Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !

Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


mercredi 24 mai 2017

GREEN ROOM

GREEN ROOM
(Green Room)

Réalisateur : Jeremy Saulnier
Année : 2015
Scénariste : Jeremy Saulnier
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur, Survival
Interdiction : -12 ans
Avec : Patrick Stewart, Anton Yelchin, Imogen Poots, Alia Shawkat...


L'HISTOIRE : Au terme d’une tournée désastreuse, le groupe de punk rock The Ain’t Rights accepte au pied levé de donner un dernier concert au fin fond de l’Oregon et se retrouve à la merci d’un gang de skinheads néo-nazis particulièrement violents. Alors qu’ils retournent en backstage après leur set, les membres du groupe tombent sur un cadavre encore chaud et deviennent alors la cible du patron du club et de ses sbires, plus que jamais déterminés à éliminer tout témoin gênant…

MON AVIS : Après Blue Ruin, le réalisateur Jeremy Saulnier nous offre avec Green Room un survival âpre et ultra-violent, un thriller radical qui plonge un petit groupe de punk-rock dans l'univers des skinheads néo-nazis. Le début du film rappellera de bons (ou mauvais) souvenirs à tous ceux qui ont joué dans un groupe : le trajet interminable en voiture, la salle de concert cheap et sans public, l'organisateur qui ne peut pas défrayer les musiciens etc. Bref, "le mauvais plan concert" comme on appelle ça dans le milieu. Pour se racheter, l'organisateur propose au groupe un nouveau concert dans une boite au fond de l'Oregon. Il avertit nos punk-rockeurs que là-bas, le public est plutôt "doc Martens et bretelles" que punk, comprendre par là que la majorité du public sera composé de skinheads. Ce qui n'est pas vraiment un problème logiquement, du moins en fonction de quelle nature sont les skinheads. Manque de bol, les membres de The Ain’t Rights s'aperçoivent assez vite qu'ils ont affaire à des "boneheads", des skins néo-nazis. Par pure provocation, et avec une assez grosse paire de couilles il faut bien le reconnaître, le groupe décide de chanter durant leur set le hit des Dead Kennedys "Nazi Punks Fuck Off", ce qui ne manquera pas d'exciter quelque peu le public présent. Une touche d'humour bienvenue, qui prépare néanmoins la descente aux Enfers qui va suivre. Si le lieu du concert, bardé de drapeaux à la symbolique nauséabonde, et la gueule du public augmentent le capital anxiogène du film (franchement, on a pas du tout envie d'être à la place du groupe), cette reprise culottée ne sera pourtant pas l'élément déclencheur des hostilités. Un simple retour en backstage pour récupérer un téléphone portable va l'être. Nos jeunes rockeurs tombent sur le cadavre d'une skinhead girl, un couteau planté en pleine tête. Evidemment, l'auteur de ce meurtre et ses amis ne voient pas d'un bon œil la présence non désirée des The Ain’t Rights. A partir de là, le piège se met en place, le malaise augmente, la tension se fait palpable et on se dit que ça va mal tourner. Ce qui sera le cas, notamment avec l'arrivé du gérant de la salle, un facho de la plus belle espèce, superbement interprété par un Patrick Stewart assez flippant ici. Green Room devient alors une sorte de huis clos franchement stressant, dans lequel la survie sera le seul échappatoire. Avec ses négociations avec l'ennemi, ses retranchements dans une pièce exiguë, ses tentatives de fuite, ses face à face hargneux, le rythme du film, très posé et quasi contemplatif au début, se fait de plus en plus nerveux et la violence frontale fait mal, très mal. La vision des premiers coups de cutter sur le bras d'un membre des The Ain’t Rights m'a fait grincer des dents. Les attaques d'un chien dressé pour tuer ne manqueront pas non plus de provoquer des détournements de regards chez les plus sensibles. Le casting s'en sort de plus vraiment bien, avec une mention particulière à la jeune Imogen Poots. Le travail sur la couleur, avec une nette dominante du vert évidemment, auquel on ajoutera une mise en scène adéquate, permet à ce solide jeu de massacre barbare d'en donner pour son argent aux spectateurs. Efficace et dérangeant.

NOTE : 4/6



mardi 23 mai 2017

BRAQUAGE À L'ANCIENNE

BRAQUAGE À L'ANCIENNE
(Going in Style)

Réalisateur : Zach Braff
Année : 2017
Scénariste : Theodore Melfi
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie
Interdiction : /
Avec : Michael Caine, Alan Arkin, Morgan Freeman, Christopher Lloyd, Matt Dillon...


L'HISTOIRE : Pour Willie, Joe et Al, trois amis octogénaires – ou presque –, la retraite, c'est du passé. Quand ils apprennent que leurs pensions sont parties en fumée, ils décident de passer à l'action. Bousculant tous leurs principes, ils tentent l'impensable : braquer la banque qui les a ruinés !

MON AVIS : Remake de Going in Style, film de Martin Brest réalisé en 1979, Braquage à l'Ancienne est une comédie réussie, qui ne vous arrachera pas de rires tonitruants mais saura vous faire sourire et rire à de nombreuses reprises. Il faut dire que le capital sympathie du film est assez élevé grâce à son casting, impeccable. On y trouve déjà Michael Caine (84 ans), Morgan Freeman (80 ans) et Alan Arkin (83 ans) pour former le trio de papys braqueurs. Ces trois acteurs à la carrière bien remplie sont vraiment excellents ici et leur complicité crèvent l'écran. Leurs personnages passent tour à tour de l'humour au sérieux, du rire à l'émotion et contaminent le spectateur qui ressent une réelle empathie pour ce trio de pieds-nickelés, brisés par un système social injuste et qui ne s'inquiète guère des difficultés rencontrées par les personnes âgées. Un constat malheureusement très contemporain et la critique du pouvoir des banques sur la société est fort bien mis en avant. Les trois acteurs octogénaires s'embarquent dans des situations rocambolesques et nous font passer un bon moment en leur compagnie. La "préparation physique" de nos braqueurs du dimanche est savoureuse et leur première tentative de jouer les voyous dans une petite supérette vaut son pesant de cacahuètes. Nettement plus jeune, le ténébreux Matt Dillon campe un inspecteur de police désireux de faire la lumière sur le braquage et va tout faire pour démasquer nos trois papys. Entre situations improbables, répliques piquantes et de jolis moments d'émotions (Michael Caine et sa petite fille, Morgan Freeman parfait en papy-gâteau et ému aux larmes quand il parle à sa petite fille via une webcam...), Braquage à l'Ancienne est un remède parfait aux journées moroses et se classera aisément à côté du Space Cowboys de Clint Eastwood

NOTE : 4/6



lundi 22 mai 2017

LIFE - ORIGINE INCONNUE

LIFE - ORIGINE INCONNUE
(Life)

Réalisateur : Daniel Espinosa
Année : 2017
Scénariste : Rhett Reese, Paul Wernick
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : -12 ans
Avec :  Jake Gyllenhaal, Rebecca Ferguson, Ryan Reynolds, Hiroyuki Sanada...


