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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




BLACK JOURNAL

BLACK JOURNAL
(Gran Bollito)

Réalisateur : Mauro Bolognini
Année : 1977
Scénariste : Nicola Badalucco, Luciano Vincenzoni
Pays : Italie
Genre : Drame, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Shelley Winters, Max von Sydow, Renato Pozzetto, Alberto Lionello, Laura Antonelli...


L'HISTOIRE : En 1938, en Italie, Lea s'installe dans un immeuble en compagnie de son mari afin de se rapprocher de son fils unique, Michele, pour qui elle voue une affection débordante. Quand elle découvre que son fils a une liaison amoureuse avec une dénommée Sandra, la raison de Lea vacille et la gentille dame sombre peu à peu dans une douce folie, qui la mènera à assassiner ses voisines et à les transformer en savon afin de faire disparaître les corps...

MON AVIS : Cinéaste italien à qui l'on doit Le Bel Antonio en 1960, La Corruption en 1963, Chronique d'un Homicide en 1972 ou La Dame aux Camélias en 1981 entre autres, Mauro Bolognini est également le réalisateur de Gran Bollito en 1977, rebaptisé Black Journal pour sa diffusion à l'étranger. Très clairement, c'est une oeuvre totalement atypique et déconcertante que Bolognini nous livre avec Black Journal. L'histoire prend racine dans un fait divers italien bien réel, celui concernant Leonarda Cianciulline, tueuse en série et cannibale italienne, qui a assassiné trois femmes entre 1939 et 1940, et a transformé les cadavres en savon et en gâteaux ! Ses motivations ? Après avoir eu plus de treize enfants morts-nés ou avortés, Leonarda, qui est diseuse de bonne aventure de profession, se dit "maudite" par la Mort. Quand elle réussit a avoir enfin un fils, c'est le bonheur; Mais quand ce dernier est appelé par l'armée pour se préparer à la guerre mondiale qui se profile, elle perd la raison et devient une sorte de sorcière, assassinant trois femmes en guise de sacrifice humain, pensant conjurer le mauvais sort qui s'acharne sur elle. Elle accusera son fils des meurtres, réussissant ainsi à lui faire passer la guerre en prison. C'est en 1946 qu'elle est reconnue coupable des trois meurtres et condamnée à trente ans de prison. Elle dira aux juges "qu'il faut être une mère pour comprendre ses actes". Ce curieux fait divers sert donc de support aux scénaristes Nicola Badalucco et Luciano Vincenzoni, pour ce qui deviendra donc Black Journal sous la caméra de Mauro Bolognini. Pour interpréter l'extravagante Leonarda Cianciulline, rebaptisée dans le film Lea, c'est Shelley Winters qui est retenue. Avec une carrière débutant en 1943 et se terminant en 1999, l'actrice n'est pas une inconnue du public, qui a pu la voir dans des films aussi différents que Winchester 73, Une place au soleil, La Nuit du ChasseurLolita ou Bloody Mama par exemple. En 1977, elle n'a plus son physique d'antan mais malgré de nombreux kilos en trop, elle livre une composition absolument époustouflante dans Black Journal et tient le film sur ses épaules. Il faut savoir qu'au départ, Bolognini avait dans l'idée de n'engager aucune femme et de faire interpréter tous les personnages féminins de son film par des hommes. Une idée originale, qu'il conservera en partie puisque les trois voisines, futures victimes de Shelley Winters, sont bien campées par des acteurs, dont Max von Sydow ! Avec des habits de femmes, maquillage, talons aiguilles et perruques, Max von SydowRenato Pozzetto et Alberto Lionello jouent donc des femmes et avec une vraie conviction en plus. Evidemment, le spectateur voit très bien qu'il s'agit d'acteurs masculins grimés, ce qui donne au film un côté totalement décalé, voir grotesque, mais dans le bon sens du terme, c'est à dire jamais ridicule mais provoquant un trouble chez le public, qui se demande qu'est-ce qu'il est en train de regarder ! Cette sensation d'étrangeté créée une ambiance assez particulière qui s'avère vraiment déstabilisante et pourra rebuter un public lambda peu habitué à ce qu'on le malmène de la sorte devant son écran. Les amateurs d'objet filmique non identifié y trouveront par contre matière à discussion et se feront un plaisir de cinéphile à découvrir cette oeuvre hors norme. Le film brasse, de plus, divers genres et diverses thématiques, ce qui renforce son aspect inhabituel. Drame, comédie d'humour noir, film d'horreur, traitant aussi bien de l'identité sexuelle, de la frustration sexuelle chez les femmes, du poids de la religion que de la souffrance mentale provoquée par la perte d'enfants (fausse couche, avortement, mort-né, mort subite du nourrisson) ou de l'amour absolu que peut ressentir une mère pour son fils, tout en jouant avec les codes des films de sorcellerie, c'est tout cela Black Journal, mis en scène avec une véritable maîtrise par Bolognini. Les scènes de meurtres sont assez soft, souvent filmées en hors champ ou montrées très rapidement (la décapitation au hachoir), à l'inverse de la thématique de la sorcellerie, qui, sans être jamais appelée ainsi de manière franche dans le film, ne passe pas inaperçue ! Lea utilise un chaudron pour faire cuire les restes humains de ses victimes, elle prépare des gâteaux à base de sang ou de poudre d'os qu'elle a minutieusement écrasée, propose des tisanes ou autres décoctions de son invention à ses invités et bénéficie de l'aide d'une sous-fifre, en la personne de la frêle femme de chambre, handicapée et quasi muette. L'image de la sorcière  et de tout son attirail nous vient rapidement à l'esprit et est présentée ici de manière subtile, métaphorique. L'humour noir est omniprésent et fait mouche la plupart du temps. La présence radieuse de la sublime Laura Antonelli, qui interprète ici un rôle à contre-courant, puisqu'elle incarne la figure angélique, la personne saine et non délurée du film (désolé messieurs, elle ne se dénudera pas ici), contrastant avec tous les autres protagonistes, qui ont tous une "anomalie", qu'elle soit comportementale ou physique, est également à mettre en avant. Autre subtilité du film, les faits que les trois acteurs jouant les voisines de Shelley Winters vont revenir à un moment du film sous leur apparence masculine, interprétant donc un second personnage, et qu'ils vont tous avoir une responsabilité dans l'arrestation de la meurtrière folle, comme si Bolognini leur permettait de se venger de leur mort en tant que femme. Autre personnage à part entière, la fameuse "pièce" dans laquelle s'opère les trois meurtres, et dont l'agencement ou les couleurs des murs contrastent là encore avec le reste de l'appartement, lui conférant une sorte d'aura maléfique, de pièce cachée inavouable. Principalement axé sur le jeu d'acteur, Black Journal est un film à prendre au second degré, une sorte de fable noire assez radicale, qui s'autotise pas mal de débordements, d'extravagances, quitte à perdre son public qui ne sera peut-être pas toujours réceptif à son audace. Totalement inédit en France au cinéma jusqu'en 2019, sortie en VHS en version tronquée de 20 minutes environ, découvrir Black Journal est une expérience qui se doit d'être vécue en tout cas.

