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I LOVE SNUFF

 

I LOVE SNUFF
(I Love Snuff)

Réalisateur : Jean-Louis Costes, Yves Pierog
Année : 1996
Scénariste : Jean-Louis Costes, Yves Pierog
Pays : France
Genre : Trash, Extrême, Porno
Interdiction : -18 ans
Avec : Jean-Louis Costes, Rose, Pascal Keller, Anne Van Der Linden...


L'HISTOIRE : Ne parvenant plus à bander, le branleur impuissant a une violente dispute avec Rose, sa fiancée. Dans l'appartement d'en face, une maîtresse SM et son esclave croulent sous les factures. Ce dernier a alors l'idée de kidnapper Rose, de la torturer et d'envoyer les vidéos à son fiancé pour que celui-ci paye une rançon. Mais devant le spectacle des violences subies par Rose, la réaction du fiancé n'est pas celle escomptée...

MON AVIS : Personnalité et performer le plus connu des fans d'underground et de spectacle déviant en France, Jean-Louis Costes, célèbre pour ses spectacles scatophiles à ne pas mettre devant tous les yeux décide de réaliser un moyen-métrage en 1996, sous le titre de I Love Snuff. 51 minutes d'excès en tout genre, filmés sans trucage aucun, et qui vous plonge dans l'univers décadent et abjecte de Costes. Le réalisateur, acteur, compositeur, scénariste et j'en passe a réuni quelques amis à lui et va donc se mettre en scène avec eux au sein de ce scénario amusant qui voit donc un homme avec des problèmes d'érection être guéri lorsqu'il regarde des vidéos de sa fiancée se faire malmener sexuellement et violemment par ses ravisseurs. Au lieu de payer la rançon pour la sauver des griffes de ses tortionnaires, l'homme préfère attendre, afin de recevoir de nouvelles VHS et ainsi retrouver la raideur et la dureté de son sexe ! Trash et décomplexé non ? Le résultat à l'écran n'est pas en reste puisque Costes, véritable punk n'ayant aucune limite, aucun tabou, va offrir à son public tout ce que ces derniers attendent de lui : scènes pornos filmées en gros plan, sodomie masculine avec des godes ou un concombre, urologie, fist, défécation et humiliation. Un spectacle grossier, très amateur, avec une vraie maîtresse SM (la charmante Anne Van Der Linden surnommé Anzagoth) et bien sûr Jean-Louis Costes qui donne de sa personne, fidèle à lui-même. Maintenant, outre les excès présentés ici, et une certaine dose d'humour, j'avoue que je ne suis clairement pas fan de ce type de performance underground et que tout ça me paraît bien vain au final. Certes, on ne peut nier la totale liberté artistique de Costes, qui fait ce qui lui plaît, sans aucune contrainte. I Love Snuff a-t-il un autre but que celui de choquer son auditoire ? Je ne pense pas mais je me trompe peut-être. La partie snuff nous rappelle des titres comme August Underground Mordum, avec une qualité d'image similaire et une violence moins explicite tout de même, si ce n'est un gavage à la moutarde, une utilisation de pince-à-linge sur des tétons ou de l'huile de friture déversée sur un corps. La réalisation se contente du minimum syndicale, l'acting est à l'avenant. On est dans le micro-budget bien sûr, dans la production Do It Yourself amateur, française qui plus est. Que retenir donc de I Love Snuff ? C'est à voir une fois, pour pouvoir vous situer par rapport à ce type de performance. Les âmes sensibles ou chastes ne trouveront rien de positif dans ce moyen-métrage, les amateurs d’œuvres sans concession y trouveront sûrement leur compte. Pour ma part, je l'ai vu, je n'y reviendrai sûrement jamais car ce n'est pas du tout ma tasse de thé. Mais on ne peut remettre en cause son identité, son refus du politiquement correct et son existence même.

* Disponible en DVD chez -> TETRO VIDEO <-   

SNUFF 102

 

SNUFF 102
(Snuff 102)

Réalisateur : Mariano Peralta
Année : 2007
Scénario : Mariano Peralta
Pays : Argentine
Genre : Horreur, Extrême
Interdiction : -16 ans
Avec : Yamila Greco, Silvia Paz, Andrea Alfonso, Julián Alfonzo, Rodrigo Bianco...

