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AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




M.A.L. - MUTANT AQUATIQUE EN LIBERTÉ

 

M.A.L. - MUTANT AQUATIQUE EN LIBERTÉ
(Deepstar Six)

Réalisateur : Sean S. Cunningham
Année : 1989
Scénariste : Geof Miller
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction, film catastrophe
Interdiction : /
Avec : Greg Evigan, Nancy Everhard, Miguel Ferrer, Nia Peeples, Matt McCoy...


L'HISTOIRE : L'équipe d'une plate-forme sous-marine doit installer une centrale nucléaire au fond de l'océan. La phase de sondage du sol révèle la présence d'une grosse cavité sous le terrain où doit être installée la centrale. Le dynamitage de la cavité entraîne un incident et une partie de l'équipage doit aller sauver les dynamiteurs, coincés dans leur engin. Malheureusement pour eux, le dynamitage a également laissé sortir une créature aquatique cauchemardesque, qui, attirée par la lumière, va venir s'en prendre à la station et aux membres de l'équipe...

MON AVIS : Célèbre pour avoir réalisé en 1980 le premier Vendredi 13, qui connût un énorme succès en salles et en vidéo, Sean S. Cunningham n'a jamais développé sa carrière de réalisateur par la suite, puisque sa filmographie ne comporte que 16 entrées. Certes, il est également scénariste et producteur mais on aurait pu penser que le succès mondial du film précité allait lui donner des ailes et en faire un maître de l'horreur au cinéma. Ce n'est donc pas le cas. Néanmoins, on lui doit également une petite série B assez sympa, qu'il met en scène en 1989 et dont le but avoué est d'être un Alien-like sous-marin : M.A.L. - Mutant Aquatique en Liberté. Bon, disons-le de suite, on est très loin de la réussite du Alien de Ridley Scott évidemment. Reste un mélange divertissant de film catastrophe et de film de monstre, qui pourra néanmoins décevoir les spectateurs s'attendant à voir de nombreuses attaques de ladite créature. Car cette dernière met énormément de temps avant d'apparaître et même quand elle est là, ses apparitions restent disséminées dans la dernière partie du film. La grosse majorité de M.A.L. est en fait du domaine du film catastrophe dont l'action se situe en milieu aquatique. On a tous les éléments scénaristiques-clés de ce type de film, avec une explosion qui provoque un incident et met en péril la vie d'une partie de l'équipe, l'équipe restante qui va tenter d'aller secourir celle en danger et qui va évidemment se mettre elle aussi en danger, les tensions entre équipiers dues à la vie difficile en milieu clos, les pétages de plombs, l'oxygène qui diminue et donc, pour corser le tout, la présence d'un gros monstre pas gentil. Un huis clos sous-marin donc, avec, au casting, des acteurs bien en place, dont Miguel Ferrer ou la jolie Nia Peeples entre autres. Les prises de vues sous-marines sont assez réussies et les diverses maquettes des engins aquatiques font le job, tout comme les décors intérieurs, que ce soient ceux de l'intérieur de la station ou ceux des capsules de sauvetage. Dommage alors que le réalisateur est plus misé sur l'action et les péripéties plutôt que de jouer sur le suspense, le sentiment de claustrophobie et la peur représentée par la présence de son monstre, qu'il relègue donc au troisième plan. Bon, après, il faut dire que cette fameuse créature n'a pas vraiment un look passe-partout, vu sa taille, on se demande même comment elle a pu entrer dans la station par le sas !! Honnêtement, ça m'étonnerait bien qu'elle passe par ce trou entre nous mais bon, passons sur ce détail ! Parfois considéré comme un nanar, M.A.L. - Mutant Aquatique en Liberté ne mérite pas cette appellation pour ma part. Ce n'est pas non plus un grand film de genre, ça c'est sûr, mais ça fait gentiment le job.

   

HOLOCAUST 2000

 

HOLOCAUST 2000
(Holocaust 2000)

Réalisateur : Alberto de Martino
Année : 1977
Scénariste : Sergio Donati, Alberto De Martino, Michael Robson
Pays : Italie, Angleterre
Genre : Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Kirk Douglas, Agostina Belli, Simon Ward, Anthony Quayle, Alexander Knox...


