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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




DEATH STONE

DEATH STONE
(Kadaicha / Stones of Death)

Réalisateur : James Bogle
Année : 1988
Scénariste : Ian Coughlan
Pays : Australie
Genre : Fantastique, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Zoe Carides, Tom Jennings, Eric Oldfield, Natalie McCurry, Steve Dodd...


L'HISTOIRE : Des adolescents font des cauchemars dans lesquels ils voient un ancien sorcier aborigène leur donner une Kadaicha, une pierre antique dotée de pouvoirs maléfiques. A son réveil, l'une des adolescentes trouve la fameuse pierre sur son oreiller. Peu de temps après, elle meurt dans d'atroces conditions, apparemment déchiquetée par un animal. Les cauchemars se poursuivent et l'un après l'autre, les jeunes de ce quartier résidentiel se retrouvent en possession de la pierre et trouvent la mort. Gail Sorensen, terrifiée par la mort de ses amis, tente de découvrir la source de cette apparente malédiction. Son père, promoteur immobilier, en sait peut-être plus qu'il ne le dit...  

MON AVIS : Pour son premier film derrière la caméra, on ne peut pas dire que James Bogle a fait preuve de beaucoup d'originalité. Réalisé en 1988, son Death Stone pille allègrement deux classiques 80's : Poltergeist et Les Griffes de la Nuit. Du film d'Hooper / Spielberg, il reprend l'idée des projets immobiliers construits sur un ancien cimetière, aborigène dans le film qui nous intéresse ici, ce qui va déclencher le courroux d'un sorcier mort depuis belle lurette. Du chef-d'oeuvre de Wes Craven, il emprunte quasiment tout le reste, à savoir une bande d'ados victimes de cauchemar récurrent et vivant dans un quartier résidentiel, des rêves qui deviennent réalité, des objets vus en rêve qui apparaissent pour de vrai, un père de famille qui connaît la raison et le pourquoi des meurtres des amis de sa fille et j'en passe. Malheureusement, James Bogle n'a pas le talent de ses illustres prédécesseurs et son Death Stone, même s'il n'est pas désagréable à regarder, a bien du mal à soutenir la comparaison avec les films dont il s'inspire et ne devrait pas laisser de trace impérissable chez ceux qui vont le visionner. Le casting, principalement composé d'adolescents donc, remplit sa fonction première, à savoir servir de chair fraîche à l'esprit vengeur du sorcier aborigène. Celle qui s'en sort le mieux est l'actrice principale (ça tombe bien !), la blondinette Zoe Carides, qui joue plutôt bien et fait tout ce qu'elle peut pour rendre son personnage crédible. Dans l'ensemble, les filles assurent plus que les garçons au niveau de leur jeu mais bon, aucun ne remportera un Oscar de toute façon. Et notre sorcier aborigène dans tout ça ? A-t-il le charisme de Freddy Krueger ? A cette question fortement existentielle, je répondrais avec un "non" bien tassé ! Il faut dire que ce méchant personnage n'a pas réellement de forme attitrée, du moins lorsqu'il se met à massacrer nos jeunes ados. Bon, massacrer est un terme un peu fort mais c'est juste pour vous mettre l'eau à la bouche. En fait, l'esprit vengeur du sorcier va prendre la forme d'animaux divers pour commettre ses méfaits : un chien enragé qui va déchiqueter sa victime, une araignée au venin mortel qui va en piquer une autre directement dans l'oeil (beurk !), ou bien une anguille de la taille d'un anaconda qui va venir noyer une malheureuse qui voulait juste profiter de sa baignade dans un lac. Ça, c'est beau sur le papier, mais la réalité est un peu moins joyeuse puisque, hormis l'araignée, on ne verra pas grand chose lors des attaques, principalement celle de la pseudo-anguille, totalement invisible vu l'opacité de l'eau du lac. Niveau effusion de sang, on sera plutôt déçu également puisque seul le résultat de ces agressions animales nous sera présenté. Qui dit malédiction dit rituel de défense et notre pauvre héroïne, qui a tout compris quand aux travaux de son papa et son irrespect envers les aborigènes morts et enterrés sous le béton (l'argent, toujours l'argent), va devoir trouvé une aide pour se débarrasser de son épée de Damoclès, ayant reçu la pierre de Kadaicha et connaissant le sort qui l'attend, à savoir la mort. Cette aide, elle va la trouver en la personne de Billinudgel, un aborigène vivant dans les parages ! Ça tombe rudement bien vous trouvez pas ? On remerciera le scénariste Ian Coughlan d'y avoir pensé, ça va peut-être faciliter la vie de notre héroïne qui panique de plus en plus. Faut dire que c'est l'hécatombe parmi ses amis donc on la comprend. Par chance, ce vieil aborigène, interprété par Steve Dodd (l'aveugle dans Matrix), en connaît un paquet sur la question et sur les pierres de Kadaicha. Comme sa fille lui demande d'aider Gail et ses amis, il va accepter et le voici revêtu de jolies peintures aborigènes sur le corps, afin de se livrer à un puissant duel contre l'esprit du sorcier. Bon, encore une fois, "puissant duel" est exagéré mais je sais que vous aimez saliver. En gros, il va danser et utiliser un talisman pour détruire le squelette du sorcier hein, rien de plus. Mais bon, dit comme ça, ça attire moins le client, faut donc enrober un peu. Après, Death Stone, malgré ses défauts et son manque d'originalité flagrant, ça reste regardable, c'est pas non plus une purge infâme, loin de là, mais ça ne transcende rien et ça s'oublie aussi vite que ça s'est vu. Au niveau du cinéma fantastique australien, on a vu bien mieux, ça c'est certain. 


