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99 FEMMES

 

99 FEMMES
(Der heiße Tod)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1969
Scénariste : Harry Alan Towers
Pays : Italie, Espagne, Allemagne, Angleterre
Genre : Aventure, Women in Prison
Interdiction : -16 ans
Avec : Maria Schell, Maria Rohm, Herbert Lom, Rosalba Neri...

L'HISTOIRE : De jeunes prisonnières sont envoyées au beau milieu du Pacifique, sur une île où se situe le pénitencier Castillo de la Muerte, dirigé d'une main de fer par le Gouverneur Santos et la cruelle directrice Thelma Diaz. Les nouvelles arrivantes portent le numéro 97, 98 et 99. Suite à plusieurs décès, une inspectrice, Leonie Caroll, débarque également sur l'île afin de vérifier les conditions de détention. Cette dernière va se prendre d'amitié pour Marie, la prisonnière 99...

MON AVIS : La collaboration entre le réalisateur Jess Franco et le producteur Harry Alan Towers a donné lieu à une série de neuf films de qualité, dont Le Trône de Feu, Venus in Furs, Les Nuits de Dracula ou Justine ou les Vices de la Vertu entre autres. Parmi les titres les plus emblématiques de la filmographie du réalisateur ibérique figure un certain 99 Femmes, réalisé en 1969 et qui est aussi une production d'Harry Alan Towers. Un film connu pour être l'un des premiers du genre Women In Prison, dont les prémices remontent au film Caged de John Crowell (1950). Si on trouvait déjà dans ce dernier les codes principaux du genre, avec la méchante directrice et le comportement violent des gardiens envers les prisonnières par exemple, Jess Franco va aller encore plus loin, en accentuant la violence, les châtiments et surtout en développant l'aspect érotique, élément qui deviendra la marque de fabrique de ce genre fort apprécié des amateurs de cinéma Bis. Sur un scénario assez simpliste (des femmes se retrouvent incarcérées dans une prison pour femmes et deviennent les jouets de la cruelle directrice et du Gouverneur, pendant qu'une détachée du gouvernement doit faire la lumière sur ce qu'il se passe dans cette prison...), Jess Franco livre une oeuvre soignée, correctement mise en scène, avec toujours ses traditionnels zooms au rendez-vous. Le film nous donne le plaisir de voir à l'écran la blonde Maria Rohm (troisième actrice qu'il a le plus dirigée avec Lina Romay et Soledad Miranda), Luciana PaluzziElisa Montés et surtout l'incendiaire Rosalba Neri, qui interprète une prisonnière qui aime trouver du réconfort auprès des femmes. L'aspect lesbien est ici développé et on assiste à quelques scènes saphiques très soft en fin de compte mais joliment filmé, mise à part la première qui ne donne à voir pas grand chose si ce n'est du... flou ! Peut-être un test de la part de Franco mais l'effet n'est pas formidable car il nous prive du joli corps dénudé des deux actrices. Heureusement, il se rattrapera ensuite, tout en restant assez prude par rapport à ses films à venir. La méchante directrice est jouée par Mercedes McCambridge, célèbre entre autres pour avoir été la rivale de Joan Crawford dans Johnny Guitar mais aussi la voix du démon Pazuzu dans L'Exorciste ! Le Gouverneur de l'île, qui dirige aussi la prison et n'hésites d'ailleurs pas à prendre du bon temps avec les prisonnières, est quant à lui joué par le non moins célèbre Herbert Lom, vedette du film noir durant les années 40 et 50 et interprète du Fantôme de l'Opéra dans le film de Terence Fisher réalisé en 1962. L'agent du gouvernement chargé d'enquêter sur la prison est joué par Maria Schell et son personnage est intéressant car elle va ressentir de l'humanité pour les prisonnières et tenter de faire que leur condition d'emprisonnement soit moins rude. Un casting solide donc pour un film qu'on pourra trouver un peu académique et finalement assez sage, même si on retrouve bien la patte Franco lors de deux scènes de flashback, nous dévoilant pourquoi Maria Rohm et Rosalba Neri ont atterri en prison. D'une durée de 89 minutes environ, 99 Femmes joue dans le registre du W.I.P durant une bonne heure avant d'aller flirter vers le film d'aventure en jungle lors de la dernière demi-heure. Un final aventureux bien dépaysant, avec serpent, marécage et chasse à l'homme, ou à la femme devrais-je plutôt dire. 99 Femmes est sortit en France sous le titre Les Brûlantes, avec un autre montage et parfois caviardé de séquences pornographiques rajoutées et qui discréditent l'oeuvre originale. En tout cas, un titre référence pour tout amateur de W.I.P. et une oeuvre fondatrice du genre. 

* Disponible en DVD et BR chez -> ARTUS FILMS <-
Bonus
Montage français sans inserts X (exclusivité BluRay)
Présentation par Stéphane du Mesnildot
Diaporama d’affiches et photos
Film-annonce original




TERMINAL ISLAND

TERMINAL ISLAND
(Terminal Island / Le Dernier Pénitencier)

Réalisateur : Stephanie Rothman
Année : 1973
Scénariste : Stephanie Rothman, Charles S. Swartz, James Barnett
Pays : Etats-Unis
Genre : Action, W.I.P.
Interdiction : -12 ans
Avec : Don Marshall, Phyllis Davis, Ena Hartman, Roger E. Mosley, Barbara Leigh, Tom Selleck...