L'HISTOIRE : Londres, années 1970 – L'ingénieur américain Robert Caine projette de construire en Cisjordanie une centrale thermonucléaire dont l'énergie produite serait capable de nourrir une grande partie du tiers-monde. Malgré l'aide précieuse de son fils Angel, Caine voit son projet contesté par de nombreuses sommités. Mais, plus grave encore, les opposants les plus farouches à la construction de cette centrale meurent dans d'étranges circonstances. Avec le soutien d'une journaliste, Sara Golan, Caine réalise peu à peu que son invention pourrait conduire à la plus gigantesque catastrophe que le monde ait connu, semblable à l'apocalypse décrite dans le Nouveau Testament !

MON AVIS : Moins célèbre que ses homologues italiens, Alberto de Martino possède tout de même une filmographie intéressante, peuplée de péplums 60's, de polars, de films de guerre, de comédies et bien sûr de films fantastiques ou horrifiques. Ces deux œuvres les plus connues des fans sont L'Homme Puma (1980) et L'Antéchrist (1974), auxquels on pourra ajouter sans sourciller ce très sympathique Holocaust 2000, réalisé en 1977. Très clairement, Holocaust 2000 a pour objectif de surfer sur le succès de La Malédiction de Richard Donner, excellent film sortit l'année précédente, en 1976 donc. On y retrouve ce mélange entre réalisme et fantastique, utilisation de la religion de façon métaphorique, annonce de la venue de l'Antéchrist sur Terre et quelques morts violentes, qui peuvent toujours s'expliquer de manière rationnelle même si nous, spectateurs ayant une longueur d'avance sur les protagonistes du film, savons très bien à quoi s'en tenir. La petite originalité du film de de Martino est son aspect écologique puisque ici, on nous met en garde contre les avancées du progrès, contre les centrales thermonucléaires dont l'implantation détruit des sites splendides sans que la population locale puisse y trouver à redire. Dans Holocaust 2000, c'est donc Kirk Douglas lui-même qui est à la tête d'un gigantesque projet de centrale thermonucléaire et qui se voit diaboliser par les farouches défenseurs de la nature et de l'écologie. De manière métaphorique, la religion, et principalement le passage de l'Apocalypse de la Bible, vient donc s'immiscer dans le récit, avec de gros sabots certes, mais ça reste pas mal efficace. Une inscription IESUS sur le mur d'une grotte, le récit d'une bête à sept têtes sortant des mers pour venir détruire le monde mis en parallèle avec la centrale nucléaire qui possédera, comme par hasard sept turbines et j'en passe font rapidement comprendre au spectateurs de quoi il en retourne. Mais le Diable est très malin et avec l'aide des trois scénaristes, il arrive à déjouer nos pronostiques durant un temps mais si pas mal d'indices pouvaient nous faire deviner qui allait être le véritable antéchrist de l'histoire. Comme dit précédemment, les divers meurtres (dont une décapitation aux pales d'hélicoptère façon Dawn of the Dead bien bis  et gore !) nous sont toujours présentés de manière crédible, comme s'il s'agissait purement et simplement d'accidents dus à un défaut technique ou à une erreur humaine. Le personnage joué par Kirk Douglas, très rationnel, perd peu à peu les pédales et son cartésianisme est remis en cause continuellement par ces divers événements troublants. Il est assisté par son fils, Angel, joué par le blond Simon Ward, l'assistant de Peter Cushing dans le film de la Hammer Le retour de Frankenstein (1969). Toujours vêtu de blanc, contrairement à son père souvent habillé avec des vêtements sombres, Angel se voit attristé par le comportement et les défaillances de son père vieillissant. Heureusement, il trouvera de l'aide auprès d'une jolie journaliste dont son père s'est amouraché, et qui est interprétée par la sublime Agostina Belli, dont chaque apparition à l'écran nous met en émoi. Le scénario prend alors quelques petites influences dans Rosemary's Baby, puisque Agostina va tomber enceinte. L'antéchrist annoncé serait-il dans son ventre ? Mystère ! Avec l'ajout de la musique d'Ennio Morricone, avec son casting bien en place, avec sa naïveté souvent touchante, avec ses fulgurances très bis (Douglas qui courre nu sur la plage), avec ses petites touches sanglantes, Holocaust 2000 marque des points et s'avère un divertissement vraiment agréable à suivre, ce qui est étonnant en fait car le scénario est vraiment très nihiliste en fin de compte et ne ménage pas le pauvre Kirk Douglas qui ne sait plus à quel saint se vouer, perdant peu à peu tout ceux qui le soutenait dans son projet. A redécouvrir sans hésitation...

