Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




GILA LE MONSTRE GÉANT

 

GILA LE MONSTRE GÉANT
(The Giant Gila Monster)


Réalisateur : Ray Kellogg
Année : 1959
Scénario : Jay Simms
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction, Epouvante
Interdiction : /
Avec : Don Sullivan, Fred Graham, Lisa Simone, Shug Fisher, Bob Thompson...


L'HISTOIRE : Des disparitions mystérieuses ont lieu dans une petite ville du Texas. Impuissant à retrouver les disparus, le shérif local demande l'aide de Chase Winstead, un jeune garçon passionné de voitures qui est revenu dans le droit chemin en devenant mécanicien. Avec l'aide de ses amis, Chase parcourt la région en espérant trouver des indices pour le shérif. Ce dernier ne sait pas si les déclarations d'un vieil alcoolique concernant un lézard géant qui se trouverait dans le coin sont à prendre au sérieux...

MON AVIS : Pour son second film, après The Killer Shrews (aka Les Musaraignes Tueuses, dont vous pouvez retrouver ma chronique sur ce blog), Ray Kellogg poursuit dans la voie du monster movie avec The Giant Gila Monster, également réalisé en 1959. Il prend également de nombreux éléments des films de teenagers et de hot rod, ces belles voitures customisées et trafiquées pour faire des courses illégales. Trop même car l'élément fantastique, à savoir notre lézard géant, est relégué au troisième plan et n'est clairement pas le centre d'intérêt du film, ce qui est bien dommage. Car c'est bien pour voir un monstre géant semer la zizanie qu'on a enclenché The Giant Gila Monster et la déception sera au rendez-vous à ce niveau. Qui plus est quand notre monstre n'est qu'un vrai lézard perlé mexicain que la caméra filme en très gros plan et place au milieu de quelques maquettes de voitures pour nous faire croire à sa taille surdimensionnée, avec un résultat à l'écran franchement pas terrible. Ray Kellogg devait se douter que l'effet ne rendait pas bien pour nous montrer la soit-disant vedette du film aussi peu souvent. Gila se contente de déambuler dans les bois, de tirer la langue et... c'est tout. On a déjà vu monstre géant bien plus motivé et bien plus destructeur ! Même les chiens déguisés en musaraignes de The Killer Shrews sont plus efficaces, c'est pour dire. Que reste-t-il à se mettre sous la dent alors si on ne voit quasiment jamais le monstre ? Eh bien une histoire parfois touchante, celle de Chase Winstead, interprété par Don Sullivan. Ancien garnement, leader d'un gang qui a donné bien du fil à retorde au shérif local, Chase s'est rangé du côté de la loi en devenant mécanicien, ce qui lui permet en plus d'assouvir sa passion et de gagner de l'argent, qu'il économise pour offrir des jambières à sa petite sœur handicapée, et ce, afin qu'elle puisse remarcher. Un gentil garçon donc, qui fait du bon boulot et entretient une relation amoureuse avec une jeune française, Lisa, jouée par l'actrice Lisa Simone. Chase Winstead va passer le plus clair de son temps à réparer des voitures et à aider le shérif, ce qui, vous le comprendrez, n'est guère passionnant au final. Don Sullivan se montre néanmoins bon acteur (on l'a vu aussi dans The Monster of Piedras Blancas et Teenage Zombies) et montre même des capacités au chant, puisqu'il interprète trois chansons qu'il a lui-même composé dans le film ! Malgré ces capacités, il a rapidement disparu dès écrans, n'étant présent que dans 7 longs-métrages entre 1958 et 1962. On le reverra une dernière fois en 2012 dans Gila!, remake moderne de The Giant Gila Monster ! Il est dommage de Ray Kellogg n'ait pas su mettre plus avant sa créature car on note un réel progrès dans la mise en scène comparé à son film précédent. Le film se montre plus professionnel, mieux filmé, mieux dirigé que The Killer Shrews mais à l'arrivée, on préférera ce dernier car nettement plus fun et offrant vraiment au public ce qu'on peut attendre d'un monster movie. En fait, si on enlève le lézard géant du film, alors on se retrouve avec une sorte de drame avec des teenagers en vedette et franchement, le résultat n'aurait pas été mauvais, bien au contraire. Voitures et rock n'roll font toujours un mélange sympa. Sauf qu'ici, l'argument de vente reste le monstre de Gila et c'est là où le bât blesse. Plutôt ennuyeux et sans réel saveur, Gila le Monstre Géant peine à se maintenir à flots et aura bien du mal à convaincre le public venu frissonner...