L'HISTOIRE : À bord de la Station Spatiale Internationale, les six membres d’équipage font l’une des plus importantes découvertes de l’histoire de l’humanité : la toute première preuve d’une vie extraterrestre sur Mars. Alors qu’ils approfondissent leurs recherches, leurs expériences vont avoir des conséquences inattendues, et la forme de vie révélée va s’avérer bien plus intelligente que ce qu’ils pensaient…

MON AVIS : La vision de la bande-annonce ne m'avait pas captivé plus que ça. Life affichait clairement ses références avec Alien le Huitième Passager et le scénario n'avait l'air d'être qu'une simple redite du classique de Ridley Scott. Finalement, grand bien m'a pris de laisser une chance à Life car le résultat est franchement bon et le film de Daniel Espinosa se classe facilement dans le Top 5 des "Alien-Like". En gros, Life peut être vu comme la rencontre entre Alien et Gravity. Les séquences se déroulant dans l'espace sont d'une beauté renversante et on se prend à rêver d'être avec l'équipage pour admirer ce spectacle de tous les instants. Surtout que toutes les séquences se déroulant à bord de la station spatiale sont vécues "en apensanteur", ce qui donne un cachet réaliste et original à Life et lui fait gagner des bons points, notamment lors des courses-poursuites entre les membres de l'équipage et la magnifique créature extraterrestre. Le suspense est savamment mis en scène et l’apesanteur en rajoute au niveau du stress et de la tension. Très intéressant dans sa construction et dans ses situations, Life nous met encore une fois en garde contre les expérimentations scientifiques non maîtrisées et cette soif de tout vouloir contrôler, de tout vouloir connaître. Ce qui, au départ, semblait être la découverte du siècle et ne représentait apparemment aucun danger, va rapidement transformer la station spatiale en cimetière orbital. Car cette petite créature, dont la forme n'aurait certainement pas déplu à Lovecraft, va rapidement faire comprendre à l'équipage tout son potentiel de dangerosité, et provoquer chez ces derniers une belle terreur, qui ne tardera pas à contaminer le spectateur lui-même. Ce qui n'était au départ qu'un minuscule micro-organisme va se développer et grandir et une chose est certaine : on n'a vraiment pas envie de se retrouver en sa présence ! Avec sa mise en scène brillante, son casting excellent et parfaitement dirigé, Life surprend et dépasse rapidement son statut d'Alien-Like pour se forger sa propre identité. La menace semble bien réel et on se prend à frissonner si la créature finissait par arriver sur Terre. Une menace que les rares survivants vont tenter d'éviter lors d'un final fort en émotion et en surprises. Film de science-fiction d'excellente facture, bénéficiant d'un rythme nerveux et solide, Life - Origine Inconnue est assurément un film à découvrir séance tenante ! Du recyclage, certes, mais fichtrement efficace !

NOTE : 5/6



samedi 20 mai 2017

ALIEN : COVENANT

ALIEN : COVENANT
(Alien : Covenant)

Réalisateur : Ridley Scott
Année : 2017
Scénariste : Dante Harper, John Logan
Pays : Etats-Unis, Angleterre, Australie, Nouvelle-Zélande
Genre : Science-fiction
Interdiction : -12 ans
Avec : Michael Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny McBride...


L'HISTOIRE : Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore vierge. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper...

MON AVIS : Sûrement beaucoup plus vendeur au niveau de son titre, Prometheus 2 devient donc Alien : Covenant, du nom du vaisseau spatial présenté ici et qui parcours l'univers avec à son bord un équipage et 2000 colons. Un voyage spatial qui fait suite à une introduction assez déconcertante mais qui a pour mérite de présenter le véritable enjeu du film, sa véritable thématique : l'origine de la vie, sa création. Le dialogue entre un humain et sa création, David, toujours interprété par Michael Fassbender (qui aura un double-rôle), dans un décor sobre et on ne peut plus épuré, pose les bases de ce que va être Alien : Covenant. Une sorte de relecture du mythe de Frankenstein, dans laquelle on découvre qui est à l'origine de l'existence des Xénomorphes, ces terribles prédateurs qui sont donc nés des suites de multiples expériences que n'auraient pas renié le célèbre docteur cité plus haut. Des réponses, Ridley Scott en livre donc pas mal dans Alien : Covenant, à grands coups de sentences métaphysiques parfois pompeuses mais jamais inintéressantes. Il reprend également quelques thèmes qui ont fait le succès de son chef-d'oeuvre, Alien le Huitième Passager : voyage spatial, équipage en hyper-sommeil, réception d'un message en provenance d'une planète inconnue, exploration de ladite planète par exemple. La vision de la bande-annonce m'avait même fait penser à un remake, c'est dire si les hommages sont frappants et reconnaissables. Pourtant, Alien : Covenant s'extirpe assez habilement de ce côté "remake" et parvient à gagner sa propre identité. Très nihiliste, sombre et violent, Alien : Covenant ne lésine pas sur la violence et "l'accouchement" des petits mais mortels Chestbursters se fait dans la douleur, c'est le moins que l'on puisse dire. Il en va de même pour les attaques de Xénomorphes, parfaitement mises en scène, d'une fluidité parfaite et d'une brutalité exquise. Peu nombreuses toutefois, les spectateurs s'attendant à voir un nouvel Aliens le Retour en seront pour leur frais. Alien : Covenant ne joue clairement pas dans cette catégorie de films fun et bourrin mais préfère prendre son temps, se montre contemplatif et volubile avant de déclencher les hostilités. Le film possède de nombreuses qualités mais aussi des défauts, à commencer par un choix de casting discutable. L'héroïne, interprétée par Katherine Waterston, ne m'a guère convaincu, je l'ai trouvé assez fade. Il y a également pas mal de longueurs, qui m'ont un peu sorti de l'ambiance. Une ambiance pourtant bien travaillée la majeure partie du temps et qui réserve son lot d'émotions fortes. On appréciera l'hommage rendu par Ridley Scott au génial H.R.Giger (décédé en 2014) à travers des croquis et des design de toute beauté. Si la scène de la douche semble sortir tout droit d'un slasher movie et reste discutable dans ce film, le final est par contre remarquable et d'une maîtrise totale. Alien : Covenant semble diviser les spectateurs, de par sa tonalité et son approche. Une approche audacieuse mais qui pourra déstabiliser effectivement. En tout cas, pour ma part, c'est loin d'être le navet annoncé par certains et même si je n'ai pas adhéré à 100% au film, il reste un long métrage de qualité, certes pas parfait, mais largement au dessus de la moyenne. Plus qu'à attendre la suite...

NOTE : 4/6



dimanche 7 mai 2017

LES GARDIENS DE LA GALAXIE 2

LES GARDIENS DE LA GALAXIE 2
(Guardians of the Galaxy Vol. 2)

Réalisateur : James Gunn
Année : 2017
Scénariste : James Gunn
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction, Action
Interdiction : /
Avec : Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Michael Rooker, Karen Gillan...


L'HISTOIRE : Suite à leur victoire contre Ronan l'Accusateur, les Gardiens de la Galaxie sont missionnés par diverses peuplades afin d'accomplir des missions rémunérées. L'une d'elles, confiée par les Souverains, les amène à protéger de précieuses batteries d'un monstre particulièrement puissant. En échange, les Souverains ont promis de leur livrer Nebula, la sœur de Gamora. Après avoir tué la créature, les Gardiens de la Galaxie prennent congé, mais s'aperçoivent que Rocket a volé les batteries en question, provoquant la fureur des Souverains qui envoient une flotte à leurs trousses. Après une dangereuse course-poursuite, la flotte est mystérieusement détruite et les Gardiens de la Galaxie atterrissent en catastrophe sur la planète Berhert, où ils font la connaissance d'Ego. Ce dernier se présente comme étant le père de Peter Quill...

