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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




CUL-DE-SAC

CUL-DE-SAC
(Cul-de-Sac)

Réalisateur : Roman Polanski
Année : 1966
Scénariste : Roman Polanski, Gérard Brach
Pays : Angleterre
Genre : Comédie, Drame
Interdiction : /
Avec : Donald Pleasence, Françoise Dorléac, Lionel Stander, Jack MacGowran...


L'HISTOIRE : Deux braqueurs en fuite, Richard et Albie, tous deux blessés, tentent de trouver un échappatoire en attendant que leur patron ne leur vienne en aide. Ils se réfugient dans une grande demeure ancienne appartenant à George et Teresa, un couple déjà sous tension après seulement dix mois de mariage. L'intrusion des braqueurs va troubler encore plus la vie du couple...

MON AVIS : Après Le Couteau dans l'Eau réalisé en 1962, Roman Polanski désire mettre en scène Cul-de Sac mais le sujet ne plait pas vraiment aux producteurs et le réalisateur polonais ne parvient pas à financer ce projet. Pour patienter, il met en scène en 1965, avec l'aide du scénariste Gérard Brach avec qui il se lie d'amitié, le film Répulsion, qui obtiendra l'Ours d'Argent au festival de Berlin. Fort de ce prix, les producteurs changent leur fusil d'épaule et accepte de financer ce qui deviendra Cul-de-Sac, toujours avec Gérard Brach au scénario. Exit Catherine Deneuve, star de Répulsion, et place à sa sœur aînée Françoise Dorléac ! Cette dernière va interpréter Teresa, une jeune femme séduisante de 23 ans qui est mariée à un homme qui a le double de son âge, George, joué quant à lui par le talentueux Donald Pleasence  qu'on ne présente plus. Le couple vit dans une demeure très ancienne, située sur une île abandonnée (Holy Island, en Angleterre) et bercée par la fluctuation des marées. On découvrira en peu de temps que des tensions existent déjà au sein de ce jeune couple (dix mois de mariage seulement), que la solitude a tôt fait de mettre en danger sûrement, avec un rapport de force qui ne correspond apparemment pas à celui souhaité. Au fur et à mesure de l'avancée du film, on s'aperçoit que Teresa reproche continuellement à son mari son manque d'assurance, son manque de prise d'initiative, son manque de témérité. Et le pauvre homme nous en fera l'amère démonstration quand Richard, surnommé Dickie, un braqueur blessé, va faire irruption au sein du couple. Il faut dire que George n'est pas aidé car lors de sa première rencontre avec Richard, il est affublé d'une chemise de nuit féminine, de rouge à lèvres et de fard à paupière, suite à une envie curieuse de Teresa, qui trouve ce déguisement très drôle et qui, en fait, veut déjà dire beaucoup sur la couardise de son mari. Contrairement à ses deux premiers films, qui reposaient sur une ambiance moite, dérangeante, Roman Polanski, avec Cul-de-Sac, ne reproduit pas le même schéma et verse beaucoup plus dans l'humour noir à travers ce type de situations, qui font certes sourires mais dont on devine l'aspect plus sombre et dramatique derrière cette façade humoristique. Rien que la séquence où le second braqueur, mortellement blessé, attend dans sa voiture alors que la marée ne cesse de monter, fait preuve de cet humour noir qui traversera tout le film jusqu'au drame final. Rapidement, le film devient à nouveau un huis-clos avec des rapports dissonants entre trois personnages principaux, George, Teresa et Richard. Mais point de tension ou de stress dans cette cohabitation non désirée ici, Teresa et George ne cherchant jamais à s'enfuir ou à provoquer la colère du bandit, comme si la présence de cet inconnu leur permettait de pimenter leur vie monotone. Question piment, Teresa n'est pas une débutante puisque Richard la surprend à moitié nue dans les bras d'un bellâtre sur la plage avant de s'incruster dans l'ancienne demeure. La jeune femme semble vouloir prendre du bon temps, quitte à ce que ce soit avec d'autres hommes que son mari. Cette nymphomane qui se cache derrière les apparences réitérera d'ailleurs son petit jeu de séduction avec Richard mais ce dernier restera totalement insensible à ses charmes. On le voit, depuis ses débuts, Polanski aime les personnages ambigus, qui ne sont ni noir, ni blanc, ni ange, ni démon mais un peu des deux. Cul-de-Sac nous en offre donc trois, qui sont justement tous désabusés, tous dans un cul-de-sac, que ce soit sentimentalement pour George et Teresa ou physiquement pour Richard, qui attend l'aide de son patron, monsieur Katelbach, pour le sortir de là, aide qui ne semble pas vouloir arriver, peut-être à cause de la marée qui bloque toutes les routes menant à la maison. A l'origine, le projet s'appelait d'ailleurs Si Katelbach arrive ! Si le tournage du film a été assez chaotique, avec les caprices de l'acteur Lionel Stander, l'arrivée de Pleasence le crâne rasé sans le dire avant au réalisateur, la noyade évitée de justesse de Françoise Dorléac ou les conditions météorologiques compliquées, Roman Polanski signe toutefois un troisième film très réussi, à la mise en scène qui fait toujours des merveilles, aux plans travaillés (le réalisateur passera toute une journée à préparer une scène dans laquelle un avion est censé passer dans le champ de la caméra à un instant T) et au casting sans fausse note. Au final, Cul-de-Sac nous présente un ménage à trois déroutant, sardonique, parfois tordu ou loufoque, pourvu d'une certaine théâtralité, bénéficiant également d'une belle inventivité. La vision du film m'a fait pensez à celle du récent Laissez Bronzer les Cadavres, dans lequel j'ai retrouvé la bizarrerie des situations proposées par Polanski. Ce petit jeu de pouvoir entre les trois héros du film est en tout cas bien plaisant et lui a profité puisque Cul-de-Sac a remporté l'Ours d'Or au festival de Berlin 1966 !



