Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




DÉMONS 2

 

DÉMONS 2
(Demoni 2 - l'Incubo Ritorna)

Réalisateur : Lamberto Bava
Année : 1986
Scénariste : Dario Argento, Lamberto Bava, Franco Ferrini, Dardano Sacchetti
Pays : Italie
Genre : Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : David Edwin Knight, Nancy Brilli, Coralina Cataldi-Tassoni, Bobby Rhodes...


L'HISTOIRE : Dans un immeuble ultra-sécurisé, Sally prépare sa fête d'anniversaire entourée de ses amis. Hannah, enceinte, attend le retour de son mari, George. Tommy, un petit garçon resté seul, attend le retour de ses parents. A la salle de musculation, les adhérents s'entraînent sous la direction de Hank, leur coach sportif. Quand un événement vient contrarier Sally, celle-ci s'enferme dans sa chambre et regarde, comme beaucoup d'autres résidents, le film d'horreur diffusé à la télévision. Bientôt, ce dernier semble prendre vie et va libérer la malédiction des démons. Sally en sera la première victime. Devenue elle-même un démon, elle va propager la contamination parmi ses invités...

MON AVIS : Suite au succès de Démons en 1985, Lamberto Bava et ses producteurs se voient quasiment obligés de mettre en chantier une suite. Trop rapidement dirons-nous, puisque Démons 2 se montre bien en deçà du premier film. Sergio Stivaletti et son équipe, qui avaient fait des miracles sur le premier film, doit gérer les effets spéciaux sans vraiment avoir le temps de les préparer, ce qui nous vaut de très bons maquillages de démons, encore plus gluants et verdâtres, mais aussi des effets mécaniques franchement ratés, comme cette tête mécanique représentant Sally se transformant, un chien devenant démoniaque qui ne fait guère illusion et, pire que tout, une sorte de petite créature façon gremlins / ghoulies qui tire le film vers le nanar bas de gamme. Qui plus est, Démons 2 est largement moins gore que le premier, on a juste quelques marques de griffures sur les victimes, c'est bien peu. J'ai toujours trouvé ce second opus très inférieur au premier et cette nouvelle vision ne m'a pas fait changer d'avis, même si je l'ai trouvé un peu plus sympa que lors de mes précédentes visions. Mais rien de transcendant comme a pu l'être la vision du premier. On pourrait dire que Démons 2 est une sorte de version démoniaque de la Tour infernale ou de Piège de cristal 2, l'action se déroulant donc dans un immeuble dernier cri. Si l'écran de cinéma était le vecteur de l'invasion démoniaque dans le premier film, ici, c'est par l'entremise de la télévision qu'elle va se faire au départ, puis par les attaques des démons sur les vivants, qui vont se transformer à leur tour en démons. Petite nouveauté dans cette suite, qu'on ne nous explique pas, le sang qui est comme de l'acide ! Lamberto Bava et ses scénaristes ont-ils trop regarder Alien ? Possible ! Si le premier Démons possédait un rythme trépidant, avec juste de très légères baisses de rythme, ce second volet n'a pas la même hargne et l'action se montre moins entraînante et surtout moins déjantée. On suit les divers habitants courir dans les couloirs, tenter de s'échapper par les ascenseurs ou finir par se regrouper dans la salle de musculation, où la survie va s'organiser, selon les directives du coach sportif, interprété par Bobby Rhodes, qui était déjà au casting du premier film dans un autre rôle. Parmi les points positifs du film, on notera la bonne partition musicale de Simon Boswell, qui remplace Claudio Simonetti, et nous livre un thème vraiment sympa. A noter également la présence de la toute jeune Asia Argento dans un tout petit rôle. Reste qu'au final, on termine le film sur une impression plutôt mitigée. On aurait aimé voir plus de meurtres sanguinolents, plus de séquences What the Fuck comme dans le premier (la chute de l'hélicoptère, la moto sur les sièges de cinéma avec le héros qui dézingue du démon à bout de bras...). Logiquement, et ce n'est pas le personnage de Randy dans Scream qui dira le contraire, une suite se doit d'en proposer plus, de se montrer plus généreuse et de mettre le paquet dans la surenchère. Le souci de Démons 2, c'est qu'on a plutôt l'impression que tout a été revu à la baisse par souci d'économies ou de budget. Et c'est bien dommage. Une suite pas vraiment à la hauteur de son illustre modèle donc, dont tout n'est pas à jeter bien sûr, mais qui s'avère assez décevante tout de même. 