L'HISTOIRE : Une jeune reporter décide d'écrire un article sur la violence, sur le mythe des Snuff movies et sur la fascination du public pour ce genre de spectacle violent. Elle rencontre un critique de cinéma spécialisé sur ce type de sujet et entame une discussion philosophique avec lui. Dans le même temps, on suit le calvaire de trois jeunes filles retenues prisonnières et livrées en pâture à un tueur sadique qui filme ses tristes exploits...

MON AVIS : Ce petit film Argentin réalisé par Mariano Peralta en 2007 a fait couler beaucoup d'encre, notamment lors de son unique projection dans son pays d'origine où il a provoqué, selon les dires, moult évanouissements de spectateur et même un arrêt cardiaque. Banni dans plus de 60 pays, Snuff 102 a bénéficié de cette promotion non désirée et il est devenu l'objet de toutes les attentions parmi les fans de cinéma undergound extrême. Un public cible qui sera très certainement le seul a apprécier ce film choc, les autres ne manquant pas d'être révulsés, dégoûtés et de le considérer comme étant un immondice absolu qu'il faut effectivement faire interdire et bannir ! Les multiples réactions de rejet qu'a suscité Snuff 102 (il suffit d'aller parcourir les commentaires sur diverses pages du net pour mesurer le grand écart entre les "j'ai adoré" et "il faut enfermer le réalisateur et brûler tous ceux qui disent aimer le film") sont-elles méritées ? Forcément, pour le public lambda, la réponse pourrait être oui même si, je le rappelle, on parle d'un film. Un film dont le but principal est d'être le plus choquant possible, d'être un pur torture porn basé sur des scènes de tortures et de mutilations justement. A ce niveau, Snuff 102 se montre plutôt à l'aise, même si je n'ai pas trouvé qu'il repoussait les limites de l'insoutenable en terme de violence visuelle, un film comme American Guinea Pig va nettement plus loin dans le sadisme je trouve. Bon, après, je peux comprendre que voir une femme enceinte se faire écraser la tête à coup de Rangers puis se faire frapper au ventre violemment jusqu'à provoquer une fausse couche peut être déroutant et provoquer un sentiment de malaise, surtout que le réalisateur filme avec un rendu d'image assez dégueulasse, comme si la scène avait bel et bien été filmée sur cassette vidéo par un psychopathe pervers. D'autres petites joyeusetés suivront, comme un pétage de dents à coup de burin (ça fait toujours réagir les dents), un couteau enfoncé à plusieurs reprises dans le vagin d'une des victimes, un démembrement et j'en passe. On remarque d'ailleurs que toutes les scènes censées illustrer un vrai snuff sont en couleur, toujours avec un rendu d'image qui fera vomir les adeptes de la 4K, quand le reste du film est en noir et blanc et propose une image de bien meilleure qualité. Reste que, sûrement limité par un budget qu'on devine minuscule, Mariano Peralta cadre certains sévices en hors-champ ou place le tueur pile poil devant l'objectif, de dos, ce qui fait qu'on devine plus ce qu'il fait qu'on ne le voit. Bien sûr, le pouvoir de suggestion de notre esprit à tôt fait de visualiser les images qu'on ne voit pas et l'effet répulsif est bien présent. Par contre, un des aspects qui m'a le plus dérangé dans Snuff 102, c'est l'utilisation d'une sorte de musique électronique lors des agissements du psychopathe. Si on avait un vrai snuff devant les yeux, il n'y aurait pas cette affreuse musique qui m'a sorti du réalisme censé être présent à l'écran. Cette musique a imposé une relative distance entre les images et l'idée de visionner un vrai snuff et cela m'a donc moins impacté que dans d'autres films du genre où l'on n'entendait que les hurlements des victimes ou la respiration des tueurs. C'est peut-être à cause de ce qui est pour moi une faute de goût que Snuff 102 n'a pas provoqué un réel mal-être chez moi et que je n'ai pas trouvé qu'on atteignait les limites de l'insoutenable, loin s'en faut. Tiens d'ailleurs, je précise que ce numéro 102 correspond en fait à l'indication que note le tueur sur les petites cassettes vidéos qu'il utilise. Il en est donc à sa 102ème victime, les deux précédentes portant le numéro 100 et 101. Cette 102 victime qui n'est autre que notre jeune et jolie reporter faisant une étude sur la violence et la fascination morbide des gens face à cette violence visuelle. Et ç'est justement là que Snuff 102 m'a le plus intéressé car derrière son aspect brut de décoffrage qui veut repousser les limites, Mariano Peralta se livre réellement à une étude sur le sujet. Alors oui, on pourra trouver que la discussion entre la reporter et le critique de cinéma spécialisé fait un peu office de philosophie / psychologie pour les nuls mais personnellement, certaines questions et réponses m'ont paru digne d'intérêt et ont pour effet de nous faire réfléchir : la question de moralité qui n'existe plus grâce aux technologies nous permettant d'être anonyme derrière nos écrans ; le fait que la femme, quelque soit les époques, soit considérée comme un objet ; la misogynie présente dans la vie de tous les jours ou cette phrase choc disant qu'une cassette montrant un bébé se faire violer et tuer coûte plus cher sur le darknet que l'achat du bébé lui-même. On sent une réel questionnement du réalisateur sur ces sujets et pour moi, c'est la partie la plus intéressante du film. Alors oui, Snuff 102 est un film scandale, à ne pas mettre devant tous les yeux, même si on a vu pire depuis, voire même avant (les deux premiers Guinea Pig des 80's vont plus loin dans l'horreur je trouve). On peut comprendre que certaines personnes ne lui trouvent aucun intérêt. Personnellement, ce type de torture porn réaliste n'est pas mon genre favori dans l'horreur, je préfère un film scénarisé, qui se montre plus dynamique et propose de beaux cadrages et un minimum de tension, de suspense, mais pris en tant que tel, et dans cette catégorie du cinéma underground extrême, on peut dire qu'il a sa place parmi les pièces de choix. A voir pour se faire un avis.

