Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




INSOMNIES

 

INSOMNIES
(Chasing Sleep)

Réalisateur : Michael Walker
Année : 2000
Scénario : Michael Walker
Pays : Etats-Unis, Canada, France
Genre : Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Jeff Daniels, Gil Bellows, Emily Bergl, Julian McMahon, Molly Price...


L'HISTOIRE : Ed Saxon, un professeur de fac sombre dans la dépression et se retrouve victime d'insomnies après que sa femme ne soit pas rentrée au domicile. Il alerte la police et espère que cette disparition ne soit que temporaire. Ne trouvant plus le sommeil, Ed commence à perdre pied et ne distingue plus vraiment la réalité. Il trouve du soutien auprès de Sadie, un de ses élèves qui flashe sur lui. L'inspecteur Derm mène l'enquête et rend de nombreuses visites à Ed, qui voit une facette méconnue de sa femme surgir à lui...

MON AVIS : Après un court-métrage en 1996, le réalisateur Michael Walker s'attelle à mettre en scène un thriller psychologique à faible budget, tourné en 24 jours seulement, dans un unique décor (la maison du protagoniste principal) et avec peu de personnages. Niveau casting, on a quand même du lourd avec le très bon Jeff Daniels dans le rôle de Ed Saxon, Gil Bellows dans le rôle de l'inspecteur Derm, la ravissante Emily Bergl dans le rôle de Sadie l'élève amoureuse, Julian McMahon dans le rôle d'un prof de gym ou Molly Price dans le rôle d'une amie de la femme de Ed. Pas de simples amateurs comme on peut le voir. Le scénario est assez intrigant puisqu'on y parle de la disparition d'une femme dont on va découvrir qu'elle cachait des choses à son mari. C'est ce dernier qui va être source de toutes nos attentions, puisque, continuellement, on se demandera s'il n'est pas le responsable de la disparition, voire du potentiel meurtre de sa femme. Ce questionnement du spectateur est induit par le comportement même du héros, victime d'insomnies qui lui font perdre peu à peu pied avec la réalité. Est-ce le fait qu'il n'a plus de nouvelles de sa femme ou le poids de la culpabilité qui l'empêche de dormir ? Jeff Daniels livre une très bonne prestation, avec ses cheveux ébouriffés et ses yeux cernés, emplis de fatigue. Huis clos oppressant, Insomnies joue admirablement bien avec son unique unité de lieu, à savoir la maison pas vraiment en bon état dans laquelle habite Ed et sa femme. Le réalisateur joue sur l'ambiance et parsème son film de nombreux bruitages, de nombreuses scènes d'exploration des différentes pièces de la maison, dont la salle de bain et la cave, qui semblent victimes de dégâts des eaux, avec soit une baignoire bouchée ou des tuyaux qui fuient. On peut y voir un semblant de métaphore en fonction de ce qu'on pense de la culpabilité ou non du héros, la montée des eaux pouvant être associée à la montée de ses problèmes, à sa prise de conscience d'un possible acte répréhensible. Malin, Michael Walker laisse planer le doute, et joue sur la perte de repère de son héros pour malmener le spectateur ! Ce doigt coupé que ce dernier retrouve sous un meuble et qui se met à  "avancer" est-il réel ou est-ce un cauchemar du héros, qui se bourre de cachets pour espérer dormir ? L'intrusion d'autres personnages au sein de la maison de Ed Saxon jouera également avec une certaine ambiguïté, notamment avec le personnage de la jeune élève Sadie, dont on comprend rapidement qu'elle en pince pour son professeur. L'enquête de l'inspecteur Derm viendra également fragiliser, déstabiliser Ed Saxon, qui ne sait plus vraiment à quel saint se vouer, surtout que des découvertes, comme le journal intime de sa femme entre autres, accentueront son désarroi, tout comme la scène avec le prof de gym. Pas évident de démêler le vrai du faux et ce n'est pas la scène finale qui va venir nous éclairer davantage. Voyage dans les méandres d'un esprit torturé, Insomnies s'avère vraiment intéressant, avec son rythme contemplatif, ses insinuations caractérisées et sa mise en scène qui fait assurément le job. Un thriller psychologique de bonne facture, qui reçut le prix du jury au festival de Gerardmer en 2001. 