L'HISTOIRE : Suite à l'abolition de la peine de mort, les criminels sont désormais envoyés sur l'île de San Bruno, baptisée par la presse "l'île de non-retour" car personne ne peut s'en échapper. Une nouvelle prisonnière, Carmen, est envoyée sur l'île. Dès son arrivée, elle découvre que les prisonniers sont sous la coupe de deux d'entre-eux : Bobby et son homme de main, Monk. Ces derniers, véritables dictateurs, forcent hommes et femmes à travailler dur durant la journée et même parfois la nuit. Carmen fait également connaissance avec trois autres prisonnières : Joy, Lee et Bunny. Elles lui apprennent que Bobby et Monk les "offrent" régulièrement aux prisonniers. Au cours d'une journée de labeur, les quatre femmes trouvent un échappatoire quand une poignée de prisonniers rebelles, vivant à l'écart du groupe de Bobby car refusant ses pratiques, vient les secourir. Dirigé par A.J. Thomas, ce groupe rebelle prépare une contre-attaque contre les hommes de Bobby. Ce dernier, fou de rage d'avoir perdu "ses femmes", organise une expédition punitive à travers l'île...

MON AVIS : Tiens, un Women in Prison réalisé par une femme, c'est assez inhabituel ça ! La réalisatrice, Stephanie Rothman, est une habituée des productions à petits budgets, clamant que Roger Corman est son seul mentor. Elle a d'ailleurs tourné deux films pour la New World Pictures : The Student Nurses (1970) et The Velvet Vampire (1971). Elle rejoindra ensuite la firme Dimension Pictures, dans laquelle elle a quelques parts avec son mari Charles S. Swartz. Elle mettra en scène pour cette société de production Group Marriage et Terminal Island en 1973 puis The Working Girls en 1974. Elle avait commencé ses débuts derrière la caméra dès 1966 avec Blood Bath (co-réalisé avec Jack Hill) puis avec la comédie It's a Bikini World en 1967, dans lequel on trouve le comédien Sid Haig mais aussi Lori Williams (Faster Pussycat, Kill, Kill) et le groupe de rock The Animals. Avec Terminal Island, elle aborde donc le registre hautement apprécié des amateurs de cinéma Bis, à savoir celui des femmes en prison. L'originalité de Terminal Island est qu'il ne se déroule pas en univers carcéral. Pas de scènes de douche donc, élément capital pour tout fan du genre, ni de méchants gardiens machos adeptes des coups de matraque. A la place, une île perdue en plein océan et qui ne propose aucune échappatoire pour les prisonniers, ravitaillés par un navire du gouvernement. Un cadre atypique, sans murs de béton ni surveillance, dans lequel les prisonniers s'auto-gèrent, cultivant fruits et légumes, cuisinant leur repas, fabricant leur habitation. Mais rassurez-vous, si on pourrait penser que dans ces conditions, l'île est un petit coin de Paradis, on a tout faux. Car nos pauvres prisonniers sont sous l'autorité de l'un des leurs qui a décidé de devenir le chef et apparemment, il a des arguments puisque tout le monde suit ses ordres à la lettre, sous peine de subir quelques désagréments physiques de la part de ses adeptes. Et je ne parle pas des quatre prisonnières, obligées de bosser, de cultiver les terres, de faire à manger et d'offrir leur corps pour que ces messieurs puissent soulager stress et tensions. La nouvelle arrivée, une noire qui aurait très bien pu être jouée par Pam Grier (mais c'est l'actrice Ena Hartman qui s'y colle) va vite rentrer dans le rang après une présentation au groupe pas franchement très amicale. Brimades, violence et misogynie exacerbée sont donc bien présents dans le film malgré ce décor paradisiaque. L'érotisme, inhérent aux films de femmes en prison, répond aussi à l'appel avec la présence de deux actrices qui n'hésitent pas à se dévêtir devant la caméra : Barbara Leigh et Phyllis Davis. Deux charmantes comédiennes, dont les jolis attributs mammaires viennent égayer notre vision. Phyllis Davis nous offrira d'ailleurs la scène la plus hallucinante de Terminal Island : afin de se venger d'un prisonnier qui a essayé d'abuser d'elle, elle lui fait un numéro de charme dans un ruisseau, entièrement nue, puis lui enduit le sexe et les fesses de gelée royale avant de donner un bon coup de pied dans un essaim d'abeilles. Vous imaginez la suite je pense ! Le Girl Power en action ! La pauvre Barbara Leigh, muette dans le film, aura, quant à elle, l'honneur de se faire fouetter. On irait bien la consoler et panser ses blessures. Cette ravissante actrice est principalement connue pour avoir été top-model officiel pour incarner Vampirella sur les couvertures du magazine. Parmi les acteurs qu'on peut citer se trouve un dénommé Tom Selleck. Oui, oui, le héros de Magnum joue dans ce film et interprète un prisonnier modèle, docteur qui plus est, ce qui est bien utile pour soigner les bobos causés par les violences et les brimades. Pour pimenter l'action de son film, Stephanie Rothman a eu l'idée avec ses scénaristes de faire s'affronter deux clans de prisonniers. On a donc les méchants d'un côté et les gentils de l'autre. Un peu manichéen tout ça mais on s'en fout, tant que ça se castagne un peu, moi ça me convient. Ce sera effectivement le cas, avec quelques morts où les effusions de sang font leur apparition, dont un empalement grâce à un piège qui aurait pu sortir d'un film de cannibales. Sympa comme tout. Le final verse même dans l'exhaustif en terme de fusillades et d'explosions (j'exagère un peu mais ça envoie bien en tout cas) et ne lésine pas sur les dommages collatéraux dues à ce soulèvement. On aura même droit à une morale une fois le méchant éliminé, son homme de main, devenu aveugle suite à une explosion, étant accueilli dans le groupe malgré toutes ses exactions passées. C'est beau ! Et je ne parle même pas de l'ultime séquence avec Tom Selleck, qui fait un choix qu'on n'aurait peut être pas fait. En tout cas, Terminal Island est un Bis 70's recommandable, qui joue avec les codes du film de femmes en prison en les mêlant au film d'aventure et le résultat est divertissant et franchement sympa. La mise en scène fait le job, le casting itou. N'hésitez donc pas à embarquer pour l'île du non-retour ! A noter que ce film a connu une sortie en VHS sous le titre Le Dernier Pénitencier.

