Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




DEFENDER

DEFENDER
(Krrish 3)

Réalisateur : Rakesh Roshan   
Année : 2013
Scénariste : Robin Bhatt, Honey Irani, Irfan Kamal, Akarsh Khurana, Rakesh Roshan
Pays : Inde
Genre : Action, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Priyanka Chopra, Hrithik Roshan, Amitabh Bachchan, Vivek Oberoi, Kangana Ranaut...


L'HISTOIRE : Un virus d’un nouveau genre venu d’Afrique du Sud ravage la planète. Tandis que les victimes s’accumulent aux quatre coins du globe, la communauté scientifique cherche désespérément un vaccin. Derrière cette épidémie se cache le Dr Kaal, un chercheur renégat entouré d’une armée de créatures mutantes issues de ses expériences. Alors que le chaos s’étend, tout espoir semble perdu. C’est sans compter sur Blast, un héros masqué, sombre et solitaire, qui hante les hauteurs des mégapoles. Ses pouvoirs sont démesurés : il vole à des vitesses supersoniques, bondit d’immeuble en immeuble et peut soulever des buildings. Mais tout cela est-il suffisant pour endiguer la funeste menace qui plane sur l’humanité ?

MON AVIS : Plus gros producteur de films au monde, devançant largement les Etats-Unis à ce niveau, l’Inde a eu bien du mal à faire connaître ses réalisations au monde occidental. Le changement s’est opéré en 2001 avec la sortie du film Coup de foudre à Bollywood qui a fait découvrir aux spectateurs un univers à part, coloré, flamboyant et musical. Les films indiens ont cette particularité d’inclure de nombreux passages dansés et chantés au beau milieu des intrigues et ce, quelque soit le genre traité. Les fans de Freddy Krueger pourront par exemple se tourner vers le film Mahakaal – the monster qui reprend les grandes lignes du film de Wes Craven et dans lequel on trouve des scènes dansées et chantées, ce qui est pour le moins original dans un film d’horreur. Autre particularité des films en provenance de Bollywood : leur durée ! Il est rare celle-ci ne dépasse pas les 2h30 de bobine ! Comme dans tous les pays, l’Inde ne déroge pas à la règle et possède ses vedettes stars, aussi bien féminines que masculines, ses réalisateurs fétiches et j’en passe. On trouve par exemple la famille Roshan, dont les membres sont aussi bien producteurs, réalisateurs, acteurs ou compositeurs. Rakesh Roshan est l’un des metteurs en scène qui a le plus de succès là-bas et possède par exemple à son palmarès le film Kaho Naa…Pyaar Hai, réalisé en 2000 et qui est le film le plus récompensé du cinéma bollywoodien. En bon père de famille, Rakesh Roshan a mis sur le devant de la scène son fils Hrithik Roshan et en a fait une star. C’est d’ailleurs lui le héros du film qui nous intéresse ici, à savoir Defender, titre américanisé qui dissimule en fait Krrish 3, qui est donc le troisième volet de la saga Krrish, débutée en 2006. Krrish est le nom du super-héros, qui devient dans la version européenne "Blast". Une version européenne qui a zappé toutes les séquences dansées et chantées, raccourcissant la durée du film de 2h26 à 2h11 environ. Cette chronique a été faite à partir de la version bollywoodienne, la plus intéressante à mon goût et la plus respectueuse du matériau d’origine. Film de super-héros et film à gros budget, Defender est un véritable blockbuster bollywoodien, qui en donne pour son argent aux spectateurs, ne lésinant pas sur les cascades, sur les combats, sur les effets-spéciaux et les prouesses techniques. Notre héros masqué possède tout un tas de supers pouvoirs et les utilise sans sourciller pour faire régner la justice  et ce, pour notre plus grand plaisir. Les chorégraphies, confectionnées par un maître chinois expert en la matière, sont très réussies et les effets visuels sont également d’un bon niveau, permettant à Blast de courir à une vitesse prodigieuse, de sauter à des hauteurs incroyables, de franchir les immeubles en faisant des sauts gigantesques, de virevolter dans les airs, sur terre et d’effectuer des prouesses en combat au corps à corps qui nous en mettent plein la vue. Franchement, Defender n’a pas à rougir de la comparaison d’avec ses homologues américains et s’il n’atteint pas le réalisme d’Avengers ou de Capitaine America : le soldat de l’hiver, il reste que ce long métrage indien de  Rakesh Roshan assure le spectacle comme un grand et que le travail au niveau des scènes d’action a été rudement bien effectué, avec par exemple un final dantesque dans lequel les séquences de destructions pulvérisent la majorité des décors, qu’ils soient réels ou virtuels. Je ne m’attendais pas à une telle qualité, pensant plus voir un nanar sympathique qu’un bon film de super-héros, ce que Defender est assurément. Qui plus est, Blast est un super-héros un peu hors norme : il est marié, se retrouve sans cesse à la recherche d’un emploi (son activité de super-héros le faisant continuellement arriver en retard à ses différents jobs, ce qui ne plait guère aux patrons), va prochainement devenir papa d’un petit garçon, se montre très attaché à sa famille, et surtout, il nous apparaît profondément touchant car derrière cette carapace de héros invincible, se cache un être sensible qui n’hésite pas à pleurer devant les drames de la vie quotidienne ou lorsque des