* Disponible en DVD et BR chez RIMINI EDITIONS en version intégrale




CES GARÇONS QUI VENAIENT DU BRÉSIL

CES GARÇONS QUI VENAIENT DU BRÉSIL
(The Boys from Brazil)

Réalisateur : Franklin J. Schaffner 
Année : 1978
Scénariste : Heywood Gould
Pays : Etats-unis, Angleterre
Genre : Thriller, Science-fiction
Interdiction : -16 ans
Avec : Gregory Peck, Laurence Olivier, James Mason, Lilli Palmer, Jeremy Black...


L'HISTOIRE : Le vieux chasseur de nazis Ezra Lieberman est contacté par Barry Kohler, un jeune homme qui lui annonce qu'il a découvert un repaire d'anciens nazis au Paraguay, dont Josef Mengele. Apparemment, les anciens officiers nazis fomentent un complot visant à éliminer 94 fonctionnaires à travers le monde sur une période de deux ans environ. Ne prenant pas les propos de Kohler au sérieux, Lieberman doit pourtant se résigner face aux preuves qui lui sont envoyées. En menant sa propre enquête, il découvre des points communs entre les personnes assassinées par les hommes de Mengele. Mais il est encore loin de se douter de la terrifiante vérité sur le projet mené par celui qu'on surnommait l'ange de la mort d'Auschwitz...

MON AVIS : On le sait, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les officiers nazis qui ont réussi à s'enfuir se sont principalement réfugiés en Amérique Latine, et notamment au Brésil, au Chili, au Paraguay ou en Argentine, aidés par les ratlines, des réseaux d’exfiltration nazis. Le malheureusement célèbre Josef Mengele, médecin de la mort au camp d'Auschwitz, a bénéficié de ces réseaux et a pu vivre en Argentine dès 1949 avant de s'installer au Paraguay en 1959 puis au Brésil en 1960. Il mourut en 1979 d'une noyade et ne fût jamais arrêté, malgré le travail remarquable du chasseur de nazis Simon Wiesenthal ou les traques du Mossad. Le romancier américain Ira Levin, auteur de romans incontournables du fantastique comme Rosemary's Baby ou Les Femmes de Stepford, dont les adaptations cinématographiques sont devenues des classiques du genre, a écrit en 1967 Ces Garçons qui venaient du Brésil, qui s'inspire donc de faits réels, comme le fait que de nombreux nazis vivent en Amérique Latine, dont Josef Mengele justement, l'un des personnages principaux de l'histoire ou qu'un chasseur de nazis s'évertue à les traquer, Ezra Lieberman n'étant bien sûr qu'une variation romancée du véritable Simon Wiesenthal évidemment. Avec ces éléments existants, Ira Levin va développer une intrigue machiavélique qui relève du thriller de politique-fiction et qui fait froid dans le dos : Mengele, toujours dévoué au Führer malgré les années passées, a réussi, dans le secret le plus absolu, à réussir un clonage humain, effectué à partir de l'ADN préservé d'Adolf Hitler ! Grâce à un centre d'adoption dirigé par une nazie, il a placé 94 bébés clonés dans des familles d'accueil qui sont toutes construites sur le modèle de la famille d'Hitler : un père autoritaire et fonctionnaire, plus âgé que la mère, qui elle, est douce et attentionnée. Le père d'Hitler étant mort à 66 ans, Mengele réunit les anciens nazis exfiltrés et leur ordonne d'assassiner les pères des familles d'adoptions quand ceux-ci atteindront l'âge de 66 ans, afin que chaque enfant cloné vivent dans le même contexte familial que le Führer ! Le but étant de recréer un Quatrième Reich avec une ou des copies exactes d'Adolf Hitler ! Un projet démoniaque que va découvrir un jeune juif, qui va avertir le chasseur de nazi, Ezra Lieberman, afin qu'il mette en terme à cette menace potentielle. On le voit, l'histoire de Ces Garçons qui venaient du Brésil verse autant dans le thriller politique que dans l'anticipation et c'est ce mélange d'ingrédients qui en fait toute la force et l'intérêt. En 1978, le réalisateur Franklin J. Schaffner, à qui l'on doit La Planète des Singes en 1968, Patton en 1970 ou Papillon en 1973 entre autres, décide d'adapter le roman d'Ira Levin. Une bien bonne idée puisque Les Garçons qui venaient du Brésil est un film de qualité, qui retranscrit de belles manières l'histoire imaginée par Ira Levin, qui plus est avec un casting de haute voltige. Pour interpréter Ezra Lieberman : Laurence Olivier ! Pour interpréter Josef Mengele : Gregory Peck ! Pour interpréter un officier nazi : James Mason ! Pour interpréter la sœur d'Ezra : Lilli Palmer ! Quatre stars de renommée mondiale qu'on n'a même pas besoin de présenter, et qui vont déployer tout leur talent d'acteur pour nous plonger avec délectation dans ce thriller inquiétant, qui possède tout de même pas mal d'humour. Je ne sais pas si l'aspect un peu humoristique était déjà dans le roman d'Ira Levin, toujours est-il qu'il est bien présent dans le film de Franklin J. Schaffner, ce qui permet d'apporter un peu de relâchement au sein d'une intrigue souvent palpitante et qui réserve quelques scènes fortes en émotion. La prestation de Gregory Peck est excellente et ses accès de colère, dans lesquels la folie du personnage ressort sans ambiguïté aucune, provoque un certain malaise. La progression de l'histoire, la découverte d'éléments qui mettent progressivement Ezra Lieberman sur la piste de la vérité, participent à maintenir un intérêt constant, intérêt qui monte d'un cran lors de la vision de deux enfants habitants dans deux villes différentes et qui sont une copie totalement identique l'un de l'autre. Brun, teint pale, humeur colérique et yeux bleus, les enfants sont interprétés par le même jeune acteur évidemment, à savoir Jeremy Black, dont ce sera l'unique apparition sur un écran. Tout comme le chasseur de nazi, le spectateur comprend lui aussi l'horreur du projet de Mengele et la séquence dans laquelle Lieberman va demander des explications à un généticien, ce qui lui fait comprendre enfin le pourquoi du comment des meurtres et de la présence d'enfants identiques, est assez intense. D'autres scènes feront leur petit effet, comme la réunion nazie, avec drapeau à croix gammée, portrait géant du Führer, adolescents habillés comme à l'époque des jeunesses hitlerienne et officiers nazis en tenue de gala, où la scène finale avec l'attaque des chiens, très violente. Si le film manque parfois un peu d'ampleur, le côté réaliste de la mise en scène privilégié par Franklin J. Schaffner est en fait un atout pour rendre les situations le plus crédibles possibles et surtout très glaciales. Intelligent, efficace et effrayant, Ces Garçons qui venaient du Brésil est un film réussi, qui a su parfaitement doser les divers genres dont il se sert pour nous offrir un thriller d'anticipation qui est devenu une référence dans son domaine. En espérant qu'un jour, la fiction ne devienne pas réalité.

