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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




TRAUMA (1976)

TRAUMA
(Burnt Offering)

Réalisateur : Dan Curtis
Année : 1976
Scénariste : Dan Curtis, William F. Nolan
Pays : Etats-Unis, Italie
Genre : Fantastique, Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Karen Black, Oliver Reed, Bette Davis, Burgess Meredith, Lee Montgomery...


L'HISTOIRE : Un couple avec leur jeune fils, Ben, Marian et David Rolf, accompagné de la vieille tante Elizabeth, deviennent locataires d'une gigantesque maison à un prix défiant toute concurrence. Les vieux propriétaires, un peu excentriques, leur demandent uniquement d'aimer leur maison comme eux ils l'aiment et surtout, de déposer un plateau repas trois fois par jour à leur mère, une femme de 85 ans qui vit recluse dans la chambre du grenier et qui ne peut se déplacer. Une fois installé, les quatre locataires goûtent au charme de la maison. Karen prend en charge la vieille dame dans le grenier et interdit à quiconque de s'en occuper à sa place. Peu à peu, l'atmosphère de la maison semble avoir des effets néfastes sur Ben, qui refait des cauchemars et tente de noyer son fils dans la piscine...

MON AVIS : Dan Curtis s'est fait connaître pour avoir été l'initiateur en 1966 de la longue série-télévisée Dark Shadows, un soap avec vampire de 1245 épisodes ! Il est ensuite devenu l'un des producteurs et réalisateurs phare pour la télévision en proposant de nombreux téléfilms fantastique ou d'épouvante, comme The Night Strangler (1973), Dracula et ses femmes vampires (1974), Trilogy of Terror (1975), Dead of Night (1977), le terrifiant La Malédiction de la Veuve Noire (1977) ou Trilogy of Terror 2 (1996) entre autres. Sa carrière pour le cinéma est nettement moins importante mais il est tout de même connu pour quelques longs-métrages comme La fiancée du vampire (1970) et sa suite Night of Dark Shadows (1971) et surtout le film dont je vais vous parler ici, à savoir Trauma qui date de 1976, et qui est assurément son plus célèbre fait d'armes. Adaptation du roman de Robert Marasco, Trauma est souvent classé dans la catégorie générique du film de maison hantée mais en réalité, ce n'en est pas vraiment un. Ou tout du moins, son approche et surtout la révélation sur ce qui se passe réellement dans cette maison sont bien plus subtiles (et effrayantes) que ça. Malgré un relatif échec commercial et critique au moment de sa sortie en salles, Trauma, au fil des années et de sa redécouverte via la VHS, le DVD et maintenant le Blu-Ray, a acquis une solide réputation auprès des cinéphiles et désormais, on le retrouve bien souvent classé dans le TOP 5 des films de maisons hantées, au côté de La Maison du Diable (1963), d'Amityville la Maison du Diable (1979), L'Enfant du Diable (1980), Shining (1980) ou Poltergeist (1982) par exemple. Le fantastique et l'épouvante dans Trauma font irruption dans le quotidien des quatre personnages principaux de manière feutrée, sans effets spectaculaires mais avec des petites touches d'étrangetés qui plongent le spectateur dans une angoisse sourde, qui progresse lentement, progressivement, jusqu'au célèbre climax particulièrement efficace. Ici, pas de son étrange, d'objets qui bougent tout seul ou d'apparitions spectrales. C'est le comportement même des protagonistes qui va nous faire prendre conscience qu'il se passe des choses pas claires et que la maison en est la principale responsable. Les rapports humains entre le couple Ben et Marian, tous deux superbement interprétés par Oliver Reed et Karen Black, qui paraissaient être très soudés avant de devenir locataires, vont se désagréger au fur et à mesure du temps passé dans cette grande demeure. Pire que tout, une certaine folie semble s'emparer de Ben, qui refait des cauchemars au sujet de l'enterrement de sa mère, ce qui nous permet de voir le fameux chauffeur de corbillard au sourire inquiétant, joué par l'acteur Anthony James, qui livre pourtant une interprétation assez sobre mais qui lui permettra d'être souvent représenté sur les affiches du film ! Assez tétanisante reste la séquence de la piscine, dans laquelle Ben tente clairement de noyer son jeune fils, car la scène est d'un réalisme assez hallucinant et perturbant. La cellule familiale se déstructure, les tensions entre Ben, Marian et la tante Elizabeth (la star Bette Davis, excusez du peu) ne cessent d'augmenter et tout semble prendre l'eau. Tout, sauf la maison, qui, étrangement, reprend des couleurs et semble renaître à la vie. La mise en scène épurée de Dan Curtis participe pleinement à créer cette atmosphère anxiogène, sa caméra se focalisant sur ses acteurs avec intensité et sur de petits détails qui nous mettent la puce à l'oreille mais sans en dire trop, afin de laisser le mystère vivre sa vie tout au long des 116 minutes que dure le film. La présence d'une vieille dame dans la chambre du grenier, qu'on ne verra jamais, est un des éléments intrigants de l'histoire, tout comme sa collection de photos, qui semble à la fois ancienne et récente, ou ses pendules dont les aiguilles se mettent à l'heure toutes seules. La scène du début, avec les deux propriétaires de la maison, est lourde de sens, notamment lors de certains dialogues qui sont autant d'indices à la stupéfiante révélation qu'on aura tout de même devinée quant à la nature même de la demeure. Interprétés par Burgess Meredith et Eileen Heckart, ce drôle de couple semble animer d'un curieux projet qui prendra toute sa démesure à la fin du film. Bénéficiant d'une partition musicale en adéquation avec l'ambiance recherchée, composée par Bob Cobert, les images de Trauma marquent les esprits et on comprend que le film de Dan Curtis ait gagné des galons au fur et à mesure de son existence. Le film avait tout de même remporté le Grand Prix du Festival du film fantastique de Los Angeles en 1979 et de New York en 1980. Quant à Karen Black, elle reçut  le prix de la meilleure interprétation féminine lors du 6ème festival du film fantastique de Paris. Si l'entente entre acteurs n'a pas toujours été au beau fixe durant le tournage, Bette Davis ne supportant pas l'alcoolémie élevée d'Oliver Reed dans l'hôtel où l'équipe résidait, ce qui obligea Dan Curtis a lui trouver une chambre fort éloignée de l'acteur sous peine de la voir quitter le projet, ça ne se voit absolument pas à l'écran. Le jeune Lee Montgomery campe un petit garçon désemparé face aux événements et changements de comportements de ses parents avec brio et le reste du casting campe les personnages avec solidité et motivation. Si Trauma n'est pas exempt de quelques faiblesses mineures, comme sa durée un peu excessive par exemple, il n'en reste pas moins un film fantastique de qualité, qui se montre même assez original dans sa catégorie et qui distille savamment son ambiance pour emporter l'adhésion du spectateur, plongé dans une sorte de version longue d'un épisode de La Quatrième Dimension...

