchant de ce fabuleux mannequin qui était avant tout une jeune fille pleine d'insouciance et qui aimait la vie malgré quelques douloureuses épreuves de jeunesse. Vivant dans une famille très croyante, la petite Bettie a une enfance assez difficile, devant subir le divorce de ses parents, être placée dans un orphelinat durant deux ans puis subir les agressions sexuelles de son père. Le film nous présente également une scène dans laquelle elle accepte l'invitation d'un jeune homme qui s'avère être un jeune voyou qui l'emmène subir un viol collectif. Elle épouse par la suite un homme qui deviendra violent et finit par le quitter. Elle se lance dans l'enseignement, fait plusieurs petits boulots et se trouve une passion dans le théâtre. Elle part pour New York et s'en sort comme elle peu. Lors d'une balade sur une plage de Coney Island, elle croise un policier noir qui est aussi photographe. D'un physique très agréable, Bettie accepte de se faire prendre en photo par ce dernier, ce qui constituera son premier port-folio de pin-up. Elle fait par la suite connaissance avec Irving Klaw, qui a une entreprise de photos de charmes avec sa femme Paula. C'est là que la carrière de Bettie Page va littéralement exploser. les Klaw travaille pour des personnalités de la haute bourgeoisie (médecin, notaire, avocats, chef d’entreprise) qui aime voir des femmes dans des poses et des tenues un peu... spéciales ! Bettie découvre alors le monde du fétichisme et du bondage et son sourire, allié à son naturel, font un carton dans ce milieu. Ses clichés, dans lesquels elle est vêtue de cuir, avec bottes et cravache, s'arrachent et elle fait la couverture de nombreux magazines pour hommes spécialisé dans le bondage. Tous les photographes du milieu veulent la photographier. Elle rencontre également la photographe renommée Bunny Yeager, qui la rendra encore plus célèbre dans le monde avec ses photos, dont celles où Bettie est entourée de deux guépards. Un autre cliché, de Bettie, qui, entièrement nue, est chapeautée d'un bonnet de père-Noël, fera la couverture d'un nouveau magazine, Playboy ! Elle sera nommée Playmate du mois en janvier 1955. La célébrité de Bettie, qui s'amuse comme une folle à être attachée ou à fesser ses partenaires, toujours dans une bonne humeur communicative et sans violence, déclenche la réactions de certains sénateurs qui veulent lutter contre la pornographie, qui rend décadent la jeunesse selon eux. En 1957, les Klaw, tout comme Bettie, doivent comparaître à une commission d'enquête. Les Klaw se retirent alors du business, et Bettie fait de même. Elle retrouve la Foi et se tourne totalement vers la religion. Le film élude sa vie d'après, car elle sombre dans un délire mystique assez chaotique. On lui diagnostiquera une schizophrénie paranoïde, car elle "entend" Dieu lui parler. Elle ira dans un hôpital psychiatrique, sera inculpée de tentative d'assassinat sur sa propriétaire de son appartement, qu'elle poignardera de 27 coups de couteau. Déclarée irresponsable et instable, elle passera huit ans à l'hôpital. Elle décédera d'une attaque cardiaque le 11 décembre 2008; Elle est enterrée au Westwood Village Memorial Park Cemetery. Même si sa vie après son glorieuse apogée en tant que pin-up est laissée de côté, The Notorious Bettie Page n'en demeure pas moins un film intéressant, qui mélange séquences en noir et blanc et scènes en couleurs. L'actrice qui interprète Bettie, Gretchen Mol, est saisissante et sa ressemblance assez frappante. Le film ne prend jamais partie, ne critique jamais les choix de Bettie ni des photographes de charme, ni le public amateur de ces clichés bondage bien innocents. Certes, on peut penser que le film n'a en fait pas grand chose à raconter. Il n'y a pas de tension, pas de réel rebondissements à se mettre sous la dent. On se contente de suivre le parcours de Bettie, un parcours qui semble un peu semé d'embûches au départ mais qui prend un tournant certes original, mais dans lequel la jeune femme semble totalement épanouie. On est bien loin du graveleux des productions pornographiques qui existeront dans le futur. Ici, les photographes respectent leurs modèles, ces dernières étant les vraies déesses du milieu. Elles ne font que ce qu'elles ont envie de faire et ne sont jamais forcées. La nudité semble une chose très naturelle pour Bettie, qui a un rapport avec son corps totalement décomplexé et ne comprend pas l'acharnement des sénateurs contre son métier. L’érotisme est très soft dans le film, et il est traité de manière naturelle, sans voyeurisme aucun. Le casting est bon, la mise en scène adéquate, sans fioriture ou excès de zèle auteurisant ou rébarbatif. On prend autant de plaisir à visionner le film que ce dernier nous en donne. Un biopic qui donne envie d'approfondir ses connaissances sur Bettie Page ou de se replonger dans ses petits films de bondage inoffensif et où la perversion n'est que l'apanage des faux pudibonds qui se scandalisent au moindre sein dévoilé quand ceux-ci sont les premiers a acheter les revues qui mettaient en valeur Bettie...    


L'INVASION DES FEMMES ABEILLES

 

L'INVASION DES FEMMES ABEILLES
(Invasion of the Bee Girls)

Réalisateur : Denis Sanders
Année : 1973
Scénariste : Nicholas Meyer
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-Fiction, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Daniele Arturi, Irene Baruffetti, Elisa Carrera Fumagalli, Chiara Pavoni...