* Disponible en DVD chez -> BACH FILMS <-



LES MUSARAIGNES TUEUSES

 

LES MUSARAIGNES TUEUSES
(The Killer Shrews)


Réalisateur : Ray Kellogg
Année : 1959
Scénario : Jay Simms
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction, Epouvante
Interdiction : /
Avec : James Best, Ingrid Goude, Ken Curtis, Gordon McLendon, Baruch Lumet...


L'HISTOIRE : Le capitaine Thorne Sherman et son matelot débarquent sur une petite île perdue afin de ravitailler les quelques personnes qui y vivent, des scientifiques pour la plupart, dont le docteur Marlowe Craigis et sa fille Ann. Rapidement, Thorne Sherman se rend compte que quelque chose ne va pas et que le petit groupe semble craindre une menace extérieure. Ann, terrifiée, lui confie que son père a mené des expériences sur de petites musaraignes mais que l'expérience s'est transformée en cauchemar quand les petits animaux se sont mis à  grandir et à atteindre la taille et le poids d'un chien. Affamées, les musaraignes attaquent à la nuit tombée le refuge des scientifiques...

MON AVIS : Spécialiste des effets photographiques sur plus de 110 films entre 1949 et 1957, Ray Kellog a décidé de passer derrière la caméra en 1959, et ce, pour une très courte carrière de réalisateur puisqu'il n'a que 5 films à son actif à ce poste : Les Musaraignes Tueuses et The Giant Gila Monster en 1959, My Dog Buddy en 1960, un épisode de la série-télévisée The Monroes en 1966 et il a co-réalisé Les Bérets Verts avec John Wayne en 1968. Il a aussi été assistant-réalisateur sur une dizaine de longs-métrages. Pour son premier film, il apporte donc sa pierre au sous-genre des animaux tueurs mutants et ce, de façon originale puisqu'il choisit les musaraignes, ce qui, à ma connaissance, n'avait jamais été fait à l'époque. Il se pourrait même qu'il soit le seul à avoir choisi ce petit animal proche de la souris pour en faire les vedettes d'un film, à vérifier. Ce qui est surprenant dans cette petite production au budget rachitique, c'est de voir des similitudes avec un futur classique de l'horreur, à savoir La Nuit des Morts Vivants de 1968. Dans The Killer Shrews, titre original des Musaraignes Tueuses, on a en effet un petit groupe de personnes retenu prisonnier dans un maison à cause d'une menace extérieur et qui doit barricader portes et fenêtres pour empêcher les intrus d'entrer à la nuit tombée. L'isolement et les différences de caractère, la peur, l'alcool, vont envenimer la situation en développant des tensions au sein du groupe, notamment entre le capitaine Sherman et Jerry, un scientifique porté sur la bouteille et qui n'a d'yeux que pour Ann, qui, elle, préfère se réfugier dans les bras solides de Sherman. La rivalité amoureuse, le manque de confiance et la menace des musaraignes géantes vont générer conflit et bagarres, des situations que vivront les personnages du