innocents périssent. Defender nous offre tout un panel d’émotions, balance des discours sur l’honneur, la loyauté et le courage, met en garde les enfants contre le danger qu’il y a à essayer de reproduire ce qu’il arrive à faire grâce à ses pouvoirs. Bref, même si certaines scènes peuvent apparaître un peu naïves à ce niveau, l’ensemble fonctionne vraiment bien et on prend un réel plaisir à suivre les exploits de ce personnage haut en couleur, véritable protecteur au grand cœur. Outre ses scènes d’action et ses effets-spéciaux de qualité, Defender doit beaucoup à son casting, qui est tout bonnement excellent. Déjà cité, l’acteur Hrithik Roshan se voit interpréter trois rôles différents dans le film, à savoir le père du héros, le héros lui-même et son alter ego aux supers pouvoirs ! Rien que ça ! Une performance à saluer tant il parvient à effectuer des prestations diamétralement différentes en fonction des personnages qu’il interprète à l’écran. La gente féminine appréciera la musculature de l’acteur, qui possède un torse et des abdos en béton armé qui en feront pâmer plus d’une, ainsi qu’un brushing qui résiste à tout et qui jamais ne se défait ! Hrithik Roshan n’hésite pas non plus à se mettre en danger dans les trois séquences dansées et chantées qui parsèment le film et dans lesquelles il se donne à fond au niveau du déhanché !  Des séquences qui au final ne servent pas à grand-chose au niveau de l’histoire en elle-même (la version européenne les a d’ailleurs totalement zappé sans que cela provoque des difficultés de visionnage), qui peuvent même être prise à part (on peut les comparer à des clips vidéos de toute beauté) mais qui font partie intégrante du cinéma bollywoodien. Bien sûr, on pourra trouver que de telles scènes dénotent au milieu de l’histoire mais elles apportent une touche dépaysante, originale, se montrant assez kitsch en fait mais dans le cinéma préformaté d’aujourd’hui, elles offrent une petite bouffée d’air frais qui n’est pas négligeable. La femme de notre héros est quant à elle magnifiquement interprétée par la sublime Priyanka Chopra, qui fut Miss Monde 2000 et ce n’est que justice tant son visage d’ange et son corps absolument parfait laisse rêveur. Elle se révèle en plus bonne actrice, ce qui ne gâche rien. Qui dit film de super-héros dit obligatoirement super-vilain et ce dernier est ici interprété par Vivek Oberoi, qui campe un personnage détestable, qui n’hésite pas à faire propager un terrible virus qui cause la mort de milliers de personnes pour ensuite en proposer l’antidote et gagner ainsi de nombreux billets verts. Ce méchant possède en outre lui aussi quelques pouvoirs qui mettront à mal le statut d’invincibilité de Blast. Le grand final met particulièrement bien en avant ce personnage qui nous offre lui aussi des séquences d’action époustouflantes. A noter que l’armée de ce super-vilain est composée de mutants façon L’île du docteur Moreau, à savoir des hommes ayant le pouvoir de différents animaux, comme le caméleon, le rhinocéros ou la grenouille par exemple. L’un de ces mutants, la jolie Kaya (interprétée par la non moins charmante Kangana Ranaut), verra la naissance de sentiments tel l’amour et son comportement agressif et sans pitié  en sera profondément modifié, ce qui nous donnera encore une fois de jolies scènes emplies d’émotions. Defender est donc un divertissement de grande qualité, épique, virtuose, qui mélange action, humour, drame, émotion, danse et chants dans un cocktail parfaitement dosé. Bénéficiant d’un casting impeccable, d’une réalisation nerveuse et dynamique empruntant au standard de l’actionner US (on pense à Matrix entre autre pour certaines chorégraphies et le look du héros), d’une volonté de bien faire qui se ressent à chaque image, d’une composition musicale accompagnant parfaitement les images qu’elle illustre et d’un super-héros charismatique, portant un masque de toute beauté et vêtu d’un long manteau noir qui ne cesse de virevolter dans le vent pour notre plus grande joie. Visuellement magnifique, le film aurait pour rares défauts sa durée (2h26 au compteur donc, scènes dansées et chantées incluses) mais le spectacle proposé est tellement généreux qu’on en oublie ce détail tant il est rare que l’ennui ne vienne poindre le bout de son nez. Une très bonne surprise donc que ce film bollywoodien, qui prouve qu’il n’y a pas que les Etats-Unis qui savent faire des films de super-héros. Le réalisateur Rakesh Roshan a su passer outre les difficultés d’un tel projet (il n’y a aucune culture « comics » en Inde comme on peut en trouver aux USA) et son histoire, qui tient la route, permet donc à Defender de rentrer dans la catégorie blockbuster indien haut de gamme. Un film à découvrir dans son montage original pour pouvoir apprécier toute la richesse de ce cinéma « autre » qui fait du bien par où il passe.

* Disponible en DVD et BR chez CONDOR

NOTE : 5/6



FANTÔME A VENDRE

FANTÔME A VENDRE
(The Ghost Goes West)

Réalisateur : René Clair  
Année : 1935
Scénariste : René Clair, Geoffrey Kerr, Robert E. Sherwood 
Pays : Angleterre
Genre : Comédie, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Robert Donat, Jean Parker, Eugene Pallette, Elsa Lanchester...


