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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




ATOMIC CYBORG

 

ATOMIC CYBORG
(Vendetta dal futuro)

Réalisateur : Sergio Martino
Année : 1986
Scénariste : Elisa Briganti, Sergio Martino, Saul Sasha, John Crowther
Pays : Italie
Genre : Science-fiction
Interdiction : -12 ans
Avec : Daniel Greene, Janet Agren, Claudio Cassinelli, George Eastman, John Saxon...

L'HISTOIRE : Le dirigeant d'un mouvement écologiste est victime d'une tentative d'assassinat. Son agresseur, Paco, prend la fuite et se réfugie en Arizona, dans un petit motel tenu par Linda. L'endroit sert de lieu de rencontre pour les amateurs de bras de fer. Paco accepte un défi lancé par un habitué des lieux et parvient à gagner, provoquant l'incrédulité des personnes présentes et de Linda. Ce que cette dernière ignore, c'est que Paco est un cyborg qui a été programmé pour tuer le leader écologiste. Une anomalie a empêché Paco de mener à bien sa mission et ses employeurs sont à sa recherche pour le récupérer et comprendre d'où vient le dysfonctionnement...

MON AVIS : On le sait, ce n'est un secret pour personne, l'Italie est passée maître dans la contrefaçon et la copie de films américain à succès. En 1984, James Cameron envoie une bombe sur les écrans avec Terminator. Il n'en fallait pas plus pour que le feu vert soit donné aux pays des spaghettis pour lancer le projet d'un film contenant un cyborg et c'est le talentueux Sergio Martino qui écope de ce projet baptisé Vendetta dal Futuro, qui sera intitulé Atomic Cyborg par chez nous, ce qui est quand même plus percutant il faut bien l'avouer. Bien sûr, Martino n'écope par contre pas du budget de Cameron pour faire le film et il lui faut donc se débrouiller avec les faibles moyens qu'on lui a alloué. Pour interpréter Paco le cyborg, c'est le musclé Daniel Greene qui est retenu, un acteur qui a un visage assez monolithique et surtout très peu expressif. Linda est jouée par la blonde Janet Agren, qu'on a pu voir dans La Secte des Cannibales, Frayeurs ou Kalidor entre autres. Le célèbre George Eastman, qu'on ne présente plus aux amateurs de cinéma Bis, interprète quant à lui un mauvais garçon adepte du bras de fer mais qui va trouver adversaire à sa taille avec Paco, ce qui ne va pas lui plaire du tout. John Saxon et Claudio Cassinelli viennent enrichir le casting avec des rôles secondaires. A noter que Cassinelli a trouvé la mort durant le tournage d'une scène en hélicoptère sur ce film. Assez peu spectaculaire durant sa première-heure, Atomic Cyborg se voudrait presque un Over the Top avant l'heure, le film avec Stallone ne sortant que l'année suivante. On assiste en effet à plusieurs combats de bras de fer, qui seront les seuls moments d'action du film avant la dernière demi-heure, nettement plus nerveuse et dynamique. Le film voulant surfer sur le succès de Terminator, on retrouve à un moment une séquence copiée-collée, avec Daniel Greene réparant son bras tel que le fait Arnold Schwarzenegger dans le classique de 1984. Hormis cela, on ne peut pas vraiment dire que Atomic Cyborg soit très passionnant dans ce qu'il propose : on a un policier aidé d'une scientifique qui tentent de trouver avec quelle arme le leader écolo a été frappée ; on a John Saxon, commanditaire du meurtre, qui envoie ses hommes de main traquer notre cyborg ; on a Linda, qui tombe amoureuse de cet homme virile et bien charpenté et on a donc notre cyborg qui fait des séances de bras de fer ou coupe du bois plus vite que n'importe quel bûcheron professionnel. On a connu plus palpitant de la part de Sergio Martino, qui doit composer avec ce qu'il a sous le bras encore une fois. Heureusement, les trente dernières minutes se dynamisent d'un coup, deviennent véritablement Bis, avec un cyborg féminin dotée d'une belle force physique, un arrachage de tête bionique, un écrasement de casque à la force des mains ou un poing défonçant un casque pour un résultat sanguinolent et pas mal de fusillades et de courses-poursuites. Le tout saupoudré d'une petite pincée de réflexion métaphysique, notre cyborg se demandant si on peut le considérer comme un être humain malgré tout. Les beaux paysages de l'Arizona sont également à mettre dans la plus-valus du film. S'il frôle souvent le nanar, Atomic Cyborg parvient à se maintenir sur la corde raide, qu'il franchit parfois lors de dialogues assez drôles. Après, on prend un certain plaisir à visionner cette petite série B de science-fiction qui reste tout de même divertissante et qui a pas mal cartonné à l'époque de sa sortie et surtout en VHS.