LE COUTEAU DANS L'EAU

LE COUTEAU DANS L'EAU
(Nóz w wodzie)

Réalisateur : Roman Polanski
Année : 1962
Scénariste : Roman Polanski, Jakub Goldberg, Jerzy Skolimowski
Pays : Pologne
Genre : Drame
Interdiction : /
Avec : Leon Niemczyk, Jolanta Umecka, Zygmunt Malanowicz


L'HISTOIRE : Andrzej et Krystyna, couple au bord de la rupture, décident tout de même de partir en week-end à bord d'un voilier. Sur la route, ils prennent en stop un jeune homme qu'Andrzej a failli renverser. Ce dernier propose au jeune homme de l'accompagner lui et Krystyna en mer. Très vite, un antagonisme oppose les deux hommes, qui agissent tous les deux en macho devant la jeune femme qui s'amuse de la situation...

MON AVIS : Pour son premier long-métrage, le cinéaste polonais Roman Polanski signe avec Le Couteau dans l'Eau un drame extrêmement maîtrisé en forme de huis-clos, avec trois personnages en tout et pour tout, deux hommes et une femme, réunis sur un voilier voguant au gré du vent. Il semblerait que ce film ait fait l'effet d'une bombe au sein d'un paysage cinématographique polonais formaté, le pays communiste étant sous tension au début des années 60, le pouvoir en place refusant le mouvement de libéralisation dans de nombreux domaines débuté en 1956 et fermement réprimé en mars 1968. Avec une intrigue se déroulant quasi majoritairement sur le voilier, à la manière du Lifeboat d'Alfred Hitchcock, Roman Polanski va réussir à embarquer sa caméra dans ce lieu exiguë pour suivre au plus près ses trois acteurs, accentuant ainsi la sensation d'oppression qui va créer ce climat trouble et dérangeant dans lequel vont justement évoluer les personnages du film, et principalement les deux héros masculins. Dès la scène d'introduction, on sent qu'il y a un problème de couple entre Andrzej et Krystyna (la charmante Jolanta Umecka), problème qui va évoluer au fil du temps et notamment avec l'intrusion du jeune auto-stoppeur dont on ne connaîtra jamais le nom ou le prénom. Avec subtilité, Polanski glisse des regards qui ont un sens entre Krystyna et ce blondinet qui représente l'exact opposé de son mari. En effet, le jeune homme est une sorte de vagabond libre de tous mouvements, qui marche au gré de ses envies, s'arrête là où il le désire, qui est libre, tout simplement, n'a aucune contrainte, aucune obligation envers quiconque. C'est exactement ce qui va agacer Andrzej, qui, lui, veut tout contrôler, tel le capitaine du voilier qu'il est. Face à l'insouciance et la naïveté du jeune homme, associés à ses problèmes de couple avec Krystyna, Andrzej va débuter, une fois en mer, un petit jeu du chat et de la souris avec le jeune homme, et se livrer à un affrontement psychologique avec lui, affrontement dans lequel la virilité des deux hommes va être mise à l'épreuve, Krystyna devenant malgré elle une sorte de juge neutre, du moins en apparence. Les dialogues sont précis, souvent percutants et certaines situations participent pleinement à instiller le malaise recherché par le réalisateur, à l'image de la partie de Mikado ou de la scène du repas avec la soupe entre autres. Le jeune homme, troublé par le charme de Krystyna même s'il fait mine de rien, va tomber dans le piège tendu par Andrzej et va réagir lui aussi avec machisme et insolence, et son attitude va elle aussi augmenter la tension au sein du trio, ce qui maintient l'intérêt du spectateur, qui se demande bien quel rôle va jouer le fameux couteau du titre, objet possédé par le jeune homme et qui est souvent présent à l'écran pour diverses raisons, et dont la forme phallique n'est évidemment pas anodine. Avec seulement trois acteurs et un voilier, Le Couteau dans l'Eau aurait pu se montrer ennuyeux, mais la réalisation virtuose de Polanski, le jeu des trois acteurs et le scénario, bien plus malin qu'il ne semble l'être, font que ce huis-clos fonctionne très bien et que cette compétition virile et malsaine procure bien du plaisir. En fin de compte, le côté minimaliste, épuré du film, est justement ce qui fait sa grande force. Les assagissements irraisonnés du jeune homme, qui veut faire aussi bien que son rival pour les beaux yeux de Krystyna (il essaye de barrer le voilier sans aucune connaissance des techniques de voile, monte tout en haut du mat en réaction à une parole d'Andrzej alors qu'il a dit qu'il ne savait pas nager et qu'une chute de cette hauteur peut s'avérer des plus dangereuses pour lui...), les provocations répétées d'Andrzej qui veut avilir la liberté du jeune homme en l'obligeant à lui obéir, pensant obtenir un regain d'intérêt de la part de sa femme, le comportement manipulateur de cette dernière, qui se révèle être en fait le personnage le plus malin et le plus fort des trois, alors qu'on pensait qu'elle n'était qu'une simple potiche au début du film, les dualités mises en avant par l'histoire (le bourgeois contre le prolétaire, le vieux contre le jeune, l'impuissant contre le fougueux...) et la beauté des plans proposés par le réalisateur font du Couteau dans l'Eau une première oeuvre intrigante, d'une réelle beauté formelle, qui distille son ambiance avec efficacité et inventivité. Un premier film vraiment réussi, qui fût d'ailleurs nominé pour l'Oscar du meilleur film étranger en 1963, faisant déjà entrer Roman Polanski parmi les réalisateurs sur qui il faudra compter par la suite.