L'HISTOIRE : Descendant d'une noble famille écossaise, Donald se voit contraint de vendre son château à un négociant américain, qui le reconstruit à l'identique et pièce par pièce en Floride. Mais la demeure n'est pas le seul héritage du jeune homme : le fantôme de son ancêtre Murdoch, victime d'une malédiction, hante les lieux depuis deux siècles et fait le voyage avec son habitat. Il arrive aux Etats-Unis en même temps que Donald, à qui il ressemble trait pour trait, créant une série de quiproquos fort embarrassants pour son descendant...

MON AVIS : René Clair est un talentueux réalisateur français à qui l’on doit de nombreux classiques de la comédie et qui s’est également illustré dans le domaine du fantastique, avec des films tels Paris qui dort en 1924, Ma Femme est une sorcière en 1942, C’est arrivé demain en 1944, La Beauté du Diable en 1950 ou bien Les Belles de Nuit en 1952 par exemple. En 1925, il avait déjà réalisé un film mettant en vedette un fantôme avec Le Fantôme du Moulin-Rouge. Lorsqu’il quitte la France pour aller exercer son métier en Angleterre en 1935, il se voit offrir de réaliser une comédie fantastique produite par Alexander Korda, inspirée d’un récit d’Eric Keown, « Sir Tristram Goes West », et qui deviendra donc Fantôme à Vendre. L’histoire peut également être vue comme une adaptation de celle du Fantôme des Canterville d’Oscar Wilde, qui présente une trame à peu près similaire. Désireux de damner le pion à Hollywood, Alexander Korda, qui n’a pas eu une expérience très heureuse en Amérique, mise tout sur Robert Donat, star montante vue dans La Vie Privée d’Henry VIII en 1933, interprétant Edmond Dantès dans Le Comte de Monte-Cristo en 1935 et surtout célèbre pour avoir joué le personnage principal dans Les 39 Marches d’Alfred Hitchcock en 1935. Cette même année, on retrouve donc l’acteur dans le film de René Clair et dans un double-rôle qui plus est : celui du fantôme Murdoch Glourie et celui de son descendant Donald Glourie. Le début de Fantôme à Vendre se déroule au 18ème siècle et nous fait assister à la rivalité des deux clans écossais qui ne peuvent pas se voir. Cette partie « en costumes » nous permet de découvrir le personnage de Murdoch Glourie avant qu’il ne devienne une figure spectrale et permet à René Clair, par la même occasion, de peaufiner l’aspect comédie de son film et de nous offrir quelques situations cocasses qui nous font souvent sourire. Coureur de jupons invétéré, Murdoch Glourie nous apparaît hautement sympathique et on trouvera le châtiment divin de son père un peu exagéré car qui ne préférerait pas badiner avec une demoiselle plutôt que d’affronter des hordes d’anglais ? Mais que voulez-vous, on ne badine pas avec l’honneur ! Après un bond de 200 ans dans le futur, l’histoire cible un nouveau personnage, celui de Donald Glourie, toujours interprété par Robert Donat donc. Même caractéristique physique et même cœur d’artichaut qui bondit à la vue d’une jolie fille, la ressemblance frappante entre ce bon vivant et son ancêtre fantomatique va donner lieu à divers quiproquos et scène de comique de situation, faisant tourner la tête de la jeune Peggy, interprétée par Jean Parker, qui ne comprend pas toujours les réactions tarabiscotées de Donald, et pour cause ! Parlant soit à Donald, soit à Murdoch, mais sans s’en rendre compte, la pauvre demoiselle a bien du mal à mettre de l’ordre dans ses idées et ses sentiments quand celui qu’elle aime secrètement semble ne pas maîtriser lui-même son comportement. Fantôme à Vendre verse alors dans la comédie légère et très fleur-bleue et si on trouve tout ça bien romantique et souvent drôle, on ne peut s’empêcher de trouver également le spectacle un peu niais, un peu enfantin, charmant mais aussi immature. La dernière partie, quand le château se voit déconstruire pierre par pierre puis remonter à l’identique en Floride, avec palmiers et soleil alentour, se montre plus dynamique et accentue le comique de situation mais surtout la charge satirique à l’encontre des américains. Ces derniers sont incarnés par le personnage du père de Peggy (brillamment interprété par Eugene Pallette), homme très riche qui veut quasiment transformer le château écossais en attraction spectaculaire ! Exit l’histoire du château, ses traditions, sa genèse ! Place à la surenchère et au grand spectacle ! Invitant toute une foule de personnalité, dont Elsa Lanchester, qui a été la fiancée de Frankenstein la même année dans le film éponyme, le père de Peggy mise sur la légende voulant que le château soit hanté ! Comme il ne croit pas aux spectres, il demande à Donald de jouer ce rôle ! Mais Murdoch est bien présent, malgré le voyage des terres écossaises en Amérique et malgré la déconstruction/reconstruction  du château. Il va pouvoir enfin satisfaire son père et briser la malédiction. Je ne vous dirais pas comment évidemment, pour ne pas vous gâcher le plaisir de le découvrir par vous-même. Si on trouvera au final Fantôme à Vendre un peu désuet vis-à-vis de sa réputation, on appréciera néanmoins la réalisation classieuse (mais classique) de René Clair, un humour british bien en place, quelques effets-spéciaux poétiques et des personnages attachants. Un film au charme nostalgique, maîtrisé mais qui a tout de même pris un sacré coup de vieux et a perdu un peu de sa superbe...