* Disponible en combo DVD + BR chez ELEPHANT FILMS

THE DEVIL'S HOUR

THE DEVIL'S HOUR
(The Cleansing Hour)

Réalisateur : Damien LeVeck 
Année : 2019
Scénariste : Damien LeVeck, Aaron Horwitz
Pays : Etats-unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Kyle Gallner, Ryan Guzman, Alix Angelis, Emma Holzer, Chris Lew Kum Hoi...


L'HISTOIRE : Deux entrepreneurs modernes, Drew et Max, diffusent en live sur le web des exorcismes qui sont en fait des canulars. Mais leur business bascule le jour où l’actrice utilisée devient mystérieusement possédée par un véritable démon. Devant un public mondial en croissance rapide, le démon les soumet à une série de défis violents et humiliants destinés à les punir pour leurs mensonges, jusqu’à dévoiler leurs plus terribles secrets…

MON AVIS : En 2016, Damien LeVeck réalise The Cleansing Hour, un court-métrage de 19 minutes qui mettait en scène deux réalisateurs ratés qui ont l'idée de filmer de faux exorcismes et de les diffuser en live sur le net, ce qui leur permet d'acquérir une certaine notoriété, jusqu'au jour où une de leurs actrices est réellement possédée par un démon qui les oblige à dévoiler la vérité sur leur émission. Fort d'un joli succès via ce court-métrage, Damien LeVeck décide de l'adapter au format cinéma en 2019, toujours sous le titre de The Cleansing Hour, qui deviendra The Devil's Hour lors de sa diffusion au Strasbourg European Fantastic Film Festival 2019, titre qu'il conservera pour sa sortie sur DVD et Blu-ray chez l'éditeur Wild Side Vidéo. L'histoire reste inchangée, de nouveaux acteurs font leur apparition, dont Kyle Gallner, héros de Freddy Les Griffes de la Nuit en 2010, qui va interpréter Drew, Ryan Guzman, un des héros de la mini-série Heroes Reborn qui va jouer le Père Max ou Alix Angelis, vue dans le remake des Sept Mercenaires en 2016, et qui va avoir, dans The Devil's Hour, l'infime honneur d'interpréter Lane, la jeune femme qui va se voir posséder par un cruel démon. Comme les films de zombies ou d'infectés, les films de possession sont légion et, bien souvent, nous servent à peu de chose près la même recette, les mêmes clichés. Si The Devil's Hour ne se montre pas non plus d'une originalité folle en ce qui concerne la présence démoniaque ou la gestuelle de la personne possédée, le film se montre tout de même assez divertissant pour nous faire passer un bon moment, l'humour des situations proposées lui faisant gagner des points. Dès l'introduction, on assiste à une pure scène d'exorcisme assez intense, avec fumée, cris stridents, rites incantatoires et autres éléments spectaculaires qui nous mettent directement dans une ambiance apocalyptique, le tout dirigé par le prêtre Max. Une fois l'exorcisme terminé, notre saint-homme qui a réussi à vaincre le démon fait la publicité de son matériel (du linge béni, des fioles d'eau bénites) et de son site internet. La caméra recule alors et le spectateur découvre que tout ça n'était que du cinéma, une vraie pièce de théâtre avec des effets-spéciaux de qualité, mis en scène par Drew, le meilleur ami de Max, et ce, a de pure fin commerciale, misant sur la crédulité du public de plus en plus nombreux à regarder leur "exorcisme-show" diffusé en live via le net. Un moyen comme un autre pour se faire de l'argent, sauf que leur émission stagne un peu en audience. La mise en scène efficace de Damien LeVeck, couplée à ces touches d'humour, vont permettent à The Devil's Hour de maintenir un intérêt constant durant toute la durée du film, ce dernier bénéficiant également d'un casting solide qui se donne à fond et emporte l'adhésion. On s'en doute, surtout si vous avez lu le résumé de l'histoire, un véritable démon va venir semer le désordre dans l'émission de Drew et Max et c'est la petite amie de Drew, la ravissante Lane, qui va en payer les frais. Remplaçant au pied lever une actrice qui ne s'est pas présentée sur le tournage, la pauvre jeune femme va en effet être possédée par une entité démoniaque qui semble avoir un but bien précis : faire avouer au Père Max et à Drew la vérité sur l'émission, et ce, devant les milliers de spectateurs connectés à leurs téléphones portables ou leurs tablettes. Damien LeVeck en profite pour passer un message sur le pouvoir addictif des écrans, sur les dérives des réseaux sociaux ainsi que sur l'aspect "voyeur morbide" des personnes connectées, ces dernières allant être mises à contribution par le démon, qui va solliciter les vils instincts du public. Et ça aussi, c'est très amusant. Les "like" ne cessent d'affluer, le nombre de connectés ne cessent d'augmenter, et plus le démon va se montrer cruel, plus le public, les yeux rivés sur l'écran, va réagir, de différentes manières d'ailleurs. Certains sont choqués, certains tentent d'aider le Père Max en lui envoyant des prières virtuelles pour l'aider dans son combat quand d'autres, trouvant que la séance d'exorcisme devient lassante, demandent carrément qu'il y ait un mort afin de la dynamiser !! C'est vraiment ce mélange réussi d'horreur et d'humour noir qui fait toute la saveur de The Devil's Hour, avec, évidemment, ses effets-spéciaux. Le look de la possédée n'a rien d'innovant : teint blafard, yeux blancs vitreux, voix transformée : le grand classique. Mais ça marche bien et certaines séquences sont vraiment bien foutues, comme lorsque le Père Max doit retirer des objets coincés dans la bouche de Lane, qui s'avère un démon plutôt puissant, comme Drew va l'apprendre au fur et à mesure de l'avancée de l'exorcisme. Tout comme Max, Drew va aussi devoir affronter le démon en révélant certaines vérités blessantes, le sommet étant atteint lorsque Lane elle-même devra participer à ce petit jeu, ses révélations n'allant pas être du goût de tout le monde. Le passé des personnages nous sera présenté et permettra encore au réalisateur de lancer quelques piques satiriques sur différentes thématiques, dont la religion par exemple. Cerise sur le gâteau, on va avoir droit à un somptueux démon vers la fin du film, avec de très beaux maquillages à la clé. La tagline L'Enfer se cache derrière votre écran va alors prendre toute sa dimension lors d'un final cataclysmique, qui nous balance un retournement de situation bien pensé et qui prouve, encore une fois, que le Malin l'est vraiment, malin, je ne vous en dis pas plus. Bien fun, bien délirant, The Devil's Hour est à réserver aux amateurs de films d'horreur pas prise de tête, qui aiment s'amuser devant un divertissement décomplexé, un peu bordélique mais bien filmé et sincère. 