 

BULL

 

BULL
(Bull)

Réalisateur : Paul Andrew Williams
Année : 2021
Scénariste : Paul Andrew Williams
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Drame
Interdiction : -16 ans
Avec : Neil Maskell, David Hayman, Lois Brabin-Platt, Henri Charles, Laura McAlpine...


L'HISTOIRE : Un homme réapparaît au bout de dix ans et cherche à se venger de son ancien patron et de ses hommes de main. Il cherche également à retrouver son fils Aiden...

MON AVIS : Je connaissais le réalisateur Paul Andrzw Williams de par son très bon film Bienvenue au Cottage (2008), qui réussissait un mélange bien équilibré entre comédie et horreur gore. Après deux autres longs-métrages, il s'est focalisé dans la réalisation d'épisodes de séries-télévisées et ce, jusqu'en 2021, année où la pandémie de Covid-19 l'a décidé à revenir au cinéma. Tourné en seulement 18 jours, durant la pandémie donc, Bull s'avère à nouveau une belle réussite, qui joue dans la cour du film de vengeance. L'intrigue, simple comme bonjour, suit un homme, Bull, superbement interprété par Neil Maskell, qui réapparaît dans sa ville au bout de dix ans d'absence et qui semble réclamer vengeance. Ce qui frappe d'emblée, c'est la détermination de Bull à mener sa quête vengeresse. On sent que rien ni personne ne pourra se mettre entre lui et les personnes qu'il veut éliminer. "Où étais-tu durant tout ce temps" lui demande une de ses connaissances ? "En Enfer" répondra-t-il ! La prestation de l'acteur, ses expressions de visage, nous font prendre conscience de tout l'aspect dramatique de la situation et du poids qu'a Bull sur ses épaules. Un poids dont on ne connaît ni les tenants ni les aboutissants, mais ces derniers vont nous être présentés via des flashback récurrents, nous dévoilant le passé de Bull et des hommes dont il cherche à se venger. Assez radicale dans son approche, Bull met en scène une mafia familiale, contrôlée par Norm, un vieil homme absolument détestable, porté par le jeu de l'acteur David Hayman, qui est ici admirable dans la méchanceté et en devient véritablement terrifiant. Un véritable parrain, qui dirige son entreprise d'une main de fer. Il est également le grand-père d'Aiden, un petit garçon, fils de sa fille et de Bull. Les flashbacks nous font comprendre que Bull travaille pour Norm et qu'il est lui aussi impitoyable (la scène dans l'usine, terrible). Malheureusement, sa relation avec la fille de Norm bât de l'aile, ce qui va provoquer un drame. Les flashbacks sont particulièrement réussis et nous présente chaque future victime de Bull. Si la structure du film en lui-même reste classique, le traitement à l'écran fait office d'uppercut frontal : les divers personnages sont bien écrits, les dialogues sont à l'avenant et surtout, la violence est rude, sèche, glaciale et ne prête ici jamais à sourire. Les diverses agressions et le déterminisme de Bull font souvent froid dans le dos. Si Bull pourrait être vu comme un monstre sans aucun sentiment, au vu des actes qu'il commet, ce serait faire l'impasse sur sa relation avec son fils. Cette dernière n'est que tendresse et amour et conditionne tout la vengeance de Bull. Éprouvant, Bull n'est pas à mettre devant tous les yeux. La mise en scène est inventive, efficace. Le casting excellent. La violence explosive. Reste les dernières minutes du film, qui risquent de surprendre le spectateur. Un final original et surtout inattendu, même si des indices étaient disséminés tout au long du film, indices qui nous sont rappelés justement lors de ce final déroutant. Je vous laisse la surprise. Un film choc en tout cas !

   

LE JOUR DE LA FIN DES TEMPS

 

LE JOUR DE LA FIN DES TEMPS
(The Day Time Ended)

Réalisateur : John "Bud" Cardos
Année : 1979
Scénariste : Wayne Schmidt, J. Larry Carroll, David Schmoeller
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Jim Davis, Bentley Mitchum, Dorothy Malone, Natasha Ryan, Marcy Lafferty...


