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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




LE SEPTIÈME VOYAGE DE SINBAD

LE SEPTIÈME VOYAGE DE SINBAD
(The 7th voyage of Sinbad)

Réalisateur : Nathan Juran
Année : 1958
Scénariste :  Ken Colb
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Aventure, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Kerwin Mathews, Kathryn Grant, Richard Eyer, Torin Tatcher, Alec Mango, Danny Green, Virgilio Teixeira...


L'HISTOIRE : Le magicien Sokurah rétrécit la princesse Parisa, fiancée de Sinbad, et pousse ce dernier à retourner sur l'île de Colossa. C'est ici que Sinbad avait libéré Sokurah des griffes d'un cyclope qui garde une lampe magique. Afin de retrouver sa précieuse lampe, Sokurah a donc joué ce mauvais tour à Sinbad. Le seul remède qui puisse rendre à Parisa sa taille normale se trouve sur cette fameuse île. Pour Sinbad et quelques autres marins, c'est le début d'un long et dangereux périple... 

MON AVIS : Réalisé en 1958 par Nathan Juran, Le septième voyage de Sinbad est un merveilleux film d’aventure fantastique qui fera le bonheur des petits et des grands. Enchantement visuel de tous les instants, le film est un habile mélange des codes du film de piraterie avec ceux des contes des Mille et une nuits, eux même mixés avec des éléments des contes de fées et même de l’Odyssée. Si le scénario reste assez classique dans sa structure et n’a rien d’extraordinaire, on ne peut pas en dire autant des péripéties et des dangers qui attendent Sinbad, très bien joué par Kerwin Mathews. Cyclope, oiseau à deux têtes, dragon et squelette armé d’une épée et d’un bouclier viendront en effet tenter de barrer la route à notre héros qui n’en demandait pas tant et aurait préféré convoler en justes noces avec la princesse Parisa, interprétée par la ravissante actrice Kathryn Grant. Bénéficiant de superbes couleurs, Le septième voyage de Sinbad donne l’occasion au talentueux Ray Harryhausen de montrer au public l’étendu de son talent. Car c’est bien à ce pur génie de l’animation qu’on doit le succès du film, ayant supervisé de A à Z les scènes mettant en vedette ses diverses créatures. Comment ne pas être émerveillé par la première apparition du cyclope, avec ses jambes de chèvre, son œil unique et cette corne figée au milieu de son front ? Une créature réellement sublime, animée image par image avec un brio époustouflant et qui s’intègre vraiment bien avec le décor et les personnages bien réels. Mais le cyclope et ses confrères monstrueux ne sont pas les seuls effets proposés par Harryhausen. On a également une effrayante femme-cobra, un petit garçon qui joue le génie d’une lampe magique et un superbe effet de rétrécissement de la princesse Parisa qui passera la majeure partie du film en ayant la taille d’une poupée ! Le tout sur une jolie partition musicale de Bernard Hermann, qui n’est autre que le compositeur attitré d’Alfred Hitchcock, excusez du peu ! Alors oui, on sent bien que le déroulement de l’histoire ne sert qu’à mettre en valeur les créations de Ray Harryhausen et que c’est bien ce dernier qui impose le rythme du film au réalisateur Nathan Juran. Mais qu’importe ! La réussite et la magie sont au rendez-vous et lorsqu’on revoie ce film de nos jours, le charme et la nostalgie opère instantanément. C’est sur que ceux qui n’ont connus que les images de synthèse vont peut être avoir du mal avec ces effets à l’ancienne mais bordel, c’est tellement beau pourtant ! Le film eut deux suites assez tardives, en 1973 et 1977, avec Le voyage fantastique de Sinbad et Sinbad et l’œil du tigre


DÉMENCE

DÉMENCE
(Trhauma)

Réalisateur : Gianni Martucci
Année : 1980
Scénariste :  Alessandro Capone, Gaetano Russo
Pays : Italie
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Gaetano Russo, Domitilla Cavazza, Roberto Posse, Silvia Mauri, Anna Maria Chiatante...