* Disponible en DVD chez  -> TETRO VIDEO <-


LARVA MENTAL

 

LARVA MENTAL
(Larva Mental)


Réalisateur : Mikel Balerdi
Année : 2020
Scénario : Mikel Balerdi
Pays : Espagne
Genre : Horreur, Extrême
Interdiction : -16 ans
Avec : Mikel Balerdi, Daieri Gaonoa

L'HISTOIRE : Un homme part en voyage d'affaire et laisse sa jeune fille seule à la maison. Cette dernière parcourt l'ordinateur familial et tombe sur un dossier caché de son père dans lequel se trouve une vidéo le montrant se masturber par l'anus avec un crucifix puis se couvrir le corps de sang et de matière fécale, le visage camouflé sous un masque de porc. Horrifiée, la jeune fille ne peut s'enlever de la tête les images de son père commettant ces actes et sombre dans la dépression, allant jusqu'à se mutiler et se suicider. De retour chez lui après plusieurs jours, le père découvre le cadavre putréfié de sa fille. Inconsolable, il plonge dans les affres de la drogue et de l'auto-mutilation...

MON AVIS : Avec le label Tetro Video, le réalisateur Domiziano Cristopharo (Doll syndrome, House of flesh mannequins entre autres) exhume des films rares ou méconnus, anciens ou récents, et donne souvent sa chance à de jeunes réalisateurs prometteurs, tels Patricio Valladares, Sam Curtain, Brett Mullen ou Alex Hernández par exemple, de se faire connaître en éditant leur film via ce label spécialisé dans le cinéma d'horreur et le cinéma extrême underground. Avec Larva Mental, c'est au tour de Mikel Berlani d'être mis en avant. Cet artiste d'origine basque touche à divers domaines, comme la peinture, la photographie mais également le "body art", faisant des shows de suspension corporelle par exemple. Avec la majeure partie du corps recouvert de tatouage, Mikel Balerdi s'exprime avec le langage corporel dit extrême, et qui ne s'adresse pas à tous les publics. Il en va de même avec son premier film, Larva Mental donc, une oeuvre d'une durée de 61 minutes qui n'est clairement pas à mettre devant tous les yeux et qui fera sûrement son petit effet choc sur le public. Quasiment entièrement muet, Larva Mental est autant un film extrême underground qu'un film expérimental. La découverte des perversions de son père (masturbation blasphématoire, coprophilie et autres joyeusetés) via un vidéo qu'elle n'était pas censée regarder va entraîner une jeune adolescente dans une spirale auto-destructrice qui va lui coûter la vie. Le film démarre fort en terme de malaise puisqu'il s'ouvre sur deux corps nus sur un lit. On pense qu'il s'agit d'un homme et de sa femme et on découvrira qu'il s'agit en fait de sa jeune fille, la mère étant décédée. D'entrée de jeu, l'idée d'un inceste présent dans cette famille nous vient à l'esprit. Les visions chocs contenues dans la vidéo mettent encore plus mal à l'aise, le réalisateur, qui est aussi l'acteur principal, se filmant avec voyeurisme, sans jamais camoufler ou détourner l’œil de sa caméra sur les abjections dont il nous fait profiter. Utilisant réellement son corps et ses orifices, aidés par des effets-spéciaux