L'HISTOIRE : Des scientifiques observent l'explosion simultanée de trois supernovas. Un phénomène qui a eut lieu il y a des milliers d'années mais qui n'est visible que maintenant. Des perturbations ont lieu sur Terre et notamment dans une partie du désert, où vit la famille Williams. Cette dernière va être confrontée à de curieux événements qui semblent de nature extra-terrestre...

MON AVIS : Sur un postulat qui aurait pu servir de base à un épisode de La Quatrième Dimension, à base de faille temporelle qui fait coexister passé, présent et futur, le réalisateur John "Bud" Cardos, principalement connu pour l'excellent film L'Horrible Invasion (1977) ainsi que pour Mutant (1984) et Les Bannis de Gor (1988), se retrouve sur ce projet de film de science-fiction qui se perd dans son scénario, ce dernier ayant été repris et réécrit par trois personnes, ce qui n'aide pas à la cohésion. Très clairement, on a l'impression de regarder un simple téléfilm avec Le Jour de la fin des Temps. Rien de péjoratif, il y a de très bons téléfilms fantastiques. Ce n'est pas vraiment le cas ici, la faute à une histoire décousue et à des événements qu'on ne comprend pas et qui ne trouve aucune explication. C'est même un vrai foutoir d'éléments disparates qu'on nous propose, sans réel logique : on a une sorte de pyramide verte qui prend différentes tailles au cour du film, un vaisseau spatial de petite taille qui possède une technologie avancée pour se défendre ou attaquer, des lumières dans le ciel qui évoque des ovnis, un petit extra-terrestre qui apparaît comme ça, pour le plaisir, et même un combat entre deux monstres aliens qui débarque, eux aussi, comme un cheveu sur la soupe. Est-ce le fait de l'explosion des trois supernovas qui a entraîné un dérèglement de l'espace-temps, cette notion de temps n'existant pas vraiment comme tentera de nous l'expliquer la voix-off en début de film, qui explique l'apparition de ces drôles de phénomènes ? Mystère ! A mettre dans les points positifs, ce fameux combat de monstres extra-terrestres, réalisé en stop-motion et avec soin, ainsi que des effets visuels pas trop mal fait. La prestation de la jeune actrice Natasha Ryan est également à retenir, tant elle se montre très à l'aise face à la caméra. Pas évident pour elle car elle a pour partenaire Jim Davis (vous savez, Jock Ewing de Dallas !), Dorothy Malone ou Bentley Mitchum entre autres. Le casting, réuni dans une belle maison située en plein désert, va donc devoir comprendre ce qu'il lui arrive, tout comme le spectateur donc. Ils sont aussi perdus que nous, ne comprennent pas pourquoi la lumière devient verte, pourquoi l'eau du robinet coule toute seule, ni que désire ce vaisseau extra-terrestre qui n'a pas l'air amical, entre autres. De notre côté, on fait des efforts pour tenir et rester éveillé, on regarde le compteur du lecteur vidéo à plusieurs reprises (et ça, c'est pas bon signe) et on attend que le générique de fin démarre, faisant suite à une séquence finale qu'on n'a pas comprise non  plus. Complexes les histoires d'espace-temps hein ! Cette petite production Charles Band a énormément (mal) vieilli et seuls les complétistes en matière de science-fiction y trouveront un petit intérêt. 

* Dispo en DVD chez -> BACH FILMS <-



NIGHTBEAST

 

NIGHTBEAST
(Nightbeast)

Réalisateur : Don Dohler
Année : 1982
Scénariste : Don Dohler
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Tom Griffith, Jamie Zemarel, Karin Kardian, George Stover...


L'HISTOIRE : Suite à une collision avec un météore, un extra-terrestre belliqueux débarque sur Terre. Il va terroriser les habitants d'une petite bourgade avant d'être pris en chasse par le shérif local, qui tente de faire tout son possible pour arrêter le massacre...