* Disponible en BR chez -> PULSE VIDEO <-



FEAR STREET PARTIE 3 : 1666

 

FEAR STREET PARTIE 3 : 1666
(Fear Street part three : 1666)

Réalisateur : Leigh Janiak
Année : 2021
Scénariste : Phil Graziadei, Leigh Janiak, Kate Trefry
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, sorcellerie
Interdiction : -16 ans
Avec : Kiana Madeira, Ashley Zukerman, Olivia Scott Welch, Benjamin Flores Jr...

L'HISTOIRE : En voulant remettre la main coupée de la sorcière Sarah Fier sur les ossements de cette dernière pour stopper la malédiction, Deena a un flash qui va la plonger dans le corps et l'esprit de Sarah Fier, en 1666. Elle va pouvoir revivre tous les événements qui ont conduit cette jeune fille à devenir cette sorcière qui a tant causé de souffrance à la ville de Shadyside. Mais la vérité n'est peut-être pas ce qu'on croit...

MON AVIS : Dernier chapitre de la trilogie Fear Street, très bonne adaptation de certains romans de R.L. Stine, nettement moins enfantin que prévu, nettement plus violent que prévu, et qui possède une histoire assez passionnante se déroulant sur plusieurs décennies. Cette fois, nous nous retrouvons en 1666 pour assister aux événements qui ont amené la jeune Sarah Fier à devenir cette terrible sorcière qui a maudit la ville de Shadyside et ses habitants, à l'époque où les deux villes n'en faisaient qu'une, baptisé "Union". Ambiance campagnarde donc, et mise en avant de la folie des hommes, qui, par croyances, n'hésitent pas à conspuer, à juger et à rendre coupable deux jeunes filles des malheurs qui s'abattent sur leur petit village uniquement sur dénonciation, et sur le simple fait que les deux adolescentes sont amoureuses l'une de l'autre, ce qui, à cette époque, était donc considéré comme une hérésie et une appartenance à Satan. Vu le nombre d'agressions d'homosexuels en 2021, on se dit que rien n'a changé quelques 350 ans plus tard et c'est bien triste. Bref, la jeune Sarah Fier et son amie Hannah Miller, dont la Samantha possédée de Fear Street partie 1 et 2 est donc une descendante, vont être pourchassées par les habitants, notamment après l'ignoble séquence du pasteur et des enfants retenus dans l'Eglise, scène choc qui va enraciner dans l'esprit des villageois superstitieux le fait que le Malin a été réveillé et qu'il est présent parmi eux. La seule aide que les deux amies vont recevoir viendra de Solomon Goode, un homme qui semble avoir gardé sa raison, et qui est l'ancêtre du shérif Goode. La reconstitution d'époque fait le job, que ce soit les décors et les costumes. Les acteurs sont toujours aussi convaincants, et on prend plaisir à retrouver tous ceux qui ont participé à la partie 1 et 2 ici, interprétant divers villageois. Le mystère entourant Sarah Fier semble se lever au fur et à mesure de l'avancée du film, et on comprend aisément que cette jeune fille ait eu envie de se venger. Mais les scénaristes ont plus d'un tour dans leur sac et vont venir nous surprendre avec un petit retournement de situation bien amené et qui donne un intérêt supplémentaire à l'histoire générale. Etant donné que cette partie 3 est censée conclure la trilogie, il faut bien qu'on revienne dans le présent. Fear Street 1666 est donc coupée en deux parties de cinquante minutes environ : la première se déroule donc en 1666 quand la seconde revient en 1994, histoire de mettre définitivement la malédiction de Shadyside en sourdine puisque Deena connaît enfin toute la vérité. Ce 1994 partie 2 retrouve ses couleurs fluos, tous ses tueurs emblématiques et Deena, Henry, Ziggy Berman et un quatrième larron venu prêter main forte vont devoir survivre à une nouvelle nuit d'horreur bien mouvementée. Franchement, toute la partie se déroulant en 1666 est excellente et on aurait aimé qu'elle dure plus longtemps. Mais il faut bien terminer et c'est donc chose faite, avec une conclusion bien construite et qui ne saborde pas tout le travail accompli jusque là. Fear Street est assurément une très bonne trilogie, qu'on a pris un réel plaisir à visionner. En mélangeant diverses influences, en jouant sur les codes du néo-slasher, du slasher et du film de sorcellerie, en intégrant de nombreux clins d'oeil que les fans auront pris plaisir à découvrir, 1994, 1978 et 1666 ont marqué des points et quand je lis les dénigreurs sortirent l'argument "c'est destiné aux enfants", j'en rigole à gorge déployée. On a du gore, de la violence bien brutale, de l’érotisme suggéré mais néanmoins bien présent, bref, on est loin du monde des Bisounours quand même. Et quand on sait que l'auteur des romans est R.L. Stine, on se doute que le public cible reste les adolescents, rien de très surprenant à ça. Mais la direction prise par la réalisatrice Leigh Janiak a clairement fait monter le niveau de maturité d'un cran. Bref, n'hésitez pas à plonger dans les trois épisodes de Fear Street, la qualité est au rendez-vous et le spectacle assuré !    