* Disponible en DVD, BR et VOD chez WILD SIDE VIDEO


      

SATURN 3

SATURN 3
(Saturn 3)

Réalisateur : Stanley Donen 
Année : 1980
Scénariste : Martin Amis
Pays : Angleterre
Genre : Science-fiction
Interdiction : -12 ans
Avec : Farrah Fawcett, Kirk Douglas, Harvey Keitel, Douglas Lambert...


L'HISTOIRE : Adam et Alex, deux scientifiques, vivent seuls sur une station spatiale située autours de Saturne. Leur mission : trouver de nouvelles sources de nourriture pour la Terre. Mais cette vie idyllique est mise en danger avec l'arrivée du capitaine James qui, bientôt, construit un robot destructeur : Hector. Le capitaine tombe amoureux d'Alex et ne souhaite qu'une chose : éliminer Adam. Il va en être de même pour Hector, qui devient rapidement jaloux de ceux qui s'approchent d'Alex...

MON AVIS : Avec la sortie de 2001 l'Odyssée de l'Espace en 1968, le cinéma de science-fiction prend un nouvel essor et les scénarios mettant en scène des ordinateurs ou des robots voulant prendre le dessus sur l'être humain vont fleurir au cours des décennies suivantes, avec des films comme Le Cerveau d'Acier (1970), Mondwest (1973), Génération Proteus (1977), Androïde (1980), Wargames (1982) ou Terminator (1984) par exemple, ce dernier ayant d'ailleurs été précédé par un film de 1966, Cyborg 2087, qui possède quasiment le même scénario ! Cette liste loin d'être exhaustive doit intégrer un autre film de 1980, le fameux Saturn 3 de Stanley Donen. Ça tombe bien, c'est justement de ce film dont on va parler ! Incroyable cette transition non ? Tout comme il est assez incroyable de trouver le réalisateur de Chantons sous la Pluie, Beau Fixe sur New-YorkDrôle de frimousse, Charade ou Arabesque à la tête d'un film de science-fiction. Et pourquoi pas ? Ce sera son unique incursion dans le genre, motivée par l'histoire que lui amène un certain John Barry, qui n'a rien à voir avec le célèbre compositeur mais qui est un très bon chef décorateur. Donen accepte au départ de produire le film et laisse Barry derrière la caméra. Le budget passe majoritairement dans le salaire des deux acteurs vedettes, à savoir Kirk Douglas et Farrah Fawcett. Pour compléter le duo, on fait appel à un acteur prometteur, Harvey Keitel. Malheureusement, les premiers jours de tournage se passe mal pour John Barry qui quitte le projet, également décontenancé par les nombreuses réécritures de son histoire par diverses personnes. Stanley Donen prend le relais et devient donc le réalisateur officiel de Saturn 3, qui dispose au final d'un budget supérieur à... La Guerre des Etoiles ! Pourtant, à l'écran, on ne peut pas dire que ça se voit ! Ce n'est pas que les effets-spéciaux soient mauvais, franchement, les scènes dans l'espace passent encore bien, et, hormis une explosion vers la fin du film qui est franchement limite et ridicule, le reste tient encore la route. Mais Saturn 3 est avant tout un huis-clos et si les décors de l'intérieur de cette station spatiale, avec ses longs couloirs, son laboratoire, ses chambres au look épuré, font illusions, on est quand même loin des effets-spéciaux et des somptueux décors du premier Star Wars ! Pourtant, le film de Stanley Donen possède une patine et un charme rétro qui fonctionnent encore bien et s'il y a bien longtemps que je n'avais pas revu ce film, cette nouvelle vision m'a plutôt enthousiasmé, sans que j'en ai la mâchoire qui se décroche mais j'y ai pris du plaisir. La jolie drôle de dame Farah Fawcett est toujours aussi ravissante et se dénude même de temps à autre, tout comme Kirk Douglas d'ailleurs, qui, malgré ses 64 ans à l'époque,  nous offrira la vision de son postérieur, le coquin ! Seul au monde dans la station spatiale, nos deux scientifiques agronomes travaillent à trouver un nouveau mode de consommation pour lutter contre une carence alimentaire sur Terre. La solitude les a évidemment rapproché et ils forment un couple passionné, ayant pour compagnie leur chienne Sally. Une quiétude qui va être mise à mal quand débarque un visiteur en la personne du capitaine James, interprété donc par Harvey Keitel. Le public sait que ce n'est pas le vrai capitaine James d'ailleurs, suite à une scène efficace vu au début du film. L'un des points faibles de Saturn 3 provient d'ailleurs de cette usurpation d'identité dont on n'aura aucune explication. Pourquoi le capitaine Benson a tué son ami le capitaine James pour prendre sa place dans cette mission et atterrir sur une station spatiale bien éloignée de la Terre, vu qu'elle est un satellite de Saturne ? Un mystère qui, malheureusement, le restera. Est-ce les remaniements de scénario qui ont impacté la trame logique de l'histoire ? Possible. En tout cas, il y a pas mal de trous noirs dans le scénario, et les questionnements du public ne trouveront pas souvent des réponses. Tant pis. En tout cas, il apporte un quatrième personnage dans ses valises, en la personne du fameux robot Hector, l'attraction principale pour laquelle on enclenche Saturn 3 dans son lecteur vidéo. Un robot à l'allure travaillée, qui possède une force prodigieuse et dont l'intelligence va se développer à vitesse grand V, pouvant être branché directement via le cerveau de Benson. La séquence de la partie d'échecs est intéressante et bien mise en scène, tout comme celle où la main du robot vient retirer un objet minuscule de l'oeil de Farah Fawcett. Le comportement d'Hector envers la belle Alex va d'ailleurs faire peu à peu basculer le film dans le thriller robotique. Si la tension s'installe entre Adam, Alex et Benson, ce dernier étant psychologiquement instable et ne se privant pas de draguer ouvertement la jeune femme, sans se soucier de la réaction du vieillissant Adam, qui voit rapidement le danger potentiel caractérisé par la présence de cet individu grossier et peu aimable. Un danger qui sera doublé par la présence d'Hector bien sûr, qui nous gratifiera d'une dernière demi-heure à suspense, avec poursuite à travers les couloirs de la station. Un peu d'action qui dynamise un film qui se montre relativement sage au final et qui manque un peu de punch et de frisson, la démarche mécanique assez lente d'Hector ne provoquant pas le même degré de stress que les traques de l'équipage du Nostromo par un alien par exemple, si vous voyez de quel film je veux parler ! Mais comme déjà dit, si Saturn 3 ne brille pas de mille feux, loin de là, sa vision n'est en rien désagréable même si on aurait aimé plus d'enjeux dramatiques, un scénario plus solide et surtout plus de folie à l'écran. Il y avait pourtant une scène totalement folle qui existait dans le film mais elle a été coupée au montage et c'est bien dommage ! Voulant tester une pilule bleue (sorte de LSD) apportée par Benson, Adam et Alex en prenne chacun une partie et se mettent à délirer comme des fous, Alex revêtant même une tenue de cuir étourdissante, qui aurait donné à Saturn 3 un petit côté très Barbarella qui aurait fait son petit effet sans aucun doute. En l'état, le film de Stanley Donen reste une série B de science-fiction kitsch à souhait, qui s'apprécie assez bien malgré tout.