RÉPULSION

RÉPULSION
(Repulsion)

Réalisateur : Roman Polanski
Année : 1965
Scénariste : Roman Polanski, Gérard Brach
Pays : Angleterre
Genre : Drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Catherine Deneuve, Ian Hendry, John Fraser, Yvonne Furneaux, Patrick Wymark...


L'HISTOIRE : Carole, une jeune manucure belge, travaille et vit à Londres avec sa sœur Hélène. Introvertie, elle éprouve des problèmes relationnels avec les hommes. Elle repousse Colin, qui la courtise et n'apprécie pas Michael, l'amant de sa sœur. Quand cette dernière part en vacances avec Michael, Carole sombre progressivement dans la névrose. Reclue, elle bascule dans la schizophrénie meurtrière...

MON AVIS : Après de nombreux courts-métrages, Roman Polanski réalise son premier film en 1962 avec Le Couteau dans l'Eau. Trois ans plus tard, il récidive avec Répulsion, qui sera également son premier film tourné en langue anglaise. Le titre même du film s'applique au personnage principal, Carole, jouée par Catherine Deneuve. Un rôle difficile pour l'actrice, qui doit nous faire ressentir sa répulsion des hommes mais aussi ses névroses, sa difficulté à vivre dans la société, ses fantasmes naissants, son mal-être qui la poussera à commettre l'irréparable. Avec très peu de dialogues à son actif, Catherine Deneuve relève haut-la-main le défi et nous livre une très bonne prestation, avec son visage restant constamment renfermé, ses yeux et son regard étant comme absents, vides, son sourire refusant de s'élargir. On ressent réellement la dépression, le mal de vivre de la jeune femme et on assiste tout au long du film à son évolution, ou plutôt à son déclin devrait-on dire, à son repliement sur elle-même, à sa fragilité croissante, à la fissure de son esprit, ce dernier élément étant représenté à l'écran par de véritables fissures apparaissant dans les cloisons de son appartement, figure métaphorique pour nous signifier la fracture de sa santé mentale et sa progression dans la folie. Filmé en noir et blanc, Répulsion est donc un drame psychologique, qui va basculer petit à petit vers une horreur glaciale et froide, sans jamais se montrer démonstratif d'ailleurs. Le film prend son temps pour instaurer son ambiance et on a même l'impression qu'il ne se passe jamais grand chose en fait, ce qui n'est pas faux en plus, mais cela ne joue jamais en sa défaveur. Dans la première partie du film, Polanski nous propose de suivre les journées mornes et sans saveur de Carole, son travail au centre de beauté, sa relation avec sa sœur et l'amant de celle-ci, son désir refoulé vis à vis de Colin, un jeune homme séduisant qui s'intéresse à elle mais à qui elle n'offre aucune chance, à cause de sa répulsion justement. Avec moult détails, qui apparaissent comme anodins au départ, Polanski étoffe son personnage-clé, lui colle des tics qui font sourire le spectateur au début mais qui, en fait, nous font comprendre, inconsciemment, que quelque chose cloche chez Carole. Même si on sent la fragilité psychologique de la jeune femme dès le départ, on ne se doute pas de l'intensité et de la place qu'elle occupe dans ce corps et cet esprit instable. La progression vers le point de non-retour va se déclencher quand Carole se retrouve totalement seule dans l'appartement, suite au départ en vacances de sa sœur avec son amant. Livrée à elle-même, la jeune femme n'a plus personne sur qui se raccrocher, plus personne sur qui compter pour la rassurer et l'empêcher de craquer et de sombrer. Ses fantasmagories vont peu à peu l'assaillir, son refoulement sexuel resurgir et des cauchemars lubriques, dans lesquels elle se fait violer par un inconnu, vont se faire de plus en plus présents. Certaines scènes sont superbes, comme "le couloir des mains" très perturbant. L'ambiance sonore, parfois réduite au minimum, contribue pourtant à nous faire entrer dans la psyché du personnage : gouttes d'eau, rires des bonnes-sœurs qui jouent sous la fenêtre de l'appartement, tic-tac de l'horloge, sonnerie de téléphone sont autant de petits éléments sonores qui vont perturber le quotidien de Carole. Point fort du film, outre la prestation de Catherine Deneuve dans un rôle bien éloigné de ce qu'elle fera par la suite, la caméra de Roman Polanski qui épouse le visage de l'actrice, la colle au plus près, l'enferme dans le cadre de l'objectif, tout comme sa schizophrénie naissante l'enferme dans son esprit. Les deux scènes de meurtres sont filmées sans complaisance, de manière abrupte, clinique, sans céder au débordement gore. Quelques taches de sang, la vision de Deneuve, l'air hagard, frappant et frappant encore à l'aide d'un chandelier sa première victime ou lacérant à coup de rasoir la seconde, suffissent pour créer le malaise. Un malaise qui ira crescendo, mis en exergue par l'intérieur même de l'appartement, devenu une prison mentale pour Carole, qui, à l'image du lapin pourrissant, décrépit elle aussi lentement, inexorablement. La cause de son drame intérieur, de sa répulsion envers le sexe masculin, ne se trouverait-elle pas dans la dernière image du film, avec cette photo de famille dans laquelle Carole, alors une toute jeune enfant, a déjà un visage qui ne respire pas la joie de vivre et qui semble regarder son père ? Une blessure interne, un mal profond, insidieux, certainement provoqué par un abus illégitime, serait donc le véritable point de départ de la dépression de Carole, c'est ce que semble en tout cas indiquer cette photographie. Totalement maîtrisé, jouant admirablement bien sur les éclairages et les ombres, visuellement splendide, Répulsion est une plongée vertigineuse dans l'âme torturée de son héroïne, qui contient déjà les éléments du cinéma de Polanski, qu'il exploitera encore plus avant dans ses films suivants, notamment Le Locataire ou Rosemary's Baby entre autres. Répulsion a remporté l'Ours d'Argent au festival de Berlin 1965.