NINOTCHKA

 

NINOTCHKA
(Ninotchka)

Réalisateur : Ernst Lubitsch
Année : 1939
Scénariste : Charles Brackett, Billy Wilder, Walter Reisch
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie
Interdiction : /
Avec : Greta Garbo, Melvyn Douglas, Ina Claire, Bela Lugosi, Felix Bressart...

L'HISTOIRE : Iranoff, Buljanoff et Kopalski sont chargés par le gouvernement soviétique d'écouler à Paris des bijoux saisis pendant la révolution, et d'acheter avec l'argent ainsi obtenu des machines agricoles. L'ancienne propriétaire des bijoux, la grande Duchesse Swana, demande à un de ses amis, Léon, d'empêcher la vente et de récupérer les joyaux. Or Léon est précisément le guide, dans la capitale, des trois Russes. Ayant eu vent de l'affaire, les Soviétiques envoient à Paris Ninotchka, qui trouve les trois compères en train de mener la grande vie. Ceux-ci appellent à la rescousse leur ami Léon qui a déjà fait la connaissance de Ninotchka, sans savoir qui elle était...

MON AVIS : Réalisateur américain d'origine allemande, Ernst Lubitsch s'est rapidement spécialisé dans la comédie et cela lui a réussi, avec notamment de purs joyaux tels Le Ciel peut Attendre ou Jeux Dangereux entre autres. En 1939, il réalise Ninotchka, avec la plus grande vedette de l'époque, Greta Garbo, qui s'aventure pour la première fois dans le registre de la pure comédie. Connue pour son visage assez sévère, l'actrice se voit utilisée dans l'argument publicitaire du film, qui clame : Garbo rit ! Et en effet, elle rit et ce, plusieurs fois dans cette comédie fort amusante, qui a bénéficié du talent de trois scénaristes, dont un qui deviendra également très célèbre derrière la caméra, à savoir Billy Wilder. Le film se moque gentiment de la Russie et de Lénine, en nous présentant trois bolcheviques en mission à Paris. Trois "camarades", trois hommes du peuple qui doivent se comporter comme tel. Seulement voilà, les frasques de la vie parisienne, les grands hôtels, le champagne, le divertissement même, va vite leur faire tourner la tête et ils vont vite s'acclimater à cette escapade dans la capitale de France, aux mœurs bien éloignés de celles de leur pays. Un vrai vent de liberté vient s'emparer des trois amis, qui ne savent plus trop comment réagir envers leur pulsion et le bien-être que leur procure la vie française, ce qui nous vaut des scènes assez drôles et aux dialogues travaillés. L'arrivée de leur camarade Ninotchka (Greta Garbo donc), envoyée par le gouvernement pour vérifier si la mission de vente de bijoux se passe normalement, va venir un tant soit peu refréner leurs ardeurs nouvelles. Car Ninotchka est froide, intransigeante, totalement dévouée à la cause soviétique, rigoureuse dans son travail et elle ne laisse aucune place à l'amusement quand elle est en mission. Toutes ses sorties ou découvertes de la vie parisienne ne sont pour elle que des éléments d'enquête à rapporter au régime. Sa première rencontre avec le héros du film, Léon, superbement interprété par Melvyn Douglas, est à ce titre une petite merveille de mise en scène, jouant sur l'opposition des deux personnages, chacun représentant les deux grandes notions que sont le prolétariat et le capitalisme. Une première rencontre qui marque Léon, qui tombe immédiatement sous le charme de Ninotchka, sans savoir qui elle est réellement. Les autres rencontres entre les futurs amants donneront également lieu à des scénettes fort amusantes (celle dans le café parisien) tout en développant l'aspect romance du film. La critique du régime soviétique ne passe pas inaperçue dans Ninotchka, tant les traits sont exagérés et amplifiés. On pourra trouver le film peut être un peu trop manichéen mais le capitalisme est lui aussi critiqué, de façon moins prononcée certes. En tout cas, voir nos quatre russes succombaient aux charmes de la France et de sa douceur de vivre reste très plaisant et donne lieu à une comédie enjouée et divertissante. Les fans de cinéma d'épouvante reconnaîtront l'acteur Bela Lugosi qui interprète le commissaire Razinin vers la fin du film. A noter que le film eut un remake sous forme de comédie musicale en 1957 avec La Belle de Moscou.

 

INCANTATIONS

 

INCANTATIONS
(Hagazussa - A Gothic Folk Tale)

Réalisateur : Lukas Feigelfeld
Année : 2017
Scénariste : Lukas Feigelfeld
Pays : Allemagne, Autriche
Genre : Drame, Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Aleksandra Cwen, Celina Peter, Claudia Martini, Tanja Petrovsky...

L'HISTOIRE : Au 15ème siècle, la petite Alburn vit seule avec sa mère, dans une petite hutte isolée, perdue dans le massif alpin. Les villageois ne les apprécient pas beaucoup, la mère d'Alburn étant considéré comme étant une sorcière. Au décès de cette dernière, suite aux ravages de la peste, Alburn grandit seule. Devenue une femme, elle s'occupe de Martha, son jeune bébé. Une villageoise, Swinda, lui rend visite de temps à autre. Mais la solitude semble avoir raison de la santé mentale d'Alburn...