* Disponible en combo DVD + BR chez ELEPHANT FILMS



TRAUMA (1976)

TRAUMA
(Burnt Offering)

Réalisateur : Dan Curtis
Année : 1976
Scénariste : Dan Curtis, William F. Nolan
Pays : Etats-Unis, Italie
Genre : Fantastique, Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Karen Black, Oliver Reed, Bette Davis, Burgess Meredith, Lee Montgomery...


L'HISTOIRE : Un couple avec leur jeune fils, Ben, Marian et David Rolf, accompagné de la vieille tante Elizabeth, deviennent locataires d'une gigantesque maison à un prix défiant toute concurrence. Les vieux propriétaires, un peu excentriques, leur demandent uniquement d'aimer leur maison comme eux ils l'aiment et surtout, de déposer un plateau repas trois fois par jour à leur mère, une femme de 85 ans qui vit recluse dans la chambre du grenier et qui ne peut se déplacer. Une fois installé, les quatre locataires goûtent au charme de la maison. Karen prend en charge la vieille dame dans le grenier et interdit à quiconque de s'en occuper à sa place. Peu à peu, l'atmosphère de la maison semble avoir des effets néfastes sur Ben, qui refait des cauchemars et tente de noyer son fils dans la piscine...

MON AVIS : Dan Curtis s'est fait connaître pour avoir été l'initiateur en 1966 de la longue série-télévisée Dark Shadows, un soap avec vampire de 1245 épisodes ! Il est ensuite devenu l'un des producteurs et réalisateurs phare pour la télévision en proposant de nombreux téléfilms fantastique ou d'épouvante, comme The Night Strangler (1973), Dracula et ses femmes vampires (1974), Trilogy of Terror (1975), Dead of Night (1977), le terrifiant La Malédiction de la Veuve Noire (1977) ou Trilogy of Terror 2 (1996) entre autres. Sa carrière pour le cinéma est nettement moins importante mais il est tout de même connu pour quelques longs-métrages comme La fiancée du vampire (1970) et sa suite Night of Dark Shadows (1971) et surtout le film dont je vais vous parler ici, à savoir Trauma qui date de 1976, et qui est assurément son plus célèbre fait d'armes. Adaptation du roman de Robert Marasco, Trauma est souvent classé dans la catégorie générique du film de maison hantée mais en réalité, ce n'en est pas vraiment un. Ou tout du moins, son approche et surtout la révélation sur ce qui se passe réellement dans cette maison sont bien plus subtiles (et effrayantes) que ça. Malgré un relatif échec commercial et critique au moment de sa sortie en salles, Trauma, au fil des années et de sa redécouverte via la VHS, le DVD et maintenant le Blu-Ray, a acquis une solide réputation auprès des cinéphiles et désormais, on le retrouve bien souvent classé dans le TOP 5 des films de maisons hantées, au côté de La Maison du Diable (1963), d'Amityville la Maison du Diable (1979), L'Enfant du Diable (1980), Shining (1980) ou Poltergeist (1982) par exemple. Le fantastique et l'épouvante dans Trauma font irruption dans le quotidien des quatre personnages principaux de manière feutrée, sans effets spectaculaires mais avec des petites touches d'étrangetés qui plongent le spectateur dans une angoisse sourde, qui progresse lentement, progressivement, jusqu'au célèbre climax particulièrement efficace. Ici, pas de son étrange, d'objets qui bougent tout seul ou d'apparitions spectrales. C'est le comportement même des protagonistes qui va nous faire prendre conscience qu'il se passe des choses pas claires et que la maison en est la principale responsable. Les rapports humains entre le couple Ben et Marian, tous deux superbement interprétés par Oliver Reed et Karen Black, qui paraissaient être très soudés avant de devenir locataires, vont se désagréger au fur et à mesure du temps passé dans cette grande demeure. Pire que tout, une certaine folie semble s'emparer de Ben, qui refait des cauchemars au sujet de l'enterrement de sa mère, ce qui nous permet de voir le fameux chauffeur de corbillard au sourire inquiétant, joué par l'acteur Anthony James, qui livre pourtant une interprétation assez sobre mais qui lui permettra d'être souvent représenté sur les affiches du film ! Assez tétanisante reste la séquence de la piscine, dans laquelle Ben tente clairement de noyer son jeune fils, car la scène est d'un réalisme assez hallucinant et perturbant. La cellule familiale se déstructure, les tensions entre Ben, Marian et la tante Elizabeth (la star Bette Davis, excusez du peu) ne cessent d'augmenter et tout semble prendre l'eau. Tout, sauf la maison, qui, étrangement, reprend des couleurs et semble renaître à la vie. La mise en scène épurée de Dan Curtis participe pleinement à créer cette atmosphère anxiogène, sa caméra se focalisant sur ses acteurs avec intensité et sur de petits détails qui nous mettent la puce à l'oreille mais sans en dire trop, afin de laisser le mystère vivre sa vie tout au long des 116 minutes que dure le film. La présence d'une vieille dame dans la chambre du grenier, qu'on ne verra jamais, est un des éléments intrigants de l'histoire, tout comme sa collection de photos, qui semble à la fois ancienne et récente, ou ses pendules dont les aiguilles se mettent à l'heure toutes seules. La scène du début, avec les deux propriétaires de la maison, est lourde de sens, notamment lors de certains dialogues qui sont autant d'indices à la stupéfiante révélation qu'on aura tout de même devinée quant à la nature même de la demeure. Interprétés par Burgess Meredith et Eileen Heckart, ce drôle de couple semble animer d'un curieux projet qui prendra toute sa démesure à la fin du film. Bénéficiant d'une partition musicale en adéquation avec l'ambiance recherchée, composée par Bob Cobert, les images de Trauma marquent les esprits et on comprend que le film de Dan Curtis ait gagné des galons au fur et à mesure de son existence. Le film avait tout de même remporté le Grand Prix du Festival du film fantastique de Los Angeles en 1979 et de New York en 1980. Quant à Karen Black, elle reçut  le prix de la meilleure interprétation féminine lors du 6ème festival du film fantastique de Paris. Si l'entente entre acteurs n'a pas toujours été au beau fixe durant le tournage, Bette Davis ne supportant pas l'alcoolémie élevée d'Oliver Reed dans l'hôtel où l'équipe résidait, ce qui obligea Dan Curtis a lui trouver une chambre fort éloignée de l'acteur sous peine de la voir quitter le projet, ça ne se voit absolument pas à l'écran. Le jeune Lee Montgomery campe un petit garçon désemparé face aux événements et changements de comportements de ses parents avec brio et le reste du casting campe les personnages avec solidité et motivation. Si Trauma n'est pas exempt de quelques faiblesses mineures, comme sa durée un peu excessive par exemple, il n'en reste pas moins un film fantastique de qualité, qui se montre même assez original dans sa catégorie et qui distille savamment son ambiance pour emporter l'adhésion du spectateur, plongé dans une sorte de version longue d'un épisode de La Quatrième Dimension...