LE DIABLE A SEPT VISAGES

LE DIABLE A SEPT VISAGES
(Il Diavolo a sette facce)

Réalisateur : Osvaldo Civirani
Année : 1971
Scénariste : Tito Carpi, Osvaldo Civirani
Pays : Italie, Pays-Bas
Genre : Policier
Interdiction : -12 ans
Avec : Carroll Baker, George Hilton, Stephen Boyd, Lucretia Love, Luciano Pigozzi...


L'HISTOIRE : Julie Harrison, employée dans une société d'édition à Amsterdam, reçoit un appel de sa sœur jumelle Mary, qui vit à Londres. Mais la communication est rapidement interrompue et Julie sait que sa sœur a des ennuis. Elle constate également qu'elle est régulièrement suivie par des inconnus et décide de faire appel à son ami Dave Barton, avocat. Immédiatement après, des hommes tentent de l'enlever. Heureusement, Dave et son meilleur ami, Tony Shane, pilote de course, s'interposent. Il se trouve que Julie a été confondue avec Mary, par des criminels à la recherche d'un diamant...

MON AVIS : Avec un tel titre, avec un pays d'origine qui est l'Italie (et les Pays-Bas), avec la présence de Carroll Baker et George Hilton, avec une musique composée par Stelvio Cipriani, on avait plusieurs éléments qui concordaient à nous faire penser que Le Diable à Sept Visages (ou Le Diable à Sept Faces parfois) était un giallo. Manque de bol, ce n'en est pas un ou alors, de loin. Réalisé en 1971 par Osvaldo Civirani, qui a auparavant œuvré dans le péplum (Hercule contre les Fils du Soleil - 1964), dans le polar (Opération Poker - 1965), dans le western (Le Retour de Django - 1967), dans le film historique (Lucrèce, Fille des Borgia - 1968) ou dans le film de guerre (Le SS était là - 1969), Le Diable a Sept Visages affiche clairement son statut de film policier lambda, avec son intrigue classique de vol de diamant entraînant des représailles de divers gangs qui aimeraient bien mettre la main dessus. Certes, la présence de la blonde Carroll Baker et du séduisant George Hilton pouvait nous aiguiller dans une mauvaise direction, celle du giallo donc, les deux acteurs en ayant plusieurs à leur actif. Mais plus le film avance, plus on se rend à l'évidence : il n'y aura point d'assassin ganté et vêtu de noir, point de meurtres sadiques à l'arme blanche, et point de suspense non plus d'ailleurs. Alors oui, on a cette jeune femme prise à tort pour sa sœur jumelle qui se met à être poursuivie et agressée par des individus plutôt louches, on a des personnages qui ne sont pas ce qu'ils semblent être, on a une histoire de machination avec un petit twist final sympa, on a des courses-poursuites et quelques scènes d'action pas bien dynamiques, on a une très bonne séquence se déroulant dans un grenier, unique séquence d'ailleurs qui jouera un tant soit peu avec la notion de suspense, on a un final dans un décor original, celui d'un moulin, le film se situant en Hollande et on a plusieurs gueules bien connues des amateurs de films Bis, comme Lucretia Love (qui nous offre une courte vision de son corps dénudé), Luciano PigozziDaniele Vargas, Franco Ressel (qui joue l'inspecteur de police) ou Ivano Staccioli entre autres. Niveau violence, c'est désespérément sage, on se contentera de quelques impacts de balles, d'un corps écrasé par un tractopelle ou d'une séance de torture sur la pauvre Carroll Baker qui n'en finit plus de voir sa tête plongée dans l'eau d'une baignoire afin de la faire parler. L'acteur Stephen Boyd, ayant joué dans des films célèbres au cours de sa carrière (Ben-Hur, La Chute de l'Empire Romain, Le Voyage Fantastique) promène sa silhouette dans cette intrigue un peu bancale et interprète l'avocat qui va venir en aide à l'héroïne. Mais malgré ce casting qui, sur le papier, s'avère hautement recommandable, Le Diable à Sept Visages ne décolle jamais et la faiblesse de ses péripéties nous plonge dans un ennui poli.On s'amusera des nombreuses perruques portées par Carroll Baker au cours du film, de la scène giallesque dans laquelle un homme porte un masque de gorille et un couteau pour ce qui s'avérera n'être au final qu'une simple blague ou de la tentative désespérée de l'héroïne pour ouvrir un portillon qui lui suffisait d'enjamber. Franchement mollasson, Le Diable a Sept Visages se reprend quelque peu vers les vingt dernières minutes, enchaînant des scènes plus dynamiques avec des révélations et retournements de situations qui nous réveillent enfin. Mais pas de quoi augmenter la note finale de ce film plutôt décevant qui ne laissera franchement pas un souvenir impérissable, bien au contraire. Un simple polar qui s'oublie aussi vite qu'il a été vu. Quand à l'explication du titre du film, eh bien ce fameux diable à sept visages n'est autre que le nom donné au diamant à 1 million de dollar, centre d'intérêt des nombreux personnages du film. Personnellement, je lui préfère le Youkounkoun du film Le Corniaud



     

NIGHT FRIGHT

NIGHT FRIGHT
(Night Fright / E.T.N.: The Extraterrestrial Nastie)

Réalisateur : James A. Sullivan
Année : 1967
Scénariste : Russ Marker
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-Fiction
Interdiction : /
Avec : John Agar, Carol Gilley, Ralph Baker Jr., Dorothy Davis...