MON AVIS : Alors, première chose : ne vous laissez pas aveugler par le visuel moderne de l'édition française de Hagazussa, qui ne correspond en rien à ce que vous allez voir. Car pour son premier long-métrage, le réalisateur Lukas Feigelfeld n'a pas choisit la facilité ni l'option "grand public". Il est évident qu'avec le visuel français, le spectateur ne pourra qu'être déçu, voir même en colère de s'être fait rouler comme ça. Soyons bien clair : Hagazussa, dont le sous-titre A Gothic Folk Tale lui correspond parfaitement, pourra être rangé au côté de The VVitch de Robert Egers, quand bien même il se montre encore plus hermétique, lent et étrange que ce dernier. Le réalisateur nous emmène dans un curieux voyage, quasiment sans parole la plupart du temps, où la contemplation règne en maître tout comme l'inaction. Tout l'inverse de ce que le visuel français laisse imaginer. La première partie du film, nous dévoilant la vie de la petite Alburn et de sa mère, que les villageois considère comme une sorcière, est peut-être la partie du film la plus fluide et compréhensible. Le récit se déroule chronologiquement, et Lukas Feigelfeld peut débuter la mise en place de son ambiance, de par sa mise en scène épurée, ses plans fixes, souvent de toute beauté visuellement, et une bande sonore très expérimentale, composée de sons étranges et non musicaux. On découvre que la mère est atteinte de la peste et on attend qu'il se passe quelque chose dans cet univers réaliste mais totalement contemplatif comme déjà dit. La mort de la mère s'accompagne d'une ellipse temporelle et on retrouve Alburn devenue femme, vivant toujours seule dans sa cabane en bois et s'occupant d'un jeune bébé. Et c'est là que les choses se compliquent. On a très souvent la désagréable sensation de ne rien comprendre au film, on se pose plusieurs questions sur les images présentées, qui ne semble pas toujours avoir de logique. Notre réflexion est mise à rude épreuve, on tente de donner un sens à tout ça, on cherche à savoir si le film nous raconte vraiment une histoire et on est souvent en peine de donner une réponse positive à nos interrogations. Plus le film avance, plus on en arrive à penser que les scènes ne sont pas proposées de façon chronologique en fait, ce qui pourrait expliquer pas mal de choses, à commencer par le fait que Alburn laisse son enfant de longues heures sans surveillance, quittant la maison pour aller se promener par exemple avec sa nouvelle amie Swinda. Une amie qui lui réserve une drôle de preuve d'amitié et, quand on y réfléchit, cet événement dramatique pourrait expliquer la présence du bébé chez Alburn, tout comme la scène de l'étang marécageux, assez intense, peut être un indice s'il est remis dans l'ordre du récit. La structure du film se montre très complexe à mon avis et il faudrait revoir le film après mûre réflexion