  

TERRORVISION

 

TERRORVISION
(TerrorVision)

Réalisateur : Ted Nicolaou
Année : 1986
Scénario : Ted Nicolaou
Pays : Etats-Unis, Italie
Genre : Comédie, Fantastique
Interdiction : /
Avec : Diane Franklin, Mary Woronov, Gerrit Graham, Chad Allen, Jennifer Richards...


L'HISTOIRE : Passionné de technologie, Stanley Putterman tente d'installer le dernier modèle d'antenne parabolique dans son jardin afin de pouvoir capter des tas de nouvelles chaînes. Une lumière émise de l'espace vient frapper l'antenne et fait fonctionner celle-ci, à la grande joie de la famille Putterman. Alors que la soirée débute, Stanley et sa femme quitte le domicile pour aller chercher deux autres amis. Leur fille Suzy va en virée avec son petit ami, laissant son jeune frère Sherman en compagnie de son grand-père, un ancien militaire un peu parano. Alors qu'ils regardent une émission horrifique présentée par l'animatrice Medusa, des interférences se font sentir et les prive de leur émission. Le pire est à venir quant un monstre hideux sort littéralement de l'écran et dévore le grand-père...

MON AVIS : Production Empire Pictures, la fameuse société de Charles et Albert Band, TerrorVision a été scénarisé et dirigé par un de ses réalisateurs attitrés, à savoir Ted Nicolaou, à qui on doit, entre autres, pas mal d'épisodes de la franchise Subspecies. Je ne sais pas quel était le but de Nicolaou avec TerrorVision, tant le film a le cul coincé entre deux chaises, voire même trois ! La présence d'un jeune garçon en tant que vedette du film (Chad Allen), fringué comme un militaire et portant une mitrailleuse à bras le corps, peut faire croire que le film a été pensé pour un public d'enfants ou d'adolescents, l'absence de gore étant aussi un élément pouvant faire pencher cette supposition dans cette direction. Sa relation avec son grand-père venant également se rajouter à cette tendance. TerrorVision serait donc une comédie fantastique ayant pour cible le jeune public ? Oui, mais il y a un petit hic. Le nombre d'allusion au sexe présent dans le film est assez faramineux, surtout que les parents du garçon sont partis chercher un autre couple d'amis en vu de se livrer à... une soirée échangiste ! Même s'il n'y a aucune trace d'érotisme ici, les allusions ne font guère dans la suggestion, tout comme le comportement des adultes. Les mouvements de caméra se focalisant sur l'imposante poitrine de la présentatrice surnommée Medusa (Jennifer Richards), une sorte d'Elvira présentant une émission d'horreur et affublée d'une perruque composée de faux serpents, viennent rejoindre les arguments faisant penser que le film ne s'adresse pas forcément à un jeune public. Voilà donc notre film coincé le cul entre deux chaises. Il semblerait que l'idée de Ted Nicolaou était de faire une parodie de film de monstre, ce qui expliquerait en effet le comportement totalement débile des protagonistes principaux ! Car il faut bien avouer qu'il n'y en a pas un pour rattraper l'autre et que l'ensemble des acteurs semblent surjouer exagérément, histoire de remporter la palme du plus crétin qui soit ! Avec un père de famille accro à la télévision (Gerrit Graham, le fameux Beef de Phantom of the Paradise de De Palma), une mère adepte de l'aérobic et de l'échangisme (Mary Woronov), une fille punkette (Diane Franklin), un fils passionné par l'art militaire et un grand-père ex-militaire à tendance parano (Bert Remsen), cette famille américaine coche toutes les cases de la crétinerie et se livre à quelques pitreries qui nous laisse un peu pantois devant notre écran. Pour ma part, je ne m'attendais pas du tout à cet aspect parodique qui m'a quelque peu déstabilisé et ne m'a pas vraiment embarqué, surtout que le mélange donne un goût assez indigeste à l'ensemble. Honnêtement, TerrorVision n'a pas grand chose pour lui et sombre vite dans les affres du mauvais nanar. Reste alors la créature concoctée par John Carl Buechler, véritable vedette de ce drôle de film. Un monstre 100% caoutchouteux, fait à l'ancienne, sorte de gros chien aux yeux énormes et à la bouche immense et dentée, avec un appendice en forme de troisième œil et une grosse langue avide de chair humaine. Bien avant Sadako, star de la saga Ring, notre monstre rigolo sort lui aussi des écrans de télévision et s'invite chez les gens sans qu'on lui en ait donné la permission, mais ça, il s'en fout un peu. Visqueux et baveux, avec un bel appétit, il va rapidement réduire le casting, avec des morts pas particulièrement violentes comme déjà dit, avant de devenir copain avec les survivants ! Pour de vrai ? Mystère ! Ce qui sympa aussi dans TerrorVision, c'est les quelques extraits de vieux films diffusés dans l'émission de Médusa, comme The Giant Claw, Les Soucoupes Volantes Attaquent ou Robot Monster par exemple. Mais au final, l'ensemble est quand même assez mauvais et peine à convaincre durablement. Tout compte fait, il faut peut être voir ce film au début de l'adolescence est fin de compte, histoire de l'apprécier. Parce que là, à 48 ans, j'ai quand même eu beaucoup de mal à tenir jusqu'au bout, la version française amplifiant encore l'aspect débile des personnages...