MON AVIS : Quiconque a déjà vu un film de Don Dohler saura forcément à quoi s'attendre en enclenchant Nightbeast. Le réalisateur est connu pour mettre en scène des petites séries Z à micro-budget, confectionnées avec les moyens du bord, beaucoup d'inventivité et une vraie passion pour le genre. De lui, j'ai déjà vu l'improbable The Alien Factor (1978) et Blood Massacre (1991). Des films qui ne brillent pas par leur qualité cinématographique il est vrai et que la plupart des spectateurs trouveront ringards voire affligeants. Un verdict un peu sévère même s'il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes. De Nightbeast, j'avais vu des photos dans le magazine Mad Movies étant adolescent, notamment de la fameuse créature qui avait un look assez impressionnant. C'est donc confiant, intrigué tout en étant un peu méfiant tout de même, que je me suis procuré le film chez Bach Films, qui a eu la bonne idée de le sortir en DVD, via la copie de chez Vinegar Syndrome. Allez, c'est parti pour 81 minutes et des poussières. Après une introduction qui m'a fait penser à celle de Predator (un vaisseau extra-terrestre s'écrase sur Terre et libère un alien pas très sympa et qui n'a pas une gueule de porte-bonheur), le film étonne dans un premier temps par sa mise en scène, son rythme, son vilain extra-terrestre et ses maquillages gentiment gores. Attention, j'ai pas dit qu'on avait affaire à du Orson Welles hein ! Mais franchement, ça tient la route, les effets-spéciaux sont bien cheap évidemment mais dans le cadre d'une production aussi fauchée, c'est pas mal du tout, notamment les tirs de pistolet-laser, les désintégration de corps et le look de l'alien, très caoutchouteux mais vraiment cool pour qui apprécie les Craignos Monsters ! Niveau acteur, il ne faut pas en attendre trop, c'est parfois très freestyle mais là aussi, ça passe si on sait être indulgent. Le shérif est joué par Tom Griffith, qui s'en sort assez bien et qui, comme le chef Brody des Dents de la Mer, va devoir réussir à convaincre le maire (Richard Dyszel) de faire évacuer la ville, sauf que ce dernier doit recevoir le Gouverneur en vu des prochaines élections et que affoler la population ne serait pas bien vu. Notre shérif pourra compter sur son adjointe (Karin Kardian) et sur son ami Jamie Lambert (Jamie Zemarel) pour essayer de faire régner la loi. Une tâche ardue, surtout quand un biker violent, Drago (Don Leifert) vient compliquer cette mission et apporter plus de souci qu'il n'en faut aux malheureuses forces de l'ordre. Si Don Dohler peaufine les attaques de sa créature de l'espace et tente d'instaurer un certain suspense grâce à la musique électronique composée par... J.J. Abrams (si, si, c'est bien le réalisateur de Super 8 ou de Star Wars 7 et 9), si les victimes sont bien maltraitées par notre vilain monstre, qui a perdu son pistolet-laser et doit donc se servir de ses grosses pattes griffues dorénavant, il n'empêche que le film doit atteindre la durée de 81 minutes et qu'il faut bien combler les trous entre les attaques. D'où des intrigues secondaires moins réussies et qui tirent un peu en longueur. De nouveaux personnages font leur apparition, comme George Stover, acteur récurrent chez Don Dohler. Quelques péripéties se mettent en place, tout comme apparaissent quelques plans nichons, histoire de s'octroyer les faveurs du public. On se demande comment les survivants vont pouvoir détruire l'intrus monstrueux vu que celui-ci résiste aux balles, ce qui n'empêche pas lesdits survivants de vider cartouchière sur cartouchière contre lui, allez comprendre ! Ils payent pas les balles dans cet endroit du monde ? Ou alors, c'est pour apporter une petite plus-value à son film que Don Dohler enchaîne les tirs et les explosions ? Possible. N'étant évidemment pas le plus grand film de science-fiction horrifique du monde, Nightbeast s'avère plus réussi que prévu, plus fun aussi, tant est que vous soyez réceptif à la S-F low-cost ! Pas sûr que vous réussissiez à faire mieux dans votre jardin avec un caméscope et vos potes hein ! L'indulgence est donc de mise ici pour profiter du spectacle proposé. 