* Disponible en combo DVD + BR + Livret chez RIMINI EDITIONS

LE COMBO
Toujours sous les mêmes couleurs que les précédentes sorties de l'éditeur (Le Bal de l'Horreur, Happy Birthday, Mutations), ce qui permet aux fans d'avoir une superbe collection homogène dans sa vidéothèque, Trauma se compose d'un digipack trois volets sous fourreau, avec le film en HD en DVD et un BR, avec VF et VOSTF sonorisées en DTS 2.0. L'image est très bonne, avec un beau grain cinéma et une belle définition. Les bonus nous propose trois entretiens, l'un avec le terrifiant chauffeur de corbillard Anthony James, l'un avec Lee Montgomery qui se rappelle qu'il était le chouchou de ses dames lors du tournage via son jeune âge à l'époque et un dernier avec le scénariste William F. Nolan. La bande annonce originale est également au menu, tout comme un livret de 24 pages, toujours rédigé par Marc Toullec, et toujours très informatif, comme d'habitude.


LE RETOUR DES MORTS VIVANTS 3

LE RETOUR DES MORTS VIVANTS 3
(Return of the Living Dead 3)

Réalisateur : Brian Yuzna
Année : 1993
Scénariste : John Penney
Pays : Etats-Unis, Japon
Genre : Horreur, Gore, romance
Interdiction : -16 ans
Avec : Melinda Clarke, J. Trevor Edmond, Kent McCord, Sarah Douglas...


L'HISTOIRE : Curt Reynolds et Julie Walker mènent le parfait amour lorsqu'un accident de la route s'avère fatal pour la jeune femme. Curt emmène alors le corps de sa fiancée dans une base militaire dirigée par son père. Dans ce lieu hautement secret sont menées des expériences visant à ramener des cadavres à la vie au moyen d’un gaz nommé Trioxine. Si Curt parvient à réanimer sa bien-aimée, celle-ci se transforme peu à peu en zombie avide de chair humaine. Semant la terreur dans la ville, Julie trouve dans l’automutilation le moyen de canaliser ses pulsions cannibales…