L'HISTOIRE : Un objet non identifié s'écrase dans les bois avoisinant une petite ville du Texas. Peu de temps après, deux jeunes sont retrouvés horriblement massacrés dans la forêt. Le shérif Clint Crawford va tenter de trouver l'identité du meurtrier. La découverte d'une empreinte semblable à celle d'un alligator laisse la police locale dubitative. Le shérif fait appel à son ami, le professeur Alan Clayton, qui travaille pour le gouvernement dans la section de la recherche spatiale. Il avoue au shérif avoir envoyé dans l'espace une fusée contenant divers animaux et que c'est cette dernière qui s'est crashée dans les bois, laissant pour unique survivant une créature mutante extrêmement dangereuse...

MON AVIS : Si vous êtes un fervent lecteur du magazine Mad Movies, vous connaissez tous le terme Flying Jaquette, à savoir des jaquettes de VHS qui n'ont absolument rien à voir avec le contenu de la K7. Eh bien figurez-vous que j'ai découvert le film dont je vous parle dans cette chronique grâce ou à cause d'une Flying Jaquette. Parce que moi, au départ, j'ai entre les mains une VHS qui s'appelle Les Prédateurs de l'Horreur et dont le visuel est un soldat zombi armé d'une faux ! Au verso, il y a trois photos, qui ne font pas partie du film, et un résumé, qui ne correspond pas non plus à celui du film présent sur la VHS ! Pour le plaisir, je posterai le visuel à la fin de la chronique, histoire que si vous tombez dessus dans une brocante, vous sachiez à quoi vous en tenir. En lieu et place des Prédateurs de l'Horreur, on se retrouve donc en présence de Night Fright, un film de James A. Sullivan, qui date de 1967. C'est une petite série B ultra fauchée, qui ne vaut pas grand chose et dont une unique vision devrait s'avérer suffisante, sauf si vous êtes sadomasochistes et que vous aimez vous infliger des séances vidéos soporifiques et inintéressantes. Night Fright mélange sans génie aucun le film de teenagers 50's au film de science-fiction 50's ! Un mix qui aurait pu être plaisant mais qui s'enlise dans la médiocrité ici. Le scénario n'a rien d'original mais si on le prend comme un hommage aux films de S-F 50's, il tient néanmoins la route. Par contre, niveau mise en scène, effets-spéciaux et ambiance, c'est clairement la sortie de route ! Night Fright a pourtant un nom bien connu des amateurs de S-F 50's à son générique : celui de John Agar, acteur qu'on a pu voir en tant que protagoniste principal dans La Revanche de la Créature (1955), Tarantula (1955), The Mole People (1956), Daughter of Dr. Jekyll (1957), Le Cerveau de la Planète Arous (1957) ou Attack of the Puppet People (1958) entre autres. Il est donc à parier que le projet de James A. Sullivan se soit monté sur le nom de John Agar. Âgé de 46 ans en 1967, il interprète le shérif de la ville, qui va voir sa tranquillité être mise à mal par des meurtres sordides, du moins d'après les personnages du film, puisque jamais nous ne verront les victimes, histoire d'économiser sur les effets de maquillage. Le film alterne ensuite sur l'enquête interminable du shérif et des scènes mettant en vedette toute une tripotée d'adolescents, qui flirtent, qui veulent aller danser ou s'amuser dans les bois. Les filles sont plutôt mignonnes (Dorothy Davis, Darlene Drew, Brenda Venus...), il y a une séquence de bagarre qui ne réveillerait pas un mort, un peu de musique sympa du groupe texan The Wildcats, un rebelle qui prend de haut le shérif et passe outre les interdictions d'aller dans les bois de ce dernier et c'est à peu près tout. L'enquête du shérif dure des plombes et tourne en rond, et on regarde patiemment le compteur du magnétoscope avancer, espérant que le rythme du film se dynamise un peu ou que le réalisateur nous montre enfin ce fameux monstre mutant qui s'amuse à décimer les jeunes ados imprudents qui se rendent dans la forêt. La mise en scène est d'une platitude consternante, le jeu des acteurs est à l'avenant. Et notre monstre alors, s'écrient en cœur les spectateurs qui ne se sont pas encore endormis ? Il arrive, il arrive, un peu de patience ! Comment, on en est déjà à plus de 45 minutes de film et on ne l'a toujours pas vu ? C'est pas faux ! Bon, notre attente va être récompensée car l'adjoint du shérif va justement faire sa connaissance. Hourra ! Ah ben non, comme il fait nuit et que le chef opérateur s'est, lui, visiblement endormi, on ne distinguera pas grand chose de ce monstre tant attendu. Par la suite, on l'apercevra un peu plus et d'après ce que j'ai réussi à voir, c'est une sorte de gorille avec une tête bizarre, signe de sa mutation probablement. Un acteur dans un costume à poil donc, qui nous donne carrément envie de revoir le gorille-robot de Robot Monster, c'est pour dire à quel point le monstre de Night Fright est raté ! Pour augmenter la durée du film, notre monstre simiesque va tout de même faire un effort et se mettre à courser une jolie demoiselle à travers les bois. Bon, "courser" est un bien grand mot mais ce n'est pas bien grave puisque le shérif est dans les parages et qu'il va venir au secours de la demoiselle en danger ! Quel galant homme ce John Agar ! Faut dire qu'il en a vu d'autres, des monstres, dans sa carrière, alors ce n'est pas celui-ci qui va lui faire peur. La dernière partie du film sera centrée sur la chasse au monstre et sur le plan mis au point par le shérif pour l'éradiquer. Ouf, c'est terminé. Je peux ranger la VHS dans sa boite pour ne plus jamais la ressortir. A noter qu'un petit malin a ressorti Night Fright en VHS en Angleterre après 1982 et la re-titré E.T.N.: The Extraterrestrial Nastie, pour surfer sur le succès mondial d'un célèbre film d'un certain Steven Spielberg...  