* Disponible en Blu-Ray chez -> LE CHAT QUI FUME <-

BONUS:
• L'Antéchrist nucléaire avec Alberto de Martino (16mn30)
• Holocaust 2020 avec Massimo Foschi (22 minutes)
• Fin alternative u montage américain (6 min)
• Film Annonce
• Inclus la musique du film en CD par Ennio Morricone



SATOR


SATOR
(Sator)

Réalisateur : Jordan Graham
Année : 2019
Scénariste : Jordan Graham
Pays : Etats-Unis
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Gabriel Nicholson, Michael Daniel, Rachel Johnson, Aurora Lowe...


L'HISTOIRE : Vivant isolé dans une cabane perdue au milieu de la forêt, Adam tente de percer le mystère qui entoure sa famille, dont certains membres, comme sa grand-mère, croient à l'existence du Sator, une créature fantastique qui semble les traquer génération après génération pour en faire ses disciples...

MON AVIS : Parcours atypique pour Jordan Graham et son film Sator ! Sept années ont été nécessaire pour que le film puisse être montré au public ! Il faut dire que Jordan Graham a tout fait tout seul, que ce soit la réalisation, le scénario, l'éclairage, le montage, la post-production, le son, l'étalonnage et j'en passe, et qu'il ne maîtrisait pas tout ces aspects, qu'il a du apprendre sur le tas, ce qui explique ces sept longues années pour lesquelles il a été totalement dévoué à son oeuvre, mettant de côté sa vie, ses amis. Il faut dire que Sator est un projet on ne peut plus personnel pour le réalisateur puisque cette histoire de créature voulant faire des membres d'une même famille ses disciples est en grande partie inspirée de la vie de sa grand-mère, qui joue d'ailleurs l'un des rôles principaux du film et qui a accepté qu'une grande partie du tournage se déroule dans sa propre maison. Une grand-mère qui, un jour de 1968, a rapporté une planche de Ouija dont elle s'est servie pour invoquer une divinité du nom de Sator. Une séance qui a laissé des traces puisqu'elle s'est mise ensuite à entendre des voix dans sa tête et à être persuadé que le Sator existait, ce qui l'a conduit en hôpital psychiatrique. C'est en découvrant ce curieux passé de sa grand-mère que l'histoire du film s'est lentement mise en place. Très clairement, Sator ne plaira pas à la majorité. C'est avant tout un film très contemplatif, dans lequel il ne se passe pas grand chose, qui nous fait un peu penser au Projet Blair Witch de par son décor, son ambiance, son travail sur les sons et les silences. Visuellement, c'est à un travail d'orfèvre auquel on assiste, chaque plan étant savamment pensé, agencé, le réalisateur ayant également attendu que la lumière ou les conditions météorologiques soient celles qu'il voulait pour filmer ses images, vraiment superbes. On pense à Ari Aster d'un point de vue esthétique. Reste que le spectateur doit réellement s'impliquer et patienter, s'imprégner du mystère proposé et ne pas s'attendre à du spectaculaire s'il veut apprécier ce film qui nous questionne : le Sator existe-t-il vraiment ou est-ce un syndrome de démence mentale qui serait héréditaire au sein de cette famille ? Le film met en avant le personnage d'Adam, un rôle quasi muet pour l'acteur Gabriel Nicholson, qui va donc chercher à comprendre ce qu'est le Sator et pourquoi les membres de sa famille sont tellement affectés par cette soit-disant créature fantasmagorique. Le film alterne image en couleurs et format 16/9 avec des scènes en noir et blanc et format 4/3, nous indiquant qu'on est en présence de flash-back. L'ambiance se développe petit à petit, les scènes nocturnes provoquent quelques doux frissons de temps à autre, sans réellement se montrer terrifiantes. Le rythme est très lent, et je peux comprendre que la plupart ressentent de l'ennui car c'est vraiment du fantastique exigeant, sans jump-scares ou effets de mode, et qui reste difficile d'accès. On pourrait même parler de prétention tant la forme l'emporte sur le fond, tant l'histoire se révèle assez hermétique. J'avoue avoir apprécié l'aspect visuel du film, vraiment splendide, mais être resté sur ma faim au niveau de l'histoire en elle-même. On en vient même à se dire qu'un moyen-métrage aurait été plus satisfaisant. Bref, à réserver aux amateurs de film qui prenne leur temps, et qui mise sur l'ambiance au détriment d'une quelconque action. Un essai intrigant mais qui aura du mal à trouver son public. En tout cas, bravo à Jordan Graham pour son travail sur l'image et le son, deux points sur lesquels on ne peut qu'être positif.   