* Disponible en combo DVD + BR + Livret chez RIMINI EDITIONS

LE COMBO
Toujours sous les mêmes couleurs que les précédentes sorties de l'éditeur (Le Bal de l'Horreur, Happy Birthday, Mutations), ce qui permet aux fans d'avoir une superbe collection homogène dans sa vidéothèque, Trauma se compose d'un digipack trois volets sous fourreau, avec le film en HD en DVD et un BR, avec VF et VOSTF sonorisées en DTS 2.0. L'image est très bonne, avec un beau grain cinéma et une belle définition. Les bonus nous propose trois entretiens, l'un avec le terrifiant chauffeur de corbillard Anthony James, l'un avec Lee Montgomery qui se rappelle qu'il était le chouchou de ses dames lors du tournage via son jeune âge à l'époque et un dernier avec le scénariste William F. Nolan. La bande annonce originale est également au menu, tout comme un livret de 24 pages, toujours rédigé par Marc Toullec, et toujours très informatif, comme d'habitude.


LE RETOUR DES MORTS VIVANTS 3

LE RETOUR DES MORTS VIVANTS 3
(Return of the Living Dead 3)

Réalisateur : Brian Yuzna
Année : 1993
Scénariste : John Penney
Pays : Etats-Unis, Japon
Genre : Horreur, Gore, romance
Interdiction : -16 ans
Avec : Melinda Clarke, J. Trevor Edmond, Kent McCord, Sarah Douglas...


L'HISTOIRE : Curt Reynolds et Julie Walker mènent le parfait amour lorsqu'un accident de la route s'avère fatal pour la jeune femme. Curt emmène alors le corps de sa fiancée dans une base militaire dirigée par son père. Dans ce lieu hautement secret sont menées des expériences visant à ramener des cadavres à la vie au moyen d’un gaz nommé Trioxine. Si Curt parvient à réanimer sa bien-aimée, celle-ci se transforme peu à peu en zombie avide de chair humaine. Semant la terreur dans la ville, Julie trouve dans l’automutilation le moyen de canaliser ses pulsions cannibales…