LA JAQUETTE DE LA VHS FRANÇAISE !!



ANDROÏDE

ANDROÏDE
(Android)

Réalisateur : Aaron Lipstadt
Année : 1982
Scénariste : James Reigle, Don Keith Opper
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-Fiction
Interdiction : -12 ans
Avec : Klaus Kinski, Don Keith Opper, Brie Howard, Kendra Kirchner, Norbert Weisser...


L'HISTOIRE : En 2036, dans une station spatiale abandonnée depuis longtemps, le docteur Daniel poursuit inlassablement ses travaux. Très prochainement, il atteindra le point culminant de sa carrière avec Cassandra, l'androïde femelle le plus parfait jamais créé par l'homme. Pour le moment, Cassandra n'est qu'une machine en sommeil, attendant qu'une énergie vitale ne passe dans ses circuits pour lui donner vie. Pour l'aider dans ses travaux, le scientifique utilise un androïde de précédente génération, Max 404. Ce dernier développe des capacités humaines impressionnantes et commence à désobéir à son créateur. Lorsqu'un groupe de trois terroristes sous fausse identité demande l’autorisation de venir réparer leur vaisseau à bord de la station, Max 404 le leur permet sans en avertir le docteur Daniel. La présence d'une femme parmi les trois criminels en est la raison principale, car Max 404 n'est pas insensible à l'amour...

MON AVIS : Filmé en vingt jours seulement, au mois de juin 1982, par le réalisateur Aaron Lipstadt, qui mettra en scène City Limits en 1984 puis se consacrera au monde de la série-télévisée ensuite, Androïde est un petit film de science-fiction au budget serré, produit par la firme de Roger Corman, New World Pictures. Petit budget et peu de moyen certes, mais pas mal d'idées et d'inventivité sont au programme, nous permettant de passer un bon moment devant notre écran, surtout que l'acteur Klaus Kinski est de la partie. C'est bien l'acteur germanique connu pour ses sautes d'humeur légendaires qui interprète le docteur Daniel, scientifique expert dans la création d'androïdes, robots ultra sophistiqués qui ressemblent à s'y méprendre à un être humain. On apprend que la création d'androïdes a été totalement stoppé sur Terre à cause d'une rébellion de ces machines envers les humains. C'est pourquoi le docteur Daniel s'est réfugié dans une station spatiale où il vit seul, avec pour unique compagnie Max 404, un androïde qui l'aide pour toutes les tâches à accomplir à bord de la station. Le but du scientifique est de mettre au point une nouvelle génération d'androïdes, plus fiable et encore plus "humain" et ce, grâce au projet Cassandra qu'il développe en secret. Cassandra est, comme son nom l'indique, une androïde femelle, joliment interprétée par l'actrice Kendra Kirchner, dont ce sera l'unique apparition sur les écrans. Très clairement le docteur Daniel souhaite concevoir un robot sexuel, mais pour lui ou pour Max 404, l’ambiguïté est de mise. En réalité, le film ne va pas vraiment axer son histoire sur Cassandra mais bien plus sur Max 404, interprété par l'acteur Don Keith Opper, qui est également le scénariste du film. Astucieux, le générique du film ne cite jamais l'acteur en tant que tel mais le présente sous son nom de Max 404, comme si on était en présence d'un vrai androïde ! Un petit gimmick amusant et sympathique pour un film qui ne l'est pas moins, même si ses ambitions ont sûrement été revues à la baisse à cause du faible budget accordé. Car Max 404 est la véritable star du scénario, celui qui monopolise la majeure partie du temps, reléguant même Klaus Kinski à une fonction presque secondaire. Il faut dire qu'en ce début de décennie 80, les androïdes ont le vent en poupe, que ce soit ceux de Blade Runner ou celui de Alien le Huitième Passager. Max 404 vient donc rejoindre les rangs de ces robots dont la nature reste indétectable pour un humain lambda. La criminelle Maggie (Brie Howard), fraîchement débarquée dans la station spatiale avec ses deux compagnons d'infortune, n'y verra d'ailleurs que du feu et n'hésitera pas à embrasser langoureusement notre Max 404 qui n'en demandait pas tant mais qui s'y connaît bien sur le sujet tout de même, comme nous l'a signalé le début plutôt rigolo du film. A bien y regarder, Androïde peut être vu comme une sorte de version S-F de La Fiancée de Frankenstein, à la différence que l'androïde femelle ne rejette pas son homologue masculin, bien au contraire. On retrouve le créateur qui veut tuer sa créature (Max 404 en l’occurrence, pour le remplacer par Cassandra), la créature qui se rebelle contre son créateur et qui ira jusqu'au clash avec lui, la créature qui ne désire qu'être aimé et apprécié pour ce qu'il est et qui aimerait bien une compagne également et j'en passe. La séquence finale pourra faire sourire mais elle n'est pas mal amenée et honnêtement, je ne m'y attendais pas du tout. Motus et bouche cousu pour ceux qui n'ont pas vu le film bien sûr. Un peu cheap, Androïde fait quand même le job au  niveau des quelques décors futuristes (issus d'autres films de New World Pictures) et des rares effets-spéciaux qui nous sont proposés : la station spatiale et ses couloirs d'un blanc immaculé, le jardin botanique, les deux vaisseaux spatiaux dans l'espace et le derrière du crâne de Max 404 qui contient ses processeurs font illusions si on n'est pas trop regardant et si on apprécie les films de S-F un petit budget. A part ça, le charme et le sex-appeal de Cassandra sont bien exploités à travers de légers plans de nudité, Klaus Kinski fait le minimum syndical mais livre une prestation honnête et sans maniérisme, Max 404 est attachant dans son désir d'amour et de découvrir la vie sur Terre. Sans se montrer très dynamique, Androïde, qui mise plus sur les relations entre les différents personnages que sur l'aspect spectaculaire, se montre assez attachant à travers les thématiques qu'il développe et cette petite production Corman vaut le coup d'être visionnée. A noter que parfois, le titre Androïde perd son "e" sur certaines affiches ou jaquettes VHS françaises.