MON AVIS : En 2014, James Gunn apportait un vent de fraîcheur dans l'univers des adaptations Marvel avec Les Gardiens de la Galaxie. Personnages au look improbable, action, humour et musique 80's rythmaient les aventures de ces super-héros hors norme qui venaient briser la routine et le sérieux des précédents films sortis sur nos écrans. Personnellement, j'ai bien aimé ce premier film mais je n'ai pas non plus été transcendé, la faute à un méchant au look ridicule et sans charisme aucun et à des longueurs qui m'ont un peu ennuyé. Pas de quoi entraver mon enthousiasme à aller voir Les Gardiens de la Galaxie 2 en tout cas. Et bien m'en a pris puisque, de mon propre aveu et de celui de mon fils également, cette suite enterre littéralement son prédécesseur et nous propose un spectacle de tous les instants, prompt à satisfaire petits et grands, fans et novices, cinéphiles et simples amateurs de divertissement. Rien que la première scène introductive nous en met plein la vue, avec de l'action, de l'humour, des effets-spécieux de dingue, de la musique ultra cool et surtout la présentation de celui qui fera chavirer le cœur de tous les spectateurs : Baby Groot. Ce petit personnage sera en effet la véritable star du film, volant la vedette à Peter, Drax, Gamora et même à l'insolent et irrésistible Rocket ! J'imagine déjà le nombre de produits dérivés à l’effigie de Baby Groot qui va se vendre ! Néanmoins, les autres personnages ne sont pas mis à l'écart pour autant et tous apporteront quelque chose à l'histoire, prouvant que James Gunn les aime tous. Outre l'action tonitruante et la déferlante d'effets-spéciaux spectaculaires qui parsèment le film, qui bénéficie en outre d'un rythme et d'une énergie dévastatrice sur sa quasi-totalité, le réalisateur nous offre également quelques séquences émotionnelles qui viennent nous donner le temps de souffler un peu et qui s'avèrent apte à vous faire verser une petite larme, à travers des thèmes intéressants : la paternité et l'absence de la figure paternel pour Peter, la dualité entre sœurs pour Gamora et Nebula entre autres. Ces scènes dialoguées font partie, pour ma part, de ce qu'il y a de mieux dans Les Gardiens de la Galaxie 2. On appréciera le choix de l'acteur Kurt Russell pour interpréter Ego, le père de Peter. Fidèle à l'esprit du premier film, cette suite ne lésine pas non plus sur les répliques pas piqués des hannetons et on rit beaucoup dans le film, peut être même trop parfois, notamment quand une blague balourde vient conclure une scène plus dramatique. Mais ce n'est qu'un détail. Ultra fun, bénéficiant d'une mise en scène parfaitement calibré, d'un lot de séquences admirables (la flèche magique de Yondu et les ravages qu'elle commet), de caméos touchants (Stallone dans le rôle de Stakar Vaughn, alias StarHawk, membre des Gardiens de la Galaxie dans le comic), de personnages vraiment bien développés et de savoureux dialogues, Les Gardiens de la Galaxie 2 est un blockbuster cinq étoiles qui donne la banane et procure bien du plaisir. Vivement la suite !

NOTE : 5/6



samedi 6 mai 2017

JOUR J

JOUR J
(Jour J)

Réalisateur : Reem Kherici
Année : 2017
Scénariste : Reem Kherici, Stéphane Kazandjian
Pays : France
Genre : Comédie
Interdiction : /
Avec : Reem Kherici, Nicolas Duvauchelle, Julia Piaton, François-Xavier Demaison...


L'HISTOIRE : Mathias et Alexia sont en couple depuis des années, et pour la première fois, il la trompe avec Juliette, une wedding planer. Quand Alexia découvre la carte de visite de Juliette dans la poche de Mathias, il perd ses moyens, il bafouille... Elle comprend tout de suite : Juliette est une organisatrice de mariage, il veut donc l'épouser ! Elle dit "OUI". Sans le vouloir, Mathias va se retrouver au milieu de sa "femme" et de sa "maîtresse", contraint d'organiser son mariage imprévu !

MON AVIS : La charmante Reem Kherici, actrice, scénariste et réalisatrice, nous propose avec son second long métrage une comédie enjouée et rafraîchissante sur le thème du mariage et de l'infidélité, le tout saupoudré de romantisme. Les situations rocambolesques s'enchaînent sans temps mort, les dialogues sont bien écrits et font souvent mouches, provoquant de nombreux rires. Le casting est solide et n'en fait pas des tonnes. Pas du tout habitué aux comédies, Nicolas Duvauchelle s'en sort plutôt bien et réussi à varier les émotions de son personnage avec efficacité. Certaines scènes sont vraiment très amusantes (le sèche-main, la cave à vin du père de la future mariée...) et les répliques, qui fusent à cent à l'heure, sont dans la même veine. Quiproquos, mensonges et duperies donnent un vrai rythme à l'ensemble. Si les femmes ont évidemment le rôle d'honneur dans Jour J, celle qui se détache haut la main reste sans conteste Reem Kherici qui se révèle carrément excellente et a un jeu parfaitement calibré ici. Si vous voulez passer 1h40 sans prise de tête, n'hésitez pas à assister à cette préparation de mariage qui vous fera bien rire !

NOTE : 4/6


jeudi 4 mai 2017

SOUS LE MÊME TOIT

SOUS LE MÊME TOIT
(Sous le même toit)

Réalisateur : Dominique Farrugia
Année : 2017
Scénariste : Dominique Farrugia, Laurent Turner
Pays : France
Genre : Comédie
Interdiction : /
Avec : Louise Bourgoin, Gilles Lellouche, Manu Payet, Marilou Berry, Adèle Castillon...


L'HISTOIRE : Delphine et Yvan divorcent. Alors que sa situation financière ne lui permet pas de retrouver un domicile, Yvan se rappelle qu'il détient 20% de la maison de son ex-femme. Il revient alors vivre chez Delphine, dans ses 20%. Les deux ex vont découvrir les joies de la colocation forcée...

MON AVIS : Il n'aura échappé à personne que les deux héros du film de Dominique Farrugia s'appellent Delphine et Yvan, tout comme ceux de son premier film réalisé en 1996 Delphine 1 - Yvan 0. Avec Sous le même toit, l'ex-Nuls nous livre donc une sorte de suite qui ne dit pas son nom mais qui traite des mêmes thématiques : le couple et la séparation. Porté par le dynamique duo Louise Bourgoin / Gilles Lellouche, Sous le même toit est une comédie très amusante, avec de multiples situations cocasses et des dialogues bien écrits qui nous font sourire et rire à maintes reprises. Dominique Farrugia se montre très à l'aise dans cet univers et traite même de sujets plus graves avec le personnage de Yann, comme l'abandon, la pauvreté ou le harcèlement scolaire avec le fils de ce dernier. Louise Bourgoin se montre parfaite dans le rôle de Delphine et vampirise l'écran à chacune de ses apparitions. Sous le même toit est une comédie familiale réussie qui remplit parfaitement sa mission : divertir.

NOTE : 4/6



dimanche 16 avril 2017

LA FILLE DU TRAIN

LA FILLE DU TRAIN
(The Girl on the Train)

Réalisateur : Tate Taylor
Année : 2016
Scénariste : Erin Cressida Wilson
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Emily Blunt, Haley Bennett, Rebecca Ferguson, Justin Theroux, Luke Evans...



L'HISTOIRE : Rachel prend tous les jours le même train et passe tous les jours devant la même maison. Dévastée par son divorce, elle fantasme sur le couple qui y vit et leur imagine une vie parfaite, jusqu’au jour où elle est le témoin d’un événement extrêmement choquant et se retrouve malgré elle étroitement mêlée à un angoissant mystère...