 

SLEEPY HOLLOW

 

SLEEPY HOLLOW
(Sleepy Hollow)

Réalisateur : Tim Burton
Année : 1999
Scénario Kevin Yagher, Andrew Kevin Walker
Pays : Etats-Unis, Allemagne
Genre : Fantastique, Epouvante
Interdiction : /
Avec Johnny Depp, Christina Ricci, Miranda Richardson, Michael Gambon...


L'HISTOIRE Dans une petite bourgade de la Nouvelle-Angleterre, baptisé Sleepy Hollow, des crimes mystérieux sont commis. Trois cadavres ont déjà été retrouvés, avec pour signe distinctif, la disparition de leur tête. Les habitants attribuent ces meurtres à un mystérieux cavalier sans tête, semblant sorti tout droit de l'enfer, chevauchant sa monture et fauchant la tête de ses victimes. Le jeune inspecteur new-yorkais Ichabod Crane, aux méthodes d'investigations très avancées mais également très contestées, est choisi pour se rendre sur les lieux et éclaircir cette affaire. A son arrivée, Ichabod Crane fait la connaissance des personnalités importantes du village, ainsi que de la ravissante Katrina Van Tassel, et succombe rapidement à ses charmes. Pour Ichabod, le meurtrier n'a rien d'un fantôme et il commence à mener son enquête. Il se rend vite compte que les habitants du village cachent des secrets et savent des choses sur ces événements...