L'HISTOIRE : Un groupe d'amis viennent passer le week-end dans la charmante villa d'Andrea et de sa femme Lilly. Cette dernière est très riche et n'apprécie pas que son mari dilapide son argent, tout comme elle n'apprécie pas qu'il ait acheté cette villa qu'elle n'aime pas sans lui en parler. Le début du week-end se passe bien, avec soleil et piscine au programme pour les invités. Lorsqu'Olga manque à l'appel après avoir participé à un shooting-photo dans les bois, le malaise commence à s'installer. Les recherches pour la retrouver n'aboutissent à rien. Peu à peu, d'autres personnes deviennent introuvables...

MON AVIS : Avec seulement cinq films à son actif en tant que réalisateur, l'italien Gianni Martucci ne fait assurément pas partie des metteur en scène transalpin les plus connus du cinéma Bis. Après deux sexy-comédies, La collégienne en vadrouille et La toubib aux cours du soir, réalisées respectivement en 1975 et 1976, puis un polar (Coup de gueule en 1978), Gianni Martucci s'essaye au thriller horrifique avec Démence, qu'il met en scène en 1980. Le film se rapproche d’œuvres telles La Tour du DiableHumongous ou même La Baie Sanglante, avec ce groupe d'amis qui va se faire décimer par une présence inquiétante. La scène introductive (absente des éditions VHS française, un comble !) nous met en présence de deux enfants, dont l'un à un œil totalement blanc. Ce dernier semble être sous la domination de l'autre garçon, qui l'oblige à grimper dans un arbre alors qu'il n'en a pas envie et qu'il a peur. S'ensuit une chute de l'arbre et nous faisons un saut dans le temps pour nous retrouver avec l'enfant à l’œil blanc devenu adulte. On peut émettre l'hypothèse que sa chute de l'arbre a entraîné chez lui un retard mental puisqu'il joue avec des sortes de Lego ou Duplo dans un vieux sous-sol humide et peu rassurant. Un début de film assez étrange donc, et qui crée une certaine curiosité chez le spectateur. La suite ne sera pas non plus dénuée d'intérêt puisqu'on découvre deux ravissantes actrices qui n'hésitent pas à se dévêtir pour notre plus grand plaisir. La très jolie blonde Domitilla Cavazza interprète Lilly et la brune Anna Maria Chiatante joue le personnage d'Olga. Celle-ci va faire un shooting-photo et se retrouve très rapidement en tenue d'Eve sous l'objectif du photographe. Quant à Lilly, on découvre qu'elle a une relation assez tendue avec son compagnon Andrea, qu'elle accuse de dilapider son argent. Rien de bien neuf niveau scénario pour le moment et on patiente sagement en espérant que le dément promis par le titre et la jaquette ne tarde pas trop à se montrer. Coup de bol, sans qu'on sache pourquoi, il agresse Olga qui a abandonné son photographe et se livre même à une petite séquence de nécrophilie puisqu'il se met à embrasser le corps nu de cette dernière avant qu'on découvre qu'elle a une profonde blessure à la tempe et qu'elle est morte en fait ! Glauque ! Le réalisateur ne joue pas avec le suspense ou ne cherche en rien à cacher l'identité de l'agresseur puisqu'il filme son visage et son œil blanc en gros plan. Malheureusement pour nous, le reste du film ne vas pas lui permettre de se hisser dans le peloton de tête des meilleurs longs-métrages du genre. Il ne se hissera d'ailleurs pas bien haut ! La faute à une réalisation assez molle, plate et sans envergure. Le rythme n'est pas vraiment au rendez-vous non plus et l'ennui ne tarde pas à pointer le bout de son nez. Au niveau des quelques meurtres qui viendront légèrement égayer notre vision du film, rien de bien mémorable non plus à se mettre sous la dent, tant la violence et les effusions de sang seront aux abonnés absents. Reste une ambiance proche du giallo ou de l'épouvante gothique (Domitilla Cavazza en nuisette qui déambule dans la maison) qui n'est pas inintéressante mais qui ne suffit pas à sauver les meubles. Le pot-aux-roses n'est en rien une surprise, on l'aura tous vu arriver depuis belle lurette et le final en queue de poisson est un grand moment de solitude pour le spectateur qui se demande si Gianni Martucci ne l'a pas pris pour un con ! Un final façon Massacre au Drive-In pour ceux qui ont vu ce film ! Bref, Démence déçoit assez rapidement et ne restera assurément pas dans les mémoires. La quasi-totalité des actrices du film n'ont pas fait carrière ensuite, est-ce un signe ?