* Disponible en DVD chez -> BACH FILMS <-    



LE GÉANT DE LA STEPPE

 

LE GÉANT DE LA STEPPE
(Ilya Muromets)

Réalisateur : Alexandre Ptouchko
Année : 1956
Scénariste : Mikhail Kochnev
Pays : Russie
Genre : Aventure, Heroic Fantasy
Interdiction : /
Avec : Boris Andreyev, Shukur Burkhanov, Andrei Abrikosov, Ninel Myshkova...


L'HISTOIRE : Avant de s’endormir pour toujours, le géant Svyatogor remet son épée à des pèlerins, leur ordonnant de la donner au preux qui sera digne de défendre sa terre. Alors que les Tougars pillent la région, les pèlerins remettent l’épée à Ilya, un paysan vivant à Mourom qui a les jambes paralysées. Grâce à une potion magique, Ilya retrouve ses forces et s’en va se battre contre l’envahisseur qui a enlevé son épouse Vassilissa. Il devra affronter mille dangers pour devenir le preux qui mérite gloire et immortalité...

MON AVIS : Fort de ses succès en tant que réalisateur (La Fleur de Pierre en 1946, Le Tour du Monde de Sadko en 1953 entre autres), Alexandre Ptouchko, spécialiste des effets-spéciaux et de l'animation, surnommé le Walt Disney russe, se voit attribuer un budget plus que conséquent pour son nouveau film, qui mettra en scène un héros qui a réellement existé, Ilya Muromets. Un héros qui est devenu le centre d'intérêt de nombreux contes et légendes par la suite et qui s'est même vu canonisé ! Comme à son habitude, Ptouchko nous offre un véritable enchantement visuel, un maelström de couleurs et de tableaux picturaux dont il a le secret avec Le Géant de la Steppe. Un film aux allures de super-production, puisqu'il est fait mention de la présence de plus de 106000 figurants et plus de 11000 chevaux ! Des chiffres à vérifier puisque notre magicien des images connaît les techniques pour multiplier les figurants à l'écran et ce, sans l'aide d'un ordinateur ! C'est également le premier film russe a bénéficié d'un format cinémascope et d'une bande sonore stéréo quatre voies ! Véritable épopée entièrement dédiée à la grandeur de la Russie, Le Géant de la Steppe mélange aventure et héroic fantasy, avec de la magie, des créatures fantastiques (on a par exemple un être qui, en soufflant, provoque un véritable ouragan, une nappe qui fait apparaître de la nourriture ou la présence d'un dragon à trois têtes...), une héroïne en danger, des complots au sein de la cour du prince, des méchants peu commodes (les vils Tougars, représentant le peuple ennemi désirant conquérir Kiev) et de nombreuses scènes de batailles. Spectacle familial avant tout, Le Géant de la Steppe évoque vraiment un conte féerique, avec des numéros musicaux et quelques touches d'humour. La glorification de la Russie est omniprésente mais ce n'est en rien gênant ici. Outre les effets-spéciaux que l'on regarde avec tendresse et nostalgie, c'est bien le travail sur les couleurs, la lumière, qui émerveille, à juste titre. Le cinéma fantastique russe possède un univers et une façon de faire qui lui est propre et mérite qu'on s'y attarde. Maintenant, j'avoue que même si je suis sensible à ce type de féerie, je n'ai pu m'empêcher de lui trouver quelques longueurs et autres menus défauts qui m'ont parfois fait regarder le compteur du lecteur blu-ray. Le Géant de la Steppe reste tout de même un très joli film, que j'aurai sûrement d'avantage apprécié enfant. Il reste à découvrir en tout cas pour qui s'intéresse au cinéma fantastique atypique et dépaysant.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-    
Superbe mediabook proposant le film en VF et VOSTF.
- Présentation par Christian Lucas et Stéphane Dederian
- Diaporama d’affiches et photos
- Film-annonce original
- Pour aller plus loin : livret 64 pages par Nicolas Bonnal


LE COMMANDO DES MORTS VIVANTS

 

LE COMMANDO DES MORTS VIVANTS
(Shock Waves)

Réalisateur : Ken Wiederhorn
Année : 1977
Scénariste : Ken Wiederhorn, John Kent Harrison
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Peter Cushing, John Carradine, Brooke Adams, Fred Buch, Luke Halpin...