* Disponible en DVD chez BACH FILMS

NOTE : 4/6



FLAGELLATIONS

FLAGELLATIONS
(House of Whipcord)

Réalisateur : Pete Walker
Année : 1974
Scénariste : Pete Walker, David McGillivray
Pays : Angleterre
Genre : Women In Prison
Interdiction : -16 ans
Avec : Ann Michelle, Barbara Markham, Sheila Keith, Dorothy Gordon, Robert Tayman, Ray Brooks


L'HISTOIRE : Ann-Marie, un jeune mannequin français qui a fait quelques clichés dénudées, se voit inviter lors d'une soirée par Mark, un inconnu, qui lui propose de l'emmener chez ses parents. Sous le charme du brun ténébreux, Ann-Marie accepte et se retrouve dans un gigantesque demeure qui semble inhabitée. Elle va bientôt découvrir le secret de cet endroit insolite et de sa présence ici : elle vient en réalité de se faire kidnapper et se retrouve devant une directrice, son mari aveugle et deux gardiennes sadiques qui vont lui inculquer le savoir-vivre, sous peine de lui faire subir quelques tortures dont la punition du fouet. La demeure, une ancienne prison abandonnée, est devenue un lieu de séquestration pour jeunes filles, dirigée par des individus prônant le retour de l'ordre moral et de la civilité...

MON AVIS : Sous-genre du cinéma Bis, le W.I.P. ou Women In Prison possède ses aficionados qui se délectent de voir des jeunes filles dénudées se faire malmener par des gardiens de prisons pervers et sadiques. Avec Flagellations, Pete Walker, cinéaste britannique indépendant à qui l'on doit des films comme Frightmare, Hallucinations, Mortelles Confessions ou Schizo par exemple, s'aventure donc en 1974 dans le domaine du film de femmes en prison, avec toutefois quelques différences notables par rapport aux classiques du genre, tels 99 Women de Jess Franco, Pénitencier de Femmes de Bruno Mattei, Les Anges du Mal de Paul Nicholas ou bien encore Red Heat de Robert Collector et Ernst Ritter von Theumer. Dans Flagellations, vous ne trouverez pas  de scènes de douche torrides ou de duo lesbien dans les cellules, séquences qui sont généralement les points forts des W.I.P. L'érotisme est d'ailleurs assez discret ici, même si l'héroïne, interprétée par la jolie Penny Irving, se retrouve en tenue d'Eve à plusieurs reprises. Par contre, niveau violence et sadisme, Pete Walker se laisse aller et nous offre quelques pendaisons et autres sévices au fouet qui provoque un certain malaise, sans réellement recourir à des effets visuels gore d'ailleurs, hormis la vision des plaies sur le dos de la pauvre. Il nous propose surtout une directrice de prison et une gardienne bien ravagées du ciboulot. Elles sont accompagnées par une seconde gardienne et par un "juge", à savoir le vieux mari aveugle de la directrice. Ces quatre protagonistes peu fréquentables agissent au nom de l'ordre moral au sein d'une ancienne prison abandonnée, un bâtiment imposant à qui ils font reprendre du service dans la plus totale clandestinité, préférant le terme de "maison de corrections" à "prison" d'ailleurs. Le personnage le plus antipathique est interprété par Sheila Keith, une habituée des films de Pete Walker. Grande, blonde, visage carré et regard menaçant, elle pourrait rivaliser sans peine avec la fameuse Ilsa, tant elle semble n'éprouver aucune compassion pour ses victimes. Il suffit de voir avec quelle puissance et quel sadisme elle punit les éléments rebelles à grands coups de fouet ! Dirigée avec une main de fer par la directrice (Barbara Markham), l'établissement entend bien remettre dans le droit chemin les pauvres jeunes filles égarées dans le monde du vice ou de la corruption. Et gare à celles qui désobéissent ! A la première incartade, c'est l'isolement. A la seconde, c'est la punition par le fouet. A la troisième, c'est l'exécution par pendaison. Inutile de dire que personne ne sort vivante de cette maison de corrections pour femmes, dont les tenanciers jouent le jeu jusqu'au bout, allant même jusqu'à reproduire des parodies de procès dont eux seuls détiennent les règles. Si le but avoué de Pete Walker était de faire un film de pur divertissement (!!) avec Flagellations, on note tout de même que ce dernier propose un second degré de lecture nettement plus ambitieux. Rien que le texte d'introduction nous met la puce à l'oreille. Walker prend au sérieux la montée de l'ordre moral en Angleterre, notamment à travers la National Viewers' and Listeners' Association, qui va surveiller de manière extrême les retransmissions télévisuelles et audiovisuelles du pays, voulant mettre en avant les valeurs morale et les valeurs religieuses. C'est également cette association qui fit le malheur des fans anglais de films d'horreurs avec l'apparition des Videos Nasties au début des 80's. Ce sous-texte de Pete Walker, qui apparaît clairement à travers les personnages antipathiques qu'il met en scène, apporte une réelle richesse à Flagellations, qui devient alors un Women in Prison traité avec sérieux et qui a quelque chose à dire. En plus, Pete Walker instaure une réelle ambiance angoissante pour nous faire vivre le clavaire subit par les pauvres jeunes filles retenues contre leur gré. Une approche qui permet au film de nous mettre mal à l'aise et s'avère bénéfique, Flagellations trouvant alors une vraie crédibilité dans son déroulement. En s'attaquant à ces extrémistes qui, sous couvert de l'ordre moral, commettent des actions bien plus répréhensibles que celles qu'ils reprochent à leurs victimes, Flagellations maque des points, surtout que le casting est solide et que la mise en scène est des plus correctes. La dernière demi-heure mélange humour noir et ambiance hystérique pour un effet efficace. Pete Walker est réellement un réalisateur attachant et dont les films méritent une plus grande reconnaissance.