BASIL DÉTECTIVE PRIVÉ

BASIL DÉTECTIVE PRIVÉ
(The Great Mouse Detective)

Réalisateur : Ron Clements, Burny Mattinson, David Michener, John Musker
Année : 1986
Scénariste : Peter Young, Vance Gerry, Steve Hulett
Pays : Etats-Unis
Genre : dessin-animé
Interdiction : /
Avec : /


L'HISTOIRE : En 1897, à Londres, Basil la souris détective est appelé à l'aide par la petite Olivia. En effet, celle-ci a été témoin de l'enlèvement de son père, l'inventeur M. Flaversham, par une inquiétante chauve souris. L'enquêteur comprend alors qu'il s'agit de Fidget, le sous-fifre de l'ignoble Ratigan. Ce dernier a pour ultime dessein de prendre la place de la Reine des Souris ! Basil va alors tout faire pour l'en empêcher et ramener M. Flaversham sain et sauf auprès de sa fille, aidé par le docteur David Dawson...

MON AVIS : Avec Basil Détective privé, nouveau dessin-animé des studios Disney sorti en 1986, nous avons droit à une adaptation du roman de Paul Galdone et Eve Titus, "Basil of Baker Street", lui-même inspiré des célèbres histoires de Sherlock Holmes imaginées par Conan Doyle bien sûr. Tout y est, que ce soit l'appartement situé au 221 rue Baker Street, les célèbres tenues du détective (redingote et chapeau pour les enquêtes, robe de chambre pour le repos), le caractère dépressif du détective, sa passion du violon, son fidèle associé le docteur Watson (rebaptisé docteur Dawson) et même la présence du terrible Moriarty appelé ici Ratigan. Rebaptisé n'est d'ailleurs pas le bon terme car l'originalité de ce dessin-animé est de nous faire voir le vrai Sherlock Holmes et le vrai docteur Watson mais de ne pas s'intéresser à eux mais bien aux petites souris qui vivent dans cet immeuble et qui vont devenir les véritables héros de cette aventure ! Basil est donc la version souris de Holmes, Dawson la version souris de Watson et Ratigan la version rat de Moriarty ! Simple mais efficace ! Les auteurs de ce dessin-animé ont même poussé les clins d'oeil encore plus loin car le prénom Basil n'a rien d'anodin : il est une référence évidente au célèbre acteur Basil Rathbone qui a interprété le personnage de Sherlock Holmes à maintes reprises. Basil Détective privé nous entraîne donc au pays des souris, qui vit dans la terreur de Ratigan, véritable génie du Mal qui a kidnappé un concepteur de jouet afin d'obligé ce dernier à mettre au point son plan machiavélique : remplacer la Reine des souris par un robot ressemblant comme deux gouttes d'eau à cette dernière et obtenir ainsi la place de Roi du pays des souris ! Heureusement pour nos petites créatures à la longue queue, Basil, le plus célèbre détective privé du pays des souris va se trouver sur sa route. Comme toujours chez Walt Disney, on assiste à un divertissement non dénué de charme, misant sur l'humour des situations et proposant quelques chansons. Pour qui connaît les aventures de Sherlock Holmes, l'effet est encore plus efficace et on se surprend à sourire à de multiples reprises face aux gags et aux situations parfois rocambolesques proposées dans cette aventure. Maintenant, je n'ai pas retrouvé la magie des grands classiques Disney ici. Certes, quelques séquences tirent leurs épingles du jeu (celle à l'intérieur de Big Ben par exemple, une des premières qui a bénéficié de l'aide d'un ordinateur pour l'animation), le rythme est assez dynamique, l'humour fonctionne bien mais dans l'ensemble, il n'y a rien de vraiment extraordinaire. On passe un bon moment mais ça reste pour ma part un Disney assez mineur en fait. Reste en tout cas un bel hommage à Sherlock Holmes. A noter que la voix de Ratigan en VO est celle de Vincent Price, excusez du peu !