MON AVIS : Adaptation du polar à succès de Paula Hawkins, La Fille du Train est un thriller puzzle brillant qui nous tient en haleine grâce à son scénario déstructuré, alternant flash-backs et séquences se déroulant au présent pour mieux nous intriguer et distiller ses multiples secrets au compte-gouttes. Au spectateur de rassembler les pièces du puzzle avant la découverte du pot-aux-roses. Solidement mis en scène, avec une ambiance très thriller 90's, La Fille du Train se focalise sur le destin de trois héroïnes qui ont plus en commun qu'elles ne le pensent. On a Rachel (excellente Emily Blunt), la fille du train du titre, qui, brisée par son divorce, s'est réfugiée sans l'alcool et se projette dans le couple qu'elle regarde depuis son wagon à chaque trajet qu'elle accomplie. Un couple composé d'un homme séduisant et d'une jolie petite blondinette, Megan, interprétée par la sexy Haley Bennett qui ne sera pas avare de ses charmes. Un couple fusionnel apparemment, vivant d'amour et d'eau fraîche, du moins en apparence. Et vous le verrez, les apparences sont souvent trompeuses dans La Fille du Train. Dernière fille venant constituer ce triangle diabolique, Anna, jouée par Rebecca Ferguson, qui n'est autre que la nouvelle compagne de l'ex-mari de Rachel, et qui a pour baby-sitter... Megan ! Le film de Tate Taylor alterne donc entre ces trois vedettes, nous présentes leurs vies actuelles et passées, et met petit à petit en place les divers éléments qui vont faire monter le suspense, la tension et notre intérêt. Magistralement bien ciselé et orchestré, La Fille du Train ne cesse de nous surprendre plus le film avance et l'aspect intriguant et un peu décousu du début laisse place à une histoire solide. Le film reste assez contemplatif, ne vous attendez pas à de l'action en pagaille mais cet aspect posé, qui fait que l'histoire semble tourner en rond et pourrait créer un certain ennui, participe fortement à l'ambiance désirée, pour mieux nous asséner les révélations et frapper un grand coup. On regrettera peut-être le final grand-guignolesque mais vraiment, j'ai été happé par l'intrigue et le jeu des actrices et j'ai vraiment adoré. Le film reste exigeant vu l'absence de chronologie dans le déroulement des événements et pourra dérouter le spectateur qui le regarderait en dilettante. Un beau portrait de femmes en tout cas, mêlé à une énigme tortueuse et prenante. 

NOTE : 5/6



samedi 15 avril 2017

POWER RANGERS

POWER RANGERS
(Power Rangers)

Réalisateur : Dean Israelite
Année : 2017
Scénariste : John Gatins
Pays : Canada, Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Dacre Montgomery, Naomi Scott, RJ Cyler, Ludi Lin, Becky G, Elizabeth Banks...



L'HISTOIRE : Dans une petite ville, cinq adolescents découvrent des sortes de bijoux de couleurs différentes ainsi qu'un gigantesque vaisseau extraterrestre. Ils vont alors devoir apprendre à surmonter leurs peurs et à faire équipe pour devenir les Power Rangers. En effet, le destin les a choisis pour sauver le monde de la destruction orchestrée par une force extraterrestre surpuissante. Une force qui a déjà remporté la bataille il y a 65 millions d'années...

MON AVIS : Pour tous les enfants des années 90, la série Power Rangers fait partie des incontournables, au même titre que X-Or ou Goldorak pour les générations précédentes. Cette adaptation moderne devrait satisfaire les fans de l'équipe multicolore, qui devront toutefois patienter et attendre la dernière demi-heure pour voir leurs héros revêtir leur armure rouge, bleu, jaune, noir et rose. Car ce Power Rangers 2017, d'une durée de 124 minutes, nous propose durant une heure et demi de faire connaissance avec les cinq adolescents qui vont devenir les sauveurs de la Terre. Jason, Kimberly, Billy, Zack et Trini, respectivement interprétés par Dacre Montgomery, Naomi Scott, RJ Cyler, Ludi Lin et Becky G, sont des jeunes ados un peu "clichés" (beaucoup diront certains), un peu rebelles ou mis à l'écart. On a d'ailleurs la forte impression de voir un pseudo remake de Breakfast Club au départ, puisque certains d'entre-eux sont collés tous les samedis, comme dans le film culte de John Hughes. On a le sportif qui prend la défense des plus faibles, le noir un peu bizarre mais super intelligent, la jolie brune rebelle, l'asiatique frappadingue et même une lesbienne. Bref, des clichés certes mais qui participent bien à nous faire apprécier cette joyeuse équipe au destin fantastique. Le film met bien en exergue les notions d'amitié, de respect des autres, d'anti-racisme et de tolérance puisque, pour pouvoir acquérir leur costume de Power Rangers, les cinq héros devront tous être raccord, c'est à dire former une vraie équipe, un ensemble soudé, faire fi de leur différence et de leur égo pour se mettre à l'unisson dans leur mission. Avec parfois des dialogues un peu crus ou des allusions sexuelles, Power Rangers est clairement dédié à un public adolescent et, personnellement, j'interdirais ce film aux moins de dix ans, car outre ces détails, certaines séquences mettant en vedette la méchante iconique du film, Rita Repulsa, interprétée par Elizabeth Banks, risquent d'impressionner fortement les plus jeunes. Bien rythmé, Power Rangers bénéficie de bons effets-spéciaux, qui trouveront leur point d'orgue lors d'une dernière demi-heure menée tambour battant et qui nous offre (enfin) le loisir de voir nos héros dans leur tenue (moderne) de Power Rangers. J'aurais aimé voir plus de séquences de combat comme celles de cette demi-heure mais on se doute que si le film est un succès, une suite ne tardera pas à venir pointer le bout de son nez et comme les présentations ont été faite, on devrait rentrer directement dans le feu de l'action. Outre nos héros costumés, on appréciera l'apparition de leurs Zords (robots de combats), qui, dans un dernier déluge visuel, se rassembleront pour former le  Megazord ! Bref, ce Power Rangers 2017 est un chouette spectacle, bourré de "fan-service" (on entend même le "Go Go Power Rangers"), qui a su parfaitement s'adapter à son époque (réseaux sociaux, harcèlement scolaire, orientation sexuelle différente...) et moderniser le concept. Petite mention pour la Power Ranger rose et le Power Ranger bleu qui domine les autres pour ma part.

NOTE : 4/6




dimanche 9 avril 2017

DOCTOR STRANGE

DOCTOR STRANGE
(Doctor Strange)

- Visionné en BR 3D -

Réalisateur : Scott Derrickson
Année : 2016
Scénariste : Scott Derrickson, Jon Spaihts, C. Robert Cargill
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Super-héros
Interdiction : /
Avec : Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams, Mads Mikkelsen...



L'HISTOIRE : Brillant neurochirurgien, le docteur Stephen Strange est victime d'un accident de voiture qui le prive de l'usage de ses mains. La chirurgie étant dans l'impossibilité de le guérir, il se réfugie dans le domaine des arts mystiques et découvre un monde dont il ne soupçonnait pas l'existence. Son apprentissage va lui conférer des pouvoirs qui dépassent les lois de la physique. Des pouvoirs qu'il va devoir mettre au service de l'humanité car un puissant sorcier menace la Terre...

