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LA NUIT ÉROTIQUE DES MORTS VIVANTS

 

LA NUIT ÉROTIQUE DES MORTS VIVANTS
(Le Notti Erotiche dei Morti Viventi)

Réalisateur : Joe d'Amato
Année : 1980
Scénariste : George Eastman
Pays : Italie
Genre : Horreur, érotique, porno
Interdiction : -18 ans
Avec : Mark Shannon, Laura Gemser, George Eastman, Dirce Funari, Lucia Ramirez...


L'HISTOIRE : Larry, marin et propriétaire d'un beau voilier, accepte d'emmener John Wilson, un architecte doublé d'un coureur de jupons, ainsi que la belle Fiona qui l'accompagne, sur l'île du Chat. Cette dernière est réputée maudite, la légende voulant qu'un chat ait le pouvoir de ranimer les morts afin de protéger l'île de l'intrusion de visiteurs non désirés. Wilson doit faire des repérages afin de construire un gigantesque complexe hôtelier sur l'île. Larry et ses deux compagnons découvrent que l'île n'est pas totalement déserte : ils font connaissance avec Luna, une superbe femme qui est accompagné par un vieillard aveugle. Ceux-ci les avertissent qu'ils courent un grave danger s'ils restent sur l'île mais Wilson refuse de quitter les lieux...

MON AVIS : Au début des années 80, Joe d'Amato, adulé par les fans de cinéma d'horreur qui ont visionné Blue Holocaust et Anthropophagous, décide de quitter l'Italie pour aller se réfugier sur l'île de Saint-Domingue, dans les Caraïbes. Là, il va tourner une poignée de films avec la même équipe technique et un casting quasi récurrent, à l'image de Mark Shannon, George Eastman (qui signera plusieurs scénarios également), Dirce Funari, Annj Goren ou Lucia Ramirez entre autres. Sortira alors en 1980/1981 des Sesso Nero, Orgasmo Nero, Porno Holocaust et autre Hard Sensation. Dans certains, il tente de marier l'érotisme torride avec des éléments horrifiques et ce sera le cas avec le film qui nous intéresse ici et qui fait partie de cette liste de films tournés à Saint-Domingue, à savoir La Nuit érotique des Morts Vivants, également connu sous son titre alternatif de La Nuit fantastique des Morts Vivants, ce qui, au vu des images proposées, lui correspond nettement moins bien que le précédent. Car il faut bien avouer que ce qui semble principalement intéressé d'Amato ici, c'est de déshabiller intégralement son casting et de les faire forniquer ensemble, et ce, dans tous les endroits possibles : dans les chambres d'hôtels, sur le voilier et bien sûr sur les superbes plages de sable fin de Saint-Domingue. Sur un scénario de George Eastman, qui s'octroie le rôle de Larry le marin, le réalisateur transalpin va donc, pendant plus d'une heure et des poussières, enchaîner les scènes de sexe, tantôt simulées, tantôt abordées de manière frontale et pornographique, l'acteur Mark Shannon ne rechignant pas à dévoiler sa masculinité ni à en faire profiter les actrices qui ne sont pas réticentes à jouer avec ! Entre deux scènes de baise, on évoque quand même l'île du Chat et la superstition qui l'entoure et on assiste au meurtre d'un médecin venu faire une autopsie sur un cadavre plutôt bien vivant. Mais hormis cela, ce n'est que corps dénudés et accouplements à foison, ce qui provoque rapidement une certaine léthargie du spectateur venu assister à un film de morts vivants et qui se retrouve plutôt avec un épisode d'Emmanuelle. Certes les paysages sont paradisiaques et les filles plutôt jolies, on apprécie toujours de voir George Eastman à l'écran, ce dernier se montrant toujours aussi à l'aise et charismatique mais bon, on aimerait bien aussi avoir quelques séquences sanguinolentes à se mettre sous la dent et les voir, ces fameux morts vivants promis par le titre ! Surtout que la version intégrale du film dure environ 111 minutes et des poussières ! Que c'est long ! La présence de la belle Laura Gemser sur l'île du Chat ravive un peu notre intérêt et nous sort de notre somnolence, surtout qu'on ne sait pas si elle est bien réelle ou si c'est une apparition fantomatique, comme la scène de sexe suggérée entre George Eastman et la belle Indonésienne le laisse à penser. Il ne reste plus beaucoup de temps, une trentaine de minutes environ et ENFIN, les morts vivants décident de sortir de leur tombe. Là, le film voit son niveau s'élever puisqu'on retrouve clairement une ambiance pompée sur L'Enfer des Zombies de Lucio Fulci, réalisé l'année précédente, en 1979 donc. Morts sortant de leur tombe de sable, marchant de manière robotique sur la plage, entre les palmiers, via une séquence filmée en nuit américaine. La violence, très soft pour un film de d'Amato, fait aussi son apparition et on aura droit à quelques décapitations à la machette et quelques tirs en pleine tête plutôt sympathiques mais rien de bien gore, on ne s'explique pas cette retenue au niveau de la violence, peut être pour conserver cette atmosphère poético-horrifique ? Mystère. En tout cas, c'est joliment filmé, très bien photographié et la musique de Marcello Giombini parvient à relever le niveau de l'ensemble. Toujours est-il qu'au final, La Nuit érotique des Morts Vivants peine à convaincre, se montre relativement ennuyeux, assez peu bandant en fait, et ne vaut réellement que pour son final qui lui s'avère réussi. On a connu Joe d'Amato plus inspiré en tout cas.