également, Mikel Belardi verse dans l'obscène en s'enfonçant un crucifix dans l'anus jusqu'au sang et en profite pour expulser des excréments par la même occasion, dont il va ensuite s'enduire le corps. Une séquence qui ne fait pas dans la dentelle et qui provoquera quelques remous dans l'estomac des plus fragiles. La suite ne se calmera pas et ira toujours plus loin dans l'immondice et la perversité. Passé le suicide de la jeune fille, Larva Mental va développer une thématique de la difficulté du deuil, difficulté entraînant son personnage principal dans une auto-destruction mortifère et sanglante. Devant la douleur ressentie face à la perte de sa fille, qui n'est plus qu'un cadavre putréfié, le père va s'infliger des sévices corporels en guise de châtiment, allant de la perforation du gland avec des clous enfoncés à l'aide d'un marteau (personnellement, j'ai détourné les yeux à plusieurs reprises, ne sachant pas s'il s'agissait d'effets-spéciaux ou d'une vraie performance corporelle, ce qui, dans les deux cas, n'aurait pas changer grand-chose de toute façon) à la mutilation au scalpel des cuisses et j'en passe et des meilleurs, le tout sous l'effet de la drogue qu'il s'injecte de façon régulière. Je vous l'ai dis, Larva Mental n'est pas pour les petites natures ! On aura même droit à de la nécrophilie puisque le père, dans une crise d'hystérie, va s'envoyer le cadavre de sa propre fille, l'idée de l'inceste ressentie au début du film resurgissant alors pour choquer encore plus. OK, le cadavre n'est pas aussi bien conçu que dans Nekromantik ou Erotik mais pour les néophytes, l'effet sera sûrement réussi en terme vomitif ! Reste que ce premier film de Mikel Balerdi, outre son aspect transgressif et malsain, dans lequel seule la noirceur et la décrépitude semblent de mise (aucune lueur d'espoir ne semblant devoir intervenir ici), se montre aussi poétique et artistique. Si la poésie ne naît pas des images proposées, elle provient de la musique utilisée pour les illustrer et qui agît presque comme une berceuse. Pas de musique métal agressive ici, c'est même tout l'inverse, ce qui a pour effet de créer un climat encore plus étrange, un peu comme la jolie partition de Riz Ortolani pour Cannibal Holocaust. La souffrance mentale du héros suite au décès de sa fille est également bien mis en avant et on ressent vraiment son impuissance et son désespoir lors de certaines séquences, dont l'émotion est amplifiée par la musique encore une fois. Sans gros budget, mais avec des idées derrière la tête, Mikel Balerdi nous invite donc à un voyage inconfortable, extrêmement graphique, dont la vision ne procure pas de plaisir. Larva Mental nous place dans une position incommodante, que les images scabreuses accentuent pleinement. C'est en tout cas une expérience insolite, que seuls les amateurs de films déviants et expérimentaux pourront apprécier, ainsi que les spectateurs ouverts d'esprit qui voudront découvrir un autre univers cinématographique, bien éloigné des standards classiques.