chef-d'oeuvre de George Romero quelques neuf ans plus tard. Le capitaine Thorne Sherman est interprété par un acteur qu'on connait tous puisqu'il s'agit de James Best, le fameux shérif Rosco Coltrane de la série Shérif fais-moi peur ! Ici, il incarne un homme sûr de lui, qui prend des décisions rapidement pour rester en vie et protéger les autres membres du groupe, ce qui fera craquer la charmante Ann, jouée par Ingrid Goude. Le reste du casting est composé de Ken Curtis (Jerry, l'alcoolique), Gordon McLendon (le docteur Radford Baines), Alfredo de Soto (Mario) et Judge Henry Dupree (le matelot Rook). A savoir que Gordon McLendon est un millionnaire texan, qui possédait plusieurs parcs de cinéma et qui décida d'investir dans la production de films, ce qu'il fit avec les trois premiers films de Ray Kellogg. Fermons la parenthèse et revenons à nos moutons, ou à nos musaraignes plutôt. Le film étant un quasi huis-clos, pas la peine d'avoir des dizaines de personnages à gérer, ce qui peut faciliter la vie d'un réalisateur débutant. Si les trente-cinq premières minutes sont assez bavardes, avec le docteur Craigis qui explique son projet et le pourquoi de son travail génétique sur les musaraignes, puis les scènes de conflit entre Sherman et Jerry, la suite aborde un rythme plus dynamique et les grosses bébêtes se montrent plus souvent à l'écran, pour notre plus grand plaisir de nanarophile ! Difficile de ne pas sourire en effet devant le costume de méchantes musaraignes qu'on a collé sur des chiens de race Coonhound, qui sont extrêmement rapides et agiles ! Pour les gros plans sur les vilains museaux poilus aux dents longues, on détecte la marionnette a cent kilomètres mais en bon fan de monster movie, ça fais plaisir à voir ! Plus étonnant, le fait que les musaraignes ont assimilé le poison que le docteur Craigis a conçu pour les éradiquer, poison qu'elles peuvent diffuser par leurs griffures ou morsures, ce qui en fait véritablement de sales bêtes à exterminer car très dangereuses ! La moindre entaille provoque irrémédiablement une mort certaine. J'ai également beaucoup aimé le stratagème mis en place par les survivants pour rejoindre la mer sans se faire mordre ou griffer, je vous laisse le découvrir par vous-même. Tourné dans très peu de décor, avec beaucoup d'intérieur dans la première partie puis en extérieur lors de l'échappée salvatrice vers la mer, avec des effets-spéciaux rudimentaires et pas mal de système D, bénéficiant d'un casting correct, de séquences un peu longuette au début, Les Musaraignes Tueuses trouve finalement son rythme de croisière et nous donne ce qu'on est venu voir au final. A noter qu'en 2012 (!!), soit 53 ans plus tard (un record), une suite a vu le jour sous le titre Return of the Killer Shrews, toujours avec James Best qui reprend son personnage de Thorne Sherman ! 