MON AVIS : Réalisateur iconique de par son originalité et sa créativité visuelle, Tim Burton revient avec un huitième film en 1999, adaptation d'une nouvelle datant de 1820 et écrite par Washington Irving, intitulée La Légende de Sleepy Hollow. Et c'est un nouveau coup de maître pour celui qui nous a subjugué avec Batman le Défi et Edward aux Mains d'Argent ! Avec Sleepy Hollow, Burton rend hommage au cinéma d'épouvante gothique qui a offert tant d’œuvres admirables durant les 50's / 60's, que ce soit en Italie, en Espagne, au Mexique et bien sûr en Angleterre. La présence au début du film, dans un tout petit rôle, de Christopher Lee n'est pas anodine. Burton paye son tribut aux films de la Hammer entre autres, et leur rend un vibrant hommage, alliant leur aspect gothique à la modernité de sa mise en scène. Il embauche à nouveau Johnny Depp pour interpréter l'inspecteur Ichabod Crane, un jeune policier qui bouillonne d'idées et mise sur la technologie naissante pour mener à bien ses enquêtes. L'acteur est absolument parfait, apportant une petite touche humoristique à l'ensemble, voire même de bizarrerie, notamment lors de certaines séquences où il déploie ses inventions originales pour pratiquer une autopsie ou trouver des indices. Pour lui donner la réplique, on trouve la ravissante Christina Ricci, qui retrouve l'univers du cinéma fantastique après les deux Famille Addams ou Casper. L'actrice a troqué sa chevelure brune pour une superbe perruque blonde qui lui va à ravir. Elle sera bien sûr au centre des curieux événements qui se déroulent dans cette petite bourgade mainte fois endeuillée par un supposé spectre vengeur, le fameux cavalier sans tête ! Une bourgade dans laquelle vit de nombreux personnages importants (le bourgmestre, le médecin, le notaire...) qui semblent en savoir plus qu'ils ne veulent le dire sur cette légende urbaine qui a l'air bien réel. Les têtes tombent à foison à Sleepy Hollow, avec des coupures nettes et déjà cautérisées ! Tim Burton ne lésine pas à nous montrer des tas de scènes de décapitations et le film peut impressionner les jeunes spectateurs. Il faut dire que son iconique personnage, ce cavalier sans tête donc, est lui aussi très impressionnant, sortant du brouillard tel un fantôme, chevauchant une monture noire comme les ténèbres et maniant son épée avec une réelle dextérité, le tout dans une atmosphère romantico-gothique au rendu parfait. Il est encore plus impressionnant lors de flashback nous contant son passé, lui donnant le visage de Christopher Walken, les dents limées en forme de pointes acérés ! Visuellement, Sleepy Hollow est une pure merveille, tout flatte la rétine, que ce soit les décors, la palette de couleur utilisée, les costumes, les effets-spéciaux. Le jeu des différents acteurs est à l'avenant, l'histoire est intrigante et passionnante et tout se trouve sublimé par la sublime composition musicale de Danny Elfman. Véritable pierre angulaire de la carrière de Tim Burton, qui ne retrouvera plus ce niveau d'excellence dans ses films suivants, même si certains restent d'un très bon niveau.


THE REEF : STALKED


THE REEF : STALKED
(The Reef : Stalked)

Réalisateur : Andrew Traucki
Année : 2022
Scénario : Andrew Traucki
Pays : Australie
Genre : Thriller, Sharksploitation
Interdiction : /
Avec : Teressa Liane, Ann Truong, Saskia Archer, Kate Lister...


L'HISTOIRE : Après avoir été témoin du meurtre de sa sœur, Nic se rend neuf mois plus tard dans une station balnéaire avec deux de ses meilleures amies et sa petite soeur Annie, pour faire du kayak et de la plongée et lutter contre son traumatisme. Quelques heures seulement après le début de leur expédition, les femmes sont traquées puis attaquées par un grand requin blanc...