            

PARANOID

PARANOID
(Sketches of a strangler)

Réalisateur : Paul Leder
Année : 1978
Scénariste : Paul Leder
Pays : Etats-Unis
Interdiction : -12 ans
Genre : Thriller
Avec : Allen Garfield, Meredith MacRae, Clayton Wilcox, Jennifer Rhodes, Marlène Tracy...


L'HISTOIRE : Jack est un étudiant en arts plastiques qui habite chez sa sœur. Le soir, il sort souvent pour rencontrer des danseuses ou des prostituées, qu’il ne peut s’empêcher d’assassiner par strangulation après les avoir dessinées sur ses toiles. La police mène l’enquête mais ne parvient pas à identifier ce dangereux maniaque. La sœur jumelle d’une des victimes décide d’enquêter à son tour et n’hésite pas à s’habiller en prostituée pour attirer le psychopathe…

MON AVIS : Ah quelle belle jaquette française, dessinée par notre ami Laurent Melki ! Franchement, avec un visuel pareil, on ne peut qu’avoir envie d’enfourner la VHS dans notre magnétoscope et de profiter du film. Malheureusement, le dessin de Melki est cent fois plus réussi que le film lui-même, qui est d’une platitude déconcertante. Le film a été réalisé par Paul Leder, à qui l’ont doit en 1976 le nanar A.P.E, connu en France sous le titre King Kong revient. Mais si, rappelez-vous, l’affiche culte avec le singe géant tenant un requin dans la main droite et un serpent dans la main gauche, c’est lui ! On lui doit aussi des films fauchés comme I Dismember Mama (whouah le titre !) en 72, My Friends need Killing en 78. Pour la petite histoire, Paul Leder a servi durant la Seconde Guerre Mondiale sous les ordres du général Patton et a aidé les survivants du camp de Buchenwald. Il a également commencé une carrière de chanteur à Broadway. Il réalise son premier film en 70 et devient un vrai touche-à-tout, puisqu’il endosse la casquette de réalisateur, acteur, scénariste, producteur et éditeur. Sa filmographie comporte de nombreux thrillers, genre qu’il affectionne particulièrement. Et ça tombe bien, puisque Paranoid en est un. L’histoire du film nous met en présence d’un homme assez timide, à la corpulence plutôt enrobée, et qui se passionne pour l’art et plus particulièrement la peinture. Ayant eu une éducation très stricte et très religieuse de la part de sa mère, notre héros a vite vu sa raison défaillir et il ne supporte pas l’image que renvoie les femmes de petite vertu, à l’instar du personnage interprété par Joe Spinell dans le culte Maniac de William Lustig. Il sort alors la nuit, à la recherche de danseuses ou de strip-teaseuses, a qui il propose de faire leur portrait sur une toile. Les malheureuses se laissent séduire par cet homme qui inspire confiance et se retrouvent en fâcheuse posture quand ce dernier ne peut s’empêcher de leur passer ses mains autour du cou et de serrer très fort. On assiste donc à quelques meurtres par strangulation mais ne vous attendez pas à de la violence visuelle, s’apparentant plus à un mauvais téléfilm qu’à un film de terreur. A la rigueur, si vous voulez un peu de gore avec une histoire un peu similaire d’artiste peintre fou, regardez plutôt Color Me Blood Red d’Herschell Gordon Lewis. Car la seule chose qui transpire de Paranoid, c’est bien l’ennui. L’action est d’une mollesse à toute épreuve, l’enquête policière est digne d’un épisode de Derrick, les acteurs ne vous laisseront aucun souvenir, si ce n’est peut-être l’actrice qui joue le rôle des sœurs jumelles. Et encore, il faudra être indulgent mais c’est quand même elle qui s’en sort le mieux. La réalisation est terne, sans grande inventivité, le suspense quasi inexistant, et la progression du film traîne en longueur. On alterne les séquences entre les méfaits de notre artiste tueur et l’enquête policière qui n’avance pas. A contrario de notre état de fatigue et de somnolence, qui lui, progresse à vitesse grand V. Mais rien ne viendra donner un peu de peps à cette histoire, si ce n’est une révélation finale qui ferait bien rire Columbo. Bon, comme je galère un maximum pour vous dire des choses intéressantes sur ce film, je crois que je vais arrêter là cette chronique parce que j’ai beau me creuser les méninges, je trouve rien à dire. Bref, une bien belle jaquette pour un film que je ne reverrai jamais, sauf en cas d’insomnie. Vous voilà prévenus…