L'HISTOIRE : Embarqué sur un petit navire de croisière, un groupe de touristes va avoir la mauvaise surprise d'heurter une épave gigantesque, cette dernière causant de graves dommages à l'embarcation. Obligé de se réfugier sur une île avoisinante, le groupe va faire connaissance avec un vieil homme qui semble être le seul résident des lieux. Ce dernier semble mal à l'aise à l'idée d'avoir des visiteurs et leur somme de quitter rapidement son île, car une terrible menace rôde alentour...

MON AVIS : Réalisé en 35 jours durant l'année 1975, Le Commando des Morts Vivants est un petit film Bis dont on se souvient principalement pour sa superbe affiche mais aussi parce que Peter Cushing joue dedans. Le prestigieux acteur anglais arrivant en fin de carrière, il accepte un peu tout ce qu'on lui propose et se retrouve donc dans ce rôle d'ancien officier SS ayant travaillé à la conception de super-soldats nazis durant la guerre. Il faut dire qu'il a touché 25000$ pour cinq jours de tournage, plus un transport en avion et une chambre d'hôtel, quand le tout aussi prestigieux John Carradine n'a touché que 5000$ pour cinq jours de tournage également. Le film est l'oeuvre de Ken Wiederhorn, qui réalisera par la suite le thriller Appels au Meurtre en 1981, la comédie horrifique Le Retour des Morts Vivants 2 en 1988 ainsi que plusieurs épisodes de la série-télévisées Les Cauchemars de Freddy entre 1988 et 1990. Le tournage eut lieu aux Bahamas, l'équipe de production ayant repéré une épave d'un cargo en béton qui ferait l'affaire pour leur histoire. La présence d'un hôtel abandonné sur une île avoisinante a également était prise en compte, le réalisateur louant ce lieu pour 250$ seulement. L'hôtel a depuis été rénové et fonctionne toujours à l'heure actuelle. Comme je le disais, Le Commando des Morts Vivants n'est en rien un très grand film du cinéma fantastique. L'idée de départ provient d'écrits spécifiant que les nazis faisaient des recherches sur les sciences occultes et avaient dans l'idée de créer une race de super-soldats invincibles pour gagner la guerre. Un postulat sympa, avouons-le. Ne restait plus qu'à développer tout ça pour en faire un film. Avec très peu de moyens, Ken Wiederhorn accouche donc de cette petite série B dont il ne faut pas trop en attendre. Le film est souvent comparé au fameux film français Le Lac des Morts Vivants, ce qui vous donne une petite idée du contenu. Il n'empêche que les soldats allemands zombifiés du Commando des Morts Vivants sont nettement plus convaincants que dans le film de Jean Rollin, le maquillage ne coulant pas à cause de l'eau entre autres ! Le scénario n'est pas d'une rigueur absolue, on ne comprend pas toujours pourquoi les super-soldats ont attendu aussi longtemps avant de se réveiller et de sortir de l'eau, ni pourquoi ils sont aussi sensibles au soleil (l'un des acteurs jouant les zombies avait été opéré d'un glaucome à l’œil et était obligé de porter des lunettes de protection, ce qui a obligé l'ensemble des zombies a en porter dans le film). Le film joue avant tout sur l'ambiance, sur une atmosphère angoissante, et par certains aspects, certains décors (la mer, la forêt tropicale, l'hôtel à l'abandon...), il m'a un peu rappelé L'Enfer des Zombies de Fulci, avec ce petit groupe devant lutter pour leur survie face à une menace bien présente. Même l'un des héros (Fred Buch) ressemble presque à Al Cliver, avec sa barbe et son tee-shirt blanc. Bien sûr, la qualité est largement moindre ici et les amateurs de scènes gores en seront pour leur frais puisqu'il n'y en a pas une seule. Pas une goutte de sang à l'horizon. Dommage. Parmi les autres têtes connues du casting, on trouve Brooke Adams, qu'on reverra dans L'Invasion des Profanateurs en 1978 ou dans Dead Zone en 1983. Souvent habillé en bikini, elle est l'atout charme du film et s'en sort plutôt bien. Les prises de vues sous-marines sont également bien conçues et donnent un petit cachet à l'ensemble. Reste que les péripéties proposées ne permettent pas vraiment d'éviter de s'assoupir et qu'on finit par trouver que le temps défile un peu trop lentement sur cette île abandonnée. Le comportement pas toujours logique des héros fait également sourire, surtout qu'il suffit d'enlever les lunettes de protection des zombies pour les terrasser, le soleil étant leur ennemi. Pourquoi aller se planquer dans une chambre froide alors ? Mystère ! D'aucun de classer Le Commando des Morts Vivants dans la catégorie nanar, et ce, malgré la présence de Peter Cushing. Difficile de ne pas leur donner raison au final. Reste une petite pelloche qui vaut ce qu'elle vaut, qui n'est pas non plus un sombre navet, loin s'en faut, qu'on peut apprécier le temps de sa vision. Quant à la ressortir pour d'autres visions, ça, c'est pas gagné sauf lors d'une soirée entre potes avec bières et pop-corn...