L'HISTOIRE : Plusieurs cadavres d'hommes sont retrouvés dans une petite ville de Californie. Il semblerait que les causes de la mort soient d'origines naturelles, provoquées par un épuisement total durant un acte sexuel. Deux scientifiques du laboratoire Brandt, qui utilise de la radioactivité pour certaines expériences, étant au nombre des victimes, l'agent fédéral Neil Agar est dépêché sur les lieux pour assister le shérif Jim Peters dans son enquête. D'autres hommes sont retrouvés mort d'épuisement et l'enquête piétine...

MON AVIS : Réalisateur peu prolifique, à qui on doit néanmoins un Shock Treatment plutôt réussi en 1964, Denis Sanders est principalement connu pour ce Invasion of the Bee Girls mis en scène en 1973, sur un scénario de Nicholas Meyer, futur réalisateur du brillant C'était Demain en 1979. Meyer s'est-il inspiré de The Wasp Woman de Roger Corman (1959) pour rédiger son histoire totalement farfelue de femmes abeilles ? Possible. En tout cas, il n'a pas lésiné à plonger pieds et mains liés dans l'aspect quasi parodique et extravagant pour son scénario à base de femmes fatales génétiquement modifiées qui séduisent tous les hommes du coin et les épuisent sexuellement, jusqu'à entraîner leur mort ! Question réalisme et crédibilité, pas de garde-fou non plus, on balance l'argument de la radioactivité et le tour est joué. Même si c'est un peu plus technique que ça en fait, comme on le verra lors de la scène incroyable de métamorphose d'une plantureuse jeune femme en mutante butineuse. Dissimulée dans une pièce secrète du laboratoire, la salle de mutation est dirigée par la reine (la brune Anitra Ford) et ses ouvrières (Mary Sweeney, Amanda Jefferies, Sharon Madigan, Rene Bond et Kathy Hilton), qui enduisent entièrement d'une curieuse substance la victime placée dans une cage de verre, substance qui se verra recouverte par des milliers d'abeilles puis soumise à des radiations. Une fois délivrée de ce drôle de cocon, la victime est devenue une femme abeille, dont la particularité est d'avoir de grands yeux noirs qui font flipper, ce qui explique les lunettes noires qu'elles portent en permanence pour passer inaperçues. Très concrètement, je soupçonne le scénariste et le réalisateur d'avoir profité de l'histoire pour pouvoir déshabiller le casting féminin car les actrices, toutes fort bien pourvues par la nature au niveau du bustier, se retrouvent bien souvent dans le plus simple appareil. Je me suis même demandé à un moment si Nicholas Meyer n'était pas le fils de Russ Meyer, c'est pour dire. L'aspect érotique dans Invasion of the Bee Girls est donc souvent mis en avant et c'est tant mieux aurais-je envie de dire car ça permet au public de ne pas trop s'assoupir. Car avouons sans fard que ce n'est pas l'enquête policière qui va nous tenir éveillée, ni le jeu de l'acteur William Smith, qui interprète l'agent Agar. Ce dernier est tout simplement au abonné absent, promenant sa silhouette et son regard hagard (facile celle là, j'avoue...) sans qu'on le sente très concerné par tout ça. Qui plus est, pour un agent fédéral, il est plutôt long à la détente, même Derrick aurait déjà résolu l'affaire depuis belle lurette. Entre les attaques des femmes abeilles, dont la mort des victimes est indiquée au spectateur par un gros bruit de bourdonnement, des fois qu'on n'aurait pas compris le titre du film, on assiste donc aux investigations du shérif, de l'agent fédéral, lui-même aidé par une scientifique blonde à la forte poitrine (Victoria Vetri) qui n'est pas plus vive pour démêler l'affaire alors qu'elle bosse dans le laboratoire ! Le film possède pas mal d'humour, ce qui fait qu'on s'y amuse assez souvent, comme lorsque le shérif préconise aux habitants un "couvre-feu sexuel", ce qui provoque la colère des rednecks du coin ! Impayable. On trouve même une petite touche glauque dans ce pur film d'exploitation, avec une tentative de viol de la blonde à forte poitrine précitée par des ouvriers salaces. Avec ce mélange de science-fiction et d'érotisme, L'Invasion des Femmes Abeilles s'avère plutôt sympathique, et pourrait être classé dans les films à revendications féministes puisque les hommes sont présentés comme des machos qui trompent leur femmes avec tout ce qui bouge, les femmes abeilles venant leur rappeler que ce n'est pas bien du tout et les faisant donc facilement tomber dans leur piège mortel. Malgré quelques lenteurs, le film s'avère divertissant et même s'il flirte avec la catégorie nanar la plupart du temps, le fait qu'il ne se prenne pas la tête et s'autorise à flirter avec le ridicule parfois lui donne une touche agréable au final, ce qui se caractérise d'ailleurs par l'ultime séquence, qui utilise la célèbre musique de Strauss Ainsi parlait Zarathustra qui vient illustrer des images d'abeilles butinant des fleurs. Comme si les femmes abeilles n'avaient pas dit leur dernier mot...

* Disponible en DVD chez -> BACH FILMS <-