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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




ANTHROPOPHAGOUS

ANTHROPOPHAGOUS
(Anthropophagus)

Réalisateur : Joe D'Amato
Année : 1980
Scénariste : Joe D'Amato, George Eastman
Pays : Italie
Genre : Horreur, Cannibales
Interdiction : -16 ans
Avec : Tisa Farrow, Saverio Vallone, Serena Grandi, Mark Bodin, George Eastman...


L'HISTOIRE : De jeunes amis se rendent sur une île grecque pour se divertir. Ils découvrent un village vide de tout occupant. Une de leurs amies disparaît. Après l'avoir recherchée, ils décident de passer la nuit dans une maison apparemment abandonnée. Dans la cave de la maison, ils découvrent une jeune fille complètement terrifiée cachée dans un tonneau. La jeune fille leur raconte qu'elle tente d'échapper à un homme qui aurait mangé tous les habitants de l'île. La peur commence à gagner le groupe...

MON AVIS : Titre phare du cinéma gore italien 80's, la réputation d'Anthropophagous risque de lui jouer des tours auprès de la nouvelle génération qui, s'attendant à voir de la tripaille en pagaille, en sera tout compte fait pour ses frais. Car hormis quatre ou cinq scènes chocs, dont deux totalement cultes qui ont marqué les esprits des spectateurs de l'époque, le film de Joe d'Amato se révèle être en fait un film misant beaucoup plus sur l'ambiance que sur un déferlement d'horreur graphique. Par petites touches successives, le réalisateur italien, qui avait déjà touché au genre horrifique avec Black Emanuelle en Amérique (1977), Emanuelle et les derniers cannibales (1977) et surtout Blue Holocaust (1980), plonge le spectateur et ses personnages dans l'inquiétant décor, pourtant ensoleillé, d'un petit village perdu sur une île grecque et dont la population semble avoir totalement disparue. Le kidnapping d'une femme enceinte, restée seule avec un matelot sur un bateau, ce dernier se retrouvant sans tête, nous met la puce à l'oreille : il y a un quelque chose ou quelqu'un de pas très net sur l'île ! On le sait déjà me direz-vous, il suffit de regarder l'affiche du film ou de lire le slogan, d'une efficacité redoutable : "L'homme qui se mange lui-même" ! Un argument marketing imparable qui a grandement participé au succès d'Anthropophagous, notamment en vidéo. Malin, Joe d'Amato tarde à nous montrer son psychopathe cannibale, et préfère jouer sur la suggestivité et l'ambiance justement. Les déambulations du petit groupe dans des rues désertes, la découverte d'une vaste demeure, dans laquelle une femme se pend devant eux, puis d'une jeune fille aveugle complètement terrifiée dans la cave, cachée dans un tonneau (pour ce qui sera l'une des meilleures scènes du film), autant d'éléments qui installent un climat angoissant, que viennent renforcer les conditions climatiques, à savoir un violent orage qui prive nos jeunes touristes d'électricité et les obligent à se déplacer à l'aide de bougies. Anthropophagous peut se targuer de développer une atmosphère digne d'un film d'épouvante gothique, ce que viendra encore confirmer la découverte de l'antre de l'anthropophage, situé dans des catacombes dans lesquelles sont entassés des ossements humains et autres squelettes, décor qui accentue encore le caractère morbide de l'oeuvre et renvoie le film de D'Amato au cinéma de Lucio Fulci ! Si jusqu'à présent Anthropophagous s'était montré relativement sage niveau excès sanglant, le dernier quart d'heure va vite venir remettre les pendules à l'heure, avec notamment la fameuse scène dans laquelle notre cannibale extirpe le foetus d'une femme enceinte et le croque à pleines dents ! D'autres petites joyeusetés vont suivre et les amateurs de gore seront enfin en territoire connu. George Eastman dans le rôle titre se montrera particulièrement terrifiant dans ce film, le visage mutilé, les yeux exorbités et dans lesquels les signes de la folie mentale sont bien présents. On appréciera le flashback nous dévoilant pourquoi ce personnage en est arrivé à devenir cannibale, séquence qui nous le ferait presque prendre en affection, à l'instar des grands monstres classiques telle la créature de Frankenstein. Plus victime que véritable tueur sanguinaire, l'anthropophage nous gratifiera d'une séquence particulièrement jouissive et effrayante, celle dans laquelle il gravit lentement les marches situées à l'intérieur d'un puits, traquant sa prochaine victime. Le final, avec la seconde scène culte qui illustre par l'image le fameux slogan cité plus haut, clôturera de manière directe et brutale ce film d'horreur qui a certes vieilli (notamment au niveau de la musique) mais qui, pour ma part, reste un film maîtrisé, efficace, correctement interprété et que je prends toujours autant plaisir à regarder. Merci à Bach Films de nous l'avoir offert en DVD dans sa version intégrale et nanti d'une qualité d'image plus que correcte, renvoyant aux oubliettes ma vieille VHS...