pour l'analyser et lui donner sens. Pas de jump-scares, pas de scènes d'horreur, tout est dans le suggéré, les allusions et plusieurs interprétations sont possibles. La sorcellerie est bien présente mais pas de manière frontale, elle donne plutôt dans la métaphore, à nous de lui donner sens encore une fois. Le film est divisé en quatre parties, baptisées Ombre, Corne, Sang et Feu. Réaliste tout en étant parfois onirique et fantasmagorique, Hagazussa nous plonge également dans la psyché de son héroïne, à travers des scènes qui mettent mal à l'aise, telle la traite de la chèvre qui s'accompagne d'allusions sexuelles troublantes. La monotonie de sa vie, son isolement également, son passé aussi, et les croyances mystiques de ce siècle, jouant très certainement sur son étrange comportement. Il faut donc faire un réel effort pour visionner Hagazussa, pour s'en imprégner et découvrir où veut nous emmener le réalisateur et que nous raconte son histoire. La plupart des spectateurs finiront par sombrer dans l'ennui le plus total à mon avis, complètement laissés de côté par la nature même du film. Les autres se laisseront bercer par les images et une fois le générique de fin se mettant à défiler, ils repenseront à ce qu'ils viennent de voir et mettront tout en oeuvre pour décortiquer tout ça, quitte à y revenir un peu plus tard pour mettre en lumière tous ces éléments qui semblent n'avoir, à priori, ni queue ni tête. Ce qui n'est sûrement pas le cas évidemment. En tout cas, la forme est bien là, les images sont superbes et ceux qui apprécient Lynch, Tarkovski et le film de Robert Egers ne manqueront pas de s'y frotter, pour vivre une expérience filmique difficile certes, mais certainement intéressante une fois qu'on aura fait place nette dans notre esprit. A noter quelques séquences malsaines de par ce qu'elle laisse suggérer.

* Disponible chez Condor Entertainement et en Blu-Ray chez Arrow Vidéo


ARIANE

 

ARIANE
(Love in the Afternoon)

Réalisateur : Billy Wilder
Année : 1957
Scénariste : Billy Wilder, I.A.L. Diamond
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Romance
Interdiction : /
Avec : Audrey Hepburn, Gary Cooper, Maurice Chevalier, John McGiver, Van Doude...

L'HISTOIRE : Fille d'un détective privé, la jeune Ariane se passionne pour les enquêtes menées par son père. Ce dernier n'aime pas que sa fille étudie ses dossiers qui ne parle que d'adultère, de liaisons inavouables et de drame passionnel, car il veut la protéger de toute cette débauche. Lorsque son nouveau client lui demande d'espionner sa femme qui aurait une liaison avec Frank Flannagan, richissime célibataire qui ne cesse de multiplier les conquêtes et de faire la Une des journaux, il ne se doute pas qu'Ariane va se prendre de passion pour cet homme plus âgé et que, de fil en aiguille, une romance passionnée va naître entre eux-deux...