* Disponible en Blu-Ray chez -> LE CHAT QUI FUME <-
• BLURAY - 1920x1080/24p
• Français et italien en DTS-HD MA 2.0
• Sous titres: Français
BONUS:
• Le vrai étalon italien avec Mark Shannon (45 mn)



I LOVE SNUFF

 

I LOVE SNUFF
(I Love Snuff)

Réalisateur : Jean-Louis Costes, Yves Pierog
Année : 1996
Scénariste : Jean-Louis Costes, Yves Pierog
Pays : France
Genre : Trash, Extrême, Porno
Interdiction : -18 ans
Avec : Jean-Louis Costes, Rose, Pascal Keller, Anne Van Der Linden...


L'HISTOIRE : Ne parvenant plus à bander, le branleur impuissant a une violente dispute avec Rose, sa fiancée. Dans l'appartement d'en face, une maîtresse SM et son esclave croulent sous les factures. Ce dernier a alors l'idée de kidnapper Rose, de la torturer et d'envoyer les vidéos à son fiancé pour que celui-ci paye une rançon. Mais devant le spectacle des violences subies par Rose, la réaction du fiancé n'est pas celle escomptée...

MON AVIS : Personnalité et performer le plus connu des fans d'underground et de spectacle déviant en France, Jean-Louis Costes, célèbre pour ses spectacles scatophiles à ne pas mettre devant tous les yeux décide de réaliser un moyen-métrage en 1996, sous le titre de I Love Snuff. 51 minutes d'excès en tout genre, filmés sans trucage aucun, et qui vous plonge dans l'univers décadent et abjecte de Costes. Le réalisateur, acteur, compositeur, scénariste et j'en passe a réuni quelques amis à lui et va donc se mettre en scène avec eux au sein de ce scénario amusant qui voit donc un homme avec des problèmes d'érection être guéri lorsqu'il regarde des vidéos de sa fiancée se faire malmener sexuellement et violemment par ses ravisseurs. Au lieu de payer la rançon pour la sauver des griffes de ses tortionnaires, l'homme préfère attendre, afin de recevoir de nouvelles VHS et ainsi retrouver la raideur et la dureté de son sexe ! Trash et décomplexé non ? Le résultat à l'écran n'est pas en reste puisque Costes, véritable punk n'ayant aucune limite, aucun tabou, va offrir à son public tout ce que ces derniers attendent de lui : scènes pornos filmées en gros plan, sodomie masculine avec des godes ou un concombre, urologie, fist, défécation et humiliation. Un spectacle grossier, très amateur, avec une vraie maîtresse SM (la charmante Anne Van Der Linden surnommé Anzagoth) et bien sûr Jean-Louis Costes qui donne de sa personne, fidèle à lui-même. Maintenant, outre les excès présentés ici, et une certaine dose d'humour, j'avoue que je ne suis clairement pas fan de ce type de performance underground et que tout ça me paraît bien vain au final. Certes, on ne peut nier la totale liberté artistique de Costes, qui fait ce qui lui plaît, sans aucune contrainte. I Love Snuff a-t-il un autre but que celui de choquer son auditoire ? Je ne pense pas mais je me trompe peut-être. La partie snuff nous rappelle des titres comme August Underground Mordum, avec une qualité d'image similaire et une violence moins explicite tout de même, si ce n'est un gavage à la moutarde, une utilisation de pince-à-linge sur des tétons ou de l'huile de friture déversée sur un corps. La réalisation se contente du minimum syndicale, l'acting est à l'avenant. On est dans le micro-budget bien sûr, dans la production Do It Yourself amateur, française qui plus est. Que retenir donc de I Love Snuff ? C'est à voir une fois, pour pouvoir vous situer par rapport à ce type de performance. Les âmes sensibles ou chastes ne trouveront rien de positif dans ce moyen-métrage, les amateurs d’œuvres sans concession y trouveront sûrement leur compte. Pour ma part, je l'ai vu, je n'y reviendrai sûrement jamais car ce n'est pas du tout ma tasse de thé. Mais on ne peut remettre en cause son identité, son refus du politiquement correct et son existence même.