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ELEPHANT FILMS <-     
Film proposé en VF et VOSTF.
Bonus :
- Le film par Caroline Vié
- Bande-annonce d’époque



EN PLEIN CAUCHEMAR

 

EN PLEIN CAUCHEMAR
(Nightmares)

Réalisateur : Joseph Sargent
Année : 1983
Scénariste : Christopher Crowe, Jeffrey Bloom
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique, Thriller
Interdiction : -12 ans
Avec : Cristina Raines, Joe Lambie, Lance Henriksen, Veronica Cartwright...


L'HISTOIRE : Alors qu'un aliéné s'est échappé d'un asile psychiatrique, une femme décide d'aller à la supérette acheter des cigarettes / Un joueur de jeu vidéo tente d'accéder au niveau 13 du jeu "L’Évêque des batailles", un niveau réputé inatteignable / Un prêtre qui n'a plus la Foi quitte sa paroisse et se fait malmener par un pick-up noir sur la route / Une famille doit faire face à un rat qui vient perturber la tranquillité de leur foyer...

MON AVIS : Contrairement à ce qui est dit dans le bonus présent sur cette édition Blu-Ray de En Plein Cauchemar, la première notion d'un film à sketchs date de 1919 et non pas de 1932, information stipulée sur Wipikédia et reprise telle quelle par l'intervenant du bonus. Le film Cauchemars et Hallucinations, de l'Allemand Richard Oswald, présente déjà des personnages racontant diverses histoires liées par un fil conducteur (cinq récits pour être précis) et s'avère le précurseur du genre. Suivra également Le Cabinet des Figures de Cire, réalisé en 1924 et proposant trois histoires en son sein. Passons sur cette approximation pour nous intéresser au film lui-même. En Plein Cauchemar a été réalisé en 1983 par Joseph Sargent. Un réalisateur qui a débuté dans le monde de la série-télévisée et qui a bifurqué dans celui du cinéma puis du téléfilm. On lui doit par exemple des films tels Cerveau d'Acier (1970), Les Pirates du Métro (1974) ou l'inénarrable Les Dents de la Mer 4 en 1987 ! On le sait, l'exercice du film à sketchs n'est guère aisé. Faire que chaque histoires présentées soient de qualité égale avec les autres et forment un ensemble cohérent est souvent une mission impossible. Les Italiens ont pendant longtemps été les maîtres du genre, notamment dans les années 60, avec les films de Dino Risi entre autres, qui proposait des films à sketchs faisant dans la comédie d'humour noir. Au niveau du fantastique, outre Cauchemars et Hallucinations déjà cités, on trouve le très bon film à sketchs anglais Au Cœur de la Nuit en 1945. L'Angleterre verra ensuite naître un âge d'or du film à sketchs d'épouvante dans les années 60 et 70, avec des films comme Le Train des épouvantes, Le Jardin des Tortures, Histoires d'Outre-Tombe, Le Caveau de la Terreur et j'en passe. Roger Corman s'y essaiera aux Etats-Unis avec L'Empire de la Terreur par exemple. Le film à sketchs n'a jamais disparu des écrans et il revient fréquemment nous hanter, l'exemple le plus célèbre concernant notre genre de prédilection étant bien sûr le Creepshow de George A. Romero. Jospeh Sargent va donc tentait l'aventure compliquée du film à sketchs avec En Plein Cauchemar. Pour se faire, il va disposer des trois récits écrits par Christopher Crowe ainsi que d'une quatrième histoire rédigée par Jeffrey Bloom. Différence notable avec les autres films à sketchs existants, l'absence totale de fil conducteur reliant les histoires. En Plein Cauchemar ne s’embarrasse pas d'un fil rouge qui amène des protagonistes à raconter les récits au public. Ici, c'est brut de décoffrage, avec chapitre 1, chapitre 2, chapitre 3 et chapitre 4, générique de fin. Point. On peut se demander