* Disponible en DVD chez BACH FILMS




L'ASCENSEUR

 
L'ASCENSEUR
(De Lift)

Réalisateur : Dick Maas
Année : 1983
Scénariste : Dick Maas
Pays : Pays-Bas
Genre : Thriller, Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Huub Stapel, Willeke van Ammelrooy, Josine van Dalsum, Dick Scheffer...


L'HISTOIRE : Plusieurs incidents ont lieu dans un grand immeuble résidentiel, à cause d'un dysfonctionnement des ascenseurs : un groupe de fêtards manquent d'être asphyxié, un gardien se fait décapiter par l'appareil, un aveugle passe les portes alors que la cabine n'est pas présente et fait une chute mortelle. Le gérant de l'immeuble fait appel à Félix Adelaar, réparateur émérite. Les tests effectués par ce dernier ne donnent rien de concluant ; tout semble être fonctionner normalement. Mais l'ascenseur continue de faire des siennes. Félix mène son enquête et s'associe à une journaliste pour tenter de démêler cette curieuse affaire...

MON AVIS : "Un ascenseur ne fonctionne pas tout seul, on n'a jamais vu ça" dixit un inspecteur venu enquêter sur les méfaits imputés à la machine. Celui de Dick Maas, si ! Ce réalisateur néerlandais nous propose un thriller teinté de fantastique avec L'ascenseur, film qui remporta le Grand Prix du Festival d'Avoriaz en 1984 ! On pourra trouver cette distinction un peu exagérée quand on sait qu'il y avait Christine, Dead Zone ou La Foire des Ténèbres en compétition cette année là. Car cette nouvelle vision de L'ascenseur a encore confirmé ma première impression quand je l'ai vu en VHS il y a belle lurette déjà : c'est un film qui ressemble à un téléfilm et c'est plutôt mou du genou hormis quelques séquences sympathiques passées en compagnie de l'engin meurtrier. Quand l'ascenseur fait des siennes, Dick Maas marque des points et le spectacle fonctionne plutôt pas mal. On retiendra particulièrement la mort du gardien d'immeuble, dont la tête coincée entre les portes va se faire littéralement arracher de son corps par la cabine qui redescend ! Culte ! La scène dans laquelle une petite fille blonde risque de devenir la prochaine victime est également efficace et riche en suspense, tout en étant baignée d'humour noir, sa mère étant en train de prendre du bon temps avec son amant plutôt que de la surveiller. Hormis ça, il n'y a pas grand chose d'autre à se mettre sous la dent et on passe plus de temps à suivre les investigations de Félix et ses relations avec les autres personnages qu'à assister aux méfaits de l'ascenseur fou. Le réalisateur se focalise plus sur l'intrigue policière que sur sa star de métal, ce qui fait perdre pas mal de rythme à son long métrage, qui n'est pourtant pas dénué d'intérêt. Déjà, c'est la première fois que cet objet du quotidien bien pratique il faut le reconnaître devient une menace pour les utilisateurs. Les claustrophobes ne le portent pas en leur coeur et ce n'est pas la vision du film qui va les réconcilier avec. On veut savoir quel est la cause du dysfonctionnement de l'ascenseur : agit-il par lui-même ? Est-il commandé à distance par quelqu'un ? Y'a-t-il juste un soucis dans la programmation de la puce électronique qui le régit ? Autant de questions qui viennent nous donner matière à interrogation et qui trouveront une réponse tardive, permettant à Félix de mener sa propre enquête avant d'affronter l'ascenseur lui-même pour tenter de le mettre hors d'état de nuire. Cette phase finale est d'ailleurs assez convaincante et joue bien avec le suspense. Si la conclusion très scientifique paraît plausible de nos jours, reconnaissons qu'à l'époque, l'argument était encore relativement nouveau, même si 2001 l'Odyssée de l'espace ou Colossus le cerveau d'acier étaient déjà passé par là. Bref, quelques bonnes idées émaillent ce thriller cybernétique qui aurait gagné à se montrer plus dynamique et à mettre de côté quelques intrigues secondaires guère intéressantes. L'ascenseur a encore pris un bon coup de vieux et il ne faut pas en attendre trop si vous ne l'avez pas encore vu. A noter que Dick Maas a réalisé le remake de son propre film en 2001 avec L'ascenseur niveau 2 ! Pour ma part, je prends toujours l'ascenseur, preuve que le film n'a pas marqué autant les esprits que voulu...