I LOVE SNUFF

 

I LOVE SNUFF
(I Love Snuff)

Réalisateur : Jean-Louis Costes, Yves Pierog
Année : 1996
Scénariste : Jean-Louis Costes, Yves Pierog
Pays : France
Genre : Trash, Extrême, Porno
Interdiction : -18 ans
Avec : Jean-Louis Costes, Rose, Pascal Keller, Anne Van Der Linden...


L'HISTOIRE : Ne parvenant plus à bander, le branleur impuissant a une violente dispute avec Rose, sa fiancée. Dans l'appartement d'en face, une maîtresse SM et son esclave croulent sous les factures. Ce dernier a alors l'idée de kidnapper Rose, de la torturer et d'envoyer les vidéos à son fiancé pour que celui-ci paye une rançon. Mais devant le spectacle des violences subies par Rose, la réaction du fiancé n'est pas celle escomptée...

MON AVIS : Personnalité et performer le plus connu des fans d'underground et de spectacle déviant en France, Jean-Louis Costes, célèbre pour ses spectacles scatophiles à ne pas mettre devant tous les yeux décide de réaliser un moyen-métrage en 1996, sous le titre de I Love Snuff. 51 minutes d'excès en tout genre, filmés sans trucage aucun, et qui vous plonge dans l'univers décadent et abjecte de Costes. Le réalisateur, acteur, compositeur, scénariste et j'en passe a réuni quelques amis à lui et va donc se mettre en scène avec eux au sein de ce scénario amusant qui voit donc un homme avec des problèmes d'érection être guéri lorsqu'il regarde des vidéos de sa fiancée se faire malmener sexuellement et violemment par ses ravisseurs. Au lieu de payer la rançon pour la sauver des griffes de ses tortionnaires, l'homme préfère attendre, afin de recevoir de nouvelles VHS et ainsi retrouver la raideur et la dureté de son sexe ! Trash et décomplexé non ? Le résultat à l'écran n'est pas en reste puisque Costes, véritable punk n'ayant aucune limite, aucun tabou, va offrir à son public tout ce que ces derniers attendent de lui : scènes pornos filmées en gros plan, sodomie masculine avec des godes ou un concombre, urologie, fist, défécation et humiliation. Un spectacle grossier, très amateur, avec une vraie maîtresse SM (la charmante Anne Van Der Linden surnommé Anzagoth) et bien sûr Jean-Louis Costes qui donne de sa personne, fidèle à lui-même. Maintenant, outre les excès présentés ici, et une certaine dose d'humour, j'avoue que je ne suis clairement pas fan de ce type de performance underground et que tout ça me paraît bien vain au final. Certes, on ne peut nier la totale liberté artistique de Costes, qui fait ce qui lui plaît, sans aucune contrainte. I Love Snuff a-t-il un autre but que celui de choquer son auditoire ? Je ne pense pas mais je me trompe peut-être. La partie snuff nous rappelle des titres comme August Underground Mordum, avec une qualité d'image similaire et une violence moins explicite tout de même, si ce n'est un gavage à la moutarde, une utilisation de pince-à-linge sur des tétons ou de l'huile de friture déversée sur un corps. La réalisation se contente du minimum syndicale, l'acting est à l'avenant. On est dans le micro-budget bien sûr, dans la production Do It Yourself amateur, française qui plus est. Que retenir donc de I Love Snuff ? C'est à voir une fois, pour pouvoir vous situer par rapport à ce type de performance. Les âmes sensibles ou chastes ne trouveront rien de positif dans ce moyen-métrage, les amateurs d’œuvres sans concession y trouveront sûrement leur compte. Pour ma part, je l'ai vu, je n'y reviendrai sûrement jamais car ce n'est pas du tout ma tasse de thé. Mais on ne peut remettre en cause son identité, son refus du politiquement correct et son existence même.