MON AVIS : Spécialiste du film d'agressions animales depuis ses débuts, le réalisateur australien Andrew Traucki s'est fait connaître dès 2007 avec Black Water et son méchant crocodile puis avec l'excellent et bien flippant The Reef et son grand requin blanc en 2010. Petite baisse de régime ensuite avec The Jungle qui cède à la mode du found-footage en 2013 puis plus rien jusqu'en 2020, date à laquelle il retrouve les crocodiles dans Black Water : Abyss. Et c'est donc en 2022 qu'il décide de refaire sortir de son chapeau le grand requin blanc avec The Reef : Stalked ! Autant le dire de suite, malgré des qualités bien présentes, ce second chapitre à la saga The Reef est inférieur au film original. Mais pour moi qui vient de regarder Sharkula, qui est assurément le niveau zéro du cinéma et du film de requin, la vision de The Reef : Stalked m'a tout de même bien fait plaisir car Andrew Traucki sait manier une caméra et il se montre toujours aussi à l'aise pour maintenir une certaine tension et faire vivre un enfer à ses personnages en proie à un féroce prédateur. Dans The Reef : Stalked, c'est un quatuor de jeunes filles qui va devenir la cible d'un grand requin blanc. La scène introductive se montre assez maligne car pour développer un peu le passif de Nic, l'héroïne interprétée par la charmante Teressa Liane, le réalisateur va lui faire subir un trauma mais qui n'a rien à voir avec une attaque de requin, alors que c'est à quoi on s'attendait. Ici, ce sera le meurtre d'une de ses sœurs qui va fragiliser le personnage principal. Un meurtre commis dans une baignoire, l'élément aquatique étant donc bien présent, ce qui entraînera pour Nic une angoisse liée à cet élément pour ses mésaventures à venir en pleine mer. La psychologie des personnages est donc mis en avant dès le départ et la présence de la petite sœur de Nic, Annie (jouée par Saskia Archer), sera également un élément perturbateur et déstabilisant pour la jeune femme. La petite excursion en kayak de nos quatre amies dans le grand bleu va évidemment prendre une tournure beaucoup moins paradisiaque quand un grand requin blanc va décider de faire des filles son casse-croûte. Andrew Traucki prend son temps pour installer et distiller une atmosphère anxiogène, joue sur les sons et la musique stressante, propose de belles vues sous-marines laissant imaginer au spectateur que le prédateur peut surgir à n'importe quel moment et n'importe où. Certaines attaques du squale sont réussies et l'ambiance est assez bien rendue, surtout que le réalisateur utilise la plupart du temps de vrais images de grand blanc, n'ayant recours à la CGI qu'avec parcimonie et ce, dans un souci de réalisme qui a toujours été sa marque de fabrique. Impossible de ne pas flipper quand une des demoiselles se retrouve projetée hors de son kayak et que l'aileron de la mort fait son apparition. Les quarante-cinq premières minutes se déroulent donc majoritairement au beau milieu de l'océan et s'avèrent plutôt agréables à suivre, même si on aurait aimé plus de dynamisme au niveau des frappes du requin. Les quarante-cinq dernières minutes sont un peu moins percutantes et place les survivantes dans une fâcheuse position, devant retourner au beau milieu de la mer pour espérer atteindre une île avoisinante, et ce, dans un petit bateau à moteur qui commence à prendre l'eau et qui a été renforcé à l'aide de deux kayaks. Cette partie donne l'occasion à Andrew Traucki d'amplifier les relations entre Nic et sa sœur Annie et de renforcer leur lien qui avait été mis en défaut à la mort de leur sœur. L'implication soudaine d'Annie dans cette périlleuse mission, son côté "je deviens une gonzesse badass qui n'a plus peur du requin" pourra prêter à sourire car on a un peu de mal à trouver ça crédible, étant totalement tétanisée dans la première partie de l'histoire. Pas très grave, on est dans un divertissement avant tout. Les attaques du requin manquent un peu de mordant et malgré ses qualités et ses beaux paysages, The Reef : Stalked ne viendra pas bousculer votre TOP 5 de la sharksploitation, même si'il reste un film correctement troussé et agréable.

            

SCUM

 

SCUM
(Scum)

Réalisateur : Alan Clarke
Année : 1979
Scénario : Roy Minton
Pays : Angleterre
Genre : Drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Ray Winstone, David Threlfall, Martin Phillips, Davidson Knight...