NOTE : 3/6




AND SOON THE DARKNESS

AND SOON THE DARKNESS
(And Soon the Darkness)

Réalisateur : Marcos Efron
Année : 2010
Scénariste : Jennifer Derwingson, Marcos Efron
Pays : Etats-Unis, Argentine, France
Genre : Thriller, Survival
Interdiction : -12 ans
Avec : Amber Heard, Odette Annable (Yustman), Karl Urban, Adriana Barraza, César Vianco...


L'HISTOIRE : Stéphanie et sa copine Ellie parcourent une partie reculée de l'Argentine à vélo, durant leurs vacances. Après une petite dispute au bord d'un lac, les deux amies se séparent. Prise de remord, Stéphanie retourne chercher Ellie mais celle-ci reste introuvable. Comme les cas de disparitions semblent monnaie courante dans le pays, elle alerte la police et va tout faire pour la retrouver...

MON AVIS : Avec son titre plutôt accrocheur, And Soon the Darkness semblait de prime abord être un bon thriller jouant avec les codes du survival, la présence de la sublime Amber Heard n'étant pas non plus étrangère à mon intérêt soudain pour ce long métrage que j'ai déniché pour pas cher dans le NOZ de ma région. And Soon the Darkness est en fait le remake d'un film anglais de Robert Fuest, datant de 1970, avec Pamela Franklin et Michele Dotrice dans le rôle des deux copines à vélo. Dans le film original, l'action se déroulait en France mais hormis cela, le scénario était rigoureusement le même, dans les grandes lignes. En 2010, pour faire plus exotique et surtout pour bénéficier de conditions climatiques propices à filmer les deux actrices en maillot de bain, on a déplacé le cadre de l'action en Argentine. Ce n'est pas une mauvaise idée, puisque le soleil est effectivement au rendez-vous et que les paysages sont juste sublimes, parfaitement mis en valeur lors des randonnées à vélo de nos deux touristes de charme :  Amber Heard donc, qu'on ne présente plus, joue la blonde un peu réservée et qui a la tête sur les épaules. Odette Annable (Yustman), vue dans Cloverfield, The Unborn ou diverses séries télévisées, interprète la brune décomplexée, un peu fofolle, qui aime s'amuser et veut profiter un maximum de ses vacances, quitte à passer la nuit avec un ténébreux garçon argentin plutôt qu'avec sa copine trop timide. Le film pourrait apparaître comme un peu "vieux jeu" puisque c'est la brune qui va être kidnappée ! Comme quoi, être prude peut vous sauver la vie mais ça, on le savait déjà depuis 1980 et le premier Vendredi 13 ! Après une introduction choc qui nous fait comprendre que des jeunes filles se font régulièrement enlevées et torturées dans cette partie du pays, on assiste donc aux péripéties touristiques de nos deux héroïnes : décor de rêve et séance de bronzage au bord d'un lac sont les principales attractions, nous permettant de profiter de la plastique impeccable d'Amber et d'Odette. Et il faut malheureusement avouer que c'est bel et bien le seul réel intérêt de And Soon the Darkness. Bien que correctement mis en scène et joliment photographié, le film de Marcos Efron, dont c'est le premier long métrage, ne cherche jamais à se montrer original ou à éviter les clichés vus et revus, éculés au plus haut point. Pire que tout, le film ne joue jamais avec la notion de suspense et quand il tente de le faire (la libération d'Ellie par Stéphanie), c'est avec une platitude désespérante, platitude qui ne provoque aucun remous chez le spectateur, qui se contente de suivre avec torpeur le déroulement linéaire et prévisible des événements. Hostel est déjà passé par là depuis belle lurette, Territoires, Live Animals aussi, et tous les films dans lesquels des jeunes touristes sont kidnappés pour être revendus ou autres joyeusetés nous sont connus. And Soon the Darkness n'apporte absolument rien de neuf à ce thème ultra rabâché et se montre même plus paresseux que ces modèles, que ce soit au niveau de la violence (ultra soft ici) ou de l'originalité des situations proposées. Pour exemple, on se doute dès le départ que le seul flic du coin est de mèche et joue un rôle actif dans les enlèvements, ce n'est pas à nous qu'on va la faire ! Seul le personnage joué Karl Urban nous titille un peu, ne sachant pas de quel côté il est. Bref, si And Soon the Darkness se laisse malgré tout regarder paisiblement, si les courbes et le visage angélique d'Amber Heard mérite évidemment une vision, voir un achat du DVD (mais pas plus de 3 euros hein !), surtout qu'elle s'en sort plutôt bien en tant qu'actrice et qu'elle semble prendre un réel plaisir à jouer dans des séries B de genre, ce qui est tout à son honneur, le film lui-même n'a rien d'exceptionnel et ne satisfera que les néophytes n'ayant vu aucun long métrage de ce style. Les autres le trouveront superflu, voir totalement inutile.