* Disponible en DVD chez ELEPHANT FILMS

NOTE : 3/6



L'HOMME QUI POUVAIT ACCOMPLIR DES MIRACLES

L'HOMME QUI POUVAIT ACCOMPLIR DES MIRACLES
(The Man Who Could Work Miracles)

Réalisateur : Lothar Mendes, Alexander Korda 
Année : 1936
Scénariste : H.G. Wells, Lajos Biró
Pays : Angleterre
Genre : Comédie, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Roland Young, Ralph Richardson, Edward Chapman, Ernest Thesiger, Sophie Stewart...


L'HISTOIRE : George Fotheringay est un homme simple, travaillant comme drapier dans une importante entreprise. Un soir, une divinité céleste, très intéressé par le comportement des humains, lui offre le pouvoir absolu : celui de faire des miracles. Seule restriction, celle de ne pouvoir influencer le comportement émotionnel des personnes. Rapidement, la vie de Fotheringay se trouve bouleversé, pour le meilleur mais pas toujours...

MON AVIS : Le triomphe des films de la Universal incite le célèbre Alexander Korda à se lancer lui aussi dans l’aventure du cinéma fantastique. L’homme fait une première collaboration avec le non moins célèbre écrivain H.G.Wells qui scénarise lui-même une de ses nouvelles pour ce qui deviendra au cinéma La Vie Future, réalisé par William Cameron Menzies en 1936. Les deux hommes décident de collaborer à nouveau la même année et adaptent un autre récit de Wells, qui le scénarise à nouveau. Mais des tensions apparaissent entre les deux hommes et Korda fait remanier le scénario par Lajos Biró. Sous la direction de Lothar Mendes, mais aussi avec des prises de vues exécutées par Korda lui-même, L’Homme qui pouvait accomplir des Miracles sort également en 1936 et se révèle être une petite comédie fantastique sans prétention autre que de divertir, tout en ayant néanmoins un discours un tantinet philosophique et moral derrière son propos, à même de faire réfléchir les spectateurs. En effet, le personnage principal, superbement interprété par Roland Young, se voit doter du don de réaliser n’importe quel miracle. Faire apparaître des fleurs, guérir une entorse, faire disparaître des tâches de rousseur, faire apparaître de la nourriture. Des petites prouesses sans grande répercussion sur le monde qui entoure notre gentil héros. Mais un tel pouvoir attire vite des convoitises et de nombreuses personnes ne tarderont pas à venir prodiguer des conseils à notre pauvre bougre, qui se voit vite dépassé par les événements. Doit-il céder aux avances de son patron et lui réserver l’exclusivité de son don, afin de faire prospérer ses entreprises et lui permettre d’avoir le monopole mondial dans l’industrie du textile ?  Doit-il suivre les conseils du vicaire, désirant éradiquer la guerre, les discriminations, les maladies et offrir l’abondance à chaque être humain, les privant du « besoin », notion nécessaire la vie en société ? Ou doit-il simplement penser à lui et faire ce qu’il lui semble juste tout en bénéficiant du côté positif de son don ? Des conflits d’intérêt apparaissent donc entre les riches, les pauvres, les vertueux, les cupides, pensant plus à eux-mêmes qu’aux autres. Ce qui semblait être un pouvoir des plus réjouissants au premier abord se transforme vite en un poids sur les épaules vulnérables de ce pauvre monsieur Fotheringay, qui comprend rapidement que chaque partie souhaite le manipuler. Avec cette critique du pouvoir, L’Homme qui pouvait accomplir des miracles se montre donc plus intelligent qu’il ne veut le faire paraître. Ce qui ne l’empêche pas de remplir sa fonction primaire, à savoir celle de nous faire rire et de nous faire passer un bon moment devant notre écran. Les miracles qu’accomplit ce brave monsieur Fotheringay jouent admirablement bien sur le comique de situation et si on ne rit pas à gorge déployée, on sourit souvent devant ces facéties fantastiques, qui bénéficient en outre d’effets-spéciaux de bonne facture. Lampe à bougie qui se retrouve la tête en bas, lit qui décolle du sol, transformation des habits d’une jeune femme en tenue de Cléopâtre, apparition/ disparition d’objets, changement d’une cave pleine de whisky en eau et ce, pour le plus grand déplaisir de son propriétaire et même envol d’un policier directement… aux Enfers ! Roland Young interprète ce faiseur de miracle de façon exemplaire, nous apparaissant presque un brin benêt  mais en tout cas, d’une gentillesse à toute épreuve. Face à lui, on trouve des têtes bien connus, comme celle de Sir Ralph Richardson, l’un des acteurs les plus réputés d’Angleterre, ou celle d’Ernest Thesiger, le célèbre docteur Prétorius vu dans La Fiancée de Frankenstein. Un casting bien en place au service d’une comédie fantastique légère mais rigoureuse, et fortement marquée par son époque, ce qui est loin d'être un point négatif si vous êtes fans des films d'antan. On appréciera la scène finale, dotée d’un monologue des plus efficaces et d’un retournement de situation qui justifie la réflexion et la thématique énoncées durant tout le film. Et vous, que feriez-vous si vous aviez le pouvoir absolu ?