   

CAN YOU KEEP A SECRET ?

CAN YOU KEEP A SECRET ?
(Can you Keep a Secret ?)

Réalisateur : Elise Duran
Année : 2019
Scénariste : Peter Hutchings
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Romance
Interdiction : /
Avec : Alexandra Daddario, Tyler Hoechlin, Kimiko Glenn, Laverne Cox, Sunita Mani...


L'HISTOIRE : Installée dans un avion pour son retour d'un voyage professionnel qui s'est mal passé, Emma Corrigan est prise d'une panique totale lorsque l'appareil subit une vague de fortes turbulences. Au bord de l'hystérie, elle se met à raconter toute sa vie au passager assis à ses côtés, certaine que sa dernière heure est arrivée. Une fois l'avion posé sans encombre à New York, Emma reprend le cours normal de sa vie, entre petit ami ennuyant et collègues de travail irritants. Quand le grand patron de sa boite, Jack Harper, annonce qu'il débarque pour passer quelques journées au contact de ses salariés, c'est le branle-bas de combat pour Emma. Surtout quand elle découvre que son boss n'est autre que le passager de l'avion à qui elle a dévoilé tous ses secrets les plus intimes...

MON AVIS : Ah Alexandra Daddario ! Comment ne pas craquer pour cette actrice aux yeux d'un bleu à faire fondre le plus solide des glaciers et pourvu d'un décolletée qui s'occupera de terminer le travail s'il reste un petit bout de glaçon récalcitrant ? Ayant débuté sa carrière en 2002 dans la série La Force du destin, à l'âge de seize ans, notre belle new-yorkaise s'est ensuite illustrée de façon assez anecdotique dans Les Berkman se séparent (2005), Les Babysitters (2006) et The Attic (2006) avant d'obtenir, en 2010, le rôle d'Annabeth, fille de la déesse Athéna dans Percy Jackson le Voleur de Foudre. Cette même année, on peut la voir dans le film d'horreur Bereavement, dans lequel elle livre une très solide composition. En 2011, elle joue dans la comédie B.A.T. - Bon à Tirer avant de retrouver le rôle d'Annabeth dans Percy Jackson - la Mer des Monstres ou de devoir affronter le terrifiant Leatherface dans Texas Chainsaw 3D, tous deux en 2013. L'année suivante, elle affole tous les mâles de la planète en apparaissant totalement nue dans la série True Détective puis va rejoindre le casting du très sympa Burying the Ex de Joe Dante. Elle enchaîne ensuite film d'action et comédie romantique (San Andreas, The Choice, Baked in Brooklyn, Baywatch, Escale à trois, When We First Met), thriller (Nomis) ou film d'ambiance (We Always Lived in the Castle). En 2019, on la retrouve donc au générique de Can You Keep a Secret ? de la réalisatrice Elise Duran, dont c'est le premier film pour le cinéma. Adaptation d'un roman à succès de Sophie Kinsella, Les Petits Secrets D'Emma, Can You Keep a Secret ? est une pure comédie romantique comme Hollywood en produit à la pelle, interchangeable et ne présentant que peu d'originalité dans son domaine. Reste que la présence d'Alexandra dans le rôle principal lui donne évidemment un intérêt supplémentaire et que sa vision est par conséquent obligatoire si vous êtes fan de la belle demoiselle. Honnêtement, je préfère la voir dans des thrillers ou des films d'action, encore plus dans des films d'horreur (j'attend avec impatience son nouveau film, We Summon the Darkness, qui semble bien prometteur à ce niveau) que dans ce type de comédie lambda, même si elle a aussi le physique de l'emploi, typique de la girl next door qu'on aimerait tous avoir pour voisine, collègue de travail et même petite amie. Elle le prouve encore dans Can You Keep a Secret ? dans lequel elle incarne une fille un peu gourde, faisant gaffe sur gaffe et qui, bien sûr, recherche le grand amour, la personne qui saura voir qui elle est vraiment sans se focaliser sur ses défauts. Bon, déjà, des défauts elle