MON AVIS : Vous aimez les belles histoires d'amour tragique façon Roméo et Juliette ? Vous aimez les films de zombies ? Vous aimez les films gores qui ne lésinent pas sur les maquillages bien cradingues ? Alors Le Retour des Morts Vivants 3 est assurément fait pour vous ! Après l'excellent premier volet réalisé par Dan O'Bannon en 1985, qui mêlait comédie et horreur avec un brio certain, suivi par Le Retour des Morts Vivants 2 de Ken Wiederhorn en 1988 qui poussait encore plus loin l'aspect comédie pour un résultat moins fameux, la franchise semblait être à l'arrêt. Cinq ans plus tard, le réalisateur Brian Yuzna se retrouve aux commandes d'un troisième volet qui aurait pu très bien être un film totalement indépendant, avec un titre qui ne le rattacherait pas à la série. Mais les producteurs veulent un troisième épisode, il va donc falloir le faire. Yuzna a néanmoins le champ libre et on lui laisse une totale liberté sur le projet. Pas d'anciens acteurs à reprendre ou de références aux précédents volets à intégrer, si ce n'est la présence du fameux produit faisant revivre les cadavres, la Trioxine. Réalisateur plutôt doué dans le domaine du cinéma horrifique, puisqu'il a à son actif le délirant Society (1989) et La Fiancée de Ré-Animator (1989), ainsi que Douce Nuit, Sanglante Nuit 4 : L'initiation (1990), Brian Yuzna va collaborer à plein régime avec le scénariste John Penney pour offrir au public un film différent des deux premiers volets, misant nettement moins sur l'humour et lorgnant vers la love-story d'outre-tombe. Un choix payant pour ma part puisque Le Retour des Morts Vivants 3 est, de loin, le meilleur épisode après le premier film de cette saga qui en comporte cinq à l'heure actuelle. L'idée d'une histoire d'amour tragique est l'élément clé du film et cette dernière est extrêmement touchante, grâce à la prestation des deux acteurs principaux, à savoir Melinda Clarke et J. Trevor Edmond, qui interprète respectivement Julie et Curt. La ravissante Melinda Clarke, qui avoue sans langue de bois ne pas apprécier les films d'horreur, est tout de même devenue une icône de ce type de cinéma grâce au rôle difficile de Julie justement. La jeune fille, rebelle et un peu punk dans l'attitude, va en effet être victime d'un accident de moto la laissant pour morte. Comme son petit ami est le fils d'un colonel travaillant sur la réanimation de cadavres à but militaire grâce à la Trioxine, la suite du scénario est vite trouvée : l'amoureux fou ne pouvant vivre sans sa dulcinée va alors s'infiltrer dans la base militaire grâce au badge V.I.P. de son papa et répandre la Trioxine sur la jolie morte, qui va reprendre goût à la vie. Comme la réanimation a lieu très rapidement après le décès, Julie va avoir dans un premier temps un comportement normal, bien éloigné de celui des expérimentations vues au début du film, nous valant déjà quelques effets gores bien sympathiques. Mais petit à petit, à l'image du génial Moi Zombie, Chronique de la Douleur d'Andrew Parkinson, film de 1998 qui ira encore plus loin dans le processus terrible de la transformation en zombie, Julie va ressentir les premiers changements dans son état de morte vivante et commencer à ressentir la douleur et surtout la faim. L'actrice va alors nous offrir une très bonne interprétation, puisant ses racines dans le comportement des droguées, et nous faire vivre toute la tragédie inhérente à sa nouvelle condition de mangeuse de cerveaux mais qui possède encore une conscience humaine très prononcée. Pour lutter contre l'irrésistible envie de boulotter de l'humain, Julie s'adonne à la scarification et aux piercings extrêmes, ce qui aboutira à lui donner le look qui la rendue célèbre auprès des fans, celle d'une morte vivante ultra sexy, bardée de bouts de métal et de morceaux de verre plantés à même la chair, avec un collier lui traversant le cou, des tétons percés et des fils de fer lui traversant le bout des doigts. La scène où elle se dévoile avec ce look est un moment d'anthologie, la caméra de Brian Yuzna la collant au plus près du corps pour mieux nous faire admirer cette sublime créature qui en fera pâmer plus d'un ! Dire qu'on tombe tous amoureux de Melinda Clarke à ce moment est un euphémisme. Sa relation avec son chéri avant cette spectaculaire transformation est passée par diverses phases (amour / rejet) qui nous font prendre ces deux protagonistes en empathie. L'amour plus fort que la mort, c'est bien la thématique principale du Retour des morts Vivants 3 et c'est ce qui lui donne toute son originalité, avec une magnifique conclusion qui nous rappelle Roméo et Juliette. Mais rassurez-vous, même si le côté romance est fortement présent dans le film, Brian Yuzna et les équipes de maquillages / effets spéciaux n'ont pas oublié pourquoi ils étaient là et ils vont faire de leur mieux pour vous en donner pour votre argent niveau gore. Malgré un budget très serré et une obligation de tourner vite et bien, avec parfois une seule prise et des longues journées de tournage épuisantes, Le Retour des Morts Vivants 3 ne lésine pas sur le gore outrancier et le manque de budget ne se ressent pas vraiment, puisque niveau gore et créatures dégoulinantes justement, c'est du tout bon ! Les différents zombies du film ressemblent à des monstres sortis tout droit de l'Enfer, et auraient très bien pu être le résultat des expérimentations du docteur Herbert West, le célèbre Ré-animator ! On est loin des morts vivants bleutés de Zombie ou des cadavres pourrissants de L'Enfer des Zombies par exemple. Créatures multiformes au look détonnant, zombie harnaché d'un exosquelette métallique, tête sur une colonne vertébrale mise à nue qui poursuit nos héros et j'en passe, c'est un véritable bestiaire hors du commun que nous propose Yuzna et ses équipes, le tout sur un rythme jamais défaillant et qui ne cesse de se dynamiser, notamment lors de la dernière demi-heure, véritable feu d'artifice de gore et de fureur. Série B sévèrement burnée, Le Retour des Morts Vivants 3 et sa love-story macabre mais toujours romantique est un petit classique 90's qui tire son épingle du jeu par son scénario et ses effets spéciaux ainsi que par la prestation incarnée de Melinda Clarke, élue zombie le plus sexy de l'univers ! Franchement un bon film d'horreur, généreux et divertissant, et qui se bonifie encore avec l'âge.

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME

LE COMBO
Digipack trois volets sous fourreau, disques sérigraphiés, c'est encore une superbe édition que nous propose l'éditeur. L'image HD est de toute beauté et nous présente le film en version uncut qui plus est. Le son DTS 2.0 est présent pour la VF et la VOSTF. Niveau bonus, on retrouve des tas de modules donnant la parole aux différents intervenants, comme les acteurs Melinda Clarke et J. Trevor Edmond mais aussi le réalisateur Brian Yuzna, le scénariste John Penney et l'équipe des FX entre autres. On trouve également le film présenté en mode 1.33 open matte, ainsi que deux commentaires audio, uniquement en VO par contre. Egalement au menu, la piste musique et effets isolée. De quoi rassasier les amateurs de ce film hautement sympathique... 


LES ANGES DE LA NUIT

LES ANGES DE LA NUIT
(State of Grace)

Réalisateur : Phil Joanou
Année : 1990
Scénariste : Dennis McIntyre
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Policier, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Sean Penn, Ed Harris, Gary Oldman, Robin Wright, Joe Viterelli...


L'HISTOIRE : Après avoir abattu deux dealers, Terry Noonan s'est exilé durant douze ans. Après cette longue absence, il revient à Hell's Kitchen, le quartier de sa jeunesse, devenu le fief d'un gang irlandais composé de ses anciens amis d'enfance, dont Jackie, le frère du patron de ce petit gang mafieux. La rivalité entre la mafia irlandaise et italienne se fait ressentir dans les rues mais l'entente est préservée grâce à la relation entre les deux chefs de gangs. Terry Noonan retrouve également Kathleen, sœur de Jackie, qui était son amour de jeunesse et dont il est toujours amoureux. Lorsqu'un des membres du gang irlandais est retrouvé égorgé, la tension avec les Italiens augmente de manière significative. Terry retrouve vite ses marques au contact de Jackie. Mais il cache à ce dernier un lourd secret qui pourrait faire basculer leur solide amitié...