* Disponible en 2021 chez TETRO VIDEO

DIRTY LOVE

 

DIRTY LOVE
(Dirty Love)


Réalisateur : Patricio Valladares
Année : 2009
Scénario : Patricio Valladares
Pays : Chili
Genre : Horreur, Extrême, film à sketchs
Interdiction : -16 ans
Avec : Evelyn Belmar, George Belmar, Yuri Caceres, Eva Morgana, Patricio Valladares...


L'HISTOIRE : Le cowboy tueur surnommé Toro Loco poursuit ses méfaits et va encore faire trois nouvelles victimes. Mais avant de les tuer, il leur raconte une histoire...

MON AVIS : Le réalisateur chilien Patricio Valladares aime le cinéma de genre et en particulier le cinéma horrifique extrême. Dès 2001, il met en scène deux courts-métrages avant de s'attaquer au format long en 2006 avec Curriculum puis en 2009 avec La Creacion et Dirty Love. Il acquière une certaine notoriété en 2012 grâce à son film Hidden in the Woods, dont il signe également le remake en 2014, avec l'acteur Michael Biehn et William Forsythe au générique. Concernant Dirty Love, c'est un film à sketch, disposant de trois segments et d'un fil rouge, en la personne d'un cowboy serial-killer nommé Toro Loco, personnage qui sera la vedette de deux films de Valladares, Toro Loco en 2011 et Toro Loco Bloodthirsty en 2015. Un cowboy qui se balade avec un crâne de taureau attaché à une chaîne et qui, dans Dirty Love, va avoir comme mission principale de jouer le présentateur des trois segments mis à l'honneur, à savoir Eat me Tender, No Ordinary Love et You Like This. Ce qui est amusant, c'est que les victimes à qui il présente ces trois histoires jouent dans ces histoires justement. Les trois segments sont principalement basés sur le sexe et la mort et œuvrent dans le domaine du cinéma extrême, avec des visions peu ragoutantes à réserver à un public de connaisseurs. Si le film est tourné avec les moyens du bord et avec relativement peu de budget, on sent que Patricio Valladares fait des efforts pour lui donner un aspect professionnel mais aussi grindhouse, comme en témoigne les effets de griffures sur l'image, comme si le film avait été tourné dans les années 70. On pourra lui reprocher un montage un peu abrupte parfois, ou quelques tics récurrents dans la façon d'enchaîner les plans, mais dans l'ensemble, ça reste correct. Le premier segment, Eat me Tender, se montre assez gore puisqu'on y suit un tueur cannibale qui va séquestrer puis tenter de violer sa jolie victime (Evelyn Belmar) avant de se rendre compte que cette dernière a de nombreux points communs avec lui, comme un goût prononcé pour la chair humaine. Cette relation glauque et malsaine est entrecoupée par des scènes nous présentant les inspecteurs de police travaillant sur l'affaire ainsi que les équipes de police scientifiques qui analysent les morceaux de cadavres retrouvés deci-delà. L'humour est assez présent lors de ces séquences avec la police, qui n'a pas l'air bien débrouillarde. Fusionnelle, tel pourrait être le terme approprié par contre  à