* Disponible en DVD chez ELEPHANT FILMS

NOTE : 4/6



SUPERARGO CONTRE DIABOLIKUS

SUPERARGO CONTRE DIABOLIKUS
(Superargo contro Diabolikus)

Réalisateur : Nick Nostro   
Année : 1966
Scénariste : Jaime Jesús Balcázar  
Pays : Italie, Espagne
Genre : Action, Policier, Super-héros
Interdiction : /
Avec : Giovanni Cianfriglia, Gérard Tichy, Loredana Nusciak, Francisco Castillo Escalona...


L'HISTOIRE : Lors d’un combat, le catcheur Superargo tue accidentellement son ami, le Tigre. Décidé à se retirer du ring, il est appelé par le colonel Kinski pour une dangereuse mission. En effet, une bande de pirates dirigée par le malfaisant Diabolikus sévit dans les mers des Caraïbes, voulant collecter de l’uranium dans le but de dominer le monde. Vêtu de son costume rouge et noir, et emportant ses nombreux gadgets, Superargo accepte la mission et vole à la recherche de Diabolikus, soutenu dans cette périlleuse mission par son amie Lidia...

MON AVIS : Vous êtes fans de Santo, le célèbre catcheur mexicain héros d'une pléthore de films ? Vous aimez les super-héros qui n'ont peur de rien ? Vous aimez les ambiances kitsch et les films divertissants, pas prise de tête ? Vous êtes accrocs au film d'espionnage et vous vénérez James Bond ? Alors Superargo contre Diabolikus est fait pour vous ! Co-production italo-espagnole de 1966 due à Nick Nostro, ce film est l'un des pionniers cinématographiques du genre Fumetti à base de super-héros ou de super-vilains, entendez par là "adaptation pour le cinéma d'une bande-dessinée ou d'un roman-photo italien avec des super-héros ou des super-vilains". Il partage cet honneur avec le Kriminal d'Umberto Lenzi et le Flashman contre les hommes invisibles, réalisé la même année. Trois films dont le succès ouvrira la voie à de nombreuses autres adaptations, telles Satanik, Le retour de Kriminal, Mister X, Danger Diabolik ou autres aventures des Trois fantastiques Supermen par exemple. Dans le film qui nous intéresse ici, l'hommage aux films de Santo saute aux yeux : tout comme le catcheur mexicain, Superargo est constamment revêtu de son superbe costume rouge et porte son masque en toute circonstance, que ce soit pour aller rendre visite à sa ravissante amie Lidia (Mónica Randall), pour assister à une réunion de la plus haute importance ou pour se faufiler incognito dans le repaire des ennemis ! Pas sûr que niveau discrétion, on soit dans le plus efficace mais niveau plaisir visuel, c'est le haut du panier car on imagine très bien notre super-héros prendre son bain ou aller pisser sans ôter son masque ! Bref, c'est kitsch à souhait et on savoure ce divertissement coloré et fun dans notre fauteuil comme des gamins régressifs qui en oublient toute logique. Car lorsqu'on regarde Superargo contre Diabolikus, on se fout de toute notion de rationalité, de crédibilité. On veut juste voir ce drôle de diable rouge, interprété par Giovanni Cianfriglia (mentionné sous son nom américanisé de Ken Wood), se battre, conduire son bolide, utiliser ses gadgets et mettre à mal les plans évidemment diaboliques de Diabolikus ! Ce dernier, comme tout méchant d'envergure, veut devenir le maître du Monde ! Rien que ça ! Si action il y a dans le film de Nick Nostro, avec moult bagarres (dont une très belle séquence sous-marine), elle ne prime pas tant que ça, se mettant souvent en retrait pour laisser place à une intrigue policière teintée d'espionnage qui, sans nous tenir vraiment en haleine il faut bien le reconnaître, s'avère suffisamment distrayante pour qu'on profite du spectacle sans que l'ennui ne vienne poindre le bout de son nez. On trouve en plus quelques jolies filles portant des tenues diversifiées de toute beauté et qui jouent les femmes fatales de deux côtés : déjà mentionnée, Superargo bénéficie du soutien de la charmante Lidia quand Diabolikus peut compter sur sa très méchante assistante, interprétée par Loredana Nusciak. Si Superargo contre Diabolikus apparaît le plus souvent d'une naiveté confondante, le film est traité avec un sérieux à toute épreuve, ce qui tend à rendre encore plus ahurissant le spectacle proposé et donc, encore plus jubilatoire. Le succès du film engendra d'ailleurs une suite en 1968, connu sous son titre français de L'invincible Superman ou sous son titre belge de Superargo contre les Robots.