L'HISTOIRE : Pour avoir agressé un gardien, Carlin est envoyé dans un centre de redressement pour garçons en compagnie de deux autres voyous. Le centre est dirigé d'une main de fer par le personnel, qui ferme les yeux sur les brimades et violences qui ont lieu quotidiennement sur les plus faibles, participant eux-mêmes à ces exactions brutales. Sa réputation le précédent, Carlin se retrouve au centre de toutes les attentions et va se faire malmener par un petit groupe dont le leader se prend pour le chef de la section A et fait vivre un enfer aux autres détenus. Carlin parvient à se contenir avant de réagir...

MON AVIS : Tourné à l'origine pour être un téléfilm produit par la BBC, la violence et la radicalité de Scum lui ont valu d'être censuré et interdit de diffusion jusqu'en 1991 sur le petit écran. Le réalisateur Alan Clarke et son scénariste Roy Minton décident alors de reprendre le scénario et d'en faire un film pour le cinéma, ce qui leur permet de ne pas édulcorer le propos du film et son côté choc. La sortie du film en 1979 ne se fit pas sans heurt, Scum contenant des thématiques traitant de racisme, de corruption au sein des établissements de redressement, de la violence qui existe au sein desdits établissements, de l'inefficacité des traitements, de viol, de suicide. Il a acquit au fil du temps un statut de film coup de poing et a servi de référence majeure au film Dog Pound (2010) de Kim Chapiron. La vision de Scum confirme cette radicalité, le film ne respirant clairement pas la joie de vivre. Les conditions de détentions dans ces centres de redressement pour mineurs sont abominables et ne permettent en aucun cas de trouver un quelconque salut ou rédemption. Tout ici participe à la privation de liberté : la lecture est interdite, il n'y a aucun programme de réinsertion, seule la violence et les méthodes à la dure sont appliquées, avec un effet zéro au niveau des résultats obtenus sur la délinquance juvénile. Scum peut être vu comme la facette réaliste et masculine des films de cinéma bis appelé Women in prison. Tous les ingrédients de cette catégorie du cinéma d'exploitation se retrouvent ici : méchants gardiens qui n'hésitent pas à tabasser les détenus, bagarres, brimades, soumission, traitement inhumain, aucun esprit d'entraide entre détenus, hiérarchie entre détenus régie par la violence, viol sordide, suicide. Au départ, le film se focalise sur le jeune Carlin, interprété par Ray Winstone. Son incarcération au sein de la maison de correction nous rappelle celle d'Alex deLarge dans Orange Mécanique. Va s'ensuivre un véritable calvaire pour le jeune homme, avant qu'il ne décide de réagir, de manière assez brutale. Scum enchaîne les séquences d'agressions, qu'elles soient physiques ou verbales, et met rapidement le spectateur mal à l'aise. Rien ne nous est épargné, et deux séquences chocs augmenteront encore l'impression de mal-être ressenti au cours de la vision du film : le viol collectif d'un jeune détenu par trois de ses compagnons et le suicide qui en découlera. Le film évite le sensationnalisme malgré ces scènes chocs et joue avec une imagerie crue, froide, fataliste et terriblement nihiliste. Par la suite, Scum va suivre le destin d'autres protagonistes, comme celui de Archer, un jeune homme intelligent qui fait tout pour résister au lavage de cerveau qu'on veut lui imposer. Le final est d'une noirceur absolue et laisse peu d'espoir pour ceux qui se trouvent dans ces établissements. Radical et sans concession, Scum est une oeuvre choc qui se doit d'être vue. Par la suite, Alan Clarke poursuivra son analyse de la jeunesse britannique avec Made in Britain (1982).


DRIVER

 

DRIVER
(The Driver)

Réalisateur : Walter Hill
Année : 1978
Scénario : Walter Hill
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Policier, Thriller
Interdiction : /
Avec : Ryan O'Neal, Bruce Dern, Isabelle Adjani, Ronee Blakley, Joseph Walsh...