MON AVIS : Célèbre réalisateur américain, spécialisé dans le film noir mais aussi la comédie savoureuse puisqu'on lui doit dans ce domaine des titres tels Sabrina, Sept ans de Réflexion, Certains l'aiment chaud, Irma la Douce ou Embrasse-moi, Idiot entre autres, Billy Wilder nous offre en cette année 1957 un pur classique de la comédie romantique, un petit bijou finement ciselé, intitulé Ariane en France, du prénom de la charmante ingénue interprétée par la non moins charmante Audrey Hepburn. On nage ici en pleine romance qui ne pourra qu'émouvoir tous ceux qui ont un côté fleur bleue en eux, le duo Audrey Hepburn / Gary Cooper étant d'un ravissement de tous les instants. Avec un sens de la mise en scène absolument parfait, associé à des dialogues merveilleusement écrits, d'une finesse exquise et qui possède un sens de l'humour certain, Ariane nous prend par la main et nous emmène dans une relation qu'on pourrait quasiment qualifier de tabou pour l'époque puisque le personnage d'Ariane à 28 ans et celui de Frank Flannagan en a 56, si on se réfère à l'âge réel des deux acteurs à l'époque du tournage. Mais avant de verser dans une très belle histoire d'amour, Ariane se veut également être une comédie fort amusante, qui multiplie les situations cocasses et les répliques humoristiques, sur un rythme efficace qui augmente de manière exponentielle. Le début du film, avec ce mari jaloux voulant tuer Gary Cooper qu'il soupçonne d'être l'amant de sa femme, ce qui est effectivement le cas, est fort drôle, l'acteur John McGiver qui joue donc le mari, n'y étant pas pour rien. Ses mimiques, ses expressions, son comportement, tout est fait pour nous faire sourire et ça fonctionne parfaitement. Dans le rôle du détective privé, on trouve le célèbre artiste français Maurice Chevalier, parfait dans ce rôle de papa-poule sur-protecteur, qui ne veut que du bien à sa fille unique dont il assure l'éducation suite au décès de sa femme. Sa fille, Ariane donc, est campée par une Audrey Hepburn absolument adorable, qui fera fondre le cœur des plus endurcis, de par son naturel et son envie de vivre un grand amour. Victime du syndrome de madame Bovary, la jeune fille voit dans les frasques de Frank Flannagan de quoi exalter sa vie monotone de violoncelliste, et se prend à rêver d'amour, avec un grand A. Après avoir sauvé la vie de ce dernier, elle se laisse séduire par ce célibataire insatiable, riche, pour qui amour ne rime qu'avec rencontres multiples et passagères et certainement pas avec engagement. Une conception loin des idéaux de la jeune Ariane mais petit à petit, celle qu'on prenait au départ pour une simple ingénue va développer un jeu de la séduction qui va se retourner contre Flannagan. Si le personnage joué par Gary Cooper mène le jeu de la romance en premier lieu, l'imagination débordante d'Ariane va avoir raison de lui et c'est bel et bien Audrey Hepburn qui va tenir les rênes ensuite, ce qui donne tout son piquant et son humour au film. Le célibataire romantique mais un brin macho tout de même va se voir piéger à son propre jeu, ce qui nous permet d'assister à des séquences absolument irrésistibles, comme celle dans laquelle Ariane lui a laissé sur un répondeur la liste de ses conquêtes imaginaires, liste qui le va rendre fou de jalousie. De nombreuses touches d'humour ponctuent le film, que ce soit ce quatuor de musiciens qui jouent inlassablement la même partition, qu'elle que soit la conquête s'aventurant dans l'appartement de Flannagan ou cette voisine qui punit son petit chien qui n'a en fait rien à se reprocher. Et puis comment ne pas craquer devant cette autre facette que s'invente Ariane pour faire flamber le cœur de son amant, qu'elle ne voit que l'après-midi, d'où le titre original du film ? Rire et émotion s'unissent dans une alchimie parfaite, les acteurs ont une classe impériale, l'action se déroule à Paris, ce qui ne gâche rien et tout est réuni pour faire d'Ariane un pure réussite, ce que le film est, assurément. 