* Disponible en DVD chez -> TETRO VIDEO <-   

BLACK EMANUELLE EN AMÉRIQUE

BLACK EMANUELLE EN AMÉRIQUE
(Emanuelle in America)

- Visionné en version intégrale non censurée -

Réalisateur : Joe d'Amato
Année : 1977
Scénariste : Maria Pia Fusco
Pays : Italie
Genre : Érotique, Aventure, X, Horreur
Interdiction : -18 ans
Avec : Laura Gemser, Gabriele Tinti, Roger Browne, Paola Senatore...


L'HISTOIRE : La jolie photo-reporter Emanuelle est toujours à la recherche de scoop pour le journal qui l'emploie. A New York, elle va dévoiler les activités suspectes du milliardaire Eric van Darren puis à Venise, elle devra percer à jour le Duc Alfredo Elvize, ami de Van Darren, avant de s'envoler pour les Caraïbes afin de photographier ce qui se passe dans une luxueuse résidence, transformée en bordel pour femmes aisées. Sur place, elle découvrira dans l'une des chambres un mini-film dans lequel des mercenaires torturent et mutilent des femmes pour de vrai...

MON AVIS : Suite au succès planétaire du film français Emmanuelle, qui fera de son actrice principale Sylvia Krystel une star, les Italiens, rois de la copie cinématographique, cherchent à surfer sur la renommée du film de Just Jaeckin réalisé en 1974. C'est en regardant Emmanuelle 2 l'année suivante qu'ils découvrent dans le rôle d'une masseuse l'actrice Laura Gemser, une indonésienne au corps et à la beauté exotique parfaits. Il n'en fallait pas plus pour que les Italiens aient l'idée d'en faire la vedette d'une série de films d'aventures érotique en la renommant simplement Black Emanuelle, avec un seul "M" pour éviter les procès pour plagiat. L'affaire est dans le sac dès 1975 avec la sortie de Black Emanuelle réalisé par Bitto Albertini. Suivra en 1976  Black Emanuelle en Orient, cette fois-ci réalisé par le célèbre Joe d'Amato, qui va venir pimenter la saga de sa folie, notamment avec le troisième épisode mis en scène en 1977, le fameux Black Emanuelle en Amérique. Un film à la réputation sulfureuse, principalement pour deux séquences qui ont transformé un banal film d'aventure érotico-exotique en oeuvre culte pour les amateurs de cinéma bis déviant. Car sans ses deux séquences sur lesquelles je vais revenir par la suite, il faut bien avouer que Black Emanuelle en Amérique ne se démarquerait pas vraiment du lot des productions érotiques de l'époque, si ce n'est par la présence toujours radieuse de son actrice principale. Le scénario, si on peut appeler ça comme ça, est on ne peut plus léger et on a plus l'impression d'assister à une sorte de film à sketchs avec un maigre fil conducteur, avec des scénettes se déroulant dans divers pays, qu'à une véritable histoire. Emanuelle à New York, Emanuelle à Venise, Emanuelle au Caraïbes, Emanuelle en Amérique Latine, Emanuelle en Afrique, on ne peut pas dire que Black Emanuelle en Amérique ne nous fasse pas voyager ! Laura Gemser promène sa gracieuse silhouette dans ces divers paysages et use de ses charmes à maintes reprises pour se sortir de situations périlleuses ou juste pour prendre du bon temps. La jolie reporter est une adepte de l'amour libre et elle donne autant qu'elle reçoit. Elle se fait kidnapper par une jeune homme qui lui reproche de faire des photos nue de sa petite amie et la menace d'un pistolet ? Hop, une petite fellation plus tard, le danger est écarté ! La directrice d'un harem clandestin a découvert sa véritable identité ? Hop, un numéro de charme, un peu d'alcool et la voilà tirer d'affaire ! Elle sait y faire notre Black Emannuelle, il n'y a pas de problème insurmontable pour elle ! Reste que les très nombreuses séquences érotiques qui ponctuent régulièrement le film finissent pas ennuyer plus qu'à exciter, tant elles sont répétitives et pas franchement originales, si on excepte celle dans laquelle une jeune femme recouverte de gâteau se fait "manger" par les invités d'une orgie organisée par le personnage joué par Gabriele Tinti, mari de Laura Gemser à la ville. Comme bien souvent, Black Emanuelle en Amérique dispose de nombreuses versions en fonction de la censure des divers pays. Dans la version intégrale, l'érotisme soft se partage avec des scènes ouvertement pornographiques, qui