L'HISTOIRE À la sortie d'un casino, une jeune femme est témoin d'un braquage effectué par deux gangsters qui parviennent à échapper à la police grâce à l'habileté du chauffeur de la voiture. Elle refuse de donner le signalement de ce dernier à la police. Un détective est déterminé à retrouver ce mystérieux chauffeur et monte un faux braquage avec de vrais voyous afin de le prendre au piège...

MON AVIS : Après un premier film datant de 1975 avec Charles Bronson, Le Bagarreur, le réalisateur Walter Hill signe une seconde oeuvre très remarquée trois ans plus tard avec Driver, qui marque une étape importante dans sa carrière. Si le titre vous évoque un certain Drive de Nicolas Winding Refn, ce n'est pas un hasard puisque ce dernier est une variation du film de Walter Hill. On retrouve le chauffeur solitaire, imperturbable, quasi muet et qui a des règles très strictes concernant ses contrats de chauffeur permettant aux voyous d'échapper à la police. Dans le film de Walter Hill, notre chauffeur d'élite est interprété par Ryan O'Neil, la star de Love Story (1970) et de Barry Lyndon (1975) entre autres. Il s'en sort plutôt bien dans ce rôle pas si évident en fait, puisque ne laissant jamais transparaître d'émotions, agissant tel un robot programmé pour remplir son contrat de la manière la plus parfaite pour ensuite attendre sa prochaine mission. Face à lui, on trouve un inspecteur agissant nettement plus en roue libre, n'hésitant pas à prendre ses propres décisions quitte à passer au dessus des ordres. Et c'est Bruce Dern qui s'y colle, avec un certain brio il faut bien le reconnaître. Sa fougue et sa persévérance à vouloir coincer Ryan O'Neil sont assez jubilatoires. Le jeu du chat et de la souris entre ces deux personnages est le leitmotiv du film, qui est ponctué par de nombreuses scènes de courses-poursuites en voitures, ces dernières se déroulant dans un cadre urbain ce qui accentue le rendu réaliste et nerveux. Parfaitement maîtrisées, les diverses courses-poursuites de Driver sont encore très efficaces de nos jours. Au milieu de cette montée de testostérone, on trouve une ravissante actrice brune, possédant un charme fou et qui est... française ! Oui, notre Isabelle Adjani nationale est le troisième personnage principal de Driver et c'est son premier rôle dans un film américain. Comme Ryan O'Neil, elle interprète ici un personnage qui ne s’embarrasse pas de trop longues discussions ou d'un déploiement grandiloquent d'émotions ou d'expressions. C'est d'ailleurs cette retenue, ce quasi-mutisme de ces deux personnages, qui contrastent avec le comportement plus endiablé de l'inspecteur, qui donne à Driver son côté fascinant et envoûtant. Vous aurez noté que les personnages n'ont pas de nom, ils sont nommés par leur fonction (le chauffeur, le détective, la femme) voire par un surnom : le détective appelle le driver "cow-boy", ce qui, par extension, ferait de lui "le shérif", Driver ayant une tonalité de western urbain assez présente par ailleurs. Il est aussi assez amusant de voir que Walter Hill s'amuse lui aussi avec son film, en faisant du driver celui qui a un code moral bien établi quand le détective outre-passe assez souvent ses fonctions pour parvenir à ses fins, quitte même à s'associer à des truands ! Polar urbain assez atypique dans le traitement des personnages, possédant une mise en scène épuré et des séquences d'action rondement menées, Driver est un Walter Hill très intéressant et qui possède une vraie originalité, sans toutefois nous transcender totalement au final. Un bon polar en tout cas. 


CANICULE

 

CANICULE
(Canicule)

Réalisateur : Yves Boisset
Année : 1984
Scénario : Jean Herman, Michel Audiard, Dominique Roulet, Serge Korber, Yves Boisset
Pays : France
Genre : Policier
Interdiction : -12 ans
Avec : Lee Marvin, Jean Carmet, Miou-Miou, Victor Lanoux, David Bennent...