n'en a aucun, c'est quoi ce scénario ? Trêve de plaisanterie, Alexandra se montre très à son aise ici et n'hésite pas à grossier les traits de son personnage pour nous faire rire avec des situations parfois bien concasses qui, j'avoue, m'ont souvent fait sourire par leur aspect décalé et même parfois un peu trash. La scène du début, où elle est paniquée dans un avion pris dans des turbulences horribles (j'aurai déjà fait un arrêt cardiaque pour ma part) et se met à raconter sa vie à un parfait inconnu est très drôle, tout comme la première apparition de son boss, qui n'est donc que ce parfait inconnu. La relation amusante entre les deux personnages fonctionne plutôt bien et la romance s'installe peu à peu, sans qu'elle se montre innovante par contre, on est vraiment dans la romance de base typique, avec ses hauts et ses bas, l'histoire des secrets inavouables étant le grain de sable qui va finir par gripper cette relation amoureuse naissante. Des secrets pourtant bien inoffensifs et qui n'empêchera pas le film de se conclure, évidemment, avec un happy-end attendu. Le couple à l'écran Alexandra Daddario / Tyler Hoechlin est sympathique sans être non plus mémorable (ce n'est pas non plus Julia Roberts / Richard Gere ou Julia Roberts / Hugh Grant par exemple) mais dans l'ensemble, ça passe bien et nos tourtereaux nous offrent de jolis moments de tendresse qui feront fondre les cœurs sensibles. Le film met parfois en avant les soucis financiers de la société gérée par Jack Harper, les problèmes d'entente entre collègues, l'arrivisme au travail et j'en passe, mais au final, tout ça ne sert pas à grand chose si ce n'est à meubler un peu l'intrigue et à ajouter des séquences humoristiques. On appréciera également les tenues totalement extravagantes d'une des amies de l'héroïne, tout comme le comportement ahurissant du petit-ami de cette dernière, fan de jazz et aimant se balader sans pantalon dans l'appartement. On comprend aisément pourquoi elle le largue pour son boss. Can You Keep a secret ? est à réserver avant tout à celles et ceux qui ont apprécié des films comme Bridget Jones par exemple, le personnage joué par Alexandra Daddario nous rappelant d'ailleurs cette dernière. Divertir, ce film n'a aucun autre but et pour peu que vous aimiez les films à l'eau de rose, il remplira parfaitement cet office. Je ne lui en demandais pas plus, mission réussie en ce qui me concerne.


DANGER PLANÈTE INCONNUE

DANGER PLANÈTE INCONNUE
(Doppelgänger / Journey to the Far Side of the Sun)

Réalisateur : Robert Parrish
Année : 1969
Scénariste : Gerry Anderson, Sylvia Anderson, Donald James
Pays : Angleterre
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Roy Thinnes, Ian Hendry, Patrick Wymark, Loni von Friedl, Lynn Loring...


L'HISTOIRE : Un satellite vient de découvrir une nouvelle planète cachée derrière la face du soleil qui aurait les mêmes caractéristiques que la Terre. Jason Webb, le directeur du centre spatial Eurosec, veut être le premier à envoyer une équipe étudier cette planète. Après avoir réussi à convaincre différents pays de mettre la main à la poche pour concrétiser ce projet, l'astronaute Glenn Ross et l'astrophysicien John Kane sont choisis pour prendre part à l'expédition. Après un entraînement intensif, les deux hommes décollent à bord de la fusée qui va les emmener à des milliers de kilomètres dans l'espace. En arrivant sur la nouvelle planète, leur navette est victime d'un crash. Glenn Ross se réveille dans un hôpital, découvre qu'il est sur Terre et doit subir les foudres de Jason Webb qui veut savoir pourquoi il ont fait demi-tour. Glenn Ross ne comprend pas la situation car pour lui, leur navette n'a jamais fait demi-tour et il a bien atteint la destination prévue...