 

LE LION DE SAINT MARC

 

LE LION DE SAINT MARC
(Il Leone di San Marco)

Réalisateur : Luigi Capuano
Année : 1963
Scénariste : Luigi Capuano, Arpad DeRiso
Pays : Italie
Genre : Aventure, Romance
Interdiction : /
Avec : Gordon Scott, Gianna Maria Canale, Rik Battaglia, Alberto Farnese, Franca Bettoia...

L'HISTOIRE : La cité de Venise est la cible d’attaques régulières de la part d’une bande de pirates, sous l’impuissance des doges. Le fils de l’un d’eux, Manrico, lors du bal en l’honneur de ses fiançailles avec Isabella, subit une nouvelle attaque. Le soir même, il réunit quelques amis et décide de passer à l’action afin de mettre un terme à ces prédations. Il devient le héros masqué se faisant appeler Le Lion de Saint Marc et met en déroute les pirates. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est de tomber amoureux de Rosanna, une jolie fille de pirate...

MON AVIS : Spécialiste du film d'aventure, Luigi Capuano nous offre avec Le Lion de Saint Marc un divertissement solide, tourné peu de temps après Le Tigre des Mers, qui avait déjà pour actrice principale la charmante Gianna Maria Canale. Le lion de Saint Marc est l'emblème de Venise et, coïncidence mais je ne crois pas, l'action du film de Capuano se déroule dans cette jolie cité aux nombreux canaux sur lesquels coulissent les gondoles prisés des touristes. Un décor naturel qui rend particulièrement bien à l'écran et qui change des traditionnels décors de cité médiéval par exemple. La belle Gianna Maria Canale interprète un rôle à double-facette, puisqu'elle fait partie des pirates qui s'en prennent aux habitants vénitiens mais qui va finir par tomber amoureuse du beau justicier joué par un Gordon Scott très à l'aise dans son rôle. Les pirates ont un code d'honneur mais l'amour sera-t-il plus fort ? Suspense, suspense ! Je préviens l'aimable assemblée de mes lectrices / lecteurs que si ce film est classé dans le rayon Piraterie, il pourrait décevoir les fans de combats en pleine mer, de chasse au trésor, de pavillon noir hissé haut et fort ou de méchants pirates avec jambe de bois ou crochet en guise de pied ou de main ! Car Le Lion de Saint Marc est avant tout un beau film d'aventure romantique, qui joue nettement plus sur l'aspect cape et d'épée que sur la piraterie elle-même. On trouve moult combats et duels à l'épée au sein du film, que ce soit au palais du doge, dans les bois, dans un château devenu le repaire des pirates et j'en passe. Mais jamais sur les mers par contre. Gordon Scott, qui se prend pour Zorro avec son bandeau noir sur les yeux (le film emprunte pas mal aux aventures du renard masqué d'ailleurs), manie l'épée avec dextérité, saute, court et combat avec fougue et entrain. Les costumes sont classieux, colorés, l'action est bien menée, un peu répétitive certes mais c'est suffisamment plaisant à regarder pour qu'on passe un bon moment devant son écran, avec ce type de cinéma de quartier qui fait vibrer la fibre nostalgique. La jolie romance apporte de l'émotion et ne gâche en rien le spectacle. On trouve aussi dans ce film un carnaval, un mariage, des scènes de danse, de l'imagination pour que le héros masqué ne soit pas démasqué justement, des passages en gondoles, Venise oblige, bref, tout l'attirail du divertissement d'aventure a été convoqué dans une belle alchimie et pour un résultat qui comblera les amateurs du genre.

* Disponible en DVD chez -> ARTUS FILMS <-
Digipack classieux, belle copie, VF et VOSTF. Présentation du film, du réalisateur et de Gianna Maria Canale par Christian Lucas, toujours intéressant. 


RINGO AU PISTOLET D'OR

 

RINGO AU PISTOLET D'OR
(Johnny Oro)

Réalisateur : Sergio Corbucci
Année : 1965
Scénariste : Adriano Bolzoni, Franco Rossetti
Pays : Italie
Genre : Western
Interdiction : /
Avec : Mark Damon, Valeria Fabrizi, Ettore Manni, Giulia Rubini, Franco de Rosa...