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 4/6




THE JUNGLE

THE JUNGLE
(The Jungle)

Réalisateur : Andrew Traucki   
Année : 2013
Scénariste : Andrew Traucki   
Pays : Australie
Genre : Found-footage, Horreur, Animaux dangereux
Interdiction : /
Avec : Budianthika, Rupert Reid, Agoes Widjaya Soedjarwo


L'HISTOIRE : Une équipe d’écologistes tente de retracer la route prise par l’insaisissable panthère de Java afin de la marquer et de protéger cette espèce en voie de disparition. L’expédition dans les profondeurs de la jungle indonésienne devient de plus en plus bizarre et se transforme rapidement en véritable enfer ! Traquée par un prédateur invisible et mortel, un animal hors de son milieu habituel, l’équipe se rend compte qu’il s’agit d’une nouvelle espèce qui n’a pas peur des humains, et pour cause : ceux-ci font office de nourriture…

MON AVIS : Pourquoi ? Pourquoi céder à l’appel du found-footage ? Car oui, The Jungle est un "film de documents retrouvés", entendez par là que tout le métrage est vu via les images filmées par l’un des héros, procédé censé apporter une touche de réalisme et de crédibilité au projet. Malheureusement, l’overdose des films utilisant ce mécanisme cinématographique depuis 1999 et Le projet Blair Witch est telle que bon nombre de spectateurs jette l’éponge avant même d’avoir vu les films en questions, redoutant l’effet "caméra parkinsonienne", le jeu approximatif du casting ou une réalisation hasardeuse provoquant plus un mal de crâne qu’une extase visuelle. Andrew Traucki sait manier une caméra, ça on le savait déjà en visionnant Black Water et The Reef, deux très bons films d'ailleurs. On partait donc un peu plus confiant dans le visionnage de son dernier film en date, qui nous présente un petit groupe de quatre hommes emmené par Larry, un expert en panthère, et qui est accompagné par son frère (qui tient la caméra, soit Andrew Traucki) et par deux guides locaux. Mais malgré le savoir-faire du réalisateur, tous les clichés et les poncifs inhérents au found-footage sont bel et bien présents, à notre grand regret : phase d’exposition bien trop longue, molesse de l’action, caméra qui bouge dans tous les sens lorsque le groupe se met à courir, scènes en mode vision nocturne (ça c’est sympa par contre, ça apporte une petite touche de stress supplémentaire) et intérêt lambda du spectateur devant les images qui défilent sur son écran et qui trouve le temps bien long. Par petites touches, le réalisateur tente de faire naître le suspense avec des bruitages, des grognements, des bruits de feuillages qui bougent mais honnêtement, on passe plus d’une heure sans qu’il ne se passe grand-chose d’intéressant et on a franchement l’impression de visionner un simple documentaire animalier dans lequel on aurait oublié le « héros » principal de l’aventure : le prédateur lui-même. L’engouement pour le found-footage de la part de nombreux réalisateurs indépendant vient justement du fait qu’on peut faire un film avec… rien. Il suffit de faire bouger des feuilles pour faire croire que quelque chose se cache dedans. On brode une histoire là-dessus, on place quelques cadavres d’animaux faisant penser qu’une bête plus dangereuse que les panthères se terre dans les parages et on fait attendre patiemment le spectateur qui doit être intrigué par tous ces éléments troublants, surtout quand une légende locale raconte qu’une créature monstrueuse se cache dans la jungle. Sauf que c’est plus l’ennui qui jaillit ici qu’un réel intérêt. Heureusement, le dernier quart d’heure apporte son lot de sensation et dynamise un rythme qui avait largement tendance à être soporifique. Notre petit groupe est pris à parti par « quelque chose » de très agressif et cette fois, le suspense fonctionne à plein régime, preuve qu’Andrew Traucki a du talent quand il se lance à corps perdu dans ce qu’il sait faire de mieux : le film d’agression animale. On en oubli d’un coup toute cette laborieuse première heure et on plonge dans l’action avec les protagonistes du film, bien décidé, comme eux, à savoir de quoi il en retourne. Les dernières images, dévoilant le pot-aux-roses, sont assez jouissives et permettent de conclure le film de manière positive. Mais au final, c’est bien la déception qui ressort du visionnage de The Jungle. Nul doute que le film aurait pris une autre dimension si l’aspect found-footage n’avait pas été retenu et que la violence, quasiment inexistante ici, le film pouvant être vu par tous les publics, se soit invitée dans une mise en scène traditionnelle qui aurait permis à Andrew Traucki de s’en sortir bien mieux. The Jungle est donc à réserver avant tout aux fans complétistes du réalisateur mais surtout aux amateurs de faux documentaire qui lui trouveront certainement plus de qualité que moi.

* Disponible en DVD chez WILD SIDE VIDEO

NOTE : 2/6



LA RÉVOLTE DES TRIFFIDES

LA RÉVOLTE DES TRIFFIDES
(The Day of the Triffids)

Réalisateur : Steve Sekely, Freddie Francis  
Année : 1962
Scénariste : Bernard Gordon  
Pays : Angleterre
Genre : Science-Fiction, Extraterrestres, Film catastrophe
Interdiction : /
Avec : Nicole Maurey, Howard Keel, Janette Scott, Kieron Moore, Janina Faye...