* Disponible en DVD chez -> TETRO VIDEO <-   

HITMAN & BODYGUARD 2

 

HITMAN & BODYGUARD 2
(Hitman Wife's Bodyguard)

Réalisateur : Patrick Hughes
Année : 2021
Scénariste : Phillip Murphy, Brandon Murphy
Pays : Etats-Unis, Angleterre
Genre : Comédie, Action
Interdiction : /
Avec : Ryan Reynolds, Samuel L. Jackson, Salma Hayek, Antonio Banderas...


L'HISTOIRE : Après tout ce qu’il a vécu de difficile, Michael Bryce, l’ancien garde du corps déchu, avait bien besoin d’une pause. C’est ainsi qu’il se retrouve en séjour thérapeutique sur la côte italienne, avec pour instruction de se tenir éloigné de toute violence et de n’approcher aucune arme. C’était compter sans Darius Kincaid, le tueur à gages qui a dynamité sa vie, et Sonia, sa délicieuse épouse lourdement armée, qui vont l’entraîner dans un nouveau plan foireux peuplé de mafieux, de tueurs, d’explosions, de bagarres et de complots, avec en prime un redoutable virus informatique et un milliardaire ivre de vengeance...

MON AVIS : Je n'ai pas vu le premier Hitman & Bodyguard, réalisé en 2017 par le même réalisateur, Patrick Hughes. Un film qui jouait dans la cour des buddy movie, ces fameuses comédie d'action où deux personnes radicalement différentes dans leur tempérament et comportement vont devoir s'associer pour vivre des aventures périlleuses. Dans ce premier volet, c'est donc le garde du corps Michael Bryce, interprété par Ryan Reynolds, qui devait faire équipe avec Darius Kincaïd, un tueur à gages joué par Samuel L. Jackson. Le personnage de Sonia, joué par la volcanique Salma Hayek était également présente au casting mais dans un petit rôle apparemment. Pour ce second volet, Patrick Hughes a décidé de faire de son duo de choc un vrai trio en accordant un rôle nettement plus conséquent à Salma Hayek, qui devient le troisième personnage principal de ce Hitman & Bodyguard 2, dont le titre original, Hitman Wife's Bodyguard, nous mettait déjà la puce à l'oreille. On retrouve donc un Ryan Reynolds usé de son aventure précédente, qui se voit obligé par sa psychanalyste de prendre un congé sabbatique pour se ressourcer, loin de toute violence ou arme à feu. Si son séjour débute bien, un grain de sable du nom de Sonia Kincaïd va vite gripper la machine, lors d'une séquence fort drôle et qui ne laisse aucun doute sur ce qui va suivre : ça va envoyer du lourd niveau action ! Le scénario mélange l'histoire d'un dangereux virus informatique ayant le pouvoir de détruire toute l'Europe et détenu par un Grec, joué par un Antonio Banderas savoureux dans ce rôle, qui veut réaffirmer la suprématie de son pays et la mission de sauvetage de Darius Kincaïd entreprise par sa femme Sonia, qui a besoin des talents de Michael Bryce pour la réussir. Bien sûr, les deux sous-intrigues vont finir par se télescoper pour ne former plus qu'une histoire, riche en action donc ! La première heure est un festival d'explosions, de gunfights en tout genre, de courses-poursuites, de cascades en veux-tu, en voilà, le tout sur un rythme endiablé qui ne laisse pas le temps au spectateur de souffler, et ponctué d'un humeur qui fait mouche et de dialogues assez trash et grossiers. Les situations proposées sont abracadabrantesques, parfois peu réalistes, mais dans ce type de films, on s'en fout clairement tant c'est l'aspect divertissement total qui prime. On passe donc un bon moment avec ce trio hautement dynamique, au verbe fleuri (j'ai arrêté de comptabiliser les FUCK dans la version originale !) et à la gâchette facile. Le film s'autorise même quelques petits effets sanglants bien sympathiques lors des impacts de balles. On prend également plaisir à voir Morgan Freeman dans un rôle qui laisse Darius Kincaïd lui-même sans voix, je ne vous gâche pas la surprise ! Idéal pour se divertir avec une journée de dur labeur !