* Disponible en DVD CHEZ -> BACH FILMS <- 



LE CRÉATEUR DE MONSTRES

 

 LE CRÉATEUR DE MONSTRES
(The Monster Maker)


Réalisateur : Sam Newfield
Année : 1944
Scénario : Pierre Gendron, Martin Mooney
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : J. Carrol Naish, Ralph Morgan, Tala Birell, Wanda McKay, Glenn Strange...


L'HISTOIRE : Suite au décès de sa femme, le docteur Markoff travaille d'arrache-pied sur un sérum censé combattre la terrible maladie de l'Acromégalie, qui provoque une déformation anormale des mains, des pieds et du visage. En assistant au concert de piano de monsieur Lawrence, Markoff découvre avec stupeur que Patricia, la fille du pianiste, est le sosie de sa défunte épouse. Dès lors, la folie s'empare de lui et il n'a de cesse de la courtiser, provoquant un réel malaise chez la jeune femme. Lawrence se rend chez Markoff pour lui dire de stopper ses avances. Énervé de cette intrusion, le médecin assomme Lawrence et lui inocule l'Acromégalie. Devenu monstrueux, Lawrence n'a d'autre choix que de demander l'aide de Markoff; Celui-ci lui propose en échange de son sérum la main de sa fille...

MON AVIS : Après Dead Men Walk (Créature du Diable) réalisé en 1943, Sam Newfield enchaîne l'année suivante avec un autre film d'épouvante à faible budget, à savoir The Monster Maker ou Le Créateur de Monstres. Un film de savant fou qui met en avant une maladie bien réelle malheureusement, l'acromégalie. Une maladie qu'on aura l'occasion de revoir à l'écran en 1955 dans Tarantula entre autres et qui se caractérise par une déformation effrayante des mains, des pieds, du visage, pour les symptômes les plus visibles. Les célèbres acteurs Richard Kiel (l'ennemi de James Bond dans L'Espion qui m'aimait) ou Rondo Hatton (House of Horrors, The Brute Man...) étaient atteints de cette maladie. Dans The Monster Maker, notre savant fou, le docteur Markoff (J. Carrol Naish) travaille à la confection d'un sérum pour éradiquer cette maladie mais la vision d'une jeune femme, sosie de son épouse décédée, va le faire sombrer dans la folie et le meurtre. Comme dans Dead Men Walk, Sam Newfield brasse plusieurs idées dans The Monster Maker, plusieurs influences, puisque, en plus du savant fou, on trouve dans le laboratoire de ce dernier un gorille enfermé dans une cage, que le médecin va libérer dans le but qu'il tue son assistante un peu trop curieuse ! Le laboratoire ne se trouve pas rue Morgue mais c'est tout comme ! Le thème du sosie d'une femme morte qui vient perturber un esprit au départ rationnel est aussi du domaine du déjà-vu, tout comme l'apparent pouvoir hypnotique de Markoff. Ce mélange de thématique se fait de manière assez naturelle ici, Sam Newfield étant un habile artisan qui sait composer avec un budget serré et raconter une histoire. La vision du pauvre pianiste au visage et aux mains totalement déformés est un grand moment et on comprend les hurlements de terreur de sa charmante fille Patricia, jouée par la blonde Wanda McKay qu'on a vu la même année dans le Voodoo Man de William Beaudine. Une vision effrayante, que les maquillages mettent bien en valeur. Parmi les autres acteurs notoires présents dans le film, impossible de ne pas citer Glenn Strange, qui interprète le serviteur géant du docteur Markoff et qui va se faire remarquer par les studios puisqu'il va se voir offrir d'incarner la créature de Frankenstein dès cette année 1944 dans House of Frankenstein, puis en 1945 dans House of Dracula. De par sa courte durée, 62 minutes environ, The Monster Maker tient relativement bien la route et séduira les amateurs de vieux films d'épouvante en noir et blanc. Le charme nostalgique opère sans problème, la mise en scène fait le job correctement, le casting également. La folie du savant a un bon rendu à l'écran, les péripéties s'enchaînent sans réel temps mort. Encore une petite série B 40's qui n'est pas mauvaise, loin de là, et qui se fera une petite place dans votre vidéothèque si vous êtes fans de ce type de production faite avec les moyens du bord mais qui s'avère plaisante grâce aux compétences du réalisateur. 

* Disponible en DVD chez -> BACH FILMS <-   



CRÉATURE DU DIABLE

CRÉATURE DU DIABLE
(Dead Men Walk)


Réalisateur : Sam Newfield
Année : 1943
Scénario : Fred Myton
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante
Interdiction : /
Avec : George Zucco, Mary Carlisle, Nedrick Young, Dwight Frye, Fern Emmett...


L'HISTOIRE : Le docteur Lloyd Clayton, médecin d'une petite ville, a secrètement assassiné son frère jumeau Elwyn en raison des implications dans des pratiques occultes sataniques de ce dernier. Mais Elwyn revient à la vie, ressuscité sous forme d'un vampire, et commence à assassiner les villageois en les vidant de leur sang. La seule façon pour le docteur Lloyd Clayton d'aider les habitants, c'est de tuer à nouveau son frère Elwyn. Le temps presse car la créature de la nuit tente de vampiriser sa propre nièce, Gayle...