la relation entre le cannibale et sa nouvelle dulcinée puisque ces deux là vont s'aimer à s'en dévorer, avec un final qu'aurait apprécié l'anthropophage de Joe d'Amato, les connaisseurs saisiront l'allusion. Un segment bien trash, un poil trop long néanmoins, les scènes avec les experts scientifiques auraient gagné à être raccourcis pour dynamiser le rythme. Le second segment, No Ordinary Love, verse aussi dans le trash et le scabreux avec ce mari qui loue une chambre d'hôtel pour un déplacement professionnel, appelle sa femme et son enfant, pour ensuite recevoir les faveurs d'une prostitué vraiment très jolie et ultra sexy (Eva Morgana) mais qui aura bien du mal à faire durcir son client qui semble avoir un petit problème psychologique. On se doute que le mari n'a pas toute sa tête et qu'il est adepte de certaines pratiques que lui refusent sa femme, à savoir le bondage entre autres. Une fois qu'il a attaché à plusieurs endroits la prostitué, le mari se met enfin à bander et à l'honorer mais cela ne lui suffit apparemment pas puisqu'il va décider de rendre hommage à  une scène de Cannibal Holocaust, celle ou le mari cocu met des épines et des cailloux dans une boule de terre glaise et l'enfourne dans le vagin de son épouse adultère pour la punir. Dans Dirty Love, notre mari infidèle préfère déposer des morceaux de verre brisé sur son préservatif avant de pénétrer la pauvre prostitué qui n'a aucun échappatoire et se voit déchirer de l'intérieur. Toute ensanglantée, elle aura néanmoins le droit de se venger sur son bourreau, d'une manière assez ignoble, malheureusement gâchée par quelques images de synthèses ridicules, Valladares aurait mieux fait de s'abstenir et de laisser notre imagination faire le reste. En tout cas, No Ordinary Love est un segment bien pervers qui plaira aux fans de cinéma extrême. Le troisième et dernier segment du film est donc You Like This. C'est peut-être le segment le plus maîtrisé d'un point de vue cinématographique. Il nous présente un homme marié qui mène une vie sans réelle saveur avec sa femme, qui a clairement l'ascendant sur lui. N'en pouvant plus de cette situation, l'homme avoue enfin à son épouse son secret : il aime les hommes. Mais devant la poigne de son épouse, il cède et décide de mettre un terme à sa relation homosexuelle, ce que refuse l'amant, bien décidé à le garder pour lui. Ce segment à une ambiance plus dramatique que le reste et réserve également un final assez violent et choc. Entre ces trois histoires, on retrouve donc le dément Toro Loco qui va réserver un sort funeste à ses trois victimes. Il est clair que Dirty Love s'adresse vraiment à un public spécifique, et en aucun cas à un public lambda qui sera certainement consterné de découvrir ce type de films. Si on sent la réelle passion qui anime Patricio Valladares, on n'ira pas jusqu'à revoir ce film de nombreuses fois mais dans la catégorie film à sketchs extrêmes, il est plutôt pas mal...