VENGEANCE D'OUTRE-TOMBE


VENGEANCE D'OUTRE-TOMBE
(J.D.'s REVENGE)

Réalisateur : Arthur Marks
Année : 1976
Scénariste : Jaison Starkes
Pays : Etats-Unis
Genre : Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Glynn Turman, Louis Gossett Jr., Joan Pringle, Fred Pinkard, David McKnight...


L'HISTOIRE : Dans les années 40, à la Nouvelle-Orléans, J.D. Walker est accusé à tort du meurtre de sa sœur et assassiné. 30 ans plus tard, Ike, un jeune noir qui travaille la nuit comme chauffeur de taxi pour payer ses études, participe, en compagnie de ses amis, à un numéro d'hypnose dans un night-club. Dès le lendemain, Ike se met à avoir des visions et semble sujet à des dédoublements de personnalité. Il semblerait que l'esprit de J.D. Walker, suite à la séance d'hypnose, soit entré en possession de Ike et parvienne à prendre le contrôle sur le jeune homme, lui faisant adopter un comportement violent. Sous l'influence de J.D. Walker, Ike va à la rencontre du révérend Isaac Bliss et de son frère Théotis, deux hommes qui ont un rapport avec la mort de J.D. Walker...  

MON AVIS : Tiens, un film de Blaxploitation, cool. Mais qui est réalisé par un blanc, c'est rigolo. C'est donc Arthur Marks qui est derrière la caméra de Vengeance d'Outre-Tombe, qu'il met en scène en 1976, après Class of 74, Bonnie's Kids ou The Roommates. Arthur Marks a également d'autres Blaxploitation à son actif, comme Détroit 9000 (1973), Bucktown (1975), Friday Foster avec Pam Grier (1975) ou The Monkey Hu$tle (1976). Là où ces derniers sont des polars d'action, Vengeance d'Outre-Tombe est un film de genre fantastique qui va jouer sur la possession d'un jeune noir sympathique par l'esprit d'un caïd adepte du rasoir, mort il y a trente ans de ça, assassiné par balles comme on le découvrira lors de la séquence introductive. L'originalité du film, outre son casting composé quasi exclusivement de personnes de couleur, normal pour un Blaxploitation me direz-vous, provient justement du fait que la personne possédée est un homme, à contrario des tonnes de films de ce genre qui prennent une femme pour la faire devenir la victime possédée. Notre jeune héros est interprété par Glynn Turman, acteur / réalisateur qui fût marié durant six ans à Aretha Franklin et qui possède une belle filmographie, autant dans le cinéma que dans les séries-télévisées. Suite à une séance d'hypnose à laquelle il participe lors d'une soirée dans un club de strip-tease, cet étudiant fiancé à Christella (Joan Pringle) va devenir le vaisseau, le réceptacle de l'esprit d'un défunt qui réclame vengeance avant de trouver enfin le repos pour l'éternité. Pourquoi l'hypnose permet-elle à l'esprit de prendre possession du héros, alors que d'autres personnes sont également hypnotisées à côté de lui, mystère. Passons sur cet élément inexpliqué du scénario pour parler du défunt justement, à savoir J.D. Walker (David McKnight), un gangster des années 40 fringué avec classe jusqu'à ce que son costard trois pièces ne soit troué à différents endroits par des balles de pistolet. Une mort injuste, qui fait que notre macchabée ne daigne pas trouver le repos et désire se venger de son agresseur. Pourquoi attend-t-il plus de trente ans pour décider de se venger, encore un mystère insondable du scénario ! Toujours est-il que J.D. Walker va donc investir le corps de Ike et qu'il va influencer le comportement de ce dernier et pas dans le bon sens. Doux comme un agneau, serviable et attentionné, Ike va, durant ses phases de possession, changer du tout au tout et le doux agneau va devenir le vilain et méchant loup. Sa voix devient agressive, il fait preuve d'arrogance, commet même des agressions et, pire que tout, il va frapper et même violenter sa fiancée, qui aura bien du mal à comprendre ce qui se passe, tout comme Ike d'ailleurs, qui n'a absolument aucun souvenir de ses actes lorsqu'il est sous l'emprise de J.D. Walker. Le film se montre assez misogyne dans son approche, notamment lorsque l'ami de Ike lui dit carrément que s'il a frappé sa fiancée, c'est qu'elle le méritait sûrement et qu'il faut savoir remettre les femmes dans le droit chemin de temps en temps ! Pas sûr qu'à notre époque, ce type de discours passe encore bien ! Il est intéressant de noter que la possession de Ike par l'esprit revanchard s'effectue sans aucun maquillage ou trucage et que tout est dans l'interprétation de l'acteur Glynn Turman, qui doit donc jouer deux personnages différents uniquement en changeant sa voix et sa gestuelle, ainsi que les expressions de son visage. Pour renforcer le côté intrusif de la possession, le réalisateur fait également porter à Ike des vêtements typiques des années 40, comme ceux que portaient J.D. Walker quand il était vivant. Chapeau et costard de gangster vont donc faire partie de la garde-robe du héros qui pense qu'il est en train de devenir fou, n'ayant aucun souvenir des diverses exactions qu'il commet dans la journée. Petit à petit, il se rapproche du révérend prédicateur Isaac Bliss, interprété par un Lou Gosset Jr. assez bon dans ce rôle d'ailleurs. On comprend rapidement que le révérend et son entourage ont quelque chose à voir avec la mort de J.D. Walker et que la vengeance dont rêve l'esprit du défunt sera dirigée vers eux. Une vengeance qui aura pris son temps et qui ne sera pas très énergique, ce que ne manquera pas de constater le spectateur qui s'attendait à bien plus palpitant au final. Comme déjà dit, l'absence d'effets-spéciaux ne rend pas Vengeance d'Outre-Tombe bien captivant et le film ne provoque guère de remous ni beaucoup d'émotions et encore moins de frissons. L'intrigue se traîne en longueur et le final, qui nous donne des explications sur la séquence introductive qu'on avait déjà tous deviné, frise involontairement le ridicule lorsque Ike, possédé, se met à se dandiner comme un diablotin sorti d'une boîte  à malice, pour un résultat hautement nanaresque, alors que le reste du film avait évité ce type d'extravagance gestuelle. Une petite curiosité donc que ce Blaxploitation à tendance fantastique mais qui ne vole pas bien haut en fin de compte et qui déçoit quelque peu. Un peu de nudité vient pimenter l'intrigue mais le rythme laborieux ne la tire pas vraiment à son avantage. 