MON AVIS : Totalement passé inaperçu lors de sa sortie au cinéma, pour cause de concurrence déloyale avec Les Affranchis de Scorsese, Les Anges de la Nuit de Phil Joanou a été un énorme flop, ce qui, au vu de ses qualités, est franchement dommage. Malgré une seconde vie lors de sa diffusion en VHS puis DVD, le film est néanmoins tombé dans un certain oubli, très peu cité par les fans de films de mafia. Sa sortie française en Blu-Ray (et DVD) grâce à l'éditeur Rimini Editions est donc une aubaine pour contrecarrer le triste sort de cet excellent film, servi par un casting cinq étoiles, une mise en scène classique mais raffinée, une musique efficace d'Ennio Morricone, de superbes images de New York et un scénario qui tient plus de la dramaturgie que du polar au final. Sombre, désespéré, nihiliste, Les Anges de la Nuit réussi haut la main tout ce qu'il entreprend et plonge le public dans une histoire implacable, dans laquelle règne violence, trahison, amitié, sens du devoir et de l'honneur, tous ces éléments s'entrechoquant dans une maestria cinématographique qui ne verse pas dans l’esbroufe mais tend plus vers la pureté du langage cinématographique justement. Sans aucun effet de style grandiloquent, Phil Joanou met en scène avec une sobriété épatante cette histoire de guerre des gangs mafieux et verse dans le réalisme et l'ambiance des films américains 70's, nous plongeant au cœur de l'action, des gunfights sanglants, mais aussi au côté des personnages superbement écrits. L'histoire de ce gang irlandais puise ses racines dans celui d'un véritable gang irlandais sévissant à New York, principalement à Hell's Kitchen, les Westies. Selon les autorités locales, les Westies sont responsables de nombreux meurtres, dont le chiffre est compris entre 60 et 100, entre 1968 et 1986, en plus du trafic de drogue et autres rackets. Leur relation extrêmement tendue avec les gangs italo-américains, ainsi que leurs méthodes ultra-violentes (ils découpaient leurs victimes à la scie bien souvent) ont fait leur notoriété. C'est donc ce gang, même s'il n'est jamais cité, qui est mis en avant dans Les Anges de la Nuit. L'excellent Ed Harris en interprète le boss Frankie Flannery avec une prestance, une retenue mais aussi des accès de colère qui font honneur à ce type de personnage. Son frère Jackie Flannery, véritable chien fou incontrôlable, est quant à lui joué par un Gary Oldman absolument magistral, psychotique, excentrique, et sa prestation mérite à elle seule la vision du film. Car malgré ses frasques et ses gesticulations effrénées, ce personnage apporte énormément au film et à l'histoire. Il en va de même pour le héros anti-héros, Terry Noonan, interprété par le charismatique Sean Penn qui sortait tout juste du tournage d'Outrages de Brian de Palma et de la comédie Nous ne sommes pas des anges de Neil Jordan. L'acteur, après avoir été fortement remarqué pour sa prestation dans A Bout Portant de James Foley en 1986, est en passe de devenir une véritable star, malgré sa réputation d'être difficile à gérer sur les tournages. Son rôle dans Les Anges de la Nuit est intéressant à plus d'un titre, notamment quand il dévoile une information capitale au bout d'une heure de film, qui fait basculer ce dernier dans une tragédie grecque dont on ne voit aucun échappatoire pour les personnages principaux. Sa relation avec Kathleen, soeur de Frankie et de Jackie, est touchante et dramatique à la fois. La jeune femme est magnifiquement interprétée par la très belle Robin Wright, qui prouve ici qu'elle est une actrice sur laquelle on peut compter et pas seulement la Kelly du soap Santa Barbara ou la jolie princesse de Princess Bride. Le reste du casting est composé de gueules tout à fait à leur place dans ce type de films, que ce soit le méthodique homme de main de Frankie Flannery, joué par Apple RD, ou le boss de la mafia italienne, interprété par un Joe Viterelli qui a tout de la tête de l'emploi. Les dialogues sont très bien écrits, les discussions entre les deux chefs de gangs sont par exemple d'une efficacité redoutable car sous leur aspect un peu humoristique parfois, on sent très bien que la finalité n'est pas de discuter mais d'obéir et de faire respecter la loi mafieuse sous peine de déclencher une guerre sans fin où tout le monde sera perdant. Perdant, cela pourrait d'ailleurs être le terme qui désigne le mieux Les Anges de la Nuit. Il n'y a aucun héros à proprement parlé dans ce film, tous les personnages sont frappés par le sort de la fatalité, aucun ne retire une quelconque gloire de ses actes au final et on assiste, impuissant, à l'errance de ces paumés dont la route et la destination finale semblent être déjà tracées, menant à l'inéluctable. D'un durée de 124 minutes, Les Anges de la Nuit n'ennuie jamais, propose des scènes tendues qui s'entremêlent avec d'autres plus posées mais qui participent toutes à créer cette ambiance qui vous prend par la main pour ne plus vous lâcher avant que le générique de fin ne démarre. On est vraiment en présence d'un film de haut niveau, qui mérite vraiment d'être réévalué et remis au goût du jour. Et puis, un film qui possède une séquence de bagarre ultra-violente dans un bar, au son de Sweet Child O'Mine des Guns N'Roses peut-il être un mauvais film, sérieusement ? Une plongée dans l'enfer New-Yorkais qui peut aisément se ranger à côté du Parrain et des Affranchis dans toute bonne vidéothèque.