n'apportent pas grand chose au final et qui ne mettent jamais Laura Gemser en scène qui plus est, ce qui amoindri encore plus leur intérêt. Les pérégrinations de la belle Emanuelle sont sans réelle saveur au final et rien ne fait vraiment décoller ce film. Rien sauf la folie de son réalisateur. Joe d'Amato, bien connu des fans de cinéma d'horreur puisqu'il leur a offert des films tels Blue Holocaust, Anthropophagous ou Horrible entre autres, va totalement se lâcher dans deux séquences qui donnent tout son sel à Black Emanuelle en Amérique et qui lui valent sa solide réputation.La première est une séquence dite de zoophilie dans laquelle les invités d'une soirée festive vont aller espionner l'une des invités qui a une attirance non pas pour le sexe masculin mais plutôt pour celui chevalin ! Devant la foule agglutinée, l'actrice va prodiguer une masturbation au cheval qui semble apprécier cette attention toute particulière. Une scène qui sera reprise par Joe d'Amato dans son Caligula la Véritable Histoire en 1983. Si cette séquence pourra choquer le spectateur non préparé, le réalisateur va mettre la barre encore plus haute avec la fameuse séquence du snuff movie. Si ce mythe (?) du film dans lequel on torturerait et assassinerait pour de vrai des acteurs a fait son apparition en 1975 dans le film Snuff de Michael Findlay, les séquences imaginées par Joe d'Amato dans Black Emanuelle en Amérique vont encore plus loin dans le sordide et reste peut-être encore à ce jour les plus atroces jamais réalisées sur ce sujet, dépassant même celle de Salo ou les 120 jours de Sodome de Pasolini. En mission d'infiltration, Emanuelle observe les relations sexuelles de femmes riches dans un luxueux harem clandestin situé dans les Caraïbes. Dans une chambre, un couple fait l'amour; Emanuelle remarque qu'une caméra super 8 projette un film qui semble les exciter. La curiosité étant un vilain défaut, Emanuelle ne peut s'empêcher de regarder les images projetées sur un petit écran blanc. Et là, le spectateur sera tout autant sidéré que la belle photographe. Sur l'écran, dans un format vidéo assez dégueulasse, ce qui renforce l'impression de réalisme, on voit des sortes de mercenaires en tenues militaires abuser sexuellement de plusieurs femmes tout en les torturant, les mutilant de manière vraiment atroce. Ce snuff movie, on en verra d'autres images encore plus horribles vers la fin du film, Emanuelle ayant réussi à remonter le filon et à trouver une personne le possédant et ayant connaissance d'où il a été filmé. La belle se retrouve en Amérique du Sud et va assister en direct live à la torture et aux diverses mutilations subies par de pauvres femmes considérées comme un simple objet : femme brûlée au chalumeau, gode géant enfoncé dans la bouche et dans lequel on va déverser de l'huile bouillante, femme marquée au fer incandescent, femme prise en levrette avec un mors dans la bouche qui va lui ouvrir la mâchoire en deux, femme dont on va couper le sein au couteau et autres joyeusetés sont proposés au public avec une complaisance absolue et une envie de choquer qui emmène le film très loin dans l'abject le plus sordide. Emanuelle va se réveiller et son amant de lui expliquer que tout ça n'était qu'un cauchemar du à la prise de LSD. Pourtant, une fois chez son patron, Emanuelle découvre des photos qui viennent corroborer que ce snuff movie était bel et bien réel et qu'il existe donc une organisation mafieuse qui tire profit de ces atrocités. Malheureusement pour la reporter, son patron lui annonce qu'il ne pourra pas diffuser son article et les photos et que cette décision de censure est politique, ce qui la mettra dans une rage folle. Avec ces séquences vraiment choquantes, Joe d'Amato a réussi son pari : faire d'un film érotique assez fade en fin de compte une oeuvre qui possède toujours un statut de film culte auprès des aficionados et qui continue, année après année, de faire parler de lui. Il est malin ce Joe ! Egalement en 1977, il poursuivra sur sa lancée et mixera encore érotisme et horreur en envoyant Laura Gemser dans l'enfer vert se confronter à une peuplade cannibales dans Emanuelle et les Derniers Cannibales.