CANNIBAL HOLOCAUST

CANNIBAL HOLOCAUST
(Cannibal Holocaust)

Réalisateur : Ruggero Deodato
Année : 1980
Scénariste : Gianfranco Clerici
Pays : Italie
Genre : Aventure, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Robert Kerman, Francesca Ciardi, Perry Pirkanen, Luca Barbareschi, Carl Gabriel Yorke...


L'HISTOIRE : Quatre jeunes reporters, travaillant pour une grande chaine de télévision, sont partis en Amazonie afin de tourner un documentaire sur les peuples cannibales qui vivent encore dans la région. On ne les a jamais revus. Le professeur Monroe, un ethnologue renommé, décide de monter une expédition afin de les retrouver. En arrivant en Amazonie, il est accompagné par un guide et de son assistant. Après un long périple, Monroe parvient à se faire accepter par la plus dangereuse des tribus cannibales, le peuple des arbres. Il comprend très vite que les quatre reporters sont morts. En faisant des dons au peuple des arbres, il parvient néanmoins à récupérer les bandes vidéos. De retour à New-York, le professeur Monroe ainsi que l'équipe de télévision vont visionner ces bandes afin de pouvoir en faire un film choc pour les spectateurs. Mais ce qu'ils vont découvrir sur les images va changer leur perspective...

MON AVIS : Fort du succès de son film Le dernier monde cannibale en 1978, Ruggero Deodato va tenter de réaliser le film ultime sur ce thème. Et c'est en 1980 qu'il livre aux spectateurs ébahis le terrifiant et somptueux Cannibal Holocaust, film définitif, jamais surpassé, véritable choc cinématographique ! Un sommet de la barbarie et de la cruauté à l'écran. Si quelquefois le mot culte est galvaudé et utilisé à tort et à travers, il est vraiment tout désigné pour classer ce film maudit, dont la censure s'en fit l'un de ses films de chevet pour aiguiser ses ciseaux et tailler dans le vif. Des versions cut, il y en a eu, et il y en aura toujours, même aujourd'hui, où le film est encore totalement interdit dans certains pays. La faute à des scènes de massacres d'animaux filmées en "live" et à des scènes d'horreurs ultra réalistes et vraiment glauques. Tellement réalistes que Deodato du prouver à la police et aux tribunaux italiens que les acteurs étaient toujours vivants et qu’il n’avait pas réalisé un snuff  movie ! Il du aussi expliquer certains effets-spéciaux, comme la femme empalée, scène culte inoubliable. Cannibal Holocaust est un film qui parvient à faire naître une vraie impression de malaise à sa vision. Il est construit en deux parties distinctes mais complémentaires. La première partie du film est à classer dans la catégorie film d'aventure, film de jungle. On suit l'expédition du professeur Monroe, parti chercher les quatre reporters disparus. On se retrouve donc en dépaysement total avec ces images de forêt amazonienne, où vivent animaux dangereux et indigènes. Monroe, aidé par un guide local, découvrira une première peuplade de cannibales et également certains de leurs rites, dont certains d'une rare sauvagerie, comme la punition d'une femme adultère. Une première scène choc qui ne fait guère dans la dentelle et ne prête guère à sourire. Aucun humour, aucune distance ne vient délivrer le spectateur de ce spectacle barbare. Ce qu'on peut retenir de cette première partie, c'est que Monroe a du respect pour les peuplades cannibales et qu'il ne se comporte pas comme un