* Disponible en DVD et BR chez RIMINI EDITIONS

LE BR :   
Rien à redire sur la qualité d'image de ce BR, qui satisfera tous les fans du film et ceux qui veulent le découvrir dans d'excellentes conditions. Niveau bonus, on trouve un entretien avec Samuel Blumenfeld, journaliste, intitulé "Les Anges de la Nuit, New York portée disparue" et qui revient sur la transformation de New York et sur la réalisation du film. Second bonus, un interview du réalisateur Phil Joanou, qui contredit parfois les paroles de Samuel Blumenfeld, notamment sur le fait que le réalisateur du film aurait été le dernier a être choisi selon lui, la dernière pièce ajouté au puzzle, alors que Joanou dit qu'il a pu choisir les membres du casting par exemple et qu'il était présent dès le début du projet. Deux bonus très intéressants en tout cas.



PLAY DEAD

PLAY DEAD
(Play Dead)

Réalisateur : Peter Wittman
Année : 1982
Scénariste : Lothrop W. Jordan
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Sorcellerie
Interdiction : -12 ans
Avec : Yvonne De Carlo, Stephanie Dunnam, David Cullinane...


L'HISTOIRE : Audrey et Stephen viennent de perdre leur mère et se retrouvent désormais seuls, leur père étant mort il y a déjà quelques années. Hester, leur tante, était amoureuse de ce dernier et a toujours voué une haine farouche envers son épouse mais aussi envers son neveu et sa nièce. Adepte de la sorcellerie, elle est parvenue à posséder l'esprit de sa chienne Greta et elle va s'en servir pour éliminer Stephen mais aussi Audrey et son fiancé. A la mort de Stephen, renversé par une voiture après avoir été effrayé par Greta, deux inspecteurs de police vont mener une enquête, soupçonnant Audrey, qui devient la dernière héritière de la fortune de ses parents...

MON AVIS : Le réalisateur Peter Wittman n'a pas une grosse filmographie puisqu'il n'a réalisé que deux longs métrages, à savoir Play Dead en 1981 et la comédie Ellie en 1984. Pour son premier film, il se lance donc dans l'univers du fantastique et de l'horreur avec cette histoire de chien possédé et de sorcellerie. Play Dead met en effet en vedette un gentil rottweiler dont la maîtresse pratique des rituels sataniques afin de liquider son neveu et sa nièce ! Sympa la tante ! L'utilisation d'un rottweiler et du satanisme ne sera pas sans nous rappeler l'excellent La Malédiction de Richard Donner dans lequel le petit Damien Thorn avait un tel chien pour le protéger. Play Dead se fait d'ailleurs également appeler Satan's Dog, pour bien mettre l'accent sur cette filiation. Le succès du film de Richard Donner a d'ailleurs profité aux scénaristes qui ont multiplié les histoires à base de chien tueur par la suite. La méchante tante Hester du film est interprétée par Yvonne de Carlo, célèbre actrice ayant débutée dans les années 40 et qui est principalement connue des amateurs de cinéma fantastique pour avoir été la fameuse Lily Munster de la série culte des 60's The Munsters. Âgée de 59 ans dans Play Dead, la vieille dame fait ce qu'elle peut pour se montrer crédible et si elle y parvient la plupart du temps, force est d'avouer que les scènes dans lesquelles elle parle à Satan ou pratique des messes noires sont plutôt à mourir de rire. Néanmoins, elle est peut-être ce qu'il y a à retenir du film parce que le reste atteint de sacré sommet dans le grand n'importe quoi. Pas nerveux pour un sou, Play Dead se la joue plus téléfilm que film et ne vous réservera que peu de frisson. Par contre, niveau rigolade, il se tient là. L'enquête des deux inspecteurs est d'un ennui à mourir, et leur talent de déduction ferait hérisser les poils de Derrick ! La prestation de la chienne Greta est par contre à saluer (si, si) et elle nous régale de séquences bien Bis qui font bifurquer le film dans le nanar improbable : enroulant sa laisse autour d'un arbre et du cou du fiancé d'Audrey pour le stranguler ; matant un couple faire l'amour derrière la porte vitrée de la douche ; prenant dans sa gueule un fer à cheveu qu'elle laissera tomber dans une baignoire, provoquant l'électrocution d'une amie d'Audrey ou, cerise sur le gâteau, attrapera une boite de débouche-chiotte qu'elle parviendra, en se hissant sur ses pattes de derrière, à verser dans le verre d'un inspecteur de police, provoquant la mort de ce dernier ! Hallucinant ! Les gros plans sur les yeux ensorcelés du chien sont nombreuses et nous font bien comprendre que l'esprit de tante Hester habite la pauvre créature à quatre pattes. Brrrr, ça fait froid dans le dos ! Non, j'rigole. On n'a pas peur du tout et on se dit qu'on s'est encore fait avoir par l'affiche alléchante de la jaquette. Play Dead ne restera pas dans les mémoires et dans le genre "chien tueur", on lui préférera bon nombre d'homologues bien plus intéressants. A voir pour les "complétistes" des 80's.



VIGILANTE

VIGILANTE
(Vigilante)

Réalisateur : William Lustig
Année : 1982
Scénariste : Richard Vetere
Pays : Etats-Unis
Genre : Policier
Interdiction : -16 ans
Avec : Robert Forster, Fred Williamson, Richard Bright, Don Blakely, Woody Strode...