* Disponible en combo DVD / BR chez ARTUS FILMS

NOTE : 4/6



THE MUTHERS

THE MUTHERS
(The Muthers)

Réalisateur : Cirio H. Santiago
Année : 1976
Scénariste : Cyril St. James
Pays : Philippines
Genre : Aventure, Women in Prison
Interdiction : -12 ans
Avec : Jeanne Bell, Rosanne Katon, Trina Parks, Jayne Kennedy, Tony Carreon...


L'HISTOIRE : Kelly est à la tête d'un gang de pirates des mers qui détrousse les bateaux de vacanciers et doit faire face à l'équipage de son ennemi juré, Turko. Elle apprend que sa jeune sœur a été kidnappé et serait retenue dans une plantation de café qui camoufle en fait un redoutable camp de prisonniers perdu en pleine jungle. Malgré son code d'honneur des flibustiers, Kelly accepte une mission gouvernementale afin de se faire enfermer, avec son amie Anggie, dans cette prison de haute sécurité contrôlée par le violent Monteiro. En tentant de retrouver sa sœur, Kelly et son amie vont se retrouver en enfer...

MON AVIS : Avec The Muthers, l'éditeur Le Chat qui Fume poursuit son travail de mise en avant de la filmographie bien sympathique du réalisateur Cirio H. Santiago. Quasiment disparu de la circulation, The Muthers réapparaît donc en DVD, avec une copie de qualité moyenne comme précisée par l'éditeur mais l'important est de pouvoir visionner le film et on saluera donc le travail du Chat qui Fume à ce niveau. Surtout que The Muthers vaut largement le coup d’œil pour qui aime les films d'aventure, de piraterie (moderne) ou encore les Women in Prison. Car oui, le film de Cirio H. Santiago mélange tous ces éléments avec un certain bonheur, l'alchimie fonctionnant plutôt bien ici, donnant au final un film multi-genres franchement très sympathique. Si l'aventure et l'action sont les deux mamelles de la première partie du film, mettant en vedette les deux belles plantes que sont Jeanne Bell et Rosanne Katon dans un rôle de femmes pirates, la suite se montrera encore plus intéressante lorsque nos flibustières des temps modernes se retrouveront emprisonnées dans une plantation de café perdue en pleine jungle. Tous les codes du W.I.P. seront alors à l'honneur pour notre plus grand bonheur : scène de douche collective, soumission des prisonnières, violences des gardiens, châtiment et punition sévère pour les éléments rebelles, le tout sous l’œil malveillant du maître du domaine, un personnage brutal et pervers bien évidemment. Parmi les réjouissances, on citera à titre informatif cette scène hautement jubilatoire pour les pervers que nous sommes : celle d'une détenue pendue par les cheveux pour montrer l'exemple à ses consœurs et leur enlever toute envie de s'évader. Bref, les connaisseurs apprécieront à n'en point douter. Les fines bouches diront qu'il manque juste une scène d'amour saphique pour que tout soit parfait. Effectivement, vous n'en verrez pas ici. Néanmoins, le film se rattrape sur un autre point : le réalisateur se permet en effet le luxe d'adjoindre deux autres compagnes à Jeanne Bell et Rosanne Katon, en la personne de Trina Parks et surtout de la plus que séduisante Jayne Kennedy ! Quatre beauté black pour le prix d'un DVD ! Il faudrait être fou pour s'en priver ! D'autant que l'ensemble du métrage se pare d'un rythme relativement soutenu et qui n'ennuie jamais. Le casting en fait des tonnes, ça mitraille, ça explose, on a droit de quelques impacts de balles sanguinolentes et mine de rien, on sent que le film est plutôt bien maîtrisé par Cirio H. Santiago, qui fournit là un travail efficace, énergique et assez cohérent. Pas de quoi bouder son plaisir donc pour cette série B bien emballée qui saura certainement trouver un nouveau public de fans grâce à cette édition DVD !

* Disponible en DVD chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 4/6


LA FEMME SCORPION 4 : LA MELODIE DE LA RANCUNE

LA FEMME SCORPION 4 : LA MELODIE DE LA RANCUNE
(Joshû sasori: 701-gô urami-bushi / Female Prisoner Scorpion: #701's Grudge Song)

Réalisateur : Yasuharu Hasebe
Année : 1973
Scénariste : Tooru Shinohara
Pays : Japon
Genre : Drame, W.I.P.
Interdiction : -16 ans
Avec : Meiko Kaji, Masakazu Tamura, Yumi Kanei, Sanae Nakahara...


L'HISTOIRE : Toujours en cavale, Nami Matsushima se faire prendre par l'inspecteur Kodama mais parvient encore à s'enfuir. Blessée, elle trouve de l'aide auprès de Yasuo Kudo, un technicien travaillant dans un cabaret de strip-tease. Ayant lui aussi subit des violences policières de par le passé, Kudo va tout faire pour que Kodama ne mette pas la main sur la femme scorpion...