* Disponible en DVD et BR chez -> METROPOLITAN VIDEO <-    


    

GRAN TORINO

 

GRAN TORINO
(Gran Torino)

Réalisateur : Clint Eastwood
Année : 2008
Scénariste : Nick Schenk
Pays : Etats-Unis, Allemagne
Genre : Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Clint Eastwood, Bee Vang, Ahney Her, Christopher Carley, Doua Moua...


L'HISTOIRE : Walt Kowalski est un ancien de la guerre de Corée, un homme inflexible, amer et pétri de préjugés surannés. Après des années de travail à la chaîne, il vit replié sur lui-même, occupant ses journées à bricoler, traînasser et siroter des bières. Avant de mourir, sa femme exprima le voeu qu'il aille à confesse, mais Walt n'a rien à avouer, ni personne à qui parler. Hormis sa chienne Daisy, il ne fait confiance qu'à son M-1, toujours propre, toujours prêt à l'usage. Ses anciens voisins ont déménagé ou sont morts depuis longtemps. Son quartier est aujourd'hui peuplé d'immigrants asiatiques qu'il méprise, et Walt ressasse ses haines, innombrables - à l'encontre de ses voisins, des ados Hmong, latinos et afro-américains "qui croient faire la loi", de ses propres enfants, devenus pour lui des étrangers. Walt tue le temps comme il peut, en attendant le grand départ, jusqu'au jour où un ado Hmong du quartier tente de lui voler sa précieuse Ford Gran Torino. Walt tient comme à la prunelle de ses yeux à cette voiture fétiche, aussi belle que le jour où il la vit sortir de la chaîne. Lorsque le jeune et timide Thao tente de la lui voler sous la pression d'un gang, Walt fait face à la bande, et devient malgré lui le héros du quartier. Sue, la sœur aînée de Thao, insiste pour que ce dernier se rachète en travaillant pour Walt. Surmontant ses réticences, ce dernier confie au garçon des "travaux d'intérêt général" au profit du voisinage. C'est le début d'une amitié inattendue, qui changera le cours de leur vie. Grâce à Thao et sa gentille famille, Walt va découvrir le vrai visage de ses voisins et comprendre ce qui le lie à ces exilés, contraints de fuir la violence... comme lui, qui croyait fermer la porte sur ses souvenirs aussi aisément qu'il enfermait au garage sa précieuse Gran Torino...