MON AVIS : Le très prolifique Sam Newfield, qui possède une filmographie de plus de 270 titres en tant de réalisateur, est celui à qui l'ont doit ce Créature du Diable, titre français de Dead Men Walk, mis en scène en 1943. Un film méconnu, que je n'avais jamais vu pour ma part et qui s'est révélé être une bonne surprise. Si vous êtes fans des films d'épouvante 30's et 40's, nul doute que vous prendrez vous aussi plaisir à sa vision. Certes, le niveau de qualité n'atteint pas les films phares de ce genre, principalement produits par la Universal entre autres, mais, sans prétention aucune que celle de divertir, Sam Newfield emballe Créature du Diable avec un maximum de bonnes intentions et recycle les figures imposées du film de vampire gothique avec talent, offrant au public une histoire classique dont l'originalité vient du fait que les deux protagonistes principaux sont frères jumeaux; Interprétés à l'cran par le même acteur, George Zucco en l’occurrence, le docteur Lloyd Clayton, pas si blanc que ça puisqu'il a assassiné son frère, va devoir pourtant combattre à nouveau ce dernier, revenu d'entre les morts sous l'apparence d'un vampire buveur de sang grâce à sa pratique de l'occultisme ! Elwyn Clayton est donc devenu une créature du Diable, une créature de la nuit, qui possède, tel Dracula, un sbire totalement dévoué à son service, en la personne de Zolarr, sous-Renfield qui est, quant à lui, joué par une figure légendaire du cinéma d'épouvante, j'ai nommé Dwight Frye ! Oui, le célèbre Renfield du Dracula de Tod Browning, le célèbre Fritz du Frankenstein de James Whale, entre autres prestations mémorables. Il possède toujours sa tête et ses expressions hallucinées ici, mettant tout en oeuvre pour que le docteur Clayton ne découvre pas l'emplacement du cercueil dans lequel dort son frère-vampire. Je vous disais que les clichés du film d'épouvante étaient bien réunis dans Créature du Diable et que Sam Newfield les avaient bien assimilés ! Car outre la présence de cet esclave du vampire, on a la crypte, le cercueil, les traces de morsures au cou des victimes, le pendentif en forme de crucifix pour repousser les assauts du monstre buveur de sang, la victime féminine (Mary Carlisle) qui perd des forces chaque nuit sans que son fiancé et son oncle ne comprennent pourquoi, la horde de villageois en colère, la traque du vampire dans son repaire et j'en passe. L'une des bonnes idées du scénario provient évidemment de la ressemblance physique entre le docteur Clayton et son alter-ego diabolique, ce qui ne manquera pas de créer le trouble parmi les habitants, persuadés qu'ils ont vu leur bon docteur commettre d'affreux crimes ! Il ne peut en être autrement pour eux puisqu'ils ont tous assisté aux funérailles de son frère Elwyn au début du film ! Une petite touche d'humour amusante pour ce film qui reste tout de même assez sérieux dans son traitement et qui possède une ambiance correctement travaillée, malgré une mise en scène assez académique qui empêche le film de se hisser au niveau au rang des productions plus célèbres. On se doute que le budget a du être assez étriqué, comme bien souvent dans ce type de petites productions d'épouvante mais cette exploitation du thème du vampirisme passe bien et n'a pas le temps d'ennuyer vu qu'il ne dure que 64 minutes ! Les très rares effets-spéciaux sont principalement des apparitions / disparitions du vampire, qui ne porte ni cape ni costume trois pièces ! C'est presque un vampire moderne, dont on ne verra jamais non plus les canines aiguisées. La séquence finale, avec beaucoup de flammes, est assez réussie. La présence du fiancé de Gayle Clayton n'est pas vraiment indispensable et n'apporte pas grand chose à l'intrigue au final. Avec son rythme posé et son jeu d'acteurs parfois théâtral, Créature du Diable reçoit souvent de mauvaises critiques de la part du public. Des critiques pas toujours justifiées en ce qui me concerne au vu du résultat correct de l'ensemble. Pas un grand film d'épouvante, c'est sûr, ni un grand film tout court mais une sympathique production 40's qui fait le job si on en n'attend pas trop.

* Disponible en DVD chez -> BACH FILMS <-



LE LOUP DE LA NUIT

LE LOUP DE LA NUIT
(Moon of the Wolf)


Réalisateur : Daniel Petrie
Année : 1972
Scénario : Alvin Sapinsley
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Epouvante
Interdiction : /
Avec : David Janssen, Barbara Rush, Bradford Dillman, Geoffrey Lewis, John Beradino...


L'HISTOIRE : Après qu'une femme soit retrouvée morte dans un bayou de Louisiane, les habitants d'une ville croient qu'une meute de chiens sauvages est responsable de la mort de celle-ci. Cependant, le Shérif Aaron Whitaker soupçonne qu'une personne est derrière ce crime. Plus son enquête avance, plus il semble que le coupable pourrait être plutôt "une chose"...