MON AVIS : Déçue par la tournure qu'à fait prendre le réalisateur Shunya Ito à la saga avec l'épisode 3 (le pourtant très réussi La Tanière de la Bête), la firme Toei décide de le remplacer et de produire rapidement un quatrième volet aux aventures de Nami. Ce sera donc La Mélodie de la Rancune, mis en scène par Yasuharu Hasebe, toujours en 1973 et toujours avec l'actrice Meiko Kaji, dont ce sera la dernière participation en tant que femme scorpion. Ce nouveau metteur en scène est-il parvenu à assurer comme Shunya Ito ? La réponse est non. On assiste à la première grosse baisse de régime de la saga, la faute à une réalisation académique, sans réelle saveur ni prise de risque, auquel on ajoutera un scénario pas franchement folichon et qui en oublie presque son héroïne, au profit du personnage de Yasuo Kudo. Ce dernier, interprété par Masakazu Tamura, prend en effet une place prépondérante dans l'histoire et s'il assiste Nami, et que cette dernière en tombera même amoureuse, on regrette que Yasuharu Hasebe s'intéresse plus à lui, lui offrant de nombreuses scènes durant une bonne partie du métrage, tandis que Meiko Kaji attend patiemment son retour, restant planquée pour échapper à l'inspecteur. Résultat : baisse de rythme et scènes répétitives (la police les débusque, ils s'enfuient dans une nouvelle planque ; la police les débusque, re-fuite...). Plus intéressant est sans conteste le personnage de l'inspecteur justement ! Une vraie ordure, une pourriture de la pire espèce, qui n'hésite pas à maltraiter ceux qu'il arrête, et lors d'un flashback, on découvrira que Yasuo Kudo a déjà eu maille à partir avec lui. Une séquence très cruelle, violente et sadique, qui fera certainement grimacer de douleur la gent masculine. Ce vil monsieur versera dans la cruauté tout au long du film et on n'a qu'une envie, que Nami lui règle son compte ! Cette partie  du film mettant en avant la traque et la relation Nami / Kudo, sans être mauvaise, se montre très inférieure aux trois précédents volets, que ce soit en terme d'ambiance, de mise en scène, d'originalité ou de recherche visuelle. Une baisse de régime flagrante qui nous fait clairement comprendre que la Toei a fait le mauvais choix en évinçant Shunya Ito. Une fois Nami rattrapée et à nouveau envoyée en prison, on revient au genre du women in prison et on se dit que La Mélodie de la Rancune va peut-être enfin décoller véritablement. Manque de bol, tout est filmé sans génie aucun et le réalisateur se contente de recycler les clichés inhérents au genre, sans jamais tenter de les transcender ou d'apporter une once d'imagination aux séquences se déroulant dans la prison. Il faudra alors attendre un ultime rebondissement permettant à Nami de s'évader à nouveau pour que le film se pare d'une séquence somptueuse, nous ramenant à La Femme Scorpion de 1972. La vengeance organisée de Kodama envers Nami constitue le meilleur moment et ce ciel qui passe du rouge au bleu est de toute beauté et nous offre un vrai plaisir visuel. L'ultime scène, attendue, replonge dans le classicisme et parachève un long métrage qui se révèle au final assez décevant et qui clôture, pour un temps, une saga de très bonne qualité compte tenu des trois premiers épisodes.

NOTE : 3/6



LA FEMME SCORPION 3 : LA TANIÈRE DE LA BÊTE

LA FEMME SCORPION 3 : LA TANIÈRE DE LA BÊTE
(Joshuu sasori: Kemono-beya / Female Prisoner Scorpion: Beast Stable)

Réalisateur : Shunya Ito
Année : 1973
Scénariste :  Hirô Matsuda
Pays : Japon
Genre : Drame, W.I.P.
Interdiction : -16 ans
Avec : Meiko Kaji, Mikio Narita, Reisen Ri, Yayoi Watanabe...


L'HISTOIRE : Toujours en fuite, Nami Matsushima manque de se faire arrêter par le détective Kondo, à qui elle tranche un bras pour lui échapper. Elle trouve refuge chez Yuki, jeune prostituée qui vit seule avec son frère mentalement retardé et avec qui elle entretient une relation incestueuse pour maîtriser les pulsions sexuelles de ce dernier. Une réelle amitié va naître entre Nami et Yuki, qui est malmenée par un redoutable gang de proxénètes. Pour corser l'affaire, le détective Kondo est toujours sur la trace de Nami, bien décidé a remettre sous les barreaux la jeune femme qui l'a amputé...