NOTE : 2/6


THE BATTERY

THE BATTERY
(The Battery)

Réalisateur : Jeremy Gardner
Année : 2012
Scénariste : Jeremy Gardner
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Zombies
Interdiction : -12 ans
Avec : Jeremy Gardner, Adam Cronheim, Niels Bolle, Alana O'Brien...


L'HISTOIRE : Survivants d'une catastrophe qui a dépeuplé la planète et transformé les individus en dangereux morts-vivants, Ben et Mickey, deux ex-joueurs de baseball, tentent de survivre au jour le jour...

MON AVIS : Réalisé avec un budget d'environ 6000$ seulement, le film de Jeremy Gardner, qui est aussi scénariste, producteur et comédien dans The Battery, a bénéficié d'un bon bouche à oreille ainsi que de critiques plutôt élogieuses, en provenance des Etats-Unis ou lors des diverses projections dans différents festivals, et notamment au Toronto After Dark Film Festival où il est reparti en 2013 avec les prix du meilleur film, meilleur scénario et meilleure musique, rien que ça ! Petit film indépendant sans le sou donc, The Battery bénéficie en contrepartie de l'investissement et de l'énergie de son réalisateur multi-tâches, qui s'est lancé à bras le corps dans ce projet pour le mener à son terme. Il nous offre un road movie campagnard dans lequel les pérégrinations de deux joueurs de baseball composent l'essentiel du scénario. Basé sur un concept proche de la saga The Walking Dead, c'est à dire "les morts-vivants représentent moins une menace que les humains eux-même", The Battery nous présente donc le parcours de Ben et Mickey, deux survivants qui passent leur temps à parcourir routes et chemins, coupant à travers bois car "les morts-vivants sont moins nombreux". La relation entre ces deux héros anti-héros est le gros point positif du film. Ben est le débrouillard du duo, celui sur qui on peut compter en qu'à d'attaque, celui sur qui incombe la tâche de survivre. Mickey est son antagoniste total. Trouillard, peureux, il se coupe du monde qui l'entoure grâce à son lecteur de CD portable, la musique diffusée via ses écouteurs lui offrant une barrière mentale face à la situation dramatique qui l'entoure. On apprendra par la suite qu'ils ne sont pas vraiment amis mais juste partenaire de jeu au baseball, l'un étant batteur, l'autre lanceur. D'où le titre ambigu du film, qui évoque autant les piles nécessaire au bon fonctionnement du lecteur de CD de Mickey que la paire qu'il faisait ensemble au baseball. Passant tout leur temps ensemble, leur relation se transforme, évolue au fil du temps, Ben devenant une sorte de grand-frère protecteur. A ce niveau, les deux acteurs s'en sortent admirablement bien, parvenant à nous faire ressentir toute la complexité de leur duo mais également toute la lassitude, toute l'ingratitude de leur situation : n'ayant plus de chez eux, devant arpenter sans cesse les routes, ne pouvant se poser dans les maisons découvertes en chemin de peur d'être assaillis par les morts, n'ayant plus aucune relation avec d'autres personnes à part eux-même, n'entretenant plus de relation avec l'autre sexe. Les journées et les nuits sont longues, il n'y a rien à faire à part manger, dormir, combattre ou jouer un peu au baseball. Un quotidien peu enviable, monotone au possible, dont seule la présence d'un mort-vivant vient apporter un peu de nouveauté ou d'action. Cette monotonie, cette langueur omniprésente, Jeremy Gardner nous en propose une bonne tranche tout au long du déroulement de The Battery. Forcément, vu le budget accordé au film, pas possible de refaire Zombie ou L'armée des Morts. Les amateurs de films de morts-vivants en seront donc pour leur frais à ce niveau car ils n'auront pas grand chose à se mettre sous la dent. Les très rares attaques de zombies finissent généralement en hors champ afin de pallier le manque d'argent et l'absence d'effets-spéciaux. Quand Ben massacre un zombie à coup de batte de baseball, la scène est suggérée, ne montre rien. Idem quand Mickey doit se débrouiller pour en liquider un autre, la scène se déroule derrière une porte fermée et on découvre juste le résultat final. The Battery se focalise donc sur les deux protagonistes principaux et hormis leur relation, il faut bien avouer qu'il ne se passe vraiment pas grand chose dans le film. Certes, cela lui apporte une certaine crédibilité car si la situation devenait "réelle", nulle doute que ça pourrait se passer ainsi et que les journées seraient looonnngguuueesss et inintéressantes. Malheureusement, sur 1h30 de film, ce manque flagrant d'action, cette absence réel d'enjeu scénaristique, a pour défaut de nous assoupir à notre tour, de nous faire sombrer dans une certaine torpeur que rien ne viendra vraiment dynamiser. Très (trop ?) contemplatif, The Battery m'a souvent ennuyé et j'attendais le petit quelque chose qui allait faire passer le film à la vitesse supérieure. Mais rien n'est jamais vraiment venu. L'apparition d'un individu voulant voler la voiture de Ben et Mickey, puis de deux membres d'un autre groupe de survivants, a néanmoins apporté un petit souffle bienvenu et revigorant. Le final, transformant ce road movie en huis-clos dans une voiture, était lui aussi assez intéressant. Mais en fin de compte, on se dit que The Battery aurait certainement été mieux adapté à un format court ou moyen-métrage et aurait gagné en efficacité ce qu'il perdait en durée. Heureusement que la bande originale du film se montre on ne peut plus capitale. Comme déjà dit, la musique est un élément essentiel de la vie de Mickey et on entend bien souvent ce qu'il écoute à travers son casque. Les musiques et chansons choisies sont particulièrement bien en place et parviennent souvent à nous transporter dans le monde de Ben et Mickey, créant une ambiance légère voire mélancolique qui sied parfaitement bien aux images qui défilent à l'écran. Nanti de bonnes intentions, bien filmé, bien joué, comportant une scène rarement vu dans un film de zombie (je vous laisse la surprise, ça se passe entre Mickey et une zombie...) et possédant de bonnes idées, The Battery est un film indépendant qu'on a envie d'aimer, qu'on a envie de défendre pour remercier le réalisateur et son équipe de tous leurs efforts mais qui pèche à cause de son scénario étriqué, son manque d'enjeu narratif et sa durée trop longue pour un sujet aussi anémique. On pourrait même dire que la présence des zombies n'était en rien nécessaire car c'est bien les vivants qui sont ici les protagonistes principaux et qui tirent leur épingle du jeu. En tout cas, Jeremy Gardner est un réalisateur à suivre, et on lui souhaite de pouvoir s'exprimer à nouveau, avec un budget plus conséquent et surtout plus de choses à raconter.