MON AVIS : Adaptation du roman de Les Whitten, Moon of the Wolf est un téléfilm réalisé par Daniel Petrie en 1972. Ce réalisateur méconnu a énormément travaillé pour la télévision, réalisant de nombreux épisodes de séries-télévisées diverses et variées depuis 1950. On lui doit également quelques films à partir de 1960, comme Le buisson ardent (1960), Un raisin au soleil (1961), Jeunes Gens en colère (1966), Resurrection (1980) ou Un printemps sous la neige (1984) entre autres. Je pensais ne pas connaître ce réalisateur mais en fait si car c'est également lui qui a mis en scène L'Odyssée sous la Mer en 1973 et Cocoon 2 le Retour en 1988. Daniel Petrie est décédé le 22 août 2004. Avec Le Loup de la Nuit, titre français de Moon of the Wolf, il nous livre un petit téléfilm correctement troussé, mettant en vedette le shérif d'une petite ville de Louisiane au prise avec un loup-garou ! Ce shérif, c'est l'acteur David Janssen, le célèbre docteur Kimble de la série Le Fugitif.mais aussi l'un des compagnons de John Wayne dans Les Bérets Verts (1968). Il promène sa silhouette parmi la population, menant son enquête et tentant de trouver le vrai coupable du meurtre d'une jeune femme enceinte. Si la population pense qu'il s'agit de l'oeuvre de chiens errants suite aux marques de morsures et de griffures retrouvées sur la victime, le shérif et le médecin local ont une autre hypothèse et pensent que le meurtrier est bel et bien humain. Durant les quarante premières minutes de ce téléfilm, notre shérif va donc interroger divers suspects potentiels, nous offrant quelques visions de rednecks locaux qui cumulent les clichés, avec salopette, dents pourries et amour des armes à feu au programme. Parmi ces derniers, on reconnaît un visage familier, celui de l'acteur Geoffrey Lewis. Le shérif va également rencontrer Louise Rodanthe (Barbara Rush) avec qui il va fricoter durant pas mal de scène, ce qui ne dynamisera pas le rythme du film. Il n'y a en effet quasiment pas d'action durant ces 45 minutes et le seul suspense provient d'un vieux monsieur malade et alité, qui ne cesse de répéter un mot curieux, lucaruk ou quelque chose d'approchant, que personne ne comprend. Le mobile du meurtre semble assez rationnel de prime abord, la jeune femme étant enceinte, le crime passionnel ou ayant pour but de cacher ce fait semblant de rigueur. Malgré ce manque flagrant de rythme, l'ambiance 70's, l'enquête policière et le jeu des acteurs font qu'on se laisse gentiment porté par les images sans s'extasier pour autant. La scène de la prison relance un peu l'intérêt puisque l'un des suspects ainsi qu'un adjoint du shérif se font tuer par quelque chose qui possède une force surhumaine, arrachant à main nue la porte blindée d'une cellule. Une fois les 45 minutes passées, le pot-aux-roses est dévoilé ! L'identité du meurtrier n'est plus un mystère et ce dernier se transforme alors en loup-garou. Téléfilm sans grand budget, on ne verra rien de cette transformation et on aura juste la vision d'une main poilue et griffue puis du visage du lycanthrope, avec un maquillage classique façon Lon Chaney Jr si vous voyez ce que je veux dire. Pas de museau ou d'oreille en forme de loup mais juste des poils sur le visage et un dentier avec des crocs plus prononcés. Ces visions du loup-garou seront assez rapides et la caméra ne s'attarde jamais longtemps dessus. Il est intéressant par contre de voir que la lecture d'un ouvrage consacré à la lycanthropie par Louise Rodanthe ne mentionne jamais l'argent comme moyen de tuer un loup-garou. Ici, il est indiqué que le feu ou des balles bénies font l'affaire. Le final voit notre homme-loup pourchasser Louise dans sa maison et dans une grange, la pauvre femme devant lutter seule contre son agresseur. Avec ses 74 minutes seulement au compteur, Le Loup de la Nuit fait office de gentil téléfilm, certes désuet mais agréable à suivre, que les complétistes ou les fans de werewolf movies se feront un devoir de regarder ou de découvrir. Le film n'est absolument pas violent et peut se voir en famille sans aucun problème, même avec de jeunes enfants. De quoi les initier au cinéma fantastique avec des pincettes. Vous pouvez enchaîner avec Le Cri du Loup de Dan Curtis (1974) dans la foulée...

* Disponible en DVD (VOSTF) chez -> BACH FILMS <- 


LE CRI DU LOUP

 

LE CRI DU LOUP
(Scream of the Wolf)


Réalisateur : Dan Curtis
Année : 1974
Scénario : Richard Matheson
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Epouvante
Interdiction : /
Avec : Peter Graves, Clint Walker, Jo Ann Pflug, Philip Carey, Don Megowan...


L'HISTOIRE : L'écrivain et ancien chasseur John Wetherby est appelé en renfort par le shérif local pour enquêter sur une série de meurtres violents. Les indices sont très étranges, car les traces laissées sur le lieu des meurtres ressemblent à celles d'un loup mais de 4 empreintes, elles passent ensuite à 2, comme si l'animal marchait sur deux pattes. Les habitants commencent à croire que c'est un loup-garou et les meurtres se poursuivent. Wetherby contacte son vieil ami, le chasseur émérite Byron Douglas, pour l'aider à retrouver l'animal. La chasse commence...