L'HISTOIRE : Une pluie de météorites s’abat sur la Terre. L’aura multicolore provoqué par la désintégration des météorites pénétrant dans notre atmosphère donne lieu à un drame à l’échelle mondiale : la quasi majorité de la population qui regarde le spectacle est frappée de cécité. Les rares personnes ayant échappées à ce fléau vont devoir survivre à une autre menace tout aussi terrifiante : les triffides, petites plantes carnivores, se mettent à grandir de façon démesurée et à attaquer les humains. Bill Masen, aidé de la petite Susan, va tout faire pour rester en vie et tenter de gagner une zone militaire située en Espagne. Dans le même temps, isolés dans un phare transformé en laboratoire, les scientifiques Karen et Tom Goodwin tentent de percer le secret des triffides afin de trouver leur point faible et de les éradiquer…

MON AVIS : Adaptation assez libre d’un célèbre roman de John Wyndham datant de 1951 (on lui doit également en 1957 le roman ayant servi de base au film Le Village des Damnés), le film La révolte des Triffides de Steve Sekely accuse le poids des années notamment au niveau des effets-spéciaux des Triffides justement, qui feront bien sourire de nos jours. On distingue le costume de caoutchouc à cent mètres et ces drôles de créatures végétales se rapprochent plus des « Craignos Monsters » que d’une véritable réussite formelle niveau design. Ce qui n’empêche pas le film d’être un divertissement de bonne qualité et tout à fait recommandable. L’histoire (ou devrais-je dire "les histoires") est intéressante et les séquences montrant le héros interprété par Howard Keel déambuler dans un Londres dévasté, abandonné et privé de la majorité de sa population, devancent de plusieurs décennies les scènes similaires vues dans le 28 jours plus tard de Danny Boyle. L’aspect "film catastrophe" est bien mis en avant, flirtant même avec l'ambiance du "film post-apocalyptique" et les mésaventures de Bill Masen et de la petite Susan ne manquent pas de nous divertir, les catastrophes naturelles dues à la cécité des habitants (déraillement d’un train, crash d’un avion, accident de voitures…) succédant aux attaques des Triffides. Peu nombreuses au départ, les plantes se multiplient à une vitesse folle et leurs rangs ne cessent de s’accroître sans que personne ne trouve le moyen de les stopper. Insensible aux balles, au feu, ces végétaux carnivores semblent donc en passe de dominer le monde et de remplacer la vie humaine. La lutte pour la survie est donc l’un des enjeux du film, tout comme la préservation de l’humanité. Les rares survivants non aveugles tentent de se regrouper et de venir en aide à son prochain face à cette invasion aussi soudaine qu’inattendue. Parallèlement aux déambulations de Bill et de Susan, on trouve donc une seconde trame scénaristique, vraisemblablement mise en scène par Freddie Francis suite à la demande des producteurs qui ne trouvaient pas le film assez dynamique. Avec cette histoire se déroulant dans le phare et mettant en vedette un couple à la limite de la rupture, le film gagne effectivement en efficacité. Devenu alcoolique et n’ayant plus foi en son travail de biologiste, Tom Goodwin va pourtant devoir prouver qu’il en a encore dans le pantalon afin de protéger sa femme Karen des attaques de Triffides. Le décor du phare, perdu au beau milieu de la mer, transforme les scènes en un huis-clos infernal, puisque toute tentative de fuite est inutile pour les deux occupants. L’actrice qui joue Karen,  Janette Scott, nous gratifie alors de quelques hurlements de terreur bien sentis et d’une interprétation convaincante. Si les séquences faisant apparaître Bill Masen font très science-fiction, avec ces paysages dévastés, ces véhicules vides abandonnées sur la route et cette poignée de survivants qui tentent de résister, celles mettant en vedette le couple Goodwin jouent plus sur l’aspect épouvante et terreur indicible, se révélant encore plus passionnantes que le reste. Le final, qui voit les Triffides envahir l’intérieur du phare est riche en suspense et on se demande bien comment le couple va pouvoir s’en sortir. Si La révolte des Triffides n’est pas exempt de quelques menus défauts, ce film de 1962 est encore tout à fait acceptable et son côté kitsch participe grandement au plaisir ressenti durant sa vision. Considéré comme un petit classique de la science-fiction anglaise, bénéficiant d’effets-spéciaux réussis (la pluie de météorites et ses belles couleurs dans le ciel), d’une histoire originale et de monstres plus qu’intriguant, le film de Steve Sekely n’a pas à rougir de la comparaison d'avec ses voisins américains. Ceux qui ont lu le livre de  John Wyndham lui reprocheront sans doute son manque de fidélité et préféreront visionner la série éponyme réalisée en 1981 ou le téléfilm de 2009. Mais les vrais fans de film vintage se tourneront quant à eux vers le long métrage de 1962, qui leur offrira tout ce qu’ils attendent d’un film de SF de cette décennie. Et puis ne boudons pas notre plaisir de voir l'action se déplacer de l'Angleterre à la France, avec Toulon mis à feu et à sang. A redécouvrir sans hésiter !