* Disponible en DVD collector chez BLUE UNDERGROUND (avec version française)

* PS : Didier Lefèvre du fanzine Médusa nous précise qu'en 1969, il y a eu Io Emmanuelle de Cesare Canevari qui utilisait la même recette que le film de 1974.


GORGE PROFONDE

GORGE PROFONDE
(Deep Throat)

Réalisateur : Gerard Damiano
Année : 1972
Scénariste : Gerard Damiano
Pays : Etats-Unis
Genre : Porno
Interdiction : -18 ans
Avec : Linda Lovelace, Harry Reems, Dolly Sharp, Carol Connors...

L'HISTOIRE : Linda expose à sa mère un problème très grave : elle n'a jamais eu d'orgasme. Pour remédier à ce souci, sa mère invite une dizaine de garçon pour s'occuper de sa fille mais sans succès. Elle lui conseille alors d'aller rendre visite au docteur Young, un sexologue spécialisé dans les dérèglements sexuels. Ce dernier découvre alors qu'elle est le véritable problème de Linda : la jeune fille n'a pas de clitoris. Ou plus exactement, elle a un clitoris mais pas placé au bon endroit ! En effet, le clitoris de Linda se trouve au fond de sa gorge. Pour qu'elle atteigne l'orgasme, le docteur Young suggère donc à Linda de pratiquer la "gorge profonde"...

MON AVIS : Après avoir vu Lovelace, le film biographique sur l'actrice Linda Lovelace, subliment interprété par Amanda Seyfried, il était cohérent de voir le film qui la rendit célèbre, malgré le cauchemar qu'elle a vécu hors tournage, maltraitée, exploitée et battue par son petit ami de l'époque. Réalisé pour un investissement de 25,000 $ par Gerard Damiano, qui deviendra lui aussi célèbre en tant que réalisateur de film X (on lui doit en 1973 The Devil in Miss Jones, en 1975 The Story of Johanna ou Odyssey en 1979 entre autre), Gorge Profonde fût un véritable événement lors de sa sortie en 1972. Il a été projeté dans de nombreux cinémas pornos à travers le monde mais il parvient également à se faire diffuser dans les cinémas "normaux" et engrangea dans les 600 millions de dollars de recettes ! La pauvre Linda Lovelace n'ayant touché que 1250 $ ! Le scénario, car, oui, il y en a un, ce qui était très rare à l'époque, fût rédigé par Gerard Damiano après que le petit ami de Linda lui montra un film vidéo dans lequel la jeune femme lui faisait une gorge profonde, c'est à dire qu'elle parvenait à engloutir totalement son sexe dans sa bouche et dans sa gorge. Damiano savait qu'il tenait là quelque chose de jamais vu dans un porno et il inventa donc ce scénario totalement loufoque dans lequel une femme n'arrive pas à jouir car son clitoris se trouve dans sa gorge, d'où la pratique de la gorge profonde pour arriver à l'extase. Revu de nos jours, Gorge Profonde apparaît comme délicieusement kitsch (ultra kitsch même pourrait-on dire), et le manque flagrant de budget se fait bien ressentir. Même si un certain effort est fait au niveau de la mise en scène ou de l'éclairage, force est de reconnaître que le film ne brille pas par ses caractéristiques techniques, Marc Dorcel n'est pas encore passé par là. Les acteurs cabotinent à n'en