MON AVIS : Vous aimez les belles histoires d'amour tragique façon Roméo et Juliette ? Vous aimez les films de zombies ? Vous aimez les films gores qui ne lésinent pas sur les maquillages bien cradingues ? Alors Le Retour des Morts Vivants 3 est assurément fait pour vous ! Après l'excellent premier volet réalisé par Dan O'Bannon en 1985, qui mêlait comédie et horreur avec un brio certain, suivi par Le Retour des Morts Vivants 2 de Ken Wiederhorn en 1988 qui poussait encore plus loin l'aspect comédie pour un résultat moins fameux, la franchise semblait être à l'arrêt. Cinq ans plus tard, le réalisateur Brian Yuzna se retrouve aux commandes d'un troisième volet qui aurait pu très bien être un film totalement indépendant, avec un titre qui ne le rattacherait pas à la série. Mais les producteurs veulent un troisième épisode, il va donc falloir le faire. Yuzna a néanmoins le champ libre et on lui laisse une totale liberté sur le projet. Pas d'anciens acteurs à reprendre ou de références aux précédents volets à intégrer, si ce n'est la présence du fameux produit faisant revivre les cadavres, la Trioxine. Réalisateur plutôt doué dans le domaine du cinéma horrifique, puisqu'il a à son actif le délirant Society (1989) et La Fiancée de Ré-Animator (1989), ainsi que Douce Nuit, Sanglante Nuit 4 : L'initiation (1990), Brian Yuzna va collaborer à plein régime avec le scénariste John Penney pour offrir au public un film différent des deux premiers volets, misant nettement moins sur l'humour et lorgnant vers la love-story d'outre-tombe. Un choix payant pour ma part puisque Le Retour des Morts Vivants 3 est, de loin, le meilleur épisode après le premier film de cette saga qui en comporte cinq à l'heure actuelle. L'idée d'une histoire d'amour tragique est l'élément clé du film et cette dernière est extrêmement touchante, grâce à la prestation des deux acteurs principaux, à savoir Melinda Clarke et J. Trevor Edmond, qui interprète respectivement Julie et Curt. La ravissante Melinda Clarke, qui avoue sans langue de bois ne pas apprécier les films d'horreur, est tout de même devenue une icône de ce type de cinéma grâce au rôle difficile de Julie justement. La jeune fille, rebelle et un peu punk dans l'attitude, va en effet être victime d'un accident de moto la laissant pour morte. Comme son petit ami est le fils d'un colonel travaillant sur la réanimation de cadavres à but militaire grâce à la Trioxine, la suite du scénario est vite trouvée : l'amoureux fou ne pouvant vivre sans sa dulcinée va alors s'infiltrer dans la base militaire grâce au badge V.I.P. de son papa et répandre la Trioxine sur la jolie morte, qui va reprendre goût à la vie. Comme la réanimation a lieu très rapidement après le décès, Julie va avoir dans un premier temps un comportement normal, bien éloigné de celui des expérimentations vues au début du film, nous valant déjà quelques effets gores bien sympathiques. Mais petit à petit, à l'image du génial Moi Zombie, Chronique de la Douleur d'Andrew Parkinson, film de 1998 qui ira encore plus loin dans le processus terrible de la transformation en zombie, Julie va ressentir les premiers changements dans son état de morte vivante et commencer à ressentir la douleur et surtout la faim. L'actrice va alors nous offrir une très bonne interprétation, puisant ses racines dans le comportement des droguées, et nous faire vivre toute la tragédie inhérente à sa nouvelle condition de mangeuse de cerveaux mais qui possède encore une conscience humaine très prononcée. Pour lutter contre l'irrésistible envie de boulotter de l'humain, Julie s'adonne à la scarification et aux piercings extrêmes, ce qui aboutira à lui donner le look qui la rendue célèbre auprès des fans, celle d'une morte vivante ultra sexy, bardée de bouts de métal et de morceaux de verre plantés à même la chair, avec un collier lui traversant le cou, des tétons percés et des fils de fer lui traversant le bout des doigts. La scène où elle se dévoile avec ce look est un moment d'anthologie, la caméra de Brian Yuzna la collant au plus près du corps pour mieux nous faire admirer cette sublime créature qui en fera pâmer plus d'un ! Dire qu'on tombe tous amoureux de Melinda Clarke à ce moment est un euphémisme. Sa relation avec son chéri avant cette spectaculaire transformation est passée par diverses phases (amour / rejet) qui nous font prendre ces deux protagonistes en empathie. L'amour plus fort que la mort, c'est bien la thématique principale du Retour des morts Vivants 3 et c'est ce qui lui donne toute son originalité, avec une magnifique conclusion qui nous rappelle Roméo et Juliette. Mais rassurez-vous, même si le côté romance est fortement présent dans le film, Brian Yuzna et les équipes de maquillages / effets spéciaux n'ont pas oublié pourquoi ils étaient là et ils vont faire de leur mieux pour vous en donner pour votre argent niveau gore. Malgré un budget très serré et une obligation de tourner vite et bien, avec parfois une seule prise et des longues journées de tournage épuisantes, Le Retour des Morts Vivants 3 ne lésine pas sur le gore outrancier et le manque de budget ne se ressent pas vraiment, puisque niveau gore et créatures dégoulinantes justement, c'est du tout bon ! Les différents zombies du film ressemblent à des monstres sortis tout droit de l'Enfer, et auraient très bien pu être le résultat des expérimentations du docteur Herbert West, le célèbre Ré-animator ! On est loin des morts vivants bleutés de Zombie ou des cadavres pourrissants de L'Enfer des Zombies par exemple. Créatures multiformes au look détonnant, zombie harnaché d'un exosquelette métallique, tête sur une colonne vertébrale mise à nue qui poursuit nos héros et j'en passe, c'est un véritable bestiaire hors du commun que nous propose Yuzna et ses équipes, le tout sur un rythme jamais défaillant et qui ne cesse de se dynamiser, notamment lors de la dernière demi-heure, véritable feu d'artifice de gore et de fureur. Série B sévèrement burnée, Le Retour des Morts Vivants 3 et sa love-story macabre mais toujours romantique est un petit classique 90's qui tire son épingle du jeu par son scénario et ses effets spéciaux ainsi que par la prestation incarnée de Melinda Clarke, élue zombie le plus sexy de l'univers ! Franchement un bon film d'horreur, généreux et divertissant, et qui se bonifie encore avec l'âge.

* Disponible en combo DVD + BR chez LE CHAT QUI FUME

LE COMBO
Digipack trois volets sous fourreau, disques sérigraphiés, c'est encore une superbe édition que nous propose l'éditeur. L'image HD est de toute beauté et nous présente le film en version uncut qui plus est. Le son DTS 2.0 est présent pour la VF et la VOSTF. Niveau bonus, on retrouve des tas de modules donnant la parole aux différents intervenants, comme les acteurs Melinda Clarke et J. Trevor Edmond mais aussi le réalisateur Brian Yuzna, le scénariste John Penney et l'équipe des FX entre autres. On trouve également le film présenté en mode 1.33 open matte, ainsi que deux commentaires audio, uniquement en VO par contre. Egalement au menu, la piste musique et effets isolée. De quoi rassasier les amateurs de ce film hautement sympathique... 


LES ANGES DE LA NUIT

LES ANGES DE LA NUIT
(State of Grace)

Réalisateur : Phil Joanou
Année : 1990
Scénariste : Dennis McIntyre
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Policier, Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Sean Penn, Ed Harris, Gary Oldman, Robin Wright, Joe Viterelli...


L'HISTOIRE : Après avoir abattu deux dealers, Terry Noonan s'est exilé durant douze ans. Après cette longue absence, il revient à Hell's Kitchen, le quartier de sa jeunesse, devenu le fief d'un gang irlandais composé de ses anciens amis d'enfance, dont Jackie, le frère du patron de ce petit gang mafieux. La rivalité entre la mafia irlandaise et italienne se fait ressentir dans les rues mais l'entente est préservée grâce à la relation entre les deux chefs de gangs. Terry Noonan retrouve également Kathleen, sœur de Jackie, qui était son amour de jeunesse et dont il est toujours amoureux. Lorsqu'un des membres du gang irlandais est retrouvé égorgé, la tension avec les Italiens augmente de manière significative. Terry retrouve vite ses marques au contact de Jackie. Mais il cache à ce dernier un lourd secret qui pourrait faire basculer leur solide amitié...