blanc dominateur. Il n'impose rien car il n'est pas chez lui. Grâce à son comportement, il parviendra à récupérer les bandes vidéos tournées par les reporters, les seules choses qu'il reste de leur expédition. Monroe comprend que les quatre amis sont morts. De retour à New-York, le spectateur va alors visionner ces fameuses bandes en même temps que lui et les responsables de chaînes de télévision. Une idée originale, que reprendront bien plus tard les réalisateurs du Projet Blair Witch. On entre alors dans la seconde partie du film. On assiste à la vision des images tournées par Alan Yates, le chef de l'équipe, entouré de ses trois amis. Et là, c'est bien d'horreur absolue qu'il faut parler. Des images chocs, terribles, quasi inhumaines, mêlant scènes de cannibalisme, meurtres d'animaux, scènes à connotation sexuelle (la séquence horrible de l'accouchement). Mais le plus terrible reste à venir. Car les méchants ne sont pas ceux que l'on croit. En effet, les images des bandes vidéos vont nous montrer le vrai visage de ces quatre reporters. Afin d'obtenir du sensationnel, ces jeunes gens ne vont pas se gêner et vont faire subir aux peuplades cannibales de nombreuses brimades, violant des femmes, mettant le feu à un village pour pouvoir filmer la panique des primitifs. Un comportement révoltant et en totale opposition avec l'attitude de Monroe dans la première partie du film. On se retrouve avec un blanc qui tente de vivre en harmonie avec ce qu'il ne connaît pas, et quatre blancs qui n'ont aucun respect pour autrui, qui se comportent en dominateurs et n'hésitent pas à tuer, piller et massacrer pour satisfaire leur envie de ramener un "scoop" ! C'est le thème principal que voulait faire passer Ruggero Deodato dans son film. La dénonciation des pratiques de certains journalistes, avides de sensationnalisme, prêts à tout pour leur reportage, y compris à commettre eux-mêmes des actes de cruauté gratuite. Le spectateur n'éprouve alors plus aucune compassion pour la jeune équipe et leur mort nous semble logique, voire compréhensible et justifiée. Pour contrebalancer ces scènes de brutalité inégalées, Riz Ortolani, le compositeur de la partition musicale, a opté pour une musique légère, un thème enivrant, tranquille, presque reposant. Comme il le dit lui-même, les images sont déjà assez choquantes, il ne servait donc à rien de mettre en plus une musique violente par dessus. Cette opposition "brutalité / musique légère" est une vraie réussite et on se souvient longtemps après de cette mélodie qui revient souvent. Si Cannibal Holocaust est considéré à juste titre comme étant le meilleur film de cannibales, on ne peut qu'en être persuadé à sa vision. Beaucoup ont voulu le surpasser mais aucun n'a su mettre en images des situations aussi malsaines, choquantes et surtout aussi réalistes. Un film choc à ne pas mettre devant tous les yeux et qui continuera encore longtemps à faire fantasmer ceux qui ne l’ont pas vu (ou qui n’osent pas le voir) et à hanter l’esprit de ceux qui l’ont vu. Ruggero Deodato peut être fier de son chef-d’œuvre et même si de nombreuses personnes continuent à lui reprocher les meurtres d’animaux (Deodato regrette d’avoir filmé ses séquences), il n’empêche qu’il a réalisé l'un des films le plus controversé de tous les temps et qui possède toujours son pouvoir de fascination de nos jours.