si le projet a bien été pensé en amont ou si les récits ne proviendraient pas d'un projet d'anthologie avorté, qu'on auraient rassemblés dans un film histoire de ne pas perdre le travail d'écriture fourni par Crowe et Bloom. Possible. Les quatre histoires sont de qualité diverse et piochent leur inspiration dans des œuvres passées dont les références nous sautent au visage la plupart du temps. Le premier récit, le plus court, nous fait vivre le périple d'une jeune femme en manque de cigarettes (Christina Raines) et qui se rend dans une supérette pour en acheter, tout en sachant q'un fou dangereux s'est échappé de son asile et rôde dans les parages. Le suspense est plutôt bien mené, notamment à la station service. Le final sera attendu par les amateurs du genre. La seconde histoire voit l'acteur Emilio Estevez se battre contre un jeu vidéo afin d'atteindre le fameux niveau 13, tellement difficile d'accès que sa réalité est même remise en cause. Impossible ici de ne pas penser à Tron, gros succès de l'année 1982. Il semblerait que la réalisation des séquences vidéo-ludiques ainsi que le final aient englouti tout le budget du film. Un sketch sympa, aux effets spéciaux très datés en 2022 évidemment. Le troisième récit voit quant à lui Lance Henriksen jouant un prêtre ayant perdu foi en Dieu, ne parvenant à accepter les drames et la mort d'enfants qui régulent sa vie de croyant. Si Dieu existait réellement, pourquoi laisse-t-il advenir autant de souffrances sur des innocents ? Une question qui taraude la conscience du prêtre qui préfère jeter l'éponge. A bord de sa voiture, il quitte sa paroisse pour aller s'essayer à une nouvelle vie. Pas de bol, un gros pick-up noir, aux vitres teintées, va le prendre en chasse. Détail intéressant, un crucifix inversé est accroché au rétroviseur intérieur. Le Duel de Spielberg mais aussi le Enfer Mécanique d'Elliot Silverstein nous vient à l'esprit et cette traque prend des allures d'épreuve divine censée faire retrouver la foi à notre héros, bien malmené après son abandon. A retenir, une séquence fort judicieuse du pick-up sortant littéralement de sous la terre, telle une créature venue des Enfers même. Pour conclure cette anthologie, une histoire de home invasion, avec un rat énorme en guise d'intrus. Amusant de voir qu'en cette même année 1983 est sortit le film D'Origine Inconnue avec Peter Weller qui, lui aussi, était confronté à cet animal au sein de sa maison. Dans En Plein Cauchemar, le rat semble être une créature mystique, un démon sortit des légendes allemandes. Les trois acteurs principaux, Veronica Cartwright, Richard Masur et la jeune Bridgette Andersen, livrent une prestation assez solide, nous faisant bien ressentir la tension liée à la présence de l'animal. Le bémol concernant ce récit serait à mettre du côté des effets-spéciaux, l'incrustation du rat, censé être d'une taille surdimensionnée, n'étant pas très réussie et provoque plus l'hilarité que la peur. Sans être un mauvais film, loin de là, En Plein Cauchemar ne se démarque pas du lot et se laisse regarder tranquillement, sans que jamais on ne soit en extase devant les histoires proposées. Le manque de lien entre les récits ne jouant pas non plus en sa faveur. Un film à sketchs moyen, pas déplaisant, mais à qui il manque une réelle saveur pour convaincre totalement.

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Très belle copie pour redécouvrir ce film dans de bonnes conditions, en VF ou VOSTF.
BONUS : 
- Le film au format 1.33 ou 1.85
- Présentation du film et des films à sketchs par Julien Comelli
- Bande annonce d'époque