plus finir et jouent assez mal. Dans le rôle hilarant du docteur Young, on retrouve une légende du X américain, à savoir le célèbre Harry Reems, ancien acteur shakespearien reconvertit en étalon de compétition. Pas sérieux pour un sou, Gorge Profonde peut se voir comme une comédie pornographique musicale ! Car oui, ce moyen-métrage (61 minutes au compteur environ) est bardé de chansons aux influences funky, chansons elles aussi très drôles et composées pour l'occasion par d'illustres inconnus. Celle qui s'appelle comme le film, "Deep Throat", contient des paroles explicatives sur comment réussir une gorge profonde par exemple (détendez vos muscles...). La première chanson qu'on entend dans le film, "Mind if I smoke while you're eating ? " est diffusée pendant que la mère de Linda se fait faire un cunnilingus tout en fumant une cigarette. Chaque scène de sexe correspond a une chanson et on a parfois l'impression de regarder une version X de Rocky Horror Picture Show ou autre film musical à succès tant la musique est prédominante dans le film, tout comme l'humour trash et débridé. En ce qui concerne les séquences pornographiques, elles sont filmées sans grand génie, contenant tout ce qu'il y a de plus classiques en la matière. LA scène phare du film, à savoir la gorge profonde de Linda Lovelace sur Harry Reems, reste impressionnante. Toujours avec humour, il dira notamment sur cette méga-fellation: "quand elle m'a avalé en entier, je me suis demandé si j'allais m'en sortir vivant. J'ai regardé autour de moi : les yeux de Gerard (le réalisateur) lui sortaient de la tête, et le cameraman avait la mâchoire inférieure sur les chaussures…" Moins drôle et beaucoup plus malsain seront les confessions de Linda Lovelace dans sa biographie : "À chaque fois que quelqu'un regarde Gorge Profonde, il me voit en train d'être violée. C'est un crime qui est en train de se dérouler dans ce film ; j'avais un revolver sur la tempe, tout le temps". Des phrases chocs, parfaitement retranscrites dans le film Lovelace. Une facette on ne peut plus sombre d'un film plutôt rigolo, fun, divertissant mais qui a quand même pris un sacré coup de vieux. Reste qu'au début des années 70, il provoqua une véritable révolution et participa à l'émancipation sexuelle aux Etats-Unis. Le titre du film est totalement culte, il inspira même au journaliste Bob Woodward le surnom de son informateur secret qui fut à l'origine du scandale du Watergate, surnom que Chris Carter a également donné à l'informateur de Fox Mulder dans la série X-Files. Au final, Gorge Profonde, tout en n'ayant que très peu d'intérêt sur un plan purement cinématographique (c'est un pur nanar en fait), reste un film important pour ce qu'il représente en terme de libération des mœurs. Il a également influencé la pop-culture et son aura brille encore de nos jours. A savourer tranquillement dans son canapé... tout en se rappelant quel calvaire a vécu l'actrice, devenu en l'espace d'un film la première star du X à l'écran !