MON AVIS : Trente-cinquième film du géant Clint Eastwood en tant que réalisateur et soixante-huitième en tant qu'acteur. Avec Gran Torino, Eastwood nous livre une sorte de mélange entre L'Inspecteur Harry et Sur la Route de Madison. Un grand écart qui prend en compte une bonne partie de sa filmographie et qui témoigne du temps qui passe. Car Eastwood vieillit, il le sait, on le voit. Le personnage qu'il interprète dans Gran Torino est à ce titre parfaitement emblématique de cet état de fait. Walt Kowalski pourrait très bien être un Harry Calahan à la retraite, qui assiste, quasiment impuissant, à la transformation de l'Amérique qu'il a connu. Certes, l'Amérique n'a jamais été une terre de Bisounours, il y a toujours eu de la délinquance, des crimes, des incivilités. Mais la délinquance a pris un nouveau visage, avec le phénomène des gangs de plus en plus brutaux qui gangrènent les quartiers et  pourrissent la vie des citoyens. A première vue, on pourrait penser que Gran Torino est une oeuvre raciste, qui ne s’embarrasse pas de nuancer son propos et s'en prend ouvertement aux immigrés asiatiques ou d'autres pays, via le langage on ne peut plus fleurit de son personnage principal, ex-militaire de la guerre de Corée, qui ne comprend pas comment une telle invasion a pu avoir lieu dans son pays. Son épouse vient de mourir, ses anciens amis ont déménagé ou sont également morts et le nouveau voisinage à un goût qui ne lui plait guère. Un personnage brut de décoffrage, qui n'est plus à sa place dans cette époque nouvelle et incertaine. Et pourtant. Il va voir ses préjugés raciaux être profondément remis en cause grâce à ses nouveaux voisins, une famille asiatique dont fait partie le jeune Thao ainsi que sa sœur aînée Sue, deux résidus de rizière comme il les appelle, qui vont s'apprivoiser et finir par s'apprécier, bien plus qu'il n’aurait pu l'imaginer. Car il va découvrir que les immigrés veulent également fuir la violence et vivre paisiblement dans le paysage. Avec une grande intelligence et une retenue toute en subtilité, Gran Torino ne fait pas de Clint Eastwood un archétype du justicier dans la ville. A son âge, ça aurait été un peu ridicule. Le film est bien plus intelligent que ça, joue brillamment  avec l'humour et l'émotion, et utilise son scénario, assez simpliste en fait, pour magnifier son sujet et offrir à Eastwood l'un de ses plus beaux rôles. Du grand cinéma.



      

VIOLATION

 

VIOLATION
(Violation)

Réalisateur : Dusty Mancinelli, Madeleine Sims-Fewer
Année : 2018
Scénariste : Dusty Mancinelli, Madeleine Sims-Fewer
Pays : Canada
Genre : Drame, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Madeleine Sims-Fewer, Anna Maguire, Jesse LaVercombe, Obi Abili...


L'HISTOIRE : Psychologiquement fragile, Miriam vit une relation compliquée avec son mari Caleb. Le couple se rend chez la soeur de Miriam, qu'elle n'a pas vu depuis des années, et qui vit dans une belle maison avec son mari Dylan au beau milieu de la nature. Malgré des tensions palpables, le week-end se déroule tranquillement. Restée avec Dylan au coin du feu, Miriam se sent attirée par le mari de sa sœur et réciproquement. Durant la nuit, Dylan ne résiste pas à ses pulsions sexuelles, ce qui va entraîner une fracture mentale chez Miriam, qui va plonger dans une extrême violence...