MON AVIS : Troisième volet de la saga de la Femme Scorpion, toujours réalisé par Shunya Ito et toujours avec l'adorable Meiko Kaji. Après un premier film qui oeuvrait ouvertement dans le genre du women in prison, puis un second qui s'en écartait pour se diriger vers le survival et le road movie, ce troisième chapitre des mésaventures de Nami "Scorpion" Matsushima change encore d'orientation et nous plonge cette fois dans un drame sordide, souvent émouvant et qui apporte encore de la nouveauté au personnage de Nami. On félicitera donc réalisateur et scénariste de ne pas bêtement reprendre la recette qui a fait le succès de La Femme Scorpion en 1972 et de tenter, à chaque nouveau film, de proposer une approche originale et à même de satisfaire le spectateur le plus exigeant. La Tanière de la Bête débute très fort, avec une séquence choc (le tranchage de bras du détective) qui enchaîne directement sur la relation incestueuse entre Yuki et son frère demeuré. Un début qui annonce la couleur et qui laisse entrevoir une approche assez trash mais qui, en fait, ne perdura pas vraiment lors de la suite. En effet, la relation d'amitié qui va se nouer entre Nami et Yuki deviendra le fer de lance de l'histoire et Shunya Ito délaisse les prouesses et autres expérimentations visuelles ou séquences oniriques pour livrer un drame sombre, relativement pessimiste, mais également passionné et réaliste. De fait, La Tanière de la Bête est beaucoup moins divertissant que les deux volets précédents, ce qui ne veut pas dire qu'il est moins bon, bien au contraire. Je le trouve même supérieur à Elle s'appelait Scorpion, principalement en raison de son aspect plus psychologique, auquel s'ajoute des émotions plus fortes provoquées par le comportement même de Nami. Si on pensait que cette dernière n'était qu'un ange exterminateur, sa rencontre avec Yuki va changer la donne et nous présenter une Nami plus humaine, et même attentive aux autres. Malmenée par un réseau de proxénètes dirigée par une ex-détenue qui a connu Nami et qui est totalement cinglée, la pauvre Yuki va trouver de l'aide auprès de sa nouvelle amie, qui n'hésitera pas à aller occire le gang en entier pour la protéger ! Le réalisateur met en avant cette compassion de Nami envers Yuki et appuie sur le fait que cette dernière soit enceinte. Les instincts maternels de Nami prennent donc le dessus sur sa froideur apparente et sur sa force intérieure qui a été si bien mise en avant lors des deux premiers films. Meiko Kaji nous offre alors une nouvelle facette de son talent d'actrice et, malgré son mutisme légendaire, se montre beaucoup plus touchante. La séquence dans laquelle elle se retrouve prisonnière dans les égouts de la ville, pourchassée par Kando et ses hommes, est réellement superbe et on frémit d'avance en voyant que Yuki va être obligé de trahir son amie. On sait ce qu'il advient à ceux qui trahissent Nami. Mais ici, les larmes plus que sincères qui coulent sur le visage de Yuki font comprendre à la femme scorpion que cette trahison était inévitable et le petit sourire que cette dernière offre à Yuki est magnifique et provoque bien des remous chez le spectateur. Rassurez-vous, même s'il fait la part belle aux émotions et à l'aspect dramatique, La Tanière de la Bête n'en oublie pas de se montrer agressif, déviant et mysogine, notamment lors d'une séquence d'avortement non désiré ou lorsque Nami prend pour cible les membres du réseau de proxénétisme. Le final, qui se déroule en prison (petit retour aux sources obligatoire), parvient à se montrer oiginal et plutôt jubilatoire. Avec ce troisième épisode, la saga de la Femme Scorpion démontre qu'une série peut se montrer cohérente, peut éviter les redites, et surtout, peut conserver un niveau de qualité qui fait souvent défauts à nombre de séquelles. Un bel exploit que les dirigeants de la Toei n'ont pas apprécié, trouvant que La Tanière de la Bête était bien moins percutant que les deux premiers volets. En remerciement de son investissement, ils ont tout simplement congédié Shunya Ito qui ne réalisera pas le quatrième épisode ! Un comble...

NOTE : 5/6



ELLE S'APPELAIT SCORPION

LA FEMME SCORPION 2 : ELLE S'APPELAIT SCORPION
(Joshuu sasori: Dai-41 zakkyo-bô / Female Convict Scorpion Jailhouse 41)

Réalisateur : Shunya Ito
Année : 1972
Scénariste : Shunya Ito, Hirô Matsuda, Fumio Konami
Pays : Japon
Genre : Drame, W.I.P.
Interdiction : -16 ans
Avec : Meiko Kaji, Fumio Watanabe, Kayoko Shiraishi, Mitsuo Andô...


L'HISTOIRE : Après avoir mis en oeuvre sa vengeance, Nami Matsushima croupie depuis un an dans une cellule spéciale de la cruelle prison pour femmes dirigée d'une main de fer par le directeur borgne. Ce dernier garde à l'écart cette fameuse détenue 701 surnommée "Scorpion" afin qu'elle ne serve plus de symbole de rébellion vis à vis des autres prisonnières. Lors d'une inspection de la prison par un haut gradé, Nami cherche à nouveau à tuer le directeur, acte faisant la joie d'autres détenues. Nami et six autres femmes vont alors être transférer afin d'être sévérement punies. Mais lors du trajet, le petit groupe parvient à s'enfuir. Le directeur et ses hommes se lancent alors dans une véritable chasse à l'homme et va tenter par tous les moyens de rattraper Scorpion et ses amies...