* Disponible en DVD et VOD chez ZYLO

 NOTE : 3/6



TRAIN EXPRESS POUR L'ENFER

TRAIN EXPRESS POUR L'ENFER
(Night Train to Terror)

Réalisateur : John Carr, Phillip Marshak, Tom McGowan, Jay Schlossberg-Cohen, Gregg C. Tallas
Année : 1985
Scénariste : Philip Yordan
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Film à sketchs
Interdiction : -12 ans
Avec :  Tony Giorgio, John Phillip Law, Richard Moll, Merideth Haze, Cameron Mitchell...


L'HISTOIRE : A bord d’un wagon, Dieu et Satan se racontent trois histoires, avant que le train dans lequel ils ont embarqué et qui file à vive allure ne déraille. Dans la première, un homme est enlevé et enfermé dans un asile, hypnotisé pour appâter d’innocentes victimes. Dans la seconde, deux amants se trouvent mêlés aux jeux morbides des membres d’un club fascinés par la mort. Dans la dernière, Satan, désireux de détruire notre monde, devra faire face à une féroce résistance...

MON AVIS : Un titre culte de l'époque VHS 80's ! Dans la grande tradition du film à sketch horrifique, popularisé dans les années 60 par la firme Amicus avec des oeuvres telles Le Train des Epouvantes, Asylum ou Histoires d'Outre-tombe par exemple, Train Express pour l'Enfer tente lui aussi de se hisser dans le haut du panier avec trois histoires variées et un fil conducteur se déroulant, comme son titre l'indique, dans un train bien évidemment. Le fil conducteur met en scène Dieu et Satan, excusez du peu ! Les deux compères discutent sur le Bien, le Mal et doivent décider si telle ou telle personne ira au Paradis ou en Enfer. Ils vont alors parlementer sur l'itinéraire des trois personnages, ce qui composera donc les trois sketchs. Pour l'anecdote, le fil conducteur est entrecoupé lui-même par la prestation d'un groupe de rock qui joue dans l'un des wagons du train, avec danseurs, danseuses et breakers. Fans des années 80, vous serez aux anges car coupes de cheveux, tenues ringardes et refrain pop ultra répétitif sont bien présents, pour votre plus grande joie. Les autres trouveront vite la chanson insupportable. Passons sur ce détail et arrêtons nous sur la première histoire. Le mot "incompréhensible" me vient d'entrée de jeu à l'esprit. Le découpage totalement anarchique fait que je n'y comprend absolument rien. Mince, j'ai du rater un truc ; je fais marche arrière et je recommence mais toujours pareil, ça n'a ni queue, ni tête. J'arrête le film et je vais faire une recherche sur le net. Je tombe sur la chronique du site Nanarland et sur les explications données par Jean-Claude Michel (un des initiateurs de l'Ecran Fantastique) au rédacteur de ladite chronique. Et là, tout s'explique. Je ne suis pas fou et mon cerveau fonctionne parfaitement. Ouf ! Parce que figurez-vous que la genèse de Train Express pour l'Enfer n'est pas de tout repos. C'est un véritable foutoir qui explique le résultat visible à l'écran. Pour faire simple (reportez-vous au bonus présent sur le DVD dans lequel Eric J. Peretti vous explique tout en détail), il vous suffit de savoir que les trois sketchs sont en fait des remontages de trois longs métrages horrifiques déjà pas bien folichons. La première histoire provient du film The Case of Harry Billings, réalisé par John Carr. La seconde est tirée du film The Case of Gretta Connors (connu aussi sous les titres de Death Wish Club ou Carnival of Fools), toujours réalisé par John Carr. Et la troisième