MON AVIS : Pour Jean-Pierre Dionnet, monsieur Cinéma de Quartier et Quartier Interdit, deux émissions cultes qui firent les beaux jours des cinéphiles sur Canal+, Danger Planète Inconnue est le plus grand film de science-fiction jamais réalisé ! Rien que ça ! Il le place même devant 2001 l'Odyssée de l'Espace, c'est pour dire l'impact que le film a eu sur lui quand il l'a découvert au cinéma. Il a tellement été subjugué par le spectacle et le scénario incroyable proposés par le film qu'il a été le revoir une seconde fois dès la séance suivante. Même si je ne serais pas aussi dithyrambique que monsieur Dionnet, force est de reconnaître que Danger Planète Inconnue est un excellent film de S-F en effet, qui mérite de nombreux louanges. Réalisé par Robert Parrish en 1969, soit un an après le classique de Stanley Kubrick, Danger Planète Inconnue est surtout le projet de Gerry et Sylvia Anderson, deux personnalités très célèbres puisqu'ils sont les créateurs du procédé Supermarionation, permettant à des marionnettes ultra-perfectionnés d'avoir le mouvement des lèvres parfaitement synchronisés avec les dialogues enregistrés. Un procédé qui a fait ses preuves dans des séries pour enfants (et adultes) telles Stingray, Captain Scarlet et bien sûr Les Sentinelles de l'air ! C'est également aux Anderson qu'on doit la fameuse série Cosmos 1999 dans les années 70. En 1969, Gerry et Sylvia Anderson décident de produire un film de science-fiction, dont ils ont également écrit le scénario, mais cette fois avec des véritables acteurs. Ce sera donc Danger Planète Inconnue, sur lequel, malgré l'absence des marionnettes qui ont fait leur renommée, les Anderson vont concevoir des maquettes et des décors absolument incroyables de réalisme et que Robert Parrish va mettre en scène avec brio. Le film peut être découpé en trois partie : la première concerne la mise en place du projet et ses difficultés financières (il faut que le centre spatial trouve plus de 3 milliards de dollars pour envoyer une équipe dans l'espace), difficultés auxquelles vient s'ajouter un gros souci d'espionnage industriel ! Notre espion n'est autre qu'Herbert Lom, le Fantôme de l'Opéra de la version 1943 entre autres, et qui, même si on ne le voit pas longtemps à l'écran ici, fait sensation avec sa technique d'espionnage. L'expression l'homme-caméra prend tout son sens dans le film, je vous laisse découvrir ça par vous-même. On nage en plein film sur la conquête de l'espace et on comprend les enjeux politiques et financiers d'une telle course à l'exploration spatiale comme elle existait à cette époque. La seconde partie du film nous met en présence des deux héros, à savoir l'astronaute Glenn Ross (Roy Thinnes, le célèbre David Vincent de la série Les Envahisseurs bien sûr) et l'astrophysicien John Kane (Ian Hendry, premier compagnon de John Steed dans la saison 1 de Chapeau Melon et Bottes de Cuir). On va suivre leur entraînement à la dure et on a vraiment l'impression de vivre cette aventure à leur côté. Compte à rebours puis décollage et voyage dans l'espace vont ensuite venir maintenir notre intérêt et ce, jusqu'à la vision de cette nouvelle planète, copie conforme de la Terre apparemment. Une fois la destination atteinte, le film nous propose donc sa troisième partie, celle qui va faire basculer le film dans une ambiance très Quatrième Dimension, avec une idée novatrice et originale, qui donne tout son cachet à ce film de S-F intelligent et mature. Si on se doute un peu de ce que va trouver l'équipage sur cette planète inconnue, le spectateur étant un peu mis sur la piste avec quelques détails (le vrai titre original du film par exemple, ou le tableau du centre spatial nous montrant le trajet que va faire la navette), il n'en reste que cette découverte fonctionne à plein régime et qu'en plus, tout semble d'une logique et d'une crédibilité totales. On n'aimerait pas être à la place de Roy Thinnes, qui ne sait plus où donner de la tête, et il y a de quoi la perdre, la tête ! Le charme de créations de Gerry et Sylvia Anderson pour ce film est intact, on est émerveillé par les maquettes qui se fondent formidablement bien dans le décor, par leur niveau de détail, par leur technicité. Le jeu des acteurs est des plus corrects, la présence de la ravissante Loni von Friedl apporte un petit plus indéniable même si elle n'a pas un grand rôle et le soin apporté aux images, associé à l'idée folle du scénario, parachèvent de faire de Danger Planète Inconnue un véritable petit classique de la science-fiction, qui mérite toute votre attention et qui procure bien du plaisir, même 50 ans après sa sortie ! 

* Disponible en combo DVD + BR chez ELEPHANT FILMS



     

WE HAVE ALWAYS LIVED IN THE CASTLE

WE HAVE ALWAYS LIVED IN THE CASTLE
(We have always Lived in the Castle)

Réalisateur : Stacie Passon
Année : 2018
Scénariste : Mark Kruger
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame
Interdiction : /
Avec : Taissa Farmiga, Alexandra Daddario, Crispin Glover, Sebastian Stan...


L'HISTOIRE : Après un drame dans lequel plusieurs membres de sa famille ont trouvé la mort par empoisonnement à l'arsenic, Merricat Blackwood vit recluse dans l'imposante demeure familiale, en compagnie de sa grande sœur Constance, accusée d'être l'auteure du drame mais dont aucune preuve n'a pas établir la responsabilité, et de son oncle Julian, qui passe ses journées dans un fauteuil roulant et qui écrit un livre sur les tragiques événements ayant endeuillé sa lignée. Seule Merricat sort de la maison pour aller faire les courses au village, se confrontant au regard et à la haine des villageois. L'arrivée de Charles, un cousin de la famille, va perturber encore plus l'existence déjà fragile des Blackwood. Ce dernier va devenir l'ennemi de Merricat, qui voit en lui un simple profiteur cherchant à s'accaparer la fortune familiale...