MON AVIS : Je n'ai jamais vraiment accroché au personnage du Doctor Strange quand, adolescent, je lisais les BD issus de l'univers Marvel, préférant les X-Men (époque Serval / Colossus / Diablo) et Spiderman entre autres. L'annonce d'un (nouveau) film sur ce personnage n'a donc pas créé d'attente particulière chez moi. Plus intriguant était le nom du réalisateur choisi : Scott Derrickson. Ce metteur en scène sous-estimé est pourtant l'auteur de films horrifiques assez intéressants, à l'image de Hellraiser 5 : Inferno, L'exorcisme d'Emily Rose, Délivre-nous du Mal ou du terrifiant Sinister. Son remake du Jour où la Terre s'arrêta, avec Keanu Reeves, restait du domaine du blockbuster divertissant même s'il n'arrive pas à la cheville du film original. Tous ces films n'ont pas bénéficié d'un budget très élevé et le voir aux commandes d'une grosse production Marvel avait de quoi troubler les spectateurs. Une fois la vision de Doctor Strange terminée, une conclusion s'impose : Scott Derrickson était bien l'homme de la situation et son film est tout simplement l'une des meilleures adaptations Marvel, rien que ça ! Spectaculaire divertissement jamais gnan-gnan, qui utilise l'humour avec parcimonie et à bon escient, Doctor Strange bénéficie avant tout de l'interprétation du charismatique Benedict Cumberbatch, alias Sherlock Holmes dans la série du même nom initiée en 2010. Il interprète ici un neurochirurgien à l'égo surdimensionné, imbu de sa personnage, qui ne recherche que la célébrité grâce aux brillantes opérations du cerveau qu'il effectue. Son accident de voiture va le rappeler à l'ordre et lui faire comprendre qu'il va falloir s'ouvrir aux autres et arrêter de se la jouer. Son parcours initiatique dans une école d'arts mystiques va donc façonner la mentalité de ce super-héros en devenir et lui ouvrir des possibilités dont il ignorait l'existence. On est loin de l'univers des sorciers façon Harry Potter et les prouesses qu'accomplissent ceux dans Doctor Strange sont époustouflantes, surtout en 3D. Rien que la scène d'introduction nous laisse sur la carreau. Les jeux avec l'espace temps et sa distorsion sont assez hallucinants et d'une beauté visuelle impressionnante. Bénéficiant également d'un rythme soutenu, Doctor Strange n'ennuie jamais et on ne voit pas passer le temps devant notre écran. Les scènes de dialogues sont intelligemment mixées avec les séquences d'action et le tout tient très bien la route. Certes, le film reste un divertissement familial absolument tout public, on est très loin de la noirceur et de la violence d'un Logan par exemple. Mais tout passe comme une lettre à la poste et on en prend plein la vue. A noter la présence de l'excellent Mads Mikkelsen dans le rôle du méchant du film. Franchement, un personnage de super-héros des plus intéressants et que je prendrai plaisir à revoir dans la suite, évidemment annoncée à la fin du générique. Bravo à Scott Derrickson pour ce divertissement haut de gamme et pour avoir contrecarrer tous mes préjugés sur ce personnage. 

NOTE : 5/6


dimanche 2 avril 2017

TROPIQUE DU CANCER

TROPIQUE DU CANCER
(Al tropico del cancro)

Réalisateur : Giampaolo Lomi, Edoardo Mulargia
Année : 1972
Scénariste : Giampaolo Lomi, Edoardo Mulargia, Anthony Steffen
Pays : Italie
Genre : Giallo
Interdiction : -12 ans
Avec : Anthony Steffen, Anita Strindberg, Gabriele Tinti, Umberto Raho...



L'HISTOIRE : Vivant depuis de nombreuses années à Port-au-Prince, le Docteur Williams traîne une réputation de fabricant de drogue. Sa dernière création est un puissant hallucinogène permettant de plonger dans un univers érotique ouvrant sur ses désirs les plus secrets. Peacock, énorme fortune de l’île, pédophile notoire, convoite la formule, tout comme un certain Murdock, fraîchement arrivé en ville. Après avoir caché son invention, Williams voit débarquer un vieil ami, Fred Wright et son épouse, la sublime Grace. Commence alors une série de règlements de comptes de plus en plus violents, tandis que Grace, au son des tambours vaudou, découvre ses désirs enfouis...

MON AVIS : Après avoir été assistant metteur en scène sur le mondo Les Négriers de Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi, dont le tournage a eu lieu à Haïti, Giampaolo Lomi désire tourner un long métrage sur cette île, étant tombé sous le charme de sa population et de ses décors paradisiaques malgré la dictature de Duvalier. Son souhait sera exaucé l'année suivante, en 1972, puisqu'il décide de mettre en scène Tropique du Cancer, sur un scénario écrit par ses soins mais aussi par Edoardo Mulargia, le second réalisateur que les producteurs lui imposent, et par l'acteur Anthony Steffen, ce dernier désirant retoucher le script afin d'y apparaître à son avantage. Des remaniements de scénario qui viennent compliquer un peu la tâche de Giampaolo Lomi et qui peuvent expliquer l'aspect fortement décousu de l'histoire, notamment lors de la première demi-heure. En effet, le début du film n'est pas très clair et on a souvent l'impression de passer du coq à l'âne entre deux scènes, sans qu'il y ait un réel fil conducteur. La multiplication des personnages et le manque d'information sur le sujet même du film, à savoir l'intérêt de plusieurs individus à s'approprier le résultat des recherches du docteur Williams, renforcent encore ce sentiment d'incompréhension et cet aspect fractionné de l'intrigue. Heureusement, la suite du film se verra nettement plus structurée et relancera notre intérêt. Tropique du Cancer est classé dans la catégorie des gialli, et effectivement, on y trouve les codes du genre, à savoir une intrigue policière, un mystérieux tueur portant des gants noirs, quelques meurtres (dont un très violent et bien mis en scène dans une usine de fabrication de papier) et bien sûr un aspect érotique présent. Ce dernier est incarné par la sublime Anita Strindberg, particulièrement rayonnante ici. Il faut dire que le soleil et les décors paradisiaques d'Haïti mettent bien en valeur sa blondeur virevoltante au milieu de la population noire. L'actrice nous offrira une séquence onirique du plus bel effet, un peu à la manière de celle dont elle était la vedette dans Le Venin de la Peur. A ses côtés, on trouve le beau gosse Gabriele Tinti et Anthony Steffen. Ce dernier, célèbre pour ses rôles dans de nombreux westerns, joue le docteur Williams. Les relations entre ces trois personnages vont évoluer au fil du temps et apporteront un peu de piment à l'intrigue, qui, reconnaissons-le, à un peu de mal à nous tenir en haleine. On est loin des classiques du genre en terme de tension et de suspense. Ce qui fait l'originalité de Tropique du Cancer, c'est avant tout ce mélange entre thriller et film d'aventure exotique teinté de vaudou. Un mélange qui rend le film assez atypique, lui conférant parfois des allures de mondo, comme lors de la séquence de la cérémonie vaudou, qui n'a pas été scénarisé mais bel et bien prise sur le vif par le réalisateur qui n'a pas hésité à prendre sa caméra à l'épaule et à se placer au beau milieu de la population. Bien sur, le but ultime du film, pour nous spectateurs, est de comprendre les rouages de l'intrigue policière et de déterminer qui peut bien être notre mystérieux tueur tellement désireux d'obtenir le secret du docteur Williams. Plusieurs protagonistes vont venir rejoindre la liste des potentiels suspects et le pot-aux-roses, dévoilé à la fin du métrage évidemment, tient la route et se réserve plein de surprise. De par son décor, original et très loin des ambiances urbaines présentes dans de nombreux gialli, Tropique du Cancer fait partie de ces films qui jouent avec les codes du genre tout en les transgressant pour proposer un spectacle inhabituel et inattendu. Pas inintéressant, le film nous rappelle parfois certaines œuvres de Joe d'Amato filmées en République Dominicaine. Nul doute que les amateurs découvriront ce giallo méconnu grâce à la belle édition du Chat qui Fume qui a encore fait un très beau travail de présentation et d'effort au niveau des bonus.

* Disponible en combo BR  + DVD chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 4/6



samedi 1 avril 2017

BÉBÉ VAMPIRE

BÉBÉ VAMPIRE
(Grave of the Vampire)

Réalisateur : John Hayes
Année : 1972
Scénariste : David Chase
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : William Smith, Michael Pataki, Lyn Peters, Diane Holden...