est un remontage de The Case of Claire Hansen, plus connu sous le titre de Cataclysm, successivement réalisé par Phillip Marshak, Tom McGowan et Gregg C. Tallas ! Vous suivez ? Le réalisateur Jay Schlossberg-Cohen a quant à lui filmé les séquences dans le train et a inséré les versions courtes de ces trois films, qui sont donc passés à la moulinette, se voyant amputés, raccourcis, remontés, aboutissant au final à un résultat pas toujours très heureux, comme dans le cas du premier sketch donc, qui reste incohérent, inarticulé. Heureusement qu'il contient un peu d'érotisme et des scènes gore plutôt sympathiques, ce qui rend tout de même fun cette sombre histoire de trafic d'organes. Même si on n'y comprend pas grand chose ! Le second sketch est un peu mieux loti et le remontage sauvage passe un peu mieux, l'ensemble étant plus cohérent. Une histoire pas inintéressante en plus, surtout lorsque le héros se voit contraint de participer au jeu dangereux d'une sorte de secte de la mort, qui met en pratique diverses méthodes de suicide en attendant que l'un d'entre-eux trépasse ! Original et bien trouvé ! Mention spéciale à l'espèce de moustique géant animé image par image (effet confectionné par le réalisateur de The Crater Lake Monster !) et qui tire le sketch vers le nanar improbable, tout comme les maquillages et les effets-spéciaux d'ailleurs ! La troisième histoire est sans conteste la plus aboutie et la plus maîtrisée. C'est également elle qui souffre le moins du caviardage effectué sur le film original. Faut dire qu'ils s'y étaient mis à trois pour faire le film ! Sur fond de nazisme, on trouve un curieux personnage qui semble traverser les époques sans souffrir de la vieillesse. Normal puisqu'il s'agit d'un comparse de Satan lui-même qui destine le monde à une destruction totale. Le scénario est ici un brin plus étoffé et le final donne même envie de se procurer le film original ! Si, si ! Cette troisième histoire n'évite pas non plus les animations image par image un peu laborieuses, quand ces dernières ne deviennent pas carrément surréalistes (les acteurs deviennent eux-mêmes des personnages en pâte à modeler dans certaines scènes ! Hallucinant ! ). Un peu de gore et un rendu très Quatrième Dimension achève de faire de ce sketch le plus intéressant de Train Express pour l'Enfer ! Ce curieux objet filmique est donc à réserver avant tout aux amateurs de nanars de compétition, qui auront sûrement une réelle satisfaction à visionner cet objet non-sensique, pas aidé au niveau de sa structure comme on l'a vu. Pour ma part, sans être chamboulé ou ébahi, j'ai pris un certain plaisir à mon visionnage, surtout après avoir éclairé ma lanterne sur ce que j'avais devant moi. Pas le meilleur film à sketch horrifique, loin s'en faut, mais pas déplaisant quand on le considère sous son aspect nanaresque, que vient amplifier la version française. A ranger à côté du Club des Monstres de Roy Ward Baker ! 

* Disponible en DVD chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 3/6



THE CRATER LAKE MONSTER

THE CRATER LAKE MONSTER
(The Crater Lake Monster)

Réalisateur : William R. Stromberg
Année : 1977
Scénariste : William R. Stromberg, Richard Cardella
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante, agressions animales, dinosaures
Interdiction : /
Avec : Richard Garrison, Richard Cardella, Glen Roberts, Mark Siegel, Bob Hyman...