L'HISTOIRE : Johnny Oro, chasseur de prime armé d'un pistolet en or, vient de tuer plusieurs membres du gang des Perez. Il laisse en vie le jeune Juanito Perez, qui n'a pas sa tête de mise à prix. Ce dernier va vouloir se venger de Johnny et fait un pacte avec les Apaches pour mener à bien sa vengeance. Le shérif de la ville, qui doit prochainement céder sa place, met Oro en prison durant cinq jours pour possession d'arme en ville. C'est précisément durant ses cinq jours que Juanito Perez et ses amis indiens décident de passer à l'action...

MON AVIS : Le western spaghetti est en plein essor durant les 60's, suite au succès des films de Sergio Leone. Les écrans de cinéma voient passer moult et moult westerns, de qualité diverse. Sergio Corbucci réalise en 1965 ce Johnny Oro qui, pour des raisons commerciales (Giuliamo Gemma a interpréter un pistolero du nom de Ringo sous la caméra de Duccio Tessari), verra son personnage être rebaptisé Ringo pour sa diffusion en France, le film devenant Ringo au Pistolet d'Or. Mieux vaut donc visionner le film en version originale pour avoir le vrai nom des personnages. Un film que Corbucci a mis en scène mais 1965 mais qui n'est sortit que trois mois plus, en 1966, juste après l'exploitation de Django, pourtant réalisé après. Il semblerait d'ailleurs que Corbucci ait quitté le tournage de Johnny Oro pour débuter Django, laissant juste quelques dernières scènes à tourner à d'autres réalisateurs. Honnêtement, ce n'est pas un très grand western que nous propose là Corbucci, qui sera bien plus inspiré par la suite, avec des films tels Navajo Joe, Le Grand Silence ou Companeros entre autres. Avec Ringo au Pistolet d'Or, Corbucci recycle les idées prises dans des classiques du western américain, à commencer par Rio Bravo et Le Train sifflera Trois fois. Le film met en scène deux personnages principaux : le chasseur de prime Johnny Oro, interprété par un assez fade Mark Damon qui a bien du mal à convaincre, avec son maquillage trop voyant et son attitude énervante, mais aussi le shérif de cette petite ville, qui est inflexible et d'une honnêteté à toute épreuve, droit dans ses bottes et qui le restera jusqu'au bout. C'est franchement le personnage le plus intéressant du film, très bien campé par un Ettore Manni impeccable, et qui nous rappelle le personnage joué par Gary Cooper dans Le Train sifflera trois fois. Abandonné de tous les habitants de la ville, qui préfèrent s'enfuir face à la menace de la vendetta du mexicain Juanito Perez (Franco de Rosa), notre shérif va devoir gérer l'attaque de sa ville quasiment seul, simplement aidé de sa femme (la très belle Giulia Rubini) et d'un vieil ivrogne qui passe son temps en prison. L'originalité du film étant que le pistolero Johnny Oro se trouve lui aussi en prison durant l'attaque. Et le shérif ne veut pas le libérer car il doit purger sa peine jusqu'au bout. Je vous avez dit qu'il était droit dans ses bottes. Une idée originale mais qui, à l'écran, ne se transforme pas en essai gagnant, ramollissant le rythme du film, déjà pas bien élevé. L'attaque de la prison par les Mexicains et les Apaches vers la fin du film nous renvoie bien sûr à Rio Bravo. Une longue séquence plutôt pas mal filmée et assez efficace, qui se soldera par un duel final ingénieux. Auparavant, on aura eu droit aux traditionnelles séquences dans le saloon, avec chanteuse de cabaret et bagarres. Ringo au Pistolet d'Or se traîne toutefois un peu trop en longueur certaine fois et le manque de charisme de Mark Damon n'aide pas le film à se hisser vers le haut. Quand on pense que l'acteur devait interpréter le personnage de Django, on en frémit déjà. Rien de déshonorant donc, c'est un petit western qui reste plaisant à regarder mais qui ne marquera pas les esprits...