HAPPY BIRTHDAY TO ME

HAPPY BIRTHDAY TO ME
(Happy Birthday to Me)

Réalisateur : J. Lee Thompson
Année : 1981
Scénariste : John C.W. Saxton, Peter Jobin, Timothy Bond
Pays : Canada
Genre : Horreur, Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Melissa Sue Anderson, Glenn Ford, Lawrence Dane, Jack Blum, Lenore Zann...


L'HISTOIRE : Virginia Wainwright a réussi à se faire admettre parmi les "Crawford 10", l'élite de son école, des élèves aux conditions financières aisées, et qui aiment bien faire la fête et braver les interdits, se sentant sous la protection des richesses de leurs parents. Virginia va bientôt fêter son dix-huitième anniversaire. A l'approche de la date fatidique, de nombreux meurtres et disparitions se produisent parmi les "Crawford 10". Virginia, qui a eu un grave accident de voiture deux ans auparavant, entraînant le décès de sa mère, a du subir une lourde opération du cerveau et elle est souvent victime d'absences, ne se rappelant pas certains souvenirs. Les meurtres sont-ils liés au passé de Virginia ?

MON AVIS : Le réalisateur J. Lee Thompson a déjà une longue filmographie derrière lui en 1981, année durant laquelle il décide de réaliser Happy Birthday to Me, puisque sa carrière débute dans les années 50. A son palmarès, on lui doit par exemple Les Canons de Navarone en 1961, Les Nerfs à Vif en 1962, Les Rois du Soleil en 63, La Bataille de la Planète des Singes en 73 ou bien encore quelques aventures policières mettant en vedette Charles Bronson dans les années 80. Avec Happy Birthday to Me, J. Lee Thompson décide de s'attaquer au genre vedette du film d'horreur des années 80, à savoir le slasher movie, ou comment décimer la majeure partie du casting à l'arme blanche tout en tenant secrète l'identité du tueur. Mettant principalement en scène des jeunes aimant faire la fête, le slasher de Thompson ne déroge pas à cette règle et nos protagonistes principaux sont de jeunes étudiants friqués, regroupés en une sorte de fraternité difficile d'accès. On a là tous les clichés du genre, avec le sportif, le blagueur, le fan de moto-cross, le garçon timide mis un peu à l'écart, et bien sûr de nombreuses jeunes filles qui ne refuse pas un joint ou un verre de bière. C'est dans ce petit groupe que vient d'entrer Virginia, fille au passé douloureux, puisque ayant été victime d'un grave accident de voiture il y a deux ans. Sa mère trouva la mort et Virginia du subir une intervention du cerveau assez complexe, servant de cobaye à une nouvelle méthode de régénération des tissus par ultra sons. Sa mémoire n'a pas encore retrouvé toutes ses fonctions et la jeune fille souffre souvent de troubles passagers, ne se rappelant pas des événements qui se sont passés. Virginia est interprétée par Melissa Sue Anderson, un nom qui vous fera sûrement tiquer, surtout si vous êtes fan de la série culte La petite maison dans la Prairie. Le passé de Virginia en fait donc la coupable parfaite. Fragile, ayant des problèmes de mémoires, revivant certains événements par flashs lorsque ses nouveaux amis font certaines choses, comme une course de voiture sur un pont élévateur, tout concourt à nous faire croire que l'assassin ne pourrait être une autre personne. Et si c'était réellement le cas ? L'habileté du réalisateur fera tenir ce suspense jusqu'à la fin. On le sait, tout est possible dans un slasher, l'assassin peut aussi bien être la personne dont on s'occupe le moins que le héros ou l'héroïne du film. D'ailleurs, des suspects, il y en a d'autres. Pourquoi pas Rudi, jeune garçon timide, souvent mis à l'écart du groupe ou victime de plaisanterie, et qui semble sous le charme de Virginia ? Pourquoi pas Etienne, beau gosse un peu voyeur, qui n'hésite pas à s'introduire la nuit dans la chambre de Virginia pour l'épier prendre son bain ? Pourquoi pas John, le blagueur, attiré lui aussi par Virginia malgré qu'il a déjà une petite amie ? Pourquoi pas une fille jalouse ? N'oublions pas le docteur Faraday, joué par Glenn Ford, acteur mythique, qui suit l'avancée du traitement de Virginia. Néanmoins, cette dernière hypothèse est vite écartée puisqu'il apparaît clairement que les victimes connaissent très bien leur meurtrier, le laissant s'approcher sans aucune crainte ni doute. Bref, autant de possibilités que de personnages ce qui nous donne de quoi bien se creuser la tête ! Bien sûr, les diverses pistes vont aller en s'amenuisant, les nombreuses victimes commençant à réduire le nombre de coupable potentiel. Parmi les clichés du slasher, on retrouve aussi la caméra subjective, le port de gants noirs, les fausses scènes de tension nous mettant sur de fausses pistes, bref, nous sommes bien en terrain connu et J. Lee Thompson fait un travail des plus honnêtes à ce niveau. Parfois, on serait tenté de dire que Happy Birthday to Me se rattache même plus au giallo ou au thriller, puisque les scénaristes ont fait un effort côté histoire, développant l'intrigue et le personnage de Virginia de façon intéressante, en tout cas de façon bien plus approfondie que dans les autres films de ce genre. C'est ce qui fait d'ailleurs toute l'originalité du film, ce scénario bien plus élaboré que la moyenne. Si les meurtres ne sont pas très sanglants, les amateurs apprécieront par contre le final grand guignolesque et particulièrement macabre, avec moult rebondissements et retournements de situations. D'une durée inhabituelle de 110 minutes, Happy Birthday to Me est une oeuvre à redécouvrir et qui se bonifie avec le temps. Je l'ai beaucoup plus apprécié lors de cette nouvelle vision via le superbe Blu-Ray édité par Rimini que lorsque je l'avais vu en VHS. 