MON AVIS : Ayant principalement œuvré pour la télévision, le réalisateur Dan Curtis est bien connu des fantasticophiles grâce à ses téléfilms de qualité, tels The Night Strangler, Dracula (1974), Trilogy of Terror, Dead of Night ou le très bon La Malédiction de la Veuve Noire entre autres, sans oublier le long-métrage Trauma réalisé en 1976, dont le final en a terrifié plus d'un. En 1974, sur un scénario de Richard Matheson, il réalise donc Scream of the Wolf, toujours pour la télévision. Avec pour acteur principal le charismatique Peter Graves, héros de la série Mission Impossible bien sûr, Le Cri du Loup, titre francisé pour sa sortie en DVD, nous entraîne à démêler le vrai du faux dans une série de meurtres violents qui seraient imputables à un loup selon le personnage joué par Graves. Mais un loup colossal et qui possède de curieuses caractéristiques, comme les empreintes trouvées sur les lieux des crimes le révéleront lors de l'enquête du shérif, joué quant à lui par Philip Carey. Des empreintes qui laissent planer un doute puisque de quatre empreintes, elles passent à deux puis disparaissent. Loup ? Humain ? Ou bien les deux à la fois ? Pour la population locale, le doute n'est pas permis : le coupable ne peut être qu'un... loup-garou ! Avec son ambiance policière, Le Cri du Loup nous propose bien sûr divers suspects potentiels ! Serait-ce le héros lui-même ? Son curieux et mystérieux ami chasseur Byron Douglas (l'acteur Clint Walker), qui tient des discours philosophiques sur la nécessité de vivre dans le danger permanent pour se sentir vivant et qui aimerait bien que la population se re-dynamise grâce à ses macabres événements ? Ou bien le gardien de maison de Byron, le tout aussi curieux Grant (Don Megowan) et son allure patibulaire ? Et pourquoi pas le shérif, qui est aussi un solide gaillard et qui aurait tout le loisir de camoufler des preuves avant de rameuter du renfort ? Avec une mise en scène classique, qui ne sort jamais Le Cri du Loup de sa dimension télévisuelle (on se croirait vraiment dans un long épisode d'une série-télé), Dan Curtis, sans jamais céder à l'appel des effets-spéciaux ou à la violence (ce téléfilm en est totalement dépourvu et peut être vu par n'importe quel public) parvient à créer une atmosphère intéressante qui maintient un certain suspense, avec caméra subjective lors des attaques, brouillard et hurlements de loup à foison. Certes, on aura connu Dan Curtis plus inspiré et Le Cri du Loup ne fait pas partie de ses meilleures réalisations mais de par sa courte durée (73 minutes) et le mystère entourant les différents meurtres, j'avoue que j'ai pris un certain plaisir à le visionner. Clint Walker tire son épingle du jeu avec ses divagations philosophiques et son attitude intrigante, qui en font un parfait suspect, notamment quand on apprend que lors d'une chasse au loup au Canada, il s'est fait mordre par l'animal. Mais comme tout est possible dans ce genre d'histoire, le mystère reste intact. Si l'explication finale pourra peut-être en décevoir certain, si le rythme plutôt pépère mis en place pourra en assoupir d'autres, Le Cri du Loup fait néanmoins partie de ces petits téléfilms 70's qui possède un charme indéniable et qui, malgré des défauts et un manque de budget flagrant, sait tirer partie de ces contraintes pour réussir à divertir ce qu'il faut son public. Rien d’inoubliable, loin s'en faut, mais Dan Curtis prouve qu'il sait bien mettre en images les histoires qu'on lui propose.   

* Disponible en DVD chez -> BACH FILMS <-


HEADLESS

 

HEADLESS
(Headless)


Réalisateur : Arthur Cullipher
Année : 2015
Scénario : Nathan Erdel, Todd Rigney
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur, Gore
Interdiction : -16 ans
Avec : Shane Beasley, Kelsey Carlisle, Ellie Church, Kaden Miller, Emily Solt McGee...


L'HISTOIRE : Un tueur fou, vivant reclus dans une vieille cabane abandonnée et portant un masque de squelette, kidnappe de nombreuses femmes afin de les mutiler, de les décapiter, de gober leurs globes oculaires et de se livrer à des actes sexuels avec leurs têtes tranchées. Qui sera sa prochaine victime ?