MON AVIS : Suite directe des mésaventures de la jolie Meiko Kaji, qui interprète à nouveau Scorpion, personnage emblématique du féminisme japonais. Si le début du film se déroule toujours dans la fameuse prison, nous faisant retrouver le directeur éborgné dans le film précédent (La Femme Scorpion - 1972), le réalisateur Shunya Ito décide de ne pas se répéter et de faire un brusque revirement en situant l'action principale de Elle s'appelait Scorpion hors des murs de la prison. Un peu à la manière de la série Prison Break, qui, lors de la saison 2, utilisait exactement le même stratagème pour maintenir éveillé l'intérêt du spectateur. D'un Women in Prison, le film bifurque alors vers le road movie et le survival. La longue traque qui va opposer le groupe d'évadées aux policiers va permettre au réalisateur de nous offrir des séquences tantôt dramatiques, tantôt totalement fantasmagoriques, nimbées de couleurs criardes ou laissant libre cours à une imagination débridée qui fait sensation. La rencontre des prisonnières avec une vieille femme semblant être une sorte de sorcière aboutira à une séquence chantée par exemple, qui dénote de l'ensemble mais s'avère réellement intriguante. La mort de cette dernière donne lieu à une scène empruntant au domaine du fantastique et qui est de toute beauté, avec ces feuilles recouvrant petit à petit le corps de la morte. Comme dans La Femme ScorpionShunya Ito expérimente, s'amuse avec la caméra, les couleurs, les plans tordus et matérialise ses envies, sans oublier la violence et le machisme qui caractérise le monde dans lequel évolue son héroïne. Une prisonnière fera une tragique rencontre avec un groupe de touristes qui n'hésiteront pas à la violer jusqu'à ce que mort s'ensuive, jettant le corps dans les eaux d'un torrent pour se débarasser du corps. Ce geste provoque alors un changement de couleurs de l'eau, qui devient rouge sang ! Un effet absolument superbe, qui hisse d'un cran l'aspect pictural du film. Comme dans le long métrage précédent, la gent masculine est décrite sans aucun amour, aucune passion et les hommes apparaissent comme étant tous vils et pervers. Les femmes ne sont pas en reste puisque la meneuse du groupe ira jusqu'à trahir Scorpion, la livrant aux autorités. La critique du pouvoir et les exactions que commettent ceux qui s'en croient investit est encore de mise dans Elle s'appelait Scorpion. On notera que Nami ne prononce quasiment aucune parole dans ce second film, si ce n'est une ou deux phrases en tout et pour tout. Mais malgré ce rôle quasi muet, Meiko Kaji tire encore son épingle du jeu et offre son talent aux spectateurs, ravis de la retrouver au milieu de tous ces excès. En déplaçant l'action hors de la prison, Elle s'appelait Scorpion se montre beaucoup moins porté sur l'érotisme que son prédecesseur mais augmente son côté psychédélique et fantaisiste. Les amateurs de western apprécieront également que certaines séquences finales se rapprochent de ce noble genre, avec gros plan sur les yeux, tenue de bagnard qui ressemble à un poncho, alternance d'images de deux personnages, comme dans un vrai duel. Shunya Ito a donc réussi à se renouveler sans sombrer dans la redite pur et simple et son film est une invitation au dépaysement, qui sombre parfois dans le grotesque (le personnage d'Oba) et la caricature mais tout celà est voulu et participe à faire de ce film d'exploitation une suite originale bénéficiant d'une recherche plastique raffinée et envoutante. Reste que pour ma part, j'ai quand même nettement préféré le premier opus et son ambiance plus sombre et sadique. 

NOTE : 4/6


LA FEMME SCORPION

LA FEMME SCORPION
(Joshuu 701-gô: Sasori / Female Prisoner #701: Scorpion)

Réalisateur : Shunya Ito
Année : 1972
Scénariste : Fumio Kônami, Hirô Matsuda 
Pays : Japon
Genre : Drame, W.I.P.
Interdiction : -16 ans
Avec : Meiko Kaji, Rie Yokoyama, Yayoi Watanabe, Yôko Mihara...


L'HISTOIRE : Nami Matsushima tombe follement amoureuse de Sugimi, un inspecteur de police, et lui offre sa virginité. Ce dernier lui demande de jouer à l'indic et d'infiltrer un réseau de drogue. Parvenant à le démanteler, Sugimi met alors un terme à sa relation avec Nami, qui se sent plus que trahie. En voulant se venger de son ex-compagnon, la jeune femme se retrouve internée dans une prison spéciale pour femmes, dans laquelle elle va subir tortures et brimades de la part des gardiens mais aussi des autres prisonnières. Dotée d'une force de caractère infaillible et d'une ténacité exemplaire, Nami, surnommée "la femme scorpion", ne va pas tarder à assouvir sa vengeance envers ceux qui lui ont fait du mal...

MON AVIS : Saga japonaise totalement culte des 70's, avec l'actrice Meiko Kaji qui interprète Nami Matsushima dans les quatre premiers films. La Femme Scorpion est donc le premier volet de ces Women in Prison, et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est une petite réussite ! Les amateurs de W.I.P. seront aux anges puisque tous les éléments faisant le succès de ce sous-genre du cinéma bis sont présents : scènes de douche, méchants gardiens brutalisant les prisonnières, enfermement, duo saphique, sévices, sadisme et tortures, révolte violemment réprimée et, petite touche japonaise, un peu de bondage pour parfaire l'ensemble. Dans cet univers érotique et ultra violent, l'actrice Meiko Kaji promène sa frèle silhouette et son visage d'ange, faisant preuve d'une volonté de fer pour résister aux nombreuses brimades qu'elle subit et qui auraient brisées bon nombre de personnes. Son personnage n'a pas beaucoup de dialogues, ce qui se justifie par l'enfermement psychique qu'elle a développé pour résister à l'univers carcéral et fomenter son implacable vengeance. De plus, ce côté mutique sert admirablement bien le personnage puisqu'aucun gardien de prison ne parvient à la faire parler, renvoyant leur égos de macho aux oubliettes et venant fortement égratigner le pouvoir et la place de la femme dans la société japonaise. Son évolution, de victime à ange exterminateur, est particulièrement bien rendue, notamment par le jeu du regard, avec lequel elle exprime sa fragilité mais aussi sa haine et sa détermination à mener à bien son projet. Le réalisateur Shunya Ito, qui adapte ici un célèbre manga, a donc réussi à développer un personnage de femme forte, emprisonnée dans un univers typiquement machiste, qui fait la part belle à la perversité et au sadisme. La gent masculine n'a rien pour elle et n'est composée que de protagonistes déviants, mauvais, et qui prennent un malin plaisir à tourmenter violemment les détenues. Autre point fort du film, la mise en scène elle-même. Shunya Ito nous propose un film somptueux et bourré de trouvailles visuelles, qui donnent à La Femme Scorpion un aspect surréaliste et une splendeur artistique insoupçonnés ! La scène du viol de Nami par les mafieux par exemple, avec ce décor pivotant dans le fond, illustre admirablement mon propos. Certains jeux de lumière confèrent également au film un aspect baroque que n'aurait pas renié Dario Argento par exemple, auxquels s'ajoutent quelques fulgurances sanglantes qui viennent éclabousser l'écran, renforçant l'aspect violent de La Femme Scorpion. Le final, dans lequel Nami devient un vrai archange de la mort, toute de noire vêtue, change radicalement l'ambiance du film mais s'avère tout autant intéressant. L'utilisation d'une arme blanche pour accomplir sa vengeance vient donner du poids à son surnom de "femme scorpion" justement, le poignard symbolisant le dard du dangereux animal. Bref, La Femme Scorpion est un pur film d'exploitation qui brille de mille feux et une ode au féminisme engagée qui se savoure avec un intérêt constant. Nul doute qu'on se souviendra encore longtemps de cette prisonnière 701 et qu'on a hâte de découvrir la suite de ses mésaventures...