MON AVIS : Totalement passé inaperçu lors de sa sortie au cinéma, pour cause de concurrence déloyale avec Les Affranchis de Scorsese, Les Anges de la Nuit de Phil Joanou a été un énorme flop, ce qui, au vu de ses qualités, est franchement dommage. Malgré une seconde vie lors de sa diffusion en VHS puis DVD, le film est néanmoins tombé dans un certain oubli, très peu cité par les fans de films de mafia. Sa sortie française en Blu-Ray (et DVD) grâce à l'éditeur Rimini Editions est donc une aubaine pour contrecarrer le triste sort de cet excellent film, servi par un casting cinq étoiles, une mise en scène classique mais raffinée, une musique efficace d'Ennio Morricone, de superbes images de New York et un scénario qui tient plus de la dramaturgie que du polar au final. Sombre, désespéré, nihiliste, Les Anges de la Nuit réussi haut la main tout ce qu'il entreprend et plonge le public dans une histoire implacable, dans laquelle règne violence, trahison, amitié, sens du devoir et de l'honneur, tous ces éléments s'entrechoquant dans une maestria cinématographique qui ne verse pas dans l’esbroufe mais tend plus vers la pureté du langage cinématographique justement. Sans aucun effet de style grandiloquent, Phil Joanou met en scène avec une sobriété épatante cette histoire de guerre des gangs mafieux et verse dans le réalisme et l'ambiance des films américains 70's, nous plongeant au cœur de l'action, des gunfights sanglants, mais aussi au côté des personnages superbement écrits. L'histoire de ce gang irlandais puise ses racines dans celui d'un véritable gang irlandais sévissant à New York, principalement à Hell's Kitchen, les Westies. Selon les autorités locales, les Westies sont responsables de nombreux meurtres, dont le chiffre est compris entre 60 et 100, entre 1968 et 1986, en plus du trafic de drogue et autres rackets. Leur relation extrêmement tendue avec les gangs italo-américains, ainsi que leurs méthodes ultra-violentes (ils découpaient leurs victimes à la scie bien souvent) ont fait leur notoriété. C'est donc ce gang, même s'il n'est jamais cité, qui est mis en avant dans Les Anges de la Nuit. L'excellent Ed Harris en interprète le boss Frankie Flannery avec une prestance, une retenue mais aussi des accès de colère qui font honneur à ce type de personnage. Son frère Jackie Flannery, véritable chien fou incontrôlable, est quant à lui joué par un Gary Oldman absolument magistral, psychotique, excentrique, et sa prestation mérite à elle seule la vision du film. Car malgré ses frasques et ses gesticulations effrénées, ce personnage apporte énormément au film et à l'histoire. Il en va de même pour le héros anti-héros, Terry Noonan, interprété par le charismatique Sean Penn qui sortait tout juste du tournage d'Outrages de Brian de Palma et de la comédie Nous ne sommes pas des anges de Neil Jordan. L'acteur, après avoir été fortement remarqué pour sa prestation dans A Bout Portant de James Foley en 1986, est en passe de devenir une véritable star, malgré sa réputation d'être difficile à gérer sur les tournages. Son rôle dans Les Anges de la Nuit est intéressant à plus d'un titre, notamment quand il dévoile une information capitale au bout d'une heure de film, qui fait basculer ce dernier dans une tragédie grecque dont on ne voit aucun échappatoire pour les personnages principaux. Sa relation avec Kathleen, soeur de Frankie et de Jackie, est touchante et dramatique à la fois. La jeune femme est magnifiquement interprétée par la très belle Robin Wright, qui prouve ici qu'elle est une actrice sur laquelle on peut compter et pas seulement la Kelly du soap Santa Barbara ou la jolie princesse de Princess Bride. Le reste du casting est composé de gueules tout à fait à leur place dans ce type de films, que ce soit le méthodique homme de main de Frankie Flannery, joué par Apple RD, ou le boss de la mafia italienne, interprété par un Joe Viterelli qui a tout de la tête de l'emploi. Les dialogues sont très bien écrits, les discussions entre les deux chefs de gangs sont par exemple d'une efficacité redoutable car sous leur aspect un peu humoristique parfois, on sent très bien que la finalité n'est pas de discuter mais d'obéir et de faire respecter la loi mafieuse sous peine de déclencher une guerre sans fin où tout le monde sera perdant. Perdant, cela pourrait d'ailleurs être le terme qui désigne le mieux Les Anges de la Nuit. Il n'y a aucun héros à proprement parlé dans ce film, tous les personnages sont frappés par le sort de la fatalité, aucun ne retire une quelconque gloire de ses actes au final et on assiste, impuissant, à l'errance de ces paumés dont la route et la destination finale semblent être déjà tracées, menant à l'inéluctable. D'un durée de 124 minutes, Les Anges de la Nuit n'ennuie jamais, propose des scènes tendues qui s'entremêlent avec d'autres plus posées mais qui participent toutes à créer cette ambiance qui vous prend par la main pour ne plus vous lâcher avant que le générique de fin ne démarre. On est vraiment en présence d'un film de haut niveau, qui mérite vraiment d'être réévalué et remis au goût du jour. Et puis, un film qui possède une séquence de bagarre ultra-violente dans un bar, au son de Sweet Child O'Mine des Guns N'Roses peut-il être un mauvais film, sérieusement ? Une plongée dans l'enfer New-Yorkais qui peut aisément se ranger à côté du Parrain et des Affranchis dans toute bonne vidéothèque.

* Disponible en DVD et BR chez RIMINI EDITIONS

LE BR :   
Rien à redire sur la qualité d'image de ce BR, qui satisfera tous les fans du film et ceux qui veulent le découvrir dans d'excellentes conditions. Niveau bonus, on trouve un entretien avec Samuel Blumenfeld, journaliste, intitulé "Les Anges de la Nuit, New York portée disparue" et qui revient sur la transformation de New York et sur la réalisation du film. Second bonus, un interview du réalisateur Phil Joanou, qui contredit parfois les paroles de Samuel Blumenfeld, notamment sur le fait que le réalisateur du film aurait été le dernier a être choisi selon lui, la dernière pièce ajouté au puzzle, alors que Joanou dit qu'il a pu choisir les membres du casting par exemple et qu'il était présent dès le début du projet. Deux bonus très intéressants en tout cas.