L'HISTOIRE : Face à la violence des gangs et du crime organisé qui font régner la terreur dans les rues de New York, les habitants d'un quartier décident de former une milice pour accomplir le sale boulot que la police refuse de faire. Lorsque sa femme est violemment agressée et son jeune fils abattu, Eddie Marino va tenter d'obtenir justice de façon légale, en passant par les tribunaux. Devant le verdict rendu par un juge corrompu, Eddie pète les plombs et se retrouve trente jours en prison. A sa sortie, il va rejoindre la milice du quartier et va faire sa propre justice envers ceux qui lui ont pris son fils et malmener sa femme...

MON AVIS : Après avoir réaliser deux films pornographiques, en 1977 et 1978, William Lustig offre aux spectateurs médusés un sommet de la violence horrifique avec le culte Maniac en 1980. Deux ans plus tard, il replonge dans l'enfer de la violence new-yorkaise avec un film d'auto-défense, Vigilante, qui rend autant hommage aux films de Charles Bronson et de Clint Eastwood traitant de cette brûlante thématique qu'aux polars italiens des 70's. Violent, Vigilante l'est assurément. A ce titre, la scène où l'un des voyous tire au fusil à pompe sur un jeune enfant caché derrière un rideau de douche est juste insupportable et provoque un réel malaise. Cette scène participe également à questionner le spectateur sur la notion tabou de l'auto-défense, surtout quand la justice ne répond pas aux attentes des victimes ou des familles de victimes. Même si on sait que faire sa propre justice est interdit, que celui qui cède à l'appel de la violence deviendra aussi coupable que les auteurs des violences qu'il veut combattre, comment réagir face au verdict de certains juges, que Lustig nous présente comme corrompu par la voyoucratie ? Dans les années 70 et 80, la ville de New York, que Lustig connaît comme sa poche, était l'une des plus dangereuses au monde, avec des crimes et des viols ayant lieu tous les jours, avec une police qui acceptait des pots-de-vin et fermait les yeux, avec des avocats et des juges corrompus qui minimisaient les peines des criminels, ce qui poussa certains habitants à former une milice "légale, les Guardians Angels. Ces faits historiques réels servent de base à Vigilante et Lustig y va franco, avec ses politiciens et ses juges véreux, épargnant tout de même la police mais pas les gardiens de prison. L'annonce du verdict concernant le chef du gang a de quoi nous faire sauter au plafond, comme il provoque l'indignation de l'avocate du héros du film et le pétage de plomb de ce dernier, qui, c'est un comble, devra passer trente jours en prison pour insubordination quand ledit chef de gang, responsable de l'agression de sa femme, s'en sort avec du sursis ! C'est le monde à l'envers et on peut comprendre la rage et l'envie de certains habitants à se faire leur propre justice. Ce qui est intéressant dans Vigilante, c'est que le héros, joué par l'excellent Robert Forster, refuse depuis le début du film de rejoindre la milice composée de quelques hommes de son quartier qu'il connaît pourtant bien. Mais devant la réalité du terrain, face à la corruption des tribunaux, et suite à son passage compliqué en prison, avec des scènes qui jouent avec les clichés de films de prison justement (bagarre, violence dans les douches, soudoiement des gardiens...) et qui nous permettent de revoir le célèbre acteur Woody Strode d'ailleurs, sa façon de voir les choses évolue et honnêtement, même si moralement ce n'est pas bien, on ne peut qu'éprouver de l'empathie pour ce personnage et respecter sa décision de prendre les armes et de venger lui-même son fils. Si on pourra regretter que William Lustig n'ait pas travaillé un peu plus l'aspect psychologique de ses personnages-clés, si son héros n'a pas l'air autant effondré après le drame qu'il a vécu qu'on aurait pu le penser, force est de reconnaître que Vigilante est tout de même bien efficace et qu'il remplit son contrat, nous proposant des scènes de violence brute de décoffrage et des dialogues savoureux, comme ceux prononcés par le charismatique Fred Williamson au début du film et qui valent leur pesant de cacahuètes dans le domaine ! Nerveux, dynamique, complaisant, parfois caricatural, crapoteux, poisseux, provocateur, immoral, Vigilante est tout cela et reste un fleuron du film d'auto-défense, qui ne transforme jamais sa milice en super-héros auxquels on voudrait ressembler et qui ne fait jamais l'apologie de ces actes nécessaires mais répréhensibles. Le tout sur une musique géniale de Jay Chattaway, qui nous offre une partition aux synthétiseurs emblématique, dont un Main Title démentiel, qui sera repris de manière encore plus percutant lors de la scène ou Robert Forster sort de prison et s'en va rejoindre la milice. Franchement, cette musique donne à notre héros une aura quasi divine, avec sa démarche déterminée et son regard froid et glacial et on n'a qu'une envie : qu'il prenne les armes et aille défourailler toutes les ordures qui pullulent dans les rues ! Un western-urbain de grande qualité et un très bon film de William Lustig, à ranger à côté du Justicier de New York et d'Exterminator 2 !  

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME

LE COMBO
Toujours rien à dire sur cette sortie du Chat qui Fume : Digipack avec fourreau esthétiquement superbe, remasterisation de l'image impeccable permettant de revoir le film dans les meilleures conditions possibles, avec une piste française en DTS 2.0 quand la VOSTF se pare de pistes DTS 2.0, 5.1 et même 7.1 ! Les bonus sont intéressants, dont un entretien avec le scénariste Fathi Beddiar qui revient sur la définition même du terme "Vigilante", sur le contexte politique du New York des années 70 et 80, sur l'apparition des Guardians Angels et sur le film évidemment, de façon très détaillée. Un commentaire audio du réalisateur William Lustig et de Robert Forster, de Fred Williamson et de Frank Pesce est également proposé, ainsi que des tas de bandes-annonces de Vigilante de nationalité différente. Une édition soignée qui viendra aisément rejoindre les autres titres de cet excellent éditeur.