L'HISTOIRE : Une météorite s’écrase dans le lac de la petite ville californienne de Crater Lake, menaçant d’ensevelir une équipe de scientifiques venant de faire une découverte importante sur les premiers hommes. Bientôt, tandis que la faune se raréfie autour du lac, ont lieu d’étranges disparitions. Quelque chose de gigantesque attaque ceux qui abordent ses rives et s’aventurent sur ses eaux...

MON AVIS : Voilà un film d'exploitation que je voulais voir depuis belle lurette, sa superbe affiche dinosaurienne me faisant saliver et m'intriguant au plus haut point. C'est donc chose faite grâce à l'éditeur Le Chat qui Fume qui vient de le sortir en DVD avec un très joli packaging reprenant ce visuel et dans une superbe copie qui plus est. Produit avec très peu de moyens financiers, The Crater Lake Monster est un pur produit destiné au drive-in américain et il faut bien reconnaître que c'est un film plutôt moyen en terme de cinéma (on ne compte plus les erreurs "jour/nuit" parfois dans la même scène ; le montage a été effectué à la serpe ; les acteurs sont tous plus mauvais les uns que les autres ; certaines séquences sont totalement inutiles ou arrivent comme un cheveu sur la soupe et j'en passe...) mais au final relativement sympathique. Hommage au "monster's movies" des années 50, The Crater Lake Monster s'inspire fortement de la créature du Loch Ness et le monstre lui-même, un plésiosaure pour les dinosaurophiles, pourrait très bien être Nessie. C'est d'ailleurs l'aspect le plus intéressant de cette unique réalisation de William R. Stromberg datant de 1977, qui était avant tout un passionné de l'animation de créatures en pâte à modeler image par image et qui a donc mis à profit sa passion pour cet art en mettant en scène ce plésiosaure vivant dans les profondeurs du lac, dont l'apparition est due à une météorite s'étant crashée dans les eaux de ce dernier et ayant joué le rôle d'incubateur sur un oeuf préhistorique. Bien évidemment, notre monstre aquatique va causer quelques ravages alentour et provoquer la panique parmi la population locale. L'animation de la créature est correcte, cette dernière étant tout de même bien "cheap". Elle fera à n'en point douter la joie des aficionados des "Craignos Monsters". En tout cas, chacune de ses apparitions participe à rendre le spectacle divertissant et il est d'ailleurs dommage que William R. Stromberg ne lui ai pas accordé plus de temps de présence à l'écran, préférant s'attarder sur les mésaventures d'Arnie et Mitch, deux "rednecks" qui louent des bateaux et qui font ici office de Laurel et Hardy, apportant une touche humoristique au film, multipliant les répliques et les situations cocasses, même si ces dernières ne sont pas toujours très drôles. Les deux acteurs nous font un vrai festival avec leurs trognes pas piquées des hannetons ! Soucieux d'arriver à une durée correcte de 83 minutes, le réalisateur en oublie donc son monstre vedette la plupart du temps, nous offre un double meurtre pour un bouteille de whisky et une course poursuite entre le meurtrier et le shérif, poursuite qui se clôturera heureusement sur une apparition du plésiosaure. Des séquences pas forcément utiles au déroulement de l'histoire principale et qui sont clairement là pour meubler un scénario quelque peu anémique. On prend tout de même un certain plaisir à visionner The Crater Lake Monster, qui nous réserve un final titanesque (bon, ok j'exagère) dans lequel le shérif va affronter le monstre, qui peut se déplacer sur la terre ferme à l'aide de ses grosses nageoires, avec l'aide d'une sorte de tracto-pelle ! Dantesque ! Vous l'aurez compris, The Crater Lake Monster est une petite série B fauchée qu'il faut prendre juste pour ce qu'elle est et qu'il faut regarder avec une certaine tendresse. Malgré ses nombreux défauts, le long métrage de William R. Stromberg n'est pas à dénigrer quand on sait à quoi s'attendre et fait office de divertissement agréable, amusant et kitsch. La nostalgie faisant le reste...

* Disponible en DVD chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 3/6


LES HOMMES D'UNE AUTRE PLANÈTE

 
LES HOMMES D'UNE AUTRE PLANÈTE
(Huo xing ren / Mars Men)

Réalisateur : Cheng Hun Ming
Année : 1976
Scénariste : Lin Ching-chieh 
Pays : Taïwan
Genre : Science-Fiction
Interdiction : /
Avec : Yen Chiang Lung, Wang Pao Yu, Yeh Hsiao, Fang Yen, Ro Gei...