* Disponible en DVD chez SIDONIS CALYSTA

NOTE : 4/6



SX TAPE

SX TAPE
(Sxtape)

Réalisateur : Bernard Rose  
Année : 2013
Scénariste : Eric Reese 
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Found-footage
Interdiction : -12 ans
Avec : Caitlyn Folley, Julie Marcus, Chris Coy


L'HISTOIRE : Jill est artiste-peintre. Voulant la révéler au public, son petit ami Adam décide de la filmer continuellement pour mettre en valeur son travail. De fil en aiguille, le jeune homme a l’idée de réaliser une « sex tape » et trouve comme décor un vieil hôpital abandonné. La jeune femme voit dans ce décor sordide un lieu qui pourrait servir à faire une future exposition. Toujours sous l’œil de la caméra d’Adam, Jill se laisse convaincre pour la « sex tape » mais des événements étranges vont se produire et transformer cette expérience excitante en un vrai cauchemar…

MON AVIS : Passionné par le cinéma dès l’âge de neuf ans, le réalisateur Bernard Rose s’est fait connaître des amateurs de fantastique en 1988 avec Paperhouse.  Quatre ans plus tard, il récidive de manière encore plus époustouflante avec le culte Candyman, créant par la même occasion une nouvelle icône de l’horreur. Il délaisse l’horreur et le fantastique durant les années suivantes pour y revenir en 2005 avec Snuff Movie puis en 2013 avec Sx Tape. Pour ce film, Bernard Rose cède à la mode du found-footage, procédé mis en avant par Le projet Blair Witch en 1999 et Rec en 2007. Dans Sx Tape, un enquêteur interroge une jeune femme et lui demande ce qu’il s’est passé dans un vieil hôpital abandonné, tout en lui annonçant que son petit ami a été retrouvé mort. L’enquêteur lui apprend que la vidéo filmée par son petit ami a été retrouvé. Et c’est donc cette vidéo qu’on va avoir le privilège de visionner. Qui dit found-footage dit caméra qui bouge dans tous les sens et mal de tête assuré. Si on retrouve quelques plans de la sorte dans le film de Bernard Rose, la majorité des images présentées est assez bien filmée et résolument posée, ce qui n’est pas un mal. Il faut savoir que c’est Bernard Rose lui-même qui tient la caméra dans la quasi-totalité du film et que l’acteur interprétant Adam n’est intervenu que très rarement à ce niveau. De l’aveu même du réalisateur, Sx Tape ne contient pas grand-chose : un couple, une caméra et un endroit sordide. Le défi étant de faire naître une tension, un malaise, de créer le suspense à partir de ces éléments. Si le début du film est passablement ennuyeux, même s’il nous permet de faire connaissance avec Jill et Adam et d’apporter une petite touche érotique assez soft, une fois dans l’hôpital à l’abandon, le rythme devient un peu plus percutant et le travail sur le son, les bruitages, parvient à créer la tension recherchée. L’ambiance devient assez anxyogène et réserve quelques petits frissons. A titre d’exemple, quand Jill est attachée sur un vieux lit et qu’elle attend le retour d’Adam, qui a laissé la caméra pointée vers sa fiancée, l’apparition d’une figure spectrale provoque un joli sursaut. Par la suite, ce sont vraiment les bruits, et le décor particulièrement sordide, qui parachèvent de faire pointer l’angoisse. Il faut dire que cet hôpital a déjà fait l’objet de plusieurs investigations paranormales car il serait véritablement hanté ! Du pain béni pour la production et l’équipe artistique du film ! Avec cette curieuse apparition, le réalisateur insinue le doute dans l’esprit du spectateur. Y’a-t’il réellement un fantôme dans ces lugubres corridors ? Est-ce l’âme perdue d’une ancienne patiente qui rôde ici et s’en prend à notre couple ? Un mystère qui finira par trouver sa solution lors d’un final qu’on peut aisément deviner si on est habitué à ce genre de scénario. L’introduction d’un couple d’amis dans l’histoire permet également à Bernard Rose de dynamiser un peu son film et d’apporter un peu de sang neuf au couple formé par Adam et Jill. Cette dernière est interprétée par Caitlyn Folley, jeune comédienne qui est aussi artiste-peintre, ce qui a bien aidé Bernard Rose. L’actrice s’en sort plutôt pas mal et assure ce qu’il faut dans les scènes de terreur. Comme souvent dans les found-footage, le personnage qui tient la caméra a parfois des comportements inacceptables, préférant continuer à filmer plutôt que d’aider sa compagne qui saigne du nez. On se demande également quel est l’intérêt de laisser la caméra allumée quand la situation devient stressante et qu’il faut réagir vite face à une menace qui semble se rapprocher. Des détails un peu gênants mais forcément, si on coupe la caméra, il n’y a plus de film ! Sans révolutionner quoi que ce soit, Bernard Rose sans sort avec les honneurs et livre avec Sx Tape un found-footage dans la bonne moyenne. Avec un titre pareil, le spectateur qui s’attendait à de nombreuses scènes coquines en sera pour ses frais, le scénario préférant bifurquer dans les profondeurs de l’âme humaine. Les réfractaires au genre passeront leur chemin, les autres se laisseront prendre par la main et devraient se laisser avoir par des effets sonores et visuels efficaces, ainsi que par l'ambiance claustrophobique bien mise en avant, prouvant qu’avec pas grand-chose à filmer, un réalisateur talentueux peut parvenir à faire naître la peur. 

* Disponible en DVD et BR chez WILD SIDE VIDEO

NOTE : 3/6