CAPE ET POIGNARD

CAPE ET POIGNARD
(Cloak and Dagger)

Réalisateur : Fritz Lang
Année : 1946
Scénariste : Albert Maltz, Ring Lardner Jr.
Pays : Etats-Unis
Genre : Espionnage, Romance
Interdiction : /
Avec : Gary Cooper, Robert Alda, Lilli Palmer, Vladimir Sokoloff, Marjorie Hoshelle...


L'HISTOIRE : Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, le professeur Alvah Jesper, expert en fission nucléaire, est approché par l'OSS, le service de renseignements secrets américains, pour devenir un espion afin de rentrer en contact avec une de ses collègues, la scientifique allemande Katerin Lodor et obtenir d'elle des informations sur l'avancée des travaux des nazis en ce qui concerne la bombe atomique. Jesper accepte et se rend en Suisse sous une fausse identité. Faisant ses premières armes dans ce milieu de l'espionnage qui lui est encore inconnu, il est rapidement démasqué par la Gestapo et sa première mission est un cuisant échec, qui entraîne le kidnapping du docteur Lodor par les nazis...

MON AVIS : Réalisateur autrichien ayant pris la nationalité allemande suite à son mariage, Fritz Lang est considéré, à juste titre, comme l'un des génies du Septième Art, auteur d’œuvres mythiques telles Les Nibelungen, Docteur Mabuse et ses suites, Metropolis, M le Maudit, FurieLes Contrebandiers de Moonfleet, Règlement de comptes ou Le Tigre du Bengale et sa suite Le Tombeau Hindou entre autres. Fritz Lang s'est illustré avec brio dans divers genres, de la science-fiction à l'héroic fantasy, du western au film noir en passant par le film d'aventure. Il décide de fuir l'Allemagne et la montée du nazisme dès 1933 pour s'installer à Paris puis s'exile aux Etats-Unis, comme bon nombre de ses compatriotes cinéastes à cette époque trouble de l'Histoire. Au début des années 40, Fritz Lang va réaliser quatre films anti-nazis : Chasse à l'Homme (1941), Les Bourreaux meurent aussi (1943), Espions sur la Tamise (1944) et ce Cape et Poignard de 1946 que je n'avais pas encore vu. Un oubli réparé grâce à l'éditeur Rimini Editions qui le propose désormais en DVD et BR. Et c'est une très belle découverte pour ma part que ce film d'espionnage classieux, mettant en vedette un charismatique Gary Cooper, tout en retenu et qui transcende chaque séquence dans lequel il apparaît. La star du Train Sifflera Trois fois se montre totalement à son aise dans Cape et Poignard, interprétant un scientifique devenant espion pour le gouvernement américain et devant enquêter sur la terrifiante idée que les nazis travaillent à concevoir l'arme atomique. Son personnage est d'une belle crédibilité et Lang l'a doté de réflexion intéressante, comme lorsqu'il dira regretter pour la première fois de faire partie des scientifiques, ses confrères travaillant ensemble pour la première fois mais pas pour mettre leur cerveau au profit du combat contre des maladies comme le cancer mais pour fabriquer un outil de destruction massive. Les deux facettes des avancées technologiques sont exposées de façon directe et l'interprétation de Gary Cooper est ici des plus convaincantes. Une fois Cooper engagé en tant qu'agent secret, Cape et Poignard va s'avérer un pur film d'espionnage dans la grande tradition du genre, avec des dangers toujours plus proches de notre héros en devenir. J'en veux pour exemple les agents de la Gestapo, qui peuvent prendre différentes formes, comme cet homme à l'air sympathique accoudé à un bar, ce photographe qui immortalise l'arrivée des passagers débarquant à l'aéroport ou cette séduisante femme brune accompagnée de son petit chien (la jolie Marjorie Hoshelle, qui a des airs de Linda Darnell) entre autres. N'ayant pas la finesse ou la dextérité à voir les menaces potentielles du fait de son innocence dans le métier d'espion, le personnage joué par Gary Cooper va vite se rendre compte que le métier d'agent secret n'est pas de tout repos