L'HISTOIRE : Venus s’encanailler dans un cimetière, Leslie et Paul se font attaquer par un vampire tout juste sorti de sa tombe. Paul est tué alors que Leslie se fait violer par le monstre. Peu après, elle se retrouve enceinte et, quelques mois plus tard, accouche de son enfant. Un enfant pour le moins étrange, qui semble attiré par le sang…

MON AVIS : Allez savoir pourquoi, lors de la sortie VHS de ce film en France, Bébé Vampire s'est retrouvé affublé du titre Les Enfants de Frankenstein ?? Si enfant il y a, il n'est au nombre que de un et point de docteur Frankenstein ou d'expériences scientifiques macabres dans le film ! Passons sur ce curieux phénomène de re-titrage pour nous attarder sur ce petit film d'épouvante mis en scène par John Hayes. Le filon du film de vampires commencent à s'épuiser et à tourner en rond, notamment en Angleterre avec les productions Hammer Films. Bien qu'accentuant l'aspect érotique et violent, les œuvres vampiriques du prestigieux studios britannique durant les années 70 s’essoufflent malgré des tentatives plus qu'intéressantes (Le cirque des Vampires, The Vampire Lovers). Aux USA, le succès du film Count Yorga, Vampire, provoque au contraire un nouvel élan et un nouvel attrait pour les suceurs de sang et on voit débarquer sur les écrans plusieurs petites productions indépendantes utilisant la thématique du vampire, que ce soit au niveau du film d'épouvante mais aussi dans le film érotique et pornographique. Grave of the Vampire, titre original de Bébé Vampire, se situe dans le courant sérieux et contemporain du cinéma d'épouvante. Le réalisateur veut offrir au public un spectacle de qualité et il y parvient relativement bien malgré quelques faiblesses et même parfois un petit aspect nanaresque, qui n’entache cependant pas trop le plaisir ressenti durant la vision du film. Certes, nous ne sommes pas en présence d'un chef-d'oeuvre ou d'un classique du genre mais le soin apporté à la photographie, aux décors ainsi qu'à la mise en scène permet de passer un bon moment avec ce film curieux et parfois malsain. Malsain en effet, notamment durant la première partie du film qui nous présente le réveil du vampire, plutôt bien interprété par l'acteur Michael Pataki, mais surtout la grossesse d'une malheureuse victime violé par ce dernier, et la naissance du bébé vampire du titre. La scène dans le cimetière joue bien avec les codes du genre, avec caveau déserté par son occupant, brume à foison, musique inquiétante et attaques sanglantes du vampire au look décrépi que l'absorption de sang fera rajeunir. Mais comme dit, ce qui retient notre attention reste les premiers jours d'existence sur Terre du poupon aux longues dents. Si on ne verra jamais le visage de ce chérubin, on comprend vite que boire du lait ne l'intéresse pas vraiment, et qu'il préfère largement les gouttes de sang issues d'une coupure à la main de sa maman. Bien des années avant Baby Blood, notre bébé vampire va donc se nourrir du précieux liquide rouge, que sa mère, pas du tout affolée ou apeurée, va lui offrir avec compassion. La scène dans laquelle elle se taillade le sein à coup de couteau pour que son fils vienne téter le liquide de vie est assez glauque. Censées se situer durant les années 40, cette première partie (que rien ne distingue de la seconde en terme de décors ou de tenues vestimentaires !) s'avère efficace et correctement réalisée.  La seconde partie se déroule trente-cinq après ces événements et notre bébé a bien grandi. Il a désormais le physique de l'acteur William Smith et il est parfaitement conscient que quelque chose cloche chez lui. Pourtant, le film ne met pas l'accent sur le fait qu'il soit un vampire. Plus curieux encore, il se déplace de jour comme de nuit et voue une haine farouche envers son géniteur qu'il tient pour responsable de la mort de sa mère, qui s'est vidée de son sang jusqu'à la dernière goutte pour lui. Il a d'ailleurs retrouvé la trace de son vampire de père, qui a changé de pseudonyme et enseigne dans une université. Même curiosité pour ce dernier, alors que dans la première partie du film, le vampire semblait craindre la lumière, se réfugiant précipitamment dans une maison avant le lever du soleil, il déambule désormais sans vraiment craindre l'astre solaire, même s'il enseigne lors des cours du soir. Certes, on ne le voit jamais en plein jour mais certaines séquences ne semblent pas être tournées de nuit vu la luminosité au dehors. Bref, passons ce petit détail. Cette seconde partie, plus contemporaine donc, joue sur la confrontation du fils avec son père et met en vedette quelques ravissantes actrices dont Lyn Peters et Diane Holden. Si le scénario manque de rigueur certaine fois et qu'on a du mal à comprendre comment Diane Holden, tombée amoureuse de notre bébé vampire adulte, le laisse aller s'encanailler avec Lyn Peters en moins de cinq minutes, le récit se montre assez dynamique en faisant du père vampire un vrai prédateur au charme glacial. Quelques légères effusions de sang viendront éclabousser l'écran lorsqu'il s'en prendra à la gent féminine mais pas de quoi effrayer les ménagères. Le scénariste rajoute pas mal d'éléments à son histoire, comme le fait que papa vampire reconnaisse en Lyn Peters son amour défunt d'antan, qu'il tentera de faire revenir à lui en utilisant le spiritisme et en se servant de l'actrice comme médium. Pourquoi pas ? Reste encore l'affrontement final entre le père et le fils, qui viendra clore ce Bébé Vampire pas inintéressant. Le sérieux du film, le jeu assez convaincant du casting, le charisme ténébreux de Michael Pataki sont autant d'atouts qui tire le film de John Hayes vers le haut. Comme déjà dit, ce n'est pas un grand film d'épouvante mais ça se regarde sans déplaisir en tout cas et l'aspect rétro lui procure un petit charme particulier qui fait passer la pilule. Sympa, divertissant et atypique.

* Disponible en DVD chez ARTUS FILMS

NOTE : 4/6





samedi 25 mars 2017

LA RAGE DU DÉMON

LA RAGE DU DÉMON
(La Rage du Démon / Fury of the Demon)

Réalisateur : Fabien Delage
Année : 2015
Scénariste : Fabien Delage
Pays : France, Croatie, Etats-Unis
Genre : Documentaire, Fantastique
Interdiction : /
Avec :  Alexandre Aja, Dave Alexander, Jean-Jacques Bernard, Christophe Gans, Pauline Méliès...