MON AVIS : Ce film, réalisé en 2018 par Stacie Passon, est l'adaptation d'un roman de Shirley Jackson, célèbre romancière spécialisée dans le fantastique et l'horreur, dont le livre Maison Hantée (The Haunting of Hill House) est considéré par Stephen King lui-même comme étant l'un des meilleurs romans fantastiques du XXème siècle. Il a été lui aussi adapté avec brio par Robert Wise en 1963 (La Maison du Diable) puis par Jan de Bont en 1999 (Hantise) et enfin par Mike Flanagan dans la première saison de la série The House on Haunted Hill. Avec We Always Lived in the Castle, Shirley Jackson s'amuse avec les codes de la littérature gothique et les faux semblants pour induire le lecteur en erreur avec cette histoire qui n'est, au final, qu'un drame sans aucune notion de fantastique. L'adaptation de Stacie Passon se montre très fidèle au roman et le film s'amuse, lui aussi, à brouiller les pistes et à nous faire croire des choses qui n'existent pas du tout, comme les possibles pouvoirs de sorcière de Merricat Blackwood, la jeune fille passant son temps à pratiquer d'étranges rituels, enterrant dans le jardin divers objets par exemple, ce qui est censé protéger sa grande sœur Constance pour qui elle voue une affection indéfectible. Le titre même du roman et du film, Nous avons toujours habité dans le château peut également nous mener sur une fausse piste et nous faire croire que Merricat, Constance ou l'oncle Julian sont bel et bien morts également, empoissonnés comme le reste de la famille, et qu'on assiste à des flashbacks vécus par leurs fantômes. Le film distille son aura mystérieuse avec subtilité et le comportement des personnages principaux fait partie prenante de cette ambiance énigmatique. Merricat est interprétée par Taissa Farmiga, vue dans La Nonne et La Mule entre autres. La jeune actrice délivre une solide composition, son personnage, qui est aussi la narratrice de l'histoire, semblant un brin dérangé psychologiquement, avec tous ces curieux rituels qu'elle accomplit, et qui semble vouloir vivre dans un passé, dans une enfance dont elle ne désire pas sortir. Seule personne qui ose s'aventurer hors de la demeure familiale, Merricat est également celle qui doit faire face à l'hostilité des villageois, qui semble vouer une haine farouche aux survivants des Blackwood depuis le drame qui a eu lieu il y a quelques années. Elle-même semble asociale et a des sautes d'humour assez intrigantes. Constance est merveilleusement jouée par Alexandra Daddario, que je ne présente plus ici, et qui, elle, refuse de sortir suite aux accusations concernant le drame familial qui en font la responsable. Elle s'évertue à être une femme de maison parfaite, étant aux petits soins pour Merricat et l'oncle Julian, endossant à la fois le rôle de mère de substitution, de cuisinière, d'infirmière, de femme de ménage et j'en passe. Elle apparaît toujours souriante, rassurante, ce qui semble cacher un traumatisme plus profond. L'oncle Julian (Crispin Glover) n'est pas plus net, ayant apparemment réchappé à la tentative d’empoissonnement, ce qui la laissé cloué dans un fauteuil roulant. Il a décidé de rédiger un livre pour exorciser le drame qui l'a frappé de plein fouet. On a donc un trio de personnages affecté psychologiquement et physiquement par cette tragédie dont on ne connaît pas le véritable auteur, même si on s'en doute un peu. Néanmoins, ces trois là semblent vivre normalement et la haine des villageois n'empêchent pas certaines femmes à venir leur rendre visite, plus par défi que par compassion d'ailleurs. Une vie millimétrée, qui va voir un rouage se gripper avec l'apparition d'un quatrième larron, le cousin Charles (Sebastian Stan) qui va se heurter à l'hostilité de Merricat tout en recevant la bienveillance de Constance. Quelles sont les réelles intentions de Charles, classé dans la catégorie indésirable cupide par Merricat ? On ne le saura pas vraiment mais la propension de cette dernière à croire à ses fantasmes et autres affabulations va conduire à un nouveau drame. En fait, We have always Lived in the Castle est avant tout un récit sur la folie de ses personnages, folie induite par un drame passé et une vie d'ermite. C'est aussi une histoire d'amour forte entre deux sœurs, un peu à la manière de la relation fusionnelle des deux copines du film Créatures Celestes de Peter Jackson. Sous ses aspects de conte gothique, We have always Lived in the Castle se veut plus drame familial et ceux qui s'attendaient à un film de genre en seront au final pour leur frais. Reste un casting bien en place, des décors naturels parfaitement mis en images, de jolis costumes et un mystère qui prend son temps, se distille lentement, avec un certain raffinement. Le rythme est très lent, on a souvent l'impression qu'il ne se passe pas grand chose à l'écran en fait mais le comportement de Merricat est tellement étrange qu'on en vient presque à se demander si tout ne se passe pas dans sa tête. A vous de voir, mais si vous aimez les ambiances feutrées, les non-dits, les rythmes contemplatifs, ça pourrait vous plaire. Typiquement le style de film qui passerait très bien sur M6 en début d'après-midi. Attention à la bande-annonce, qui survend le film en tant que film quasi d'épouvante, avec une musique qu'on n'entend jamais en plus...