NOTE : 3/6


SESSO NERO

SESSO NERO
(Sesso Nero)

Réalisateur : Joe D'Amato
Année : 1980
Scénariste : Luigi Montefiori
Pays : Italie
Genre : Erotique, X
Interdiction : -16 ans
Avec : Mark Shannon, Annj Goren, George Eastman, Lucia Ramirez...



L'HISTOIRE : Mark Lester apprend qu'il doit subir une opération vitale de la prostate qui le laissera impuissant. Il demande quinze jours à son chirurgien et retourne dans l'île de Saint-Domingue pour profiter une dernière fois des plaisirs de la chair. Arrivé sur place, il revoit ses anciens amis mais également une jeune femme dont il fut follement amoureux par le passé et qui serait morte de chagrin suite à son départ. Mark est troublé par cette vision car la jeune femme est resté physiquement telle qu'elle était par le passé. Le père de cette dernière étant spécialisé dans les pratiques du vaudou, Mark se demande s'il n'est pas victime d'une vengeance du paternel, s'il a vu un fantôme ou si son ancienne dulcinée est bel et bien vivante...

MON AVIS : Entre 1978 et 1980, le prolifique réalisateur italien Joe D'Amato se prend de passion pour l'île de Saint-Domingue, située dans les Caraïbes. Dans ce lieu paradisiaque, il a réalisé plusieurs films, souvent avec la même équipe de tournage et les mêmes acteurs, notamment en 1980. D'après un scénario de Luigi Montefiori, plus connu sous le nom de George Eastman, Sesso Nero est une date dans le cinéma italien car il est le premier film à s'insérer dans le filon de la pornographie. Spécialisé dans l'érotisme et le gore, Joe D'Amato franchit avec cette oeuvre la ligne de démarcation entre sexe simulé et sexe non simulé. Fellations multiples, pénétrations ou masturbation féminine filmée avec moult détail sont donc au programme de Sesso Nero qui nous présente l'acteur Mark Shannon en bien fâcheuse posture puisque ce dernier, macho avide de sexe, va devenir impuissant après une opération urgente qui doit être exécutée dans une quinzaine de jours. L'acteur deviendra un spécialiste des scènes hard chez D'Amato et on le verra dans d'autres films de la période "Saint-Domingue", comme Orgasmo Nero, La Nuit Fantastique des Morts-Vivants, Porno Holocaust ou Hard Sensation par exemple. Dans Sesso Nero, il interprète un personnage pour le moins antipathique, qui n'hésite pas un seul instant à sauter la femme de son meilleur ami pendant que ce dernier est parti lui chercher une bonne bouteille ! Sympa ! Homme à femmes, on comprend vite que la gent féminine n'est pour lui qu'un objet dont il peut user et abuser et même lorsque sa propre femme débarquera sur l'île, il n'hésitera pas à la tromper avec des domestiques par exemple. Il a néanmoins un point faible : son ancienne amour qu'il a abandonné jadis et qu'il vient d'apercevoir dans une rue, ce qui lui semble impossible, la belle n'ayant physiquement pas subit l'épreuve du temps qui passe. Sesso Nero dévie gentiment dans une atmosphère un peu fantastique puisqu'on ne sait pas si Mark est victime de vision ou s'il est hanté par un fantôme. Le thème du vaudou vient s'ajouter à cette ambiance suave et on se demande nous aussi de quoi il en retourne vraiment. Pas déplaisant à regarder, Sesso Nero propose de plus de jolis paysages, la mer, les palmiers, le sable chaud et quelques actrices peu farouches qui n'hésitent pas à donner de leur personne, à l'image de Annj Goren ou de Lucia Ramirez. Même si les scènes hard sont donc non simulées ici, on ne peut pas vraiment dire qu'elles soient bien excitantes tant les actrices semblent se retenir ou semblent ne pas être très à l'aise avec le sexe filmé sans tabou. On est loin du ressenti qu'on pouvait avoir face aux prestations plus soft mais nettement plus affriolantes de Laura Gemser par exemple. Si on appréciera de voir notre bon George Eastman dans le film, la séquence dans laquelle il apparaît est par contre d'un ridicule inachevé : assis à une table dans un bar dont Eastman est le propriétaire, un couple fait un strip-tease sur un air disco et leur prestation est juste pathétique. Sesso Nero reste tout de même assez distrayant et nous rappelle les films érotiques de M6 en deuxième partie de soirée. On a toutefois connu Joe D'Amato plus inspiré et le film ne laissera pas un souvenir majeur dans nos esprits. A découvrir néanmoins pour ce qu'il représente par rapport au cinéma érotique italien et pour la fameuse ultime séquence dans laquelle Mark Shannon se tranche le sexe.

* Disponible en DVD version intégrale chez Bach Films

NOTE : 3/6


DRILLER

DRILLER
(Driller : A Sexual Thriller)

Réalisateur : Joyce James
Année : 1984
Scénariste : Joyce James, Dick Howard 
Pays : Etats-Unis
Genre : Porno, Fantastique
Interdiction : -18 ans
Avec : Taija Rae, Carson Dy, Mr. J, Cassandra Leigh, Renée Summers...


L'HISTOIRE : Louise est une fan inconditionnelle de la pop star Mr. J et se rend à son concert avec Ben, son petit ami qui ne partage pas ses goûts musicaux. De retour chez ses parents qui sont absents, Louise laisse Ben lui faire l'amour. Une fois ce dernier parti, la jeune fille va se coucher. C'est alors que des créatures étranges surgissent dans sa chambre, accompagnées par Mr. J qui se transforme en loup-garou et la viole. Elle sera ensuite entraînée dans un univers onirique et pervers...