LE THÈME MUSICAL DE FOLIE:

ECHOES

ECHOES
(Echoes / Living Nightmare)

Réalisateur : Arthur Allan Seidelman
Année : 1982
Scénariste : Richard Alfieri, Richard J. Anthony
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Richard Alfieri, Gale Sondergaard, Ruth Roman, Nathalie Nell...


L'HISTOIRE : Michael Durant est un artiste peintre qui tente de percer et de faire connaître ses œuvres. Alors qu'il vient d'assister à un ballet, il fait connaissance avec Christine, la danseuse étoile de la troupe et entame une relation amoureuse avec elle. Tout irait pour le mieux s'il n'était victime de cauchemars récurrents qui perturbe son sommeil et le rendent très irritable. Il commence a ne plus différencier rêve et réalité, se croyant poursuivi par un homme qu'il ne connaît pas mais qui est présent dans chacun de ses rêves. Un de ses amis lui conseille d'aller consulter une médium. Cette dernière va tenter d'analyser les cauchemars de Michael...

MON AVIS : Avec un sous-titre comme "J'ai vécu deux fois", on comprend de suite que Echoes, petite rareté des 80's, va flirter avec le thème de la réincarnation. Un thème peu usité au cinéma, qui flirte avec la frontière du film de possession, et dont l'un des meilleurs représentants est l'angoissant Audrey Rose de Robert Wise. La magnifique jaquette illustrant cette chronique remplit parfaitement son rôle : donner envie de visionner le film ! Même si on remarquera une faute d’orthographe au mot "cauchemar", le visuel est aguicheur et m'avait fait bien saliver quand je le voyais dans les rayonnages de mon vidéo-club fétiche. Mais ceux qui ont connus les 80's savent bien qu'un superbe visuel peut cacher une grosse daube ! Combien se font fait avoir en croyant détenir une pépite à cause de l'illustration ? Vous m'aurez compris je pense, cette petite dissertation sur l'impact d'un visuel me fait gagner un peu de temps et me permet de remplir cette page tout en esquivant le sujet principal, à savoir le film lui-même ! Dire que Echoes est une énorme déception serait lui faire encore trop d'honneur. Soporifique à souhait, ce film est effectivement un cauchemar dans son genre. C'est bien simple, on a l'impression de mater un pauvre téléfilm bas de gamme, qui ne parvient jamais à nous prendre par la main ni à se montrer intéressant. L'intrigue est quasi incompréhensible, on ne capte en effet pas grand chose à toute cette histoire et franchement, on s'en fout un peu. Michael, un peintre assez doué, rêve d'un couple se faisant surprendre par un type plutôt louche et moustachu, et cela le perturbe vraiment car il ne dort plus la nuit, ça lui déclenche de crises d'asthme et il devient de plus en plus agressif et colérique. Entre deux cauchemars, on le suit dans ses aventures rocambolesques à travers la ville (je plaisante...) : se rendant chez sa patronne, allant zieuter un ballet de danse, s'accouplant avec la danseuse, lui gueulant dessus quand elle le contrarie, puis se rabibochant pour mieux l'envoyer chier ensuite, se prenant la tête avec son meilleur ami et j'en passe. Des tas de longueur et de scènes inutiles, servies par un casting médiocre et une mise en scène balourde et anémique. Les séquences chez la médium sont à mourir de rire et je ne vous parle même pas de celle dans laquelle un pauvre chat se défenestre lui-même, effrayé par un halo bleuté qui apparaît derrière lui. Une séquence capitale puisqu'on comprend qu'un esprit ou quelque chose de démoniaque est apparu dans notre monde. Oui, oui, oui, mais c'est bien sûr ! D'ailleurs, l'affichiste l'a mis sur son dessin, ce pauvre chat, preuve de son importance. D'ailleurs, autant vous avertir aussi, Echoes n'est en rien un film d'horreur. Pas de violence, pas de sang, pas de frisson, rien ! Le néant. Aucune ambiance digne de ce nom. Le film flirte tout de même avec le fantastique, puisqu'on nous balance le grand classique en guise de pot-aux-roses : [Spoilers au cas où les cinglés que vous êtes avaient tout de même envie de voir ce navet] le héros avait un frère jumeau mais ce dernier est mort avant la naissance et son âme meurtrie tente de reproduire ce qu'un des ses aînés du temps jadis a fait, à savoir tuer son frère pour une histoire d'amour. Ou un truc dans le genre, on n'y comprend rien de toute façon. [fin du spoiler de la mort qui tue] Honnêtement, ne perdez pas votre temps avec Echoes, y'a franchement d'autre chose à voir avant ce très mauvais film.



LES AVENTURES DE BUCKAROO BANZAÏ

LES AVENTURES DE BUCKAROO BANZAÏ
(The Adventures of Buckaroo Banzai Across the 8th Dimension)

Réalisateur : W.D. Richter
Année : 1984
Scénariste : Earl Mac Rauch
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Peter Weller, John Lithgow, Ellen Barkin, Jeff Goldblum, Christopher Lloyd...


L'HISTOIRE : En 1936, le docteur Emilio Lizardo et le professeur Hikita travaillent sur un rayon à particule capable d'ouvrir une porte dans la matière afin de rejoindre la huitième dimension. Une tentative se solde par un semi-succès, entraînant la folie du docteur Lizardo qui sera interné et la découverte d'un monde extra-terrestres par Hikita. Des années plus tard, Hikita travaille toujours sur son rayon et s'est mis au service de Buckaroo Banzaï, un homme multi-casquettes qui parvient, à bord d'une voiture-jet et à l'aide du rayon à particule, à traverser la structure moléculaire d'une montagne. Une prouesse qui réveille la folie du docteur Lizardo, qui est en lien avec une race extra-terrestre voulant conquérir la Terre. Heureusement, il existe au sein de cette race un groupe œuvrant pour la paix. Les dirigeants extra-terrestres pacifistes, les Lectroïds noirs, demandent l'aide de Buckaroo Banzaï et de ses amis pour enrayer la future invasion des Lectroïds rouges...