L'HISTOIRE : Célèbre gangster américain, Jimmy Cobb vient de réussir un nouveau coup malgré plusieurs morts à la clé. En fuite dans la Beauce avec un sac contenant plusieurs millions, il se réfugie dans une ferme perdue au milieu d'un champ immense et va découvrir l'étrange famille rurale qui vit ici...

MON AVIS : Adaptation d'un roman de Jean Herman, écrit sous le pseudonyme de Jean Vautrin, Canicule est un film totalement atypique dans le paysage français, qui étonnera ceux qui s'attendent à un polar de facture classique mettant en vedette Lee Marvin et tout un panel d'acteurs et d'actrices françaises ! En effet, débutant par une séquence de hold-up sanglant, dans laquelle même un enfant se prend une balle perdue lors de l'assaut des forces de l'ordre contre le quatuor de braqueurs emmenés par Jimmy Cobb, un  gangster américain vieillissant proche de la retraite en déplacement en France et interprété par Lee Marvin donc, Canicule va rapidement bifurquer dans ce qu'on appelle communément le Redneck movie ! Popularisé avec le Délivrance de John Boorman en 1972 puis avec des films tels Massacre à la Tronçonneuse (1974) ou La Colline a des Yeux (1977), le Redneck movie place des citadins dans un environnement hostile peuplé d'habitants un brin dégénéré, alcooliques, fainéants, consanguins, violents, j'en passe et des meilleurs. Ici, on a donc Lee Marvin, en fuite et pourchassé par la police (le film bénéficie de moyens conséquents puisqu'on a des hommes à pieds mais aussi deux hélicoptères), qui va se retrouver au beau milieu d'une famille de la ruralité profonde qui vont s'avérer être de parfaits rednecks : on a un père de famille (Victor Lanoux) qui besogne sa femme sur la table de la cuisine et flanque des roustes à son fils à coup de ceinture, un frère plus âgé (Jean Carmet) qui picole tout ce qui lui tombe sous la main, un fils qui se prend pour un adulte et qui parle comme un charretier (ce dernier est joué par le nain David Bennent, célèbre pour son rôle dans Le Tambour et qui avait 27 ans lors du tournage alors qu'il joue un enfant de 12 ans), une femme boiteuse (Bernadette Lafont) qui met dans son lit tout ce qui passe à portée de son entrejambe ou bien encore une mère de famille (Miou-Miou) qui ne supporte plus le comportement de son mari et souhaite le tuer ! Une famille hors-norme, avec salopette, adoration des armes à feu et de l'alcool, qui vit quasiment reclus au beau milieu de leur champ, ne croisant jamais personne. Une belle brochette de personnages exubérants, sales et méchants, qui va donner tout son intérêt et son originalité à Canicule. On se doute que le public ne s'attendait certainement pas à un tel spectacle ni à voir une telle foire de dégénérés. Certaines séquences s'avèrent bien glauques (le meurtre des deux campeuses par Victor Lanoux, la nymphomanie de Bernadette Lafont), les dialogues de Michel Audiard ne font pas dans la finesse et sont putassiers comme pas possible, les codes du film noir sont détournés de manière intelligente pour mieux les intégrer dans cette ruralité française, l'amoralité et l'immoralité sont de toutes les scènes, servis par des acteurs qui se donnent à fond dans leur rôle inhabituel et déviant. L'humour noir et le cynisme se partagent l'absurdité de certaines situations cocasses et donnent vraiment un côté assez foutraque à l'ensemble. Véritable O.F.N.I. dans le paysage du cinéma français, Canicule mérite bien sa réputation sulfureuse et son statut de film culte. Il fallait le faire ce film là, qui ne s'accomode d'aucun carcan ! Merci monsieur Boisset !

* Disponible en DVD dans le coffret N°3 "Le Cinéma Français, c'est de la merde !"