MON AVIS : 2 décembre 1983. Un vidéo-clip de 14 minutes débarque sur nos écrans et participe à l'explosion des ventes d'un album au titre homonyme, qui deviendra l'album le plus vendu au monde. Ce vidéo-clip, c'est bien sûr le Thriller de Michael Jackson, réalisé par John Landis, que la star interplanétaire a contacté après avoir vu son film Le Loup-Garou de Londres. Michael Jackson qui se transforme en loup-garou, Michael Jackson en mort-vivant, exécutant des chorégraphies de dingues accompagné par d'autres zombies, une fille en détresse, des effets-spéciaux et des maquillages hallucinants, la voix de Vincent Price, le tout sur un titre pop ultra efficace, le cocktail est détonant et le clip inoubliable, culte. En 1984, Joyce James décide de parodier Thriller dans un long métrage pour adultes qui mêlerait pornographie, fantastique et chorégraphie. Le résultat sera donc ce Driller, film sorti chez nous en VHS et qui vient d'être édité en DVD par Crocofilms. En anglais, le verbe "to drill" signifie "forer, percer". Je ne vous fais pas un dessin, vous aurez compris à quoi on va faire référence ici. Lorsque Mr J se transforme en loup-garou (ne vous attendez pas à une transformation digne de ce nom, on ne voit que le résultat final), dont le maquillage évoque très bien celui de Michael Jackson dans Thriller, il exhibe fièrement son sexe devant la pauvre Louise, qui n'en aura jamais vu un comme celui-ci ! En effet, l'engin du loup-garou va se mettre à tourner tel le foret d'une perceuse, donnant au titre du film tout son sens. Une séquence rigolote et assez sympa, et qui, au final, sera bien la seule chose à retenir de Driller. Parce que le reste ne vaut pas tripette, c'est le moins que l'on puisse dire. Se retrouvant dans les couloirs d'un château, Louise va assister à divers scènes sexuelles sans jamais y participer et c'est bien dommage puisque cette héroïne est interprétée par la ravissante Taija Rae, star du ciné porno US 80's. On ne sait pas pourquoi le réalisateur se contente de la faire regarder et ne la fait pas participer aux ébats. Il préfère filmer des nanas sans grand intérêt et transforme son film en une sorte de parodie à sketchs, les séquences s'enchaînant mollement comme diverses vignettes. Un monstre "frankensteinien" lubrique regarde une demoiselle se donner un plaisir solitaire, deux lesbiennes s'amusent avec deux godemichés lumineux, un couple de morts-vivants s'amuse ensemble, une femme est donnée en orgie à un groupe de monstres et d'hommes habillés façon SM. Celui qu'on félicitera sera le décorateur du film, qui a plutôt bien travaillé, avec toiles d'araignées, croix, tombes et jeu de fumée. Mais niveau performance ou excitation, c'est le calme plat devant notre écran. Les scènes pornos sont d'une platitude exaspérante, ne sont en rien érotiques et l'ennui nous étreint, nul fil conducteur ou semblant de scénario ne venant nous tirer de notre torpeur. Au milieu de tout ça, Mr J réapparaît de temps à autre, grimé en zombie et dansant entouré d'autres morts-vivants, façon Michael Jackson évidemment (je dis bien "façon"), sur de la musique insipide se voulant une pale copie de l'originale. Le montage n'a ni queue (ça tombe mal dans ce type de film !) ni tête, notamment vers la fin où Louise regarde la chorégraphie de Mr J et se retrouve le plan suivant entourée de mâles qui vont la besogner, la caméra revenant sur la chorégraphie quelques plans plus tard. On est bien loin qualitativement de film comme Café Flesh, Night Dreams ou New Wave Hookers, qui, eux, savaient parfaitement utiliser l'aspect onirique et fantasmatique de leur univers. Driller est en fait un vrai nanar et cette tentative de parodier un clip magistral est plutôt raté au final. Hormis Taija Rae (très mal exploitée) et la séquence du loup-garou, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent. 

* Disponible en DVD chez Crocofilms

NOTE : 1/6



G SPOT

G SPOT
(The Grafenberg Spot, Double Insight for Traci Lords)


Réalisateur : Mitchell Brothers
Année : 1985
Scénariste : Artie Mitchell
Pays : Etats-Unis
Genre : Porno
Interdiction : -18 ans
Avec : Traci Lords, Ginger Lynn, Harry Reems, John Holmes, Rick Savage, Annette Haven, Amber Lynn


L'HISTOIRE : Leslie a un problème de couple, car lorsqu'elle a un orgasme, elle ne peut s'empêcher d'avoir une éjaculation de liquide féminin, ce qui perturbe Michael, son compagnon. Ayant rompu à cause de ce problème, la jeune femme se rend chez un sexologue, le docteur Elaine Reynolds, qui lui explique que son soucis est tout à fait normal et qu'il est du à la sensibilité accrue de son point G. Le docteur Reynolds décide d'aller voir Michael pour lui expliquer ce phénomène...

MON AVIS : Classique des années 80, G Spot a quelque peu vieilli et ne doit sa renommée qu'à la présence de stars comme Ginger Lynn ou John Holmes au casting, et bien sur de la superbe Traci Lords. Cette dernière n'a qu'une seule séquence dans ce film, mais quelle séquence ! Il s'agit certainement de sa scène hard la plus réussie de toute sa carrière X, rien que ça ! L'acteur Harry Reems avait même dit en interview que Traci lui avait fait perdre complètement les pédales durant cette séquence anthologique et on le comprend. Hormis cette scène démentielle qui réveillerait un mort, le reste est plutôt répétitif et guère passionnant, même si joliment filmé. Le film s'amuse avec le fameux point G, découvert dans les années 50 par Ernest Grafenberg. Mythe ou réalité, à vous mesdames de nous le dire ! A voir essentiellement pour la scène avec Traci Lords donc ou pour les fans de la non moins charmante Ginger Lynn, qui explose le temps de présence à l'écran.

NOTE : 2/6