* Disponible en DVD chez -> TETRO VIDEO <-

XXX : DEEP WEB

 
XXX : DEEP WEB
(XXX : Deep Web)

Réalisateur : Domiziano Cristopharo, Elisa Carrera Fumagalli, Martyna Madej, 
Emanuele Marchetto, Sam Mason-Bell, Tony Newton, Davide Pesca
Année : 2018
Scénario : Francesco Foletto et divers
Pays : Italie, Angleterre
Genre : Horreur, Film à sketch, Extrême
Interdiction : -16 ans
Avec : Mark Thompson-Ashworth, Elisa Carrera Fumagalli, Martin W. Payne, Jessica Hunt...


L'HISTOIRE : Un homme décide d'aller sur le dark web afin de visionner diverses vidéos extrêmes...

MON AVIS : En tant qu'utilisateur lambda d'internet, nous ne connaissons qu'une infime partie de ce réseau informatique, grâce aux moteurs de recherche. Tel un iceberg, nous ne surfons que sur la partie visible. La partie immergée, nommée Deep Web, recèle tous ce que les moteurs de recherche classique n'affichent pas. Accessible via un navigateur dédié, le Deep Web s'apparente à un univers où tout est possible, comme acheter de la drogue, des armes, louer les services d'un tueur et autres joyeusetés totalement hors-la-loi. Lieu où tous les vices de l'être humain peut s'exprimer, où rien n'est sous contrôle, le Deep Web est un enfer sans tabou, ou la violence et le sexe sont légion et peuvent atteindre des degrés assez insupportables puisque pedo-pornographie et autres violences physiques s'y côtoient sans restriction, à travers des millions de vidéos chocs réservées à un public ultra-averti. XXX : Deep Web se veut une anthologie nous faisant découvrir cet univers de violence et de sexe extrême. Le fil conducteur est simple : un homme se connecte au Deep Web et accède au site Queen of Hearts, qui propose un univers sado-masochiste à première vue. Il va alors visionner plusieurs vidéos, nous entraînant à sa suite et nous faisant assister à ces différents spectacles. Cette anthologie est mise en scène par 7 réalisateurs différents, ce qui inclut qu'on va donc visionner avec le protagoniste principal du fil rouge 7 vidéos de nature diverse. Le souci des anthologies ou des films à sketchs, c'est que bien souvent, la qualité varie d'un segment à l'autre. Ce sera également vrai dans le cas dans XXX : Deep Web où la qualité des vidéos présentées n'est pas la même. La première vidéo, nommée Queens, No Hearts est réalisé par Martyna Madej. On y suit un groupe de jeunes filles qui semble avoir organisé une soirée masquée d'un genre particulier. Elles invitent quelques garçons afin de les humilier et les violenter, avec introduction d'un gode anal, crachats sur le visage et autres soumissions. En gros, elles font subir à ces hommes ce qu'elles subissent dans les films pornos. Un segment assez anecdotique en fait et pas franchement très trash. La seconde vidéo, Exposition, du réalisateur Tony Newton, montre un homme séquestrer une jolie blonde et la menacer avec divers armes (cutter, couteau, marteau), avant de vouloir la dégrader sexuellement et la mutiler en lui coupant un téton. Ce segment fait assez amateur et n'a pas vraiment l'effet recherché tant j'ai trouvé qu'il ne provoquait pas grand chose au final, ni révulsion, ni gène. Arrive la troisième vidéo, réalisé par le très doué Domiziano Cristopharo. Baptisé Cruising, titre hommage au film avec Al Pacino réalisé par William Friedkin, c'est le segment le plus extrême et le plus choc du film : dans un club fétichiste, un homme va se faire fister pour son plus grand plaisir, la main de celui qui pratique cet acte sexuel s'enfonçant jusqu'à ressortir par sa bouche ! Les effets-spéciaux sont de qualité et ne laissent personne de marbre ! On retombe dans le classique avec la vidéo suivante, Eucharist, mise en scène par Elisa Carrera Fumagalli. Une nonne fait quelques jeux sexuels avec une femme attachée sur une croix. Rien de bien fascinant à se mettre sous la dent dans cette vidéo très courte. Un peu plus intéressant sera Test 424 de Sam Mason-Bell dans lequel trois jeunes filles prennent une drogue très dure. On va suivre leur période d'euphorie puis leur descente aux enfers, entre tremblements, vomissements puis mort, le tout avec une voix-off nous présentant ces diverses phases tel un documentaire. Vient ensuite Feed Me More de Davide Pesca, qui s'amuse avec la nourriture, qu'une femme est forcée d'ingurgiter. Mouais. Passons au dernier segment, intitulé Stalker et réalisé par Emanuele Marchetto, et qui est bien trash puisqu'on y voit un homme regardant une vidéo à la télé, ce qui semble l'exciter au plus au point. On comprend rapidement que cet homme est celui qui suit une femme sur la vidéo et qui la kidnappe pour la tuer. Semblant complètement timbré, l'homme, qui revoie donc son acte meurtrier via le petit écran, se met à se couper le pénis à l'aide d'un couteau. On sert les dents et on apprécie les effets-spéciaux bien gores. On termine XXX : Deep Web sur le fil conducteur, réalisé lui aussi par Domiziano Cristopharo, qui nous a réservé une petite surprise pour ce final bien sympathique. Reste que je m'attendais à voir un film vraiment extrême avec XXX : Deep Web, un spectacle ultra-déviant, choquant, qui allait me mettre mal à l'aise voire me faire détourner le regard de l'écran et qu'en fin de compte, cette anthologie se révèle bien inoffensive. On trouve sur l'internet "normal" des vidéos bien plus choquantes ou déviantes que ce qui vient de nous être montrés. Déception donc pour ma part, heureusement que Domiziano Cristopharo est présent pour dynamiser tout ça et apporter la touche de scandale auquel on s'attendait. A noter que la quasi majorité des vidéos ne possèdent pas de dialogues ou que ces derniers sont en anglais quand il y en a, sans sous-titres, un peu comme si on était nous même sur le Deep Web.

* Disponible en DVD chez TETRO VIDEO