MON AVIS : Pour leur premier long métrage en tant que réalisateur, Dusty Mancinelli et l'actrice Madeleine Sims-Fewer ont choisi la thématique du rape & revenge, mais en essayant de proposer une vision différente des classiques du genre, et en optant pour une approche plus auteurisante que tournée vers le pur film d'exploitation graveleux façon 70's. Un parti-pris qui se respecte, certes, mais qui, pour ma part en tout cas, alourdi terriblement l'impact du film, et le rend assez ennuyeux la plupart du temps. Construit de manière non-linéaire, avec de nombreux retours en arrière, blindé de dialogues pompeux qui ralentissent un rythme déjà pas bien enlevé et qui s'avèrent souvent superflus et non font guère progresser l'intrigue, Violation a bien du mal à séduire et ses quelques excès s'avèrent de mon point de vue plutôt vain. De drame familial (les deux sœurs ne peuvent pas vraiment se blairer) à l'étude de mœurs (le couple Miriam / Caleb au bord de la rupture), le film met en place les quatre protagonistes de manière assez ambiguë, avec des tensions sexuelles, des sous-entendus, des non-dits, principalement entre Miriam et Dylan, qui vont le faire basculer dans le film de vengeance. Là où les deux réalisateurs ont voulu s'éloigner des clichés, des codes du rape & revenge classique, c'est justement dans la caractérisation de l'acte du viol, qui est censé être la scène la plus dure du film pour l'héroïne, afin de nous la faire prendre en empathie et de nous rallier à sa quête vengeresse. Le problème dans Violation, c'est que cette scène est précédée par un rapprochement entre la future violée et son futur violeur. Pire que tout, c'est même Miriam qui déclenche les hostilités en embrassant Dylan la première. Bien sûr, le fait qu'il profite que Miriam soit endormie pour la pénétrer est répréhensible mais il y a un flou assez gênant au niveau de cette séquence, la jeune femme se réveillant et ne repoussant pas vraiment son agresseur. De plus, le fait qu'elle soit un peu fragile psychologiquement vient augmenter notre sensation que ce viol reste presque "consenti", ce qui crée une sensation de malaise auprès du public. Bien souvent dans le rape & revenge, le viol s'accompagne de violences physiques et verbales, de coups portés à l'agressée. Ici, rien de tout ça. Dylan se montre même tendre, agit sans aucune animosité ni violence envers Miriam, pour qui il ressent de vrais sentiments. On se retrouve donc avec une partie rape assez étrange, déstabilisante même car on en vient presque à se dire que la vengeance de Miriam sur Dylan est totalement disproportionnée, tant on a un doute sur les réelles intentions de la jeune femme et si elle n'a pas cherché à faire tomber Dylan dans ses filets par rivalité envers sa sœur, qu'elle semble jalouser comme on pourrait le supposer avec certains dialogues entre les deux jeunes femmes. Curieuse impression donc, voulue par les réalisateurs d'ailleurs ("Nous voulions explorer cette idée de traumatisme et d'agression sexuelle d'un point de vue différent. Souvent, vous voyez cette attaque violente, ou ce viol violent, avec une femme tenue au sol et le visage dans la boue. Nous voulions en fait explorer ce que c'est que lorsque l'autre personne ne réalise pas ou est tellement emportée en ce moment que c'est presque tendre et affectueux et que cela peut être tout aussi traumatisant d'une manière différente") qui s'accentuera avec la partie revenge, qui, elle, semble donc trop extrême et propose des images qui semble être là uniquement pour choquer, avec de la nudité frontale masculine et une mise à mort qui verse dans le cinéma horrifique. Mais tout ça sonne faux, je ne sais pas, je n'ai pas été convaincu outre mesure. C'est quand même chiant que dans ce type de films, on en viendrait presque à plaindre le violeur pour une fois alors que logiquement, on veut qu'il souffre le plus possible. D'après Dusty Mancinelli et Madeleine Sims-Fewer (qui interprète Miriam à l'écran), "Violation est une sorte de film anti-vengeance. La plupart des films de vengeance ont ce genre de moment cathartique où le public encourage en quelque sorte le protagoniste alors qu'il réussit à se venger et cela conduit à cette libération émotionnelle. Pour nous, nous étions plus intéressés par la façon dont un fait horrible peut vraiment défaire et éroder votre moralité. Ce film agit de manière à vous faire peur de vouloir vous venger". Comme déjà dit, je n'ai pas été embarqué par ce film, ni par l'histoire, je me suis plutôt ennuyé et je n'ai pas ressenti de réel malaise, tout comme la brutalité de certains séquences ne m'a pas impacté car je n'étais pas à fond dans le film. Reste donc une oeuvre à découvrir pour vous faire votre propre avis, qui divisera le public à coup sûr, mais qui aura sûrement autant de fans que de détracteurs. Je suis peut-être passé à côté du film. 

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