L'HISTOIRE : Un jeune garçon découvre dans un souterrain une statuette vieille de 3000 ans représentant Yak Wat Jang, le ''Gardien du Temple''. Dans le même temps, des extraterrestres s'apprêtent à envahir la Terre. Pour ce faire, ils s'emparent de la ''Pierre Solaire'' qui se trouve dans le même souterrain et qui va leur permettre d'activer une arme terrifiante depuis la base qu'ils ont installée sur la Lune. Mais la statuette va intervenir en grandissant démesurément et bénéficié de l''aide d'un robot géant américain...

MON AVIS : Amis amateurs de nanars de haute compétiton, bienvenue dans le visionnage de ce film délirant de Cheng Hun Ming, Les Hommes d'une autre Planète. Un pur ovni filmique, qu'il faut impérativement regarder en français, le doublage étant l'un des points forts de ce super nanar intergalactique. Dialogues hallucinants, répliques hautes en couleurs, les doubleurs de l'époque se sont lâchés et leurs "trouvailles" font parfois atteindre des sommets de "grand n'importe quoi" à ce film en provenance de Taïwan, qui saura combler tous les fans de super-héros style X-Or ou Spectreman ! Un long métrage à classer donc dans la rubrique "Port'nawak" et qui possède une genèse un brin tarabiscotée. Au départ, on trouve une série japonaise nomméé Jumborg Ace, qui met en scène un super-héros style Spectreman ou Ultraman. La série est achetée par un producteur thaïlandais qui la diffuse et elle rencontre un vif succès dans ce pays. Conscient qu'il tient là un filon exploitable, il décide de faire se rencontrer dans un long métrage le super-héros japonais et une icône traditionnelle thaïlandaise : le Gardien du Temple, et ce, dans un film titré Jumborg Ace meets the Thai Giant. Le film passera alors dans les bras de producteurs taïwanais qui vont tourner de nouvelles séquences avec des acteurs locaux. Le résultat est donc Les Hommes d'une autre Planète, connu aussi sous le titre de Mars Men. Fait notable, il sortira sur les écrans turques, italiens et français en 1977, devant des spectateurs médusés face au spectacle proposé. Plus récemment, il a fait la joie des nanardeux en herbe lors d'une soirée Bis à la Cinémathèque Française ainsi que lors d'une soirée de l'association Pas de pitié pour les Navets. Comble de bonheur, le collectif de passionnés CPPFFJ vient de permettre à cet ovni de toucher un plus large public grâce à une sortie DVD chez nos amis de Bach Films ! Et dieu sait si le résultat est à la hauteur de sa réputation. Si la première partie du métrage se montre néanmoins assez laborieuse en terme de rythme, avec la découverte de la caverne renfermant la pierre magique et la petite statue du Gardien du Temple par un jeune garçon qu'on ne reverra ensuite plus du tout dans le film, si les quelques interventions des méchants aliens sont un peu poussives malgré leurs look dantesques et exubérants, si les costumes des humains ne sont pas en reste et versent ouvertement dans le nanar comme déjà dit, avec ces costumes de cosmonautes au rabais, une fois que tout ce petit monde se met à se foutre sur la gueule, passez moi l'expression, Les Hommes d'une autre Planète devient carrément jubilatoire et les nostalgiques de Spectreman, X-Or, San Ku Kaï, Super-Inframan ou autre Bomber-X baveront devant leurs écrans devant tant de fougue et de bonne humeur communicative. Surtout que les humains se trouvent exclus du métrage et qu'on ne s'occupe plus que de nos super-héros gigantesques.  Aucune retenue, tout y passe : destruction de maquettes à foison, robots et monstres géants qui se castagnent de manière ininterrompue, utilisation d'un "rayon de la mort" et même apparition de dinosaures pour venir en aide aux envahisseurs ! Un pur délire ni fait ni à faire, ringard au possible mais hautement désopilant et divertissant, réhaussé comme déjà dit par une bande sonore française impayable, digne des Nuls. Il faut le voir pour y croire et les pseudos "cinéphiles" qui ne jurent que par La Nouvelle Vague ou Télérama risquent d'y laisser des cheveux ! Les Hommes d'une autre Planète n'est pas un film à prendre au sérieux, n'a rien d'un bon film d'ailleurs et ne sera jamais érigé au panthéon des classiques du 7ème Art. Mais son délire permanent, son refus de toute convention cinématographique et son jusqu'au-boutiste frappadingue en font une oeuvre attachante, assurément drôle et énergique pour qui a gardé son âme d'enfant et sait apprécier les films totalement décomplexés du bulbe ! A noter également, une superbe musique qui donne envie d'aller se battre dans l'espace ! 

* Disponible en DVD chez Bach Films

NOTE : 4/6