L'HISTOIRE : Janvier 2012. Un collectionneur organise la projection privée d’un film muet au Musée Grévin à Paris. Le visionnage tourne au cauchemar : vers la fin de la séance, les spectateurs devenus enragés sèment le chaos dans la salle. Les médias relayent peu l’affaire, pourtant ce n’est pas la première fois que ce genre d’incident se produit ; il semblerait que le film projeté soit à l’origine de ce phénomène inquiétant. Cette enquête captivante nous emmène sur les traces d’émeutes violentes ayant eu lieu tout au long des XIXème et XXème siècles, provoquées par une œuvre rare, fascinante et dangereuse : La Rage Du Démon, attribuée au cinéaste Georges Méliès. A travers des entretiens avec des journalistes, cinéastes, historiens, experts et psychologues, ce nouveau long métrage documentaire lève le voile sur le film maudit le plus inquiétant que le monde ait jamais connu. De mystères en mystères, d’interrogations en interrogations, découvrez toute la vérité sur ce film disparu qui fait trembler le monde du cinéma depuis plus d’un siècle…

MON AVIS : D'une durée de 60 minutes, La Rage du Démon de Fabien Delage (réalisateur des deux saisons de la sympathique série Dead Crossroads) est un mockumentary, c'est à dire un faux documentaire qui utilise des éléments véridiques associés à de la pure invention. Dans le domaine, on pensera aussitôt à l'excellent Forgotten Silver de Peter Jackson. Avec La Rage du Démon, Fabien Delage utilise comme point de départ la projection privée d'un film disparu qui aurait été retrouvé par un célèbre collectionneur. Une projection qui ne sera pas de tout repos pour les spectateurs puisque ceux-ci vont être pris d'une crise de folie hystérique face aux images proposées. Comment un simple film muet, que certains attribuent à George Méliès, l'inventeur du cinéma fantastique et des effets-spéciaux, a-t-il pu rendre fou la majeure partie du public ? Il semblerait de plus que ce n'est pas la première fois que ce film provoque un tel déferlement de violence. La Rage du Démon va donc tenter de trouver une explication à ce curieux phénomène à travers des recherches dans diverses cinémathèques et en interviewant des journalistes, des réalisateurs, des historiens du cinéma, des prêtres ou des experts en sciences occultes. On retrouve à l'écran des personnalités bien connues des fans de cinéma fantastique, à l'image d'Alexandre Aja, de Christophe Lemaire, de Jean-Pierre Putters, de Jean-Jacques Bernard, de Christophe Gans, de Philippe Rouyer et j'en passe. Tous les intervenants y vont de leur anecdote ou de leur connaissance sur ce film "maudit" qui posséderait un mystérieux pouvoir sur celui qui le regarde. Alternant ces interviews avec des images d'archives, La Rage du Démon devient de plus en plus passionnant au fil de son déroulement et on en oublie rapidement qu'il s'agit d'un faux documentaire. D'ailleurs, les spectateurs qui ne savent pas qu'il s'agit d'une pure invention ne pourront que croire à l'existence de ce film et s'empresseront à coup sûr de faire des recherches sur internet. Parmi les autres intervenants, on trouve Pauline Méliès, l'arrière-arrière petite fille du magicien des images. On ressent tout l'amour qu'elle porte à George Méliès dans ses interventions. En fait, La Rage du Démon est une véritable déclaration d'amour à cet illustre personnage et au cinéma fantastique, voir au cinéma tout court. On a le plaisir de voir de nombreux extraits de films de Méliès dans La Rage du Démon et on ne peut être qu'admiratif devant son travail et son imagination pour mettre en scène des trucages hallucinants pour l'époque. L'intelligence de Fabien Delage et de La Rage du Démon est de traiter son sujet de manière on ne peut plus sérieuse. Les thématiques de l'ésotérisme, du mysticisme sont mises en avant pour ensuite être relativisées par une approche plus scientifique (la vieillesse de la pellicule a pu libérer une substance chimique hallucinatoire qui aurait provoqué cette hystérie collective chez le public ou alors il y aurait des images subliminales insérées dans le film), approche scientifique elle aussi mise de côté par l'hypothèse que l'âme d'une défunte (la femme de meilleur ami de George Méliès qui pratiquait les sciences occultes) peut "hanter" les images et provoquer cette panique. Le mystère reste entier et les tentatives de réponses ne sont que suppositions passionnantes. A la fin du générique, on en vient presque à regretter que ce film ne soit que supercherie et on se prend à rêver qu'un collectionneur détienne réellement la copie d'une telle oeuvre ! En tout cas, un bien bel hommage au cinéma muet à au magicien Méliès.

NOTE : 5/6



vendredi 17 mars 2017

CRUELLE EST LA NUIT

CRUELLE EST LA NUIT
(Cruelle est la Nuit)

Réalisateur : Alan Deprez
Année : 2016
Scénariste : Alan Deprez
Pays : Belgique
Genre : Court-métrage, gore, X
Interdiction : -16 ans
Avec : Kevin Dudjasienski, Bertrand Leplae, Arnaud Bronsart, Pascal Gruselle, Sabrina Sweet...



L'HISTOIRE : À la faveur d’une nuit noire, les activistes d’Aetna partent en mission, avec pour objectif l’assassinat d’une personnalité trouble et médiatique. Leur cible ? L’homme politique véreux Hein Stavros. Mais lorsqu’ils débarquent dans son loft cossu, ils se retrouvent en pleine partie fine. Inutile de préciser que les choses ne vont pas tarder à dégénérer...

MON AVIS : Le talentueux Alan Deprez est bien connu des fans de cinéma bis puisque le jeune homme écrit dans divers fanzines et magazines du genre, tels Medusa, Métaluna, CinemagFantastique, Mad Movies ou Darkness Fanzine entre autres. Passionné également par le cinéma érotique et pornographique, il a également rédigé des articles pour Hot Vidéo ou Lui. Le cinéma étant donc sa passion, il passe derrière la caméra pour deux courts-métrages de genre, Ab Aeterno en 2010 et Erotomania en 2012, dans lesquels il mélange fantastique, horreur et érotisme. En 2016, il se lance dans un nouveau projet avec le court-métrage Cruelle est la Nuit et lance une campagne participative Ulule pour obtenir des fonds et offrir aux spectateurs une oeuvre de qualité. A l'arrivée, Cruelle est la Nuit tient ses promesses. En une vingtaine de minutes, Alan Deprez nous offre de la violence, du sexe non simulée, du gore et de la tripaille au cours de cette virée nocturne qui va vite déraper. Un peu à la manière d'Alex et ses droogs dans Orange Mécanique, mais avec une réelle raison d'user de la violence quand les voyous chez Kubrick ne le faisait que par pur plaisir, le trio mis en scène par Alan Deprez va donc s'armer sobrement (pistolet, batte de baseball en acier, chaîne) afin d'aller casser la gueule, voir plus si affinités, à un politicien véreux et corrompu qui nage dans l'oseille quand le petit peuple crève de faim. L'argument politique tient à cœur principalement au leader du groupe, ses deux acolytes ne semblant pas aussi impliqués que lui dans cette virée sanglante et semblant rechercher avant tout les émotions fortes. Dotée d'une belle mise en scène et d'une photographie élégante, Cruelle est la Nuit s'engouffre dans les tréfonds de l'âme humaine à travers des monologues et des dialogues qui apportent un plus indéniable à ce court-métrage, qui m'a fait penser par certains aspects au cinéma définitif de Gaspar Noé. La mission punitive de notre trio d'anti-héros va se voir légèrement perturbée une fois chez la victime, ce dernier accueillant dans son appartement on ne peut plus luxueux quelques amis libidineux qui gèrent tranquillement une petite orgie dont Alan Deprez ne nous cache rien. Fellation, masturbation, vision des sexes, la caméra se fait frontale et ne cherche pas à occulter cette partie fine, la victime elle-même s'adonnant aux charmes des pratiques de domination et de SM. L'ex porno star Sabrina Sweet s'invite d'ailleurs à la fête et se verra titiller par l'un des membres de notre trio, qui ne se doute sûrement de la petite surprise qu'elle lui a réservé. La violence n'est pas en reste et l'équipe des effets-spéciaux (Squid Lab) s'en donne à cœur joie pour notre plus grand plaisir. Avec de faibles moyens, Alan Deprez a réussi son pari : nous offrir un court-métrage de qualité puisant dans son univers fait de sexe et de violence. Dans l'ensemble, Cruelle est la Nuit remplit admirablement bien son contrat et porte bien son titre ! A découvrir sans tarder tout en étant réserver à un public averti ! Je souhaite à Alan Deprez une bonne continuation et des budgets de plus en plus élevés pour que puisse se développer encore plus son talent.