NOTE : 5/6


LES ANGES DU MAL

LES ANGES DU MAL
(Chained Heat)

Réalisateur : Paul Nicholas 
Année : 1983
Scénario : Paul Nicholas, Aaron Butler 
Pays : Etats-Unis
Genre : W.I.P
Interdiction : -16 ans
Avec : Linda Blair, Sybil Danning, John Vernon, Tamara Dobson, Henry Silva, Stella Stevens, Kendal Kaldwell...


L'HISTOIRE : Après avoir renversé un homme en voiture par accident, la jeune Carol est condamnée a purger 18 mois dans une prison où deux mille femmes vivent un calvaire quotidien. La corruption et la brutalité règnent à tous les niveaux, entretenues aussi bien par le directeur que par son auxiliaire. Au fil des jours, Carol va découvrir les conditions de vie terrifiantes de l’univers carcéral : trafic, violences physiques mais aussi sexuelles, chantage. Elle va alors tenter avec l'aide d'autres détenues de mettre fin à ce règne de la terreur…

MON AVIS : La jolie Linda Blair dans un Women in Prison, qui plus est en compagnie de la sculpturale Sybil Danning, le programme promet d'être chaud ! Et violent ! Vu de nos jours, on aura un peu de mal à comprendre l'interdiction aux moins de 18 ans qui a frappé Les Anges du Mal lors de sa sortie en salle en 1983. Certes, il y a de l'érotisme, avec scènes de douche entre détenues peu farouches et séquences saphiques soft. Rien de bien méchant à notre époque. La violence se montre assez crue, avec de nombreuses scènes de viols ou de meurtres sauvages, l'univers carcéral féminin n'étant pas le paradis des "bisounours" comme on peut s'en douter. Mais malgré l'aspect un peu malsain de ces séquences, rien de bien méchant non plus comparé à ce qu'on à l'habitude de voir actuellement. Toujours est-il que Les Anges du Mal ravira les amateurs de W.I.P puisque le réalisateur leur a mitonné une recette efficace avec tous les ingrédients indispensables à ce type de film. Linda Blair assure le minimum syndical et promène sa jolie frimousse dans cet univers ultra-violent sans vraiment s'investir à fond, ce qui n'est pas le cas de Sybil Danning qui semble bien plus concernée. Reste une série B typique des 80's qui est rondement menée et agréable à visionner. Je l'ai préféré à  Red Heat - Chaleur Rouge, toujours avec Linda Blair.

NOTE : 4/6


RED HEAT - CHALEUR ROUGE

RED HEAT - CHALEUR ROUGE
(Red Heat)


Réalisateur : Robert Collector, Ernst R. Von Theumer
Année : 1985
Scénariste : Robert Collector, Gary Drucker
Pays : Allemagne, Etats-Unis, Autriche
Genre : Women in Prison
Interdiction : -16 ans
Avec : Linda Blair, Sylvia Kristel, Sue Kiel, William Ostrander, Albert Fortell, Barbara Spitz


L'HISTOIRE : Christine Carlson se rend en Allemagne de l'Ouest pour retrouver son fiancé Michael, un militaire. Après s'être disputé avec ce dernier, elle est témoin de l'enlèvement d'Hedda, une jeune femme qui s'avère être une collaboratrice de la CIA, et se retrouve elle aussi prise au piège par les ravisseurs. Christine est contrainte d'avouer connaître Hedda et se retrouve enfermée dans une redoutable prison, où sévices et brutalité sont monnaie courante. La jeune femme innocente va apprendre à connaître la dure loi du milieu et fait rapidement la connaissance de Sofia, une détenue particulièrement violente qui bénéficie de passe droit important dans l'enceinte de l'établissement. Pendant ce temps, Michael va tenter de faire libérer sa fiancée...

MON AVIS : Linda Blair et Sylvia Kristel réunis, voilà qui s'avère alléchant. L'héroïne de L'Exorciste malmenée par celle d'Emmanuelle, les amateurs de jolies filles devraient être comblés, surtout que Red Heat est un W.I.P., ce qui laisse à penser que l'on verra ces demoiselles dénudées, ce qui sera bien le cas. Le film respecte en effet les codes du genre, avec scènes saphiques, séance de douche collective, et bien sur bagarres et sévices entre filles. Mais Red Heat se montre plus ambitieux qu'un simple film de femmes en prison. Le côté réaliste de la situation augmente l'aspect dramatique du long-métrage et on en vient même à penser à Midnigt Express, en plus soft évidemment et avec un côté série B absent du chef d'oeuvre d'Alan Parker. Il n'empêche, Red Heat nous fait vivre le calvaire d'une jeune innocente et les agressions se déroulant dans les chambres des détenues restent plausibles. Sylvia Kristel est toujours aussi sexy et se montre cruelle et perverse, tandis que Linda Blair nous apparaît comme frêle et touchante, son joli minois un peu joufflu étant en adéquation avec son personnage. Au final, Red Heat est un W.I.P. plutôt sympa, qui passe bien et se montre distrayant. Ni plus, ni moins.

NOTE : 3/6