Légende pour la notation des films

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* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.

Les notes reflètent mon appréciation du film lui-même et en aucun cas la qualité de son édition en DVD ou BR


vendredi 13 avril 2018

ET MOURIR DE PLAISIR

ET MOURIR DE PLAISIR
(Et Mourir de Plaisir / Blood and Roses)

Réalisateur : Roger Vadim
Année : 1960
Scénariste : Roger Vadim, Roger Vailland
Pays : France, Italie
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec : Mel Ferrer, Elsa Martinelli, Annette Stroyberg, Alberto Bonucci, René-Jean Chauffard...


L'HISTOIRE : Carmilla, cousine du comte Leopoldo von Karnstein, a été invité par ce dernier afin de célébrer ses noces prochaines avec Georgia Monteverdi. Carmilla n'est guère enchantée par le mariage de son cousin car elle est secrètement amoureuse de lui. Lors d'une réception donnée par Leopoldo, Carmilla raconte aux invités la légende des Karnstein, famille qui, quelques siècles auparavant, été suspectée d'être des vampires. Une seule aurait survécu à la violence des villageois : Millarca Karnstein, dont l'amant a fait disparaître le cercueil. La ressemblance entre Carmilla et un portrait de Millarca frappe l'assistance. Lors d'un grand bal costumé, Carmilla s'habille avec la même robe que porte Millarca sur son portrait. Les feux d'artifices qui illuminent le ciel provoquenr une explosion près du cimetière avoisinant, dévoilant à Carmilla la tombe cachée de Millarca. Le lendemain, la jeune femme se comporte étrangement...

MON AVIS : Les mésaventures de la famille Karnstein, inspirées du roman "Carmilla" de Sheridan Le Fanu, ont séduit les scénaristes dès 1932 puisque le Vampyr de Carl Theodor Dreyer s'en inspire déjà. En 1964, La Crypte du Vampire de Camillo Mastrocinque nous présente également une histoire qui fait référence à la nouvelle écrite en 1811. Bien sûr, les adaptations les plus célèbres restent celles de la firme Hammer, qui lui a consacré ce que les fans appellent "la trilogie des Karnstein" avec The Vampire Lovers (1970), Lust for a Vampire (1971) et Les Sévices de Dracula (1971). Même l'Espagne succombe aux charmes de Carmilla Karnstein en 1972 avec La Mariée Sanglante de Vicente Aranda. Depuis, d'autres films, moyen-métrage et court-métrage ont adapté la nouvelle de Le Fanu, et dernièrement, une série télévisée lui a été consacré (Carmilla, 60 épisodes entre 2014 et 2015). Et la France dans tout ça ? Il est toujours d'actualité de dire que notre beau pays n'a jamais eu de verve "fantastique" ou n'a jamais apprécié ce genre, par cartésianisme avancé peut-être. Pourtant, il y a des tas de films fantastiques français qui méritent d'être découvert. Eh bien figurez-vous que la France, avec le réalisateur Roger Vadim, a donné à l'histoire de Sheridan le Fanu une de ses plus belles adaptations, si ce n'est la plus belle ! Réalisé en 1960, Et Mourir de Plaisir est en effet un petit joyau du cinéma fantastique français, qui peut rivaliser aisément, au niveau esthétique entre autres, avec certains classiques de Terence Fisher ou même de Mario Bava, réalisateurs auxquels on pense indéniablement pendant la vision du film ! Visuellement parlant, Et Mourir de Plaisir est d'une magnificence rare, dans lequel chaque détail, chaque décor, chaque costume, chaque éclairage, chaque placement de caméra est soigné et proche de la perfection. Les scènes dans le cimetière, dans la crypte, lors du bal costumé sont majestueuses et flamboyantes. Les robes portées par le casting féminin, et notamment par la sublime Annette Stroyberg, qui était la femme de Roger Vadim à cette époque, et qui interprète Carmilla Karnstein. Le visage angélique de l'actrice, sa blondeur et ses jolis yeux contrastent avec l'étrangeté de son personnage, qui va curieusement évoluer vers la noirceur après avoir été dans le tombeau de son aïeule. Puisqu'on nous a raconté la légende des Karnstein auparavant, qu'on a vu la pierre tombale s'ouvrir lentement, on en vient à penser que la belle Carmilla s'est fait vampiriser par Millarca ou que cette dernière a pris possession de son corps. Bien malin, Roger Vadim laisse planer le doute durant tout le métrage, Carmilla ne possédant jamais de crocs de vampires pouvant dévoiler sa véritable identité. Même si une pauvre victime est retrouvée avec deux marques sanglantes au cou, ces marques ne ressemblent pas aux trous d'une morsure de vampire classique. De même, le personnage du docteur Verari donnera une explication plausible et réaliste à ce qu'il s'est passé, évoquant un dédoublement de personnalité et une schizophrénie développés par Carmilla à l'annonce du mariage de l'homme dont elle est amoureuse en secret. Vadim parsème pourtant son film de petits détails qui nous font penser qu'on est réellement en présence d'un vampire (la rose qui se fane ou la scène, sublime, du miroir, dans lequel Carmilla se voit avec une énorme tâche de sang au niveau de son cœur, comme si elle venait de recevoir un pieu alors que sa robe ne porte aucune trace ensanglantée). Le mystère demeure et participe à créer cette atmosphère quasi onirique qui donne tout son attrait au film. La performance d'Annette Stroyberg est à saluer, tout comme celle de Mel Ferrer (Leopoldo von Karnstein) ou d'Elsa Martinelli (Georgia Monteverdi). Ferrer campe avec grande classe le comte Karnstein, quant à Martinelli, elle est le second atout charme du film, opposant ses cheveux bruns à la blondeur de Carmilla. Les deux actrices s'offrent même un petit jeu de séduction intrigant, qui apporte au film une petite touche de sensualité bienvenue. Parmi les autres points forts du film, on citera la fabuleuse et inattendue scène de rêve d'Elsa Martinelli, avec des images alternant la couleur et le noir et blanc, faisant parfois coexister les deux de superbe manière (le sang rouge qui coule sur le corps en noir et blanc du personnage). Roger Vadim a vraiment été inspiré en réalisant Et Mourir de Plaisir. Même si le film est assez contemplatif, il n'ennuie jamais et son ambiance, à la limite de la fantasmagorie, vous prend immédiatement par la main pour ne plus vous lâcher. Une superbe découverte pour ma part.

* Disponible en DVD chez FILMCLUB EDITION

NOTE : 5/6

   

2 commentaires:

  1. Génial cette découverte ! On parle toujours de Vadim pour son "Et Dieu créa la femme", ça en est presque lassant ! Tandis que là, le film à l'air tout aussi sublime que méconnu ou mal estimé ! Merci donc pour cette chronique !!

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  2. Merci à toi ! C'est un très beau film effectivement, le DVD allemand possède la piste audio française évidemment donc n'hésites pas !

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