NOTE : 4/6



mardi 14 mars 2017

CRÉPUSCULE

CRÉPUSCULE
(Sundown)

Réalisateur : Henry Hathaway
Année : 1941
Scénariste : Barré Lyndon
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, guerre
Interdiction : /
Avec : Gene Tierney, Bruce Cabot, George Sanders, Joseph Calleia, Carl Esmond...



L'HISTOIRE : Une petite garnison anglaise située au Kenya et commandée par William Crawford doit faire face à la menace que représente une tribu locale armée secrètement par les allemands. Le major Coombes viendra en renfort sur le terrain. L'arrivée de Zia, une belle métisse, qui voyage avec une caravane de chameaux, va éveiller les soupçons des militaires qui se demandent si elle n'a pas un rôle dans ce trafic d'armes...

MON AVIS : Gene Tierney, Bruce Cabot, George Sanders, dirigés par Henry Hathaway, voici un programme plutôt sympathique et il le sera effectivement. Avec Crépuscule, le réalisateur de Niagara, du Carrefour de la Mort, de Prince Vaillant ou de 100 dollars pour un shérif entre autres nous offre un divertissement de qualité, mêlant aventure, romance, action, trahison, complot sur fond de drame et de guerre et glorifie par la même occasion l'Angleterre et le mérite des soldats luttant face à l'envahisseur. Rappelons que le film date de 1941 et qu'on est en pleine seconde Guerre Mondiale, d'où cet aspect patriotique fortement présent. Si les relations entre les divers personnages sont présentées de manière simple, typique du film d'aventure, Crépuscule n'en oublie pas de se montrer plus réaliste et sérieux lorsqu'il traite de questions plus politiques, à l'image du puissant discours d'un des personnages principaux qui explique quel est l'enjeu pour l'envahisseur de dominer l'Afrique, plateforme terrestre entourée de divers océans. Un jeu de miroir intéressant même si c'est bien le divertissement qui prédomine. Si Bruce Cabot et George Sanders se partagent les rôles masculins principaux avec aisance, c'est bel et bien la sublime Gene Tierney qui tient le haut du pavé, illuminant chaque séquence dans laquelle elle apparaît de sa beauté. L'actrice, qui était souvent choisie au début de sa carrière pour interpréter des personnages de femmes à l'aspect un peu exotique, est ici des plus séduisantes, vêtue d'une tenue orientale qui lui va à ravir. Elle interprète un personnage-clé, parfois ambiguë, et ce, afin de nourrir le film d'un peu de suspense. On parle quand même d'un important trafic d'armes et on aimerait bien savoir quelle est l'odieuse personne qui a rallié le camp ennemi. Est-ce l'un des amis de Crawford, qui envoie un message dans son dos pour annuler sa demande d'aller à la rencontre d'une tribu ennemie ? Est-ce le prisonnier italien qui s'est rendu afin d'infiltrer la garnison ? Est-ce le militaire hollandais fraîchement débarqué de nulle part ? Ou serait-ce la mystérieuse Zia qui servirait de passeuse avec sa caravane de chameaux destinée à faire du commerce ? Henry Hathaway joue avec ces questions de manière habile, ponctue son film de séquences de combats dans de jolis décors naturels, use de l'humour mais aussi du mélodrame. Certes, on a connu Hathaway plus en forme, moins classique dans sa mise en scène et Crépuscule n'est pas à classer dans les immanquables de ce réalisateur. Mais pour ceux qui veulent voir un joli film d'aventure teinté d'espionnage avec un petit côté "serial" et admirer les beaux yeux de Gene Tierney, ne passez pas votre chemin ! Dépaysement garanti !

* Disponible en DVD (VOSTF) chez ARTUS FILMS

NOTE : 4/6





lundi 6 mars 2017

LOGAN

LOGAN
(Logan)

Réalisateur : James Mangold
Année : 2017
Scénariste : Scott Frank, James Mangold, Michael Green
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Fantastique, Super-héros
Interdiction : -12 ans
Avec : Hugh Jackman, Patrick Stewart, Dafne Keen, Boyd Holbrook, Stephen Merchant...



L'HISTOIRE : Dans un futur proche, un certain Logan, devenu chauffeur de luxe, s’occupe d’un Professeur Xavier souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine et avec l'aide de Caliban. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s'amenuiser lorsqu’une Laura, une jeune mutante traquée par de sombres individus, va se retrouver soudainement face à lui...

MON AVIS : Les films de super-héros, on en mange à toutes les sauces depuis quelques années déjà. Héros Marvel ou héros DC, choisissez ou non votre camp, inondent les écrans de manière plus ou moins glorieuse. Certains réalisateurs tentent de nous offrir un peu d'originalité (Deadpool, Les Gardiens de la Galaxie), d'autres tentent de proposer un spectacle plus adulte (WatchmenCaptain America, Captain America et le Soldat de l'Hiver), la plupart misent sur le grand spectacle avant tout (Spiderman, Avengers, Iron Man...), spectacle si possible destiné à toute la famille et évitant la violence frontale pour amasser plus d'argent. Quelques réussites (X-men, X-Men 2, Spiderman 2...) côtoient de franches déceptions (Catwoman, Daredevil, Green Lantern...) et chaque nouveau film annoncé laisse présager du pire ou du meilleur mais quasiment tous veulent conserver l'aspect familial pour toucher le plus grand nombre de spectateur. Nul doute que la vision de Logan va remettre les pendules à l'heure et dire que ce film tient du quasi miracle n'est pas exagéré. Car oui, on tient avec cette perle de James Mangold un film mâture, clairement pas destiné à un jeune public tant il se montre sombre, nihiliste et terriblement violent. On est ici à des années lumières d'un film comme Avengers. Il suffit d'ailleurs de lire les critiques virulentes sur Allociné pour s'en convaincre : "Ce n'est pas un film de super-héros, et c'est indigne d'un Marvel", "Manque d'action pour un film aussi long", "Rien à voir avec les Marvel habituels" et j'en passe. Ils n'ont d'ailleurs pas tort en fait. Oui Logan n'est pas un film de super-héros. Oui, Logan dure 2h27 et les séquences de dialogues et d'ambiances sont légions. Logan, c'est avant tout un film dramatique, quasi intimiste, ponctué de scènes ultra-violentes d'une intensité jamais vu dans une adaptation Marvel et on saluera la ténacité du réalisateur pour avoir réussi à imposer sa vision au studio. Si le scénario n'est pas non plus exceptionnel, il propose en tout cas assez de rebondissements et d'émotions pour que les 2h27 passent comme une lettre à la poste. Hugh Jackman est magistral, Patrick Stewart époustouflant. Ces deux acteurs sont à leur apogée dans Logan. Et que dire de la prestation de la jeune Dafne Keen, parfaite dans ce rôle physique. Par certain aspect, on retrouve dans Logan ce qui faisait le charme du jeu vidéo The Last of Us. Joël, ce vieil homme fatigué, obligé de se battre pour protéger Ellie, on le retrouve dans le personnage de Logan et dans ses mésaventures. Ce qui également fortement appréciable dans Logan, c'est qu'on ne nous propose pas cinquante héros ou méchants différents. Le film se concentre vraiment sur son personnage principal et prend un réel plaisir à le suivre dans son pèlerinage qui ne sera pas de tout repos. James Mangold aime les personnages qu'il met en scène, c'est indéniable. Honnêtement, Logan, c'est une claque dans la gueule, légèrement amoindri dans son dernier acte avec les enfants, mais qui trouve une magnifique conclusion avec une dernière image qui nous met la larme à l’œil. Assurément le meilleur film avec un Wolverine humain et brutal, et un vrai moment de cinéma en état de grâce.

NOTE : 5/6