MON AVIS : La lecture du synopsis ci-dessus doit logiquement vous faire comprendre à quel type de film on va parler ici : Headless est un film gore qui éclabousse généreusement et ne recule devant aucune atrocité. La genèse d'Headless provient du très bon film Found de Scott Schirmer, dans lequel un ado fan de films d'horreur découvre que son grand-frère est un tueur en série. En fouillant dans la chambre de ce frère psychopathe, l'ado tombe sur une VHS proposant apparemment un film de 1978 qui met en scène un tueur portant un masque de squelette. Une scène ultra gore qui a fait l'effet d'un électro-choc chez les spectateurs de Found. Il n'en fallait pas plus pour que le projet Headless naisse ! L'équipe de Found décide de lancer une campagne de financement pour réaliser le pseudo-film de 1978 avec en vedette notre Skull-Boy adepte de l'ingestion de globes oculaires ! La campagne participative est un carton et le tournage du film est lancé ! Scott Schirmer décide d'être producteur et d'aider l'équipe, la réalisation étant confiée à Arthur Cullipher, qui était le responsable des effets-spéciaux sur Found. Si le film de Schirmer n'était pas un film gore et se montrait des plus intéressants, de par son scénario qui parvenait à créer une ambiance anxiogène et morbide, Headless ne joue pas dans la même cour et verse à 100% dans le gore abject et outrancier, cherchant à révulser le public avec des séquences ultra-violentes dans lesquelles tranchages de membres, énucléations, décapitations et actes sexuels sur des têtes coupées nous sont montrés de manière totalement complaisante et sans aucun hors champ. Les effets gores sont très bien mis en scène et le Skull-Boy va vous en faire voir de toutes les couleurs, le rouge étant bien sûr celle qui sera la plus mise en avant ! Le tout fait à l'ancienne, aucune image de synthèse n'est présente dans Headless et ce n'est pas pour nous déplaire. Si les meurtres sont ritualisés par notre Skull-Boy, et deviennent donc un peu répétitif, le mode opératoire du tueur étant drastiquement le même d'un massacre à l'autre, si on pourra se demander quel plaisir le public peut ressentir à voir ces jeunes femmes se faire charcuter de la sorte, on notera que les scénaristes de Headless ont tout de même travaillé un peu leur histoire et ne se contentent pas d'aligner les carnages durant 85 minutes. Le film propose en effet de nombreux flashbacks nous en apprenant plus sur le Skull-Boy et son enfance. Une enfance difficile vous vous en doutez, le petit garçon vivant avec sa mère tyrannique et sa grande sœur qui ne l'est pas moins avec lui. Enfermé dans une cage durant la journée, victime des brimades de sa sœur et constamment rabaissé par sa mère, notre psychopathe a mené une vie dont personne ne serait sorti mentalement indemne. Libéré à son adolescence de manière brutale, après s'être vengé sur ses deux bourreaux, il va forcément devenir une machine à tuer, vivant reclus dans l'ancienne demeure familiale délabrée, gardant les têtes de sa mère et de sa sœur à occasion. On le voit, Headless a des influences à chercher du côté de Maniac de William Lustig et de Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper, le réalisateur Arthur Cullipher nous offrant également une scène de repas bien sympathique et macabre, qui renvoie au chef-d'oeuvre de 1974. Une des bonnes idées du film est d'avoir inclut ce petit garçon à la tête squelettique qui est toujours présent au côté du Skull-Boy. Une métaphore de la conscience du tueur bien sûr, cet esprit enfantin le guidant et lui ordonnant de tueur ses victimes. Le maquillage du crâne est vraiment excellent, bravo aux concepteurs. Il en va de même pour la scène du charnier, bien glauque et au rendu très visuel. Le travail sur les décors et les effets-spéciaux est de grande qualité dans Headless, malgré un budget réduit. On y trouve même une séquence onirique et poétique de toute beauté. Outre les exactions gores du Skull-Boy, on suit en intrigue secondaire les souci de couple de la charmante blondinette Kelsey Carlisle, qui doit gérer son petit ami, un artiste musicien qui n'en branle pas une, préférant boire des bières, fumer de la drogue et faire de la musique pendant que sa copine va bosser en tant que serveuse dans un club de roller. Bien évidemment, le couple finira par se faire kidnapper par le Skull-Boy vers la fin du film, qui se clôture sur une séquence excellente et très nihiliste. Si vous êtes amateurs de barbaque et de tripailles fraîchement déversés à l'écran, si vous ne recherchez pas un scénario subtil et finement ciselé, si vous aimez les films gores, alors Headless est fait pour vous. L'aspect répétitif pourra finir par lasser un peu tout de même mais on ne peut pas dire qu'on soit volé sur la marchandise. Ça charcle, ça gicle, c'est malsain et dégoûtant. C'était le but, c'est réussi...

* Disponible en BOOKBOX DVD avec sous-titres français chez TETRO VIDEO (SOLD OUT !)