* Disponible en combo DVD + BR + LIVRET chez RIMINI EDITIONS

L'éditeur Rimini Editions nous propose ce film de J. Lee Thompson dans une très belle édition. Le packaging est très classe, avec un fourreau reprenant le célèbre visuel de l'affiche originale puis un digipack trois volets contenant un livret de 20 pages, très informatif, de Marc Toullec ainsi que le DVD et le BR. Ce dernier propose une image de très bonne qualité qui comblera d'aise les fans du film. Cerise sur le gâteau, le documentaire de 78 minutes sur l'histoire et les codes du slasher movie, Slice and Dice : The Slasher Film Forever, est proposé en bonus en VOSTF ! Une chouette idée qui permettra aux nombreux intervenants de nous parler de ce genre très apprécié tout autant qu"'il peut être décrié. Bref, une édition à ne pas rater pour voir ce Happy Birthday to Me dans les meilleures conditions possibles.


SALO OU LES 120 JOURS DE SODOME

SALO OU LES 120 JOURS DE SODOME
(Salo o le 120 giornate di sodoma)

Réalisateur : Pier Paolo Pasolini
Année : 1975
Scénariste : Pier Paolo Pasolini, Sergio Citti
Pays : Italie, France
Genre : Drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Paolo Bonacelli, Giorgio Cataldi, Umberto Paolo Quintavalle, Aldo Valetti, Caterina Boratto, Hélène Surgère...


L'HISTOIRE : En 1943, dans la république fasciste fantoche de Salò, quatre riches notables enlèvent neuf jeunes garçons et neuf jeunes filles de la région pour les emprisonner dans un somptueux palais. Dans ce décor luxueux, les adolescents seront soumis aux plaisirs de leurs geôliers, à leur jouissance sadique de pouvoir exercer une domination totale sur ces jeunes corps, de décider de leurs souffrances, de leur survie ou de leur mort… 

L'AVIS : Œuvre choc basée sur le sulfureux roman inachevé du Marquis de Sade, Salo ou les 120 jours de sodome en est une adaptation moderne, transposée en 1943, et qui reprend les grandes lignes de l’œuvre littéraire. Avec ce film, réalisé en 1975, Pasolini avait pour but de mettre en lumière les dangers de la remontée du fascisme en Italie et du consumérisme qui régit son pays. Politiquement engagé, et n’ayant pas sa langue dans sa poche, il sera assassiné peu de temps avant la sortie du film. Une sortie qui fit scandale puisque Salo sera interdit de diffusion dans de nombreux pays. Outre son aspect politique dénonçant la bourgeoisie et se vices, Salo n’est pas à mettre devant tous les yeux car il regorge de scènes chocs et malsaines, dans lesquelles les pires perversions humaines sont montrées sans censure aucune. Comme dans le roman du Divin Marquis, le film de Pasolini est un véritable catalogue d’atrocités en tout genre, allant du voyeurisme au viol, de l’urologie à la coprophagie, de l’avilissement au meurtre et à la torture. La nudité, masculine comme féminine, est présentée de manière frontale, sans tabou aucun. Composé de quatre parties, le film risque de retourner les estomacs fragiles, notamment lors du « Cercle de la merde » et du « Cercle du sang » qui portent très bien leur nom. L’asservissement total de l’être humain, le pouvoir qui permet de faire qu’un homme ou une femme ne soit plus considéré que comme une simple chose est une thématique importante du film et nul doute que jamais la folie humaine ne trouvera plus grande illustration que dans Salo. Même la scène du repas dans Massacre à la tronçonneuse est en deçà de ce qui est proposé par Pasolini. La vision du film n’est pas chose aisée, on est dans l’antithèse totale du film de divertissement. Le rythme est contemplatif, ce qui renforce l’impact des images révoltantes qui nous sont offertes. Le casting est assez incroyable et malgré la gravité de l’ensemble, le tournage s’est déroulé dans la bonne humeur dixit certaines acteurs ou actrices. Les quatre notables sont absolument parfaits dans leurs rôles respectifs, notamment Aldo Valleti (et son faciès troublant) et Paolo Bonacelli. Cruel et totalement nihiliste, Salo ou les 120 jours de sodome est souvent cité comme faisant partie des dix films les plus importants de l’Histoire du cinéma par des réalisateurs comme Gaspar Noé, Claire Denis ou Michael Haneke. C’est réellement un film qu’il faut « digérer » après l’avoir visionné. A noter qu’à l’origine, le film devait durer 145 minutes mais le vol de plusieurs bobines font que la durée est de 111 minutes. Ce qui est déjà bien long quand on est en Enfer...