MON AVIS : Lors de certains interviews, l'acteur Peter Weller et quelques autres membres du casting qui ont pris part au tournage de ce film, déclarent sans sourciller qu'ils n'ont pas vraiment compris le scénario d'Earl Mac Rauch et qu'ils ne savaient pas toujours à quoi correspondait ce qu'ils étaient en train de jouer ! Je veux bien les croire car honnêtement, Les Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8ème Dimension n'a ni queue ni tête. L'affiche française du film, très Mad Maxienne, ne reflète franchement pas le spectacle décérébré auquel on va avoir droit. Certes, la voiture futuriste sera bien de la partie, et ce, dès le début du film, nous permettant de faire connaissance avec notre héros, le bien nommé Buckaroo Banzaï, joué par Peter Weller donc. Un héros qui possède tellement d'aptitudes que ça en devient presque gênant. Notre homme est quand même : neurochirurgien, scientifique de renom, guitariste / pianiste / chanteur dans un groupe au succès phénoménal, héros d'un comic, membre d'une agence de défense mondiale et il reçoit même des appels téléphoniques personnels du président des Etats-Unis ! Rien que ça ! Un véritable super-héros des temps modernes, qui bosse avec toute une équipe d'amis qui font ses quatre volontés, chacun étant doué dans un domaine. Qui plus est, en cas de grande nécessité ou menace importante, il peut même demander l'aide de la population avoisinante, comme ce sera le cas à un moment du film. Bref, en clair, Buckaroo Banzaï, c'est l'espoir de l'Humanité, celui vers qui on se tourne pour régler les affaires graves, comme une possible invasion extra-terrestres par exemple. Ça tombe bien, il y en a justement une qui se prépare ! Les habitants de la Planète 10, suite aux expériences concluantes de Buckaroo Banzaï et son ami le scientifique Hikita, ont en effet décidé de venir conquérir notre planète et pour se faire, ils prennent une apparence humaine, leur but étant de dérober le sur-propulseur permettant d'accéder à la 8ème dimension. Tout ça est assez compliqué mais ne comptez pas sur le scénario pour vous donner des réponses ou des précisions, je crois que tout le monde devait être perdu à un moment ou à un autre sur le tournage ! Je ne sais pas si John Carpenter a vu ce film, toujours est-il que Buckaroo Banzaï va recevoir le don de double-vue et, sans aucune paire de lunettes, contrairement aux héros de Invasion Los Angeles, il va pouvoir mettre à jour le véritable aspect des envahisseurs quand le commun des mortels ne verra qu'un simple humain. Les méchants aliens s'appellent tous John en plus, sûrement un signe ! Leur look est plutôt sympa, avec leur tête toute rouge assez rigolote. Les gentils E.T. ont la même tête mais de couleur noir. Allez savoir pourquoi. Ça explique en tout cas pourquoi les gentils E.T. ont l'aspect d'un rasta noir quand ils ont une forme humaine. Non, en fait, ça n'explique rien du tout mais en fait, je m'en fout, ça fait longtemps que j'ai arrêté d'essayer de comprendre quelque chose à l'intrigue. Ce qui est décevant quand on se penche sur le cas Les Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8ème Dimension, c'est que ce film aurait pu être une franche réussite de la comédie de science-fiction, si la mise en scène et le rythme avaient suivi. Même si le scénario est relativement débile la plupart du temps, ça pouvait donner quelque chose d'extravagant et de délirant au final. Sauf que là, les bonnes intentions du réalisateur, à savoir offrir au public un film divertissant, bah elles tombent à l'eau tellement le film est ennuyeux et laborieux. Voir John Lithgow cabotiner et gesticuler à outrance est agréable cinq minutes mais le voir faire son numéro durant tout le film, ça devient vite épuisant. Et surtout, y'a rien de drôle, que ce soit dans les situations proposées ou les dialogues, tout tombe à plat. Les séquences passent du coq à l'âne de manière abrupte, sans réel lien entre-elles et on a une réelle impression de voir un film totalement décousu qui ne sait pas où aller ni quoi faire pour s'en sortir. Dommage car les maquillages des aliens tiennent la route, la scène de la voiture traversant la montagne est bien faite, tout comme le vaisseau extra-terrestre plutôt bien incrusté et réalisé. Le film est bardé d'idées pas inintéressantes mais aucune n'est vraiment aboutie et l'ensemble tire plus vers le nanar que vers autre chose. Il en va de même pour la pseudo-romance entre Peter Weller et la potiche Ellen Barkin, qui n'amène ou n'apporte absolument rien à l'histoire. La présence de Jeff Goldblum fringué en cow-boy est amusante mais à part ça, il ne sert pas non plus à grand chose. Je ne sais pas si les enfants ou les jeunes adolescents peuvent encore trouver un intérêt à Buckaroo Banzaï, mais en l'état, le film a super mal vieilli pour ma part, et je suis très bon public pourtant. Il m'a fait penser au film Super Mario Bros si vous voyez ce que je veux dire. Preuve du manque de consistance du film, le (sympathique) générique de fin nous promet une suite des aventures de notre héros, suite qui ne verra jamais le jour. Qui a dit malheureusement ?  

* Disponible en mediabook DVD + BR chez BACH FILMS
Bonus
- Présentation sympa du film par Claude Gaillard.
- Livret 24 pages : dossier de presse, revue de presse, photos.
- Bande-annonce.