NOMIS

NOMIS
(Nomis / Night Hunter)

Réalisateur : David Raymond
Année : 2018
Scénariste : David Raymond
Pays : Etats-Unis, Canada
Genre : Thriller
Interdiction : /
Avec : Henry Cavill, Ben Kingsley, Alexandra Daddario, Stanley Tucci, Brendan Fletcher...


L'HISTOIRE : La disparition de plusieurs adolescentes inquiètent les forces de police, dont le lieutenant Marshall, chargé de l'enquête. Dans le même temps, un ancien juge utilise une jeune fille comme appât pour traquer les cyber-prédateurs sexuels. Quand cette dernière disparaît, il va prêter main forte au lieutenant Marshall et à son équipe afin de la retrouver. Cette alliance permet l'arrestation de Simon, un jeune homme attardé mental. Pour Rachel, profileuse, Simon aurait plusieurs personnalités et surtout, il aurait bénéficié de l'aide d'une personne extérieure pour commettre les kidnappings...

MON AVIS : Pour son premier long-métrage, le réalisateur anglais David Raymond embarque du beau monde : Henry Cavill (Man of Steel, The Witcher), Ben Kingsley (Gandhi, La Liste de Schindler), Stanley Tucci (Lovely Bones, Hunger Games), Brendan Fletcher (Freddy contre Jason, Tideland) et la sublime Alexandra Daddario (Texas Chainsaw 3D, Baywatch) font partie du casting de Nomis, thriller réalisé en 2018 mais qui reste inédit dans les salles françaises et qui est aussi connu sous le titre de Night Hunter. Un casting de qualité pour un résultat malheureusement bancal, le film s'empêtrant les pieds dans des clichés vus et revus et dans des références à d'autres films bien connus du public, comme Peur Primale, Le Silence des AgneauxLes Rivières Pourpres ou même Split par exemple. Pourtant, la mise en scène fait le job et Nomis se regarde sans déplaisir mais le sentiment qu'on aurait pu avoir un meilleur suspense, un meilleur thriller, moins convenu et moins tiré par les cheveux ne cesse de nous assaillir durant la vision du film. Le manque de crédibilité de certaines situations ne peut que nous faire sourire : comment, par exemple, un ancien juge devenu vigilante (joué par Ben Kingsley) et pratiquant l'ablation des testicules sur les prédateurs sexuels qu'il piège avec l'aide de sa fille peut-il repartir libre de tout mouvement après son interpellation et la découverte par les enquêteurs de son activité illégale de justicier ? C'est juste hallucinant qu'en 2019, on laisse passer une telle aberration scénaristique. Un scénario qui part également dans un peu trop de directions différentes et qui se complique la vie inutilement, voulant mener le spectateur sur diverses pistes possibles mais qui, au final, finit par le perdre, tout en essayant de retomber sur ses jambes lors de la révélation finale qui n'a rien d'innovante puisque déjà vu précédemment mais qui explique très bien le titre original du film, Nomis, je vous laisse découvrir le pourquoi du comment évidemment. Dans son rôle de flic un brin dépressif devant assumer son divorce et gérer la garde alternée de sa fille, Henry Cavill s'en sort plutôt bien et les scènes plus intimistes dans lesquelles il explique les difficultés de son travail à cette dernière jouent bien sur l'émotion. Dans les scènes d'action, l'acteur fait également du bon boulot. La belle Alexandra Daddario nous fait profiter de ses merveilleux yeux bleus et tente, avec difficulté, d'établir le profil psychologique de Simon (Brendan Fletcher), homme-enfant apeuré atteint de surdité et qui semble posséder plusieurs personnalité, le récent succès de Split n'étant à mon avis pas anodin dans la caractérisation de ce personnage. Le charme de l'actrice joue pour elle et elle semble assez à son aise dans ce rôle, tout comme Fletcher d'ailleurs, qui, s'il n'égale pas la prestation d'Edward Norton dans Peur Primale ou de James McAvoy dans Split, n'en livre pas moins une composition intéressante. Dommage donc que ce joli monde n'ait pas bénéficié d'une histoire plus travaillée car David Raymond sait manier une caméra et nous propose des plans souvent travaillés, parfois efficaces, dont un final sur un lac gelé assez réussi. Mais l'ensemble se montre parfois trop décousu pour emporter notre adhésion totale, on a l'impression de passer du coq à l'âne à de nombreuses reprises, comme si le réalisateur-scénariste était lui même un peu perdu dans les méandres sombres de son scénario. Nomis malgré ses bonnes intentions, rate le coche sans toutefois être honteux. Les amateurs de thriller passeront tout de même un moment agréable devant leur écran mais oublieront assez rapidement le film de David Raymond ensuite... 

* Disponible en DVD et BR chez AB VIDEO