AMITYVILLE 3

AMITYVILLE 3
(Amityville 3D)

Réalisateur : Richard Fleischer
Année : 1983
Scénariste : William Wales
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante, Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Tony Roberts, Tess Harper, Robert Joy, Candy Clark, Lori Loughlin, Meg Ryan...


L'HISTOIRE : Journalistes pour un magazine à scandales, John Baxter et son associée Mélanie démasquent un duo d’arnaqueurs qui se servent de la demeure réputée hantée d’Amityville pour escroquer des familles crédules. Devant gérer son divorce, et séduit par la maison, John l’achète à bon prix à un promoteur immobilier qui décède de façon mystérieuse le jour de la vente. D’autres événements étranges et inquiétants se produisent dans l’habitation et Mélanie en fait les frais, refusant désormais de venir travailler chez John. Ce dernier émet des doutes quant à la véracité des faits reprochés à sa nouvelle demeure…

MON AVIS : Troisième chapitre de la grande saga Amityville, débutée en 1979 et poursuivie en 1982, Amityville 3 a pour originalité d’avoir été réalisé en 3D et par Richard Fleischer, célèbre cinéaste à qui l’ont doit des classiques tels Le voyage fantastique, Les vikings, 20000 lieues sous les mers ou Soleil vert entre autres. L’apport du relief est d’ailleurs la principale raison qui a décidé Fleischer à prendre part à l’aventure. Largement décrié lors de sa sortie en 1983, Amityville 3 ne mérite pas sa triste réputation et s’avère un divertissement plutôt sympathique. Certes, il s’éloigne de l’aspect terrifiant du premier film et du côté malsain du second. Avec l’ajout des effets 3D, on est plus dans un tour de train fantôme dans le cas présent et ce n’est pas le final, grand-guignolesque à souhait, qui viendra me contredire : apparition de fantôme, d’une créature démoniaque sortant d’un puits, objets et immobiliers qui volent en éclats et causent pas mal de dégâts sur l’équipe de para-psychologues venue étudier la maison et explosions diverses sont au programme. Tout au long du film, et ce, dès le générique, on note le réel effort fourni par Fleischer pour mettre en avant le procédé 3D. On ne compte plus, en effet, le nombre d’objets qui jaillit de l’écran, que ce soit une torche électrique, des micros, un frisbee, un tuyau qui perfore un pare-brise de voiture, un espadon empaillé et j’en passe. Comme dans la majorité des films tournés en relief, on se doute qu’une vision d’Amityville 3 en 2D vient amoindrir le résultat, voir même lui donner un aspect limite ridicule parfois. Mais en 3D, le film prend toute sa dimension jubilatoire, n’ennuie jamais et remplit tout à fait son contrat. Le suspense est au rendez-vous, les mouches aussi ! Richard Fleischer parvient même à surprendre son auditoire lors d’une séquence assez flippante mettant en vedette un escalier et la jeune actrice Lori Loughlin, qui deviendra célèbre en jouant le personnage de Rebecca Donaldson dans le sitcom La fête à la maison. On appréciera également la participation dans un rôle secondaire de la toute jeune Meg Ryan. Franchement, il n’y a pas de quoi dénigrer cette série B qui poursuit de manière efficace les deux premiers films de la saga. Spiritisme, fantôme et démon en donnent pour leur argent aux spectateurs et le look de la maison reste toujours aussi efficace et angoissant. Une troisième épisode de bonne facture, qui mérite d’être réévalué et surtout d’être vu en 3D !  

* Disponible en DVD ET BR 3D chez BACH FILMS