et que la moindre erreur, le moindre faux pas, peut vite se révéler fatals, que ce soit pour lui, la mission ou ses associés. Cette notion de fatalité est d'ailleurs prédominante dans Cape et Poignard. Gary Cooper n'est pas James Bond : il tente de faire pour le mieux mais il commet de nombreuses erreurs qui vont fortement compromettre ses missions et l'empêcher la plupart du temps à remplir ses objectifs. C'est l'un des principaux intérêts du film de Lang, à savoir faire du héros un homme sensible, peu sûr de lui, agissant parfois en novice (ce qu'il est) malgré toute sa bonne volonté. Un portrait bien écrit de héros anti-héros en somme, et très éloigné des archétypes classique des espions qu'on a l'habitude de voir dans ce genre de productions. Voyant que le héros va de désillusions en désillusions, le spectateur s'attache à lui et frisonne à ses côtés, notamment quand des personnages louches sont dans les parages ou quand un petit chat vient jouer les terreurs nocturnes et s'avérera, sans qu'il le veuille évidemment, une autre source de souci pour Gary Cooper. Avec une mise en scène frontale et épuré de tout attrait lié au spectaculaire, Fritz Lang fait d'une bonne partie de Cape et Poignard un film sous tension, assez réaliste (les personnages parlent leur langue d'origine) et dont les scènes à suspense, nombreuses, sont d'une belle efficacité, nous entraînant en Suisse ou en Italie, à travers divers paysages et ambiances. La séquence de la bagarre vers la fin du film, entre Gary Cooper et un agent de la Gestapo, dans une entrée d'immeuble, est à ce titre une vraie réussite tant le réalisme est frappant : on se demande même si le méchant nazi ne griffe pas réellement le visage de Gary Cooper dans cette scène ! Le rythme qui ne faiblissait jamais va s'atténuer quelque peu lorsque Fritz Lang met en place une romance entre Gary Cooper et Lilli Palmer, liaison touchante de par son impossibilité à exister en cette période de guerre, mais qui s'éternise un peu trop à mon goût, sans toutefois que cela ne devienne un frein à la réussite du film. On pense souvent au couple Cary Grant / Ingrid Bergman des Enchaînés en regardant le couple Cooper / Palmer. On pourrait trouver plus mauvaise comparaison. Rendant un véritable hommage à tous ces héros de l'ombre, à tous ces résistants qui ont souvent payé de leur vie afin que le nazisme ne triomphe pas, Cape et Poignard mérite d'être réévalué et de se voir mieux considéré dans l’impressionnante filmographie de Fritz Lang. Le réalisateur, connu pour son humeur massacrante et son manque d'empathie envers ses équipes ou ses acteurs, ne tarissait pas d'éloges sur Gary Cooper à propos de ce film. Il avait bien raison tant sa prestation lui donne de l'ampleur et de la superbe. Amateurs de beaux films à la mise en scène ciselée, n'hésitez pas à vous procurer Cape et Poignard

* Disponible en DVD et BR chez RIMINI EDITIONS

LE BR
L'éditeur nous informe que la copie présentée ici a été réalisé à partir d'un master haute définition mais que quelques défauts n'ont pas pu être corrigé et qu'il s'en excuse. Très honnêtement, il faudrait vraiment faire la fine bouche pour lui tenir rigueur des quelques petites griffures présentes ici et là, tant la qualité de l'image s'avère plus que correcte et permet de découvrir ce film oublié de Fritz Lang dans de très bonnes conditions et au format d'origine (1.37 - 16/9). Deux bonus très intéressants sont présents : "Fritz Lang, nazis et espions" donne la parole à Bernard Eisenschitz, historien du cinéma, qui revient sur le départ de l'Allemagne de Lang et sur ses quatre films anti-nazis. Le module "Le Projet Cape et Poignard" présenté par Christian Viviani nous propose sa vision de cette oeuvre de Lang et se montre passionnant quand ce professeur de l'université de Caen nous explique les rapports et les rivalités entre Lang et Hitchcock